1er mars 1815; début des « Cent-Jours »

Embarqué à bord de l’Inconstant, Napoléon débarque par surprise avec 6 autres navires et 1100 hommes à Golfe-Juan, près d’Antibes, le 1er mars 1815. C’est le début de la période dite des « Cent-Jours ». Celle-ci s’étend du retour de Napoléon, de l’ile d’Elbe, où il était exilé, jusqu’au 22 juin 1815, date de son abdication définitive, après la défaite de Waterloo.

Extrait de la mini série historique, « Napoléon », réalisée par Yves Simoneau ( 2002)

Il y a 20 ans; Débat entre Séguin et Mitterrand sur l’Europe

Le 3 septembre 1992, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, le chef de file du « non » au Traité de Maastricht, Philippe Seguin ( 1943-2010), s’adresse au président de la République François Mitterrand (1943-1996).

Ce débat semble encore d’actualité, à l’heure où la France et l’Union européenne traversent une crise sans précédent.

Rappelons que le Traité de Maastricht sera signé le 7 février 1992 par l’ensemble des pays membres de la Communauté Économique Européenne.

Fidèle à la tradition gaulliste d’une Europe des nations, Seguin affirme que ce traité constitue une véritable menace pour l’indépendance et la souveraineté de la France

28 février, jour du Bienheureux Père Brottier

Né le 7 septembre 1876 à La Ferté-Saint-Cyr dans le département du Loir-et-Cher, solidement instruit dans la Foi Chrétienne, il entre au petit séminaire de Blois en 1889. Ordonné prêtre en 1892 malgré de fortes migraines chroniques, il est d’abord professeur au collège de Pontlevoy avant que sa vocation de missionnaire ne le fasse entrer dans la Congrégation du Saint-Esprit (Spiritain), ordre séculier qui agit en Afrique de l’Ouest.

En 1903, il est vicaire à la Paroisse Saint-Louis du Sénégal. où il fonde un patronage pour s’occuper des enfants. Il tient aussi une revue, L’Écho de Saint-Louis et dirige une chorale. Après un passage chez les Trappistes de Lérins, il revient à Dakar en tant que Vicaire Général et lève des fonds pour la construction de la Cathédrale du Souvenir Africain.

En 1914, il se porte volontaire pour servir comme aumônier militaire au sein du 26e Régiment d’Infanterie. Il sera décoré de la Légion d’Honneur pour faits de bravoure.
En 1918, chose étonnante pour l’époque, il fonde avec Georges Clémenceau – peu réputé de sympathies envers le clergé – l’Union des Combattants.

Mais la grande œuvre de sa vie a été la Fondation des Orphelins Apprentis d’Auteuil, oeuvre sociale destinée à l’accueil et à l’insertion de jeunes en difficulté. La Fondation existe toujours et est répartie dans toute la France.
Le Père Daniel Brottier disparaît le 28 février 1936. Il seraa été béatifié par le Bhx Pape Jean-Paul II le 25 novembre 1984.

28 février 1869; mort de Lamartine

Le poète et homme politique français Alphonse de Lamartine s’est éteint le 28 février 1869, à Paris, deux ans après une attaque l’ayant réduit à la paralysie. Avec ses Méditations poétiques (1820) ,

Lamartine contribue au renouvellement du genre poétique au XIXème siècle et s’impose comme l’un des  maîtres du lyrisme romantique.  Chantre de l’âme humaine, jetée dans le temps et sans cesse déchirée par des sentiments contraires, Alphonse de Lamartine  fut aussi un homme politique engagé, élu  député à plusieurs reprises.

 

Admiré par  Hugo (1802-1885), raillé par Flaubert (1821-1880),  Lamartine ne laisse jamais indifférent. Son Voyage en Orient (1835), véritable chef d’œuvre, l’amène au sommet du genre, l’inscrivant dans la prestigieuse tradition des grands écrivains-voyageurs comme  Chateaubriand (1778-1848) ou, encore, Gérard de Nerval (1808-1855).

Mais laissons la parole au poète qui déplore, dans un célèbre poème, le caractère éphémère et tragique de la vie et du temps qui s’écoule inéluctablement. Le Lac, extrait de ses Méditations poétiques, peut être considéré comme un monument de la poésie française, à part entière, un véritable sommet du romantisme

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges
Jeter l’ancre un seul jour ?

Ô lac ! l’année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu’elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m’asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s’asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
10   Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l’écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t’en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n’entendait au loin, sur l’onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m’est chère
20   Laissa tomber ces mots :

« Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

« Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

« Mais je demande en vain quelques moments encore,
30   Le temps m’échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l’aurore
Va dissiper la nuit.

« Aimons donc, aimons donc ! de l’heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! »

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d’ivresse,
Où l’amour à longs flots nous verse le bonheur,
S’envolent loin de nous de la même vitesse
40   Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n’en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
50   Vous, que le temps épargne ou qu’il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu’il soit dans ton repos, qu’il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l’aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.

Qu’il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l’astre au front d’argent qui blanchit ta surface
60   De ses molles clartés.

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu’on entend, l’on voit ou l’on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !

27 février 1594 ; sacre d’Henri IV

Après avoir abjuré le Protestantisme l’année précédente (Basilique Saint-Denis) et pris Dreux tenu par les Ligueurs, Henri de Navarre est sacré Roi de France, à Chartres, par Mgr Nicolas de Thou, évêque de la ville, et devient Henri IV.

Henri IV fut le seul Roi de France à ne avoir été sacré à Reims car au même moment, la ville des sacres était tenue par les Ligueurs que commandait Charles de Lorraine Duc de Mayenne, le frère de feu le Duc de Guise.
Toutefois, la majeure partie du pays – catholiques dits « politiques » et calvinistes confondus – se sont rangés derrière le « panache blanc ».

26 février 1802: Naissance de Victor Hugo

Victor Hugo est né le 26 février 1802 à Besançon

Écrivain, dramaturge, poète, intellectuel engagé, Victor Hugo laisse derrière lui une œuvre  immense et protéiforme. Son roman intitulé les  Misérables (1862) tient une place de choix dans cette œuvre et illustre bien son engagement politique en faveur des plus démunis.L’auteur lui-même accorde une grande importance à ce roman et écrit en mars 1862, à son éditeur Lacroix : « Ma conviction est que ce livre sera un des principaux sommets, sinon le principal, de mon œuvre». Figure emblématique du romantisme qui domine le XIXème siècle, Hugo est aussi un amoureux inconditionnel de son pays comme en témoigne le poème qu’il adresse  « A la France » :

Personne pour toi. Tous sont d’accord. Celui-ci,
Nommé Gladstone, dit à tes bourreaux : merci !
Cet autre, nommé Grant, te conspue, et cet autre,
Nommé Bancroft, t’outrage ; ici c’est un apôtre,
Là c’est un soldat, là c’est un juge, un tribun,
Un prêtre, l’un du Nord, l’autre du Sud ; pas un
Que ton sang, à grands flots versé, ne satisfasse ;
Pas un qui sur ta croix ne te crache à la face.
Hélas ! qu’as-tu donc fait aux nations ? Tu vins
Vers celles qui pleuraient, avec ces mots divins :
Joie et Paix ! – Tu criais : – Espérance ! Allégresse !
Sois puissante, Amérique, et toi sois libre, ô Grèce !
L’Italie était grande ; elle doit l’être encor.
Je le veux ! – Tu donnas à celle-ci ton or ;
A celle-là ton sang, à toutes la lumière.
Tu défendis le droit des hommes, coutumière
De tous les dévouements et de tous les devoirs.
Comme le bœuf revient repu des abreuvoirs,
Les hommes sont rentrés pas à pas à l’étable,
Rassasiés de toi, grande sœur redoutable,
De toi qui protégeas, de toi qui combattis.
Ah ! se montrer ingrats, c’est se prouver petits.
N’importe ! pas un d’eux ne te connaît. Leur foule
T’a huée, à cette heure où ta grandeur s’écroule,
Riant de chaque coup de marteau qui tombait
Sur toi, nue et sanglante et clouée au gibet.
Leur pitié plaint tes fils que la fortune amère
Condamne à la rougeur de t’avouer pour mère.
Tu ne peux pas mourir, c’est le regret qu’on a.
Tu penches dans la nuit ton front qui rayonna ;
L’aigle de l’ombre est là qui te mange le foie ;
C’est à qui reniera la vaincue ; et la joie
Des rois pillards, pareils aux bandits des Adrets,
Charme l’Europe et plaît au monde… - Ah ! je voudrais,
Je voudrais n’être pas Français pour pouvoir dire
Que je te choisis, France, et que, dans ton martyre,
Je te proclame, toi que ronge le vautour,
Ma patrie et ma gloire et mon unique amour !

L’année terrible (1872)

Frederic Mistral, « l’amour de la patrie »

« Ne l’oublions pas, l’amour de la patrie n’est pas le résultat d’une opinion, ni d’un décret, ni d’une mode. Le grand patriotisme naît de l’attachement que l’on a pour son pays, pour ses coutumes, pour sa famille, et les meilleurs soldats, croyez-le bien, ne sont pas ceux qui chantent et qui crient après avoir bu ; ce sont ceux qui pleurent en quittant leur maison.
Par conséquent, Messieurs, si nous voulons relever notre pauvre patrie, relevons ce qui fait germer les patriotes : la religion, les traditions, les souvenirs nationaux, la vieille langue du pays et, cité par cité, province par province, rivalisons d’étude, de travail et d’honneur pour exalter diversement le nom de France. »

Frédéric Mistral, Jeux floraux de Montpellier

Frédéric Mistral est un écrivain français ( 1830-1914), Prix Nobel de littérature en 1904.