Appel à contribution…

Chers lecteurs,

Je me permets tout d’abord de vous remercier de votre fidélité et de votre soutien. Voilà quatre mois que « France-Histoire-Espérance » a vu le jour. Je continue à croire que ce site a toute sa place sur la toile et je suis heureux, avec mon cher ami « Eudes Turanel », de pouvoir vous faire partager quelques trésors de notre patrimoine.

Je voudrai aussi vous dire que ce site appartient à tous ceux qui aiment notre pays, convaincus que l’histoire n’est pas un musée mais bien un héritage vivant, qu’il s’agit de transmettre aux générations futures.

Ainsi, je veux vous dire que votre contribution est la bienvenue. N’hésitez donc pas si vous avez des idées, des témoignages, des textes ou des documents qui seraient susceptibles d’enrichir notre site ( il suffit de cliquer sur la rubrique « nous contacter »). N’hésitez pas aussi à nous envoyer vos articles que nous essaierons de publier dans la mesure du possible.

Si nous ne défendons pas notre héritage, qui le fera ?! Ne laissons pas les adeptes de la repentance avoir le monopole de notre belle histoire.

Amicalement,

Pierre Hemming

Rédacteur en chef de « France-Histoire-espérance »

Jean Guarrigues, Les Hommes providentiels : Histoire d’une fascination française

En cette année où la France célèbre le 600ème anniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc, cette réflexion historique sur le mythe de l’homme providentiel semble la bienvenue. Mais n’oublions pas qu’en 1429, c’est bien une femme qui a « bouté l’anglois hors de France »…

Présentation de l’éditeur ( Seuil)

De Bonaparte à de Gaulle, en passant par Boulanger, Clemenceau, Pétain ou Pinay, et jusqu’à Nicolas Sarkozy, les hommes providentiels ponctuent l’histoire de France. Indissociables des contextes de crise (ce qui les distingue des grands hommes), ils traduisent la rencontre entre le désir collectif d’un peuple et la prophétie d’un sauveur. Quels sont les ingrédients qui composent cette alchimie selon les différentes époques de l’histoire contemporaine ? Quelles circonstances mais aussi quels moyens, quel discours, quelle propagande, quelles images, quelle stratégie pour aboutir à cette figure indispensable qui s’impose à la nation tout entière ?Puis il faut passer de l’état de grâce, qui suit la prise du pouvoir, au culte de la personnalité, qui seul permet d’entretenir le mythe. Dès lors, comment cette figure idéale voire fantasmée du sauveur peut-elle se confronter aux enjeux du réel ? Comment évoluent son discours et sa représentation en situation de pouvoir ? Quels sont ses hérauts, ses thuriféraires, ses idolâtres, mais aussi ses caricatures et ses détracteurs ? Et comment enrayer l’effondrement du mythe, comment prévenir le chaos ? Enfin, quand le chêne s’abat, comment resurgit le mythe, comment se réinstalle pour la postérité la figure du sauveur ?

Jean d’Ormesson: « Les français se sont toujours relevés »

Citation

« Les français sont habitués aux désastres et ils s’en sont toujours relevés. Ils se sont relevés d’Azincourt, ils se sont relevés de Trafalgar, ils se sont relevés de Waterloo, ils se sont relevés de Sedan, ils se sont relevés de mai 40. Que faut-il pour qu’ils se relèvent de la situation peu enviable où ils se trouvent aujourd’hui? Il semble qu’il faille leur rendre d’abord ce qui leur manque le plus, c’est à dire l’espérance. Et il n’y a pas d’espérance s’il n’y a pas de souvenir.

Être français aujourd’hui, ce devrait être d’abord être fier de la France. Et pour en être fier, mieux vaudrait la connaitre. Si les enfants n’apprennent plus à l’école le passé de la France, sa grandeur et sa langue, alors, en effet, il n’y a plus d’espérance »

Jean d’Ormesson, Saveur du temps ( 2009)

De Gaulle: « Ce n’est pas la gauche la France! Ce n’est pas la droite la France! »

Citation

En ces temps d’élections, cette citation du général de Gaulle mérite d’être rappelée…

« Ce n’est pas la gauche, la France ! Ce n’est pas la droite, la France ! Naturellement, les Français, comme de tout temps, ressentent en eux des courants. Il y a l’éternel courant du mouvement qui va aux réformes, qui va aux changements, qui est naturellement nécessaire, et puis, il y a aussi un courant de l’ordre, de la règle, de la tradition, qui, lui aussi, est nécessaire. C’est avec tout cela qu’on fait la France. Prétendre faire la France avec une fraction, c’est une erreur grave, et prétendre représenter la France au nom d’une fraction, c’est une erreur nationale impardonnable. »

Charles de Gaulle

3 avril 1994 : mort du professeur Lejeune

Le professeur Jérôme Lejeune est  mort le 3 avril 1994 à Paris.  Médecin français, pédiatre et professeur de génétique, on lui doit notamment la découverte de l’anomalie chromosomique à l’origine de la trisomie 21. Il est également connu pour son combat pour la « défense de la vie humaine dès sa conception et jusqu’à sa fin naturelle » et son opposition au droit à l’avortement.

Élu en 1981 à l’Académie des sciences morales et politiques, il deviendra, en 1994, le premier président de l’Académie pontificale pour la vie crée par Jean-Paul II la même année.

Pour en savoir plus : http://www.fondationlejeune.org/

2 avril 2005 : décès de Jean Paul II

Jean Paul II nous a quitté le 2 avril 2005, après une longue agonie. Voici le message qu’il lançait lors de sa venue en France en 1980 :

Alors permettez-moi, pour conclure, de vous interroger:
France, Fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême?
Permettez-moi de vous demander:
France, Fille de l’Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la sagesse éternelle?
Pardonnez-moi cette question. Je l’ai posée comme le fait le ministre au moment du baptême. Je l’ai posée par sollicitude pour l’Eglise dont je suis le premier prêtre et le premier serviteur, et par amour pour l’homme dont la grandeur définitive est en Dieu, Père Fils et Saint-Esprit.

Extrait de l’homélie  prononcée le dimanche 1er juin 1980, au Bourget.

Le billet: « Mémoire, quand tu nous tiens… »

Génocide arménien, guerre d’Algérie, massacres de Vendée … Les sujets sensibles n’ont pas manqué dans l’actualité politico-médiatique, ces dernières semaines. La « mémoire » s’est ainsi invitée dans  la campagne électorale, rappelant à chacun le poids du passé et les blessures de l’histoire…

Ainsi, a-t-on vu les vives réactions suscitées par le récent projet de loi,  soumis au vote du parlement français, visant à pénaliser la négation du génocide arménien. Notamment celle du premier ministre turc qui a gentiment invité le président français à reconnaitre d’abord le « génocide algérien » avant de venir lui faire des leçons de morale.

Il est vrai que cette invitation tombait à pic dans un contexte où la France s’apprête à commémorer le cinquantenaire de la fin de la guerre d’Algérie.

Comme un retour de bâton au pays des « Droits de l’Homme », qui rappelle étrangement un verset bien connu de la Bible :

« Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère ? Et la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas  » ( Mat. ch.7, 3-4)

Mais  monsieur Erdogan aurait très bien pu citer une autre page sombre de notre histoire, dont un documentaire s’est  récemment fait  l’écho- qui plus est sur une chaine publique – intitulé : « Robespierre, le bourreau de la Vendée ?  »

Reprenant, notamment, les travaux très « politiquement incorrects » de l’historien Reynald Seycher, il est démontré qu’entre 1793 et 1796 la Vendée fut le théâtre de massacres, sans précédents, où 170 000 paysans vendéens se virent exterminés, méthodiquement, par les armées révolutionnaires. Pas très glorieux pour une république qui se veut irréprochable…

Si la repentance est une chose stupide et mortifère, il y a des pardons qui, eux, sont  honorables et même salvateurs.

Osons poser la question : Le siècle des « Lumières » n’aurait-il pas, lui aussi, sa part d’ombres et son lot d’atrocités ? Loin de n’être qu’un simple « feu de paille », la terreur révolutionnaire ne serait-elle pas l’une de ces « poutres » qui nous empêchent de voir clair et de rayonner pleinement ?

L’histoire nous rattrape toujours…

Pierre Hemming

Caporal Abel Chennouf: « Mort pour la France »

Voici l’homélie de l’abbé Christian Venard, aumônier catholique du 17e RGP, prononcée au cours de l’inhumation du caporal Abel Chennouf, assassiné à Montauban, au Cimetière de Manduel :

« Abel, mon camarade parachutiste, mon frère, voilà une semaine, jour pour jour et presque heure pour heure, je tenais ta main, encore chaude de la vie que venait de te prendre un assassin. Je tenais ta main en priant pour toi, en pensant à ta maman et en te confiant à notre Maman du Ciel, la Vierge Marie. Je ne connaissais pas encore Caroline, mais si tel avait été le cas, je t’aurais aussi parlé pour elle et pour ce petit bébé que vous attendez. Puis je me suis penché sur ton camarade Mohamed Legouad qu’essayaient de maintenir en vie les remarquables équipes d’urgentistes. Enfin, j’ai assisté au départ vers l’hôpital de Loïc Liber, qui à cette heure même se bat, entouré de son papa et de sa maman, pour rester en vie. Que de souffrances. Que d’incompréhensions. Mais aussi que de solidarité, de soutien, d’hommages et, pour nous chrétiens, de foi (comme le rappelait hier l’évêque aux armées en la cathédrale de Montauban) et d’espérance, malgré tout !

Il y a deux mille sept cents ans, à Rome, au cœur même du forum, symbole et centre de la vie de la Cité, un gouffre s’ouvrit. L’oracle consulté livra cette réponse : pour combler ce gouffre, Rome devait y engloutir ce qu’elle avait de plus précieux. Chacun s’interrogeait encore sur ce qui pouvait être de plus précieux, quand un jeune cavalier, un jeune homme armée, Curtius, se jeta avec son cheval dans le gouffre qui se referma aussitôt. Oui, ce que Rome avait de plus précieux était un jeune militaire défenseur de la Cité.

Le criminel terroriste qui a mené ces actions dans lesquelles tu as perdu la vie, Abel, a tenté d’ouvrir un gouffre. Le prix à payer pour le combler est bien sûr infiniment trop lourd ; mais mon ami Abel, tu es devenu, comme Curtius, symbole de ce que notre pays, la France, possède de plus précieux. Et désormais, c’est ainsi que tu nous apparaît : jeune caporal parachutiste, mort pour la France, dans un attentat terroriste qui voulait mettre à bas notre Patrie.

Abel, je veux aller encore plus loin. C’est parce que tu portais l’uniforme français, parce que tu étais fier de ton béret rouge, que ce criminel t’a visé. Ce que ce meurtrier ne pouvait savoir c’est aussi tout ce que tu représentes aujourd’hui pour notre Patrie. Issue d’une famille à la fois alsacienne (avec tout ce que cette région fait ressortir en notre pays des souffrances liées aux deux conflits mondiaux) et kabyle (et comment ne pas évoquer ici les douloureux événements d’Algérie), ta famille choisit la France avec (et je reprends les mots mêmes de ton cher papa), avec toutes ses traditions, y compris ses racines les plus profondes, qui sont chrétiennes. Comment ne pas voir, mon ami Abel, dans une telle accumulation de symboles, ce que nous avons de plus précieux cette capacité que possède notre Patrie française de prendre en son sein, tous ceux qui veulent devenir ses fils.

Au moment où nous allons te porter en terre, dans cette terre pétrie des ossements de nos pères (c’est cela la Patrie aussi), Abel, avec toute ta famille, tes amis, tes camarades parachutistes, je te fais le serment que nous soutiendrons Caroline et ton enfant. Que nous resterons présent auprès des tiens. Désormais c’est à Dieu que nous te confions, au travers des rites catholiques qui accompagnent nos défunts. Nous savons que tu es vivant auprès du Père. Tu as rejoint Jésus, ce Dieu fait Homme, cet innocent mort à cause de la méchanceté et la violence qui habitent trop souvent le cœur des hommes. Ton sacrifice se trouve comme enveloppé dans celui du Christ Jésus. En te retrouvant jeudi dernier, gisant sur le sol montalbanais, en prenant ta main et en voyant couler de tes blessures ce sang si rouge et si pur, je confiais au Seigneur de la Vie, cette vie qui s’écoulait de toi. Et si aucune larme ne sortait de mes yeux, comme tant de tes camarades, c’est mon cœur qui pleurait sur toute violence faite aux innocents sur cette pauvre terre. Et c’est à l’Innocent qui a versé son Sang pour nous réconcilier avec son Père, qui a versé son propre Sang en rançon pour toutes les violences, que je confiais ta belle âme.

Abel, français d’origine alsacienne et kabyle, catholique par choix, parachutiste au service de la France, que notre grand saint patron, que l’Archange saint Michel t’accueille et te fasse entrer au sein du Père, avec le Fils et le Saint-Esprit. Amen. »

Requiescat in pace