Grands vins de Bourgogne ; les « Ducs Blancs» de la Côte de Beaune (2)

- Chevalier-Montrachet

Ce grand cru existe depuis le XVIIIe siècle et est produit sur le coteau (7.5 hectares) le plus élevé de la colline de Montrachet et exposé à l’est. Comme ses « cousins », sa robe est or clair dans sa jeunesse et évolue en jaune or vif. Il libère d’élégants arômes minéraux allikés au pain frais, à la verveine, à la fougère et à la jacinthe. En bouche, le Chevalier-Montrachet est consistant et d’une belle longueur. De très bonne garde, il peut être conservé durant dix-quinze ans moyenne, voire trente ans. On le sert de préférence avec de la langoustine, du homard grillé, des coquilles Saint-Jacques, des écrevisse à la nage, de la mousseline de brochet et de l’omble chevalier.

- Montrachet

C’est l’un des plus vieux – et l’un des plus sublimes – vins de Bourgogne. Les premières productions datent de l’Epoque Médiévale avant de prendre son essor au sous Louis XIII et Louis XIV. Le vignoble est ancré dans un sol riche en calcaire et en sodium, ce qui explqiue son caractère exceptionnel, de même que sa très belle longévité (dix, quinze et même trente ans).
Sa robe classique est faire d’un or illuminée de reflets verts mais évolue vers le jaune or vif. Ses arômes sont une harmonie mariant la fougère, le beurre, le croissant chaud, la citronnelle, l’amande amère, le fruit sec, un peu de pierre, les épices et le miel. Acide dansa sa jeunesse, il évolue en vieillissant pour devenir à la fois sec, ferme, onctueux, enveloppé et profond. Le gras et la puissance sont quelque peu éclipsés.
Le Montrachet accompagne de préférence le homard, la langoustine, le bar en croûte de sel, la sole, le saumon et la poularde de Bresse à la crème et aux morilles.

- Puligny-Montrachet

Situé entre Meursault et Chassagne-Montrachet, le cru existe depuis 1879. Du Côté de Meursault, le vignoble (270-320 mètres d’altitude) donne des vins gras et charnus alors qu’ils sont beaucoup plus charpentés et bouquetés côté Chassagne. On trouve parmi les crus les plus réputés les appellations suivantes : Les Combettes, Les Folatières, Les Pucelles, Le Cailleret, le Clos de la Garenne, Les Combettes, Les Demoiselles, Les Perrières, La Truffière et Clavaillon. On peut le garder de cinq à quinze ans.

Le Puligny-Montrachet s’enorgueillit d’une robe cousue d’or, en plus des traditionnels reflets verts. Et la robe devient encore plus intense dans sa maturité. Ses arômes – belle harmonie entre la fleur, le fruit jaune, le fruit vert, la pierre, le beurre et le toast –  suggèrent la fougère, l’aubépine, le raisin mûr, la pâte d’amande, la noisette, l’ambre, la citronnelle, la pomme verte, le silex, la pierre à fusil et le beurre. Le miel apparaît au bout de plusieurs années de garde (quatre  à cinq ans). Le Puligny-Montrachet accompagne très bien le vol-au-vent, la pauchouse de la Saône, les quenelles de brochet, le jambon à la crème, ainsi que la poularde de Bresse à la crème et aux morilles.

- Meursault


Là encore… le Chardonnay magnifié ! Coincé entre Volnay, Monthélie, Auxey-Duresses et Puligny-Montrachet, Meursault est l’une des plus belles appellations de vin blanc bourguignon. Si le vignoble se répartit sur 386 hectares, les meilleurs terroirs sont ceux aux sols marneux situés à m-pente de la colline. Ce grand vin blanc mérite que l’on mentionne ses premiers crus : Charmes, Clos des Perrières, Le Porusot, Les Bouchères, Les Caillerets, Les Cras, Les Gouttes d’Or, Les Plures, Les Santenots Blancs, Les Santenots du Milieu, Les Perrières, La Jeunellotte, La Pièce sous le Bois, Sous Blagny et Sous le Dos d’Âne.
Contrairement aux appellations liées à Montrachet, la robe du Meursault acquiert une teinte ambrée avec l’âge, en plus de reflets gris. Son bouquet révèle le Chardonnay dans sa maturité : soleil, terroir, aubépine, abricot, citron, mangue, papaye, fruits, secs, noisette, amande, tilleul et beurre. Enfin, en bouche, le Meursault est corpulent, structuré, soyeux , frais, miellé (avec des accents de mirabelle) et long.

D’une belle garde (entre huit et quinze ans), il est le seul vin de Bourgogne que l’on peut déguster avec du foie gras, en plus des fruits de mer, des quenelles de brochet, du poisson, du munster, des époisses, du roquefort, du bleu de Bresse et même…. de la tarte Tatin.

- Ladoix

Situé en aval de la Montagne de Corton, le village de Ladoix-Serrigny produit de grands vins blancs grâces aux vignobles qui se sont développés sur des sols marneux et argileux. Le Ladoix peut être gardé de trois à cinq ans. En voici quelques appellations de premiers crus : Basses Mourottes, Bois Roussot, Le Clou d’Orge, La Corvée, Les Joyeuses, les Hautes Mourottes et La Micaude. On peut le garder de trois à cinq ans.
Sa robe est habituellement or clair. Ses arômes laissent apparaître l’acacia souligné d’une pointe beurrée, la prune, la pomme mûre, la figue, le coing et la poire épicée. En bouche, le Ladoix se révèle ferme mais retenu, gras, ample, équilibré et frais. Vers deux ans, il devient plus moelleux. On le sert de préférence avec des plats de poisson d’eau douce, le veau Orloff, le bleu de Bresse et le Comté.

- Auxey-Duresses

D’abord propriété de l’Abbaye de Cluny et partagée entre les villages d’Auxey et des Duresses, situé à l’ouest de Meursault et dans le prolongement de Meursault, le vignoble d’Auxey-Duresses se partage entre la Montagne du Bourdon pour le rouge et le Mont Mélian pour le Blanc. En premiers crus, on trouve : le Bas des Duresses, les Ecussaux, Les Grands Champs, Reugne et le Clos du Val.

La robe de l’Auxey-Duresses blanc possède une jolie robe paille brillante, claire, limpide et cristalline. Ses arômes évoquent l’aubépine, un peu le citron et la reinette. En bouche, c’est un vin ample, gras, vif, spontané, avec assez d’acidité pour bien vieillir. Il est friand et moelleux.
Vin plus convivial, on le déguste avec des plats traditionnels représentatifs de la cuisine bourguignonne comme la terrine, les quenelles, les cuisses de grenouilles, le feuilleté aux escargots, le sandre ou le brochet en sauce, le poisson poché, le bleu, le livarot et les époisses. Comme le Ladoix, on peut le conserver de trois à cinq ans.

Source : Dictionnaire des vins de France, Hachette, 2010

Grands vins de Bourgogne ; les « Ducs Blancs» de la Côte de Beaune (1)

Si les plus grands vins de rouges de Bourgogne sont l’apanage de la Côte de Nuits, la Côte de Beaune, qui donne toutefois d’exceptionnels vins rouges (Pommard, Volnay, Chassagne-Montrachet, Aloxe-Corton, Corton, Santenay), semble s’être attribuée la production de certains des plus grands vins blancs de France. En voici, un petit panorama.

- Corton-Charlemagne

Le Chardonnay dans toute sa splendeur ! Incontestablement le plus beau vin blanc de France ! Produit sur le haut de la Montagne de Corton entre 280 et 330 mètres d’altitude, sur le climats d’Aloxe-Corton, de Pernand-Vergelesses, du Corton et des Languettes, le Corton-Charlemagne est un vin un puisssant vin de garde (jusqu’à vingt – vingt-cinq ans pour les plus grands millésimes, exceptionnel pour un blanc !) et d’une très grande richesse.

Les vignes du Corton-Charlemagne sont issues de sols marneux, argileux et à la pente assez forte sur le Montagne de Corton.
Or pâle à reflets verts dans sa jeunesse, il acquiert peu à peu une robe plus ambrée. Mais que dire de son bouquet ? Une incroyable délicatesse et une harmonie de notes beurrées, de pommes au four, d’agrumes, de silex, de tilleul, de fougère, de genévrier, de cannelle, de miel voire de hydromel et même enfin, de cuir, de truffe. Quand on le déguste, on s’apperçoit que c’est un vin puissant, d’une extraordinaire richesse, concentré et élégant. Il tient longtemps en bouche grâce à sa structure équilibrée.

Vin d’une incomparable noblesse, le Corton-Charlemagne ne peut être guère servi pour accompagner un plat de moules ! Il accompagne donc fort bien les langoustines rôties au safran, la sole au beurre citronnée, la mousseline de brochet, les écrevisses à la nage, le poisson à la crème ou à l’oseille et même la volaille aux morilles.

- Chassagne-Montrachet

C’est sans doute l’une des plus grandes appellations de la Côte de Beaune. Ce cru réussit à effectuer la synthèse des deux grands cépages de Bourgogne. Les crus de Chassagne sont produits à partir de vignes poussant sur des sols calcaires, caillouteux, marneux et sablonneux. Voici une liste des premiers crus : Abbaye de Morgeot, Blanchot-Dessus,  Bois de Chassagne, La Boudriotte, Les Brussonnes, Cailleret, Les Champs Gain, Les Chaumées, Les Chevenottes, Clos Saint-Jean, Dent de Chien, En Cailleret, En Remilly, La Grande Montagne, La Maltroie, Les Macheliers, Tonton Marcel, Les Vergers et Vide-Bourse.

D’une couleur or bien marquée à reflets verts, son nez est une harmonie entre des notes florales (chèvrefeuille, verveine), minérales (silex), fruitées (poire mûre), toastées dûes au fût (beurre frais) et miellées. C’est un vin très vif en bouche dans sa jeunesse mais il acquiert davantage de fraîcheur en vieillissant. On peut le conserver entre trois et douze ans, ce qui est assez exceptionnel pour un vin blanc.

On le sert de préférence avec du poisson, des coquilles Saint-Jacques, de la volaille de Bresse à la crème (poularde), du chèvre et du comté.

- Bâtard-Montrachet

Situé à cheval sur les communes de Puligny et Chassagne, ce cru se divise entre différentes parcelles aux sols bruns calcaires de plus en plus argileux. Le Bâtard-Montrachet est un vin d’un parfum pénétrant et d’une étonnante longévité (dix-quinze ans en moyenne, voire même trente ans !).
Sa robe est d’or clair dans ses jeunes années avant d’évoluer vers le jaune or vif embellie par des reflets d’émeraude. Pour ce qui est des arômes, on distingue plusieurs différences selon la vigne. Si le vin a été produit du côté de Puligny, on retrouvera du beurre, du croissant chaud, tandis que du côté de Chassagne on relèvera la citronnelle, le fruit sec, l’amande amère, un peu de pierre, le miel et quelques épices. Acide pendant sa jeunesse, il devient onctueux, tout en restant sec, ferme, enveloppé et profond.

Il est à déguster de préférence avec des quenelles de brochet, du vol-au-vent, de la dodine de canard, du jambon du Morvan à la crème, de la poularde de bresse à la crème et aux morilles.

Source : Dictionnaire des Vins de France, Hachette, 2008

Grands vins de Bourgogne ; les Seigneurs de la Côte de Nuits (1)

Chers lecteurs, je vous avais consacré un article passant en revue les vins de Bourgogne. Toutefois, je souhaiterai vous faire partager davantage sur ce sujet en y consacrant une chronique de plusieurs volets sur les « Seigneurs » des vignobles du vieux duché.

Les grands vins rouges décrits ici sont tous issus du Pinot Noir et les blancs en majorité du Chardonnay.

- Nuits-Saint-Georges

Cette appellation s’étend du entre Premeaux-Prissey et le nord de Vosne-Romanée. Disposant de sols différents qui permettent l’acquisition d’une bonne diversité de vins, les vignobles de Nuits-Saint-Georges – tout comme ceux de Fixin – produisent des vins blancs et des vins rouges. La robe du Nuits-Saint-Georges est intensément pourprée (dite crépusculaire) et tire parfois sur le mauve pour donner un rouge net, sombre et lumineux. Pendant la jeunesse, ses arômes évoquent la cerise, la fraise et le cassis alors qu’avec l’âge, il évolue sur le cuir, la fourrure, la truffe, le gibier et les épices. Les notes de fruits macérés (pruneau, coing, griotte) sont aussi présents. Tout cela donne un vin vigoureux, tannique voire même corsé pendant ses jeunes années. Avec la maturité, il devient rond et moelleux. On peut le conserver de cinq à quinze ans, avant de le servir avec du jambon à la crème, des viandes blanches, du gibier et des fromages (époisses et langres). Voici quelques premiers crus que l’on peut retenir : Aux Boudots, Aux Chaignots, Clos de la Maréchale, Clos des Corvées, Clos des Corvées Paget, Les Damodes, les Didiers, Les Porrets, Les Pruliers, La Richemone et Les Saint-Georges.

- Echézeaux et Grands Echézeaux

 Situés au-dessus du Clos de Vougeot, l’Echézeaux et les Grands-Echézeaux, classés grands crus, comptent parmi les plus vieux vins de France. Leur nom vient du vieux français « chezeaux » qui signifie hameau. Ce sont des vins très solides et qui peuvent se conserver jusqu’à 20 ans. Leur robe limpide livre un rubis vif et profond pendant que le nez révèle (avec l’âge) des notes de poivre, de musc, de cuir, d’épices, de pruneaux, de sous-bois, de terreau, de gibier et de fruit dans l’alcool. Les Echézeaux et Grands Echézeaux sont généralement souples avec d’agréables tanins avec une rondeur framboisée et goûteuse.
Echézeaux et Grands-Echézeaux sont à servir avec un gigot d’agneau, de la viande rouge, du gibier et des fromages forts à pâte molle (cîteaux, Saint-Nectaire, Coulommiers, Brillat-Savarin et Reblochon).


- Clos de Vougeot

Fondé par les moines Cisterciens en 1110, protégé par de vénérables murs, le Clos de Vougeot s’étend sur près de 50 ha, qui se partagent eux-mêmes entre quatre-vingt propriétés. Vénérable par excellence, le Clos de Vougeot (qui ne produit que du rouge) possède une longévité de dix à trente ans, voire au-delà pour les plus grands millésimes.     Avec l’âge, sa robe passe progressivement du rouge framboise au grenat intense. Le nez, suave, délivre une harmonieuse palette d’arômes printaniers (rose, violette, réséda mouillé et églantier) et fruités (mûre, framboise, réglisse, menthe sauvage et truffe). Lors de la dégustation en bouche, le palais révèle un vin charnu, sèveux et fin.
Vin noble, le Clos de Vougeot est à déguster avec des plats nobles, notamment du gibier (chevreuil, marcassin, perdreau, bécasse, grive). Il peut être servi avec un rôti de bœuf ou même des plats plus typiques bourguignons comme le jambon en croûte ou le pâté chaud. Enfin, il accompagne fort bien les fromages de Bourgogne (époisses, langes, Ami du Chambertin, Saint-Florentin, soumaintrain).

- Chambolle-Musigny

Produit sur 200 ha de vignes qui gravitent autour d’un petit village, le Chambolle-Musigny est considéré comme un grand vin « féminin » de par son caractère soyeux et dentellé. On peut le conserver de trois à quinze ans, voire même au-delà pour les meilleurs crus. Doté d’une jolie robe rouge brique (ou rubis), le Chambolle-Musigny délivre des notes de petits fruits rouges (fraise et framboise) dans sa jeunesse, alors que plus âgé il laissera s’exprimer des notes de fruit mûr épicé, de pruneau ainsi que de truffe, de sous-bois et d’animal. Sa bouche est riche, bouquetée, fine, soyeuse mais aussi charnue et solide.

On peut le déguster avec de la volaille, des tournedos (chasseur), du canard braisé au vin rouge, du canard à l’orange, un sauté d’agneau ainsi qu’avec des fromages (brillat-savarin et cîteaux).

- Fixin

Moins connu du grand public, le Fixin a aussi la particularité de produire (sur 95 ha) à la fois des vins rouges et des blancs. Les meilleurs crus sont issus des climats (c’est-à-dire des terroirs) Arvelets, Hervelets et Chapitres. Le vin rouge possède une robe violine (sinon cerise noire) et révèle un bouquet mêlant violette, pivoine, griotte, cassis, mûre et parfois coing. Leur bouche révèle des tanins pendant la jeunesse avant de devenir plus mature dans la vieillesse. Aves l’âge, il devient un vin rouge structuré mais rond et à l’attaque enlevé. Dans de bonnes années, il devient gras, fin et délicat. Mais chaque cru possède son propre caractère : Le Clos de la Perrière est ferme est distingué, le Clos du Chapitre est rude avant de s’épanouir. Les Arvelets et les Hervelets sont friands et tendres. On peut les conserver de 5 à 10 ans. On les déguste avec des œufs en meurette ou bien de la poularde de Bresse aux morilles.

Les vins blancs, de couleur jaune paille doré, délivrent un bouquet d’églantine couplé à un fort caractère minéral et légèrement muscaté. Ils sont francs et agréables, idéaux pour accompagner des plats de poisson fin (lotte, bar).

- Bonnes-Mares

Coincé entre le Chambolle-Musigny et Morey-Saint-Denis, le petit vignoble de Bonnes-Mares donne au Pinot Noir l’une de ses plus belles expressions. Cela vient peut-être du vieux terme bourguignon « marer » qui signifie cultiver, indiquant que les parcelles du vignoble sont aisées à cultiver.

De belle longévité (dix voire vingt ans), le Bonnes-Mares est d’abord tannique dans son jeune âge avant de s’affiner pour devenir un vin à la belle texture, gras, riche, charpenté. Doté d’une belle robe d’un rubis franc, son nez délivre une harmonieuse alliance de violette, de mousse, de sous-bois, de terre mouillée et de notes animales. Avec l’âge, le Bonnes-Mares acquiert davantage de touches de cuir, de musc, de fourrure, d’épices et de bouton de rose.

On le sert de préférence avec du canard, du poulet de Bresse aux petits légumes et du fromage (époisses, soumaintrain, Ami du Chambertin et Langres).

- Morey-Saint-Denis

Se tenant entre Gevrey-Chambertin et Chambolle-Musigny, Morey-Saint-Denis pourvoie depuis longtemps la Côte-de-Nuits en grands crus, surtout en rouge. Le vignoble produit aussi des vins blancs de cépages Chardonnay mais aussi Pinot Blanc.

Les rouges sont généralement légers tout en restant soutenus et structurés, livrant à l’œil une jolie robe au rubis vif tirant sur le grenat avec le vieillissement, tout en conservant des reflets violacés. Ses arômes révèlent le petit fruit noir (cassis, myrtille, mûre), le fruit rouge à noyau (cerise), ainsi que des variantes de prunelle, de réglisse, de ronce, de violette, de jasmin et d’œillet. On peut le conserver de trois à quinze ans selon les années. Il est servi de préférence avec de la pintade, du lapin à la moutarde et des fromages (époisses, munster et livarot).

Le Morey-Saint-Denis blanc est parfaitement équilibré entre le gras et l’acidité. D’une robe très claire, il révèle au nez des arômes floraux qui prennent le pas sur les épices et les notes beurrées. Pouvant être gardé de deux à quatre ans, on le sert avec des poissons de rivière mais aussi avec de la volaille.

Source : Dictionnaire des vins de France, Hachette, 2010

 

Vins et Crus : l’Armagnac

Issu d’un vieux terme gascon signifiant « eau qui brûle », l’Armagnac et ses déclinaisons (Blanche d’Armagnac) est sans doute l’un de nos meilleurs alcools digestifs, mais qui peut accompagner certains plats. En outre, à l’ère  des produits industriels, l’Armagnac peut se targuer de conserver un mode de fabrication encore artisanal.

L’Armagnac reste aussi la plus ancienne eau de vie de France car sa consommation est mentionnée dès le XIVe siècle. Il est issu de quatre cépages ; l’Ugni qui lui permet d’être distillé, la folle-blanche qui lui donne ses déclinaisons de fleurs et d’eau-de-vie fine, le baco 22 A, un cépage hybride qui lui confère ses accents de fruits mûrs et enfin, le Colombard, très présent en Gascogne.

Et voici les terroirs historiques qui se partagent l’appellation  : l’Eauze, l’Armagnac-Ténarèze, le nord-ouest du Gers et le sud du Lot-et-Garonne, le Bas-Armagnac et le Haut-Armagnac.

La robe de l’Armagnac traduit un élevage en fûts de bois. Les tanins de chêne colorent peu à peu une eau-de-vie incolore issue de l’alambic. On trouve aussi une palette de couleurs allant du brun à l’ambré en passant par l’orangé et le doré. Le nez de l’Armagnac est chaleureux et évoque des notes de cuisson (alambic, vin chaud et même bouillon de viande), de fruits blancs et jaunes (prune, poire, pomme, pêche…) et de pâtisserie. L’âge révèle des notes d’épices, de fruits confits et des notes boisées-grillées. Lorsqu’il atteint les vingt ans, l’Armagnac libère des notes animales, de truffe, de noix et de cire.

Mais les terroirs peuvent eux aussi influencer les arômes ; le pruneau, le zest d’orange et la vanille pour le Bas-Armagnac, la violette et les épices pour l’Armagnac-Ténarèze et enfin, des notes très fruitées (prune, poire) pour la Folle-Blanche.
En ce qui concerne la bouche, les alcools du Bas-Armagnac sont fruités et délicats, ceux de l’Armagnac-Ténarèze plus corsés et fougueux La bouche du du Haut-Armagnac peut montrer du caractère, voire de la rusticité et enfin, la Blanche-Armagnac se révèle souple, ample et fruitée.

Si on l’apprécie particulièrement en fin de repas, l’Armagnac peut aussi être servi avec des tapas, du foie gras, du magret de canard au miel, du pintadeau aux pruneaux ou aux pêches), du roquefort, un dessert au chocolat, voire même pour accompagner la cuisine asiatique.

La Blanche-Armagnac peut se servir avec du caviar, des poissons fumés et de la tarte aux fruits (citron, poire, tarte Tatin).

Source : Dictionnaire des vins de France, Hachette, 2010

Vins et crus : Bons crus du Rhône (3)

Note d’excuse :
Chers lecteurs, en raison de soucis de connexion internet, je n’ai pu vous faire part d’articles concernant la bataille de Ravenne (12 avril 1504) et la mort de Bossuet (12 avril 1704). Je vous prie de bien vouloir m’en excuser.
Eudes Turanel

1. Gigondas

Situés dos à la Vallée des Dentelles en Provence et exposés au soleil, les vignobles du village de Gigondas donnent un vin solide, charpenté et de longue garde. Le vin de Gigondas est avec le Châteauneuf-du-Pape l’un des seigneurs de cette région viticole. Et tout comme le Châteauneuf, le Gigondas est produit sur une terre sableuse, des sols à cailloux et d’alluvions anciens donnant un alliage de cépages Syrah, Grenache noir, Cinsault et Mourvèdre.

Dotés d’une belle robe rouge sombre évoluant vers de discrètes nuances tuilées avec l’âge, le vin de Gigondas libère un nez de fruits rouges, de mûre, de cassis et de kirsch, avant de révéler du cacao, du café et des épices. Quant aux millésimes, ils libèrent des nuances animales. En bouche, le Gigondas rouge est très charpenté pendant sa jeunesse avant de libérer tout son caractère tanique avec l’âge. Riche en alcool, il est faible en acide ce qui fait de lui un vin de bonne garde.

Les vignobles de Gigondas produisent aussi un vin rosé qui se distingue de ses « cousins » provençaux par un nez aux notes de fruits cuits et d’arachide grillée, ainsi que par une bouche capiteuse et élégante.

Les Gigondas rouge peuvent se garder pendant huit à dix ans. On les sert de préférence avec des gibiers à poil (lièvre, marcassin) ou d’eau (canard), ainsi que du bœuf en daube. Les rosés peuvent accompagner de la charcuterie, ainsi que des grillades l’été.
2. Cornas

Issu entièrement du Syrah, le Cornas est produit à partir de vignobles du nord de la vallée du Rhône (nord de Valence) poussant sur des terres sableuses et argileuses. En outre, le Cornas bénéficie d’un cépage précoce et comme le Côte-Rotie, il ne produit que du vin rouge, ou plutôt « noir » et très structuré grâce au Syrah.

D’une robe très soutenue, le Cornas révèle des arômes de fruits rouges et noirs pendant sa jeunesse (mûre et cerise), arômes associés à des notes boisées, épicées et poivrées. Mais il exprime toute sa structure puissante seulement après six ans de garde en révélant aussi des notes de cuir, de sous-bois, de tabac et même de truffe.
Sa bouche révèle un équilibre entre puissance, charpente et chaleur. Si on le déguste pendant sa jeunesse, on a affaire à une snestation rustique et sauvage. Et enfin, si la dégustation s’effectue pendant la maturation, ce sont les tanins fins et le sous-bois qui l’emportent.

Le Cornas est à servir avec des plats de viandes « fortes » et racées comme le lièvre à la royale, la gigue de chevreuil, le bœuf en daube, ainsi qu’avec du fromage puissant comme le Bleu des Causses.
Enfin, il peut se garder pendant cinq à vingt ans selon les terroirs et les millésimes.

3. Saint-Joseph

Tout comme le Côte-Rotie et le Cornas, le Saint-Joseph est issu de vignobles du nord de la vallée du Rhône – entre le Condrieu et le Côte-Rotie – mais sur la rive droite du fleuve et face aux Coteaux de l’Hermitage. En outre, le Saint-Joseph donne à la fois des vins rouges et des vins blancs. Le vignoble de Saint-Joseph est ancré dans des sols donnant un cépage exclusivement Syrah pour les rouges et Marsanne et Roussane pour les blancs.

D’une robe soutenue, passant d’une teinte de grenat à des nuances plus orangées avec l’âge, le Saint-Joseph rouge libère des arômes de fruits rouges et noirs (cassis) pendant sa jeunesse avant de passer à des notes de fruits mûrs et cuits, ainsi que d’épices et de poivre quand il gagne en maturité. Sa bouche ronde et grasse révèle d’élégants tanins tout en laissant l’acidité en second plan.

On peut les servir avec du lièvre à la royale, des viandes blanches et rouges grillées. Enfin, son potentiel de garde est de trois à dix ans selon les terroirs et les millésimes.

Le Saint-Joseph blanc présente une jolie robe claire à reflets verts pendant sa jeunesse avant de gagner des reflets dorés pendant sa vieillesse. Le nez, élégant et subtil, évoque d’abord des notes florales comme l’aubépine ainsi que les herbes à miel, avant de gagner en épices avec l’âge.

La bouche révèle un équilibre entre l’acide et le moelleux. Mais dans les meilleurs terroirs, se sont la rondeur et la vivacité qui s’imposent. Le Saint-Joseph blanc est à servir de préférence avec du poisson en sauce.

Source : Dictionnaire des vins de France, Hachette, 2010

Vins et crus ; Sancerre

Issu d’un très ancien vignoble chanté dès le règne de Philippe Auguste et dominant la rive gauche de la Loire à la frontière entre le Berry-Sancerrois et le Nivernais, le vin de Sancerre est d’abord incontestablement reconnu pour son blanc, même si les crus rouges sont de plus en plus réputés.

2 700 hectares de vignes sont consacrés à la production des vins de Sancerre. Les sols se caractérisent par un mélange de terres blanches, de sols calcaires durs et d’argile à silex.

- BLANCS

Élégant et racé, d’une jolie teinte or pâle, le Sancerre blanc est issu du cépage Sauvignon qui se décline en trois sous-catégories ; Terres Blanches, Caillottes et sols à silex. Son nez dégage principalement des arômes floraux (acacia, menthe, fougère) et d’agrumes (orange, pamplemousse et citron). Dans les sols dominés par les Caillottes on relèvera du cassis, de la fougère et de l’acacia. Les vins issus des Terres Blanches évoquent le narcisse ainsi que des notes tubéreuses. Enfin, pour les sols à silex ce sont l’acacia, le genêt et la « pierre à fusil » qui s’affirment.

Grâce au Sauvignon, la bouche du Sancerre blanc révèle d’agréables notes fruitées comme l’orange, la fleur d’oranger, le coing, le cassis, la menthe, la pomme, le miel et les épices.
Les vins issus des Terres Blanches sont généralement charpentés et corsés. Ceux issus des Caillottes sont plus légers et élégants. Enfin, ceux issus des sols à silex sont fermes et structurés.

En très bons vins issus de Sauvignon, les Sancerre blancs sont à déguster avec des fruits de mer, des poissons en sauce (brochet) et du fromage de chèvre (le plus idéal étant le crotin de Chavignol).

- LES ROUGES

« Cousins » des vins de Bourgogne car issus du cépage Pinot Noir, les Sancerre rouges sont une appellation assez récente. Et tout comme bon nombre de bourguignons, ils relèvent des arômes de griotte, de cerise et de venaison. Souples et au caractère friand, il se dégustent avec de la volaille et des fromages.

- LES ROSES

Issus du Pinot Noir, les Sancerre rosés sont marqués par des arômes de pêche, ainsi que par une bouche fraîche et fruitée. Ils sont très agréables l’été autour d’un plat de charcuterie, d’une salade ou d’une entrée.

Prochainement ; Armagnac et Folle-Blanche

Source : Dictionnaire des vins de France, Hachette, 2010

 

Vins ; les crus du Rhône (2)

LA CÔTE-RÔTIE

Moins connu que son voisin méridional de Châteauneuf-du-Pape, le vignoble de la Côte-Rôtie (nord de la Vallée du Rhône, Viennois) est l’un des plus anciens que compte la France. On dit même que les Gaulois tiraient le vin dans cette région.
Le vignoble aux coteaux roussis et brûlés par les rayons du soleil, s’agrippe aux pentes encaissées de la Côte Blonde et de la Côte Brune. L’appellation de la Côte-Rôtie se partage entre les communes de Saint-Cyr-sur-Rhône et Tupins-Sémons.
Le vin rouge est la principale production. Et la chaleur, ainsi que la terre brûlée donnent à ce vin rouge toute sa force et tout son caractère.

Les vignes de la Côte-Rôtie poussent sur sols de roches cristallines issus de gneiss et de micaschistes qui donnent des cépages Syrah avec 20 % de Viognier.
Le vignoble donne ainsi des vins d’une robe soutenue qui acquiert des nuances de Grenat dans sa jeunesse avant d’en venir à des nuances plus orangées dans sa vieillesse. Jeunes, les vins de la Côte-Rôtie libèrent des arômes fruités comme le petit fruit noir (mûre, cassis, myrtille) et aussi des épices douces. Dans les vins élaborés avec une petite proportion de Viognier, ce sont des notes florales (violette) qui s’affirment. Avec l’âge, les notes deviennent plus empyreumatiques (ce qui rappelle les sols brûlés) avec des fruits cuits et confits (griotte, cerise et eau-de-vie).
Grâce à l’élevage dans le bois, la bouche est plus fine que celle des autres vins de la région. Elle relève de l’élégance, des tanins fins et une trame soyeuse (si les vins arrivent à leur maturité). Grâce aux années de maturité, les vins deviennent gras (si une proportion de Viognier y a été ajoutée).

Les vins de la Côte-Rôtie sont à servir avec des terrines, du petit gibier (faisan, canard), du navarin d’agneau, du pigeon aux épices, de la dinde aux marrons et des fromages forts comme le Munster ou le Livarot.

Source : Dictionnaires des vins de France, Hachette

Vins ; les grands crus du Rhône (1)

Issus des solides cépages ensoleillés du Midi et de la Vallée du Rhône (Syrah, Mourvèdre, Grenache noir, Cinsault…), crus du Châteauneuf-du-Pape se caractérisent par des vins nobles puissants mais fruités.

Les rouges

Sans doute l’appellation la plus prestigieuse. Le vignoble du Châteauneuf s’étend dans l’ancien Comtat Venaisin au nord d’Avignon, entre Orange, Courthézon, Bédarrides et Sorgues. De 1305 à 1789 il était propriété de la Papauté.
Les Rouges sont les vins les plus reconnus. Produits sur neuf cépages (Grenache noir, Syrah, Mourvèdre, Cinsault, Terret noir, Muscardin et Vaccarède) aux sols d’argile rouge et caillouteux, ils offrent une robe intense, un nez puissant fin et complexe aux notes d’épices de la garrigue et une bouche toute aussi épicées (réglisse, poivre et cannelle), fruitées (cassis, fruits à l’eau-de-vie, pâte de coings et fruits cuits) sauvages et empyreumatiques.
Le Châteauneuf-du-Pape rouge sont à servir avec de la viande de caractère : bœuf en daube, civet de lièvre, gigue de chevreuil et risotto aux champignons sauvages. Il est tout de même bienvenu avec un steak au poivre. Ils peuvent aussi être servis, avec des fromages « charpentés » comme le Roquefort et le Brie.

Les blancs

Moins connus mais n’en méritant pas moins de reconnaissance, les blancs révèlent tout l’éclat du soleil de la Provence et peuvent se conserver pendant cinq ans voire davantage. Issus du Grenache blanc, de la Claitette, Roussanne, Picpoul, Picardan et Bourboulenc, ils dégagent une couleur vive allant du jaune clair au jaune soutenu. Ils dévoilent des arômes floraux délicats (fleurs blanches) et fruités (abricot, agrumes, poire, mangue et fruits de la Passion). Quand ils arrivent à cinq à l’âge de cinq ans, ils gagnent des nuances de miel et de cidre d’abeille. Leur bouche est amble, ronde et révèle les notes de fleurs et de fruits secs, tout en ajoutant une signature boisée. On les sert avec des crustacés, du saumon grillé – idéal avec les notes fruitées -, de la brandade de morue, des côtes de veau aux girolles, ainsi que du pigeon aux petits-pois. Au même titre que certains vins de Bourgogne, on peut aussi le servir avec de la poularde ou de la dinde en sauce à la crème.

Suite : Côte-Rôtie et Gigondas

Source : Les dictionnaire des vins de France Hachette

Vins et crus ; le Beaujolais

Coincés entre les nobles vignobles de Bourgogne et les crus de la Côte-du-Rhône, les vins du Beaujolais ont vu leur réputation quelque peu galvaudée par le célèbre et très festif « Beaujolais nouveau ». Et pourtant, le vignoble du Beaujolais produit de petits trésors qui font la joie des amateurs de vin. Voici une petite présentation.

S’étendant sur le long de la rive droite de la Saône entre Mâcon et une ligne Roanne – Villefranche-sur-Saône, le vignoble du Beaujolais produit toute une gamme de à partir des cépages Gamay Noir (Rouge), Chardonnay et Aligoté (Blancs).

Voici les quelques appellations les plus connues :

- Beaujolais

- Beaujolais villages

- Crus Beaujolais : Saint-Amour, Chenas, Moulin-à-Vent, Régnié, Brouilly, Côté, de Brouilly, Fleurie, Chiroubles, Chénas, Morgon et Juliénas.

- Côteaux du Lyonnais

Le Beaujolais proprement dit et les Côteaux du Lyonnais produisent des vins blancs et des vins rouges, tandis que les Crus Beaujolais et Beaujolais-Villages se consacrent davantage aux Rouges.

Malgré la célèbre image du « Beaujolais Nouveau » de solide vin rustique mais de faible garde, les Rouges délivrent des arômes aux notes fruités (fraise des bois, framboise, vanille) et florales (violette, aubépine, rose, pivoine). Les Brouilly  peuvent s’avérer même charnus et fins, autant que les Chénas peuvent avoir une attaque nette et vive en même temps que se montrer charnus et fruités. Les Chiroubles sont peu tanniques, tendres et fins. Les Coteaux du Lyonnais sont légers et équilibrés et délivrent des arômes de petits fruits mûrs rouges et noirs (cassis, mûre sauvage) tandis que leur bouche est à dominante fruitée. Les blancs révèlent de l’ananas et du pamplemousse avec une bouche souple et ronde. Les Juliénas ont un caractère plus fort car tanniques et rustiques mais délivrant des arômes de framboise, fraise, cassis, groseille, violette et pivoine. Plus original, le Saint-Amour peut délivrer des arômes de pêche et d’abricot. S’ils connaissent une cuvaison de huit à dix jours ils peuvent s’avérer tendres, fruités et floraux. Avec l’âge, ils deviennent plus rudes mais solides, révélant bon nombre de qualités. Enfin, le Fleurie délivre de délicats arômes de violette, d’Iris et de petits fruits rouges.

ROUGES :

Les Rouges du Beaujolais peuvent aisément se servir avec de la charcuterie, du rôti de porc, de la volaille et des fromages. Le Chénas peut accompagner de la blanquette de veau ou d’un petit-salé et le Chiroubles, un saucisson chaud. Le Régnier peut se servir avec des terrines et des charcuteries. Les Côteaux du Lyonnais peuvent être servis avec des plats traditionnels de la région comme l’andouillette et naturellement, le saucisson de Lyon. Outre l’andouillette, le Fleurie est à servir avec du gigot et de la volaille. Plus nobles, le Moulin-à-Vent et le Juliénas accompagnent des plats de volaille, de la viande rouge, du gibier et même du coq-au-vin, ainsi que des fromages (Neuchâtel pour le Juliénas, Époisses, Munster et Camembert pour le premier). Enfin, le Saint-Amour accompagnera très bien de la viande rouge et des gibiers à plumes.

BLANCS ET ROSES :

Les blancs accompagnent très bien un gratin. Enfin les rosés sont à boire l’été avec un plat de charcuterie ou de volaille. Les Coteaux du Lyonnais sont à servir avec du fromage et des poissons de mer ou de rivière.

 

 

 

Source : Dictionnaire des Vins de France, Hachette, Paris, 2010

 

Vins et crus ; Sauternes

Voici sans doute l’un de nos vins les plus appréciés et les plus enviés. Issu des vignobles aux sols graveleux, argileux et calcaires (cépages Sémillon, Sauvignon et Muscadelle) répartis sur les deux rives du Ciron (petit affluent de la Garonne), le Sauternes est produit à partir de raisins à la pourriture noble qui concentrent sucre et arômes.

Ce grand vin bénéficie aussi du climat agréable de la rive gauche de la Garonne.
Sa renommée est assez ancienne puisque Thomas Jefferson lui-même le considérait comme « le cru au-dessus de tous les vins » de la région de Bordeaux. Et les premiers crus ont été classés dès 1855.

De couleur or dans sa jeunesse, il tend vers l’ambre avec le vieillissement. Son nez des plus agréable révèle des arômes de coing, d’agrumes, de prunelle, d’abricot et de pêche. Sa bouche est élégante, ample, onctueuse et possède des notes grillées, de fruits confits et de fruits blancs et jaunes (abricot, pêche).

Domaine du Château d'Yquem qui produit des crus de Sauternes les plus réputés.

Vin d’une exceptionnelle noblesse, le Sauternes est servi principalement dans les repas de fête ou aux grandes occasions. Dans un âge avancé, il accompagne fort bien le foie gras (en terrine ou poêlé). On peut aisément le servir aux dessert, si celui-ci est composée de fruits (salade, charlotte et tarte à l’ananas).
S’il n’est pas trop âgé on peut même le servir avec de la viande blanche à la crème, du canard aux pêches et même du roquefort.

- Crus (châteaux) classés en 1855

Yquem, Climens, Guiraud, Lafaurie-Peyraguey, Haut-Peyraguey, Romer, Nairac, Broustet, d’Arche, La Tour Blanche, Caillou, Filhot, Rabaud-Promis, Suduiraut, Coutet, Doisy-Daëne, Doisy-Dubroca, Doisy-Védrines, Lamothe, Lamothe-Guignard, de Malle, Myrat, Romer du Hayot, Suau, Rieussec, Sigalas-Rabaud, Rayne-Vigneau

 

Source : Dictionnaire des vins de France, Hachette, Paris, 2010