Histoire de France par Jacques Bainville, ch.II: « L’essai mérovingien » (3/3)

Les d’Héristal ou Pipinnides réussirent parce qu’ils eurent le temps pour eux et parce qu’ils rendirent les services que l’on attendait. Riches et puissants en Austrasie où ils portaient le titre de ducs, ils représentaient, aux frontières du monde germanique, la civilisation catholique et romaine qui avait besoin d’une grande force politique pour se maintenir. Aussi devaient-ils avoir avec eux, et l’Église, et les sentiments qui avaient déjà assuré le succès de Clovis. C’est ce qui leur promettait de refaire un jour l’unité de la Gaule, appuyés sur l’Austrasie où était le siège de leur pouvoir. En somme, les ancêtres de Charlemagne se sont élevés par les mêmes procédés qui, de notre temps, ont porté les électeurs de Brandebourg au trône impérial d’Allemagne et les ducs de Savoie au trône d’Italie.

La première étape consistait à briser l’opposition des hommes politiques de Neustrie. Ce fut l’œuvre de Pépin d’Héristal. Vainqueur à Testry, en 682, des maires neustriens, Ebroin et Waratte, il porta aussi le coup de grâce à la dynastie mérovingienne : si elle existait encore c’était par l’usage que les partis en faisaient les uns contre les autres. À compter de ce moment, les Mérovingiens, pourvus d’un vain titre, ne furent plus que les « rois fainéants » traînés dans leurs chariots à bœufs. La réalité du pouvoir était en d’autres mains, celles du prince et duc d’Austrasie.

Toutefois, Pépin d’Héristal ne se sentait pas assez fort pour créer une nouvelle légitimité, tandis que l’autre mourait lentement. Il ne voulut pas brusquer les choses : la Neustrie, la Bourgogne n’étaient pas mûres. Il y avait, çà et là, des troubles. Parfois les anciens partis se ranimaient. Pépin mourut en 714 sans avoir trouvé l’occasion de prendre la couronne. À sa mort, peu s’en fallut que tout ne fût compromis. La guerre civile reprit, aggravée par la guerre étrangère, car le parti neustrien ne craignait pas de s’allier aux tribus allemandes révoltées contre l’Austrasie. Faute grave du maire de Neustrie, Rainfroi. Il donnait à l’héritier des Pipinnides l’occasion d’apparaître à la France chrétienne et romaine comme le vrai défenseur de la civilisation et de la nationalité.

Cet héritier, c’est Charles Martel. Les d’Héristal sont décidément une race douée. Charles a du caractère, du talent. Les circonstances le serviront, et il excelle à saisir les circonstances. Comment s’impose-t-on à un peuple ? Toujours de la même manière : par les services rendus. Charles représentera l’ordre et la sécurité. Il a déjà battu les agitateurs neustriens : la légalité est rétablie. Il dompte encore les Saxons, toujours prêts à se remuer et à envahir. Mais une occasion plus belle et plus grande que les autres vient s’offrir : une invasion nouvelle, l’invasion des Arabes. Ce n’est pas seulement une race, c’est une religion, c’est un monde ennemi qui apparaît avec eux. Sorti du fond de l’Arabie, l’Islam avance vers l’Occident. Il a réduit à rien l’Empire de Constantinople, conquis l’Afrique du Nord, l’Espagne, franchi les Pyrénées, pénétré dans les vallées de la Garonne et du Rhône. Cette menace refait l’union des Gaules. L’Aquitaine, toujours jalouse de son indépendance, même sous les plus puissants des Mérovingiens, s’alarme, tourne les yeux vers le grand chef militaire du Nord. On a besoin d’un sauveur et il n’y en a d’autre que le duc d’Austrasie. Charles se fit-il désirer, ou bien, pour intervenir, pour entraîner ses troupes, fallut-il que le danger se rapprochât ? Il ne se mit en campagne qu’après la prise de Bordeaux par les Arabes. Abdérame (*Abd-el-Rahman) montait toujours. Charles, qui reçut ce jour-là le nom de Martel, le rencontra et le mit en fuite près de Poitiers (732).

L’Austrasien avait délivré le pays et il continua, au Sud, à le nettoyer des Arabes. Après un pareil service rendu à la nation, les d’Héristal apparaissaient comme des sauveurs. Vainqueur des « infidèles », Charles était à la fois un héros national et un héros chrétien. Le pape Grégoire III sollicitait le secours de son bras et Charles répondait avec empressement : ce bienfait ne devait pas être perdu. Qui l’eût dès lors empêché d’être roi ? Il ne voulut rien gâter par la précipitation. Il s’était borné à ne pas remplacer un obscur Mérovingien, Thierry IV, mort en 737.

Charles était si bien souverain, sans en avoir le titre, qu’il retomba dans l’usage des Francs, dans la faute de Clovis : avant de mourir, il partagea ses États entre ses deux fils, Carloman et Pépin. Mais tout devait réussir aux d’Héristal. Pépin et Carloman, par miracle, furent d’accord. Les vieux partis avaient relevé la tête, des troubles avaient éclaté. Les deux frères tirèrent d’un cloître le dernier rejeton des Mérovingiens pour se couvrir de la légitimité. Ils soumirent les rebelles. Cela fait, Carloman eut le bon esprit d’abdiquer et de laisser le pouvoir à son frère, l’énergique Pépin. Les derniers obstacles étaient franchis : la dynastie carolingienne n’avait plus qu’à succéder à l’ombre mérovingienne. L’état de fait fut consacré, non seulement par le consentement des grands et de la nation, mais par une consultation du pape qui fut d’avis que le vrai roi était celui qui exerçait le pouvoir : Zacharie récompensait le service rendu à Grégoire III par le père de Pépin.

Le changement de dynastie se fit sans secousses (752). Il avait été admirablement amené. Toutes les précautions avaient été prises. Le dernier Mérovingien avait disparu, l’opinion publique approuvait. La consécration du Saint-Siège, le « sacre », rendait la nouvelle dynastie indiscutable et créait une autre légitimité. La substitution fut si naturelle qu’elle passa presque inaperçue. Le maire du palais était devenu roi. L’autorité était rétablie, le pouvoir puissant. Une ère nouvelle s’était ouverte, celle des descendants de Charles Martel, les Carolingiens.

 

11 mai 1745 : Victoire de Fontenoy (Guerre de Succession d’Autriche)

Cette célèbre bataille opposa les Anglo-Hanovriens du Duc de Cumberland (fils du Roi George II) et leurs alliés Hollandais aux Français de Louis XV et du Maréchal de Camp Maurice de Saxe.

La bataille commença dès le matin du 11 mai (5h00) avec des forces assez équilibrées. Cumberland voulut rompre les lignes françaises en envoyant un bélier de 15 000 fantassins appuyés par des cavaliers dans le dispositif ennemi. Le plan réussit au début car les Anglo-Hanovriens enfoncèrent les lignes françaises, tout en repoussant les contre-attaques des Régiments des Gardes Suisses, Gardes Françaises, du Hainaut, d’Aubeterre et des Vaisseaux. Sauf que, Maurice de Saxe disposa son artillerie en vue de repousser l’assaut de Cumberland. Les 15 000 soldats du Roi d’Angleterre furent accueillis par la mitraille de l’artillerie de Louis XV (qui malgré les boulets tombant autour de lui, refusa de quitter le champs de bataillle*).

Les troupes de Cumberland se firent hacher une première fois par les canons français, avant que Louis XV et Saxe ne fassent donner la Brigade Irlandaise (cavalerie) qui vint achever le carnage, forçant les Anglais à la retraite.

L’épisode resté le plus célèbre fut sans doute l’apostrophe entre le Comte d’Anterroches et Charles Hays commandant des Guards. Arrivant devant les lignes françaises, Hays enjoignit à Anterroches de « tirer le premier » avant de sortir sa petite flasque d’alcool dont il but une gorgée. Prenant cela pour une provocation Anterroches mit au défi Hays de faire tirer son régiment en premier. Ce qui fut fait. La légende a retenu qu’Anterroches aurait dit à Hays « Tirez les premiers messieurs les Anglais ».

10 mai 1796 : victoire française de Lodi

Après s’être heurté à de bonnes défenses autrichiennes à Pizzighetone, Napoléon Bonaparte est ses 9 500 soldats réussissent à trouver le point faible ennemi à Lodi, village sur l’Adda qui dispose d’un pont menant vers la route de Milan. Mais le général autrichien Sebottendorff – à la tête de 17 500 hommes (italiens et autrichiens) – souhaite faire sauter le pont. Bonaparte doit alors le prendre de vitesse. Il envoie alors les généraux Jennings de Kilmaine et Bonnière de Beaumont chercher des gués au sud et au nord.

Napoléon lance alors un premier assaut sur le pont de Lodi, mené par les Savoyards du 2e Bataillon de Carabiniers de Pierre-Louis Dupas qui se font malheureusement décimés par les canons autrichiens qui tirent à mitraille.

Cependant, les cavailiers de Kilmaine, Bonnière de Beaumont, Dallemagne, Masséna et Lannes réussissent à déborder les forces de Sebottendorff sur les flancs. La cavalerie napolitaine réussit à empêcher un désastre en protégeant la retraite des Autrichiens.

Pour Napoléon Bonaparte et son armée,cette victoire permet d’ouvrir la route vers Milan.

Grands vins de Bourgogne ; les « Ducs Blancs» de la Côte de Beaune (2)

- Chevalier-Montrachet

Ce grand cru existe depuis le XVIIIe siècle et est produit sur le coteau (7.5 hectares) le plus élevé de la colline de Montrachet et exposé à l’est. Comme ses « cousins », sa robe est or clair dans sa jeunesse et évolue en jaune or vif. Il libère d’élégants arômes minéraux allikés au pain frais, à la verveine, à la fougère et à la jacinthe. En bouche, le Chevalier-Montrachet est consistant et d’une belle longueur. De très bonne garde, il peut être conservé durant dix-quinze ans moyenne, voire trente ans. On le sert de préférence avec de la langoustine, du homard grillé, des coquilles Saint-Jacques, des écrevisse à la nage, de la mousseline de brochet et de l’omble chevalier.

- Montrachet

C’est l’un des plus vieux – et l’un des plus sublimes – vins de Bourgogne. Les premières productions datent de l’Epoque Médiévale avant de prendre son essor au sous Louis XIII et Louis XIV. Le vignoble est ancré dans un sol riche en calcaire et en sodium, ce qui explqiue son caractère exceptionnel, de même que sa très belle longévité (dix, quinze et même trente ans).
Sa robe classique est faire d’un or illuminée de reflets verts mais évolue vers le jaune or vif. Ses arômes sont une harmonie mariant la fougère, le beurre, le croissant chaud, la citronnelle, l’amande amère, le fruit sec, un peu de pierre, les épices et le miel. Acide dansa sa jeunesse, il évolue en vieillissant pour devenir à la fois sec, ferme, onctueux, enveloppé et profond. Le gras et la puissance sont quelque peu éclipsés.
Le Montrachet accompagne de préférence le homard, la langoustine, le bar en croûte de sel, la sole, le saumon et la poularde de Bresse à la crème et aux morilles.

- Puligny-Montrachet

Situé entre Meursault et Chassagne-Montrachet, le cru existe depuis 1879. Du Côté de Meursault, le vignoble (270-320 mètres d’altitude) donne des vins gras et charnus alors qu’ils sont beaucoup plus charpentés et bouquetés côté Chassagne. On trouve parmi les crus les plus réputés les appellations suivantes : Les Combettes, Les Folatières, Les Pucelles, Le Cailleret, le Clos de la Garenne, Les Combettes, Les Demoiselles, Les Perrières, La Truffière et Clavaillon. On peut le garder de cinq à quinze ans.

Le Puligny-Montrachet s’enorgueillit d’une robe cousue d’or, en plus des traditionnels reflets verts. Et la robe devient encore plus intense dans sa maturité. Ses arômes – belle harmonie entre la fleur, le fruit jaune, le fruit vert, la pierre, le beurre et le toast –  suggèrent la fougère, l’aubépine, le raisin mûr, la pâte d’amande, la noisette, l’ambre, la citronnelle, la pomme verte, le silex, la pierre à fusil et le beurre. Le miel apparaît au bout de plusieurs années de garde (quatre  à cinq ans). Le Puligny-Montrachet accompagne très bien le vol-au-vent, la pauchouse de la Saône, les quenelles de brochet, le jambon à la crème, ainsi que la poularde de Bresse à la crème et aux morilles.

- Meursault


Là encore… le Chardonnay magnifié ! Coincé entre Volnay, Monthélie, Auxey-Duresses et Puligny-Montrachet, Meursault est l’une des plus belles appellations de vin blanc bourguignon. Si le vignoble se répartit sur 386 hectares, les meilleurs terroirs sont ceux aux sols marneux situés à m-pente de la colline. Ce grand vin blanc mérite que l’on mentionne ses premiers crus : Charmes, Clos des Perrières, Le Porusot, Les Bouchères, Les Caillerets, Les Cras, Les Gouttes d’Or, Les Plures, Les Santenots Blancs, Les Santenots du Milieu, Les Perrières, La Jeunellotte, La Pièce sous le Bois, Sous Blagny et Sous le Dos d’Âne.
Contrairement aux appellations liées à Montrachet, la robe du Meursault acquiert une teinte ambrée avec l’âge, en plus de reflets gris. Son bouquet révèle le Chardonnay dans sa maturité : soleil, terroir, aubépine, abricot, citron, mangue, papaye, fruits, secs, noisette, amande, tilleul et beurre. Enfin, en bouche, le Meursault est corpulent, structuré, soyeux , frais, miellé (avec des accents de mirabelle) et long.

D’une belle garde (entre huit et quinze ans), il est le seul vin de Bourgogne que l’on peut déguster avec du foie gras, en plus des fruits de mer, des quenelles de brochet, du poisson, du munster, des époisses, du roquefort, du bleu de Bresse et même…. de la tarte Tatin.

- Ladoix

Situé en aval de la Montagne de Corton, le village de Ladoix-Serrigny produit de grands vins blancs grâces aux vignobles qui se sont développés sur des sols marneux et argileux. Le Ladoix peut être gardé de trois à cinq ans. En voici quelques appellations de premiers crus : Basses Mourottes, Bois Roussot, Le Clou d’Orge, La Corvée, Les Joyeuses, les Hautes Mourottes et La Micaude. On peut le garder de trois à cinq ans.
Sa robe est habituellement or clair. Ses arômes laissent apparaître l’acacia souligné d’une pointe beurrée, la prune, la pomme mûre, la figue, le coing et la poire épicée. En bouche, le Ladoix se révèle ferme mais retenu, gras, ample, équilibré et frais. Vers deux ans, il devient plus moelleux. On le sert de préférence avec des plats de poisson d’eau douce, le veau Orloff, le bleu de Bresse et le Comté.

- Auxey-Duresses

D’abord propriété de l’Abbaye de Cluny et partagée entre les villages d’Auxey et des Duresses, situé à l’ouest de Meursault et dans le prolongement de Meursault, le vignoble d’Auxey-Duresses se partage entre la Montagne du Bourdon pour le rouge et le Mont Mélian pour le Blanc. En premiers crus, on trouve : le Bas des Duresses, les Ecussaux, Les Grands Champs, Reugne et le Clos du Val.

La robe de l’Auxey-Duresses blanc possède une jolie robe paille brillante, claire, limpide et cristalline. Ses arômes évoquent l’aubépine, un peu le citron et la reinette. En bouche, c’est un vin ample, gras, vif, spontané, avec assez d’acidité pour bien vieillir. Il est friand et moelleux.
Vin plus convivial, on le déguste avec des plats traditionnels représentatifs de la cuisine bourguignonne comme la terrine, les quenelles, les cuisses de grenouilles, le feuilleté aux escargots, le sandre ou le brochet en sauce, le poisson poché, le bleu, le livarot et les époisses. Comme le Ladoix, on peut le conserver de trois à cinq ans.

Source : Dictionnaire des vins de France, Hachette, 2010

8 mai 1429 : Sainte Jehanne d’Arc et ses capitaines libèrent Orléans

Le 8 mai 1429, Jeanne d’Arc épaulée par Jehan de Brosse Maréchal de Sainte-Sévère, le Duc Jehan II d’Alençon, Raoul de Gaucourt Sénéchal du Dauphiné, Étienne de Vignolles communément appelé La Hire, l’Armiral Louis de Culant, Jehan Poton de Saintrailles et Gilles de Rais, finissent par faire tomber les tourelles d’Orléans assiégée – tenue alors par le Comte Jehan de Dunois dit le « Bâtard d’Orléans« .

Orléans était assiégée depuis le mois d’octobre 1428 par l’Anglais Jehan Talbot. La cité était le dernier point de résistance des Français sur la Loire, à la frontière entre la partie du Royaume tenue par les Anglais et le Royaume de Bourges de Charles VII.

8 mai 1945 ; Capitulation de l’Allemagne nazie

Après une première reddition signée le 7 mai 1945 à Reims par le colonel-général Alfred Jodl, un acte de capitulation définitif est signé  le 8 mai, à Berlin (à 23h01), par le maréchal Wilhelm Keitel. Cette capitulation met officiellement fin à la  Seconde Guerre mondiale sur le sol européen.

Il faudra attendre le 2 septembre 1945 et la capitulation officielle du Japon pour que la Seconde Guerre mondiale prenne fin.

Grands vins de Bourgogne ; les « Ducs Blancs» de la Côte de Beaune (1)

Si les plus grands vins de rouges de Bourgogne sont l’apanage de la Côte de Nuits, la Côte de Beaune, qui donne toutefois d’exceptionnels vins rouges (Pommard, Volnay, Chassagne-Montrachet, Aloxe-Corton, Corton, Santenay), semble s’être attribuée la production de certains des plus grands vins blancs de France. En voici, un petit panorama.

- Corton-Charlemagne

Le Chardonnay dans toute sa splendeur ! Incontestablement le plus beau vin blanc de France ! Produit sur le haut de la Montagne de Corton entre 280 et 330 mètres d’altitude, sur le climats d’Aloxe-Corton, de Pernand-Vergelesses, du Corton et des Languettes, le Corton-Charlemagne est un vin un puisssant vin de garde (jusqu’à vingt – vingt-cinq ans pour les plus grands millésimes, exceptionnel pour un blanc !) et d’une très grande richesse.

Les vignes du Corton-Charlemagne sont issues de sols marneux, argileux et à la pente assez forte sur le Montagne de Corton.
Or pâle à reflets verts dans sa jeunesse, il acquiert peu à peu une robe plus ambrée. Mais que dire de son bouquet ? Une incroyable délicatesse et une harmonie de notes beurrées, de pommes au four, d’agrumes, de silex, de tilleul, de fougère, de genévrier, de cannelle, de miel voire de hydromel et même enfin, de cuir, de truffe. Quand on le déguste, on s’apperçoit que c’est un vin puissant, d’une extraordinaire richesse, concentré et élégant. Il tient longtemps en bouche grâce à sa structure équilibrée.

Vin d’une incomparable noblesse, le Corton-Charlemagne ne peut être guère servi pour accompagner un plat de moules ! Il accompagne donc fort bien les langoustines rôties au safran, la sole au beurre citronnée, la mousseline de brochet, les écrevisses à la nage, le poisson à la crème ou à l’oseille et même la volaille aux morilles.

- Chassagne-Montrachet

C’est sans doute l’une des plus grandes appellations de la Côte de Beaune. Ce cru réussit à effectuer la synthèse des deux grands cépages de Bourgogne. Les crus de Chassagne sont produits à partir de vignes poussant sur des sols calcaires, caillouteux, marneux et sablonneux. Voici une liste des premiers crus : Abbaye de Morgeot, Blanchot-Dessus,  Bois de Chassagne, La Boudriotte, Les Brussonnes, Cailleret, Les Champs Gain, Les Chaumées, Les Chevenottes, Clos Saint-Jean, Dent de Chien, En Cailleret, En Remilly, La Grande Montagne, La Maltroie, Les Macheliers, Tonton Marcel, Les Vergers et Vide-Bourse.

D’une couleur or bien marquée à reflets verts, son nez est une harmonie entre des notes florales (chèvrefeuille, verveine), minérales (silex), fruitées (poire mûre), toastées dûes au fût (beurre frais) et miellées. C’est un vin très vif en bouche dans sa jeunesse mais il acquiert davantage de fraîcheur en vieillissant. On peut le conserver entre trois et douze ans, ce qui est assez exceptionnel pour un vin blanc.

On le sert de préférence avec du poisson, des coquilles Saint-Jacques, de la volaille de Bresse à la crème (poularde), du chèvre et du comté.

- Bâtard-Montrachet

Situé à cheval sur les communes de Puligny et Chassagne, ce cru se divise entre différentes parcelles aux sols bruns calcaires de plus en plus argileux. Le Bâtard-Montrachet est un vin d’un parfum pénétrant et d’une étonnante longévité (dix-quinze ans en moyenne, voire même trente ans !).
Sa robe est d’or clair dans ses jeunes années avant d’évoluer vers le jaune or vif embellie par des reflets d’émeraude. Pour ce qui est des arômes, on distingue plusieurs différences selon la vigne. Si le vin a été produit du côté de Puligny, on retrouvera du beurre, du croissant chaud, tandis que du côté de Chassagne on relèvera la citronnelle, le fruit sec, l’amande amère, un peu de pierre, le miel et quelques épices. Acide pendant sa jeunesse, il devient onctueux, tout en restant sec, ferme, enveloppé et profond.

Il est à déguster de préférence avec des quenelles de brochet, du vol-au-vent, de la dodine de canard, du jambon du Morvan à la crème, de la poularde de bresse à la crème et aux morilles.

Source : Dictionnaire des Vins de France, Hachette, 2008

Citation

« La France meurt de ne plus compter assez de patriotes, c’est à dire de citoyens capables de reconnaitre ce qu’il y a de grand en elle, dont on doit être fier »

Max Gallo