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10 mars 1465 : naissance de la Ligue du Bien Public

Selon plusieurs historiens médiévistes et modernistes, la révolte nobiliaire de la « Ligue du Bien Public » symbolise le soulèvement de la haute noblesse contre la puissance grandissante de l’autorité royale qu’incarne Louis XI. C’est la défense des privilèges, de l’indépendance et des coutumes contre le gouvernement des Valois plus centralisateur, affermi sous Charles VII avec la victoire sur les Anglais.

Charles le Téméraire, Duc de Bourgogne et Comte de Charolais

Ainsi, le 10 mars, Charles le Téméraire, le très puissant Duc de Bourgogne* et
cousin de Louis XI, furieux que le Valois eût influencé son père (Philippe le Bon) et vendu les villes sur la Somme (Abbeville, Amiens et Péronne), rassemble plusieurs grands féodaux du Royaume pour former une « Ligue du Bien Public », dont les buts sont définis par un Manifeste rédigé le jour même. Les révoltés y affirment vouloir remédier au « désordonné et piteux gouvernement masquant leurs intérêts féodaux ».

– C’est donc une guerre ouverte contre le Roi que déclenchent ces représentants de la Haute-Noblesse. Ils souhaitent aussi déposer Louis XI pour installer sur le trône de France, le faible frère du Roi Charles de Berry en tant que Régent.
Hormis Charles Téméraire, qui trouve-t-on dans cette Ligue du Bien Public ? Tout d’abord François II de Bretagne, lui aussi à la tête d’un puissant duché. Jean II de Bourbon Comte de Clermont, ancien favori de Charles VII et vainqueur de la bataille de Formigny (1450), mécontent de la politique du nouveau souverain. On trouve aussi de grands féodaux de Province comme Louis de Luxembourg Comte de Saint-Pol, le Connétable Jean V d’Armagnac, Jacques d’Armagnac-Nemours Comte de la Marche et Charles II d’Albret.

Jean II de Bourbon Comte de Clermont

– Enfin, d’éminentes figures de la Guerre de Cent-Ans se joignent  à la Ligue comme Jean de Dunois bâtard d’Orléans et compagnon de Sainte Jeanne d’Arc, ainsi qu’André de Montmorency-Laval Comte de Lohéac vainqueur des Anglais à Castillon en 1453 et Antoine de Chabannes Comte de Dammartin (qui lâchera ses nouveaux amis quelques temps plus tard). Eux-aussi sont déçus de la politique de Louis XI.

– Mais de son côté, le Roi de France peut compter sur le loyal et efficace soutien de Gaston IV de Grailly Comte de Foix et Béarn qui peut mobiliser le nombre considérable (pour l’époque) de 30 000 hommes afin de défendre la Couronne et le Royaume.

* Grâce à Philippe le Hardi (frère de Charles V), Jean Sans Peur et Philippe le Bon, le Duché de Bourgogne était devenu en l’espace de cinquante années un « État » très puissant qui allait d’Anvers à Bourg en Bresse.

Lire :
– MURRAY-KENDALL Paul : Louis XI, Marabout, Paris
– HEERS Jacques : Louis XI, Perrin, Paris
– FAVIER Jean : Louis XI, Fayard, Paris