Vous êtes ici : France Histoire Esperance » histoire » 11 octobre 1746 : Victoire du Maréchal de Saxe à Rocourt (Rocoux)

11 octobre 1746 : Victoire du Maréchal de Saxe à Rocourt (Rocoux)

Victoire française de la Guerre de Succession d’Autriche sur les Austro-Hollando-Anglo-Hanovriens de Charles-Alexandre de Lorraine, Charles-Auguste de Waldeck et John Ligonier.
Toutefois, seuls les Hollandais et les Anglo-Hanovriens affrontèrent les 120 000 Français avant de faire retraite, les Autrichiens n’étant pas intervenus sur les flancs de l’armée de Maurice de Saxe.

Cette victoire permet alors à Louis XV de maintenir une influence sur la région de Liège.

– Si l’on en croit le Journal des Opérations de la guerre en Flandres,suite à la prise de Namur, le Maréchal Maurice de Saxe apprend que Lorraine et Waldeck se sont placés à cheval entre Wilsen et la Meuse, ce qui lui indique que l’ennemi veut marcher sur Maastricht. Saxe envoie alors un détachement traverser Vilsen pendant que Monsieur de Gallerande avec son 4e Corps se place à Tongres. Finalement, Wadeck et Charles de Lorraine se plancent entre la Meuse et Liège, pendant que les Français dominent les rives du Jaar.

– Le Maréchal de Saxe dispose d’une supériorité numérique mais aussi d’une supériorité tactique sur ses adversaires. En effet, il dispose ses forces en trois colonnes « interarmes » combinant artillerie, infanterie et cavalerie. Les canons étant placés en avant, préparant l’assaut des fantassins, soutenus par les cavaliers. Cette combinaison novatrice pour l’époque sera théorisée par le Maréchal de Broglie pour donner naissance plus tard aux Divisions.

– Le 11 octobre, les deux armées se font face à une lieue l’une de l’autre. Saxe dispose de 64 Bataillons d’Infanterie et 128 Escadrons répartis comme suit : 1re Réserve de Mr. du Chayla (réserve – 11 Bataillons et 37 Escadrons), 2nd Réserve (32 Bns et 16 Esc), 1er Corps de M. d’Estrées (10 Bn. et 30 Esc.),  2nd Corps du Comte de Clermont (10 Bn et 30 Esc), 3e Corps de Monsieur de Mortagne (14 Bn. et 32 Esc.) et le. Enfin, Tongres (4e Corps) est occupée par des unités de réserve et les équipages.

– Le Maréchal français repèrent un point faible à la gauche du front ennemi. En effet, les lignes situées entre l’Ancre et Rocourt sont moins bien défendues car trop étendues, même si trois batteries flanquent Rocourt.
Mortagne et son 3e Corps reçoivent l’ordre de couvrir la droite Hollando-Hanovrienne, le long du village de Sling, pendant que les 1er et 2nd chargeront sur la gauche. Trois assauts auront été nécessaires aux Français pour repousser les Hollando-Anglo-Hanovriens.

– Pour décrire la bataille, laissons parler Voltaire :

« On s’observa, on escarmoucha quelques jours; le Jar séparait les deux armées. Le maréchal de Saxe avait dessein de livrer bataille ; il marcha aux ennemis le ll octobre à la pointe du jour, sur dix colonnes. On voyait du faubourg de Liège, comme d’un amphithéâtre , les deux armées ; celle des Français de cent vingt mille combattants, l’alliée de quatre-vingt mille. Les ennemis s’étendaient le long de la Meuse, de Liège à Viset, derrière cinq villages retranchés. On attaque aujourd’hui une armée comme une place, avec du canon.

Les alliés avaient à craindre qu’après avoir été forcés dans ces villages, ils ne pussent passer la rivière. Ils risquaient d’être entièrement détruits, et le maréchal de Saxe l’espérait.
Le seul officier général que la France perdit en cette journée, fut le marquis de Fénélon, neveu de l’immortel archevêque de Cambrai.

Les Français eurent peu de personnes de marque blessées dans cette journée. Le fils du Comte de Ségur eut la poitrine traversée d’une balle, qu on lui arracha par l’épine du dos, et il échappa à une opération plus cruelle que la blessure même. Le Marquis de Lugeac reçut un coup de feu qui lui fracassa la mâchoire, entama la langue lui perça les deux joues. Le Marquis de Laval […] le Prince de Monaco, le Marquis de Vaubecourt, le Comte de Balleroy, furent blessés dangereusement.
Cette bataille ne fut que du sang inutilement répandu, et une calamité de plus pour tous les partis. »

– A la fin de la journée du 11 octobre, l’armée alliée repasse la Meuse en désordre, tandis que l’Armée royale n’exploite pas entièrement sa victoire, campant sur ses positions avant d’occuper Liers et Rocourt le lendemain.

Sources :
Extrait relatif à la batai11e de Raucoux in Extrait des opérations de la guerre en Flandres
jusqu’au 28 mars 1748
, SHAT : MR 2061 – 117, http://liegecitations.wordpress.com
– VOLTAIRE : Précis du siècle de Louis XV