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12 avril 1704 : Mort de Jacques Bénigne Bossuet dit « l’Aigle de Meaux »

Jacques-Bégnine Bossuet (1627-1704)

– Né en 1627 à Dijon dans une famille de magistrats, il entre dans la carrière ecclésiastique après des études au Collège de Navarre à Paris.
D’abord diacre à Langres (1648), il se consacra ensuite à la méditation, l’étude de la théologie et la conversion des Protestants.

Remarquable prédicateur et orateur de talent, Bossuet rédige beaucoup et prêche intensément. Devenant de plus en plus célèbre, on lui demande de prêcher aux obsèques de hautes personnalités. C’est ainsi que nous sont parvenues les Oraisons funèbres de Henriette de France, Henriette d’Angleterre, de la Princesse Palatine et du Louis II de Bourbon-Condé Duc d’Enghien.

– En 1670, il est consacré Évêque de Condom par Charles-Maurice Le Tellier Archevêque de Reims. En 1670 toujours, il est précepteur du Dauphin à qui il prodigue un enseignement intense. Le fils de Louis XIV avouera qu’il sera longtemps écœuré de tout effort intellectuel.

– En 1681, Bossuet devient Évêque de Meaux. Il continue d’écrire énormément, n’hésitant pas à controverser avec les Protestants. Grand soutien de l’absolutisme monarchique auquel il donne une dimension religieuse et sacrale dans La Politique tirée des propres paroles de l’Écriture sainte, il explique que les Sujets doivent obéissance au monarque, justifiant sa position par ses mots : « la servitude est admise, comme il paraît par toutes les lois ; mais ce serait condamner le Saint-Esprit, qui ordonne aux esclaves, par la bouche de saint Paul, de demeurer en leur état, et n’oblige point leurs maîtres à les affranchir ».
Le soutien à l’autorité royale le conduit à prendre position pour les libertés de l’Église Gallicane, lors des démêlés entre Louis XIV et le Bienheureux Pape Innocent XI. C’est lui notamment qui rédige la Déclaration des libertés de l’Eglise Gallicane et les Quatre Articles (1682).

D’un point de vue théologique, Bossuet s’oppose aux jansénistes mais avec davantage de virulence au « Quiétisme », doctrine mystique prêchée par Miguel de Molinos, basée sur les écrits de certains Pères de l’Église, qui  vise l’accession à la perfection chrétienne par un état de quiétude « passive » et confiante.
Cela vaut à Bossuet de violentes controverses avec l’Archevêque de Cambrai François de Salignac de la Motte-Fénelon.

– Il s’éteint le 12 avril 1704, victime de la maladie de la pierre.

Extrait de l’Oraison Funèbre de Henriette d’Angleterre :

« Ce qu’une mort soudaine lui a ravi.
La mort frappe tous les hommes, sans tenir compte de leur statut social. La princesse était de très haute naissance et d’une grande valeur personnelle. Mais la mort a tout emporté. Premier récit, pathétique, de la mort de Madame. Cette jeune princesse, qui laissait entrevoir de grandes espérances, n’est plus qu’ »un cadavre, non, pas même un cadavre, mais un je ne sais quoi qui n’a de nom dans aucune langue. »

« Ce qu’une mort soudaine lui a donné
On ne peut juger un homme que selon son rapport avec Dieu. Madame est un témoignage de l’action divine. Dieu lui a donné à la fois une grâce de conversion qui l’a amenée à la foi catholique, et la grâce de persévérer dans sa foi. Deuxième récit, mystique, de sa mort. »

Voir aussi https://www.france-histoire-esperance.com/dieu-se-rit-des-hommes-qui-deplorent-les-effets-dont-ils-cherissent-les-causes-bossuet/