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14 juin 1800 : Victoire de Marengo

Victoire difficile, où Louis Charles Desaix dût se replier face aux assauts autrichien et attendre l’artillerie, Victor, Lannes et la Garde Consulaire (Kellermann) face aux Autrichiens d’O’Reilly dans la défense du village de Marengo.

Après sa victoire sur les Suisses à Zurich, Napoléon passe
le Col du Grand Saint-Bernard et fond sur l’Italie du Nord contre les Autrichiens. Mais il ne peut empêcher le Général Mélas de prendre Savone et d’assiéger Gênes où Masséna s’est retranché, bloqué par les Anglais par la mer, les Autrichiens et des paysans insurgés par la terre. Dans le même temps, plusieurs unités françaises de l’Armée d’Italie étaient stationnées au sud de Marengo, avec les Corps de Victor (divisions de Chambarlhac de Laubespin et de Gardanne) et de Lannes, ainsi que la Cavalerie de Kellermann.

– Mélas laissa dont Ott devant Gênes et lance son armée dans le Var pour talonner Suchet.
De son côté, Bonaparte, après avoir laissé Moreau mener une belle campagne sur le Rhin contre l’Autrichien Kray, décide de se porter en Italie. Il part donc avec une armée qu’il a réorganisée dans le Midi, en mettant l’action sur la mobilité.

– Comptant venir rapidement à bout des Français et partant d’Allessandria, Mélas  scinde son armée en trois forces distinctes : Ott (libéré du siège de Gênes) au nord, avec Friedrich Heinrich von Gottesheim , ainsi que les divisions von Schellenberg et de  von Vogelsang ; O’Reilly au sud et Mélas lui-même au centre avec la force la plus importante (divisions de Hadik von Futak, von Kaim, von Morzin et Anton von Elsnitz). Notons que pour tromper Bonaparte, les Autrichiens dépêchèrent auprès de lui l’espion François Toli, censé lui livrer de fausses informations, ce qui fonctionnera dans un premier temps.

Claude-Victor Perrin, dit Victor

– Le 14 juin, l’avant-garde d’Ott formée par la colonne de Frimont atteint les lignes de Victor qu’elle repousse sur les fermes de Pedrabona et de Stortiglione. Par son mouvement, Ott menace directement les communications françaises vers Milan. Cependant, au centre, Mélas tente de forcer les lignes françaises mais les fantassins de la Division Gardanne réussissent à contenir la pression en combattant sans relâche, ce qui provoque un retard dans l’exécution du plan du général autrichien. Epuisés, les fantassins de Gardanne sont immédiatement relevés sur ordre de Victor par les troupes de Chambarlhac, alors que Melas se porte sur les positions françaises et décide d’engager les divisons de Hadik von Futak et Kaim. Sauf que là encore et malgré un appui d’artillerie, les Autrichiens sont repoussés par les tirs français, en grande partie en raison de leur difficulté à manœuvrer dans un terrain transformé en bourbier par les pluies.

Michael von Melas

– Du côté français, Jean Lannes avait mit son Corps en marche, pendant que François-Etienne Kellermann (fils de l’homme de Valmy) vint renforcer les forces de Victor avec sa cavalerie.
Von Melas décide alors d’envoyer les Grenadiers de Morzin, des troupes d’élite, enlever les positions françaises à Marengo. Cependant, le général autrichien commet l’erreur de se séparer des Hussards de von Nimpsch qu’il expédia barrer la route à Suchet que des Autrichiens avaient cru voir approcher de Marengo depuis Acqui Terme.

– Bonaparte comprend alors le but de la manœuvre autrichienne et envoya Lannes couvrir le flanc droit français face à la division de von Kaim qui a franchi le Fontanone au nord de Marengo. Lannes envoie l’infanterie de Watrin barrer le passage à l’Autrichien qu’il repousse pour traverser le Fontanone à son tour… et être lui-même repoussé par les canons de von Kaim. Toutefois, sur le flanc gauche Kellermann et ses cavaliers – et en particulier le 8e Régiment de Dragons – écrasent la Brigade de Pilati. Ott lance sa colonne contre les Français pour se faire d’abord stopper par Champeaux qui est tué dans l’action à Castel Ceriolo, avant de s’emparer du village.
Ces combats confus profitent à Bonaparte qui débouche depuis la plaine de la Sale, avec la réserve commandée par Louis Antoine Dexaix. Ce dernier envoya immédiatement la Divison Monnier renforcer Lannes plutôt que Victor (qui manque sérieusement de munitions) car c’était là que se jouait la bataille.

 

François-Etienne Kellermann

 

– Mais après un redéploiement, Von Melas, Ott et O’Reilly relancent leur assaut vers le Fontanone et le troisième reprit Stortiglione pendant que les Grenadiers de von Lattermann disputent Marengo aux fantassins de La Raffinière, qu’ils enlevèrent vers 14h00. De leur côté, Ott et Frimont repoussent Monnier. Bonaparte expédia alors la Garde Consulaire et les restes de l’infanterie de Champeaux (6e de Ligne) qui s’en prennnent à l’avant de la colonne autrichienne et anéantirent complètement les forces de Frimont.

– Les Français reculent de trois kilomètres pour, à San Giuliano pour faire face à la masse autrichienne qui menaçait encore de les submerger.
Sauf que Bonaparte reçoit le message que Desaix arrivait en trombe avec ses 9 000 hommes (reste de la Division Monnier et toute la Division Boudet). Bonaparte déploya la Réserve de Desaix à l’entrée nord de Marengo, pendant qu’Auguste de Marmont déploie son artillerie pour pilonner les colonnes ennemies commandées par le Général Zach. Là encore, les combats s’avèrent indécis face aux Cavaliers et aux Grenadiers Autrichiens.

Louis Charles Antoine Desaix

– Le Premier Consul ordonne alors à Desaix de charger à la tête de la cavalerie, avec Kellermann. Les deux généraux se ruent sur les Grenadiers de von Lattermann qui se firent tailler en charpie. Ce fut le tournant de la bataille, Zach et 2 000 de ses soldats se font capturer par l’Armée française, endeuillée par la mort courageuse de Desaix qui s’était retrouvé isolé du reste de ses cavaliers.
Dans le même temps, Kellermann repousse sans ménagement les Dragons du Liechtenstein qui, dans leur retraite à bride abattue enfoncent plusieurs rangs de leur propre armée, les Français à leurs talons. Par conséquent, tout le reste de l’Armée de von Melas décide de prendre la fuite pers Alessandria, laissant 6 500 tués, 8 000 prisonniers et 15 drapeaux de Régiment. Les Français doivent compter 4 700 tués, dont un valeureux général et 900 blessés.

– Marengo eut pour conséquence de forcer les Autrichiens à quitter le Milanais après la Convention d’Alessandria et servit grandement la propagande de Bonaparte auprès des institutions du Consulat.