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14 mars 1590 : bataille d’Ivry

Cette bataille décisive de la fin des Guerres de Religion met aux prises les Ligueurs commandés par Charles de Lorraine Duc de Mayenne Lieutenant-Général du Royaume (16 000 hommes dont de nombreux mercenaires germaniques et hispaniques) et l’Armée Royale (11 000 soldats) d’Henri de Navarre (futur Henri IV).
Elle a lieu  non loin de Nonancourt et d’Ivry (Normandie, actuel département de l’Eure) dans la plaine de Saint André.

– Chacun des deux chefs est épaulé par ses meilleurs lieutenants. Charles-Emmanuel de Savoie-Nemours, Charles Ier d’Aumale et Philippe d’Egmont pour le Duc de Mayenne. Et pour Henri de Navarre, on compte le fidèle Maximilen de Béthune Baron de Rosny (futur Duc de Sully), François de Montpensier, Jean VI d’Aumont, Claude de La Trémoille, François de Bourbon-Conti, Armand de Gontaut-Biron et le Colonel Schomberg.

– Le Duc de Mayenne fait d’abord charger ses reîtres allemands contre le Chevau-légers d’Henri de Navarre qui doivent se replier et abandonner l’artillerie aux Wallons. Jean VI d’Aumont se fait lui aussi malmener par les Ligueurs. Mais Henri de Navarre lance à son tour Gontaut-Biron et Montpensier qui viennent à leur tour cogner durement dans les rangs ligueurs, sauvant Aumont d’une bien mauvaise posture.

– De son côté, Henri de Navarre se rue sur les lanciers espagnols pour les empêcher d’occuper le terrain. Mayenne fait alors donner sa cavalerie pour tenter d’anéantir l’escadron royal. S’ensuit alors une ruée aussi féroce que confuse. On croit même Henri de Navarre tué.
C’est là qu’il aurait apostrophé ses troupes en les termes suivants (peut-être apocryphes) : « Mes compagnons, si vous courez aujourd’hui ma fortune, je cours aussi la vôtre ; je veux vaincre ou mourir avec vous. Dieu est pour nous. Voici ses ennemis et les nôtres. Voici votre roi. Gardez bien vos rangs, je vous prie ; si la chaleur du combat vous le fait quitter, pensez aussitôt au ralliement : c’est le gain de la bataille. Vous le ferez entre ces trois arbres que vous voyez là-haut à main droite. Si vous perdez vos enseignes, cornettes ou guidons, ne perdez point de vue mon panache ; vous le trouverez toujours au chemin de l’honneur et de la victoire »
Le Béarnais sera toutefois sauvé par l’un de ses soldats, Charles de Rambures. Il ralliera ses soldats en s’écriant : « Tournez visage, leur cria-t-il, afin que si vous ne voulez combattre, vous me voyez du moins mourir ! »

– Finalement, la bataille d’Ivry est une victoire complète pour l’Armée Royale. Philippe d’Egmont est tué et les lansquenets allemands sont impitoyablement massacrés. Mayenne, Savoie-Nemours et Aumale doivent s’enfuir.

Lire :
– Arlette Jouanna : Les Malcontents
– Pierre Miquel : Les Guerres de Religions