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Le Débarquement de Provence Première partie

Étonnamment, le déroulement de cette phase importante de la Libération du territoire français est bien moins connu et étudié que le débarquement de Normandie. Paradoxal, quand on sait que la participation des forces françaises a été importante. Les commémorations du soixante-dixième anniversaire de l’Opération « Anvil Dragoon » est bien sûr l’occasion de reparler de cette opération restant encore dans l’ombre d’« Overlord » mais n’ayant pas moins été réussie

 

1 – PLANNIFICATION DES OPERATIONS

A LA DÉCISION

Dès sa gestion le plan baptisé « Anvil » fait l’objet d’un désaccord du côté allié. En effet, Churchill veut poursuivre l’effort en Italie et forcer les Alpes Tyroliennes et Juliennes. L’objectif à la fois stratégique et politique du Vieux Lion britannique est d’une part ; mettre pied dans le sud du IIIe Reich et d’autre part, entrer en Yougoslavie par la Slovénie pour empêcher Staline d’y étendre son influence.

De leur côté, les Américains estiment que la Campagne d’Italie dure depuis trop longtemps compte-tenu de la résistance tenace des forces allemandes basées dans la péninsule. En outre, l’idée de forcer le passage par les Alpes Juliennes n’enthousiasme guère les stratèges américains qui estiment que cette partie montagneuse de l’Italie ne facilite guère les opérations. Au contraire, un débarquement surprise dans le sud-est de la France permettrait de menacer l’Italie par le nord-ouest (ce qui nécessiterait toutefois le déploiement de troupes spécialisées dans le combat en montagne). Du point de vue logistique, les Américains mettent dans la balance l’argument de poids qu’une opération amphibie dans le midi de la France permettrait la prise de Marseille, qui reste le premier port de Méditerranée en matière de tonnages. Enfin, fort d’une vue d’ensemble, les Américains démontrent que s’emparer de Marseille équivaudrait à ouvrir le loquet permettant de remonter la vallée du Rhône et remonter vers le Rhin pour prêter main forte aux forces d’Eisenhower qui commencent à s’approcher de Paris.

De leur côté, les Français – de Gaulle en tête bien entendu – appuient la décision américaine d’abord pour une raison toute politique, estimant que le droit leur revient de débarquer dans la première vague d’assaut. De Gaulle n’a d’ailleurs toujours pas digéré de ne pas avoir été informé du Débarquement en Normandie. Autant dire que le chef de la France Combattante (nouveau nom de la France Libre) insiste pour que des Divisions Françaises participent à l’Opération Anvil au lieu de rester en Italie après avoir libéré Sienne. Plus stratégiquement les Généraux Alphonse Juin et de Lattre de Tassigny avancent le fait que les forces françaises disposent déjà de la Corse qui peut servir de base de départ à une invasion de la France grâce à la disponibilité des ports d’Ajaccio, Bastia et Calvi et à celle de plusieurs aérodromes. Autre argument de poids des Français, la Résistance en Provence-Côte d’Azur (Région Militaire 2), avec le Capitaine Salvatori pour le Var, est très bien organisée, quoique minoritaire, et pourra fournir un appui conséquent aux forces amphibies.

Finalement, après débat, le plan Anvil (« Enclume ») est adopté en juillet 1944 mais Churchill en fait changer le nom en Dragoon car, flegmatisme britannique oblige, le chef du Gouvernement Britannique estime avoir été contraint (« Dragooned »). Le débarquement doit avoir lieu dans le département du Var.

B LES PLANS

D’autre part, un débarquement dans le Midi de la France aurait l’avantage de forcer le commandement allemand à « fixer » des divisions et corps d’armée dans le sud du territoire français au lieu de les envoyer en Normandie. Les plus optimistes estimant même que prendre pied dans le sud de la France forcerait les Allemands à opérer une retraite de grande ampleur vers les frontières du Reich. Le déroulement des opérations leur donnera en grande partie raison.

Initialement,  le débarquement était prévu pour le mois d’avril 1944 mais, en dépit des pressions de George C. Marshall et de Dwight D. Eisenhower, elle a dû être retardée pour deux raisons : D’abord pour une raison stratégique, puisque l’offensive de Clark en Italie marquait le pas. Ensuite, pour une raison matérielle car en nombre important de navires de transports LST durent être transférés en Grande-Bretagne pour le débarquement en Normandie ou dans le Pacifique, en dépit des efforts du General Jacob L. Devers (Commandant des Services de Ravitaillement en Méditerranéen) qui ne souhaitait pas voir les équipements regroupés être alloués ailleurs.

 

 

Le commandement des opérations dans le sud-est de la France est confié au VIth Army Group que commande alors Jacob L. Devers et répondant directement au Commandement Allié en Méditerranée dirigé par le Britannique Henry Maitland Wilson. Pour « Anvil », Devers choisit la VIIth US Army qui avait conquis la Sicile un an plus tôr sous le commandement de Patton. Cette fois-ci, elle est placée sous les ordres du General Alexander M. Patch, alors de retour du Théâtre d’Opération du Pacifique où il avait dirigé une partie de la campagne de conquête de Guadalcanal.

 

General Jacob L. Devers

General Alexander M. Patch

General Alexander M. Patch

Patch se retrouve alors au commandement de la VIIth US Army qui avait conquis la Sicile un an plus tôt sous le commandement de Patton. Il se voit attribué alors le VIth US Corps du Lieutenant.General Lucian K. Truscott qui compte 3 divisions combattant depuis l’Afrique du Nord et ayant connu les difficiles engagements de Sicile, du Monte Cassino et d’Anzio. Il s’agit donc des 3rd « Rock of the Marne »*, 36th « Texas » et 45th « Thunderbird ». Texan de naissance, agressif et audacieux, Lucian K. Truscott s’est fait connaître comme jeune général en obtenant la réactivation du Corps des Rangers pour en faire une infanterie de choc spécialisée dans les assauts amphibies sur des objectifs précis. Il a eu l’occasion d’inaugurer le baptême du feu de cette unité lors du raid anglo-canadien sur Dieppe où il fut le premier officier supérieur américain à poser le pied brièvement en Europe occupée. Truscott s’est ensuite particulièrement distingué à la tête de la « Rock of the Marne » en Afrique (où il en fit une unité de premier plan) comme en Sicile. Au début de 1944, il reçoit le commandement du VIth US Corps en remplacement de l’incompétent John P. Lucas pour tenter de sortir quatre divisions d’une souricière. Après Anzio, Truscott a repris en main ses unités pour en renforcer la cohésion. Autant dire que Patch ne pouvait pas mieux choisir pour diriger l’assaut du 15 août.

 

Lucian K. Truscott

Le VIth Corps américain doit débarquer en première vague avec des unités spéciales et des Commandos car Patch et Truscott jugent qu’elles ont une bonne expérience dans les opérations amphibies. Les Américains devant ouvrir ensuite la voie aux unités de tête de la Ire Armée Française du Général Jean de Lattre de Tassigny, qui n’apprécie pas la situation de débarquer après les Américains tout en leur étant subordonné. Après plusieurs séances de débats, il est convenu que Devers conserverait le commandement de l’ensemble des forces alliées dans le sud de la France mais que de Lattre bénéficierait d’un commandement autonome. Il ne faut pas oublier non plus que pour ce qui concerne le ravitaillement, le matériel motorisé, les munitions et l’armement, les troupes françaises dépendent encore des Services Américains, ce qui n’est pas sans causer certains soucis à de Lattre dans l’octroi de ce dont il a besoin.

Pour l’Opération amphibie, Patch peut aussi disposer de la 1st Airborne Task Force du Major.General Robert T. Frederick, de la Canadian-American 1st Special Service Force, ainsi que des Détachements spéciaux français. Le support aérien doit être assuré par plusieurs escadrilles américaines et françaises basées en Corse.

L’appui et le transport navals (2 200 navires) sont assurés par la Western Naval Task Force commandée par le Vice-Admiral américain Henry K. Hewitt et capable d’acheminer 151 000 hommes et 24 000 véhicules dans le premier jour du débarquement. Pour cela Hewitt peut compter sur 1 375 bateaux de Transport Landing Craft. La première vague d’assaut pour compter sur plus de 318 vaisseaux LST, LCT, LCI, ainsi que des navires d’approvisionnement).  Pour l’appui-feu naval, il dispose d’une flotte composée d’éléments britanniques, américains, français et même grecs comprenant : 5 cuirassés, 17 croiseurs (lourds et légers) et 41 destroyers. D’autre part, l’appui-feu rapproché est assuré par des dragueurs de mines, des LCT armés de lance-roquettes, ainsi que 4 croiseurs antiaériens. Enfin, la protection anti-sous-marine est placée sous la responsabilité du Task Group 80.6 du Captain J.P. Clay, avec 40 destroyers (dont 4 français), 6 corvettes dont 4 françaises, 6 dragueurs de mines et 6 sloops français.

 

Vice.Admiral Henry K. Hewitt

Troisièmement, l’appui aérien (plus de 2 000 appareils de combat) est confié deux unités distinctes ; la Task Force 88 du Rear.Admiral britannique Thomas Hope Troubrige qui compte 9 porte-avions légers anglais et américains (HMS « Khedive », « Emperor », « Searcher », « Pursuer », « Attacker », « Hunter » et « Hunter » ; USS « Tulagi » et « Kasaan Bay ») répartis entre les Task Group 88.1 (Troubridge) et TG 88.2 (Calvin T. Durgin, américain) embarquant distinctement des appareils Grumman F4F Wildcat, F6F Hellcat et Supermarine Seafire.

La seconde unité aérienne, le XIIth RAF Tactical Air Command du Brigadier.General Gordon P. Saville dont les groupes et escadrilles sont basés en Corse et en Italie, doit assurer la protection aérienne et le bombardement de précision. Savillle commande donc principalement à plusieurs groupes de chasses dont les pilotes sont aux commandes de Spitfire Mk IX, Spitfire V, P-51 Mustang, P-47 Thunderbolt et P-38 Lightning, ainsi qu’aux 42nd et 57th Bombardment Wing dotés de North American B-25 Mitchell, B-26 Marauders et Douglas A-20 Havoc.

Elle est imitée par la Mediterranean Allied Coastal Air Force (Italie et Corse) de l’Air Vice.Marshall britannique Hugh Lloyd, même si celle-ci ne déploie que des unités de chasse sur avion Bell P-39 Airacobra (350th Fighter Group) et 2 Squadrons de la RAF de bombardement de nuit (414th et 417th) équipés de Bristol Beaufighter VI, Vickers Wellington et Mosquito XII et XIII. Son rôle consiste davantage à escorter les navires en mer

 

Gordon P. Saville, commandant du XIIth RAF Tactical Air Command

Au regard des considérations logistiques évoquées plus haut, Patch prévoit de débarquer dans le Var afin de s’emparer au plus tôt des ports de Toulon et de Marseille. Pour remplir cet objectif et avec l’accord de de Lattre, le Général américain attribue à Truscott, une unité mécanisée française, en l’occurence le Combat Comand « Sudre » (Colonel Aimé Sudre) détaché de la 1re Division Blindée (Jean Touzet du Vigier).

Pour Patch et Truscott, il était nécessaire de remporter la bataille sur les plages afin de pouvoir assurer le débarquement des unités blindées de chasseurs de chars (3 Tank Battalions et 3 Tank Destroyer Battalions) rattachées à chaque division américaine, l’Artillerie, ainsi que celui des unités de soutien (logistique, génie, unités médicales, transmissions, ravitaillement, etc.). Mais il fallait bien sûr une zone assez peu défendue, contrairement à Toulon. Patch choisit alors le secteur de Saint-Tropez, une trentaine de kilomètres plus à l’est de Toulon, sur une ligne côtière d’environ 25 – 30 km située entre le Massif des Maures à l’ouest et le Massif de l’Esterel à l’Est.

Dans le  même temps, les actions des Résistants Français – plutôt bien organisés dans la région – doivent interdire l’accès des plages aux Allemands par des attaques sur leurs lignes de communication ; le terrain s’y prêtant bien à l’inverse de la Normandie. D’autre part, pour la diversion, les Américains bombardent leurs fréquences radios de faux messages annonçant un débarquement dans le nord de l’Italie. Quelques heures avant le débarquement, des unités de vedettes rapides PT-Boat, doivent effectuer des missions de déception sur plusieurs points de la côte du Midi de la France. L’acteur Douglas Fairbanks Jr., vedette du moment participe à l’une de ses actions.

 

Soldats de la Devil’s Brigade à l’entraînement

L’Opération Anvil Dragoon est conçue à certains égards comme Husky (Sicile) et Avalanches (Salerne) et doit se dérouler comme suit :

1 – Action des Commandos navals dans la nuit du 14-15 août : la Force Rosie du Capitaine de Frégate Seriot doit débarquer à Miramar pendant que les Commandos d’Afrique du Lieutenant-Colonel Bouvet (Force Romeo) doiventt débarquer au Cap Nègre. Enfin, la Canadian-American 1st Special Service Force (Force Sitka, unité d’élite surnommée la « Devil’s Brigade» ou « Brigade deu Diable ) du Colonel Edwin F. Walker doit détruire les batteries côtières de Port-Cros et du Levant. Ces  deux forces sont appuyées en mer par la Task Force 86 du Rear.Admiral Lyal A. Davidson qui compte notamment le Cuirassé « Lorraine » et le croiseur lourd américain USS « Agusta ».

 

Insigne de la Canadian-Americain 1st Special Unit

2 – Assaut aéroporté et aéro-transporté (environ 2 200 hommes) la 1st Airborne Task Force (Force Rugby) du Major.General Robert T. Frederick comprenant le 517th Airborne Regimental Combat Team et la 2nd Parachute Independant Brigade du Brigadier.General Charles Pritchard (4th, 5th et 6th Parachute Battalions) doivent être parachutés dans l’arrière-pays varois entre Fréjus et Brignolles. Leur mission est de rallier la Résistance française et de s’emparer de Muy, de La Motte et de Grimaud, afin d’empêcher des renforts allemandes d’accourir vers les plages du débarquement. Plusieurs unités doivent être acheminées par planeurs (Opération « Dove »; « Colombe »), comme le 550th Airborne Infantry Battalion, ains que des unités de logistique, de ravitaillement et d’artillerie.
Les parachutistes doivent être acheminés au-dessus du Var par la Provisional Troop Carrier Air Division du Brigadier.General Paul L. Williams qui coiffe les 50th, 51st et 53rd Troop Carriers Groups


3 – Assaut amphibie 

L’assaut des plages est confié aux différents Régiments d’Infanterie de chaque division. Toutefois, les trois divisions américaines sont chacune appuyée par un Beach Group chargé d’assurer la logistique après que les unités d’assaut aient conquis leurs plages assignées.

a
 La Force Alpha (29 432 hommes et 3 337 véhicules) composée de la 3rd US Infantry Division « Rock of the Marne » du Major.General John W. « Iron Mike » O’Daniel eest chargée de contrôler le secteur ouest (Cavalaire, La Croix-Valmer, Pampelonne et Ramatuelle). Les plages qui lui sont attribuées sont les suivantes : Cavalaire-ouest (« Red Beach »), Cavalaire-est (« Green Beach ») et Pampelonne (« Green Beach »).
L’appui naval de la Force Alpha et son transport sont assurés par la Task Force 84 du Rear-Admiral Frank J. Lowry, qui compte le cuirassé HMS « Ramilies », comme les croiseurs légers HMS « Aurora », « Orion », « Ajax » et USS« Quincy ».

 

Insigne de la 3e Division d’Infanterie Américaine « Rock of the Marne »

John W. « Iron Mike » O’Daniel

b La Force Delta (30 900 hommes et 3 477 véhicules) formée de la 45th US Infantry Division « Thunderbird » (William W. Eagles) doit débarquer à la plage de La Nartelle et prendre Sainte-Maxime. Ses secteurs de débarquement sont donc : La Nartelle (« Red Beach » et « Green Beach »), La Nartelle-nord (« Yellow Beach »), La Garonnette (« Blue Beach »), Plage Grimaud (« Red Beach No. 2 ») et Sainte-Maxime.
Elle est acheminée et appuyée par la Task Force 85 du Rear-Admiral Bertram J. Rodgers qui compte les cuirassés lourds USS « Texas » et « Nevada », ainsi que les croiseurs légers USS « Philadelphia », « Georges Leygues » et « Montcalm » (4e Division de Croiseurs Français).

Insigne de la 45e Division d’Infanterie Américaine

William W. Eagles

c  Enfin, la Force Camel (29 820 hommes et 3 597 véhicules) avec la 36th US Infantry Division « Texas » de John E. Dahlquist**, appuyée par le Combat Command Sudre de la 1re DB Française  doit s’emparer de la base aéronavale de Fréjus en débarquant au Drampont et sur la plage d’Anthéor. Américains et Français doivent donc débarquer sur les plages de Saint-Raphaël – Fréjus (« Red Beach »), du Cap Dramont (« Green Beach »), d’Agay (« Yellow Beach ») et d’Anthéor (« Blue Beach »). Le Combat Command Sudre (Colonel Aimé Sudre) comprend le 2e Régiment de Cuirassiers (Colonel M-A. Durosoy ; avec chars M4 Sherman), le 3e Bataillon de Zouaves Portés, 1er Escadron du 9e Régiment de Chasseurs d’Afrique et le 1er Groupe du 68e Régiment d’Artillerie d’Afrique (canons de 105 mm autopropulsés).
La Camel Force est couverte par la Task Force 87 du Rear-Admiral Morton L. Deyo (qui a commandé l’appui du débarquement d’Utah Beach) avec le cuirassé USS « Arkansas », le croiseur lourd USS « Tuscaloosa »ainsi que les croiseurs légers USS « Brooklyn » et « Marblehead », HMS « Argonaut », « Emile Bertin » et « Duguay-Trouin ».

Insigne de la 36e Division d’Infanterie Américaine

John E. Dahlquist


4  La Gabor
Force, soit le IInd Corps d’Armée Français du Général Joseph de Goislard de Montsabert doit débarquer à la suite du VIth US Corps afin de parachever la conquête du Var et des Bouches du Rhône. Il comprend 3 éléments motorisés (1re Division de Marche d’Infanterie ou DFL, 1re et 5Divisions Blindées), la 3e Division d’Infanterie Algérienne (Zeller), la 9e Division d’Infanterie Coloniale (Magnan),  le 2e Régiment de Marche des Spahis (Reconnaissance),  1er, 3e et 4e Groupements de Tabors Marocains et 2 Groupes d’Artillerie. Le gros des forces de Montsabert est de semparer de Toulon mais aussi de Hyères, avant d’atteindre Marseille. D’autres unités doivent en revanche obliquer vers l’est afin de libérer les Alpes-Maritimes et les villes de la Côte d’Azur.

Aussitôt son débarquement réussi, le VIth Corps de Truscott doit assurer le débarquement de sa puissane artillerie (22 Bataillons d’Artillerie de campagne dont les 12 de chaque Division, 15 Bataillons de DCA, 3 Bataillons motorisés de mortiers chimiques), ses unités blindées d’appui (191st, 753rd et 756th Tank Battalions ; 601st, 636th et 654th Tank Destroyer Battalions), le 117th Reconnaissance Cavlary Group, les unités du Génie, le 2nd Auxiliary Chirurgical Group, les hôpitaux de campagne, les unités d’ordonnance, etc.
Il a notamment pour mission de participer à la conquête du Massif des Maures en rejoignant les unités parachutistes avant de se lancer vers Les Bouches-du-Rhône, les Basses-Alpes (Alpes-de-Haute-Provence) et le Vaucluse.

Colonel-Général Johannes Blaskowitz, commandant du Groupe d’Armées G

3 LES FORCES ALLEMANDES

Les forces allemandes couvrant la Provence sont placés sous la responsabilité du Heeres-Gruppe du General Johannes von Blaskowitz. Dans le secteur qui nous intéresse, von Blaskowitz commande la 19. Armee du General der Infanterie Friedrich Wiese (Provence, Languedoc et Roussillon).

Pour défendre la Provence, Wiese dispose d’abord du LXII. Armee-Korps de Ferdinand Neuling (secteus de Draguignan, Cannes, Nice, Menton, Saint-Raphaël et Hyères). Neuling a sous ses ordres la 148. Reserve-Division (Generalmajor Johannes Bässler) et la 242. Infanterie-Division (Generalmajor Otto Fretter-Pico). Ce sont toutes deux, des unités de seconde catégorie qui ne pourront offrir une résistance efficace. Mais ce sont d’abord elles deux qui vont recevoir le choc du débarquement allié.
Wiese peut aussi compter sur le LXXXV. AK du General der Infanterie Baptist Kneiss qui couvre le secteur englobant Marseille et Toulon avec les 244. et 338. Infanterie-Divisonen commandées respectivement par les Generalmajor Hans Schäfer et René l’Homme de Courbières.

Notons enfin que les différentes divisions allemandes comptent plusieurs Bataillons d’Osttruppen formés par des prisonniers Russes et Ukrainiens engagés plus ou moins volontairement dans les troupes du Reich. Inutile de développer l’idée qu’elles ne combattront pas avec une grande efficacité le jour du 15 août et après.

General der Infanterie Friedrich Wiese

Contrairement à ce que sa dénomination laisse penser, le Luftwaffe-Feld-Korps IV d’Erich Petersen ne rassemble pas d’appareils de combat (il sont très peu d’ailleurs dans ce secteur de la France, priorité étant donné à la Normandie et à l’Italie). En fait, il rassemble paradoxalement trois modestes divisions d’Infanterie (716. Infanterie-Divison196 et 198. Reserve-Divisionen).

Enfin, quant à la Kriegsmarine (Paul Wever, PC à Aix-en-Provence), elle ne peut compter que sur quelques navires, les services de transmission et les batteries navales chargées de surveiller la côte.

[Suite]

* Surnom qui lui a été donnée suite à sa tenue au feu lors de la Seconde Bataille de la Marne en juillet 1918. A ce moment, elle était sous commandement français.
** Division qui compte notamment les valeureux soldats d’origine japonaise, les fameux Nisei du 100/442nd RCT . Mais ils seront engagés plus tard dans la campagne et s’illustreront à Bruyères dans les Vosges.