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15 octobre 1934 : Mort de Raymond Poincaré

Né en 1860 au sein d’une famille de notables lorrains (son père est polytechnicien, son grand-père doyen de la faculté de médecine et l’un de ses arrières-grands-pères a été député sous Louis-Philippe), Raymond Poincaré est très marqué par la défaite de 1870 pendant son enfance.

raymond-poincare– Il fait sa scolarité à Nancy avant d’étudier le droit à Paris. Il exerce d’abord la profession d’avocat avant de se lancer relativement tard en politique. Toutefois, il s’impose assez vite au sein des Républicains modérés.

– Durant sa vie politique, Raymond Poincaré s’est voulu un républicain rassembleur, comme en 1905. D’abord député de la Meuse en 1892, il sert ensuite comme Ministre de l’Enseignement. A ce titre, il ne se veut aucunement anticlérical contrairement aux Radicaux et se montre partisan d’une école neutre sur le plan religieux. Pour lui l’Enseignement doit d’abord servir à former des patriotes. En 1894, il forge ses compétences au sein du Ministères des Finances avant de revenir à l’Enseignement sous le Gouvernement d’Alexandre Ribot (1905).

Lors de l’Affaire Dreyfus il adopte plutôt une attitude prudente en ne se mettant pas en avant dans les débats. Il finit par se rallier (de manière assez réservées) au Dreyfusards.

– En 1902, il apporte d’abord son soutien à Waldeck-Rousseau mais s’oppose, avec quelques autres Modérés dit Progressistes,  aux mesures anticléricales du Petit Père Emile Combes comme la fermeture des congrégations. En 1905, il vote la Loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat. Son attitude constamment modérée et conciliatrice pousse Clemenceau à inventer un nouveau mot, le Poincarisme, ce qui ne va pas sans mépris. Jusqu’en 1919, Clemenceau et Poincaré se voueront une féroce détestation.

– Du point de vue de politique étrangère, Raymond Poincaré appuie Théophile Delcassé dans l’alliance avec la Russie et la formation de la Triple Entente.
En 1909, il est élu à l’Académie Française.

– En 1912, Emile Loubet l’appelle à conduire un Gouvernement de républicains modérés avec notamment Aristide Briand et Léon Bourgeois. Cette même année, il effectue sa première visite officielle à l’étranger en se rendant à Saint-Pétersbourg auprès de Nicolas II en réaffirmant les engagements franco-russes. Il refera un voyage en tant que Président juste au moment du déclenchement de la Guerre et y appellera le Tsar à se montrer ferme vis-à-vis de Berlin et de Vienne.

– Élu au second tour de l’élection présidentielle de 1913, il tient sa place de Président de la République française durant toute la Grande Guerre, d’abord aux côtés du socialiste René Viviani, avant d’appeler Clemenceau en 1917. Les relations entre les deux hommes seront émaillées de fortes tensions, d’autant plus que le Tigre s’impose davantage sur la scène nationale et internationale. Toutefois, si l’on put parler de tensions, il n’y eut pas de grave crise gouvernementale à ce moment. D’autre part, on se souvient davantage des visites de Clemenceau sur le front que celles de Poincaré qui se rendit pourtant sur la Somme, en Lorraine et en Alsace.

– Classé au centre-droit après l’Armistice, Poincaré est alors  élu Sénateur de la Meuse. En 1922Alexandre Millerrand le rappelle à la tête du Gouvernement. Partisan de la fermeté avec l’Allemagne, Poincaré envoie l’armée française occuper la Ruhr et exige des réparations financières de la part de Berlin. Mais il se heurte aux Britanniques qui refusent de voir l’Allemagne davantage affaiblie au profit de la France. Il doit abandonner la seconde idée après la signature du Plan Dawes établit par Londres.

– En 1924, il mène une politique de rigueur budgétaire qui lui attire l’impopularité de l’opinion. Le Cartel des Gauches mené par Edouard Herriot et Paul Painlevé remporte les élections. Mais en 1926, Gaston Doumergue rappelle Poincaré aux affaires car la France est menacée d’une crise monétaire. Poincaré dévalue alors le franc germinal pour créer le Franc Poincaré, ce qui permet de stabiliser la monnaie.

– Malade, il se retire définitivement de la vie politique en 1929. Il était aussi le cousin du mathématicien Henri Poincaré.

Lire : 
– WINOCK Michel : La Troisième République, 1870-1940, Le Seuil
– WINOCK Michel : Clemenceau, Perrin
– MILZA Pierre : Les Relations internationales 1871-1914, Armand Collin
– MILZA Pierre : Les Relations internationales 1814-1939, Armand Collin