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16 août 1951 : Disparition de Louis Jouvet

– Incontournable du cinéma français des années 1930 et 1940, avec son regard magnétique et sa figure émaciée, Louis Jouvet voit le jour en 1887 à Crozon. Il perd son père adolescent et vit chez son oncle apothicaire à Rethel. Se destinant à la pharmacie, il étudie à Paris et obtient son diplôme en 1912. Cependant, durant son temps libre d’étudiant, il fréquente les cafés théâtre et intègre les troupes de Léon Noël et de l’Action Théâtre.Louis-Jouvet_original
En 1913, il fait partie de la troupe du Vieux Colombier de Jacques Copeau. Mais lorsque la Grande Guerre éclate, Louis Jouvet est mobilisé comme ambulancier. Démobilisé en 1917, il retourne au théâtre et mène une tournée à New York avec le Vieux Colombier.

– Durant les années 1920, Louis Jouvet quitte le Vieux Colombier pour le Théâtre des Champs-Élysées où il triomphe avec la pièce de Jules Romains « Knock ou le triomphe de la médecine ». Ensuite, il rencontre l’écrivain Jean Giraudoux avec lequel il monte plusieurs pièces. Puis, en 1927 il fonde le « Cartel des Quatre » avec son ami Charles Dullin, Gaston Baty et Georges Pitoëff pour privilégier les acteurs des années 1930. Parallèlement, il met en scène plusieurs pièces de Molière à l’Athénée où il est applaudi à chaque représentation.

– Pendant les années 1930, Louis Jouvet joue encore au théâtre mais devient l’un des acteurs les plus en vue au cinéma. Sa carrière cinématographique débute en 1932 avec « Topaze » (L. Gasnier), suivi ensuite de « Knock » (lui-même et R. Goupillères) dans lequel, il donne la réplique à Michel Simon au cours d’une scène mémorable. Viennent ensuite « La kermesse héroïque » (J. Feyder), « Salonique nid d’espions » (G.W. Pabst), « Les bas fonds » (J. Renoir) avec Jean Gabin, « Forfaiture » (M. L’Herbier), « Carnet de bal » (J. Duvivier), « Ramuntcho » (R. Barbéris), « La Marseillaise » (J. Renoir), « L’Alibi » (P. Chenal), « Entrée des artistes », « Hôtel du Nord » (M. Carné), « La fin du jour » (Duvivier) et « La charrette fantôme » (Duvivier).

– Lors de l’Occupation, Louis Jouvet fait comme la majorité des vedettes françaises de l’époque, il continue à tourner. Seul l’adaptation de la pièce de Molière « L’École des femmes » (M. Ophüls) est interrompu. En 1940 sort l’excellente comédie « Volpone » (M. Tourneur) et « Untel père et fils » (Duvivier).
Mais en 1941, la carrière de Jouvet prend un tournant aussi contrasté qu’ambigüe. En effet, de 1941 à 1943 il effectue – sous le contrôle du Gouvernement de VIchy – une tournée promotionnelle du cinéma et du théâtre français en Amérique du Sud. Mais il rompt finalement tout lien avec cette tournée après avoir appris que sa secrétaire Charlotte Delbo, membre de la Résistance a été envoyée à Vichy.

– En 1945, Louis Jouvet remonte sur les planches en France et retourne devant les caméras. Citons entre autres : « Un revenant » (Ch. Jacque), « Les amoureux sont seuls au monde » (H. Decoin) et « Copie conforme » (J. Dréville).
Mais en 1947, il signe l’un de ses chefs-d’œuvre, « Quai des Orfèvres » de Henri-Georges Clouzot dans lequel il fait face à une jeune acteur promis à un grand avenir, Bernard Blier. Dans un sens, le film de Clouzot signe le passage d’une génération d’acteurs à une autre.
L’année suivante, il figure à l’affiche de « Entre onze heures et minuit » (H. Decoin), puis de « Lady Paname » pour son ami Henri Jeanson. Viennent enfin « Miquette et sa mère » (Clouzot), « Knock » (adaptation de G. Lefranc) et « Une histoire d’amour » (Lefranc).

– Louis Jouvet était marié à Else Collin. Ils eurent deux filles. Ses amis – notamment Bullin et Jeanson – ont toujours loué son sens de l’amitié.