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17 août 1812 : Victoire de Smolensk

Suite à la bataille de Krasnoïe et au passage du Dniepr par les forces de Davout, Ney et Murat à Rassna, Napoléon Ier décide de s’emparer de Smolensk, ville située sur la route de Moscou, par un mouvement tournant vers le nord.
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Le Corps de Cavalerie du Maréchal Murat et le 3e Corps de Ney poursuivent la Division de Neverovski mais les charges mal coordonnées des Escadrons français ne parviennent pas à anéantir complètement les colonnes russes qui perdent tout de même 2 000 soldats. Le 15 août, Neverovski parvient tout de même à rallier le 7e Corps russe de Nikolaï N. Raievski qui se regroupe près de Smolensk. Napoléon qui espérait s’emparer de Smolensk sans combattre doit réviser son plan. Pendant ce temps, Mikhaïl Barclay de Tolly regroupe tout ce qu’il a sous la main pour défendre la vieille cité.

Le 16 août donc, vers 14h00, Français et Russes se font face. Napoléon dispose de sa Garde Impériale, du 1er Corps de Davout, du 3e de Ney, et du 4e du Prince Eugène de Bauharnais, appuyés par 200 canons. En face, Barclay de Tolly confie la défense de Smolensk aux 6e Corps de Dokhtourov qui s’est embastionné dans la ville.

Napoléon fait donner son artillerie pour forcer les Russes à sortir mais ceux-ci ne tombent pas dans le piège et tiennent leurs positions. Les Divisions Gudin et Morand tentent alors de franchir les murs mais se font repousser.

L’Empereur ordonne alors à Poniatowski de couper les accès de Smolensk au Dniepr pendant que la Division Bruyères doit s’emparer au nord, dominant Sloboda-Ratchenka. L’assaut de Bruyères réussit et Napoléon ordonne de déployer 60 canons sur le plateau.

C’est à ce moment que Ney et Davout lancent leur assaut sur les faubourgs où ils se heurtent à une violente résistance des forces russes. C’est la Division Morand (1er Corps) qui, au prix de près de 1 700 hommes perdus, entre la première dans Smolensk en repoussant la 3e Division de Konovnitsine qui est presque anéantie.

Le bombardement provoque l’incendie de Smolensk et oblige Barclay de Tolly à faire sortir ses troupes, tout en ordonnant au Général Korff d’incendier le reste de la ville pour ne rien laisser aux Français. Le reste des forces russes se replie en bon ordre après avoir perdu  4 700 tués et entre 7 000 et 8 000 blessés. La Grande Armée ne déplore que 700 tués et un peu plus de 3 100 blessés mais la destruction de Smolensk n’est pas pour améliorer les défaillances de l’intendance et du ravitaillement.

Lire :
– REY Marie-Pierre : L’effroyable tragédie. Nouvelle histoire de la campagne de Russie, Flammarion
SOKOLOV Oleg : Le Combat de deux Empires, Paris, Éditions Fayard, coll. « Divers Histoire »