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17 juillet 1453 : Victoire de Castillon

– Alors que toute la Chrétienté s’émeut de la chute de la millénaire Constantinople entre les mains des Turcs, Charles VII que l’on ne tardera point à surnommer « le Victorieux » s’apprête à reprendre l’Aquitaine et la Guyenne aux Anglais qui tiennent toujours Bordeaux. La Capitale du Duché de Guyenne était bien tombée dans l’escarcelle du Roi de France en 1452, sauf que la nouvelle administration française mécontenta très vite les Bourgeois bordelais qui chassèrent les autorités royales et firent rappeler les Anglais. Cela conduisit donc Charles VII à rassembler son Ost une fois de plus pour une nouvelle campagne.

– Peu de temps avant d’arriver sur les rives de la Garonne non loin de Castillon, les troupes de Charles VII se sont emparées de Gensac dans la vallée de la Dordogne.
L’Ost français bien organisé et le contingent breton que commande André de Lohéac (petit-neveu par alliance de du Guesclin et neveu du fameux Gilles de Rais) se contentent alors de camper solidement devant Castillon sans l’assiéger. Le Roi de France souhaitant que l’affaire se règle au plus vite, sans s’éterniser dans un long siège.

– Le vieux guerrier John Talbot (celui du siège d’Orléans), trompé par un mouvement français qu’il croit être une retraite, décide de lancer ses anglo-gascons sur les positions françaises.
Or,celles-ci tiennent fermement grâce aux piétons, archers et arbalétriers pendant que les frères Jean et Gaspard Bureau de La Rivière, Grands Maîtres de l’Artillerie, font cracher la mitraille à leurs trois-cent bombardes, couleuvrines et fauconneaux. Mitraille qui troue les rangs de Talbot. La gendarmerie bretonne, tenue alors en réserve exécute un large mouvement de revers qui achève de défaire les anglo-gascons.

– Et ainsi, Talbot mourut d’un tranchant de hache dans le bassinet donné par un archer, Michel Pérunin, pendant que  4 000 cadavres d’anglais et de gascons jonchaient le champ de bataille.

Après Castillon, les Anglais ne conserveront que le port de Calais. Si cette victoire marque bel et bien la fin de la puissance anglaise en France, il faudra attendre le Traité de Picquigny signé entre Louis XI et Édouard IV pour régler politiquement le vieux conflit.

Paradoxalement, Castillon n’eut pas un grand retentissement ni même une place importante dans les chroniques guerrières des années à suivre. Pourquoi ?
1 – Lohéac et les frères Bureau ont commandé de manière collégiale et équilibrée, ce qui ne laissa pas apparaître une figure parmi d’autre comme cela avait été le cas à Orléans, Patay ou Formigny.
2 – L’artillerie qui fut pourtant décisive, était considérée comme une arme peu noble et encore moins chevaleresque.
3 – Comme nous l’avons dit en introduction, Castillon eut lieu la même année que la chute de Constantinople.

Sources :
– FAVIER Jean : La Guerre de Cent Ans, Fayard
– MINOIS Georges : Charles VII, Perrin
– CONTAMINE Philippe : La Guerre au Moyen-Âge, PUF