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19 mai : Fête de Saint-Yves, Saint Patron de la Bretagne et des Hommes de Loi

Détail du gisant de Saint Yves dans la Cathédrale de Tréguier

De Saint Yves, nous avons très peu de sources étant donné que l’homme n’a pas laissé d’écrits. Peu de chroniqueurs de l’époque ont consacré leur plume à mettre sa vie par écrit. En revanche, si les sources dont on dispose ne sont pas nombreuses  elles sont bien authentiques quant à la véracité de leur contenu. Il s’agit en fait d’actes de son procès en canonisation dans lesquels ont été recueillis les témoignages de personnes l’ayant connu. Tous les noms des témoins, notaires et interprètes en breton ont été répertoriés.

– Yves Hélori (ou Hélory) de Kermartin naît en 1253 au Minihiy, tout près de l’évêché de Tréguier. A cette époque, la Bretagne est un duché ayant prêté hommage au Roi Saint Louis.
Yves Hélori de Kermartin est le fils de petits nobles du nord de la Bretagne. Si la famille n’a pas grande fortune, elle peut toutefois envoyer Yves faire des études à Rennes. Yves part ensuite pour la Sorbonne, où les étudiants se regroupent par origine géographique (Bretagne, Bourgogne, Provence, Languedoc, Picardie…). Il suit le cursus traditionnel fait de Droit et de Théologie. Il achève ensuite sa formation de Droit à Orléans, où l’accompagne son ami Jehan de Kerc’hoz, qui témoignera à son procès en canonisation à l’âge de quatre-vingt-dix ans. Après ces études, Yves est appelé par l’Archidiacre de Rennes – à l’époque l’assistant de l’Evêque – afin de tenir le rôle d’Official, c’est-à-dire Juge d’Eglise siégeant dans les Officialités. De 1280 à 1284, Yves se trouve donc à Rennes en  profite également pour prendre soin des orphelins qu’il recueille. En 1284, il est appelé par l’Évêque de Tréguier à juger à l’Officialité du Trégor. Acceptant cette charge, il vend le cheval que lui avait offert l’évêque et donne l’argent aux pauvres.

1 – L’intense action pastorale

– A Tréguier, Yves accepte d’être ordonné prêtre (les séminaires n’existaient pas encore) et on lui confie la paroisse de Tredez et plus tard, celle de Louannec. Il faut dire aussi qu’à l’époque un prêtre ne quitte presque jamais la paroisse où il est affecté et partage presque la vie de ses ouailles qu’il connaît très bien.
Modèle de prêtre, il s’entretient avec ses ouailles, assiste des mourants, enterre lui-même les morts abandonnés et prêche jusqu’à cinq fois par jour. Ces prêches étonnent parce qu’ils ne sont plus en latin mais en breton, ce qui les rend compréhensibles et accessibles aux fidèles. Un jour à Tredez, il partagea son seul pain restant avec les nécessiteux. S’ils soignait les misères, il soignait aussi les âmes, transformant certaines vies jugées scandaleuses ou convertissant les plus grands fauteurs. Il lui arrivait aussi de pratiquer des exorcismes. Pour faire pénitence, il lui arrivait de dormir à même le sol avec une pierre comme seul oreiller. Mais il n’en oublia pas sa profession d’avocat et continuait à exercer son rôle à l’Officialité de Tréguier. Il se fit remarquer par son désintéressement. On disait même de lui, « advocatus erat, sed non latro, res mirabilis populo » , ce qui signifie : « Il était avocat, mais pas voleur, chose admirable pour les gens ». Bien évidemment, il prêchait pour les plus pauvres sans demander d’honoraires. L’avocat étant aussi juge, Yves s’occupait d’affaires d’héritages qui pouvaient déchirer certaines familles.

– La fin de sa vie

– En 1297, il se retire au Minihy où il avait bâti une chapelle et se consacre à l’accueil des pauvres et des malades. Il meurt épuisé mais heureux, à cinquante ans en 1303. Il est enterré à la Cathédrale de Tréguier et des guérisons miraculeuses ont lieu sur sa tombe où des malades et des pèlerins affluent.

– Canonisation

La Sainteté d’Yves a d’immenses répercussions dans le Duché de Bretagne. Les Ducs Jean II et Jean III et des juristes du Droit Canon font plusieurs démarches pour demander la canonisation d’Yves au Pape (qui réside alors à Avignon). En 1347, alors que la Bretagne est plongée dans les débuts la Guerre de Succession entre Jean IV de Montfort et Charles de Blois, le Pape Clément VI (Pierre Roger), proclame Yves Saint et le déclare Patron des Hommes de Loi. Saint Yves est donc fêté le 19 mai en tant que Patron de la Bretagne, des Juges, Avocats, Greffiers et Notaires. Son culte est extrêmement vivace en Bretagne  et s’étend même en France et en Europe. Aujourd’hui encore, le Pardon de Saint Yves qui a lieu tous les 19 mai rassemble une foule impressionnante de croyants ou non.
Au XVe siècle, Mgr Alain de Coëtivy obtient du Pape Nicolas V, le droit de construire une église dédiée à Saint Yves dans la ville de Rome. L’église Saint Yves des Bretons est bâtie au lieu où se trouve la très ancienne université de la Sapienza.