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1er août 1914 : L’Allemagne déclare la guerre à la Russie

Faisons un rappel. Quelques jours auparavant, malgré la pression des milieux militaires qui le pressent de déclarer la guerre aux Austro-Allemands pour venir en aide à la Serbie, Nicolas II essaie de dénouer la crise en appelant à son cousin Guillaume II. Le Tsar avait notamment proposer de faire examiner l’enquête de l’assassinat de François-Ferdinand à Sarajevo, ainsi que l’ultimatum de Vienne à Belgrade (qui sont déjà en ordre de mobilisation générale), sous le patronage de la Cour Internationale de Justice de La Haye. Mais cette initiative n’aboutit à rien.
Alors que leurs empires respectifs sont prêts à s’entrechoquer, les deux souverains signent encore leurs télégrammes par leurs surnoms affectueux de « Nikki » et « Willy ».

Présentation1
– Le 1er août, à 14h06 (12h06 heure de Berlin), Nicolas II envoie un premier télégramme à Guillaume II lui conjurant à mots couverts de faire plier les Austro-Hongrois :

« J’ai reçu Ton télégramme. Je comprends que Tu soies obligé de mobiliser, mais je désire recevoir de Toi les mêmes garanties que celles que je T’ai données ; c’est-à-dire que ces mesures ne signifient pas la guerre et que nous continuerons à négocier pour le bien de nos pays et de la paix universelle chère à nos cœurs. Notre amitié longuement éprouvée doit réussir, avec l’aide de Dieu, à éviter l’effusion de sang. Anxieux, mais plein de confiance, j’attends Ta réponse. »



– Mais Guillaume II, qui a déjà placé l’Allemagne en Kriegsgefahrzustand (état de guerre) attend la fin de la journée pour. Celle-ci est lourde de signification :

« Merci de Ton télégramme. J’ai signalé hier à Ton Gouvernement le seul moyen permettant d’éviter la guerre. Bien que j’aie demandé une réponse pour aujourd’hui midi, aucun télégramme de mon ambassadeur me transmettant une réponse de Ton Gouvernement ne m’est encore parvenu. J’ai été, en conséquence obligé de mobiliser mon armée. Une réponse immédiate, affirmative, claire et irrécusable de Ton Gouvernement est le seul moyen d’éviter des calamités sans bornes. Hélas, tant que je n’aurais pas reçu cette réponse, je serai dans l’impossibilité de discuter le sujet de Ton Télégramme. En fait, je dois Te prier d’ordonner immédiatement à Tes troupes de ne pas commettre, sous aucun prétexte, la plus légère violation de nos frontières. »

– Mais Guillaume II vient de décréter la mobilisation générale à 17h00 (19h00 heure de Saint-Pétersbourg). Au même moment, Pourtalès Ambassadeur d’Allemagne transmet le message du Chancelier Bethmann-Hollwegg à Sergei D. Sazonov, Ministre des Affaires étrangères du Tsar : « Sa Majesté l’Empereur, mon Auguste Souverain, au nom de l’Empire, relève le défi et Se considère en état de guerre avec la Russie ».

– Dès la proclamation de ces deux annonces respectives, des scènes de liesses animent les rues de Berlin et de Saint-Pétersbourg.