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1er octobre 1684 : Mort de Pierre Corneille

Hommage à l’un de nos plus grands écrivains, un géant du XVIIe siècle.
Né à Rouen en 1606 dans une famille de bourgeois, Pierre Corneille fait d’abord des études de droit et obtient, grâce à son père, une charge d’avocat du Roi. Il officiera aux Eaux et Forêts ainsi qu’à l’Amirauté de France. Entre temps, il remporte des concours d’écriture.

– Timide et peu éloquent, il se fait connaître en écrivant quelques comédies telles Mélite, Clitandre, La Suivante, avant d’obtenir la consécration grâce à quelques chefs-d’œuvres de tragédie : Le Cid (1637), Horace (1640), Cinna (1641-42), Polyeucte (1642-43), Pertharite (1652), Nicomède (1658) et Oedipe (1659).

– Malheureusement, sa carrière sera obscurcie dès l’arrivée de Molière à la Cour durant les années 1650-1660. Il voulut reprendre l’écriture de la comédie – qui était sa première spécialité – mais sans succès.
Après la parution de Surena (1675), il voit Jean Racine arriver sur la scène littéraire. Devant le talent du tragédiste, Pierre Corneille préfère renoncer à l’écriture.

Il s’éteint discrètement à Paris dans sa maison de la rue d’Argenteuil dans la Paroisse Saint-Roch (actuel quartier Saint-Honoré dans le 1er Arrondissement). Ne nous privons point de quelques-uns de ses plus fameux vers.

« Ô rage! Ô désespoir! Ô vieillesse ennemie!
N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie?
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers?
Mon bras, qu’avec respect toute l’Espagne admire,
Mon bras, qui tant de fois a sauvé cet empire,
Tant de fois affermi le trône de son roi,
Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi?
Ô cruel souvenir de ma gloire passée!
Œuvre de tant de jours en un jour effacée!
Nouvelle dignité, fatale à mon bonheur!
Précipice élevé d’où tombe mon honneur!
Faut-il de votre éclat voir triompher le Comte,
Et mourir sans vengeance, ou vivre dans la honte?
Comte, sois de mon prince à présent gouverneur :
Ce haut rang n’admet point un homme sans honneur;
Et ton jaloux orgueil, par cet affront insigne,
Malgré le choix du Roi, m’en a su rendre indigne.
Et toi, de mes exploits glorieux instrument,
Mais d’un corps tout de glace inutile ornement,
Fer, jadis tant à craindre et qui, dans cette offense,
M’as servi de parade, et non pas de défense,
Va, quitte désormais le dernier des humains,
Passe, pour me venger, en de meilleures mains. »

(Le Cid, extrait acte I, scène 4)