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21 juin 1421 : Mort du Maréchal Jehan II le Meingre de Boucicaut

Personnage oublié de la Guerre de Cent Ans, le Maréchal de Boucicaut a pourtant eu une vie digne d’un roman d’Alexandre Dumas.

Né en 1364 à Tours, fils Florie de Lignières et de Jehan Ier Le Meingre Maréchal de Jehan II le Bon et de Charles V, Jean II Le Meingre commence sa carrière des armes en entrant comme page à la Cour du Roi Sage. Il devient ensuite l’élève de Philippe de Mézières, Conseiller de Charles V mais aussi chevalier érudit et voyageur. Il combat les Anglais dès 1374 sous les ordres de l’Amiral Jehan de Vienne. En 1383, il s’illustre à la bataille de Roosebeke contre les Flamands, ce qui lui vaut d’être armé par Louis II de Bourbon, oncle du nouveau Roi Charles VI et beau-frère de feu Charles V. Il accompagne ensuite le Duc de Bourbon en Castille contre Jean de Lancastre.

Dès lors, Jehan Le Meingre de Boucicaut se lance dans une vie d’aventure, participant ainsi à une croisade manquée en Tunisie, durant laquelle il est capturé pour rester captif un an (1389-1390). Nommé Chambellan en 1390, il quitte temporairement la Cour pour aller servir avec les Chevaliers Teutoniques, sous les ordres du Grand Maître Conrad de Wallenrod, contre les Polonais de Ladislas II Jagellon. C’est même en Prusse-Orientale qu’il apprend son élévation à la dignité de Maréchal de France.

En 1392, accompagnant Charles VI dans la forêt du Mans, il maîtrise le souverain lorsque celui-ci est victime d’un accès de folie.  En 1393, il épouse Antoinette de Turenne, malgré l’opposition (temporaire) du Pape d’Avignon Clément VII.

En 1396, il accompagne le vieil Amiral de Vienne et Enguerrand VII de Coucy lors de la désastreuse croisade de Nicopolis contre les Turcs. Fait prisonnier, il est libéré sur rançon. En 1401, on le retrouve comme gouverneur de Gênes et de Savone. Cependant, on lui reproche très vite sa grande fermeté, ce qui amène les Gênois à se révolter, alors que Boucicaut s’est absenté en France. Il échouera à reprendre Gênes. En 1401, il mène une expédition contre Venise (la grande rivale de Gênes) à Chypre où il s’empare de Famagouste avant d’être défait par les Vénitiens en combat naval.

De retour en France, Jehan Le Meingre se retire quelque peu de la vie militaire mais s’octroie toute de même l’héritage du Vicomté de Turenne après la mort de son beau-père. Son corps sera toutefois ramené à Tours où il sera inhumé.

Le 25 octobre 1415, il est avec toute la chevalerie française à Azincourt. Il tente de convaincre le Connétable d’Albret de ne pas lancer une charge frontale contre les rangs anglais, privilégiant un déploiement plus large qui aurait permis aux Français d’envelopper les ailes des Lancastre mais il n’est pas écouté. Fait prisonnier à l’issue de cette défaite catastrophique, il part en captivité en Angleterre où il laisse la vie.

Ce guerrier était néanmoins réputé pieux, voire dévot et quelque peu frugal en ce qui concernait ses goûts alimentaires. Érudit et lettré, il laissa même des mémoires (Livre des faicts du bon messire Jean le Maingre, dit Boucicaut) et même un recueil de poèmes. Il commanda aussi des Grandes Heures (comme c’était la mode l’époque dans plusieurs grandes familles), que l’on peut encore trouver au Musée Jacquemart-André.