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23 juillet 1242 : Victoire de Saint Louis sur Henri III à Saintes

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Sceau d’Alphonse de Poitiers, frère de Saint Louis

Le 20 juillet, Saint-Louis repoussait les anglo-poitevins sur le Pont de Taillebourg mais sa victoire n’était pas complète, car Henri III Plantagenêt s’enferme dans Saintes avec son armée.

Les chroniques nous disent que l’Ost (Armée) duRoi de France est « plus grande » que celle du Roi d’Angleterre. On devait alors compter 4 000 chevaliers, piétons et arbalétriers. Saint Louis est accompagné de ses frères Alphonse de Poitiers et Robert d’Artois, ainsi que de plusieurs de ses vassaux comme Thibault IV de Champagne.

Voici ce qu’écrivait Guillaume de Nangis dans sa Vie de Saint Louis : « Il y eut une merveilleuse et forte bataille (…), âpre et dure, mais à la fin, les Anglais ne purent soutenir les assauts des Français et se mirent à fuir… La nuit du jour de cette bataille, le Roi d’Angleterre et le Comte de la Marche s’enfuirent avec tout le reste de leurs gens et évacuèrent la cité et le château de Saintes. Le lendemain matin (24 juillet – NDLR), les citoyens de Saintes vinrent remettre au Roi Louis les clés du château de la cité. »

Au XVIIe siècle, Louis-Sébastien Le Nain de Tillemont, historien disciple de Dom Mabillon et de ces nouvelles méthodes d’analyse de documents donne une nouvelle vision de l’ensemble de la bataille de Taillebourg. Voici ce qu’il dit concernant les combats de Saintes :

Le mardi 22 juillet, jour de Sainte Madeleine, Saint-Louis marche avec son armée pour poursuivre les Anglais, en envoie une avant-garde (fourriers et fourrageurs) devant Saintes pour « y trouver des vivres (…) pillèrent, saccagèrent, brûlèrent et prirent ce qu’ils trouvèrent de bétail. » Au vu de cela, le Comte de La Marche accourut avec ses trois fils et quelques soldats (Gascons, Anglais et Ecossais) pour chasser les Français sans en avertir Henri III. Les fourrageurs se défendent bien mais se retrouvent bientôt submergés et vont demander le secours d’Alphonse de Poitiers. Ensuite, Le Nain de Tillemont nous dit que Saint Louis et son frère cadet accoururent avec l’armée entière. Il exagère nettement quand il dit que les deux armées fac à face « à ce qu’on prétend, faisaient plus de deux cent mille hommes », ce qui est tout simplement impossible pour l’époque.
Le combat a lieu devant la porte de Saintes, les deux Souverains à la tête de leurs hommes. Les chevaliers de Saint Louis chargeant au cri fameux de « Montjoie », auquel les Anglo-poitevins répondent par « Realistes » (les Royaux).
Tout comme Guillaume de Nangis, Le Nain de Tillemont dit que « le combat fut rude, les Anglais y faisant paraître tout ce qu’ils avaient de courage ; mais les Français avaient l’avantage du nombre ».
Finalement, Henri III décide de s’enfuir ce qui provoque le désarroi dans ses rangs qui ne tardent pas à se débander. Galvanisés, les chevaliers de Saint Louis décident de poursuivre les fuyards, sans doute dans l’espoir d’en capturer certains pour en tirer rançon. Mais le Roi de France retient ses gens au cas où ceux-ci s’aventureraient trop loin et trop dangereusement. Enfin, d’après Le Nain de Tillemont, vingt-deux chevaliers anglo-poitevins, trois clercs et cent-vingt sergents sont pris par les gens du Roi de France.

La victoire de Saintes va forcer Henri III à négocier avec le Roi de France, Saint Louis voulant ménager le Roi Plantagenêt et faire la paix avec lui.
En revanche, le grand Roi de France voit son prestige s’accroître vis-à-vis de ses vassaux. Ceux-ci, s’ils possèdent des fiefs en Angleterre et en France, seront tenus de choisir à quel Roi ils doivent fidélité.