Vous êtes ici : France Histoire Esperance » histoire » 23 septembre 1970 : Disparition de Bourvil

23 septembre 1970 : Disparition de Bourvil

Né André Raimbourg dans le village normand de Prétot-Vicquemare en Seine-Maritime, orphelin de père tué durant la Grande Guerre, il exerce divers petits métiers avant de se lancer dans la chanson et l’opérette durant les années 1930 à Paris. C’est à ce moment qu’il prend le surnom de « Bourvil » en référence au village de Bourville où il a passé la majeure partie de son enfance. Il enchaîne ensuite dans des rôles dits de « comique paysan ».
s_bourvil_-_rr_-_3107_-
– Il entre dans le cinéma durant l’Occupation allemande mais se fait connaître durant les années 1950 en parallèle à sa carrière dans la chanson. Très vite, il devient très populaire aux yeux du public – avant même Louis de Funès – pour ses personnages honnêtes, gentils mais bien souvent abrutis et naïfs. Toutefois, c’était un homme très cultivé dans la vie, qualité que lui a reconnue son ami Georges Brassens.

– Bourvil enchaîne donc les comédies et les films de cape et d’épées, flanquant bien souvent Jean Marais dans ces dernières : « Miquette et sa mère » (H-G. Clouzot), « Garou-Garou le passe-muraille » (J. Boyer), « Les Trois Mousquetaires » (A. Hunebelle), « Fortunat » (A. Joffé), « Poisson d’Avril » (G. Grangier) dans lequel il croise la route d’un certain Louis de Funès, « Cadet Rousselle » (A. Hunebelle), « La Traversée de Paris » (Claude Autant-Lara) ou encore « Le Chanteur de Mexico » (avec Luis Mariano). Il rompt cependant avec ses rôles de gentils idiots dans « Le miroir à deux faces » (A. Cayatte) en professeur de calcul manipulateur et infâme face à Michèle Morgan. On le retrouve ensuite aussi dans « Le Capitan » (A. Hunebelle) toujours aux côtés de Jean Marais, « Le jour le plus long », « Tout l’or du monde » (R. Clair »), « Les culottes rouges » (A. Joffé), l’excellent « Un drôle de paroissien » (J-P. Mocky), « Le magot de Josefa » (Cl. Autant-Lara), « La cuisine au beurre » (G. Grangier) avec Fernandel ou encore « Le majordome » (J. Delannoy).

– Cependant, grâce à Gérard Oury, Bourvil va former avec Louis de Funès l’un des plus grands duos d’acteurs comiques du cinéma français dans « Le Corniaud »  – qui connaît un très grand succès – surtout dans « La Grande Vadrouille », film qui reste l’une des œuvres d’Oury les plus vues par trois, voire quatre générations. Bourvil tourne ensuite dans « Les cracks » (A. Joffé) où il fuit l’excellent Robert Hirsch en huissier tatillon, ou encore « Le cerveau » (G. Oury) avec Jean-Paul Belmondo.

– Mais atteint par une maladie incurable, Bourvil tourne bien moins à la fin de sa carrière à laquelle il donne une dimension plus sérieuse. On le retrouve notamment dans le très grand film policier de Jean-Pierre Melville « Le cercle rouge », face à Alain Delon et Yves Montand, ainsi que dans « L’arbre de Noël » aux côtés de William Holden, drame sur l’enfance brisée par la maladie.
Son dernier film reste tout de même, un très bonne comédie ; « Le Mur de l’Atlantique » (M. Camus sur une histoire du Colonel Rémy), aux côtés de Jean Poiret, Peter McEnery et Sophie Desmarets, film dans lequel il campe un honnête mais froussard restaurateur normand, qui se retrouve imbriqué malgré lui dans une tentative d’assassinat de Rommel.

– Il s’éteint le 23 septembre 1970 à Montainville dans les Yvelines où il avait élu domicile. Il ne s’était marié qu’une seule fois, avec Jeanne Lefebvre en 1943. Ils eurent deux enfants.