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25 juin 1804 : Mort de Georges Cadoudal

Georges Cadoudal (1771-1804)

Figure incontournable de la Chouannerie, chef courageux et droit, Georges Cadoudal fut un remarquable meneur d’hommes et un fin organisateur. Sa fin tragique est sans doute aussi grande que sa vie.

Fils de Louis Cadoudal et de Jeanne Le Bayon, né le jour de l’an 1771 à Kerléano, petit village près d’Auray, ce fils de laboureur songe d’abord à entrer au séminaire. Intelligent et travailleur, Georges Cadoudal peut entrer aux Collège de Vannes aux côtés d’autres enfants de paysans mais aussi, de fils de marins fortunés. D’un tempérament fougueux et charismatique, le jeune Georges gagne l’attachement de ses camarades, d’autant plus qu’a sa première rentrée, il refuse de se plier à la règle selon laquelle les nouveaux doivent courber l’échine devant leurs aînés.

En 1789, Cadoudal monte à Rennes avec ses camarades pour répondre à l’appel de Jean-Victor Moreau, meneur des étudiants de Rennes contre la noblesse. Mais sa ‘compagnie’ arrive trop tard pour l’affrontement. Cadoudal, comme l’écrasante majorité des bretons, accueille bien la Révolution qui met fin à de vieux privilèges désuets. Mais il s’en écarte très vite, suite aux lois antireligieuses notamment.
Lorsqu’en 1793, Danton et la Convention décrètent la levée en masse, Cadoudal, comme beaucoup d’autres, refuse de se soumettre et participe à la flambée royaliste qui embrase tout l’Ouest de la France. Lui et les siens tentent de prendre le contrôle de la ville de Vannes mais ils sont repoussés par les troupes révolutionnaires mieux armées.

Il décide alors de rejoindre la Grande Armée Catholique et Royale de Vendée. Il intègre le bataillon commandé par le Jean Nicolas Stofflet ; il s’y fait rapidement remarquer par sa force et son intelligence, promu chef d’escadron, il combat jusqu’aux massacres de Savenay avant de rejoindre le Morbihan où des chefs chouans se sont déjà organisés en bandes de Chouans pour harceler les Bleus : Pierre Guillemot dit Le Roi de Bignan, Jean Jan, les frères du Bouaÿs et Jean Rohu.
Malheureusement, en juin 1794, Cadoudal est capturé par les bleus (sans doute sur dénonciation d’un voisin) et incarcéré à la prison d’Auray tout comme son oncle et ses parents. Le premier, nommé Denis et sa mère, mourront en captivité. Cependant, avec la complicité d’un canonnier de marine rallié à la cause des Chouans, Cadoudal s’évade avec son futur lieutenant Pierre Mathurin Mercier dit La Vendée et un autre, d’Allègre de Saint-Tronc.

En 1795, Cadoudal prend le commandement des chouans du Morbihan mais refuse de se placer sous les ordres du Comte de Joseph de Puisaye, ce dernier voulant réunir l’ensemble des chouans de la Bretagne sous son commandement. Devenant commandant de la Division d’Auray (le Morhiban en compte onze), il choisit lui-même ses lieutenants : Mercier-La Vendée (Canton de Hennebont), et Bonfils de Saint-Loup (Canton de Lorient). La Division d’Auray devient alors une redoutable unité de guérilla, organisée à partir des paroisses paysannes. Avec elle, Cadoudal mène de nombreuses actions qui paralysent les Bleus dans tout l’Ouest du Morbihan. Autant dire que cette partie du département est sous son contrôle.

Au printemps 1795 Cadoudal rejette un cessez-le-feu conclu La Mabilais par La Haye de Silz et Puisaye, et continue seul le combat.

En juin Cadoudal et ses chouans participent à la tragique expédition de Quiberon. Victime des préjugés défavorables des chefs immigrés (de la Hervilly notamment), les Chouans ne peuvent coordonner leurs actions avec l’armée débarquée par les Anglais. Cela laisse les mains libres au Général Hoche de reprendre la presqu’île et Carnac. Furieux et impuissant, Caoudal doit se résigner à replier ses hommes avec les rescapés de l’Armée et réorganisée ses forces . Il peut reprendre Sarzeau à la fin de l’année et Locminé en avril 1796.  Cependant, il se retrouve en infériorité face à Hoche et doit accepter la paix. Cadoudal et ses hommes font taire leurs armes… pour un temps.

Le 4 septembre 1797 Georges Cadoudal reprend le combat de guérilla contre les forces du Directoire et est nommé Commandant de l’Armée Catholique et Royale du Morbihan par le Comte de Provence (futur Louis XVIII). Outre Jan, Rohu, Guillemot, La Haye de Silz, Mercier et Bonfils de Saint-Loup, ses subordonnés qui commandent les divisions du département (plus Redon et la Trinité-Porhoët) se nomment Robinault de Saint-Régeant, Trousier, Guillaume Sol de Grisolles, César du Bouaÿs, Closmadeuc, Lativy du Rest et du Chélas.

Après deux ans de combat, le 25 février 1799, Cadoudal est invité par le Premier Consul Bonaparte à signer une paix définitive. A cette occasion, Talleyrand écrit au Général Brune : « J’ai vu ce matin Georges, il m’a paru un gros breton dont peut-être il est possible de tirer parti pour les intérêts même de la patrie. » Sauf que l’entretien tourne très
court, le chef breton rejetant les propositions de Bonaparte.
De retour en Bretagne, Cadoudal tente de soulever la Bretagne une nouvelle fois avec l’aide du Comte d’Artois depuis l’Angleterre mais le Comte d’Artois ne vient pas et les Chouans doivent se contenter de pratiquer une nouvelle fois la guérilla contre les Bleus, tout en bénéficiant d’un approvisionnement en armes fourni par les Anglais. Toutefois, Bonaparte envoie le Général Guillaume Marie Brune

Décidant de changer de tactique, avec Mercier, de Saint-Régeant, Picot de Limoëlan et un certain Carbon, il organise l’attentat de la rue Saint-Nicaise, dit de la Machine infernale. Seulement, Bonaparte en sort sain et sauf mais la bombe a fait vingt-deux tués. Mis au courant, Bonaparte ordonne de prendre Cadoudal mort ou vif. Toutefois, Saint-Régeant et Carbon sont pris et guillotinés pendant que Mercier est tué en voulant s’enfuir. L’un des frère de Cadoudal, Julien sera exécutée en Bretagne peu après.

Après s’être réfugié en Angleterre, le chef breton ne renonce pas et monte un plan visant à enlever le Premier Consul avec trois autres hommes : Joyaut, Burbant et Gaillard. Sauf que les trois hommes sont reconnus non loin du Panthéon. Après un folle course poursuite dans les rues de la rive gauche au cours de laquelle un inspecteur de police nommé Buffet est tué, Cadoudal est capturé.

Emprisonné à la conciergerie, interrogé par le préfet Dubois, Cadoudal est jugé avec dix autres de ses amis et le 25 juin 1804, tous montent à l’échafaud. Le corps du courageux chef des Chouans du Morbihan sera livré à l’Académie de Médecine. Ses restes seront rendus au village de Kerléano lors de la Restauration où l’on pourra l’inhumer.