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26 mars 1351 : Combat des Trente

Cet épisode a lieu durant la Guerre de Succession de Bretagne (1341-1364) – pendant  la Guerre de Cent Ans – qui opposait le Parti de Jean de Montfort soutenu par Édouard III d’Angleterre et le Parti de Charles de Blois, cousin du Roi de France.
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– Avec la Guerre de Cent, le combat dit chevaleresque tendit à disparaître au profit de formes de combats plus brutales. Ainsi, à la fin du mois de mars 1351Jean IV de Beaumanoir lieutenant de Charles de Blois commandant la Place de Josselin, devait traiter avec l’Anglais Richard de Bemborough Capitaine de Ploërmel. Or, sur la route menant de Josselin à Ploërmel, Beaumanoir constata que l’Anglais s’en prenait sans pitié aux laboureurs et marchands du pays. Selon Jehan Froissart, Beaumanoir aurait apostrophé Bemborough en ces termes : « Chevaliers d’Angleterre, je m’étonne fort que des hommes, vaillants comme vous l’êtes, fassent une guerre honteuse et cruelle, non pas aux gens qui portent les armes, mais aux mar­chands, aux laboureurs, aux hommes paisibles. Ce n’est pas coutume que les soldats soient employés à vexer et à ruiner le pauvre habitant qui sème le blé, qui nous procure le vin et qui nourrit le bestial » ; avant d’ajouter : « les Anglais sont sans doute des guerriers recommandables ; mais à mon avis, ils sont loin de l’emporter sur les Bretons.. A l’occasion je me fais fort de le leur apprendre par expérience ».

– Bemborough accepta donc le défi et les deux capitaines convinrent de s’affronter dans un champ au « chêne de Mi-Voie » (entre Ploërmel et Josselin), avec dix chevaliers et vingt écuyers dans chaque camp. Dans le camp anglais on trouvait aussi un redoutable aventurier allemand nommé Croquart.

– Le combat dura d’abord deux heures à l’issue desquelles les Anglais eurent l’avantage sur les Bretons du Parti de Blois. Bemborough proposa à Beaumanoir de « remettre à plus tard la journée et d’en référer à leurs Souverains »(dixit J. Froissart). Mais après avoir consulté ses hommes, Beaumanoir refusa et l’affrontement reprit. Les deux capitaines s’affrontèrent. Bemborough eut l’avantage sur Beaumanoir et lui enjoignit de se rendre. Ce à quoi le vaillant breton répondit : « Par Saint-Yves ! Il n’en sera pas comme tu penses ! ». L’Anglais voulut porter le coup de grâce à Jehan de Beaumanoir mais celui-ci fut sauvé par l’un des ses écuyers qui blessa Bemborough d’un coup de lance, permettant à Beaumanoir de décapiter son adversaire.

– Déconcertés, les chevaliers anglais décidèrent d’abandonner le combat. Cela n’empêcha pas Croquart d’être proclamé meilleur combattant côté Anglais, contre un certain Tinténiac dans le camp adverse.
Blessé et en nage, Beaumanoir réclama à boire. L’un de ses compagnons, Geoffroy du Bouäys lui répondit par cette formule devenue célèbre : « Bois ton sang Beaumanoir ! Cela calmera ta soif ». La famille de Beaumanoir reprit cette réponse comme devise.

Statue de Jehan IV de Beaumanoir à Dinan

– Le combat des Trente n’eût aucun impact politique mais il est resté dans la légende comme l’un des derniers combats de chevalerie.