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26 septembre 1423 : « Besoigne » de la Brossinière ou de la Gravelle

Cette victoire française, ardemment souhaitée par Yolande d’Aragon, belle-mère du Dauphin, fut marqué par l’écrasement des Anglais commandés par William de la Pole Comte de Suffolk.
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– Yolande d’Aragon ne pouvait souffrir davantage les incursions et pillages menés par les Anglais dans ses possessions du Maine et d’Anjou depuis la Normandie. Sa préoccupation est donc de mettre son Duché d’Anjou en sécurité.
En septembre 1423, William de la Pole s’est emparé de Segré et s’apprête à remonter vers la Normandie (alors possession du Roi d’Angleterre) avec un butin de 1 200 têtes de bétail. Il est en outre secondé par Thomas Aubourg et Thomas Cliffeton.

– La Duchesse d’Anjou mande alors l’un des plus grands capitaines du règnes de Charles VII, Ambroise de Loré Capitaine de Sainte-Suzanne (1) d’arrêter les Anglais.
Loré  rassemble alors un peu plus de 1 000 hommes et demande le renfort de Jehan VIII d’Harcourt Comte d’Aumale et Gouverneur de Touraine. D’Harcourt parvient à rassembler 900 hommes (400 piétons et 500 archers), tandis que Pierre Ier de Beauvau, le jeune André II de Montfort-Laval de Lohéac (le futur vainqueur de Castillon), Louis de Trémignon et Guy II de Laval-Loué Sire de Montjean se joignent à l’expédition.

Armes d'Ambroise de Loré

Armes d’Ambroise de Loré

– Les Français se rejoignent à Laval le 24 septembre. Le lendemain, des éclaireurs signalent à Loré et d’Harcourt que les Anglais font route vers la Normandie sur une route dite « le chemin gravelais » ou  « le chemin du Roy ». Ils avancent en colonne et à bonne allure.

– Loré rassemble ses gens d’armes et décide de se porter contre La Pole. Il remarque alors que les chariots occupent toute l’arrière du convoi anglais, ce qui entrave toute possible manœuvre de retraite.

– Ambroise de Loré ordonne à ses cavaliers de chasser les éclaireurs ennemis vers leur campement afin de forcer La Pole à s’y retrancher. Le chef anglais concentre alors ses forces pour protéger son butin et fait dresser des pieux pour contrer les assauts de la cavalerie française.

– Mais Loré ne se laisse pas prendre au piège. Il ordonne à ses cavaliers de mettre pied à terre et de combattre aux côtés des piétons. D’Harcourt fait donner ses archers qui éclaircissent les rangs anglais avant la charge.
Ambroise de Loré et ses hommes d’armes tombent alors sur les Anglais de front et commettent un massacre. A la fin de la journée, 1 200 à 1 400 cadavres d’Anglais jonchent le sol. William de la Pole fait partie des morts. Cliffeton et Aubourg doivent se rendre. Peu de pertes sont à dénombrer du côté français.

– André II de Lohéac, petit-neveu de Bertrand du Guesclin et neveu de Gilles de Rais, est armé chevalier à l’issu de cette victoire. Enfin, le chroniqueur Jehan Chartier dira que la « la besoigne de la Brossinière » restera l’un des plus glorieux souvenirs du règne de Charles VII.

(1) – Sainte-Suzanne est aujourd’hui une jolie cité médiévale située non loin de Laval et de Château-Gontier (Mayenne).

Lire :
– FAVIER Jean : La Guerre de Cent Ans,  Fayard
– MINOIS Georges : Charles VII, Perrin