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30 avril 1863 : Camerone, heure de gloire de la Légion Etrangère

– Cette épisode se déroule pendant l’Expédition du Mexique qui voyait la France de Napoléon III soutenir l’Empereur du Mexique Maximilien (un Habsbourg) contre les insurgés de Benito Juarez.
Alors que l’Armée Française assiège la cité de Puebla, une colonne de ravitaillement part de Vera Cruz afin d’approvisionner les troupes qui combattent sous les murs de la vieille cité.

Le Colonel Pierre Jeanningros,
commandant du Régiment Étranger ordonne au capitaine Jean Danjou (3e Compagnie) de reconnaître les abords de Palo Verde afin des sécuriser l’arrivée du convoi contre d’éventuelles attaques des Mexicains.

– Marchant alors sous un chaleur accablante, les soixante-deux hommes de la 3e Compagnie de Danjou repèrent 2 000 Mexicains commandés par le Colonel Milan – dont 1 200 cavaliers – aux abord du village de Camaron de Tejeda. Danjou décide de s’y replier et forme le carré. Deux charges de cavalerie sont brisées. Mais les mules qui transportaient les munitions se sont échappées. Décision est donc prise de tenir l’hacienda.

– Pendant près de quatre heures, Légionnaires et Mexicains vont s’affronter dans un combat féroce. Les Mexicains somment une première fois les Français de se rendre mais Danjou répond : « Nous avons des cartouches et ne nous rendrons pas ».Finalement le valeureux officier est tué d’une balle peu de temps après.

– Les Mexicains reviennent à l’assaut et mettent le feu à l’hacienda. Mais les légionnaires résistent toujours sous le commandement du Sous-Lieutenant Vilain (tué) et du Lieutenant Maudet.
A 17h00, la Compagnie n’existe pratiquement plus, seuls cinq légionnaires tiennent encore. A 19h00, le Lieutenant Maudet décide de charger à la baïonnette. Un dernier homme est tué et le lieutenant blessé. Le Caporal Maine décide alors de cesser le combat. Il demande au Capitaine Ramon Laisné (mexicain d’origine française) :

Capitaine Danjou

« – Nous nous rendrons si vous nous faites la promesse la plus formelle de relever et de soigner notre sous-lieutenant et tous nos camarades atteints, comme lui, de blessures ; si vous nous promettez de nous laisser notre fourniment et nos armes. Enfin, nous nous rendrons, si vous vous engagez à dire à qui voudra l’entendre que, jusqu’au bout, nous avons fait notre devoir. »

Ce à quoi Laisné répond :

« – On ne refuse rien à des hommes comme vous. Mais parlez-moi en français. Mes hommes pourraient croire que vous êtes des Espagnols du parti conservateur, et ils vous massacreraient.»

Lorsque les quatre hommes sont présentés au Colonel Milan, celui-ci s’écrie : « Pero no son hombres, son demonios ». (Mais ce ne sont pas des hommes ce sont des démons).
Le sacrifice des 59 hommes de la 3e Compagnie du RE a permis à la colonne de ravitaillement venue de Veracruz d’atteindre Puebla. Le Lieutenant Maudet mourra peut de temps après, suite à ses blessures.

– Puissamment ancré dans la mémoire et l’identité de la Légion Étrangère, la bataille de Camerone est toujours célébrée de nos jours et la main du Capitaine Danjou est conservée telle une relique sacré à Aubagne.

Lire :
– BERGOT Erwan, La Légion au combat, Presse de la Cité