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31 janvier 1994 : Disparition de Pierre Boulle

Écrivain français à la vie d’aventurier, Pierre Boulle a laissé un héritage important dans le domaine de la science fiction française et dans le Cinéma.

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– Ce fils d’avocat excentrique voit le jour à Avignon le 20 février 1912. Complice avec son père et bénéficiant de l’attention familiale, il lit beaucoup et se cultive durant sa prime jeunesse. Mais à la mort de son père en 1926, il s’oriente vers une carrière d’ingénieur et entre à Supélec.

– En 1936, il arrive en Malaisie, alors Colonie Britannique et travaille dans une plantation d’hévéa durant quatre ans. Il se trouve donc en Extrême-Orient quand il apprend l’Armistice de juin 1940. Refusant la défaite, il rejoint Singapour et entre en contact avec des gaullistes (Girot de Langlade et Baron). Recevant une formation de guérilla, il est envoyé en Indochine pour lutter contre les Japonais et fomenter des révoltes. Mais il est arrêté par les autorités de Vichy et expédié aux travaux forcés. Cependant, en 1942, il s’évade et parvient à rejoindre Calcutta et rejoint la Force 136 britannique, une du Special Operation Executive (SOE) employée dans des actions derrière les lignes nippones. Pierre Boulle intègre alors la French Indochina-Section du Major Blaizot. A la fin de la guerre, il mène des actions contre les Japonais en Birmanie et au Laos. Il sera décoré notamment de la Croix de Guerre, de la Médaille des Évadés, de la Croix du Combattant volontaire, de la Médaille Coloniale et la Burma Star et de la War Medal.

– De retour en France, il se lance dans l’écriture tout en s’occupant avec attention de sa sœur Madeleine devenue veuve et de sa nièce Françoise. Il ne se mariera jamais, consacrant sa vie à la littérature. Il dira plus tard, non sans humour « cette décision de devenir écrivain je l’ai prise en une heure, une nuit d’insomnie où les lucioles dansaient ».
Son œuvre a été influencée par son expérience asiatique, avec « William Conrad »« Le sacrilège malais », « Aux sources de la Rivière Kwai » et « Le pont de la Rivière Kwai ». Ce dernier est récompensé du Prix Sainte-Beuve. Mais plus original pour un romancier français, Pierre Boulle se lance dans la science-fiction et en tire « La Planète des singes ».

-Ses romans connaissent un très grand succès à l’international et sont traduits en plusieurs langues et ces deux majeures sont adaptés au Cinéma. En 1954, David Lean en tire l’un de ses chef-d’œuvres (« Le pont de la Rivière Kwai » ) avec Sir Alec Guinness, William Holden, Jack Hawkins et Sesue Hayakawa. Mais c’est « La Planète des Singes » qui connaît le plus de succès, avec l’adaptation (saluée) de Franklin J. Schaffner (1968) avec Charlton Heston. Des suites moins bonnes – voire mauvaises – suivront, ainsi qu’une série télévisée. Mais Tim Burton et Matt Reeves réadapteront l’œuvre de Pierre Boulle (1999 ; 2011 et 2014). Mais chacune des adaptations n’est pas entièrement fidèle au livre qui prend un ton décalé. Celles de Schaffner et de Reeves – de très bonne qualité cinématographique – se situent sous un angle post-apocalyptique.

– Pierre Boulle a également signé des ouvrages moins connus comme « La Face », « Le Bourreau », « L’épreuve des hommes blancs »,  « Les voies du Salut », « Le Jardin de Kanashima », « Les vertus de l’Enfer », « Les coulisses du Ciel », « L’énergie du désespoir », « Le bon léviathan », « Miroitements », « La baleine des Malouines », « Pour l’amour de l’Art », « Le Professeur Mortimer » et « L’Archéologie et le mystère de Néfertiti ».