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5 septembre 1661 : Arrestation de Fouquet

Nicolas Fouquet, le tout puissant Surintendant des Finances de Louis XIV suscite la jalousie de Jean-Baptiste Colbert, ancien fidèle du Cardinal Mazarin.
Portrait_Nicolas_Fouquet
Fouquet, grand mécène etbâtisseur (Vaux-le-Vicomte) s’est attaché les milieux de la Finance grâce à son  mariage avec Madeleine de Castille. Fort de cette position, il protège les officiers royaux qui fraudent sur les billets d’épargne émis pour rembourser les dettes du Royaume. S’ajoutent à cela les soupçons de mauvaise gestion des finances mais le puissant réeau de clients et d’amis que s’est constitué Fouquet (jusqu’à la Reine Mère !) le protège encore quelques temps.

Fidèle à sa devise « Quo non ascendet ? » (« jusqu’où ne monterai-je pas ? »), il cherche à obtenir la place de Principal Ministre malgré que le jeune Louis XIV se méfie de lui. Colbert continue d’intriguer et se voit nommer Intendant sous les ordres de Fouquet… pour mieux le surveiller.
Anticipant les intentions de son ennemi, Nicolas Fouquet s’en remet au Roi qui continue de lui accorder sa confiance… du moins en apparence.

Nullement découragé, Colbert décide de présenter au Roi des preuves de malversations mais aussi que Fouquet envisagerait de se réfugier dans la place forte de Belle-Île où il fait entretenir une forte garnison, selon un rapport de Colbert de Terron. On le soupçonne aussi de vouloir appeler les Espagnols à l’aide….

Louis XIV lui propose de vendre sa charge de Procureur Général du Parlement de Paris en échange de la charge de Chancellier. Fouquet accepte mais ne vois pas le piège, d’autant plus Madame de Chevreuse intrigue auprès d’Anne d’Autriche – qui protège le surintendant – afin qu’elle lâche Nicolas Fouquet. Pendant ce temps, celui-ci offre 20 pistoles (cette unité monétaire valant alors 10 à 12 livres) à Madame de la Vallière…qui va aussitôt le dénoncer.

Fort de ces preuves, Louis XIV se rend à la grande fête donnée par Fouquet à Vaux-le-Vicomte. Si le faste agace le Souverain, c’est davantage pour les raisons évoquées qu’il décide de le faire arrêter après la saison des moissons et des collectes d’impôts.

Fin août 1661, bien qu’atteint d’une crise de paludisme, Nicolas Fouquet accompagne la Cour Royale à la session des États de Bretagne qui se tient à Nantes.

Le 4 septembre 1661, Louis XIV ordonne au fidèle Charles de Batz de Castelmore d’Artagnan Lieutenant des Mousquetaires (préféré à Monsieur de Gesvres resté en très bon termes avec Fouquet lui aussi) de saisir au corps de Surintendant des Finances. Quelque peu surpris de l’ordre mais loyal envers son souverain, d’Artagnan s’exécute le lendemain 5 septembre 1661.

Arrestation FouquetFouquet est d’abord interné au Château d’Angers avant d’être jugé au cours d’un procès organisé en grande partie par Colbert. L’instruction dure de 1662 à 1664 ; d’abord confiée à Lamoignon elle échoit ensuite à l’ancien Chancelier Pierre Séguier, une créature de Richelieu qui voue une haine féroce à Fouquet. Réticents quant au suivi de la procédure imposée par Colbert, les juges Olivier Lefèvre d’Ormesson et Pierre de Roquesante sont aussi évincés.

Le 12 décembre 1664,  le Surintendant déchu comparaît devant ses juges au Grand Arsenal. La condamnation tombe, Fouquet est condamné à être emprisonné à la forteresse de Pignerol dans le Pas de Suse (aujourd’hui en Italie) et tous ses biens reviennent à l’État (Vaux-le-Vicomte deviendra d’ailleurs propriété du Maréchal de Villars).

Malade, Fouquet est conduit à Pignerol par d’Artagnan qui tente d’adoucir son sort. Un sort qui s’aggrave dans la forteresse car Monsieur Bénigne Dauvergne de Saint-Mars dont il est à la charge a reçu ordre de le maintenir dans des conditions très rudes.

Nicolas Fouquet le 3 avril 1680 à Pignerol, du mois officiellement car une thèse émise par Gourville et Voltaire indique que l’ancien Surintendant aurait été libéré peu avant sa mort.

Lire :
– PETITFILS Jean-Christian : Fouquet, Perrin
– BLUCHE François : Louis XIV, Fayard
– MORAND Paul : Fouquet ou le Soleil offusqué, Gallimard