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Aimé Picquet du Boisguy dit « le Petit Général » ; chef chouan

en 1776 à Fougères, Aimé Picquet du Boisguy n’a tout juste que dix-sept ans lorsque l’insurrection royaliste de mars 1793 le surprend.
Boisguy
– Alors qu’il se trouve sur le domaine familial en compagnie de son garde-chasse, les Paysans du lieu le désignent comme leur chef pour lutter contre les troupes Conventionnelles. Son frère Louis, participera activement aux combats lui aussi.

– Se retrouvant alors à la tête de plusieurs centaines d’hommes décidés, le jeune homme va se révéler un organisateur et un chef de guérilla hors-pair.
Avec ses hommes, il participe aux combats en Mayenne et à la Virée de Galerne aux côtés de l’Armée Catholique et Royale. Boisguy s’illustre notamment lors des batailles d’Entrammes, de Fougères et de Villedieu-les-Poêles.

– Après l’échec de la Virée de Galerne, le « Petit Général » se replie dans la région de Fougères. Profitant du soutien de la population rurale, il tient tout le Pays de Coglès, ainsi que l’est de l’Ille-et-Vilaine entre Fougères, Antrain et Vitré par la pratique des coups de mains et de la guérilla. Commandant alors à 2 000 paysans en armes, il est désigné Général de la Division des Chouans des Pays de Fougères et Antrain. En cela, il assure la liaison entre les chouanneries d’Ille-et-Vilaine (Pontbriand, du Bouays de Couësbouc, Boishamon…), avec celles de la Mayenne (Jean Chouan et Bourmont) et de la Basse-Normandie (Louis de Frotté, tué en 1800).

En 1795, Aimé du Boisguy refuse de signer les accords de La Prévalaye avec les Républicains. Après la tragique expédition de Quiberon, lui est ses hommes  tendent une embuscade aux Bleus à La Chapelle-Saint-Aubert ,à l’issue de laquelle l’un des bataillons ayant participé aux exécutions de Quiberon est complètement décimé. Deux autres embuscades réussies ont lieu au Rocher de la Plochais et à la Bataillière. La même année, il participe encore avec succès à des combats en Basse-Normandie (le Tremblay et la Croix-Avranchin où il essuie de peu une défaite).

– Toutefois, en 1796, après être parvenu à pacifier le Morbihan, la Vendée et le Maine, le Général Lazare Hoche rabat ses forces sur l’Ille-et-Vilaine et la Basse-Normandie. Adaptant ses techniques de combat, il parvient à forcer Boisguy et ses chouans à abandonner le combat à leur tour.
Après une année de tranquillité, le jeune général est arrêté est enfermé à Saumur. Sa peine est adoucie grâce à l’intervention du Général Hédouville.

En 1799, la chouannerie reprend en un temps en Bretagne et Boisguy fait partie du mouvement. Seulement, le nouveau Premier Consul Napoléon Bonaparte envoie le Général Guillaume-Marie Brune en Bretagne et les insurgés doivent se soumettre à nouveau en 1800.

– Aimé Picquet du Boisguy cesse alors de combattre et part s’installer à Paris pour vivre tranquillement. Après avoir été momentanément inquiété lors de la conspiration de la Machine infernale, il se marie avec Adélaïde Geneviève Charton en 1805.
Il veut se mettre au service de Louis XVIII et reprendre le combat lors de la Première Restauration mais doit abandonner l’idée lors des Cent Jours (1814). A son exemple, les vétérans du Pays de Fougères ne s’activent que très peu. Après l’abdication de Napoléon, Aimé Picquet du Boisguy sert dans l’Armée de la Restauration.

-Il quitte la vie militaire en 1830 lors de l’avènement de Louis-Philippe et succombe à une crise de goutte le 25 octobre 1839. Il sera inhumé au cimetière de Picpus.