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André Maginot

Attaché à la ligne qui porte son nom, symbole de la défaite de 1940, André Maginot reste pourtant une personnalité méconnue. Un bref retour s’impose donc.
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Il voit le jour le 17 février 1877 à Paris, bien que ça famille soit originaire de Lorraine.
Après avoir obtenu sa Licence en Droit au sein de la Faculté Libre des Sciences Politique, André Maginot effectue son service militaire au sein du 94e Régiment d’Infanterie. De retour à Paris, il s’inscrit au concours d’auditorat du Conseil d’État qu’il réussit brillamment. Il sert d’abord auprès du Gouverneur d’Alger avant d’entrer en politique. En 1910, il est élu Député de la Meuse et en 1913 devient Sous-Secrétaire d’État à la Guerre dans le Gouvernement de Gaston Doumergue. Très attentif aux question de Défense, il soutient sans reculer la Loi sur le Service Militaire de Trois Ans.

En 1914, il s’engage comme simple soldat et est affecté eu 44e Régiment d’Infanterie Territoriale dans la Meuse. Il se fait connaître par son esprit offensif n’hésitant pas à lancer des patrouilles et des frappes dans les lignes ennemies. Mais il est grièvement blessé au genou en novembre 1914, ce qui le rendra infirme à vie. Toutefois, il a gagné, la Médaille Militaire, la Légion d’Honneur et trois citations.
Rentré dans la vie politique, il devient Ministre des Colonies dans le Gouvernement d’Alexandre Ribot mais ne participe pas aux grandes décisions militaires et Clémenceau ne le garde pas auprès de lui.

Après l’Armistice, il préside la Fédération des Mutilés et milite pour l’indemnisation des victimes militaires et civiles du conflit. Il obtient notamment diverses mesures comme la gratuité des soins pour les mutilés.
Lorsque Raymond Poincarré prend la Présidence du Conseil, André Maginot devient Ministre de la Guerre et des Pensions. Soutenant à fond l’occupation de la Ruhr, il réussit à maintenir le service militaire à dix-huit mois.
Lors de l’arrivée au pouvoir du Cartel des Gauches, Maginot se retrouve dans l’opposition. Il doit revenir au gouvernement lors du retour de Poincaré aux affaires en 1926 mais il en est empêché par la maladie et la mort de son fils. Redevenu Ministre des Colonies en 1928, il accepte finalement l’évacuation de la Ruhr et se rapproche d’Aristide Briand. Redevenu Ministre de la Guerre en 1929, il fait voter des crédits pour la construction d’une ligne fortifiée plus moderne sur les frontières d’Alsace et de Moselle. Et lors de la montée des tensions avec l’Italie fasciste de Mussolini après le décès de Maginot, ce sera le Général Jean-Marie Degoutte qui pilotera l’aménagement de la Ligne Maginot des Alpes.
Les première pierres de la ligne de fortifications qui porte son nom sont posées. Mais les décisions de Maginot ne doivent pas être réduites à l’édification de cette fameuse ligne. En effet, s’étant adjoint les généraux Maxime Weygand et Maurice Gamelin, André Maginot lance en 1930 un programme pour la création de 5 Divisions motorisées, 5 nouvelles Brigades de cavalerie et 1 Division Légère Mécanisée.

Mais la maladie a raison de ses efforts, notamment lors de la Conférence de Genève sur la réglementation des armements où il ne peut affirmer les positions françaises.
André Maginot s’éteint le 7 janvier 1932.

Source :
– SORLOT Marc : André Maginot. L’homme politique et sa légende, http://www.maginot.free.fr