Vous êtes ici : France Histoire Esperance » histoire » Antoine de Chabannes Comte de Dammartin

Antoine de Chabannes Comte de Dammartin

Connu pendant la Guerre de Cent Ans pour avoir servi au sein des Écorcheurs avant de passer aux ordres de Charles VII puis de Louis XI, Antoine de Chabannes voit le jour en 1408 à Saint-Exupéry dans la Sénéchaussée du Limousin. Il est le fils d’un noble local, Robert de Chabannes Seigneur de Charlus-le-Pailloux.

mausolee-dantoine-de-chabannes-dammartin-en-goeleCadet de famille Antoine de Chabannes entamme la carrière des armes jeune, en tant qu’écuyer du Seigneur de Ventadour. Il participe aux batailles de Cravant et Verneuil. Capturé lors de la seconde, il est libéré contre rançon et passe au service successif d’Etienne de Vignolles le célèbre La Hire et de Charles Ier de Bourbon Comte de Clermont.

En cela, il participe à la délivrance d’Orléans en 1429, ainsi qu’aux batailles de Jargeau et de Patay. Mais suite à la capture de Sainte Jehanne d’Arc à Compiègne en 1430, Antoine de Chabannes suit La Hire au sein d’une bande de routiers dits Escorcheurs, qui vit de rapines, de pillages et d’incendies en Picardie et en Lorraine. Le jeune homme d’arme ne tarde pas d’acquérir une sinistre réputation.
Pourtant, en 1439, il passe au service de Charles VII et épouse Marguerite de Nanteuil qui l’a convaincu de quitter les routiers Pour s’attirer sa fidélité, le Roi de France le nomme Grand Maître de France et le rétribue à hauteur de ses services et Chabannes ne tarde donc pas à amasser une honorable fortune. Par son mariage, il obtient aussi la Seigneurie de Dammartin-en-Goëlle, dans le nord de l’Île-de-France. Vouant une jalousie au Jacques Cœur, Antoine de Chabannes profite largement de la confiscation des biens du Grand Argentier déchu et obtient la Seigneurie de Puisaye (le nord de l’Yonne) et le château de Saint-Fargeau.

Antoine de Chabannes participe a plusieurs combats contre les Anglais mais il gagne la reconnaissance définitive de son Roi en découvrant la conjuration de la Praguerie fomentée par le Dauphin Louis (futur Louis XI), le fis de Charles VII, à laquelle participent le Comte de Clermont, Jehan IV d’Armagnac et le Duc Jehan II d’Alençon.
En 1451, Charles VII qui vient d’apprendre que son fils le Dauphin conspirent encore contre lui depuis le Dauphiné qu’il gouverne, envoie Chabannes punir l’insolent. Antoine de Chabannes prend donc le commandement d’un armée qui marche sur Grenoble et Orléans contraignant lui à se réfugier dans les Flandres chez Philippe le Bon Duc de Bourgogne.
chabannes
Lorsqu’en 1461, Charles VII meurt à Mehun-sur-Yèvre, Antoine de Chabannes perd son principal protecteur. Sacré Roi, Louis XI qui a la mémoire longue, fait payer à Antoine de Chabannes sa loyauté envers Charles VII. Ainsi, Louis XI fait confisquer ses possessions en Île-de-France et en Puisaye et fait exiler Chabannes à Rhodes. Louis XI va même jusqu’à donner Saint-Fargeau à Geoffroy, le fils de Jacques Coeur ! Sauf qu’Antoine de Chabannes s’échappe de Rhodes grâce à des complices, revient à Saint-Fargeau et en expulse Geoffroy Coeur.
En 1465, plus par animosité envers le nouveau Roi de France que par idéal féodal, Antoine de Chabannes rejoint la Ligue du Bien Public, formée sous la conduite de Charles de Charolais Duc de Bourgogne et de François II Duc de Bretagne et dirigée contre Louis XI. On y compte aussi Jehan de Dunois et Charles de Bourbon Comte de Clermont. Sauf que le fin tacticien Louis XI signe avec les rebelles le Traité de Conflans et finit par se réconcilier avec Chabannes. Dès lors, celui-ci s’emploie à servir la couronne de France avec zèle contre de forte rétributions. Lors des guerres contre Charles le Téméraire, Antoine de Chabannes participe à plusieurs combats majeurs contre les Bourguignons, notamment le siège de Beauvais de 1472.

Mais à la fin de sa vie, Louis XI devient de plus en plus méfiant et disgracie une fois de plus Antoine de Chabannes… qui rentre en grâce en 1483 dans les premiers temps du règne de Charles VIII et avec le soutien d’Anne de Beaujeu. Gouverneur de Paris en 1485, ce vieux guerrier s’éteint – réconcilié avec Dieu pour les circonstances – le Jour de Noël 1488.

Lire :
– MURRAY-KENDALL Paul : Louis XI, l’intelligence au pouvoir, Marabout.
– HEERS Jacques : Louis XI, Perrin, coll. Tempus
– FAVIER Jean : Louis XI, Fayard

– http://www.dammartin.net