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Jérôme

Jérôme

Rédacteur en chef, passionné par le voyages, la culture et aussi les sujets un peu moins terre à terre

Histoire & Culture

Chroniques de la Bataille de Normandie – 27/ Opération « Bluecoat » (Seconde partie)

by Jérôme 27 septembre 2011

2 – SUCCÈS POUR LES « TAUREAUX » DE ROBERTS (31 JUILLET – 2 AOÛT)

– Durant la nuit du 30 au 31 juillet, les Royal Engineers nettoient les secteurs de progression des unités au sol parsemés des mines.  Ensuite, conformément à la procédure en vigueur chez les Britanniques, elle est précédée par un fort tir de barrage d’artillerie donné par les bouches à feu des VIIIth et XXXth Corps.

5th-guards-armoured-brigade-set-1-[3]-200-p– Suivant le barrage roulant, la 15th Scottish Division de McMillan démarre son attaque sous un ciel radieux matinal à 06h00 du matin tente de s’emparer de la Cote 309 avec l’appui de la 6th Independant Guards Tank Brigade. Mais elle est fortement ralentie par les défenses en profondeur de la 326. ID sans pour autant s’arrêter. C’est alors que 3 Jagdpanther du sch-PzJg.Abt. 654 lancent une contre-attaque contre la 6th IGTB. Les Guards réussissent à repousser les assaillants au prix de 10 Mk VII Churchill détruits. Le lendemain, après le retrait des redoutables engins, les Ecossais et plusieurs Churchill parviennent à s’assurer le contrôle de la Cote 309 et de Fourquerie.

– Les choses se passent mieux du côté de la 11th Armoured Division. Celle-ci s’empare en vitesse de Saint-Martin-des-Besaces dans l’après-midi du 31 juillet. Roberts ordonne alors à ses deux Assault Brigade Groups de poursuivre leur route vers la Souleuvre en tournant Forêt l’Evêque par le sud-est. C’est alors qu’un détachement du 2nd Bn. Household Cavalry commandé par le Lieutenant.Colonel Dick Powle et lancé en avant-garde débouche d’un bois au nord de Canville et s’empare d’un pont sur la Souleuvre laissé sans surveillance par l’ennemi. Le petit ouvrage est plutôt bien situé car il sépare le dispositif de la 3. Fallschirm-Division (7. Armee) de la 326. ID. Roberts en est immédiatement informé et n’hésite pas une seconde. Il envoie donc des renforts sur la rive gauche (sud) de la Souleuvre.
La brèche créée pars les Britanniques ne tarde pas à inquiéter Hans von Kluge qui expédie en urgence les éléments affaiblis de la 21. PzD pour soutenir la 326. ID.

SdKfz 176 Jagdpanther

SdKfz 273 Jagdpanther

– A l’aube du 1er août, 2 Squadrons du 23rd Hussars repoussent les faibles unités ennemies qu’il rencontre et atteint Le Bény-Bocage dans la vallée de la Souleuvre, assurant un second point de passage à la 11th Armoured. Parti de Burcy, le 29th Assault Brigade Group d’Harvey attaque ensuite avec succès vers la Ferronière et atteint Pavée à la tombée de la nuit.

– De leur côté, les fantassins du 4th Bn. King’s Own Shropshire Light Infantry (159th ABG) avancent vers Catheolles mais rencontrent une vive résistance de la part d’éléments de la 9. SS-PzD « Hohenstaufen ». Le 2 août, le 2nd Household s’empare de Presles. L’incontestable succès de la division de Roberts incite alors Dempsey à introduire la 3rd Division de Whilster derrière la rive gauche de la Souleuvre afin de s’emparer de Vire.

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3 – GUARDS CONTRE « HOHENSTAUFEN »

– Placée à l’extrémité-ouest du VIIIth Corps, la Guards Armoured Division d’Adair démarre son assaut à 05h00 du matin. Le 2nd Bn. Irish Guards du Lt.Col Joseph O.E. Vandeleur et le 5th Bn. Coldstream Guards (Infanterie) avancent vers le village de Saint-Denis-Maisoncelles au sud de Saint-Martin-des-Besaces, défendu par des éléments de la 21. PzD, le Grenadier-Regiment 756 et la 326. ID.  Un furieux combat s’engage alors entre Guards  et Allemands, ces derniers ralentissant l’avance de la division d’Adair.

– Le 2 août à 02h00, Adair engage sa seconde force mixte alliant le 3rd Bn. Irish Guards (fantassins portés) et le 3rd Bn. Scots Guards tiré de la 6th GTB. Malheureusement les Guards sont repoussés près de Catheolles et de Montamy très bien défendus par les Allemands. Adair choisit alors de contourner l’obstacle et de se diriger vers Saint-Charles-de-Percy. Celui-ci se heurte à une forte résistance de la part d’éléments de la 9. SS PzD « Hohenstauffen » mais réussit à libérer Saint-Charles et se dirige vers La Marvindière avant d’être rejoint par le 2nd Bn. Welsh Guards (chars) et les fantassins portés du 1st Bn. Grenadier Guards. L’avance se poursuit alors vers Drouet tenu par des éléments de la « Hohenstaufen ». Au prix d’un furieux engagement, les Guards emportent la Bourgade mais doivent abandonner plusieurs pans de terrain conquis en raison d’une contre-attaque des Waffen-SS. La situation n’évoluant que très peu, Friedrich-Wilhelm Bock, nouveau patron de la 9. SS PzD, fait donner son artillerie sur Drouet.

Major.General Allan H.S. Adair, commandant des Guards

Major.General Allan H.S. Adair, commandant des Guards

– Le 3 août à 02h45, Adair envoie le 153rd Field Artillery Regiment appuyer ses chars et ses fantassins à l’ouest de Maisoncelles face à la « Hohenstaufen » mais l’action s’avère inutile. En revanche, des éléments du 3rd Irish Guard appuyé par plusieurs Sherman du 1st Bn. Coldstream Guards réussissent à pénétrer dans le secteur de Saint-Charles-de-Percy tenu par des snipers et des éléments antichars. Le bourg sera finalement nettoyé le lendemain.

– De leur côté, les 2nd Irish, 5th Coldstream et 1st Welsh Guards progressent vers La Marvindière où ils doivent faire face à un fort parti accrocheur de la « Hohenstaufen ». La situation se débloque en faveur des Guards lorsqu’une Task Force constituée du 3rd Scots Guards, d’éléments du 75th Anti-Tank Regiment et de quelques véhicules blindés réussit à conquérir la Cote 192, ce qui vient menace les positions allemandes de Drouet. Le 2nd Welsh et le 1st Coldstream peuvent alors lancer un nouvel assaut qui permet de dégager Drouet, Montchamps et Montchauvet le 4 août.

– Le 5 août à 10h00 : le 5th Coldstream subit une contre-attaque de la part de la « Hohenstaufen » à Maisoncelles. Malgré le fait que les Britanniques doivent reculer, les Waffen-SS connaissent eux-aussi des pertes et doivent se replier au vu de leur effectif déjà réduit.

– Le 6 août à 11h00, le 2nd Irish et le 5th Coldstream attaquent les positions allemandes au Busq près d’Etry. Essuyant un tir nourri de mortiers et de mitrailleuses MG, les Britanniques réussissent à capturer le village mais les hommes de la « Hohenstaufen » tiennent toujours les hauteurs. Une tentative est lancée pour prendre les Grands-Bonfaits et le Busq durant la journée du 7 août mais l’arrivée d’un groupement de Panzer IV du SS-Pz-Regt 9 forte les britanniques ne plus rien tenter durant la journée. Adair reçoit alors l’ordre de placer sa division en position défensive car plus au nord-est, Bluecoat prend une tournure imprévue.

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[Suite]

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Histoire & Culture

Campagne des Vosges – Dernière partie

by Jérôme 16 septembre 2011

– Rappel : le 23 novembre, Français et Américains du XVth Corps ont libéré Haguenau et Strasbourg grâce à une habile manœuvre dans les Basses-Vosges et dans la trouée de Saverne. Avec la percée quasi-simultanée de la Ire Armée Française du Général de Lattre de Tassigny à Belfort, la campagne d’Alsace est maintenant enclenchée afin de dégager la rive gauche du Rhin en France.

1 – CONTRE-ATTAQUE DE LA PANZER-LEHR (BAERENDORF, WEYER, RAUWILLER)

– Pendant la soirée du 21 novembre, la 361. VGD, culbutée par le XIIth Corps (voir Campagne des Vosges, onzième partie) essaie de se rétablir sur une ligne s’étendant du sud de Mittersheim à Drulingen. Mais elle est prise de vitesse par l’aile gauche du XVth Corps – le 106th Cavalry Group – qui atteint le nord de la ligne Baerendorf – Weyer – Drulingen. Le jour suivant, la 4th Armored Division nettoie Mittersheim, pendant que le 106th Cavalry Group, renforcé des 71st et 114th Infantry Regiments accomplit un bond jusqu’à Eywiller et plusieurs autres villes du nord de l’Alsace. Finalement, le 23 novembre, le 71st Infantry du Colonel Porter fait sa jonction avec la 4th Armored Division à Fenetrange, désorganisant complètement l’articulation de la 361. VGD et privant la Panzer-Lehr d’un écran de protection sur son flanc ouest (droit).

Generalleutnant Fritz Bayerlein

Generalleutnant Fritz Bayerlein

–  Cependant, Hermann Balck et Gerd von Rundstedt assurent à Fritz Bayerlein que sa  Panzer-Lehr sera bien lancée en contre-offensive le 23 novembre même dans le secteur de Sarralbe MAIS SANS l’appui du Panzergrenadier-Regiment 25 de l’Oberstleutnant Hans Engelien. Fritz Bayerlein n’est pas n’importe qui et est connu des Alliés. Ancien fidèle chef d’état-major de Rommel en Afrique, il s’y est distingué pour ses compétences. Durant l’été 1944, il a mené la Panzer-Lehr en Normandie mais sa division a été écrasée lors de l’Opération Cobra. Bayerlein commande alors à une unité entièrement reconstituée de jeunes recrues qui, pour la plupart, n’ont pas encore connu le feu.

– Cependant, la division ne peut se déployer rapidement et ne démarre son assaut qu’à 16h00. Ayant anticipé le mouvement allemand, les officiers américains ne sont guère surpris de voir des chars allemands manœuvrer au nord de Sarralbe. La Panzer-Lehr avance alors en deux colonnes. La colonne ouest (Baerendorf) compte 10-12 PzKw Mark IV pendant que la colonne est (Eywiler) compte 20-25 Panther. Au début, l’attaque commence bien puisque les blindés légers du 106th Cavalry, trop peu armés, sont facilement chassés de Baerendorf et de Weyer. Le colonne ouest atteint bientôt Rauwiller, capturant 200 prisonniers de la 44th Infantry Division. Les Cavaliers américains sont repoussés sur Schalbach, ce qui contraint le 114th Infantry du Colonel Martin à se replier afin de ne pas être isolé. Apprenant ce succès tactique, von Rundstedt s’empresse de communiquer à l’OKW que la Panzer-Lehr a une change – légère – de réussir sa contre-attaque.

– Mais von Rundstedt sous-estime la réaction américaine ainsi que la situation de la Panzer-Lehr qui s’avère de plus en plus précaire, puisque elle avance sans aucun soutien. Pendant que les équipages de Panzer et les Panzergrenadier de Bayerlein combattent, Manton S. Eddy, patron du XIIth Corps obtient de son collègue Wade H. Haislip le commandement temporaire des unités du XVth Corps situées à l’est de la Sarre afin de mieux coordonner leurs efforts. C’est ainsi qu’Eddy monte une contre-attaque avec le Combat Command B  de la 4th Armored Division (Holmes E. Dager) et une partie de la 44th Infantry Division.

– Le CC B franchit alors la Sarre en deux secteurs près de Baerendorf le matin du 24 novembre et se rue presque immédiatement dans le flanc droit de la Panzer-Lehr. La Colonne sud du CC nettoie alors la ville durant l’après-midi après un furieux combat mettant aux prises Sherman et Mark IV, ainsi que fantassins portés et Panzergrenadier. Pendant ce temps, la Colonne nord contient les Allemands arrivant en renfort, ce qui permet au Colonel Porter de relancer son 71st Infantry à l’assaut de Rauwiller qui est repris en tout début de soirée. De son côté, le 106th Cavalry Group réussit à accrocher Schalbach et à stabiliser la ligne américaine à Drulingen.

– Au vu de cette situation, von Rundstedt decide de réduire la mission de la Panzer-Lehr à la simple fermeture de la brèche existante entre les 1. et 19. Armeen du Groupes d’Armées de Balck. Pour cela, elle doit bloquer le RN 4 entre Sarrebourg et Saverne. Mais ce projet s’avèrent encore ambitieux puisque la 19. Armee n’a aucun moyen de soutenir la Panzer-Lehr. Von Rundstedt ordonne alors à Balck d’expédier la 25. Panzergrenadier-Division de Paul Schürmann dans la bataille. Mais celle-ci est en sous-effectif et n’a pas les moyens d’atteindre Sarre-Union avant le 25 novembre.Une fois n’est pas coutume, Hermann Balck devient particulièrement pessimiste le 24 novembre. Il espérait pouvoir compter sur le concours de la 256. Volksgrenadier-Division de Gerhard Franz mais cette unité a déjà reçu l’ordre de défendre Haguenau. Finalement Balck, apprend que la 245. Volks-Grenadier-Division a quitté la Hollande pour la Sarre mais ne sera sur place que le 3 décembre.

Insigne de la «  Panzer Lehr »

Insigne de la « Panzer Lehr »

– Le 25 novembre,  la colonne de droite de la Panzer-Lehr s’en prend à la Colonne sud du CC B à Barendorf et réussit à reprendre Rauwiller. S’ensuit une série de combats confus pendant plusieurs heures mais finalement, les Allemands sont forcés de se replier. Toutefois, l’aile gauche de Bayerlein, formée par le bataillon de Panther du Panzer-Lehr-Regiment 130 a connu plus de succès en débordant le 2/114th Infantry près de Schalbach. Mais l’artillerie américaine veillait au grain et a arrêté l’opération par un tir de barrage. Schalbach est l’ultime point atteint par la Panzer-Lehr, puisque Bayerlein reçoit l’ordre de se retirer vers la Sarre et Eywiler. Hitler lui-même était réticent à l’engager dans une opération hasardeuse. Enfin, la division quitte très vite le front alsaco-lorrain pour l’Eiffel, puisqu’elle participera à la Bataille des Ardennes.

2 – L’AVANCE DU VIth CORPS DANS LES VOSGES ET VERS LA PLAINE D’ALSACE

1 – Situation et plans

– Nous avons laissé les divisions du Major.General Edward H. Brooks sur la Meurthe au début du mois de novembre. Seulement, le VIth Corps n’a sécurisé que Raon-l’Etape, Bacccarat et Saint-Michel-s/-Meurthe ; Saint-Dié et Saint-Léonard sont encore entre les mains des Allemands. Brooks veut nettoyer au plus vite les deux rives de la Meurthe avant de lancer son attaque principale vers la plaine d’Alsace. Les forces de Brooks sont disposées comme suit : au nord (aile droite), la 100th « Century » Division de Withers A. Buress tient une ligne partant du massif forestier de Raon-l’Etape à Etival-Clairefontaine. Le centre (Etival-Clairefontaine – Saint-Michel-s/-Meurthe) est tenu par le 15th Infantry Regiment (celui d’Audie Murphy, soldat américain le plus titré de la Seconde Guerre mondiale) appartenant à la 3rd « Rock of the Marne » Division du Major.General John W. « Iron Mike » O’Daniel. Le reste de la 3rd Division est alors maintenu en réserve. Au sud du 15th Infantry, la 103rd « Cactus » Division de Charles C. Haffner Jr. (moins 1 Regimental Combat Team maintenu en réserve), est positionnée depuis Saint-Michel-s/-Meurthe jusqu’à Saucy-s/-Meurthe. L’aile gauche de la 103rd Infantry Division tient le Bois Magdeleine qui domine Saint-Dié et la Vallée du Taintrux. Enfin, la 36th « Lone Star » Division de John E. Dahlquist tient une ligne dans le massif forestier des Hautes-Vosges allant de Saulcy-s/-Meurthe jusqu’au Tholy, maintenant ainsi la jointure avec la 3e Division d’Infanterie Algérienne du IInd Corps d’Armée Français.

– Le 10 novembre, après avoir évalué plusieurs options offensives, Edward H. Brooks établit son plan d’attaque.  « Iron Mike » O’Daniel doit franchir la Meurthe à Saint-Michel le 20 novembre avec 2 Régiments et y établir une tête de pont. Ensuite, la « Rock of the Marne » nettoiera le massif forestier au nord-est de Saint-Dié afin d’atteindre la trouée de Saales qui débouche sur la Plaine d’Alsace à Mutzig et sur la N 420. Rappelons qu’à ce moment précis, l’objectif du VIth US Corps assigné par Devers et Patch reste Strasbourg. Au vu du manque d’expérience des 100th et 103rd Infantry Divisions, Brooks espère que ses deux unités joueront un rôle de « retenue » et de diversion contre la 19. Armee afin de laisser les « Dogface soldiers » aguerris d’O’Daniel effectuer rapidement leur avance. Toutefois, Brooks n’en oublie pas pour autant le secteur de la 100th Infantry Division. Celle-ci a pour mission de sécuriser définitivement le secteur de Raon-l’Etape. Si elle ne réussit pas, cela créerait une brèche entre les XVth et VIth Corps que le 117th Cavalry Squadron aurait bien du mal à combler. En contrepartie, une avance soutenue de la division de Burress contribuerait à la réussite de l’avance du XVth Corps sur Sarrebourg et Saverne.
Du coup, Brooks ordonne à Burress de commande son avance cinq jours avant O’Daniel, afin de fixer un nombre conséquent de forces allemandes qui ne pourront être déployés contre la 3rd Infantry Division. La « Century » Division doit d’abord traverser la Meurthe et nettoyer le plateau de Raon-l’Etape avant d’accrocher la N-424 et poursuivre vers l’est. Ensuite, elle doit progresser sur des routes secondaires vosgiennes pour franchir le Col de Hantz et rejoindre la N-420 à Saint-Blaise-la-Roche, environ 13 km à l’est de Raon-l’Etape et à environ 3,5 km au nord de la trouée de Saales. Mais étant donné les difficultés que put éprouver l’expérimentée 45th « Thunderbird » Division dans les semaines précédentes dans le même secteur, on peut se demander alors si l’objectif assignée aux « bleus » de la 100th Division n’est pas un peu trop ambitieux.
Enfin, sur le flanc droit du VIth Corps, les Texans de la 36th Infantry Division (moins les Nisei 100/442nd RCT de Miller partis au repos) doivent maintenir fermée la charnière avec la Ire Armée française tout en jouant un rôle de diversion et de retenue des forces allemandes à l’est de Remiremont.

– En face, alors qu’il doit affronter l’offensive des Français dans les Hautes-Vosges et en Haute-Saône, Friedrich Wiese doit aussi tenir le front des Vosges centrales face aux Américains. Il ne dispose alors que du LXIV. Armee-Korps d’Hellmuth Thumm qui tient une ligne forestière allant du Canal  Rhin-Marne jusqu’à Saulcy-s/-Meurthe avec les 16., 553. et 716. VGD, ainsi que du IV. Luftwaffe-Feld-Korps (avec la 708. VGD d’Ernst Arndt) qui protège son flanc gauche/sud/sud-est. Mais les trois divisions allemandes n’ont pas les effectifs suffisant pour tenir une telle ligne de front. Ainsi, la 708. Infanterie-Division d’Edgar Arndt qui fait face à la 100th Infantry Division ne peut disposer de la totalité de ses effectifs pour tenir sa ligne de front entre Raon-l’Etape et Etival-Clairefontaine. La faible 716. VGD d’Ernst von Bauer, renforcée seulement par le Grenadier-Regiment 757 (338. GD) en sous-effectifs doit tenir la rive droite de la Meurthe entre Etival-Clairefontaine et Saint-Dié, face à la moitié de la 103rd Infantry Division et toute la 3rd Infantry Division. Enfin, le IV. Luftwaffe-Feld-Korps ne peut aligner qu’un peu plus de 5 000 combattants, d’autant plus que les 2 500 hommes de la 198. ID doivent tenir face aux Français, pendant que les 3 700 de la 708. VGD doivent faire face aux américains. Seul avantage pour les Allemands, le terrain difficile qui se prête particulièrement bien à la défense, avec tranchées, abris, Blockhäuse, nids mortiers et de mitrailleuses, mines et booby traps. Mais la qualité des défenses ne peut faire oublier le manque d’effectifs chronique pour les occuper et les tenir. A la mi-novembre, les défenseurs allemands reçoivent néanmoins le renfort d’unités d’artillerie et les stocks de munitions adéquats.

Source : http://www.ibiblio.org

Source : http://www.ibiblio.org

2 –  L’attaque de la 100th Infantry Division

– La « Century Division » attaque en premier. Mais les jeunes soldats sans expérience sont particulièrement nerveux et anxieux, bien que les « anciens » des 3rd et 36th Divisions. Withers A. Buress, patron de la Division, décide d’exécuter un assaut frontal contre Raon-l’Etape sur la Meurthe en utilisant le secteur Baccarat comme base de départ. 2 Régiments doivent donc traverser la Meurthe à Baccarat pour conquérir les collines boisées au-dessus de la ville. Ensuite, un troisième régiment doit effectuer une diversion avec l’aide de l’artillerie et de mitrailleuses. Si cette manœuvre réussit, la division sera en mesure de couper les lignes de ravitaillement allemand.

– Le 12 novembre, les 397th et 399th Infantry Regiments franchissent la Meurthe à Baccarat et attaque en direction du sud-est, vers Raon-l’Etape. Sur la droite, le 397th Infantry du Colonel William A. Ellis longe la rive est de la Meuse vers le petit village de Betrichamps et la Cote 443, un plateau abrupt juste à la limite de Raon-l’Etape. Sur la gauche, le 399th Infantry Regiment du Colonel Andrew C. Tychsen atteint l’est de Neufmaisons avant d’obliquer plus au sud vers la Cote 539 qui domine la rivière appelée la Plaine, juste à la sortie nord de Raon. Ensuite, les éléments des deux unités atteignent leurs objectifs intermédiaires ; Bertrichamps et Neufmaisons. Seulement, les GI’s découvrent très vite que la 708. ID allemande a mis a profit la pause du VIth Corps pour former une extension de leur ligne de défense sur la Meurthe en utilisant la D-8/9 comme une route de ravitaillement. En outre, les défenseurs ont garni le secteurs de fils barbelés, d’abris de tranchés, de bunkers et d’abris de mitrailleuses.

– Durant l’après-midi du 12 novembre et durant la journée du 13, les deux régiments américains tâtent les lignes allemandes à la recherche des points faibles mais sont très vite surpris par l’étendue de la ligne de défense. Le 14 novembre, la 100th Infantry commence son attaque contre la « Winter line » avec l’appui de l’artillerie divisionnaire et de canons et obusiers du Corps d’armée. Le 15 novembre, les bataillons d’assaut entament les lignes allemandes et attaquent dans la Forêt de Raon. Les conditions de progression sont particulièrement difficiles : pluie, neige, sentiers boueux et forêts danses. Le 16, après une journée de marche et de combat, les GI’s parviennent au pied des Cotes 443 et 539. Le 1/399th submerge une petite force allemande qui défend la base de la Cote 539 et une compagnie monte immédiatement à l’assaut du sommet, appelé la « Tête des Reclos ». Mais la réplique allemande ne tarde pas, puisque la 708. ID lance plusieurs contre-attaques, chacune butant sur la défense des GI’s. Ceux-ci ne comptent plus que 60 hommes le 17 novembre mais leurs assaillants sont tout aussi épuisés. Le jour-même, les GI’s dévalent la « Tête des Reclos », forçant les Allemands à évacuer le sud-est de la base. Le matin du 18 novembre, Burress reçoit un rapport annonçant que les Allemands ont évacué Raon-l’Etape, n’y laissant que des mines et des « Booby traps ». Brooks décide alors d’exploiter cet avantage et modifie son plan initial. Sans doute pour éviter aux 3rd et 103rd Infantry Divisions un franchissement coûteux de la Moselle, Edward H. Brooks et son état-major décide de faire passer les régiments de ses deux divisions DANS la tête de pont constituée plus rapidement que prévu par les soldats de la « Century ». Par conséquent, Withers A. Burress reçoit l’ordre de sécuriser les collines forestières à l’est de Raon, en atteignant la Plaine et en progressant le long de la RN 424. Brooks a l’impression que la 708. ID s’est effondrée et que l’introduction de la 14th Armored Division – unité de réserve de la VIIth Army prévue pour être rattachée au VIth Corps – en second échelon pour débouché sur Mutzig n’en sera que plus facilitée. Mais plus tard, il apprend par l’état-major de Patch qu’il n’obtiendra qu’un seul Combat Command de la 14th Armored Division. Brooks franchir aussi rapidement la Meurthe au sud de Saint-Dié pour exploiter sa percée rapidement avec des unités mécanisées mobiles. Toutefois, l’exécution dépend du progrès de la 100th Infantry Division. Sauf que la mauvaise surprise ne tarde pas à arriver. En voulant atteindre la N 59 et la Plaine, les Américains tombent sur des renforts allemands provenant de la 716. ID. Le 398th Infantry Regiment du Colonel Nelson I. Fooks, maintenu jusque-là en réserve, franchit la Meuse et traverse le périmètre du 399th pour avancer vers La Trouche, un petit hameau bordant la N 392, à 1,5 km à l’est de Raon. Même si elle a détourné l’attention des Allemands du secteur de Saint-Dié, la 100th Infantry Division perd son rythme de marche. Néanmoins, au soir du 18, Edward H. Brooks transmet un ordre écrit qui prend effet immédiatement et la 3rd Division d’O’Daniel se déploie immédiatement dans le secteur de Raon-l’Etape. Brooks espère que l’attaque de la Century sécurisera assez de terrain pour permettre l’exécution de la seconde phase de son plan le 20 novembre. Mais pendant la nuit du 18-19 novembre, Brooks apprend que la 3rd « Rock of the Marne » lance des patrouilles d’infiltration derrière la Meurthe et que le 15th Infantry Regiment du Lt.Col. Hallett D. Edson est déjà placé en alerte au cas où les patrouilles trouvent un bon endroit de franchissement. Brooks approuve immédiatement l’initiative d’O’Daniel et l’informe qu’il peut commencer son attaque avec tout le soutien  du VIth Corps si le régiment peut s’établir solidement sur l’autre rive durant la nuit. Le 15th Infantry tente bien de lancer plusieurs patrouilles sur la rive droite de la Meuse mias aucune ne trouve un bon endroit, non pas en raison de la résistance des Allemands, loin de là mais en raison du gonflement du niveau de la Meurthe. La seule patrouille ayant réussi à traverser à Saint-Michel-s/-Meurthe ne peut être renforcée et doit se retirer. C’en est définitivement fini pour l’espoir de Brooks et d’O’Daniel de franchir la Meurthe par surprise. Le 19 novembre, Brooks connaît une autre déception ; les mortiers et les canons allemands donnent de la voix durant toute la journée du 19 et la 100th Division se révèle encore incapable de sécuriser le plateau boisé au sud de la Plaine. Le même jour, Brooks décide d’abandonner définitivement l’application de son plan révisé et de s’en tenir à la version rédigée le 10. Le seul changement reste l’ajout du Combat Command A de la 14th Division (Colonel Charles H. Karlstad) dans l’ordre de bataille du Corps.

Insigne de la 100th US Infantry Division

Insigne de la 100th US Infantry Division

 3 – L’assaut sur la Meurthe

– Pour « Iron Mike » O’Daniel, le second changement de plan par Brooks cause plusieurs problèmes. Si le redéploiement des 7th et 30th Infantry ne pose pas de sérieux problème, O’Daniel craint que le bruit des chars et des chasseurs de chars de soutien n’alerte les Allemands. Par conséquent, il maintient la majorité de ses blindés de soutien soigneusement en arrière, ne laissant que quelques-uns sur la rive gauche. Toutefois, ses précautions s’avèrent payantes. Pendant la soirée du 19 novembre, le 10th Engineer Combat Battalion fait passer plusieurs sections de la « Rock of the Marne » sur la rive droite de la Meuse, en deux secteurs au nord de Saint-Michel. Protégés par l’obscurité, les soldats du génie établissent deux ponts légers, avant d’installer un pont de bateaux qui est disposé le 20. Peu avant Minuit, les fantassins d’O’Daniel commencent à traverser la Meurthe et à 06h00 du matin, 5 Bataillons sont disposés de l’autre côté de la Meurthe, attendant le signal de l’assaut. A 06h15 les obusiers du VIth Corps et de la 3rd Divisions démarrent un tir d’artillerie de 30 minutes sur les positions allemandes qui ont pu être préalablement repérées. A 06h45, l’artillerie allonge son tir plus à l’est, permettant à l’Infanterie d’avancer. Sur la gauche, le 30th Infantry du Colonel Lionel G. McGarr sécurise la section de la N 59 et remonte au nord vers Clairefontaine et Raon-l’Etape. A Clairefontaine, le Régiment est brièvement arrêté par un retranchement allemand, indiquant que l’ennemi contrôle encore la jonction des N 59 et N 424, entre le 30th Infantry et le 397th Infantry. Mais littéralement compressés par les deux régiments américains, les défenseurs allemands ne tiennent pas bien longtemps. Pendant ce temps au sud, des éléments du 7th Infantry Regiment du Colonel Ben Harrell avance de quelques kilomètres vers le sud-ouest, sécurisant les abords de Saint-Michel-s/-Meurthe, occupés par quelques allemands. Mais les pertes du régiment sont sensibles en raison de nombreuses mines autour du petit hameau.

– Le 21 novembre, les deux divisions font des progrès sensibles. Les 7th et 30th Infantry Regiments avancent de plus de 3 km au nord-est, tandis que le 397th Infantry sécurise définitivement Clairefontaine et pousse encore sur plus de 3 km le long de la N 424. La résistance allemande est sporadique, ne se limitant qu’à quelques tirs d’artillerie et de mortiers. Malheureusement, les problèmes de ravitaillement ne tardent pas à arriver en raison du gonflement de la Meurthe, ainsi qu’un flux de véhicules mal adapté sur la rive ouest.

– Tard dans la journée du 20 novembre, Edward H. Brooks décide d’envoyer deux régiments de la 103rd Infantry Division derrière la Meurthe, dans les pas de la 3rd « Rock of the Marne ». Les hommes du Major.General Haffner franchissent la Meurthe durant la nuit du 20-21 novembre sans difficulté jusqu’à ce que l’un des ponts se trouve emporté par le courant sur le coup de 08h00. Mais à ce moment, les deux régiments ont presque toutes leurs troupes sur la rive droite mais aucun véhicule ou équipement plus lourd.
Pour renforcer la tête de pont, le 36th Engineer Combat Battalion commence par installer un pont Bailey, ainsi qu’un pont plus lourd. Si l’installation du second ne pose pas de difficulté, celle du Bailey est rendue plus difficile à cause des bouches à feu ennemies. Le 21 novembre, 40 véhicules lourds, dont 11 Sherman et Chasseurs de chars, peuvent traverser la Meurthe sur le pont lourd. Vers 11h00, les 21st et 36th Engineer ouvrent le pont Bailey et les divisions de la 3rd Division traversent la Meurthe en cadence soutenue. Toutefois, Brooks ordonne que soit donnée la priorité au ravitaillement et au soutien de la 103rd Infantry Division. Cela aboutit à un trafic engorgé sur la rive gauche de la Meurthe, empirant à mesure que le CC A de la 14th Armored est introduit dans cette partie du front du VIth Corps. Un nouveau changement de plan intervient encore le 21, ajoutant un peu plus à la confusion. A 14h00, Brooks change l’itinéraire du CC A en lui ordonnant de franchir la Meurthe à Saint-Quirin, secteur qui avait été sécurisé par la 2e DB française le 20 novembre. A partir de Saint-Quirin, le CC A pourra frapper dans les vallées rocheuses et forestières de la Sarre blanche et de la Sarre rouge. Son nouvel objectif se trouve être le secteur de Schimerck au croisement des N 392 et N 420, 10 km au sud-est de Saint-Quirin et à 8 km au nord de la trouée de Saales. De là, l’unité de Karlstad pourra couper la retraite aux Allemands. Avec les troupes allemandes occupées au nord ou commençant à se replier, Brooks pense que les chances de progression des blindés sont bonnes. Mais c’est sans compter sur les mines, les « booby traps », les obstacles routiers et le mauvais état des routes. Après un retard dans son déploiement, le CC A commence à avancer vers Schirmeck. Mais à moins de 3 km de la petite ville, il tombe sur un cratère géant qui le bloque pendant douze heures. Finalement, le 25 novembre après une série d’accrochages violents avec les Allemands, le CC A arrive à Schimerck… pour découvrir que d’autres unités du VIth Corps ont déjà sécurisé le secteur.

Major.General Withers A. Burress, commandant de la 100th US ID

Major.General Withers A. Burress, commandant de la 100th US ID


4 – Les 100th et 3rd Divisions

– A la fin de la journée du 21 novembre, Brooks est convaincu que les Allemands sont en train de se retirer rapidement. Il faut dire que le XVth Corps est en train de crever le front des Vosges plus au nord et s’apprête à déboucher au nord de la Plaine d’Alsace. Il envoie alors la 100th Division au nord-est le long des N 392 et N 424, la 3rd Division vers le nord sur la N 420, la 103rd vers l’est par la D 19 et enfin, la 36th Division vers l’est elle aussi sur les N 59 et N 415. Il enjoint aussi à ses commandants de divisions de former des Task Forces avec artillerie, chars, et chasseurs de chars. Conformément aux techniques qu’il a employé comme commandant de la 2nd Armored Division en Normandie et dans le nord de la France, Brooks recommande de contourner les points de résistance ennemis avec les moyens mécanisés et les isoler ensuite avec l’Infanterie. Mais même si le concept a pu porter ses fruits, son exécution va s’avérer beaucoup plus difficile en raison des difficultés du terrain.

– Le 22 novembre, l’Infanterie de la 100th Infantry Division avance de plus de 1 km vers l’est le long de la N 424, avant d’être dépassé par la Task Force Fooks. Le 23, le 397th Infantry avance en fer de lance de la division et couvre plus de 6 km, franchissant rapidement la trouée de Hantz et capturant Saint-Blaise-la-Roche, au croisement des N 424 et N 420, environ 4 km à l’est de la Trouée de Saales. Le Colonel Nelson I. Fooks tente ensuite de progresser au sud de la N 424 mais son unité rencontre des cratères d’obus et des obstacles routiers et son Infanterie est forcée de poursuivre à pied.
Le 24  novembre, le Major.General Burress abandonne l’emploi des Task Forces mécanisées et confie l’avance de sa division au 1/399th qui couvre 8 km en marchant et atteint Schirmeck à la tombée de la nuit. Toutefois, une seconde Task Force de la 100th Infantry Division comprenant le 1/398th et le 117th Cavalry Squadron réussit à progresser le long de la vallée de la Plaine et sur la N 392 au nord-est de Raon-l’Etape. Au soir du 24 novembre, les éléments de tête de cette TF n’ont rencontré qu’une résistance négligeable et poussent à 13 km au-delà de la Meurthe et le 25 novembre, le 117th Cavalry bascule à l’est le long de la N 392 et entre en contact avec le Combat Command A près de Schirmeck, au débouché de la N 420.

– De son côté, aussitôt ses problèmes de circulation et de ravitaillement résolus, la 3rd Infantry Division avance elle aussi rapidement vers le nord-est dès le 22 novembre. La Task Force Whirlwind avance en pointe dans les montagnes au nord de Saint-Dié. Rencontrant une faible résistance, la TF fait un bond de plus de 4 km jusqu’aux environs de Saulxures, moins de 1 km au sud de Saint-Blaise-la-Roche. Le 30th Infantry Regiment progresse moins rapidement vers l’est le long de la N 420 et doit s’arrêter à proximité de Saales pendant l’après-midi. Mais à l’extrême-droite de la Division, le 7th Infantry rencontre une plus vive opposition durant la journée, menée par le Füsilier-Bataillon 716. Finalement, les américains capturent 110 prisonniers dont le commandant du bataillon.

– Le 23 novembre, les unités de la « Rock of the Marne » viennent vite à bout de la résistance ennemie à Saales et Saulxures, avant d’opérer leur jonction avec la 100th Division à Saint-Blaise-la-Roche. Le jour même, les Américains font main basse sur tout un stock de munitions et de vivres, disposés dans des abris bien aménagés le long de la N 420. Si la 19. Armee avait pu disposer des forces humaines nécessaires pour tenir ces positions, l’avance e la 3rd Division aurait été bien plus difficile, sinon sanglante. Déjà fatiguées, les 708. et 716. ID ont été laminées et ne peuvent opposer aux Américains que des petits groupes de Grenadiers. Les deux divisions finissent par atteindre Schirmeck le soir même et entrent en compétition pour s’emparer de la ville. Le match tourne en faveur de la « Rock of the Marne » dès que le 15th Infantry Regiment nettoient la ville et opère sa jonction avec le 1/399th Infantry.

– Jacob L. Devers et Alexander M. Patch décide alors de renforcer immédiatement le dispositif du XVth Corps et lui attribuent la 100th Infantry Division. De son côté, la 3rd Infantry Division atteint Mutzig dans l’après-midi du 26, établissant alors la jonction avec la 45th Infantry Division. Initialement, le VIth Corps devait marcher sur Strasbourg après avoir percer la lisière est des Vosges mais ils apprennent que la 2e DB Française a libéré la capitale alsacienne trois jours auparavant. Du coup, la « Rock of the Marne » obtient 72 heures de repos.

Insigne de la 103rd US Infantry Division

Insigne de la 103rd US Infantry Division

5 – La 103rd Infantry Division dégage Saint-Dié

– Avant d’avancer vers l’est, la division du Major.General Haffner reçoit l’ordre de nettoyer une zone en triangle, délimitée dans le massif forestier entre Saint-Dié et la vallée du Taintrux. Les 409th et 410th Infantry Regiments (Colonels Claudius L. Lloyd et Henry J.P. Harding) s’acquittent de cette mission du 16 au 18 novembre, tandis que le 411th Infantry (Colonel Donovan P. Yeuell) garde le flanc gauche du régiment. La résistance ennemie est réduite au strict minimum. Pendant la nuit du 17-18 novembre, une patrouille du 410th Infantry entre dans la partie de Saint-Dié bordant la rive gauche de la Meurthe et trouve le secteur vide de soldats allemands. En revanche, ils tombent sur 40 000 civils qui s’entassent-là depuis le début de la campagne des Vosges, alors que Saint-Dié ne comptait que 20 000 âmes avant-guerre.

– Charles C. Haffner Jr. positionne alors le 411th Infantry d’Yeuell sur sa droite, en jonction de l’aile gauche de la 36th Infantry Division. Les deux autres régiments franchissent la Meurthe durant la nuit du 20-21 novembre et démarrent le nettoyage des monts forestiers au nord de Saint-Dié. Le 22, des éléments du 409th Infantry entrent dans la partie est de Saint-Dié par le nord et ne rencontre aucune résistance. En parallèle, l’unité mécanisée constituée de la division, la Task Force Haines, contourne Saint-Dié par le nord et sécurise la N 420 de Saint-Dié à Provenchères-s/-Fave. Cette localité tombe aux mains des Américains le 24 par la pression conjointe de la TF Haines et du 409th Infantry. A l’instar des deux autres divisions du VIth Corps, la 103rd Infantry tombe sur des positions abandonner et des stocks entiers d’approvisionnement. Au sud, le 411th Infantry traverser la Meurthe à hauteur de Saulcy-s/-Meurthe le 22 novembre sous un feu nourri d’armes légères et de mitrailleuses mais réussit à remonter la N 59 vers Saint-Dié.

– En accord avec les nouveaux ordres de Brooks, la 103rd Infantry Division avance à l’est pour atteindre Ville, un carrefour routier dans les montagnes, à environ 8 km à l’est de Saales. Mais l’objectif principal de la division de Haffner est Barr, localité débouchant sur la Plaine d’Alsace, juste au nord-est de Ville. Pendant l’après-midi du 26 novembre, les éléments de tête de la « Cactus » Division dégagent Ville mais se trouvent encore à plus de 4 km de la Plaine alsacienne.

Major.General Charles C. Haffner Jr., commandant de la 103rd US IS

Major.General Charles C. Haffner Jr., commandant de la 103rd US IS

6 – L’avance de la 36th Division

– A la mi-novembre, la division du Major.General John E. Dahlquist est la plus mal en point du VIth Corps. Fatiguées et à bout de force, ses compagnies de fusiliers sont réduites à 30% de leurs effectifs réglementaires. Pendant la période du 10-19 novembre, la division effectue néanmoins une pression vers l’est et le sud-est, alors que la 103rd Division se positionne sur la rive ouest de la Meuse. Dans la soirée du 19 novembre, la 36th Division finit par occupier ses objectifs assignés lors de l’Opération « Dogface » sur les monts dominant la Meuse, dans le secteur de Sanit-Léonard au sud de Saint-Dié. La division dégage ensuite le terrain dominant Anould, 1,5 km plus au sud et se trouve à portée de Gerardmer qui sera enlevé par le Corps Franc Pommiès et les éléments de reconnaissance de la 3e DIA.

– La « Lone Star » fait alors face à la 198. Infanterie Division du IV. Luftwaffe-Feld-Korps mais les 17-18 novembre, cette division doit redéployer son dispositif sur son flanc sud en raison de la percée des Français à Belfort. Pour couvrir sa retraite, Friedrich Wiese envoie la 16. Volks-Grenadier-Division tenir le secteur Anould – Fraize, ce qui s’avère impossible au vu de l’état de ses forces. Du coup, au lieu de prendre position directement sur la rive droite de la Meurthe, la 16. VGD occupe la ligne de la Crête des Vosges, 5-8 km à l’est de la rivière.

– Edward H. Brooks ordonne alors à Dahlquist de s’enfoncer d’avantage vers l’est dans le Massif des Vosges sur deux axes de progression. Le premier, depuis Saint-Dié sur la N-59 vers le Col de Sainte-Marie-aux-Mines pour accrocher la route de Sélestat ; le second depuis Fraize vers le Col du Bonhomme par la N 415. Néanmoins, le 20 novembre, la 36th Division traverse la Meurthe entre Saint-Léonard et Clefcy mais progresse lentement en raison d’un tir de barrage d’artillerie et de mortiers et aussi, à cause du terrain difficile fortement miné. Le 21, Texans et autres occupent Anould, ainsi qu’une importante section de la N 415, qui sert de principale ligne de communication aux IV. Lftw-Fd.K. En revanche, elle rencontre davantage de difficultés pour s’assurer le contrôle de la N 59, notamment dans le secteur de Ban-de-Laveline, environ 5 km à l’est de Saint-Dié, où les défenses allemandes sont très bien aménagées. Les éléments de la 36th Division y sont donc bloqués du 21 au 23 mais le 24, la défense faiblit.
Sur le flanc sud, Fraize tombe et les hommes de Dahlquist se trouvent presque à l’entrée du Col du Bonhomme mais la résistance des Volks-Grenadiere s’y fait plus tenance. Au nord, d’autres unités dégager Wisembach sur la N 59. Le 25 novembre, Sainte-Marie-aux-Mines tombe et la division pousse jusqu’à Sainte-Croix-aux-Mines, à 6-7 km de la Plaine d’Alsace.

– Malheureusement en dépit de leurs succès, les forces du VIth Corps ont perdu du temps en raison des premières attaques désordonnées et des trois modifications du plan par Brooks qui ont ajouté à la confusion. Comme l’explique Jeffrey L. Clarke, la décision du général de commencer la poursuite aussitôt après la traversée réussie de la Meurthe était bonne mais ses forces n’étaient pas préparer à changer brusquement de rythme. Brooks a tenté d’appliquer les recettes de l’Opération Cobra en Normandie (sa 2nd Armored Division y avait d’ailleurs joué un rôle capital) à des unités d’infanterie. Mais il faut aussi bien voir que, tels Haislip ou son prédécesseur Truscott, Brooks voulait pousser le VIth Corps le plus loin possible à l’est dans un délai assez court et sans voir ses lignes de ravitaillement s’étirer sensiblement.

– Le 26 novembre, Brooks redéploie ses forces. Strasbourg ayant été libérée le 23 novembre par la 2e DB, il reçoit alors l’ordre d’envoyer la 103rd Infantry Division sur Sélestat et la 36th vers Colmar. De son côté, la 100th Infantry Division doit avancer vers le nord pour maintenir la charnière fermée avec le XVth Corps. Mais le succès du VIth Corps va aussi dépendre des succès de la Ire Armée française qui combat durement entre Altkirch et Mulhouse.

Source :
– CLARKE Jeffrey L. : Riviera to Rhine, http://www.iblio.org

SUITE : La Campagne d’Alsace

 

 

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Histoire & Culture

21 juin 1421 : Mort du Maréchal Jehan II le Meingre de Boucicaut

by Jérôme 14 septembre 2011

Personnage oublié de la Guerre de Cent Ans, le Maréchal de Boucicaut a pourtant eu une vie digne d’un roman d’Alexandre Dumas.

Né en 1364 à Tours, fils Florie de Lignières et de Jehan Ier Le Meingre Maréchal de Jehan II le Bon et de Charles V, Jean II Le Meingre commence sa carrière des armes en entrant comme page à la Cour du Roi Sage. Il devient ensuite l’élève de Philippe de Mézières, Conseiller de Charles V mais aussi chevalier érudit et voyageur. Il combat les Anglais dès 1374 sous les ordres de l’Amiral Jehan de Vienne. En 1383, il s’illustre à la bataille de Roosebeke contre les Flamands, ce qui lui vaut d’être armé par Louis II de Bourbon, oncle du nouveau Roi Charles VI et beau-frère de feu Charles V. Il accompagne ensuite le Duc de Bourbon en Castille contre Jean de Lancastre.

Dès lors, Jehan Le Meingre de Boucicaut se lance dans une vie d’aventure, participant ainsi à une croisade manquée en Tunisie, durant laquelle il est capturé pour rester captif un an (1389-1390). Nommé Chambellan en 1390, il quitte temporairement la Cour pour aller servir avec les Chevaliers Teutoniques, sous les ordres du Grand Maître Conrad de Wallenrod, contre les Polonais de Ladislas II Jagellon. C’est même en Prusse-Orientale qu’il apprend son élévation à la dignité de Maréchal de France.

En 1392, accompagnant Charles VI dans la forêt du Mans, il maîtrise le souverain lorsque celui-ci est victime d’un accès de folie.  En 1393, il épouse Antoinette de Turenne, malgré l’opposition (temporaire) du Pape d’Avignon Clément VII.

En 1396, il accompagne le vieil Amiral de Vienne et Enguerrand VII de Coucy lors de la désastreuse croisade de Nicopolis contre les Turcs. Fait prisonnier, il est libéré sur rançon. En 1401, on le retrouve comme gouverneur de Gênes et de Savone. Cependant, on lui reproche très vite sa grande fermeté, ce qui amène les Gênois à se révolter, alors que Boucicaut s’est absenté en France. Il échouera à reprendre Gênes. En 1401, il mène une expédition contre Venise (la grande rivale de Gênes) à Chypre où il s’empare de Famagouste avant d’être défait par les Vénitiens en combat naval.

De retour en France, Jehan Le Meingre se retire quelque peu de la vie militaire mais s’octroie toute de même l’héritage du Vicomté de Turenne après la mort de son beau-père. Son corps sera toutefois ramené à Tours où il sera inhumé.

Le 25 octobre 1415, il est avec toute la chevalerie française à Azincourt. Il tente de convaincre le Connétable d’Albret de ne pas lancer une charge frontale contre les rangs anglais, privilégiant un déploiement plus large qui aurait permis aux Français d’envelopper les ailes des Lancastre mais il n’est pas écouté. Fait prisonnier à l’issue de cette défaite catastrophique, il part en captivité en Angleterre où il laisse la vie.

Ce guerrier était néanmoins réputé pieux, voire dévot et quelque peu frugal en ce qui concernait ses goûts alimentaires. Érudit et lettré, il laissa même des mémoires (Livre des faicts du bon messire Jean le Maingre, dit Boucicaut) et même un recueil de poèmes. Il commanda aussi des Grandes Heures (comme c’était la mode l’époque dans plusieurs grandes familles), que l’on peut encore trouver au Musée Jacquemart-André.

 

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22 juillet 1461 : Mort de Charles VII dit le Victorieux

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Souverain passé à la postérité comme étant le « Petit Roi de Bourges qui a trahi Jehanne d’Arc » , dénigré par les historiens de la IIIe République, il apparaît très souvent comme un monarque effacé sinon insignifiant, coincé avec son père Charles VI le Fou entre les grands règnes…

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14 septembre 2011
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Histoire & Culture

Grands vins du Rhône – Châteauneuf-du-Pape (1)

by Jérôme 11 août 2011

Issus des solides cépages ensoleillés du Midi et de la Vallée du Rhône (Syrah, Mourvèdre, Grenache noir, Cinsault…), crus du Châteauneuf-du-Pape se caractérisent par des vins nobles et puissants mais aussi fruités.

– Les rouges

Sans doute l’appellation la plus prestigieuse. Le vignoble du Châteauneuf s’étend dans l’ancien Comtat Venaisin au nord d’Avignon, entre Orange, Courthézon, Bédarrides et Sorgues. De 1305 à 1789, il était propriété de la Papauté.
Les Rouges sont les vins les plus reconnus. Produits sur neuf cépages (Grenache noir, Syrah, Mourvèdre, Cinsault, Terret noir, Muscardin et Vaccarède) aux sols d’argile rouge et caillouteux, ils offrent une robe intense, un nez puissant fin et complexe aux notes d’épices de la garrigue et une bouche toute aussi épicées (réglisse, poivre et cannelle), fruitées (cassis, fruits à l’eau-de-vie, pâte de coings et fruits cuits) sauvages et empyreumatiques.

Le Châteauneuf-du-Pape rouge sont à servir avec de la viande de caractère : bœuf en daube, civet de lièvre, gigue de chevreuil et risotto aux champignons sauvages. Il est tout de même bienvenu avec un steak au poivre. Ils peuvent aussi être servis, avec des fromages charpentés comme le Roquefort et le Brie.

 

– Les blancs

Moins connus mais n’en méritant pas moins de reconnaissance, les blancs révèlent tout l’éclat du soleil de la Provence et peuvent se conserver pendant cinq ans voire davantage. Issus du Grenache blanc, de la Claitette, Roussanne, Picpoul, Picardan et Bourboulenc, ils dégagent une couleur vive allant du jaune clair au jaune soutenu. Ils dévoilent des arômes floraux délicats (fleurs blanches) et fruités (abricot, agrumes, poire, mangue et fruits de la Passion). Quand ils arrivent à cinq à l’âge de cinq ans, ils gagnent des nuances de miel et de cidre d’abeille.
Enfin, leur bouche est ample, ronde et révèle les notes de fleurs et de fruits secs, tout en ajoutant une signature boisée.

On les sert avec des crustacés, du saumon grillé – idéal avec les notes fruitées -, de la brandade de morue, des côtes de veau aux girolles, ainsi que du pigeon aux petits-pois. Au même titre que certains vins de Bourgogne, on peut aussi le servir avec de la poularde ou de la dinde en sauce à la crème.

Source :
– Dictionnaire des vins de France, Hachette, coll Les livrets du vin

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Grands vins du Rhône - Gigondas (3)

Grands vins du Rhône – Gigondas (3)

Situés dos à la Vallée des Dentelles en Provence et exposés au soleil, les vignobles du village de Gigondas donnent un vin solide, charpenté et de longue garde. Le vin de Gigondas est avec le Châteauneuf-du-Pape l’un des seigneurs de cette région viticole. Tout comme le Châteauneuf, le Gigondas est…

30 mars 2014

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Vins et crus du Rhône : Vacqueyras

Vins et crus du Rhône : Vacqueyras

Le nom de ce vin vient du latin Vallea quadreria, la vallée des pierres. Cette appellation est la dernière créée pour les Côtes-du-Rhône (1990). Son vignoble s’étend au pied des dentelles de Montmirail, entre Vacqueyras et Sarrians et est enrichi par l’apport des cailloux roulés déposés par l’Ouvèze. – Les…

12 avril 2013

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Vins du Rhône - Ventoux

Vins du Rhône – Ventoux

L’appellation AOC Ventoux, née en 1973, s’accroche sur la partie orientale de la vallée du Rhône, au pied du fameux « Mont Chauve », des « Dentelles de Montmirail » et des Monts du Vaucluse. Son vignoble de 6 700 hectares recouvre cinq communes, à l’est d’Orange et d’Avignon, au nord du cours de la…

17 mai 2015

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11 août 2011
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Histoire & Culture

28 août 1944 : Libération de Marseille

by Jérôme 7 août 2011

Les opérations de libération de la Cité Phocéenne se sont déroulées en deux temps distincts qui ressemblent quelque peu à la Libération de Paris : l’insurrection armée dans la ville, puis l’arrivée des éléments du Groupement de Monsabert.

1945sama– Le 21 août, alors que les éléments du Général de Larminat combattent toujours pour libérer Toulon, les différents groupes de résistance installés dans Marseille (Groupes francs des MUR, ORA et FTP-MOI) un soulèvement armé – couplé à une grève générale –  contre les éléments de la 244. Infanterie-Division allemande de Hans Schäfer et les différents éléments de la Kriegsmarine et de la Luftwaffe, soit 19 400 hommes mais mal équipés et pour beaucoup, sans grande motivation. De son côté, la Gestapo de Marseille a pris la fuite. D’autres groupes de résistance et de maquisards affrontent les forces allemandes dans le reste du département des Bouches-du-Rhône.

– Au soir du 21, les Résistants marseillais se sont déjà emparés de la Préfecture du Département. De son côté, Schäfer ordonne la destruction de toutes les infrastructures civiles. Pendant près de deux jours, mal armés et sous équipés, les FFI marseillais harcèlent durement les troupes allemandes qui se trouvent désorganisées. On se bat durement dans le quartier de la gare Saint-Charles, autour de la Canebière et au pied de Notre-Dame-de-la-Garde.

– Le 20 août, après avoir reçu des émissaires de la Résistance de Marseille qui demandent de l’aide urgement, Joseph de Goislard de Monsabert obtient l’autorisation du Général de Lattre de lancer son assaut pour prendre Marseille. Monsabert dispose d’éléments de sa 3e Division d’Infanterie Algérienne (7e Tirailleurs Algériens et 1 Escadron du 7e Chasseurs d’Afrique), d’éléments de la 1re Division Blindée détaché par le Général Touzet du Vigier, ainsi que du Groupement des Tabors Marocains du Général Augustin Guillaume (1er, 2nd et 3e Tabors). Le 7e RTA du Colonel Chappuis, Cuirassiers et Zouaves portés du CC1 doivent s’emparer d’Aubagne avant d’entrer dans Marseille par le nord, tandis que les Goumiers (Tabors) doivent progresser par l’est via Septèmes, le massif de la Marseilleveyre, le Cap Croisette, la Ciotat, Cassis et La Gineste.

????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????– Le même jour, le Combat Command 1 du Colonel Aimé Sudre (2e Régiment de Cuirassiers, 2nd Bataillon de Zouaves Portés et Ier Groupement du 67e Régiment d’Artillerie d’Afrique) et le 7e Régiment de Tirailleurs Algériens du Colonel Chappuis (2nd et 3e Bataillons) avancent rapidement dans le Massif de l’Etoile et accrochent rapidement les faubourgs nord de Marseille après avoir isolé Aubagne. Cette dernière ville est prise par le Combat Command 3 de la 1re DB avec le 2nd Régiment de Chasseurs d’Afrique du Colonel Lodin de Lepinay et le 3e BZP.
Le même jour, Peypin est investi par le Combat Command 2 et le 1er Tabors du Colonel Leblanc s’emparent de Peypin le 22, pendant que les 2nd et 3e Tabors (Colonels Boyer de Latour et Masset du Biest) commencent à isoler Marseille par l’est et par la côte.

– Le 23 août, sans consulter son supérieur et le Colonel Chapuis lâche le 1er Bataillon de son 7e RTA et un escadron du 2nd Régiment de Cuirassiers du Colonel Maurice-Armand Durosoy dans les faubourgs nord de Marseille. De son côté, Monsabert reçoit des éléments des FFI marseillais qui lui demandent d’intervenir au plus vite. Même s’il est de leur avis, le patron de la DIA est soumis aux ordres de de Lattre qui lui a assigné des objectifs partiels. Toutefois, en dépit du concours des FFI, le 7e RTA lutte durement pour conquérir les faubourgs nord de Marseille car les Allemands se maintiennent fermement dans des fortifications établies aux périphéries de la Cié phocéenne.

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Insigne du 2nd Régiment de Cuirassiers

Insigne du 2nd Régiment de Cuirassiers

– Le 23 toujours, Monsabert adresse une demande de reddition à Schäfer qui refuse. Du coup, les combats reprennent encore plus vifs durant près de trois jours, lorsque de Lattre décide de rameuter le 3e RTA du Colonel de Linarès qui vient déjà de combattre pour Toulon. Pendant ce temps, les 1er Bataillon du 7e RTA, le 2nd Bataillon du 3e RTA, le 7e Chasseurs d’Afrique, le 2nd Cuirassiers et les FFI luttent durement pour enlever le quartier et la colline de Notre-Dame-de-la-Garde dans laquelle se trouvent le Recteur de la Basilique Monseigneur Borel et des religieuses. Une partie de l’édifice est incendiée mais les flammes sont vaincues par les religieuses et des soldats allemands. Finalement, le 26 août à 10h30, les 1re et 2nde Companies du 7e RTA (Lieutenants Pichavant et Herbelin), appuyés par l’Escadron Fougère du 7e Chasseurs d’Afrique réussissent à forcer les défenseurs allemands à se rendre. Monseigneur Borel peut alors accueillir les libérateurs du sanctuaire. Plus tard, Monseigneur Delay Archevêque de Marseille célébrera une messe solennelle.

– Dans le même temps, FFI et 3e Bataillon du 7e RTA combattent durement pour s’emparer de la Gare Saint-Charles, pendant que le 1er Groupe de Tabor de Lebland et le 2nd Bataillon du 7e RTA doivent faire de même pour s’emparer de l’ouvrage en béton de la « Feste » Fouresta. Enfin, les 26-27, les 2nd et 3e GTM réussissent avec moins de difficultés, à s’emparer des ouvrages défensifs du Fort Napoléon au Cap Croisette et de Saint-Loup.

– Le 28 août, le Generalmajor Schäfer décide de se rendre aux Français. Le lendemain, un défilé militaire a lieu sur la Canebière ou les soldats d’Afrique sont acclamés par la population.

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26 août 1944 : Libération de Toulon

26 août 1944 : Libération de Toulon

A la suite de la réussite de l’Opération « Anvil Dragoon », il est nécessaire pour les Franco-Américains de s’emparer des ports de Toulon et de Marseille au plus tôt afin d’assurer la logistique avant la remontée dans la Vallée du Rhône. Mais dès le 15 août, le Generaloberst Johannes von Blaskowitz, commandant…

26 août 2014

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21 - 30 août 1944 : Bataille de Montélimar

21 – 30 août 1944 : Bataille de Montélimar

Occultés par la Bataille de Normandie, les combats de Montélimar qui ont mis aux prises Américains et FFI d’un côté et forces allemandes de l’autre, marque le parachèvement du succès définitif de l’Opération « Anvil Dragoon », tout en assurant aux alliés de disposer des deux rives du Rhône pour remonter vers…

30 août 2014

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Le Débarquement de Provence - Première partie

Le Débarquement de Provence – Première partie

Étonnamment, le déroulement de cette phase importante de la Libération du territoire français est bien moins connu et étudié que le débarquement de Normandie. Paradoxal, quand on sait que la participation des forces françaises a été importante. Les commémorations du soixante-dixième anniversaire de l’Opération « Anvil Dragoon » est bien sûr l’occasion…

13 août 2016

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7 août 2011
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Histoire & Culture

Général Jean-Marie Degoutte

by Jérôme 6 août 2011

Entièrement passé dans l’oubli, Jean-Marie Degoutte reste tout de même considéré comme l’un des meilleurs plus jeunes commandants français de la Grande Guerre, au même titre que d’hommes tels Georges Humbert ou Henri Gouraud. C’est aussi lui qui dirigea les travaux de la Ligne Maginot des Alpes dans les années 1920-1930.

697_001-885692– Jean-Marie Degoutte voit le jour en 1866 au village de Charnay dans le Beaujolais (Département du Rhône), au sein d’une famille d’agriculteurs. Après de très bonnes études secondaires au Lycée de Bourg-en-Bresse, Jean-Marie Degoutte s’engage dans l’Armée et sert d’abord au 30e Régiment d’Artillerie. Bien noté par ses supérieurs, il entre à l’École de Saint-Cyr en 1888 grâce au Colonel commandant le Régiment. Intégrant la Promotion Grand Triomphe, il a pour camarade un certain Henri Gouraud. Il se fait encore remarquer en bien puisqu’il est classé 9e sur 435 à sa sortie en 1890. Il choisit alors l’Infanterie et intègre le 4e Régiment de Zouaves en Tunisie où il reste quatre ans.

– Mais le jeune officier trouve le temps long et demande à être intégrée à l’expédition à Madagascar en 1895. On refuse sa candidature mais loin de se décourager, il apprend le malgache en un temps record avant se s’embarquer pour la Grande Île sur le navire d’une mission jésuite et cela, sans aucune autorisation de sa hiérarchie. Arrivé à Madagascar en avril 1895, Jean-Marie Degoutte vient se mettre au service du Général Denis Auguste Duchêne, un officier compétent mais rigide et au caractère réputé exécrable. Duchêne s’empresse alors de mettre le Lieutenant Degoutte aux arrêts en attendant de le traduire en justice militaire. Heureusement, Degoutte doit son salut au Colonel Maurice Bailloud, un briscard de la Coloniale, qui souhaite garder auprès de lui un des rares officiers qui parle le Malgache. Notre homme se fait encore remarquer dans les missions de pacification de la Grande Île.
En 1896, il revient en Tunisie avec le grade de Capitaine. Affecté ensuite un temps au 21e Régiment d’Infanterie, Jean-Marie Degoutte arrive à Paris pour suivre des cours de perfectionnement à l’Ecole de Guerre.

– En 1900, le Général Bailloud rappelle Degoutte à ses côtés pour servir au sein du Corps Expéditionnaire français (commandé par Adolphe Guillaumat) partant pour la Chine afin de mettre fin à la Révolte des Boxers. Degoutte s’y distingue une fois de plus et se voit octroyer deux citations à l’ordre du Corps. En 1902, Degoutte revient à Paris pour suivre de nouveaux cours de perfectionnement à l’Ecole de Guerre. C’est là notamment, qu’il fait la rencontre avec deux officiers qui deviendront plus tard ses supérieurs ; Ferdinand Foch et Philippe Pétain. Pendant dix ans, à l’instar de bon nombre de ses collègues, le Capitaine Degoutte vit au rythme de différentes affectations entre la Métropole et l’Afrique du Nord :  état-major du Général Bailloud à Alger, 112e RI dans les Alpes, état-major du XIXe Corps à Alger et le Maroc. Promu Lieutenant-Colonel en 1912, il sert quelque temps à Paris au sein du Centre des Hautes-Etudes d’Etat-major.

– Au déclenchement de la Grande Guerre, Jean-Marie Degoutte sert au sein de l’état-major du IVe Corps d’Amée du Général Victor Boëlle (VIe Armée de Maunoury). Lors de la Bataille de la Marne, le IVe Corps reçoit l’ordre de Maunoury de contre-attaquer entre Penchard et Monthyon. Les pertes sont lourdes mais le IVe Corps tient son rang. Degoutte apporte une aide précieuse à Boëlle grâce à son sang-froid. Promu Colonel, il reste à l’état-major du IVe Corps lorsque cette Grande Unité passe sous le commandement de la IVe Armée de Ferdinand de Langle de Cary. Degoutte sert alors au même poste pendant la Bataille de Champagne et gagne une citation supplémentaire.
Au début 1916, il retrouve son camarade de promotion Henri Gouraud (remplaçant de Langle de Cary) qui le prend comme chef d’état-major de la IVe Armée. Entre-temps, Jean-Marie Degoutte a été promu Général de Brigade. Promu Général de Division courant 1916, il reçoit le commandement de l’une des meilleures unités de l’Armée française ; la Division Marocaine (commandée alors par Codet). Outre, les Zouaves et les Tirailleurs d’Afrique du Nord, cette belle division comprend aussi le Régiment de Marche de la Légion Etrangère (RMLE). Se reposant d’abord dans la Somme après avoir subi de lourdes pertes, la Division Marocaine se regroupe en Champagne au début de 1917. En avril, Degoutte mène sa division à la bataille de Montrovilliers et s’empare avec succès du Mont-Sans-Nom et d’Auberive.

– En 1917, après un passage dans l’Aisne, la Division Marocaine est redéployée à Verdun. Le 20 août, Légionnaires, Zouaves et Tirailleurs réussissent encore une très belle opération avec la prise de Verdun-Cumières et du Bois-des-Corbeaux. Après un passage au sein de deux états-majors, Jean-Marie Degoutte s’est révélé un très bon chef d’unité et un remarquable meneurs d’hommes. Le 1er septembre 1917, le Général Degoutte cède le commandement de la Division Marocaine au Général Daugan et reçoit le commandement du XXIe Corps d’Armée en remplacement du Général Ferdinand Pont. Le XXIe CA fait alors partie intégrante de la VIe Armée du Général Paul Maistre. Du 23 au 25 octobre 1917, Degoutte et son XXIe CA participent avec succès à l’offensive localisée de la Malmaison, sur le flanc ouest du Chemin des Dames.

– Le 27 mai 1918, lors de la Grande Offensive de Ludendorff sur l’Aisne et la Marne, Degoutte commande toujours au XXIe CA. D’abord surpris comme le reste de la VIe Armée de Duchêne et contraint de se replier derrière Soissons, Degoutte reprend ses unités en main et résiste fermement à la VII. Armee de Max Ferdinand von Böhn lors de la bataille de Crise.
Le 10 juin, Jean-Marie Degoutte prend une revanche sur Duchêne car Foch reproche au second de s’être laissé surprendre. Degoutte prend alors le commandement de la VIe Armée et laisse le XXIe CA à Stanislas Naulin.

– Le 18 juillet, après une très bonne planification et grâce à une coopération accrue des fantassins, des chars et de l’Aviation, la VIe Armée de Degoutte contre-attaque sur la Marne avec la Xe Armée de Charles Mangin et la IXe Armée d’Antoine de Mitry contre les forces de von Böhn et de von Einem (IX. Armee). Après de furieux combats, Degoutte reprend Château-Thierry et dégage le Tardennois.

– Ayant laissé temporairement son commandement de la VIe Armée à Antoine Bauchron de Boissoudy, Jean-Marie Degoutte part pour le Front des Flandres afin de participer à la reconquête de la Belgique au sein du Groupe d’Armées des Flandres. Cette mission achevée, Degoutte reprend le commandement de la VIe Armée avec laquelle il achève les derniers mois de la Grande Guerre.

– En 1919, Jean-Marie Degoutte reçoit de Foch le commandement de l’Armée du Rhin. Il est aussi nommé au Conseil Supérieur de la Guerre. Fervent partisan de l’occupation de la Ruhr, c’est lui qui occupe cette région de l’Allemagne en 1923. Mais la signature du Plan Dawes à l’initiative de la Grande-Bretagne force la France à évacuer. Degoutte décide alors de quitter son commandement. Toujours membre du CSG, il termine sa carrière comme ordonnateur de la construction des fortifications de la Ligne Maginot dans les Alpes. La ligne de forts couvrira alors la frontière franco-italienne de Bourg-Saint-Maurice (Haute-Savoie) jusqu’au Cap Martin (Basses-Alpes/aujourd’hui Alpes-Maritimes).

– Le Général Jean-Marie Degoutte décide de quitter le service actif en 1931. Il disparaît le 31 octobre 1938. Il était titulaire de la Grand Croix de la Légion d’Honneur. En 1902, il avait épousé Eléonore Péguet. Ce grand chef français repose aujourd’hui à Miribel dans l’Ain.

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Général Charles Mangin

Général Charles Mangin

Général réputé (à juste titre) dur, associé longtemps au sang du Chemin des Dames et à la création de la « Force Noire », Charles Mangin est aussi – et on l’oublie – l’un des grands artisans de la Seconde victoire de la Marne, celle de l’été 1918. – Fils de Ferdinand Mangin,…

12 mai 2016

Dans « Grande Guerre »

18 juillet 1918 : Seconde Victoire de la Marne

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Rappel Le 21 mars 1918, le Général Erich Ludendorff, en accord avec Paul von Hindenburg, déclenche l’Opération Michael contre les forces françaises et britanniques. En fait, Ludendorff n’attaque pas massivement sur l’ensemble du théâtre d’opérations ouest mais lance toute une série d’opérations localisées entre la Champagne et les Flandres. Les…

18 juillet 2014

Dans « Non classé »

Emile Fayolle, Maréchal de France

Emile Fayolle, Maréchal de France

En vous promenant sur le pavé de la Place Vauban et de l’Avenue de Tourville – qui font la jointure entre l’Avenue de Breteuil et la Cathédrale Saint-Louis des Invalides dans le VIIe Arrondissement – deux statues coiffées d’un képi se font face. L’une d’elles est celle de Joseph Galliéni,…

27 août 2015

Dans « Non classé »

6 août 2011
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Histoire & Culture

6 décembre 1491 : Mariage de Charles VIII et d’Anne de Bretagne à Langeais

by Jérôme 5 août 2011

Trois ans après la fin de la Guerre Folle, sur les conseils du Cardinal Jacques d’Amboise et de la Régente Anne de Baujeu, Charles VIII renonce à épouser la toute jeune Marguerite d’Autriche Princesse de Bourgogne, à laquelle il était jusque-là fiancé (et fort attaché), pour épouser Anne de Bretagne – qui devait épouser Maximilien de Habsbourg Roi des Romains (héritier de Charles le Téméraire par sa mère et père de Marguerite…) – afin que le Duché ne passe pas dans l’escarcelle de la Maison d’Autriche.


– Les noces se déroulent fort discrètement au Château de Langeais dans le Duché de Touraine, récemment construit, au petit matin et sans grande pompe. Charles étant arrivé en bateau sur la Loire et la jeune duchesse (quatorze ans) accompagnée d’une escorte à cheval depuis Nantes.

– Le contrat de mariage stipule aussi qu’en cas de mort soudaine de Charles VIII, Anne épousera Louis d’Orléans (futur Louis XII), cousin du Roi réconcilier avec la dynastie de Valois (avec François II de Bretagne, le père d’Anne, il avait été l’un des principaux meneurs de la Guerre Folle contre la régence d’Anne de Baujeu).

Château de Langeais, bâti à la fin du XVe siècle par le Trésorier de France Jehan Bourré sur ordre du Roi Louis XI (photo de l’auteur).

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Anne de Bretagne, Duchesse et Reine de France

Anne de Bretagne, Duchesse et Reine de France

Encore aujourd’hui, Anne de Bretagne reste l’un des personnages historiques les plus populaires chez les Bretons, sans doute pour avoir réussi à avoir conserver les coutumes et particularités du vieux duché en usant de sa place de Reine de France. – Anne voit le jour le 25 janvier 1477 au…

9 janvier 2017

Dans « De Louis XI à Henri III »

7 avril 1498 : Mort de Charles VIII à Amboise

7 avril 1498 : Mort de Charles VIII à Amboise

Charles VIII fait partie de ces Rois de France dont on préfère retenir la mort que le règne. Pourtant, aussi court fut-il, son règne a été marqué par des victoires militaires lors de la Première Guerre d’Italie. – Fils de Louis XI et de Charlotte de Savoie, il n’a que…

7 avril 2016

Dans « Non classé »

25 mai 1510 : mort du Cardinal d'Amboise

25 mai 1510 : mort du Cardinal d’Amboise

Né en 1460 au château de Chaumont-sur-Loire au sein d’une vieille famille de la noblesse tourangelle, fils de Pierre d’Amboise et d’Anne de Bueil, le brillant Cardinal Georges d’Amboise a été considéré comme un véritable premier ministre durant le règne de Louis XII tel Richelieu (Lucien Bély). Ses frères feront…

25 mai 2013

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5 août 2011
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Histoire & Culture

Chroniques de la Bataille de Normandie – 32/ Mortain (Première partie)

by Jérôme 23 juillet 2011

Avec la réussite de Cobra et de la Percée d’Avranches, les forces allemandes du Heeres-Gruppe B de Hans Günther von Kluge voient tout leur flanc gauche (sud) débordé par la IIIrd US Army de Patton qui chevauche littéralement vers la Seine, tout en subissant la pression de l’aile gauche (est) de la Ist US Army de Hodges qui s’est déjà emparée de Vire, de Tinchebray et de Mortain entre le 1er et le 3 août.

Mortain-081 – LA PRISE DE MORTAIN

– Faisons un bref retour en arrière. Le 1er août, le VIIth US Corps de Joseph L. Collins (avec le Combat Command A  de la 3rd Armored Division et les 1st, 4th et 9th US Division) force le cours de la Vire à Brécey, localité situé à environ une quinzaine de kilomètres d’Avranches. Collins ordonne alors à la 1st Division de Clarence R. Huebner d’attaquer Mortain par un mouvement tournant sur le flanc gauche allemand et s’emparer des hauteurs et des routes dans la région de Mortain. La 4th Division de Raymond O. Barton doit attaquer au sud depuis Villedieu-les-Poêles et Saint-Pois, tout en établissant le contact sur la Sée avec la 9th US Division d’Eddy qui doit attaquer en direction de Sourdeval

– Progressant dans un terrain particulièrement difficile mais usant d’une bonne coopération infanterie-chars et exploitant au mieux sa puissance de feu, Huebner réussit à bousculer les restes étrillés de la 275. Infanterie-Division de Schmidt et à s’emparer de Reffuveille, du Mesnil-Adelée, de Juvigny et de Saint-Barthélémy.
En outre, les quelques restes de la Panzer-Lehr qui couvrent la ligne Mortain-Barenton-Passais, ne peuvent empêcher des patrouilles américaines de s’infiltrer, permettant ainsi la 1st US Division de saisir Fougerolles-du-Plessis et Barenton.

– Le 3 août, les fantassins de la ‘Big Red One’ font leur entrer dans Mortain mais devant l’arrivée d’éléments blindés du Panzer-Aufklärungs-Abteilung 2 (2. PzD) du Major Bernhard von Schkopp, Huebner poste immédiatement des forces en position défensive sur le plateau dominant l’est de la ville.
Sauf que si Mortain est capturée plutôt facilement, le reste des opérations est beaucoup plus difficile. Ainsi la 84. Infanterie-Division, bien commandée par le Generalleutnant Erwin Menny, un vétéran de l’Afrikakorps, résiste avec ténacité à la 9th « Old Reliables » sur une ligne entre Saint-Pois et Vire. La 4th Division et le Combat Command B de la 3rd Armored Division qui doivent s’emparer de Chérencé-le-Roussel et de la Cote 211, connaissent eux aussi de sérieuses difficultés dans le secteur de Saint-Pois. face à  la 116. Panzer-Division.

– Barton lance alors une Task Force pour déborder Saint-Pois par l’ouest. La TF franchit alors la Sée à Cuves, environ 6 km à l’ouest de Chérencé-le-Roussel et y établit une tête de pont. Barton envoie alors le 12th Infantry Regiment de Luckett au nord-ouest de Saint-Pois pendant que sur la droite, le 8th Infantry de Rodwell doit s’emparer de la Cote 211. Si les GI’s réussissent à progresser, ils se heurtent aux tirs de barrage du Panzer-Artillerie-Regiment 116 de l’Oberstleutnant Hans von Rathelbeck.

– Le soir même, s’ils sont atteints, les objectifs de la 4th Division ne sont pas sécurisés. Si Barton décide d’abord d’arrêter là son attaque, il laisse une compagnie de fusiliers d’un bataillon du 8th Infantry attaquer la Cote 211 « par respect pour leur chef », le Lt.Col. Erasmus H. Strickland qui a été blessé quelques heures auparavant.
Et à l’aube du 5 août, la Cote 211 est prise.

– Pendant ce temps, après avoir dépensé 3 200 obus, usé trois tubes de Howitzer et forcé sa compagnie de mortiers de 4.2-inch à cracher pas moins de 3 000 obus, le 8th Infantry réussit à sécuriser les alentours de Saint-Pois qui restait aux mains d’une arrière-garde allemande, le reste de la 116. PzD s’étend replier plus à l’est.

– Passons enfin à la troisième force de Collins. Rassemblée près de Villebaudon, 9th US Division « Old Reliables » d’Eddy démarre son attaque vers le plateau au nord de Mortain, Saint-Sever-en-Calvados et la Sée. S’attendant à trouver des forces désorganisées elle a la mauvaise surprise de s’opposer à des Kampfgruppen aussi réduits qu’increvables des 352 et 353. ID, tout en devant progresser dans des secteurs abondamment minés. Malgré le ralentissement, Eddy réussit à pousser ses troupes jusqu’aux abords de Saint-Sever tenus par le LXXXIV. Armee-Korps commandé alors par le Generalleutnant Otto Elfeldt (qui a remplacé von Choltitz qui est alors en charge du Gross-Paris). Mais l’arrivée fraîche de la 394. Sturmgeschützt-Brigade de l’Hauptmann Tadje permet à Elfeldt de lancer une contre-attaque avec de fortes concentrations d’artillerie. Eddy doit encore s’arrêter.

– Toutefois, le 3 août, la 9th Division reprend de la vitesse et atteint la Sée en-dessous de Gathemo, ce qui permet de sécuriser définitivement le flanc de Collins. Expédiant l’un de ses régiments vers l’ouest à Brécey, Chérencé-le-Roussel et Gathemo, Eddy réussit à encercler le secteur compris entre Saint-Pois et Saint-Sever-en-Calvados le 4 août.
Le 5, le 39th Infantry du Lt.Col. Van H. Bond réussit à établir une tête de pont à Chérencé-le-Roussel avec l’appui de blindés avant d’attaquer vers le nord-est mais se fait bloquer par une forte résistance allemande. Toutefois, le 60th Infantry du Col. Jesse L. Gibney surgit par surprise de la Forêt de Saint-Sever et deux de ses bataillons atteignent le village de Champ-du-Boult, un peu moins de 2 kilomètres au nord de Gathemo. Seulement, une contre-attaque montée par la réserve de la 353. ID et le Fallschirmjäger-Regiment 6 repousse les GI’s du village… qui est repris le lendemain 6 août.

– Finalement, l’écroulement de la défense de Mortain force Hausser à retirer une partie de ses forces plus à l’est. Ainsi, le repli de la 2. PzD et de la 2. SS « Das Reich » laisse croire aux commandants américains que les Allemands se replient en nombre. Patton ordonne au XVth US Corps de Wade H. Haislip (qui compte la 2nde DB de Leclerc dans ses rangs) de démarrer son avance vers Laval et Le Mans pendant que Hodges ordonne à Collins de porter son VIIth Corps au sud afin de couvrir le flanc une du XVth.

Hans-Günther von Kluge, remplaçant de Rommel à la tête du Groupe d'Armées B

Hans-Günther von Kluge, remplaçant de Rommel à la tête du Groupe d’Armées B

2 – « LÜTTICH », UNE PLANIFICATION DANS LA HÂTE

– Pour von Kluge, Hitler et l’Oberkommando der Wehrmacht (que dirige le servile et fidèle Wilhelm Keitel) il y a dès lors deux options possibles ; la première qui reste la plus réaliste consiste à retirer la 7. Armee de Hausser (déjà très affaiblie) et la 5. Panzer-Armee d’Eberbach de la Normandie afin de constituer une grande ligne de défense cohérente qui s’étendrait de l’estuaire de la Seine jusqu’au massif jurassien et qui s’arc-boutterait le long des rives droites de la Seine et de la Loire.
La seconde, tout aussi ambitieuse que risquée, consiste à déclencher une contre-attaque mécanisée sur Mortain afin de crever la jointure entre le XIXth US Corps de Corlett (Ist Army) et le XVth US Corps de Haislip (IIIrd Army). Or, c’est cette solution que Hitler va retenir contre l’avis de plusieurs de ses généraux (von Kluge, Guderian en tête). Hitler compte profiter d’un effet de surprise certain car les Américains ne s’attendent pas à ce que les Allemands déclenchent une contre-attaque en Basse-Normandie.

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– Von Kluge a beau démontrer au Führer que ses forces sont considérablement affaiblies (tant au niveau des effectifs que du matériel, plusieurs Divisionen de la 7. Armee étant même rayées de la liste) que lancer une contre-attaque aussi hasardeuse et hâtivement planifiée est risqué au plus haut point. Mais l’avis du maître du IIIe Reich l’emporte une fois de plus et von Kluge doit se résoudre à obéir. L’opération est baptisée « Lüttich » (Liège) et doit démarrer le 6 août 1944.

Hans Freiherr von Funck

Hans Freiherr von Funck

– Décidée deux jours seulement auparavant, « Lüttich » conduit von Kluge à monter un plan offensif dans une grande précipitation et toujours sous le contrôle de l’OKW, donc de Hitler. Il peut déjà compter sur l’arrivée en toute urgence du LXXXI. Armee-Korps du General der Panzertruppen Adolf Kuntzen qui se rassemble à l’est d’Alençon. Von Kluge ordonne à Kuntzen de lui fournir sans tarder la 9. Panzer-Division d’Erwin Jolasse (avec ses 80 Panzer IV) pour la déployer vers Saint-Hilaire-du-Harcoët. D’autre part, d’autres divisions d’infanterie qui devaient repousser l’hypothétique débarquement dans le Pas-de-Calais sont rameutées d’urgence dans l’Orne. C’est le cas de la 84. ID d’Erwin Menny (Seine-Maritime), de la 331. ID de Walter Steinmüller (région d’Arras) et de la 363. ID (région de Dunkerque).

– Toutefois, c’est le XLVII. Panzer-Korps de Hans Freiherr von Funck qui doit fournir l’effort principal en attaquant au nord-est de Mortain pour s’emparer d’un « tremplin » offensif située entre Mortain et la Sée qui permettrait de lancer une offensive de second échelon sur l’axe Brécey-Avranches afin d’atteindre les côtes de la Manche et le Mont-Saint-Michel. Sitôt cette seconde phase achevée, il faudra déployer des unités d’infanterie et d’artillerie chargée de consolider le couloir de percée pour séparer définitivement le XIIth Army Group de Bradley en deux. Finalement, Hausser se rallie à ce plan. Le 3 août, trois Divisions de Panzer (2. PzD, 116. PzD et « Das Reich ») décrochent discrètement de leur zones de stationnement à la faveur de la nuit afin d’éviter toute menace alliée. Le plan de von Kluge – dont l’exécution est prévue pour le 6 août  – se décline donc comme suit (voir carte) :

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– Flanc nord : La 116. Panzer-Division (moins un Panzer-Abteilung) du Generalleutnant Gerhard Graf von Schwerin doit attaquer le long de la rive gauche (sud) de la Sée en direction du Mesnil-Gilbert et Chérencé pour déboucher à l’ouest de Sourdeval.

– Centre (axe principal de percée) : La 2. Panzer-Division (plus un Panzer-Abteilung de la 116. PzD et un autre de la « Leibstandarte Adolf Hitler ») du Generalleutnant Heinrich Freiherr von Lüttwitz doit progresser vers Juvigny-le-Tertre, avec l’appui de la 1. SS-PzD « Leibstandarte Adolf Hitler » de Theodor Wisch.
Comme la 116. PzD, la 2. PzD manque de matériels lourd mais au moins elle a été engagée de manière limitée, ce qui lui a permis de maintenir des effectifs convenables.

– Flanc sud : La 2. SS-PzD « Das Reich » d’Otto Baum doit attaquer vers le sud-ouest, via Fontenay et Milly (zone de Mortain) avec l’appui d’un Kampfgruppe de la 17. SS « Götz von Berlichingen ». Ces deux grandes unités ont été considérablement réduites après les combats dans le Cotentin et l’Opération « Cobra ».

– En seconde vague :  la 1. SS-PzD « Leibstandarte Adolf Hitler » (son I./SS-Panzer-Regiment 1 en moins), avec le concours des lance-roquettes Nebelwerfer du Werfer-Abteilung 101, doit s’engouffrer dans la brèche pour atteindre Avranches.

– Mais dès la préparation, les problèmes s’accumulent. En effet, la « Leibstandarte » est en retard et n’a pas fourni son Panzer-Abteilung (bataillon de chars) à la 2. PzD. Même chose pour le Panzer-Abteilung de la 116. PzD.
Constatant les retards pris, Alfred Jodl Chef des Opérations de l’OKW propose à von Kluge de repousser son attaque le 8 août. Mais « Hans le Sage » estime que c’est déjà trop tard et repousse « Lüttich » de deux heures seulement. Pire encore, lorsque que le I./SS-Pz-Regt 1 « LSSAH » remonte une petite route pour gagner sa base de départ, il est se retrouve bloqué par un chasseur-bombardier américain écrasé. Le Bataillon doit donc rebrousser chemin pour se redéployer, ce qui lui prend des heures !

Heinrich Freiherr von Lüttwitz, commandant de la 2 PzD

Heinrich Freiherr von Lüttwitz, commandant de la 2 PzD

Gerhardt Graf von Schwerin, commandant de la 116. PzD

Gerhardt Graf von Schwerin, commandant de la 116. PzD

[Suite]

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Chroniques de la Bataille de Normandie – 25/ « Cobra » (Quatrième partie)

Chroniques de la Bataille de Normandie – 25/ « Cobra » (Quatrième partie)

10 – L’EXPLOITATION DE LA PERCÉE – Après un redéploiement de ses unités, Collins ordonne à la 3rd Armored et à la 4th « Ivy » Division de se lancer vers le sud dès le 30 juillet. La 4th Division de Barton se voit renforcée du 26th Infantry du fait que son 22nd…

31 juillet 2014

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Chroniques de la Bataille de Normandie - 33/ Mortain (Seconde partie)

Chroniques de la Bataille de Normandie – 33/ Mortain (Seconde partie)

3 – PANZER, VORWÄRTS ! – Lorsqu’elle démarre, l’opération Lüttich est déjà vouée à l’échec. D’une part, en raison de la pression exercée par Hitler et l’OKW, « Hans le Sage » a bâclé ses préparatifs et précipité son attaque. D’autre part, les Alliés ont connaissance des plans allemands grâce au système ULTRA,…

11 août 2014

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Chroniques de la Bataille de Normandie - 34/ La Poche de Falaise (première partie)

Chroniques de la Bataille de Normandie – 34/ La Poche de Falaise (première partie)

Avec l’échec de la contre-attaque de Mortain et la prise de Falaise, les forces allemandes du Heeres-Gruppe B se retrouvent très vite pris entre un marteau et une enclume à l’est du cours de la Vire. L’attaque complètement manquée sur Mortain n’a fait que retarder l’avance américaine. Or, en se…

12 août 2014

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23 juillet 2011
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Histoire & Culture

Chroniques de la Bataille de Normandie – 24/ Opération « Spring »

by Jérôme 23 juillet 2011

– A l’issue de l’Opération Atlantic, les Canadiens ont échoué à s’emparer de la Crête de Verrières, toujours tenue fermement par les éléments du I. SS-Panzer-Korps de Dietrich. Pour ne pas relâcher la pression sur l’ennemi, Montgomery ordonne à Simmonds de lancer un nouvel assaut sur Verrières deux jours après la fin de Goodwood.Simonds monte donc un assaut la 2nd Canadian Division du Major-General Charles Foulkes, appuyé par les chars de la 2nd Armoured Brigade de Robert Wyman et par de l’artillerie.

– Côté allemand, ce sont toujours les Panzer et Panzergrenadiere des « Leibstandarte Adolf Hitler » et « Hitlerjugend », ainsi que plusieurs Tiger II du SS-schwere-Panzer-Abteilung 102 (Hans Weiss) qui sont cramponnées à la Crête de Verrières. Sauf que le système de décryptage ULTRA informe Simonds que « Sepp » Dietrich s’apprête à masser 480 blindés de tous types et 500 bouches à feu au sud de Verrières.
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– Le 25 juillet à 03h30, le North Nova Scotia Highlanders du Lt-Col. Charles Petch, attaque Tilly-la-Campagne. Le terrain est éclairée grâce à un stratagème trouvé par Simonds et ses hommes consistant en de puissants projecteurs de DCA qui, pointés vers le ciel, forment des lunes artificielles. Toutefois, les fantassins Canadiens peuvent aussi être vus par les Allemands. Le combat est violent durant toute la nuit mais les Highlanders enlèvent Tilly-la-Campagne à leurs ennemis.
Presque en même temps, le Royal Hamilton Light Infantry du Lt-Col. John Rockingham (4th Brigade) parvient à s’emparer du village de Verrières après d’autres durs combats et son chef informe Simonds que ses hommes « se sont fermement enterrés dans les tranchées ».

– L’assaut des 5th et 6th Brigade (William J. Megill et Hugh A. Young) se passent beaucoup moins bien. En effet, les Calgary Highlanders du Lt-Col. McLauchlan échouent d’abord à s’emparer de May-sur-Orne car le secteur de Saint-Martin est toujours aux mains d’Allemands qui s’y sont cramponnés. Durant la matinée, les Calgary Highlanders parviennent à sécuriser Saint-Martin mais ils ne peuvent s’emparer de Bourguébus et doivent se replier sur May-sur-Orne avec d’importantes pertes.

– Simonds envoie alors les Black Watch of Canada à l’assaut de la Crête de Verrières et de la Cote 61 toujours solidement tenues par les SS-Panzergrenadier  de la « Leibstandarte ». L’assaut tourne alors au carnage. Les Black Watch se retrouvent sans moyen de communiquer avec le reste de la 2nd Division. Plus de 700 hommes sont tués ou blessés – dont tous les officiers –  et 15 seulement sont valides. Ce second assaut sur Verrières est considéré comme l’autre épisode le plus sanglant de l’histoire militaire canadienne, après le débarquement de Dieppe en 1942.

– Dietrich décide alors de lancer une contre-attaque avec des éléments des 9. SS « Hohenstaufen » et 12. SS « Hitlerjugend », soutenus par des Tiger I du schwere-Panzer-Abteilung 503 de l’Oberst von Rosen (en tout environ 75 Panzer) pour rejeter les Canadiens du secteur de Verrières.
L’assaut allemand est déclenché le 26 juillet. A l’ouest du dispositif allemand, un Kampfgruppe regroupant les hommes du SS-Panzergrenadier 19  d’Emil Zollhofer et des Panzer réussissent sans trop de peine à chasser les Calgary Highlanders de May-sur-Orne et le North Nova Scotia de Tilly-la-Campagne. Au centre, un autre Kampfgruppe commandés par le SS-Obersturmbannführer Otto Meyer (patron du SS-Panzer-Regiment 9) tente de chasser le Royal Highland Light Infantry de la Crête de Verrières avec l’aide de la 5/SS-Panzer-Regiment 1 « Leibstandarte ». Mais le vaillant Bataillon tient bon pendant deux jours. Son chef, Rockingham, a judicieusement placé des canons antichars de 6 et 17 pdr (ponctionnés sur le 2nd Anti-Tank Regiment) qui repoussent les blindés ennemis. La résistance presque « fanatique » du RHLI fait même dire aux Waffen-SS – non sans un certain éloge – que « si vous tentez de franchir la Crête, vous êtes un homme mort ! »

– Spring est encore un échec tactique qui a permis de fixer des unités d’élite allemandes en les empêchant de se déployer plus à l’est. Il n’empêche que 1 100 soldats Canadiens ont été blessés et 450 ont trouvé la mort.

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Chroniques de la Bataille de Normandie – 21/ Opération « Atlantic »

Chroniques de la Bataille de Normandie – 21/ Opération « Atlantic »

– Le plan de Guy Simonds est le suivant : traverser l’Orne près de Colombelles, poursuivre en direction de la RN 158, attaquer Vaucelles et Cormelles pour ensuite prendre d’assaut la Crête de Verrières. C’est la 2nd Canadian Infantry Division du Major.General Charles Foulkes, arrivée en Normandie dix jours auparavant, qui…

18 juillet 2014

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Chroniques de la Bataille de Normandie – 16/ Libération de Caen (Opération « Charnwood »)

Chroniques de la Bataille de Normandie – 16/ Libération de Caen (Opération « Charnwood »)

Peu de temps après l’échec du premier assaut sur Carpiquet, le General Miles Dempsey et le Lieutenant-General Crocker décident de renouveler l’attaque anglo-canadienne sur un arc allant de l’aérodrome au nord-est de la préfecture du Calvados. Le nouveau plan baptisé « Charnwood » envisage alors d’entrer dans Caen par le nord, nettoyer…

9 juillet 2014

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Chroniques de la Bataille de Normandie – 20/ Opération « Goodwood »

Chroniques de la Bataille de Normandie – 20/ Opération « Goodwood »

Le 9 juillet, à l’issue de l’Opération Charnwood, la ville de Caen est (en grande partie) aux mains des anglo-canadiens. Seulement, le I. SS-Panzer-Korps de « Sepp » Dietrich tient toujours la Crête de Verrières, la rive droite de l’Orne et toute la partie sud-est de la Plaine de Caen. Montgomery décide…

18 juillet 2014

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23 juillet 2011
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Histoire & Culture

Char français de la Seconde Guerre mondiale : le Renault B1 bis (2/2)

by Jérôme 21 juillet 2011

En matière de transmissions,  le Renault B1 bis est d’abord doté d’une poste de radiotéléphonie ER-53, qui ne permet cependant que de transmettre des messages en morse. Il va alors céder sa place à un nouvel ER-53 permettant des liaisons phoniques. Les chars de commandement recevront même un modèle ER-55 facilitant la communication avec les échelons supérieurs.

Son armement se composait du canon de 75 mm ABS 1929 (50 coups) en casemate pouvant propulser son obus à 220 m/s. De par sa position en casemate, on ne pouvait l’actionner en rotation horizontale mais son élévation allait de – 15 ° à + 25 °. Le canon de 47 mm SA 35 (74 coups) avait une bonne vitesse initiale de 650 m/s, capable de percer presque tous les blindages de l’époque. Vu qu’il était logé en tourelle, on pouvait le pointer sur un angle de 360° en plus d’une élévation de – 18° à + 18 °.
Compte tenu l’amélioration des armes antichars et suivant la recommandation du Général Velpry (Inspecteur des Chars), on lui installe un sur-blindage (prototype n°101), avec 60 mm à l’avant et 55 mm à l’arrière, donnant ainsi naissance au B1 bis. Les résultats sont alors satisfaisants et on lance la production de plusieurs centaines de nouveaux engins, la commande étant passée aux usines Renault.
On lui installe notamment la nouvelle tourelle APX 4, dotée du très bon canon antichar de 47 mm SA 35.Cette tourelle était presque similaire l’APX 1 CE qui équipait le SOMUA. Seulement, le chef de char devait entrer dans l’habitacle par une porte latérale. Malheureusement, la  cadence de production des tourelles était inférieure à celle des caisses, ce qui a eu pour conséquence de donner naissance à des chars « décapités » (N° 505, 506 et 507).

Mais le char Renault B1 bis avait deux défauts majeurs d’ergonomie, atténués toutefois grâce à des innovations technologiques : 1) le pilote devait aussi se consacrer à la tâcher de tirer au canon de 75 mm, le pointage se faisant à l’aide d’un volant de conduite relié par des arbres à chaîne au système hydrostatique Naëder, pendant qu’un volant de pointage permet d’ajuster la direction du canon ; 2) le chef de char devait aussi faire office de tireur avec le canon de 47 mm et la mitrailleuse de 7.5 mm à commande électrique.
En outre, un dispositif peu commun pour l’époque, le système à air comprimé Luchard, évacue instantanément la fumée après le départ du coup. Enfin, le pilote peut actionner une mitrailleuse fixe située à droite du canon. Mais un hic demeure. En effet, l’usage du canon de 75 mm nécessite que le moteur tourne, ce qui nuit à la consommation.

Le quatrième membre d’équipage, le chargeur doit approvisionner toute l’armurerie, ce qui pouvait se révéler assez épuisant. En outre, il bénéficiait de la place la plus inconfortable : à genoux derrière le pilote.

Alors qu’il est encore sur les chaînes de production, le B1 bis bénéficie d’autres améliorations (du N° 201 au N° 340). L’approvisionnement en obus de 47 mm passe de 62 à 72 munitions et les cartouches de 7.5 mm s’accroissent de 4 800 à 5 250. Mais plusieurs gros défauts demeurent lors de son entrée en lice face aux forces allemandes :

– 1/ Construction lente et inadaptée
– 2/ Consommation excessive
– 3/ Entretien trop long et difficile
– 4/ Tourelleau trop faiblement blindé et aux moyens de vision inadaptés.
– 5/ Tourelle monoplace
– 6/ Absence de compas d’orientation efficient
– 7/ Chef de char toujours debout
– 8/ Système de pointage du canon de 75 mm rapidement déréglé

Beaucoup d’autres défauts de conception ne pourront être corrigés, aussitôt la mise en service du B1 bis.
Lorsqu’il fut mis en service dès mai 1940, en dépit de ses défauts inhérents, le Renault B1 bis surprit totalement les équipages de Panzer par sa solidité et son armement. Mais il souffrit en particulier… de la doctrine blindée française à la limite de l’archaïsme, comparée à ce qu’avait développé Heinz Guderian côté allemand. Les Renault B1 bis furent sacrifiés par petits paquets sur les bouches à feu allemandes. Ajoutons à cela aussi la menace constante des bombardiers en piqué Ju-87 « Stukas ».

Après l’Armistice, un bon nombre de char B1 bis furent récupérés par les Allemands qui les utilisèrent comme blindés d’occupation, dans des opérations contre les maquis et les Partisans dans les Balkans, ou même comme char lance-flamme !

Source : www.chars-français.fr

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Char français de la Seconde Guerre mondiale : le Renault B1 bis (1/2)

Char français de la Seconde Guerre mondiale : le Renault B1 bis (1/2)

Ces dernières années, l’historiographie militaire française  a montré que la l’Arme Cuirassée française n’a pas été plus mauvaise que la Panzerwaffe, avec une dotation en matériels tout à fait honorable. En outre, les ingénieurs militaires français avaient conçu l’un des meilleurs chars de son époque ; le Renault B1 Bis, véritable…

27 décembre 2012

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Chars français : FCM F1, quand le Haut-Commandement s’éprit du gigantisme -2

Chars français : FCM F1, quand le Haut-Commandement s’éprit du gigantisme -2

En avril 1938, le Haut-Commandement français approuva les travaux de la commission du Général Martin en avril 1938 et procéda à la création d’une seconde commission, en vue de plancher sur des travaux plus détaillés. La seconde commission vint à conclure qu’étant donné les demandes tactiques, un canon de 75…

29 janvier 2013

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Chars français : FCM F1, quand le Haut-Commandement s'éprit du gigantisme -1

Chars français : FCM F1, quand le Haut-Commandement s’éprit du gigantisme -1

A la veille de la guerre, le Commandement Français se penche sur l’idée de créer des chars lourds pouvant neutraliser les défenses de la Siegfried Linie. On avait déjà construit une dizaine de chars aussi lourds que lents FMC 2C (70 tonnes) à dix exemplaires. En 1928, on avait envisagé…

29 janvier 2013

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21 juillet 2011
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Histoire & Culture

Brève – 14 octobre 1967 : Disparition de Marcel Aymé

by Jérôme 19 juillet 2011

– Né en 1902 à Joigny dans l’Yonne, titulaire d’un Baccalauréat de mathématiques bien que médiocre élève (il aurait pu être cancre selon ses propres mots), Marcel Aymé fut un romancier, auteur de théâtre, dialoguiste et essayiste français les plus prolixes des années 1930 à 1960. Coscénariste à l’occasion, de ses ouvrages ont été adaptés sur le grand-écran, donnant naissance à des plusieurs films de référence du Cinéma français de la période 1940-1950. Il était aussi très attaché à la région d’origine de ses parents, la Franche-Comté.
– Il a laissé : « Brûlebois », « Les jumeaux du diable », « La table aux crevés » (Prix Renaudot 1929, adapté pour le cinéma par Henri Verneuil), « La Rue sans nom », « Le Vaurien », « Le Puits aux images », « La jument verte » (adapté au cinéma par Claude Autant-Lara),  «Maison Basse », « Derrière chez Martin », « Le Bœuf clandestin », « Le Passe-muraille » (adapté au cinéma par Jean Boyer, avec Bourvil et Raymond Soupleix), « La vouivre », « Le vin de Paris », « Les contes du Chat Perché », « Lucienne et le boucher » (pièce de théâtre), « La tête des autres » (pièce de théâtre), « Les sorcières de Salem » (pièce de théâtre), « Les oisaux de lune » (pièce de théâtre) et « Vu du pont » (pièce de théâtre).

– Pour le cinéma, il a signé les dialogues de « Domino Vert » (H. Decoin et H. Selpin), « Crimes et châtiments » (P. Chenal), « Les mutinés d’Elseneur » (P. Chenal), Le voyageur de la Toussaint » (L. Daquin) et « La Bourse ou la vie » (J-P. Mocky) ; ainsi que le scénario du film comique avec Robert Lamoureux, Gaby Morlay et Fernand Ledoux « Papa, Maman, la Bonne et moi ».

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12 février 1979 : Disparition de Jean Renoir

12 février 1979 : Disparition de Jean Renoir

– Né à Paris en 1894, fils du peintre Auguste Renoir et d’Aline Charigot, Jean Renoir grandit dans la capitale. Sensibilité très tôt à l’art, il ne brille pas particulièrement dans les études. – Engagé dans les Dragons en 1914, il est ensuite versé dans un Bataillon de Chasseurs Alpins…

12 février 2016

Dans « Arts et lettres »

5 février 2000 : Disparition de Claude Autant-Lara

5 février 2000 : Disparition de Claude Autant-Lara

Né en 1901 à Luzarches, Claude Autant est le fils d’un architecte, Edouard Autant et de la Comédienne Louise Lara, Sociétaire de la Comédie française. Son père était aussi l’ami d’Auguste Rodin et de Georges Courteline. Il grandit alors dans un milieu politique plutôt de gauche et pacifiste. – Reçu…

5 février 2016

Dans « Non classé »

31 janvier 1994 : Disparition de Pierre Boulle

31 janvier 1994 : Disparition de Pierre Boulle

Écrivain français à la vie d’aventurier, Pierre Boulle a laissé un héritage important dans le domaine de la science fiction française et dans le Cinéma. – Ce fils d’avocat excentrique voit le jour à Avignon le 20 février 1912. Complice avec son père et bénéficiant de l’attention familiale, il lit…

31 janvier 2016

Dans « Arts et lettres »

19 juillet 2011
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Histoire & Culture

22 janvier 1963 : Traité de l’Elysée (texte officiel)

by Jérôme 17 juillet 2011

La réconciliation franco-allemande a cinquante ans.

J’ai volontairement choisi de reprendre le traité rédigé.

I. – ORGANISATION

1. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement donneront en tant que de besoin les directives nécessaires et suivront régulièrement la mise en œuvre du programme fixé ci-après. Ils se réuniront à cet effet chaque fois que cela sera nécessaire et, en principe, au moins deux fois par an.

2. Les Ministres des Affaires étrangères veilleront à l’exécution du programme dans son ensemble. Ils se réuniront au moins tous les trois mois. Sans préjudice des contacts normalement établis par la voie des ambassades, les hauts fonctionnaires des deux Ministères des Affaires étrangères, chargés respectivement des affaires politiques, économiques et culturelles, se rencontreront chaque mois alternativement à Paris et à Bonn pour faire le point des problèmes en cours et préparer la réunion des Ministres. D’autre part, les missions diplomatiques et les consulats des deux pays ainsi que leurs représentations permanentes auprès des organisations internationales prendront tous les contacts nécessaires sur les problèmes d’intérêt commun.

3. Des rencontres régulières auront lieu entre autorités responsables des deux pays dans les domaines de la défense, de l’éducation et de la jeunesse. Elles n’affecteront en rien le fonctionnement des organismes déjà existants – commission culturelle franco-allemande, groupe permanent d’Etat-major – dont les activités seront au contraire développées. Les Ministres des Affaires étrangères seront représentés à ces rencontres pour assurer la coordination d’ensemble de la coopération ;
a) les Ministres des Armées ou de la Défense se réuniront au moins une fois tous les trois mois. De même, le Ministre français de l’Education nationale rencontrera, suivant le même rythme, la personnalité qui sera désignée du côté allemand pour suivre le programme de coopération sur le plan culturel ;
b) les Chefs d’état-major des deux pays se réuniront au moins une fois tous les deux mois ; en cas d’empêchement, ils seront remplacés par leurs représentants responsables ;
c) le haut-commissaire français à la Jeunesse et aux Sports rencontrera, au moins une fois tous les deux mois, le Ministre fédéral de la Famille et de la Jeunesse ou son représentant.

4. Dans chacun des deux pays, une commission interministérielle sera chargée de suivre les problèmes de la coopération. Elle sera présidée par un haut fonctionnaire des Affaires étrangères et comprendra des représentants de toutes les administrations intéressées. Son rôle sera de coordonner l’action des ministères intéressés et de faire périodiquement rapport à son Gouvernement sur l’état de la coopération franco-allemande. Elle aura également pour tâche de présenter toutes suggestions utiles en vue de l’exécution du programme de coopération et de son extension éventuelle à de nouveaux domaines.

II. PROGRAMME

A. – Affaires étrangères

1. Les deux Gouvernements se consulteront, avant toute décision, sur toutes les questions importantes de politique étrangère, et en premier lieu sur les questions d’intérêt commun, en vue de parvenir, autant que possible, à une position analogue. Cette consultation portera entre autres sur les sujets suivants : Problèmes relatifs aux communautés européennes et à la coopération politique européenne ; Relations Est-Ouest, à la fois sur le plan politique et sur le plan économique ; Affaires traitées au sein de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord et des diverses organisations internationales auxquelles les deux gouvernements sont intéressés, notamment le Conseil de l’Europe, l’Union de l’Europe Occidentale, l’Organisation de coopération et de développement économique, les Nations Unies et leurs institutions spécialisées.

2. La collaboration, déjà établie dans le domaine de l’information, sera poursuivie et développée entre les services intéressés à Paris et à Bonn et entre les missions dans les pays tiers.

3. En ce qui concerne l’aide aux pays en voie de développement, les deux Gouvernements confronteront systématiquement leurs programmes en vue de maintenir une étroite coordination. Ils étudieront la possibilité d’entreprendre des réalisations en commun. Plusieurs départements ministériels étant compétents pour ces questions, du côté français comme du côté allemand, il appartiendra aux deux ministères des Affaires étrangères de déterminer ensemble les bases pratiques de cette collaboration.

4. Les deux Gouvernements étudieront en commun les moyens de renforcer leur coopération dans d’autres secteurs importants de la politique économique, tels que la politique agricole et forestière, la politique énergétique, les problèmes de communications et de transports et le développement industriel, dans le cadre du Marché commun, ainsi que la politique des crédits à l’exportation.

B. – Défense

I. – Les objectifs poursuivis dans ce domaine seront les suivants :

1. Sur le plan de la stratégie et de la tactique, les autorités compétentes des deux pays s’attacheront à rapprocher leurs doctrines en vue d’aboutir à des conceptions communes. Des instituts franco-allemands de recherche opérationnelle seront créés.

2. Les échanges de personnel entre les armées seront multipliés ; ils concerneront en particulier les professeurs et les élèves des écoles d’Etat-major ; ils pourront comporter des détachements temporaires d’unités entières. Afin de faciliter ces échanges, un effort sera fait de part et d’autre pour l’enseignement pratique des langues chez les stagiaires.

3. En matière d’armements, les deux Gouvernements s’efforceront d’organiser un travail en commun dès le stade de l’élaboration des projets d’armement appropriés et de la préparation des plans de financement. A cette fin, des commissions mixtes étudieront les recherches en cours sur ces projets dans les deux pays et procéderont à leur examen comparé. Elles soumettront des propositions aux ministres qui les examineront lors de leurs rencontres trimestrielles et donneront les directives d’application nécessaires.

II. – Les gouvernements mettront à l’étude les conditions dans lesquelles une collaboration franco-allemande pourra être établie dans le domaine de la défense civile.

C. – Education et Jeunesse

En matière d’éducation et de jeunesse, les propositions contenues dans les mémorandums français et allemand des 19 septembre et 8 novembre 1962 seront mises à l’étude selon les procédures indiquées plus haut :

1. Dans le domaine de l’éducation, l’effort portera principalement sur les points suivants :

a) Enseignement des langues :
Les deux Gouvernements reconnaissent l’importance essentielle que revêt pour la coopération franco-allemande la connaissance dans chacun des deux pays de la langue de l’autre. Ils s’efforceront, à cette fin, de prendre des mesures concrètes en vue d’accroître le nombre des élèves allemands apprenant la langue française et celui des élèves français apprenant la langue allemande. Le Gouvernement fédéral examinera, avec les gouvernements des Länder, compétents en la matière, comment il est possible d’introduire une réglementation qui permette d’atteindre cet objectif. Dans tous les établissements d’enseignement supérieur, il conviendra d’organiser un enseignement pratique de la langue française en Allemagne et de la langue allemande en France, qui sera ouvert à tous les étudiants.

b) Problème des équivalences :
Les autorités compétentes des deux pays seront invitées à accélérer l’adoption des dispositions concernant l’équivalence des périodes de scolarité, des examens, des titres et diplômes universitaires.

c) Coopération en matière de recherche scientifique :
Les organismes de recherches et les instituts scientifiques développeront leurs contacts en commençant par une information réciproque plus poussée, des programmes de recherches concertées seront établis dans les disciplines où cela se révélera possible.

2. Toutes les possibilités seront offertes aux jeunes des deux pays pour resserrer les liens qui les unissent et pour renforcer leur compréhension mutuelle. Les échanges collectifs seront en particulier multipliés. Un organisme destiné à développer ces possibilités et à promouvoir les échanges sera créé par les deux pays avec, à sa tête, un conseil d’administration autonome. Cet organisme disposera d’un fonds commun franco-allemand qui servira aux échanges entre les deux pays d’écoliers, d’étudiants, de jeunes artisans et de jeunes travailleurs.

III. – DISPOSITIONS FINALES

1. Les directives nécessaires seront données dans chaque pays pour la mise en oeuvre immédiate de ce qui précède. Les Ministres des Affaires étrangères feront le point des réalisations acquises à chacune de leurs rencontres.

2. Les deux Gouvernements tiendront les Gouvernements des autres Etats membres des Communautés européennes informés du développement de la coopération franco-allemande.

3. A l’exception des clauses concernant la défense, le présent Traité s’appliquera également au Land de Berlin, sauf déclaration contraire faite par le Gouvernement de la République fédérale d’Allemagne au Gouvernement de la République française dans les trois mois qui suivront l’entrée en vigueur du présent Traité.

4. Les deux Gouvernements pourront apporter les aménagements qui se révéleraient désirables pour la mise en application du présent Traité.

5. Le présent Traité entrera en vigueur dès que chacun des deux Gouvernements aura fait savoir à l’autre que, sur le plan interne, les conditions nécessaires à sa mise en oeuvre ont été remplies.

Fait à Paris, le 22 janvier 1963, en double exemplaire, en langue française et en langue allemande, les deux textes faisant également foi.
Le Président de la République française
Charles de GAULLE
Le Premier Ministre français
Georges POMPIDOU
Le Ministre français des Affaires étrangères
Maurice COUVE de MURVILLE
Le Chancelier de la République fédérale d’Allemagne
Konrad ADENAUER
Le Ministre fédéral des Affaires étrangères de la République fédérale d’Allemagne
Gerhard SCHROEDER

Source : http://www.france-allemagne.fr

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3 août 1914 : Mobilisation en Grande-Bretagne

3 août 1914 : Mobilisation en Grande-Bretagne

Tout d’abord, comme nous l’avons montré dans l’article consacré aux fantassins britanniques publié en mars, la mobilisation en Grande-Bretagne sera de toute autre nature qu’en France, en Allemagne ou en Russie. Cela pour deux raisons principales ; premièrement, l’opinion et les Cabinets Campbell-Bannermann et Asquith ne sont pas favorables à une intervention…

3 août 2014

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Charles Gravier de Vergennes

Charles Gravier de Vergennes

Ce grand diplomate que l’Historien de la IIIe République Albert Sorel désignait comme « le plus sage ministre que la France eût rencontré depuis longtemps, et le plus habile qui se trouvât aux affaires en Europe » est né en 1719 à Dijon, au sein d’une famille de Noblesse de Robe.…

13 février 2016

Dans « De Henri IV à Louis XVI »

13 mars 1854 : Disparition du Comte Joseph de Villèle

13 mars 1854 : Disparition du Comte Joseph de Villèle

S’il fut l’une des têtes pensantes du Parti Ultra sous la Restauration, ce qui lui valut une forme d’ostracisme historique et mémoriel, Joseph de Villèle, Ministre de Louis XVIII et de Charles X fut une personnalité sans doute plus modérée qu’on ne le pense, partisan d’une politique internationale prudente et…

13 mars 2016

Dans « Grands personnages politiques »

17 juillet 2011
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Histoire & Culture

7 octobre : Fête de Notre Dame du Rosaire

by Jérôme 16 juillet 2011

Cette fête, propre à l’Église d’Occident, fut instituée par saint Pie V pour commémorer la victoire de Lépante – qui mit un terme à l’expansion ottomane ( 7 octobre 1571) – et pour remercier la Mère du Sauveur de son intercession au cours de la bataille. ( la victoire étant alors attribuée à la récitation du rosaire encouragée par Pie V)

D’abord appelée « Notre-Dame de la Victoire », ce n’est que vingt-et-un-ans plus tard que la fête prend son nom actuel, sous le pontificat de Grégoire XIIl (1573). Enfin elle sera étendue à l’Église universelle, par Clément XI, après la victoire remportée sur les turcs le 5 août 1716.

C’est sous le vocable de Notre Dame du Rosaire que la Vierge Marie s’était présentée, au XIIIème siècle, à saint Dominique, qui reçut le chapelet de ses mains accompagné de ces paroles:

“Mon fils Dominique, ne vous étonnez pas de ne pas réussir en vos prédi­ca­tions ! Car, vous labourez un sol qui n’a pas été arrosé par la pluie…
Sachez que, quand Dieu voulut renouveler le monde, Il envoya d’abord la pluie de la Saluta­tion Angélique, et c’est ainsi que le monde fut ra­cheté… Exhortez donc les hommes, dans vos ser­mons, à réciter mon Psau­tier (6) , et vous en recueillerez de grands fruits pour les âmes.”

On connait aussi l’attachement de saint Jean Paul II pour la mère du Christ et la prière du Rosaire :

« Le Rosaire de la Vierge Marie, qui s’est développé progressivement au cours du deuxième millénaire sous l’inspiration de l’Esprit de Dieu, est une prière aimée de nombreux saints et encouragée par le Magistère. Dans sa simplicité et dans sa profondeur, il reste, même dans le troisième millénaire commençant, une prière d’une grande signification, destinée à porter des fruits de sainteté. »  

Que Notre Dame du Rosaire intercède pour notre pays dont elle est la Patronne, et qu’elle veille à ce que la France reste fidèle aux promesses de son baptême !

 

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Notre Dame de l'Assomption

Notre Dame de l’Assomption « Patronne de toute la France », Pie XI (1922)

A l’occasion de la fête de l’Assomption de la Vierge Marie (15 août), nous vous proposons de relire la déclaration officielle du pape Pie XI consacrant la France à la Mère du Sauveur (1922). Une bonne occasion de revenir sur l’histoire du culte marial dans notre pays… « La Vierge Marie Mère de Dieu, sous…

16 août 2015

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Abbé Iborra :

Abbé Iborra : « Le monde est en feu ! »

Voici l’ homélie prononcée par le vicaire de la paroisse saint Eugène, à Paris, à l’occasion de la messe de rentrée du blog « le Rouge & Noir », le 4 octobre 2014, en la fête de S. François d’Assise . Au feu meurtrier des idéologies dominantes, l’abbé Iborra oppose le « feu » de l’Esprit Saint que les…

5 octobre 2014

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N’ayons pas peur…de devenir des saints -témoignage d’un jeune  Français du XXI ème siècle

N’ayons pas peur…de devenir des saints -témoignage d’un jeune Français du XXI ème siècle

Je m’appelle Pierre, j’ai 24 ans, et je veux devenir saint. Je sais c’est un peu « cash » de commencer comme ça… mais je veux bien prendre le risque de passer pour fou ou présomptueux … Et puis il ne faut pas cacher ses ambitions. Comme beaucoup de jeunes j’ai de…

23 avril 2014

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16 juillet 2011
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Histoire & Culture

5 septembre 1661 : Arrestation de Fouquet

by Jérôme 11 juillet 2011

Nicolas Fouquet, le tout puissant Surintendant des Finances de Louis XIV suscite la jalousie de Jean-Baptiste Colbert, ancien fidèle du Cardinal Mazarin.
Portrait_Nicolas_Fouquet
Fouquet, grand mécène etbâtisseur (Vaux-le-Vicomte) s’est attaché les milieux de la Finance grâce à son  mariage avec Madeleine de Castille. Fort de cette position, il protège les officiers royaux qui fraudent sur les billets d’épargne émis pour rembourser les dettes du Royaume. S’ajoutent à cela les soupçons de mauvaise gestion des finances mais le puissant réeau de clients et d’amis que s’est constitué Fouquet (jusqu’à la Reine Mère !) le protège encore quelques temps.

Fidèle à sa devise « Quo non ascendet ? » (« jusqu’où ne monterai-je pas ? »), il cherche à obtenir la place de Principal Ministre malgré que le jeune Louis XIV se méfie de lui. Colbert continue d’intriguer et se voit nommer Intendant sous les ordres de Fouquet… pour mieux le surveiller.
Anticipant les intentions de son ennemi, Nicolas Fouquet s’en remet au Roi qui continue de lui accorder sa confiance… du moins en apparence.

Nullement découragé, Colbert décide de présenter au Roi des preuves de malversations mais aussi que Fouquet envisagerait de se réfugier dans la place forte de Belle-Île où il fait entretenir une forte garnison, selon un rapport de Colbert de Terron. On le soupçonne aussi de vouloir appeler les Espagnols à l’aide….

Louis XIV lui propose de vendre sa charge de Procureur Général du Parlement de Paris en échange de la charge de Chancellier. Fouquet accepte mais ne vois pas le piège, d’autant plus Madame de Chevreuse intrigue auprès d’Anne d’Autriche – qui protège le surintendant – afin qu’elle lâche Nicolas Fouquet. Pendant ce temps, celui-ci offre 20 pistoles (cette unité monétaire valant alors 10 à 12 livres) à Madame de la Vallière…qui va aussitôt le dénoncer.

Fort de ces preuves, Louis XIV se rend à la grande fête donnée par Fouquet à Vaux-le-Vicomte. Si le faste agace le Souverain, c’est davantage pour les raisons évoquées qu’il décide de le faire arrêter après la saison des moissons et des collectes d’impôts.

Fin août 1661, bien qu’atteint d’une crise de paludisme, Nicolas Fouquet accompagne la Cour Royale à la session des États de Bretagne qui se tient à Nantes.

Le 4 septembre 1661, Louis XIV ordonne au fidèle Charles de Batz de Castelmore d’Artagnan Lieutenant des Mousquetaires (préféré à Monsieur de Gesvres resté en très bon termes avec Fouquet lui aussi) de saisir au corps de Surintendant des Finances. Quelque peu surpris de l’ordre mais loyal envers son souverain, d’Artagnan s’exécute le lendemain 5 septembre 1661.

Arrestation FouquetFouquet est d’abord interné au Château d’Angers avant d’être jugé au cours d’un procès organisé en grande partie par Colbert. L’instruction dure de 1662 à 1664 ; d’abord confiée à Lamoignon elle échoit ensuite à l’ancien Chancelier Pierre Séguier, une créature de Richelieu qui voue une haine féroce à Fouquet. Réticents quant au suivi de la procédure imposée par Colbert, les juges Olivier Lefèvre d’Ormesson et Pierre de Roquesante sont aussi évincés.

Le 12 décembre 1664,  le Surintendant déchu comparaît devant ses juges au Grand Arsenal. La condamnation tombe, Fouquet est condamné à être emprisonné à la forteresse de Pignerol dans le Pas de Suse (aujourd’hui en Italie) et tous ses biens reviennent à l’État (Vaux-le-Vicomte deviendra d’ailleurs propriété du Maréchal de Villars).

Malade, Fouquet est conduit à Pignerol par d’Artagnan qui tente d’adoucir son sort. Un sort qui s’aggrave dans la forteresse car Monsieur Bénigne Dauvergne de Saint-Mars dont il est à la charge a reçu ordre de le maintenir dans des conditions très rudes.

Nicolas Fouquet le 3 avril 1680 à Pignerol, du mois officiellement car une thèse émise par Gourville et Voltaire indique que l’ancien Surintendant aurait été libéré peu avant sa mort.

Lire :
– PETITFILS Jean-Christian : Fouquet, Perrin
– BLUCHE François : Louis XIV, Fayard
– MORAND Paul : Fouquet ou le Soleil offusqué, Gallimard

 

 

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6 septembre 1683 : Mort de Colbert

6 septembre 1683 : Mort de Colbert

Considéré comme l’archétype de grand commis scrupuleusement dévoué à l’État, l’homme qui mit fin à l’ascension de Nicolas Fouquet reste encore l’une des personnalités marquantes du Grand Siècle, puisqu’il resta plus de vingt-deux années au service du Roi Soleil. Né en 1619 dans une famille de la bourgeoisie drapière rémoise,…

6 septembre 2016

Dans « De Henri IV à Louis XVI »

25 juin 1673 : Mort de d'Artagnan au siège de Maastricht

25 juin 1673 : Mort de d’Artagnan au siège de Maastricht

Personnage devenu légendaire grâce à Courtilz de Sandras qui publia ses fausses mémoires et Alexandre Dumas, Charles de Batz de Castelmore d’Artagnan est finalement assez peu connu du public, même si sa figure reste encore attachante et populaire. Né vers 1611-1615 au Château de Lupiac, près d’Auch dans le pays d’Astarac…

25 juin 2015

Dans « Non classé »

9 mars 1661 : Disparition du Cardinal Jules Mazarin

9 mars 1661 : Disparition du Cardinal Jules Mazarin

Né le 14 juillet 1602 à Pescina dans les Abruzzes au sein d’une famille aux origines modestes, Jules Mazarin va gravir les échelons de la diplomatie pontificale grâce à son intelligence, son aisance intellectuelle et son obstination, sans jamais avoir reçu le sacrement de l’Ordination. – Pendant la Guerre de…

9 mars 2016

Dans « De Henri IV à Louis XVI »

11 juillet 2011
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Histoire & Culture

Aimé Picquet du Boisguy dit « le Petit Général » ; chef chouan

by Jérôme 6 juillet 2011

Né en 1776 à Fougères, Aimé Picquet du Boisguy n’a tout juste que dix-sept ans lorsque l’insurrection royaliste de mars 1793 le surprend.
Boisguy
– Alors qu’il se trouve sur le domaine familial en compagnie de son garde-chasse, les Paysans du lieu le désignent comme leur chef pour lutter contre les troupes Conventionnelles. Son frère Louis, participera activement aux combats lui aussi.

– Se retrouvant alors à la tête de plusieurs centaines d’hommes décidés, le jeune homme va se révéler un organisateur et un chef de guérilla hors-pair.
Avec ses hommes, il participe aux combats en Mayenne et à la Virée de Galerne aux côtés de l’Armée Catholique et Royale. Boisguy s’illustre notamment lors des batailles d’Entrammes, de Fougères et de Villedieu-les-Poêles.

– Après l’échec de la Virée de Galerne, le « Petit Général » se replie dans la région de Fougères. Profitant du soutien de la population rurale, il tient tout le Pays de Coglès, ainsi que l’est de l’Ille-et-Vilaine entre Fougères, Antrain et Vitré par la pratique des coups de mains et de la guérilla. Commandant alors à 2 000 paysans en armes, il est désigné Général de la Division des Chouans des Pays de Fougères et Antrain. En cela, il assure la liaison entre les chouanneries d’Ille-et-Vilaine (Pontbriand, du Bouays de Couësbouc, Boishamon…), avec celles de la Mayenne (Jean Chouan et Bourmont) et de la Basse-Normandie (Louis de Frotté, tué en 1800).

– En 1795, Aimé du Boisguy refuse de signer les accords de La Prévalaye avec les Républicains. Après la tragique expédition de Quiberon, lui est ses hommes  tendent une embuscade aux Bleus à La Chapelle-Saint-Aubert ,à l’issue de laquelle l’un des bataillons ayant participé aux exécutions de Quiberon est complètement décimé. Deux autres embuscades réussies ont lieu au Rocher de la Plochais et à la Bataillière. La même année, il participe encore avec succès à des combats en Basse-Normandie (le Tremblay et la Croix-Avranchin où il essuie de peu une défaite).

– Toutefois, en 1796, après être parvenu à pacifier le Morbihan, la Vendée et le Maine, le Général Lazare Hoche rabat ses forces sur l’Ille-et-Vilaine et la Basse-Normandie. Adaptant ses techniques de combat, il parvient à forcer Boisguy et ses chouans à abandonner le combat à leur tour.
Après une année de tranquillité, le jeune général est arrêté est enfermé à Saumur. Sa peine est adoucie grâce à l’intervention du Général Hédouville.

– En 1799, la chouannerie reprend en un temps en Bretagne et Boisguy fait partie du mouvement. Seulement, le nouveau Premier Consul Napoléon Bonaparte envoie le Général Guillaume-Marie Brune en Bretagne et les insurgés doivent se soumettre à nouveau en 1800.

– Aimé Picquet du Boisguy cesse alors de combattre et part s’installer à Paris pour vivre tranquillement. Après avoir été momentanément inquiété lors de la conspiration de la Machine infernale, il se marie avec Adélaïde Geneviève Charton en 1805.
Il veut se mettre au service de Louis XVIII et reprendre le combat lors de la Première Restauration mais doit abandonner l’idée lors des Cent Jours (1814). A son exemple, les vétérans du Pays de Fougères ne s’activent que très peu. Après l’abdication de Napoléon, Aimé Picquet du Boisguy sert dans l’Armée de la Restauration.

-Il quitte la vie militaire en 1830 lors de l’avènement de Louis-Philippe et succombe à une crise de goutte le 25 octobre 1839. Il sera inhumé au cimetière de Picpus.

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28 janvier 1794 : Mort de Henri de la Rochejaquelein

28 janvier 1794 : Mort de Henri de la Rochejaquelein

« Si j’avance, suivez-moi. Si je meurs vengez-moi. Si je recule, tuez-moi ! » – Né en 1772 à la Durbelière dans le Bas-Poitou, Henri de Rochejaquelin fut l’un des premiers chefs de l’Insurrection de la Vendée Catholique et Royale. Son engagement commence en mars 1793 à Saint-Aubin-de-Baubigné et est pris pour chef…

28 janvier 2016

Dans « 1715-1804 »

Brève - 29 mars 1796 : Charette est fusillé à Viarme

Brève – 29 mars 1796 : Charette est fusillé à Viarme

– Il reste sans doute l’un des chefs de la Vendée militaire les plus connus (et les plus hauts en couleurs), notamment parce qu’il a continué de lutter contre la Convention et le Directoire après les massacres de Savenay. – Né en 1763 à Couffé, François-Athanase de Charette de la…

29 mars 2016

Dans « 1715-1804 »

Hommage du ministre de la Défense au général Bigeard

Voici le texte intégral du discours prononcé par le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, à l’occasion du transfert des cendres du général Marcel Bigeard (1916-2010), au mémorial des guerres d’ Indochine, à Frejus. La cérémonie s’est déroulée ce mardi, 20 novembre, date anniversaire de l’opération « Castor », au…

21 novembre 2012

Dans « Non classé »

6 juillet 2011
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Histoire & Culture

Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 14

by Jérôme 2 juillet 2011

*** Échec ces Australiens au Nek et à l’Echiquier

– Le 6 août, le 6th (Victoria) Battalion du Major Henry Gordon Benett (1st AIF Division) doit attaquer de nuit sur « Steele’s Post » et sur la « Tranchée des officiers allemands », après que des équipes de sapeurs eurent miné les tranchées turques. Mais si les Australiens parviennent à faire sauter deux mines, ensevelissant des soldats ennemis, les Turcs ripostent avec de l’artillerie. A 00h35, les Australiens montent à l’assaut, pour se faire violemment repousser par les tirs de mitrailleuses et d’armes légères provenant de « Quinn’s Post », de « Johnston’s Jolly » et de la « Crête du Mortier ».

– Le Lt.Colonel Brudenell White, chef d’état-major de la 1st Australian Division fait savoir à Gordon Benett que ces positions turques doivent tomber et lui intime l’ordre de lancer un nouvel assaut. La seconde attaque est tout aussi infructueuse mais le Brigadier.General Forsyth, commandant de la 2nd Australian Brigade ordonne de lancer une troisième attaque… qui échoue.

– Constatant l’échec en face de « Steele’s Post » et de la « Tranchée des Officiers allemands », Birdwood et Skeen son inquiets pour la suite, car cela ne peut soulager les attaques Autralo-Néo-Zélandaise sur le « Nek », Çunuk Bahr, « Lone Pine Ridge », « L’échiquier » et la « Crête de l’Homme mort ». William Birdwood s’obstine néanmoins et  tente le tout pour le tout ; soit une attaque contre le « Nek » et « l’Echiquier » avec la 3rd Australian Light Horse Brigade de Frederick Godfrey Hughes (8th, 9th et 10th Light Horse Regiments). L’attaque doit s’effectuer par quatre vagues de 150 hommes – avec le 8th (Victoria) LH. en tête, après un bref bombardement préparatoire. Celui-ci a lieu à 04h00 du matin. C’est le Lt.Colonel Alexander White qui mène l’assaut.

Source : http://www.diggerhistory.info/

Source :
http://www.diggerhistory.info/

– Le premier assaut – celui du 8th LH. – a lieu à 04h30 et échoue dans le sang. Le Lt.Col. White est tué. Le second assaut est mené peu après avec le 9th Light Horse… Il en résulte le même massacre. Le Lt.Colonel Noel Brazier, commandant du 10th LH fait savoir au commandant en second de la 3rd ALH Brigade, le Lt.Colonel Jack Antill, qu’une nouvelle attaque ne fera que conduire ses soldats au suicide pur et simple. Mais Antill – qui pense à tort que l’attaque du 8th LH a été un succès – ordonne à Brazier de lancer ses troisième et quatrième vagues. Mais alors que Brazier débat fermement avec ses supérieurs, le 10th LH. lance le troisième assaut pour être presque anéanti en peu de temps. En moins d’une heure, 606 soldats australiens ont été perdus, dont 234 tués.

– Une autre attaque simultanée doit avoir lieu contre dans la « Vallée de Monash », entre « Russel’s Top » et « Pope’s Hill », avec les Anglo-Gallois du 8th Bn. Royal Welch Fusiliers. Mais en raison de l’échec des Australiens contre le « Nek », l’idée est vite abandonnée le 7 août.
De son côté, le 1st (New South Wales) LH. reçoit l’ordre d’attaquer la « Crête de l’Homme mort » par Waterfall Gully, secteur tenu par le 3e Bataillon du 27e Régiment turc. Mais cette nouvelle tentative tourne aussi au carnage. Enfin, l’attaque du 2nd Light Horse échoue également devant « Quinn’s Post » face aux mitrailleuses turques.

Source : http://www.militarian.com/

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http://www.militarian.com/

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Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 12

Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 12

– LES OFFENSIVES D’AOÛT 1915 (Première partie) 1 – IMPASSE AU CAP HELLES – Au cours du mois de juillet, alors qu’un soleil de plomb s’abat sur les tranchées alliées et turques, le général Hamilton décide de modifier son axe offensif. Le VIIIth Corps, placé sous le commandement du Lieutenant.General…

19 août 2015

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Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 8

Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 8

– BAIN DE SANG AU CAP HELLES – Les Britanniques sont plus réalistes quant aux forces turques défendant le Cap Helles. Ils savent que les troupes de von Sanders les attendent sur les plages « V » et « W » mais les Anglais sont aussi inquiets quant à débarquer…

25 avril 2015

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Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 7

Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 7

– LE BAPTÊME DE FEU DE L’ANZAC – Pour le débarquement de la 1st Australian Division (AIF), son commandant Sir William Bridges prévoit de faire accoster la 3rd Brigade du Colonel Ewen Sinclair-MacLagan. Écossais natif d’Edimburgh, Sinclair-MacLagan était l’un des seuls officiers professionnels à commander dans les rangs australiens. Celui-ci…

25 avril 2015

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2 juillet 2011
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Histoire & Culture

Campagne de 1814 – 29 janvier : Victoire de Brienne

by Jérôme 29 juin 2011

Après la grave défaite de Leipzig en octobre 1813, Napoléon a dû replier sa Grande Armée sur l’Elbe, puis sur le Rhin qui est franchi le 7 novembre. Une plus grande catastrophe a pu être évitée grâce aux talents manœuvriers du Prince Eugène de Beauharnais qui a réussi à stabiliser la situation sur l’Elbe.
Battle_of_Brienne_Napoleon_vs_Cossacks
Passé l’hiver 1813-1814, Napoléon se retrouve avec une armée considérablement réduite. En effet, il ne dispose en tout et pour tout que de 150 000 hommes pour défendre l’Est de la France face à une coalition Prusso-Austro-Russo-Bavaro-Suédoise  (en plus de Hanovriens, Hessois, Saxons, Bavarois et  Wurtembergeois) qui réunit près de 1 million d’hommes ; soit un rapport de forces défavorable à l’Empereur de 1 contre 6,5. Les forces coalisées sont partagées en trois Armées : Nord (Jean-Baptiste Bernadotte), Silésie (Gebhard Leberecht von Blücher) et Bohême (Karl Philip von Schwartzenberg).

Au début du mois de janvier, après la chute de Saint-Avold, le Maréchal Louis Viette Marmont laisse une forte garnison commandée par Durutte à Metz pour retarder l’ennemi pendant qu’il se replie sur le département de l’Aube, à Vitry.
Les 25-26 janvier, Blücher, avec ses Prusso-Russes, débouche depuis la Lorraine opère sa jonction avec Schwarzenberg à entre Troyes et Brienne.

Remarquant qu’un point faible existe entre Schwarzenberg et Blücher, Napoléon décide alors d’attaquer le Prussien sur Brienne pour lui couper la route de Troyes. La ville de Brienne est en somme tout symbolique pour l’Empereur qui y a effectué ses premières années d’études au collège militaire.
Le 27 janvier, le Général Édouard Milhaud, l’un des meilleurs manieurs de cavalerie de l’Empire, charge contre les forces de Blücher à Saint-Dizier et les repousse.

Le 28 janvier, guidé par le Curé de Brienne qui a reconnu l’Empereur, avec 30 000 hommes, Napoléon et le Maréchal Edouard-Adolphe Mortier attaquent Blücher à Brienne par un mouvement de tenaille ; l’Empereur sur les arrières et Mortier en tête de la colonne ennemie. Mais suite à la capture d’un officier d’ordonnance impérial, Blücher est mis au courant des plans français et renforce son dispositif sur Brienne avec les Russes de Fabian Gottlieb von Osten-Sacken et Zakhar Dm. Olsoufiev. Pendant toute la journée du 28, les Français tentent de reprendre Brienne par des chemins difficilement praticables mais sont repoussés à chaque tentative.

Une nouvelle attaque a lieu pendant la nuit pour mieux profiter de l’effet de surprise. Blücher doit quitter précipitamment le château dominant Brienne pour ne pas être capturé, pendant que les Français parviennent à reprendre Brienne à s’y accrocher. Les combats sont particulièrement féroce, Mortier et Napoléon payant même de leur personne et le Maréchal Louis-Alexandre Berthier est gravement blessé à la tête. Un Cosaque vient même se ruer sur l’Empereur lance au poing avant d’être arrêté au mousquet par l’aide de camp Gaspard Gourgaud. Un bataillon s’ancre dans la ville et résiste tout le reste de la nuit.

Blücher finit par se retirer dans l’ordre le lendemain. 3 000 hommes ont été tués et blessés de part et d’autre.

Sources :
– http://www.napoleon-empire.net

 

Les forces coalisées sont partagées en trois Armées : Nord (Jean-Baptiste Bernadotte), Silésie (Gebhard Leberecht von Blücher) et Bohême (Karl Philip von Schwartzenberg).


Au début du mois de janvier, après la chute de Saint-Avold, le Maréchal Louis Viette Marmont laisse une forte garnison commandée par Durutte à Metz pour retarder l’ennemi pendant qu’il se replie sur le département de l’Aube, à Vitry.
Les 25-26 janvier, Blücher, avec ses Prusso-Russes, débouche depuis la Lorraine opère sa jonction avec Schwarzenberg à entre Troyes et Brienne.

Remarquant qu’un point faible existe entre Schwarzenberg et Blücher, Napoléon décide alors d’attaquer le Prussien sur Brienne pour lui couper la route de Troyes. La ville de Brienne est en somme tout symbolique pour l’Empereur qui y a effectué ses premières années d’études au collège militaire.
Le 27 janvier, le Général Edouard Milhaud, l’un des meilleurs manieurs de cavalerie de l’Empire, charge contre les forces de Blücher à Saint-Dizier et les repousse.

Le 28 janvier, guidé par le curé de Brienne qui a reconnu l’Empereur, Napoléon et le Maréchal Edouard-Adolphe Mortier attaquent Blücher à Brienne par un mouvement de tenaille ; l’Empereur sur les arrières et Mortier en tête de la colonne ennemie. Mais suite à la capture d’un officier d’ordonnance impérial, Blücher est mis au courant des plans français et renforce son dispositif sur Brienne avec les Russes de Fabian Gottlieb von Osten-Sacken et Zakhar Dm. Olsoufiev. Pendant toute la journée du 28, les Français tentent de reprendre Brienne par des chemins difficilement praticables mais sont repoussés à chaque tentative.

Une nouvelle attaque a lieu pendant la nuit pour mieux profiter de l’effet de surprise. Blücher doit quitter précipitamment le château dominant Brienne pour ne pas être capturé, pendant que les Français parviennent à reprendre Brienne à s’y accrocher. Les combats sont particulièrement féroce, Mortier et Napoléon payant même de leur personne et le Maréchal Louis-Alexandre Berthier est gravement blessé à la tête. Un Cosaque vient même se ruer sur l’Empereur lance au poing avant d’être arrêté au mousquet par l’aide de camp Gaspard Gourgaud Un bataillon s’y ancre et résiste tout le reste de la nuit.

Blücher finit par se retirer dans l’ordre le lendemain. 3 000 hommes ont été tués et blessés de part et d’autre.

Source :
– http://www.napoleon-empire.net

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Campagne de 1814 (Italie) - 8 février : Victoire du Prince Eugène au Mincio

Campagne de 1814 (Italie) – 8 février : Victoire du Prince Eugène au Mincio

En 1814, les Autrichiens veulent s’assurer le contrôle du Milanais en vue de reprendre l’ensemble du Royaume des Deux Siciles. Vienne veut remettre la main sur le Royaume de Naples que Napoléon a octroyé à son beau-frère Joachim Murat, l’époux de Caroline Bonaparte. Vienne envoie alors une armée sous le…

8 février 2016

Dans « Grande Armée »

Campagne de 1814 - 10 février : Victoire de Champaubert

Campagne de 1814 – 10 février : Victoire de Champaubert

Le 8 février 1814, une semaine après la bataille de La Rothière, la situation est la suivante. L’Empereur a scindé ses forces en trois forces principales, du moins avec ce qui lui reste. Au nord, le Maréchal Etienne MacDonald Duc de Tarente a partagé lui-même ses unités en deux corps.…

10 février 2014

Dans « Non classé »

Maréchal Michel Ney, « le rougeaud » ou « le brave des braves » de la Moskowa

Maréchal Michel Ney, « le rougeaud » ou « le brave des braves » de la Moskowa

– Le Général Jean-Adoche Junot disait de lui : « c’est un brave homme que Ney ; c’est dommage qu’il soit ce que nous appelons un mauvais coucheur. ». Colérique, emporté, orgueilleux mais au courage et à l’intrépidité légendaires, Michel Ney reste sans conteste l’une des personnalités les plus incontournables de la Grande Armée. Même si…

7 décembre 2015

Dans « Grande Armée »

29 juin 2011
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Histoire & Culture

25 février 1796 : exécution de Jean-Nicolas Stofflet

by Jérôme 26 juin 2011

Jean Nicolas Stofflet, né en 1753 en Lorraine, sert d’abord comme soldat dans l’Armée de Louis XV et Louis XVI dans un Régiment Suisse. Il devient ensuite garde-chasse pour le service du Comte de Colbert-Maulévrier.

– En 1793 il rejoint l’Insurrection vendéenne et combat sous
les ordres de Maurice d’Elbée à Fontenay, Cholet, Saumur, Beaupréau et Antrain.
Il succède à Henri de la Rochejacquelin tué en 1794 comme chef de l’Armée Catholique et Royale et s’établit dans la forêt de Vezins. Ses querelles avec Charette et les difficultés que rencontrent les Vendéens le conduisent à accepter les clauses du Traité de Saint-Florent-le-Vieil (1795).

– Il reprend le combat en 1796, soutenu depuis l’Italie par le Comte de Provence qui l’a bombardé Maréchal de Camp. Il échoue dans sa tentative de reprendre le contrôle de la Vendée. Il est est pris et fusillé à Angers le 25 février 1796.

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25 juin 1804 : Mort de Georges Cadoudal

25 juin 1804 : Mort de Georges Cadoudal

Figure incontournable de la Chouannerie, chef courageux et droit, Georges Cadoudal fut un remarquable meneur d’hommes et un fin organisateur. Sa fin tragique est sans doute aussi grande que sa vie. Fils de Louis Cadoudal et de Jeanne Le Bayon, né le jour de l’an 1771 à Kerléano, petit village…

25 juin 2015

Dans « Non classé »

Général Nicolas Dahlmann

Général Nicolas Dahlmann

Fils d’un Trompette de Régiment Royal Dauphin Cavalerie, Nicolas Dahlmann voit le jour à Thionville le 7 novembre 1769. En 1777, il entre déjà dans les rangs de l’Armée de Louis XVI comme enfant de troupe. Sa famille a des origines au sein de la noblesse de Souabe. – Le jeune…

10 février 2016

Dans « Grande Armée »

Général Comte d'Empire Etienne Heudelet de Bierre

Général Comte d’Empire Etienne Heudelet de Bierre

Fils d’un commis à la direction de la Ferme Générale, Etienne Heudelet de Bierre voit le jour le 12 novembre 1770 à Dijon. Après sa scolarité il s’engage rapidement dans l’Armée Royale avant d’obtenir le grade de Lieutenant au 3e Bataillon des Volontaires de la Côte-d’Or en 1792. Comme beaucoup…

20 avril 2015

Dans « Non classé »

26 juin 2011
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Histoire & Culture

Blaise Pascal : homme de science et de foi

by Jérôme 21 juin 2011

Blaise Pascal (1623-1662)

.

Inventeur de la machine à calculer et défenseur inconditionnel du christianisme. Géomètre scrupuleux et grand mystique : la dualité entre science et foi traverse toute l’oeuvre de cet immense écrivain français, sans jamais vraiment entrer en contradiction. On peut résumer son combat à celui de la vérité, en général, qui se manifeste aussi bien dans les vérités scientifiques que métaphysiques :

« L’homme est un roseau pensant »

Cette célèbre phrase souligne bien le caractère paradoxal de la  nature humaine : l’homme est doué de raison mais reste un être fragile, perdu dans une immensité qui le dépasse, et ayant besoin de la grâce divine pour être sauvé. La pensée apparaît donc comme ce qui révèle à la fois la grandeur et la misère de l’humanité. Voici un extrait des pensées (1669), œuvre posthume regroupant des  fragments probablement destinés à former une apologie du christianisme, qui illustre bien la grandeur la misère de l’être humain:

« Car enfin qu’est-ce que l’homme dans la nature ? Un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout. Infiniment éloigné de comprendre les extrêmes, la fin des choses et leur principe sont pour lui invinciblement cachés dans un secret impénétrable, également incapable de voir le néant d’où il est tiré, et l’infini où il est englouti » (Pensées, Blaise Pascal, éd. Gallimard , coll. Folio classique, 1977, fragment 185, p. 154)

Le philosophe est aussi connu pour le fameux « pari » qu’il pose au sujet de Dieu et du choix tragique auquel chaque être humain est soumis au cours de son existence.

 

(Extrait du film « Blaise Pascal » de Rossellini © 1972.)

P.H.

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Gustave Thibon : un penseur de l'espérance

Gustave Thibon : un penseur de l’espérance

Lu dans Le Spéctacle du monde :  » Gustave Thibon demeure certainement le penseur français d’après la Seconde Guerre mondiale le plus clair, le plus profond et le plus édifiant. Il incarne l’homme religieux de l’ancienne France qui combat les affres du monde moderne tout en conservant un scepticisme de bon aloi. Mystique chrétien…

1 septembre 2012

Dans « Non classé »

Grand discours : cardinal Pacelli ( futur Pie XII), la vocation chrétienne de la France

Grand discours : cardinal Pacelli ( futur Pie XII), la vocation chrétienne de la France

Chers lecteurs, France-Histoire-Espérance vous propose de redécouvrir le fameux discours sur la vocation de la France, prononcé le 13 juillet 1937-dans la chaire de Notre-Dame de Paris-par son éminence le cardinal Eugenio Pacelli, futur pape Pie XII. Un discours plus que jamais d’actualité !  « Tandis que dans la majesté des fonctions liturgiques,entouré…

23 septembre 2013

Dans « Non classé »

Nicolas Sarkozy; Discours du Latran

Nicolas Sarkozy; Discours du Latran

Voici des extraits du discours prononcé le 20 décembre 2007, au Vatican, où le président de la République d’alors rappelle le lien particulier qui unit la France à l’Église catholique. Un discours qui s’inscrit pleinement dans la ligne éditoriale de France-Histoire-Espérance. « En me rendant ce soir à Saint-Jean de Latran, en acceptant…

3 avril 2012

Dans « Non classé »

21 juin 2011
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Histoire & Culture

29 août : Fête de Sainte Jeanne Jugan

by Jérôme 10 juin 2011

Née le 25 octobre 1792 à Cancale au Hameau des Petites-Croix dans une famille pauvre mais pieuse, Jeanne Jugan entre d’abord au service de la Vicomtesse de la Choué comme aide-cuisinière.
Jeanne Jugan
Entre 1810 et 1817, ressentant lavocation de servir Dieu, elle refuse la demande en mariage d’un jeune marin et vient s’installer à Saint-Servan, alors bourg maritime qui jouxte Saint-Malo pour devenir aide à l’Hôpital du Rosais. C’est alors qu’elle se met à visiter les pauvres et les malades et obtient son affiliation au Tiers-Ordre des Filles du Sacré-cœur.

En 1837, elle loue avec l’une de ses amies, Françoise Aubert surnommée Fanchon, un appartement dans le Centre de Saint-Servant pour y accueillir les personnes âgées, pauvres, malades et infirmes. La première pensionnaire se nomme Anne Chauvin et la premières Maison des Servantes des Pauvres, puis des Petites Sœurs des Pauvres est née.

Mais laissons parler l’actuel Pape Émérite Benoît XVI qui canonisa Jeanne Jugan le 11 octobre 2009 (le Bienheureux Jean-Paul II l’ayant béatifiée en 1982) : « Par son œuvre admirable au service des personnes âgées les plus démunies, Sainte Marie de la Croix est aussi comme un phare pour guider nos sociétés qui ont toujours à redécouvrir la place et l’apport unique de cette période de la vie. Née en 1792 à Cancale, en Bretagne, Jeanne Jugan a eu le souci de la dignité de ses frères et de ses sœurs en humanité, que l’âge a rendus vulnérables, reconnaissant en eux la personne même du Christ. ‘Regardez le pauvre avec compassion, disait-elle, et Jésus vous regardera avec bonté, à votre dernier jour’. Ce regard de compassion sur les personnes âgées, puisé dans sa profonde communion avec Dieu, Jeanne Jugan l’a porté à travers son service joyeux et désintéressé, exercé avec douceur et humilité du cœur, se voulant elle-même pauvre parmi les pauvres. Jeanne a vécu le mystère d’amour en acceptant, en paix, l’obscurité et le dépouillement jusqu’à sa mort. Son charisme est toujours d’actualité, alors que tant de personnes âgées souffrent de multiples pauvretés et de solitude, étant parfois même abandonnées de leurs familles. L’esprit d’hospitalité et d’amour fraternel, fondé sur une confiance illimitée dans la Providence, dont Jeanne Jugan trouvait la source dans les Béatitudes, a illuminé toute son existence. Cet élan évangélique se poursuit aujourd’hui à travers le monde dans la Congrégation des Petites Sœurs des Pauvres, qu’elle a fondée et qui témoigne à sa suite de la miséricorde de Dieu et de l’amour compatissant du Cœur de Jésus pour les plus petits. Que sainte Jeanne Jugan soit pour les personnes âgées une source vive d’espérance et pour les personnes qui se mettent généreusement à leur service un puissant stimulant afin de poursuivre et de développer son œuvre ! »

Sainte Jeanne Jugan pousse son dernier souffle au noviciat de Saint-Pern, le 29 août 1879.

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15 mars : fête de Sainte Louise de Marillac

15 mars : fête de Sainte Louise de Marillac

Louise de Marillac naît le 12 août 1591 à Ferrières-en-Brie. On ne connaît pas sa mère mais on sait qu’elle est la fille de Louis Ier de Marillac (1556-1604), Seigneur de Ferrières-en-Brie et de Villiers-Adam, officier au service d’Henri III et d’Henri IV. Cependant, la petite Louise se voit octroyer…

15 mars 2016

Dans « Les Grands Saints de l’histoire de France »

Jeanne d'Arc vue par Benoit XVI

Jeanne d’Arc vue par Benoit XVI

Alors que l’on commémore le sixième centenaire de la naissance de la pucelle d’Orléans, voici le portrait qu’en fit Benoit XVI au cours de l’audience générale du 26 janvier 2011, à Rome. Un point de vue intéressant, et même nécessaire, pour mieux comprendre ce personnage qui a tant marqué l’histoire…

29 mars 2012

Dans « Non classé »

19 mai : Fête de Saint-Yves, Saint Patron de la Bretagne et des Hommes de Loi

19 mai : Fête de Saint-Yves, Saint Patron de la Bretagne et des Hommes de Loi

De Saint Yves, nous avons très peu de sources étant donné que l’homme n’a pas laissé d’écrits. Peu de chroniqueurs de l’époque ont consacré leur plume à mettre sa vie par écrit. En revanche, si les sources dont on dispose ne sont pas nombreuses  elles sont bien authentiques quant à…

19 mai 2016

Dans « Figures de l’Eglise »

10 juin 2011
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Histoire & Culture

Chronique de la Grande Guerre : les systèmes d’alliances européens

by Jérôme 8 juin 2011

Après la guerre de 1870, le concert européen connaît une certaine mutation en faveur de l’Allemagne Grâce au chancelier Otto von Bismarck qui cherche à préserver l’équilibre européen en recherchant le soutien de ses puissants voisins. Toutefois, les inquiétudes causées par la place que prend l’Allemagne en Europe vont partager le continent en deux systèmes d’alliances qui vont donner naissance à une véritable tectonique des puissances entre l’héritage du « système bismarckien » d’un côté et « systèmes Delcassé » de l’autre.
Triple_Entente

1 – LA TRIPLICE

Après la défaite de 1870, la France sort affaiblie et isolée sur la scène européenne. Entre 1871 et 1887, Otto von Bismarck réussit à maintenir la France dans son isolement grâce à un système complexe d’alliances qui porte son nom. Le premier, baptisé « Entente des Trois Empereurs » que Bismarck voulait comme une nouvelle « Sainte Alliance » reposait sur des accords de soutien mutuel entre Berlin, Vienne et Saint-Pétersbourg. La première Triplice est née Mais suite à la frustration des russes d’avoir été pris de vitesse par les Autrichiens au sujet de l’indépendance de la Bulgarie, de nouveaux traités sont négociés.
2 – La seconde Triplice

Bismarck mise alors sur une série de pactes bilatéraux censés favoriser l’équilibre entre puissances d’Europe. D’une part, en 1887, Herbert von Bismarck (fils du chancelier) et le Comte Chalmov signent le « Traité de Réassurance » avec la Russie qui assure Berlin de sa neutralité en cas de guerre contre la France pendant que le Reich se déclare tout aussi neutre si les Russes interviennent militairement dans la région du Détroit du Bosphore. Enfin, Russie et Allemagne commencent à entretenir de très bonnes relations commerciales (produits agricoles et soutien des banques allemandes aux titres russes).

Otto von Bismarck

Otto von Bismarck

L’Autiche reste l’allié le plus sûr de Berlin en Europe, les deux grands pays ayant soldé la défaite de Sadowa sur le plan de la diplomatie. En outre, le Premier Ministre de l’Empereur L’Alliance prévoit un soutien militaire mutuel en cas d’agression et de guerre. En outre, l’Allemagne laisse Vienne traiter comme elle l’entend la question des Balkans, l’Empire Ottoman qui perd de l’influence et de l’impuissance dans cette région. Un premier pacte austro-italien est signé pour garantir le statu quo sur la question des Balkans.

Avec l’Italie, les choses sont plus complexes. Bismarck doit tenir compte de l’irrédentisme italien et des revendications territoriales du jeune Royaume de Victor-Emmanuel II sur les côtes balkaniques (Istrie, Trieste, Mer Adriatique, Rhodes), ce qui va bien sûr à l’encontre des ambitions territoriales autrichiennes dans la même région.

Parallèlement, un traité germano-italien signé entre Bismarck et Francesco Crispi est lui aussi signé affirmant que le Reich soutiendra militairement l’Italie en cas de conflit ouvert avec la France en Afrique du Nord. Rappelons qu’en 1882, Rome et Paris avait frôlé la guerre à propos de la Tunisie. Mais ce point d’accord laisse Bismarck sceptique car l’Allemagne n’aurait rien à gagner si elle devait intervenir en faveur de l’Italie sur des questions coloniales. D’autant plus, comme le fait remarquer P. Milza, Bismarck et même la Grande-Bretagne avaient soutenu la conquête française de la Tunisie. Pour Bismarck, il s’agissait déjà d’éloigner la France du concert européen en fixant son attention sur l’expansion coloniale

Les pactes formant la Triple-Alliance sont signés à Berlin le 20 février 1887 et consacrent l’apogée des systèmes bismarckiens. L’Allemagne s’affirme comme la première puissance économique d’Europe grâce au dynamisme de sa démographie (70 millions d’Allemands contre 38 millions de Français), de son économie et de son industrie. Notons qu’à l’époque France est en « recueillement », d’autant plus que la jeune IIIe République doit s’affirmer, autant sur le plan intérieur qu’extérieur. Ainsi, en 1885, contre une partie de l’opinion publique revancharde, Jules Ferry lance la France dans l’expansion coloniale en Afrique et en Algérie. Bismarck, qui n’envisage aucune politique coloniale de grande ampleur, voit d’un bon œil que les Français se détournent de toute volonté de revanche.

Toutefois, plusieurs éléments vont gripper les rouages diplomatiques construits par Bismarck et permettre à la France de revenir dans le système européen.

3 – La troisième Triplice

En 1888, le jeune empereur Guillaume II commence son rêve d’ériger l’Allemagne non plus seulement une puissance européenne mais une puissance mondiale. Par conséquent, il faut donner au Reich un empire colonial avec des possessions en Afrique et en Asie. Guillaume II va très vite entrer en conflit avec Bismarck qu’il fait remplacer par Leo von Caprivi, plus favorable à sa politique. Que ce soit avec le développement de la Kriegsmarine ou bien avec la course aux armements à venir, les volontés de puissance de Guillaume II vont inquiéter Londres et Saint-Pétersbourg. A propos des relations germano-russes, celles-ci connaissent un refroidissement certain lorsqu’en 1888, les banques allemandes arrêtent leur soutien aux titres russes. Refroidissement aggravé en 1890 quand Guillaume II refuse de renouveler le Traité de Réassurance.
Toutefois, le 6 mai 1891, peu avant le renversement du Gouvernement Crispi, le pacte d’alliance germano-italien est renouvelé. En dépit des réticences de von Caprivi peu enclin à soutenir militairement les ambitions coloniales italiennes en Méditerranée en cas de conflit avec la France, Berlin garantit à Rome son appui pour maintenir le statu quo existant avec Paris pour la Tunisie, la Cyrénaïque et la Tripolitaine. Il faut dire que les diplomates allemands sont inquiets, à raison, de la tournure que prennent les relations franco-russes. D’autre part, on conclut un accord de coopération économique entre membres de l’alliance. Enfin, la Triple Alliance est renouvelée en 1896.

Seulement, l’Autriche va se révéler être un allié plus fiable pour Berlin que l’Italie. Ainsi, l’Italie va rester neutre en 1914 lors du déclenchement du conflit. Rome avancera souvent le principe que la Triple-Alliance a d’abord une vocation défensive et non d’agression. D’autre part, en juin 1902, grâce aux efforts de Théophile Delcassé et de Camille Barrère Ambassadeur de France à Rome, la France et l’Italie vont solder leur contentieux colonial en Afrique du Nord. Ainsi, selon les clauses d’un accord secret signé entre Paris et le Gouvernement de Zanardelli, la Tunisie est laissée à Paris (avec le droit octroyé aux résidents italiens de conserver leurs propres écoles) en échange des mains libres pour la colonisation de la Libye. Enfin, l’Italie s’engage à rester neutre en cas de guerre entre l’Allemagne et la France. Lorsque l’on alerte le Chancelier Bernhard von Bülow sur les potentiels dangers que peut entraîner le rapprochement entre Paris et Rome, il se veut flegmatique par sa réponse : « Un mari ne se montre pas inquiet lorsque sa femme s’en va faire un pas de danse avec un autre. »

2 – GESTATION ET NAISSANCE DE LA TRIPLE-ENTENTE

1 – L’alliance entre la France et la Russie

Tout d’abord, en 1888, les banques allemandes retirent leur soutien aux titres russes. Les Russes se retrouvent en concurrence avec les Autrichiens dans la question des Balkans – Saint-Pétersbourg souhaitant obtenir un accès à la Méditerranée par le biais d’alliés – mais aussi à la Grande-Bretagne en ce qui concerne les zones d’influence en Afghanistan et en Perse. Saint-Pétersbourg a donc besoin de diversifier ses alliances et décide de se tourner vers Paris. Des premiers contacts ont lieu dès 1889 entre diplomates russes et français. D’abord officieux, ils deviennent officiels comme la visite de Sadi-Carnot auprès de Nicolas II à Saint-Pétersbourg. De l’autre côté, la France a besoin d’un allié pour contrer l’Allemagne si besoin ; ce qui fait dire à Pierre Milza que la IIIe République parlementaire anticléricale et se réclamant de la Révolution Française ne va pas hésiter à s’allier avec son contraire, soit la Sainte Russie Orthodoxe gouvernée par un autocrate.
Une première alliance économique franco-russe, qui donnera naissance aux emprunts russes est signée à Saint-Pétersbourg en 1892, suivie très vite par une convention militaire tournée à la fois contre l’Allemagne (souhait de la France) mais aussi contre la Grande-Bretagne (souhait de la Russie) au cas où les tensions se feraient plus vives sur la question d’Asie Centrale. On retrouve là, un schéma stratégique qui n’est absolument pas nouveau dans l’histoire des relations franco-russes. Ainsi, lors de la Guerre de Sept Ans, Louis XV et l’Impératrice Elizabeth Petrovna s’étaient alliés contre Frédéric II et en 1807, par la Paix de Tilsit, Napoléon souhaitait qu’Alexandre Ier maintienne une pression militaire sur les frontières est de la Prusse. Cette alliance est consacrée en 1894 lorsque les représentants du Gouvernement Combes ratifient l’alliance avec la Russie à Compiègne devant le Tsar et la Tsarine. La France est sortie de l’isolement et mieux, son principal allié peut menacer les frontières orientales du Reich allemand. Comme nous avons pu le voir avec la course aux armements, cette nouvelle donnée géopolitique contraint Guillaume II à abandonner le développement de la Marine de guerre au profit de l’armement terrestre.

Toutefois, si la diplomatie française fait montre de peu d’anglophilie à l’époque en raison de la concurrence coloniale qui régit les relations entre Londres et Paris, les chefs militaires français ne sont absolument pas enthousiastes à l’idée de devoir affronter la Royal Navy.
Mais comme l’a bien montré Pierre Milza, l’alliance franco-russe va montrer plusieurs fois ses limites. Mais cela tient du fait que l’un ou l’autre allié a été spectateur de tensions ou de guerre dans lesquelles il n’avait aucun intérêt à tirer. Ainsi, en 1904-1905, la France assiste en spectatrice à la guerre russo-japonaise même si elle autorise les navires de la Flotte de la Baltique à croiser au large des côtes de la Manche. En outre, en 1909, Saint-Pétersbourg se contentera de soutenir verbalement la France lors de la crise d’Agadir mais les Russes feront comprendre aux Français que le Tsar n’entrera pas en guerre contre l’Allemagne pour une affaire coloniale qui ne la concerne pas. Quoi qu’il en soit, force est de constater que l’alliance franco-russe demeure relativement solide concernant les affaires européennes.


3  – L’Entente cordiale ; la naissance du « système Delcassé »

En 1898, les opinions françaises et britanniques voient chacune la possibilité d’une guerre entre les deux grandes nations. En effet, en octobre, Lord Horatio Kitchener* achève la conquête du Soudan avec une armée anglo-égyptienne contre les Mahdistes suite à la victoire d’Omdourman. Kitchener arrive ensuite au poste de Fachoda où campe le Capitaine Jean-Baptiste Marchand avec un groupe de tirailleurs du Sénégal. Absolument pas en position de résister, Marchand est contraint à la négociation avec les Britanniques. Il doit quitter le poste et repartir vers la Mer Rouge. En France, les nationalistes (de gauche comme de droite) se répandent en anglophobie dans la presse. L’opinion française va même jusqu’à soutenir les Boers – montés en héros – face à l’armée anglaise en Afrique du Sud. Au sein des deux gouvernements, on craint la guerre. Pour éviter l’humiliation, le Ministre des Affaires étrangères Théophile Delcassé songe d’abord à résister mais Chodron de Courcelles alors ambassadeur à Londres lui fait savoir que la Grande-Bretagne est prête à entrer en guerre.

Théophile Delcassé

Théophile Delcassé

De son côté l’état-major français fait immédiatement savoir au Gouvernement Dupuy que si la guerre éclate entre les deux puissances, la Marine française est certaine de connaître une défaite humiliante face à la Royal Navy. Réaliste, Delcassé, alors nouveau Ministre des Affaires étrangères, choisit la voie de la négociation avec le Gouvernement Salisbury. Finalement, un accord d’entente coloniale est signé le 21 mars 1899 afin de régler définitivement les « frontières » entre les deux empires coloniaux.

Il est grandement aidé dans cette tâche par Paul Cambon alors Ambassadeur de France. Le pari de Delcassé est rationnel. Il sait que la France a besoin de la Grande-Bretagne face aux puissances centrales européennes. D’une part, avec la Weltpolitik de Guillaume II qui souhaite voir l’Allemagne acquérir des colonies en Afrique et en Asie, la Grande-Bretagne craint pour la sécurité des routes maritimes de son Empire, notamment Suez et Bonne-Espérance. Grâce à une intense modernisation de la Royal Navy (construction des cuirassés de dernière génération de classe Dreadnought), Lord Fisher Premier Lord de l’Amirauté a réussi à distancer les Allemands dans ce domaine stratégique. Mais les Britanniques en sont de plus en plus convaincus ; l’Allemagne tente de prendre une position hégémonique en Europe et dans le Monde. Il faut donc maintenir l’équilibre au nom du sacro-saint principe de la Balance of Powers.

Robert Gascoyne-Cecil Lord Salisbury

Robert Gascoyne-Cecil Lord Salisbury

La Grande-Bretagne va donc décider de sortir de son « splendide isolement » et de se rapprocher de la France. De son côté, grâce à l’action de Paul Cambon Ambassadeur de France à Londres qui joue les intermédiaires entre le Ministère des Affaires étrangères et le Foreign Office, Théophile Delcassé réussit à convaincre la diplomatie française et le gouvernement au rapprochement avec Londres.
Finalement, le 8 avril 1904, Londres et Paris signent un Traité d’Entente cordiale. Les Français reconnaissent définitivement la domination anglaise sur le Soudan, tandis que Londres fait de même en faveur du Protectorat français sur le Maroc. Ainsi, en 1909 lors de la crise d’Agadir, les Britanniques joueront la modération face à l’escalade mais soutiendront une résolution diplomatique en faveur de la France sur la question marocaine.

4 – La Triple Entente

Pour Théophile Delcassé, une autre équation reste à résoudre. La France est maintenant alliée à la Russie et à la Grande-Bretagne, or Britanniques et Russes se perçoivent toujours mutuellement comme une menace sur les questions perse et afghane. Ajoutons même que lors de la Guerre russo-japonaise, Londres avait envoyé des observateurs et même des conseillers militaires à Tokyo pour aider la nouvelle puissance asiatique dans le domaine naval. Pour contrer les puissances continentales européennes, il faut donc que Saint-Pétersbourg et Londres se rapprochent, d’autant plus que Londres et Paris se sont inquiétées lorsque « Willi » (Guillaume II) s’est entendu avec son cher cousin « Nikki » (Nicolas II) sur la signature d’un « pacte de défense mutuelle » à Björkö. Pacte qui ne sera jamais appliqué.
Finalement, le 31 août 1907, Sir Edward Grey chef du Foreign Office pour le Gouvernement Campbell-Bannerman et Aleksandr P. Izvolski, (soutenu par le Premier Ministre Piotr Ar. Stolypine, pour Nicolas II) signent la Convention Anglo-russe qui partage la Perse et l’Afghanistan entre deux zones d’influence distinctes et maintient aussi l’intégrité territoriale du Tibet.
Combinaison de plusieurs accords, Triple Entente est donc née. Il en découle que les trois grandes puissances se doivent assistance mutuelle en cas d’agression de l’une ou de l’autre. Toutefois, entre la France et la Russie, une nouvelle clause apparaît à propos de la Serbie. Depuis l’indépendance de ce petit Royaume, la Russie en est devenue quelque peu la protectrice au nom du panslavisme mais aussi pour ses intérêts stratégiques.

Piotr Arkadievitch Stolypine

Piotr Arkadievitch Stolypine

Penchons-nous un temps sur la Serbie. En 1891, un coup d’Etat militaire sanglant renverse le Roi Alexandre Obrenovic qui est tué et installe Pierre Ier Karagjeorgjevic, arrière-petit fils de Karagjeorgje, le héros de l’insurrection de 1813. Or, Pierre Ier est un ami de la France ; ancien élève de Saint-Cyr, il a combattu dans la Légion Étrangère sous le nom de Pierre Kara lors de la guerre de 1870. Après sa prise de pouvoir, Pierre Ier instaure une monarchie parlementaire censitaire mais avec plusieurs partis, le plus important étant le Parti Radical. Pierre Ier choisit alors comme Premier Ministre, le russophile Nikoa Pasic, rusé chef du PR. La Serbie va très vite entrer en confrontation diplomatique en raison de la Bosnie-Herzégovine, annexée par Vienne en 1908, alors que Belgrade revendique Sarajevo. Du coup, la diplomatie du Tsar voit d’un très mauvais œil Vienne tenter d’étendre sa zone d’influence dans les Balkans au détriment des Serbes.

Sir Edward Grey

Sir Edward Grey

Or, comme le montre bien Pierre Milza le Gouvernement de Stolypine réussit à négocier avec Paris une mobilisation militaire si la Serbie est attaquée par Vienne. On voit alors se dessiner l’une des principales limites de la Triple Entente. Peu enclins de sympathie envers le Roi Pierre II et les Serbes, le Foreign Office par la voix de Grey refuse de d’associer la Grande-Bretagne à une telle entreprise diplomatique et militaire.

Toutefois, la diplomatie française va s’activer en faveur de la Serbie car la position géographique du petit royaume fait de lui un glaive tendu vers le flanc austro-hongrois. Plusieurs accords commerciaux sont conclus entre Paris et Belgrade et Belgrade envoie plusieurs élèves-officiers se former à Saint-Cyr.

Cette configuration des alliances qui avait pour but de maintenir un équilibre entre les puissances mais aussi de sortir vainqueur d’un possible conflit va être rendu plus fragile par la poudrière des Balkans.
* L’opinion française l’a oublié à ce moment-ci mais loin d’être francophobe, Lord Kitchener a servi comme volontaire dans l’Armée française contre les Prussiens en 1870.

Lire :
– La Grande Guerre, Triple Entente et Triplice, site « JeRetiens », https://jeretiens.net/causes-de-la-premiere-guerre-mondiale/
– MILZA Pierre : Les Relations internationales de 1871 à 1914, Armand Collin, Paris
– ALLAIN Jean-Pierre : La Diplomatie de la IIIe République, Dimplomatie HS N°6, Juin-Juillet 2008
– BLED Jean-Paul : Bismarck, Perrin, Paris

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Histoire & Culture

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by Jérôme 1 juin 2011

Le 8 février 1814, une semaine après la bataille de La Rothière, la situation est la suivante. L’Empereur a scindé ses forces en trois forces principales, du moins avec ce qui lui reste.
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Au nord, le Maréchal Etienne MacDonald Duc de Tarente a partagé lui-même ses unités en deux corps. Le plus gros (4 000 hommes) tient Château-Thierry et le cours de la Marne jusqu’à Dormans. Il fait face au Prussien Johann Ludwig von Yorck und Wartenburg qui occupe Épernay avec 15 200 hommes, soit un rapport favorable de 3,2 contre 1. Plus au sud, le second se tient à La Ferté-sous-Jouarre afin de protéger Meaux sur la route Meaux-Châlons-sur-Marne. Sur ce même axe, les Généraux russes von Osten-Sacken et Olsoufiev occupent respectivement Etoges et Vertus avec 24 000 hommes en tout.
Au centre, le Maréchal Auguste-Frédéric Marmont Duc de Raguse tient Sézanne avec 5 800 hommes. Sézanne forme un carrefour routier menant à Coulommiers (ouest), Vitry-le-François (Est) via Fère Champenoise, Nogent-sur-Marne (sud-ouest) et Troyes (sud-est) via Andure et Méry.
Laissons maintenant parler les deux maréchaux d’Empire :

– MacDonald : « Les Russes marchent rapidement par la route de Montmirail. Je hâte ma marche pour couvrir les points importants de passage de Château-Thierry et de La Ferté-sous-Jouarre. »

– Marmont : « J’occupe Pont-Saint-Prix et Baye qui étaient occupés par 5000 hommes d’infanterie ennemie. Un grand parc d’artillerie est arrivé à Champaubert et a continué sur Fromentières. La cavalerie légère que j’avais placée sur la route de La Ferté me rend compte que l’ennemi comme je l’avais prévue s’est porté sur la route de Montmirail…et que la tête de son infanterie y est arrivée aujourd’hui (le 8 février – NDLR). »

Marmont est donc posté au sud-ouest des flancs de von Osten-Sacken et d’Olsoufiev, au nord-ouest des forces du Général Louis-Adolphe zu Sayn-Wittgenstein qui occupe Arcis-sur-Aube avec 20 000 hommes et au nord-est des forces de Napoléon qui tient Nogent-sur-Seine avec le Gros de la Grande Armée (70 000 fantassins et cavaliers). Enfin, le Prince Schwarzenberg est posté à Troyes et ses alentours du sud avec 130 000 hommes.

Napoléon décide d’affronter l’ennemi à Sézanne en y concentrant davantage de force. Ponctionnant sur le gros de son armée, l’Empereur se met en route vers le nord-est avec fantassins, cavaliers et artilleurs. Malgré les mauvais chemins défoncés, les forces de la Grande Armée parviennent à Sézanne le 9 février tard dans la soirée.

Le soir-même, des détachements de cavalerie prussiens sont signalés sur la rivière du Petit-Matin mais ils sont rapidement dispersés.
Mais l’Empereur apprend que Marmont a préféré se retirer à Chapton mais décide de le rappeler. Marmont revient alors vers l’Est, franchit les défilés de Saint-Gond et reprend Baye aux Russes. Durant l’après-midi, il arrive à Champaubert et tombe sur les colonnes d’Olsufiev. Le Duc de Raguse dispose dans ses rangs d’un contingent de Cavalerie commandé par Emmanuel de Grouchy. Marmont lance sans attendre les Cuirassiers du Général Jean-Pierre Doumerc une charge brutale qui culbute les Russes. Ceux-ci, totalement surpris se replient en deux colonnes ; l’une vers Montmirail et l’autre vers Etoges et Châlons. Plusieurs officiers ennemis sont pris mais auront l’honneur de dîner avec l’Empereur des Français. Dans la foulée de son succès, Marmont lance Grouchy à la poursuite des Russes. Blücher qui pensait être à Paris le lendemain doit alors s’arrêter.

Napoléon est alors maître de Champaubert, peu avant que la bataille de Montmirail ne s’engage.

Anecdote :
L’un des premiers chars de la 2e DB appartenant au 501e RCC portait le nom Champaubert.

Lire :
BOUDON Jacques-Olivier : Napoléon et la Campagne de France 1814, Armand Collin, Paris

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Maréchal Claude-Victor Perrin dit Victor

Maréchal Claude-Victor Perrin dit Victor

Fils d’un huissier royal, Claude-Victor Perrin voit le jour à Lamarche dans les Vosges le 7 décembre 1764. A dix-sept ans, il s’engage dans l’Armée du Roi et est incorporé comme Tambour au Régiment d’Artillerie de Grenoble. En 1791, il s’engage dans la Garde Nationale et gravit les échelons rapidement.…

1 mars 2016

Dans « Grande Armée »

Campagne de 1814 - 1er février : Bataille de La Rothière

Campagne de 1814 – 1er février : Bataille de La Rothière

Suite à la bataille de Brienne, Napoléon ne poursuit pas Blücher qui se retire sur Bar-sur-Aube pour rejoindre l’Armée de Bohême du Prince Schwarzenberg. Napoléon reste arc-bouté sur Brienne et ses alentours avec un peu plus de 27 000 hommes. Blücher a quant à lui décidé d’anéantir les forces françaises par…

1 février 2014

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Campagne de 1814 - 13 mars : Victoire de Reims « Dernier sourire de la fortune »

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Le 12 mars, le 8e Corps de l’Armée de Silésie (Prussiens et Russes) du Général Guillaume de Saint-Priest, un ancien émigré passé au service de la Prusse prend le chemin de Reims avec 15 000 hommes et s’avance vers Reims et y fait son entrée le jour même alors que l’Infanterie…

13 mars 2016

Dans « Grande Armée »

1 juin 2011
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Histoire & Culture

Vins pour Noël – Pacherenc-du-Vic-Bilh (moelleux)

by Jérôme 1 juin 2011

Appellation reconnue depuis 1975, le Pacherenc-du-Vic-Bilh n’existe qu’en vins blancs, déclinés en secs et moelleux. Il est en quelque sorte le pendant blanc du Madiran, puisque son vignoble s’étend sur 260 hectares, à cheval entre la Bigorre et le Béarn (entre le Gers, les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées), plus exactement entre Pau, Vic-en-Bigorre et Riscle. Le Pacherenc Moelleux connaît depuis ses dernières années une renommée croissante, alors qu’il était resté dans l’ombre du Jurançon.

– Le vignoble de Pacherenc a la particularité de voir une certaine irrégularité dans la production des vins blancs, selon la quantité de secs ou de moelleux. Tout dépend de l’ensoleillement de la température ; à savoir si l’année est plus chaude et sèche – favorable aux moelleux – ou plus humide et douce, ce qui est profitable aux vins secs.
Le vignoble se développe sur des sols argilo-calcaires, siliceux et calcaires et se partagent entre des cépages typiques à la région (Arrufiat, Petit Manseng et Gros Manseng) et d’autres issus de la région de Bordeaux (Sémillon et Sauvignon). Si l’on peut garder les moelleux jusqu’à dix ans, il est aussi recommandé de les ouvrir au bout de cinq années de garde.

– La robe des Pacherenc se montre brillante, avec des notes cuivrées et d’or qui s’affirment à la maturité du vin. En arômes, c’est une bouquet de fruits secs et exotiques, de miel et d’épices que l’on a le plaisir d’humer. En bouche, le vin se montre agréablement gras, ample, puissant et équilibré. Les notes sucrées peuvent aussi se faire discrètes.

– Le Pacherenc moelleux est idéal à déguster sur du foie gras, des fromages bleus et à pâte persillée (Bleu d’Auvergne, Bleu des Causses, Roquefort), du fromage de brebis des Pyrénées, de la croustade (au Roquefort, aux pommes), ainsi que des desserts aux fruits (tartes et salades).

Source :
– Dictionnaire des vins de France, Hachette, coll. Les livrets du vin
– http://www.lardv.fr

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Vins de Loire - 6 : Le Vouvray

Vins de Loire – 6 : Le Vouvray

Cultivé dès la fin du Ve siècle, le vignoble de Vouvray (AOC reconnue en 1936) se déploie en plein cœur de la Touraine (2 176 hectares), sur des coteaux s’étendant à l’est de Tours et sur la rive droite de la Loire. En cela, il fait face aux vignes de Montlouis.…

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Vins du Sud-Ouest : Montravel

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Connue pour être la patrie de Michel Eyquem de Montaigne, la ville périgourdine de Montravel l’est un peu moins pour ses vins. Et pourtant, ses blancs – blancs et secs – valent le détour. – Appellations reconnues en 1937, Montravel, Côtes de Montravel et Haut-Montravel se localisent toutes entre Castillon…

15 octobre 2014

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Vins pour Noël : Jurançon moelleux

Vins pour Noël : Jurançon moelleux

Reconnu AOC depuis 1975 mais produit dès l’Epoque médiévale, il était l’un des vins préférés d’Henri IV, ses parents lui en ayant imbibé les lèvres de quelques gouttes lors de son Baptême. Colette disait aussi de ce vin Béarnais qu’il était un « prince enflammé, impérieux ». – Le vignoble de Jurançon se situe dans…

16 décembre 2014

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1 juin 2011
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Histoire & Culture

9 mars 1945 : Coup de force japonais en Indochine

by Jérôme 26 mai 2011

Cette épisode de la Seconde Guerre mondiale en Extrême-Orient reste encore très méconnu de nos jours.
En 1940, l’Amiral Jean Decoux était resté fidèle à l’autorité du Maréchal Pétain et
après quelques combats contre les forces japonaises, avait négocié avec elles afin de maintenir la présence française dans le fleuron de l’Empire en échange d’avantages juteux sur les échanges économiques. Mais avec l’évolution du conflit en défaveur des Japonais, des officiers français comme le Général Mordant ou le Général Sabatier prennent contact avec le Gouvernement d’Alger et les Britanniques pour envisager une action contre les Japonais.
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– Or, si le commandement britannique aux Indes y est favorable pour des raisons stratégiques, les Américains y sont bien moins enthousiastes car Roosevelt souhaite voir la France quitter l’Asie. Des agents français et anglais du SOE sont même parachutés en Indochine pour tenter de coordonner de futures actions. De son côté, l’Amiral Decoux finira par reconnaître le GPRF du Général de Gaulle en échange des pleins pouvoirs pour les actions anti-japonaises. Sauf que les Français ne disposent que de 18 000 hommes en tout et pour tout, avec une bonne part de Tirailleurs Tonkinois et Annamites, manquant sensiblement d’armes lourdes. En face, les troupes japonaises sont bien mieux équipées et coutumières du combat en milieu tropical. En revanche, avec le soutien de Lord Mountbatten, un Corps Léger d’Intervention est créé à Ceylan avec des volontaires sous la direction de Roger Blaizot.

– Malheureusement, le commandement japonais ne laisse pas le temps au français de mener leur action à bien. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’au début 1945, l’Armée Impériale de Hiro Hito subit défaite sur défaite dans l’Océan Pacifique face à la machine de guerre qu’est l’Aéronavale américaine. En outre, la IIIrd Fleet de l’Admiral William H. Halsey mène plusieurs actions au large de la Colonie française. Le 11 janvier 1945, plus de vingt navires impériaux sont coulés et endommagés au large des côtes indochinoises et le lendemain 12 janvier, la Task Force 38  bombarde les bases aériennes de Camranh et de Saïgon.
Et en Birmanie, les Anglo-Indiens du Général William Slim, reconquièrent le pays des pagodes blanches au cours d’une magnifique campagne. Ainsi, les Japonais ne veulent pas voir l’Indochine leur échapper.

– Ainsi donc, le 9 mars 1945 à 21h30, le Général Yuichi Tsushihashi déclenche le coup de force très bien préparé contre les autorités militaires françaises. Les forces japonaises bouclent Saïgon, Huê et Hanoï et la Kampetaï (Police Militaire) fait arrêter les officiers français. A la forteresse de Lang Son, les autorités japonaises invitent les responsables français à un dîner… avant de les arrêter. Sauf que le Commandant Emile Lemmonier refuse de se rendre et résiste avec quelques centaines de soldats pendant vingt heures… face à 10 000 soldats nippons ! Il sera décapité avec plusieurs autres officiers. L’honorable résistance des Français et des Tirailleurs Tonkinois a coûté 140 tués. Mais la quasi-totalité des garnisons d’Indochine tombe rapidement.
Cependant, le 10 mars au matin presque toute l’Indochine est au main de l’Armée Impériale, hormis quelques îlots de résistance tenus par les Tirailleurs et les Légionnaires du 5e Régiment Étranger d’Infanterie (Colonel Belloc). Celui-ci, tient farouchement à Lang Son, Vietri, Tien Kien et Hanoi avant de devoir céder. En revanche, sa 9e Compagnie réussit à franchir la chaîne Hoang Lien Son la première. Les trois autres bataillons de regroupent à Hung Hoa et passent la frontière par Tsao Pa. Le Général Sabatier, réussit à passer dans la province du Yunnan dans le sud de la Chine avec une poignée de légionnaires. D’autres unités parviennent à passer au Laos. Le Général Zinovi Pechkoff, représentant de la France auprès de Tchank Kaï-chek, assurera leur accueil en Chine nationaliste.

– 12 000 soldats Français et Indochinois sont capturés. Plus de 1 000 ont été tués. 4 000 ont réussi à fuir. Les captifs vont alors connaître le sort que les japonais ont l’habitude de réserver aux vaincus : interrogatoires serrés, brimades, exactions physiques… Ils sont parqués dans les vieilles citadelles impériales, ou bien dans des camps d’internement où les conditions de vie sont particulièrement difficiles ; Hoa Binh et Bolovens. Leur captivité durera jusqu’à la capitulation du Japon en septembre.

– Sabatier et Paris auraient souhaité reprendre les combats mais l’effondrement du Japon ne leur en donnera pas l’occasion.

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26 mai 2011
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Histoire & Culture

4 juin : fête de Sainte Clotilde

by Jérôme 25 mai 2011

Née vers 465-475, fille du roi burgonde Chilpéric II, elle échappe au massacre de sa famille catholique perpétré sur ordre de l’arien Gondebaud.

En 493 elle épouse Clovis, roi des Francs Saliens qui est resté païen. De cette union naîtront quatre enfants : Clodomir, Childebert, Clotaire et Clotilde. Toutefois, selon Grégoire de Tours, le grand chroniqueur de l’époque franque et auteur du Liber Historiae Francorum, Clotilde influença la décision de Clovis de se faire baptiser. Ce qui fut fait en 496 après la victoire de Tolbiac (Züllpich).

A la mort de Clovis, en 511, Clotilde se retire à l’Abbaye de Saint-Martin de Tours et bien qu’exerçant encore une influence politique auprès de ses fils, elle fait le choix de vivre dans une grande piété. Elle contribue aussi à faire ériger plusieurs édifices monastiques : les Andelys, Saint Pierre de Reims, Saints Apôtres de Rouen, Saints Apôtres de Paris (devenu Abbaye Sainte Geneviève).

Elle décède le 3 juin 545 et est inhumé à Paris auprès de Clovis dans l’Abbaye de la Montagne Sainte-Geneviève. Au XIXe siècle, sa tombe est déplacée de l’actuelle église Saint-Etienne-du-Mont (5e Arrondissement) à l’actuelle basilique qui porte son nom (7e arrondissement).

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3 janvier, fête de Sainte Geneviève

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26 janvier 2013

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