France Histoire Esperance
  • Actualités
  • Histoire / Culture
  • Géographie / Tourisme
    • Villes de France
  • Vie quotidienne
    • Pouvoir d’achat
    • Famille & couple
    • Bien-être & santé
    • Maison & jardin
Author

Jérôme

Jérôme

Rédacteur en chef, passionné par le voyages, la culture et aussi les sujets un peu moins terre à terre

Histoire & Culture

Jules Barbey d’Aurevilly – « Le Connétable des lettres »

by Jérôme 27 octobre 2010

Jules Amédée Barbey d’Aurevilly est un écrivain français né à Saint-Sauveur-le-Vicomte, en Normandie, le 2 novembre 1808 et mort à Paris, le 23 avril 1889. Surnommé le « Connétable des lettres », il a contribué à animer la vie littéraire française de la seconde moitié du XIXème siècle. Il a été à la fois romancier, nouvelliste, poète, critique littéraire, journaliste et polémiste.

Jules Amédée Barbey d’Aurevilly (portrait par Émile Lévy)

Issu d’une ancienne famille normande, Jules Barbey d’Aurevilly baigna dès son plus jeune âge dans les idées catholiques, monarchistes et contre-révolutionnaires. Un moment républicain et démocrate, Barbey d’Aurevilly finit, sous l’influence de Joseph de Maistre, par adhérer à un monarchisme intransigeant, méprisant les évolutions et les valeurs d’un siècle bourgeois. Il revint au catholicisme vers 1846 et se fit le défenseur acharné de l’ultramontanisme et de l’absolutisme, tout en menant une vie élégante et désordonnée de dandy. Il théorisa d’ailleurs, avant Baudelaire, cette attitude de vie dans son essai sur le dandysme et George Brummell. Ses choix idéologiques nourriront une œuvre littéraire, d’une grande originalité, fortement marquée par la foi catholique et le péché.

À côté de ses textes de polémiste, qui se caractérisent par une critique de la modernité et du positivisme, on retient surtout, même s’ils ont eu une diffusion assez limitée, ses romans et nouvelles, mélangeant des éléments du romantisme, du fantastique (ou du surnaturalisme), du réalisme historique et du symbolisme décadent. Son œuvre dépeint les ravages de la passion charnelle (Une vieille maîtresse, 1851), filiale (Un prêtre marié, 1865 ; Une histoire sans nom, 1882), politique (Le Chevalier des Touches, 1864) ou mystique (L’Ensorcelée, 1855). Son œuvre la plus célèbre aujourd’hui est son recueil de nouvelles Les Diaboliques, paru tardivement en 1874, dans lesquelles l’insolite et la transgression, plongeant le lecteur dans un univers ambigu, ont valu à leur auteur d’être accusé d’immoralisme.

Son œuvre a été saluée par Baudelaire et plusieurs écrivains ont loué son talent extravagant, notamment à la fin de sa vie, mais Hugo, Flaubert ou Zola ne l’appréciaient guère. Ses « héritiers » ont pour nom Léon Bloy, Joris-Karl Huysmans, Octave Mirbeau ou Paul Bourget et sa vision du catholicisme exercera une profonde influence sur l’œuvre de Bernanos.

(Source : fr.wikipedia.org/)

Partager :

  • 3Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)3
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
23 février 1955 : Mort de Paul Claudel

23 février 1955 : Mort de Paul Claudel

Dramaturge, romancier et essayiste, né le 6 août 1868 à Villeneuve-sur-Fère dans l’Aisne, fils d’un haut-fonctionnaire républicain ami de Jules Ferry, il arrive à Paris en 1882 pour faire ses études au Lycée Louis-le-Grand. Licencié en droit, il suivit une carrière diplomatique comme consul de France à Prague, Francfort, Hambourg,…

23 février 2016

Dans « Arts et lettres »

Louis II de Bourbon, le « Grand Condé »

Louis II de Bourbon, le « Grand Condé »

« Que ne doit point le royaume à un prince qui a honoré la maison de France, tout le nom français, son siècle, et pour ainsi dire l’humanité tout entière ? Louis le Grand est entré lui-même dans ces sentiments. Après avoir pleuré ce grand homme et lui avoir donné par…

10 décembre 2016

Dans « Grand Siècle »

17 décembre 2000 : Disparition de Gérard Blain

17 décembre 2000 : Disparition de Gérard Blain

Presque entièrement oublié aujourd’hui, Gérard Blain était considéré comme un acteur-réalisateur anarchiste de droite, du fait de son esprit indépendant et anticonformiste. – Né à Paris en 1930, en rébellion contre sa famille, il  quitte le foyer familial juste après l’école et va même jusqu’à tenter de s’engager dans les…

17 décembre 2015

Dans « Arts et lettres »

27 octobre 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

Chroniques de la Bataille de Normandie – 23/ La « Vallée de la mort » (première partie)

by Jérôme 25 octobre 2010

Alors que les VIIIth Army Corps et IInd Canadian Corps tente de dégager définitivement Caen tout en sécurisant les rives de l’Orne, les XIIth et XXXth Corps lancent une série de nouvelles opérations pour forcer le cours de l’Odon et s’emparer définitivement de la Cote 112, secteurs toujours sous le contrôle des bouches à feu et des Panzer du II. SS-Panzer-Korps de Bittrich.
b54e19a6-9a64-4610-ba1a-0666ee253513

– L’Opération baptisée « Jupiter » est planifiée par Dempsey en vue de prendre définitivement la Cote 112 et d’assurer la progression du XXXth Corps entre l’Odon et l’Orne en saisissant la route Evercy – Eterville – Caen. Son succès serait intéressant pour les Britanniques car il permettrait d’élargir le « couloir des écossais » constitué à l’issue de l’Opération « Epsom » et empêcherait aussi le II. SS-panzer-Korps de Bittrich de se servir de la Cote 112 comme tremplin de contre-attaque. C’est la 43rd « Wessex » Division du Major.General Gwilym Ivor « Butcher » Thomas qui est chargée de cette mission, avec l’appui des Sherman de la 4th Armoured Brigade de Richard Carver, des MK VII Churchill de la 34th Tank Brigade de William S. Clarke, ainsi que des chars spéciaux de la 79th Armoured Division.

1 – L’ASSAUT DES 129th ET 130th BRIGADE (« JUPITER »)

– La mission de prendre la Cote 112 échoit à la 129th Brigade du Brigadier Mole. Appuyé par les pièces de 5.5-inches (139,7 mm) du VIIIth Corps, elle doit rompre les lignes des SS-Panzergrenadier-Regiment 21 et 22 (10. SS « Frundsberg ») pour contrôler définitivement la Cote 112 et accrocher la route Evrecy – Eterville. La 129th est appuyée par les Churchill Mk VII « Crocodile » du 7th Royal Tank Regiment (79th Armoured Division).

L’assaut des trois Battalions de la 129th démarre à 05h00 le 10 juillet du matin sous un fort couvert d’artillerie qui matraque les lignes du SS-PzGren.22. Dès la première heure, le 4th Bn. Wiltshire Regiment du Lt.Col. Luce enlève les positions du III/SS-PzGren.21 (SS-Obersturmbannführer Alfred Bünning) plus facilement que prévu avec l’appui des mitrailleuses lourdes Vickers et des mortiers du 8th Bn. Middlessex et les « Crocodile » du A Squadron du 7th RTR. Sauf que les fantassins britanniques sont joués par la ruse des Waffen-SS qui surgissent de leurs tranchées pour leur tirer dans le dos. Malgré un combat particulièrement confus et sanglant, les fantassins britanniques parviennent à accrocher la route d’Evrecy à 06h30. Seulement, le bruit des combats a alerté les équipages de Tiger I et II du SS-schwere-Panzer-Abteilung 102 (SS-Obersturmbannführer Hans Weiss) qui stationne au nord du hameau de la Coquerie, au sud de Saint-Martin. C’est dans cette unité à la redoutable puissance de feu au niveau tactique que sert l’un des as de la Panzerwaffe, le SS-Oberscharführer Wilhelm « Will » Fey.
jupitermap– Au centre, le 4th Bn. Somerset Light Infantry du Lt.Col. Lippscombe part à l’assaut vers la Cote 112 dans l’axe du « Chemin Haussé » vers la Croix des Falandriers et le « Mont du Calvaire » tenus par le III/SS-PzGren.21 (SS-Sturmbannführer Hans Stattler). A et endroit précis, le sommet de la Cote 112 est garni d’un petit bosquet déchiqueté surnommé par les Allemands « le Bois des demi-arbres ».  Les Somerset doivent parcourir 1 km pour tenir leur objectif. Avançant sous un feu roulant, ils sont la mauvaise surprise de recevoir des tirs de Nebelwerfer dès que leur tir de couverture cesse. Des pertes sont alors à déplorer. Commandant de l’avant dans son Bren Carrier, le Lt.Col. Lippscombe et son Intelligence Officier (IO) Gordon Bennett abattent un Grenadier SS qui voulait « allumer » son engin au Panzerfaust. Le conducteur du Bren Carrier est néanmoins tué sur le coup. Comme leurs camarades du 4th Wiltshire, les Somerset doivent chasser de leurs tranchées des Waffen-SS qui surgissent quasiment dans leurs rangs. 400 mètres sont encore à parcourir mais plusieurs batteries du SS-Panzer-Artillerie-Regiment 10 répliquent. La situation du 4th Bn. SLI ressemble très vite à un combat de la Grande Guerre. Prises sous un feu d’enfer, plusieurs des ses compagnies ne comptent plus que 20 à 30 hommes. Et ça n’est pas fini puisqu’une Kompanie de Panzer IV du SS-Panzer-Regiment 10 « Langemarck » (la 5/10 du SS-Hauptscharführer Hauser) se joint à la partie et détruit plusieurs Churchill du 7th RTR, avec l’aide de fantassins armés de Panzerfäuste. Mais Lippscombe a le bon réflexe d’ordonner à ses hommes de s’enterrer dans les tranchées ennemies au lieu de lancer ses soldats au massacre. L’intervention courageuse d’un canon antichar de 6 pounder commandé par le Sergeant Morgan met d’usage hors trois Panzer IV hors d’état de nuire, ce qui sauve la mise aux Somerset. Seul un Panzer IV se paie l’audace d’avancer jusqu’au PC du Battalion mais est détruit avant de pouvoir opérer davantage de dégâts.

– C’est alors que les Tiger I de la SS-sch.PzAbt.102 (1. Kompanie d’Alois Kalls) contre-attaquent depuis Saint-Martin avec 7 monstres qui progressent à la faveur du brouillard. Malgré un dur affrontement et un canon antichar détruit, les Tiger rebroussent chemin et se maintiennent en appui des Panzergrenadier. Cependant, les Britanniques sont bloqués.

SS-Sturmbannführer Hans Weiss, commandant du SS-sch-Pz-Abt. 102

SS-Sturmbannführer Hans Weiss, commandant du SS-sch-Pz-Abt. 102

Insigne du SS-schwere-Panzer-Abteilung 102

Insigne du SS-schwere-Panzer-Abteilung 102

– L’assaut du 5th Bn. Wiltshire (Lt.Col. Kenrick) s’avère sanglant et infructueux. En effet, s’élançant à partir de Baron-s/-Odon et progressant dans le brouillard sous couvert d’artillerie, les fantassins britanniques buttent d’abord sur les bonnes défenses du II/SS-PzGren. 21 mais finissent par accrocher la route Evrecy-Etterville et s’y enterrent. Mais le Battalion ne peut aller plus loin malgré l’appui Tank Destroyers M10 Achilles (armés du canon antichar de 17 livres) du 86th Anti-Tank Regiment et de celles de l’Army General Reserve Artillery (AGRA). En une journée, le 5th Wiltshire a perdu 128 hommes.

– Au centre, la 130th Infantry Brigade tente du secteur d’Etterville – Maltot, tenu par les « Frundsberger » des I/Pz.Gren.Regt. 22 (SS-Hauptsturmführer Friedrich Richter) et II/Pz.Gren.Regt. 22 (SS-Sturmbannführer Hans Löffler). D’abord, les Hawker Typhoon de la 2nd RAF Tactical Air Force matraquent Etterville avec le concours de l’artillerie divisionnaire. Deux chasseurs-bombardiers larguent chacun une bombe dans les lignes du 4th Bn. Dorset, ce qui ne donne pas un bon présage pour l’assaut.
Appuyé par les Churchill du C Squadron du 9th RTR et les Crocodiles du 141st Royal Armoured Corps (RAC), les hommes du 4th Bn. Dorset (Lt.Col. Cowie) chargent contre les positions du I/Pz.Gren.Regt. 22. Plusieurs Panzergrenadiere sont brûlés vifs sur place par les lance-flammes des Crocodiles. Le I/Pz.Gren.22 flanche et les britanniques atteignent Etterville. Si les Crocodiles doivent repartir à l’arrière recharger leur remorque contenant le liquide inflammable. Pendant ce temps, les Churchill du 9th RTR s’en prennent au château d’Etterville où les Waffen-SS tentent d’évacuer leurs blessés. Finatlement, les fantassins de Richter finissent par décamper plus au sud. Cependant, les blessés allemands deviennent un problème pour les Britanniques qui les recueillent avec leur personnel médical, d’autant plus qu’ils leur font perdre un temps précieux et empêchent le 4th Dorset de se porter plus à l’avant. Le Battalion doit alors attendre la relève du 9th Bn. Cameronians ponctionné à la 15th Scottish Division.

– Du côté de la « Frundsberg », Heinz Harmel et son état-major constatent que leurs lignes de communication sont coupées avec les unités de l’avant. Harmel bondit alors dans sa Kübelwagen et se rend en avant du front pour se rendre compte de la situation. Aussitôt, il ordonne au SS-Standartenführer Hans Sander, commandant du SS-Panzer-Artillerie-Regiment 10 de canonner les positions de la 130th Brigade pour l’empêcher d’avancer et ce, avec l’appui des lance-roquettes Nebelwerfer de la Werfer-Brigade 8. Enfin, Harmel ordonne à Deisenhofer de placer des éléments du SS-Panzer-Grenadier-Regiment 22 en renforts prêts à partir.

Jupitermortar– De son côté, le 5th Dorset parvient à s’emparer du Château de Fontaine-Etoupefour. Mais l’assaut du 7th Hampshire du Lt.Col. Ray sur Maltot, appuyé par des chars du 9th RTR, se heurte à une violente résistance de la part d’éléments du III/Pz.Gren.Regt. 22 et de Pioniers du SS-Panzer-Pionier-Bataillon 10 qui tiennent des positions bien aménagées dans et autour de maisons. Progressant au milieu des blés, les fantassins du 7th Hampshire deviennent les cibles des mitrailleuses, armes légères, de quelques chars et canons de la Frundsberg et de la Hitlerjugend (qui y a laissé quelques blindés). Et comme si cela ne suffit pas, une section de Panzer IV de la 5/SS-Panzer-Regiment 12 « HJ » menée par le SS-Untersturmführer Wilhelm Kändler tombe dans les lignes du 9th RTR après avoir progressé dans le brouillard. Les Panzer-SS détruisent une bonne dizaine de chars Churchill, ainsi que des canons antichars du 7th Hampshire avant de se replier suite à l’arrivée d’ambulances et de renforts britanniques. Mais ceux-ci, complètement surpris par le choc, ont cru à une attaque de Tiger. Les hommes du 7th Hampshire entrent dans le centre de Maltot mais ne peuvent avancer davantage. Certains s’apprêtent à se rendre et il faut l’opposition énergique du Lt.Col. Ray pour les en dissuader. Ray a déjà reçu trois blessures en une matinée mais continue de commander. Il décédera de ses blessures en rentrant en Angleterre. Le Major Philipps le remplace alors au pied levé. Mais la situation empire car les chars allemands postés aux abords du village prenennt pour cible les lourds Churchill et les quelques Achilles venus appuyer le Battalion et font mouche. Plus grave encore, le Brigadier Walton qui commande la 130th Brigade ignore totalement la situation du 7th Hampshire et ne peut lui envoyer de soutien. Une contre-attaque de Tiger de la 1/SS-sch-PzAbt.102 permet alors aux Allemands de rejeter les Britanniques au-delà de Maltot durant l’après-midi. Le 9th RTR est en piteux état, ne comptant plus qu’un quart de ses engins en état de servir. Durant la soirée, le 4th Dorset tente de « coller » au 7th Hampshire avec l’aide des chars restant du C Squadron/9th RTR mais cette tentative échoue une fois de plus en raison du feu des Tiger. Le 4th Dorset n’a d’autre choix que de se replier sur le château de Fontaine-Etoupefour et à hauteur d’un bosquet surnommé Horsehoe Wood.

– Du côté allemand l’alerte a néanmoins été chaude, s’ils s’étaient mieux prix dans leur offensive, les Britanniques faisaient craquer le front de la « Frundsberg » dans le secteur de Maltot. En outre, du côté du II. SS-Panzer-Korps, les effectifs en hommes et en matériels s’amenuisent sans capacité adéquate de remplacement pendant que les munitions d’artillerie accusent un rapport défavorable de 1 contre 20.
Pour consolider et sécuriser la route Etterville – Caen, Willi Bittrich ordonne à la 9. SS-PzD « Hohenstaufen » alors commandée par le SS-Standartenfüher Sylvester Stadler (venu de la « Das Reich », il remplace Thomas Müller blessé) de venir appuyer sa division sœur et de reprendre Maltot. Pour cette mission, Stadler met en lice le SS-Panzergrenadier-Regiment 19 sur la gauche, le SS-Panzergrenadier-Regiment 20 sur la droite et le I/SS-Panzer-Regiment 9 « Hohenstaufen » (le bataillon de Panther) qui doit prendre et tenir la Cote 112.

Sylvester Stadler, nouveau commandant de la 9. SS-Panzer-Division 'Hohenstaufen'

Sylvester Stadler, nouveau commandant de la 9. SS-Panzer-Division ‘Hohenstaufen’

– Pendant ce temps, la 130th Infantry Brigade (Brig. Bendyshe B. Walton), avec ses deux Battalions restant  – 7th Bn. Royal Hampshire (Lt-Col. GCP Lance) et 4th Bn. Dorsetshire (Lt-Col. Cowie) – ainsi que le 9th Bn. Cameronians (Lt-Col. R.M. Villers – prélevé sur la 15th Scottish Division) partent à l’assaut du village d’Eterville, au nord-est de la Cote 112. Malheureusement, les Tommys se font arrêter net par les tirs des Panzer IV du II/SS-Pz-Regt 10 « Langemarck » (SS-Sturmbannführer Leo F. Reinhold) et des Tiger I du SS-schwere-Panzer-Abteilung 102 (SS-Sturmbannführer Hans Weiss). Dans un effort, le 7th Hampshire parvient à accrocher Maltot mais doit rebrousser chemin tellement sa position devient intenable.

Major.General Gwylim Ivor Thomas, commandant de la 43rd 'Wessex' Division

Major.General Gwylim Ivor Thomas, commandant de la 43rd ‘Wessex’ Division

Insigne de la 43rd Wessex Division

Insigne de la 43rd Wessex Division. Il s’agit de la Vouivre (Wyvern) qui était l’emblème de l’ancien royaume du Wessex de l’Heptarchie du VIIe siècle

 

2 – CORNWALL’S HILL

– Pour débloquer la situatione et éviter de transformer son offensive en combat de la Grande Guerre, Thomas fait donner le 5th Duke of Cornwall’s du Lt.Col Richard « Dick » James  (214th Brigade) contre le Bois-Carré dont de nombreux arbres ont été décapités par les obus. Sauf que les conditions d’assaut sont particulièrement exécrables avec des délais trop courts. Thomas et le Brigadier Essame prennent la décision à 15h00 pour que le 5th Bn. DCLI se mette en marche sur le coup de 17h00. L’assaut démarre à 20h00 sous un déluge d’obus. Les DCLI subissent de lourdes pertes mais réussissent à s’emparer du « Petit Verger » (Small Orchard). D’un coup d’œil, le Ltnt. Carmolli de la D Company voit un groupe de Panzergrenadiere SS décrocher du sommet de la Cote 112. Faisant alors preuve d’initiative et sans en demander l’autorisation, il lance sa section à l’assaut et accrocher la Cote 112 sur le coup de 21h00. Le Major Fry, commandant de la D Coy demande alors par radio l’appui de l’artillerie divisionnaire qui répond prestement par un barrage protecteur et des fumigènes. James lance alors les restes de son 5th Bn. DCLI sur le haut de la Cote 112. Plusieurs éléments du SS-PzGren.19 lancent de petites contre-attaques mais la rigoureuse discipline de feu de l’artillerie britannique brise net chaque tentative. Le succès est au rendez-vous mais l’exaltation va être de courte durée.

– En effet, du côté allemand, la nouvelle de la Cote 112 ne tarde pas à arriver aux oreilles d’Hausser et de Stadler. Celui-ci qui se trouve sur la ligne de front appelle immédiatement son chef d’état-major, le clairvoyant SS-Obersturmbannführer Walter Harzer et lui enjoint de donner ordre au I/SS-Panzergrenadier-Regiment 19 (SS-Sturmbannführer Ernst Hangenlocher) comme au Bataillon de Panther (H. Bollert) de se mettre en marche, avec l’appui de 2 Kompanien du SS-Panzer-Pionier-Bataillon 9 et de SdKfz 124 « Wespe » et SdKfz 165 « Hummel » du SS-Panzer-Artillerie-Regiment 9. Prévue à 01h20, la contre-attaque ne peut démarrer à l’heure prévue car Hagenlocher doit faire marcher ses hommes de nuit alors que les Panther du I/SS-Pz.Rgt.9 ne sont toujours pas là. Des Tiger du 102 doivent aussi se joindre à l’assaut mais ils ne sont toujours pas au rendez-vous.
9.SSPantherKoNormandie– La contre-attaque du I/SS-PzGren.19 démarre finalement le 11 juillet à 14h00 au milieu des cadavres des deux camps. Aux prix de trous dans leurs rangs, les Waffen-SS parviennent dans les lignes du 5th Duke of Cornwall’s et engagent un violent et confus combat au corps-à-corps. Plusieurs hommes du DCLI décrochent mais la majorité ne se débande pas. Mais le Régiment perd son courageux commandant, le Lt.Col. James. On se bat à l’arme légère, à la grenade et à l’arme blanche durant presque tout l’après-midi. Bien dirigés par le Captain David Willcocks, les canons britanniques ouvrent un violent tir de barrage qui bloque les contre-attaques des « Hohenstaufen ». Pour son action, Willcocks recevra la Military Cross. Le vaillant 5th Duke of Cornwall’s tient ferment sa position mais a perdu 250 hommes, soit plus du quart de son effectif. Au regard des féroces combats menés par le 5th DCLI, les « Wyverns » de la 43rd Division surnomment la Cote 112 « Cornwall’s Hill ».

– Constatant l’échec de la journée, Thomas décide de remettre l’assaut au lendemain. Le 11 juillet donc, les 129th et 130th Brigades tentent de prendre Maltot et Etterville, avec l’appui du Régiment des Scots Greys (4th Amoured Brigade) du Lt-Col. ACG Readman. Pour l’anecdote historique, vétéran des campagnes d’Afrique, les Scots Greys forment l’un des plus vieux régiments de l’Armée de Sa Majesté avec à son actif (entre autres) les batailles de Fontenoy et de Waterloo.

– L’assaut  britannique redémarre donc durant la matinée du 11 juillet mais il se révèle infructueux. Les Tiger et Panzer IV « allument » les Sherman et Churchill trop téméraires. Aucun des objectifs initiaux ne peut être atteint et Thomas reçoit l’ordre de maintenir sa « Wessex » sur ses positions de départ et sur le Bois-Carré. En trente-six heures de combat, la 43rd Division a perdu près de 2 000 hommes ! Seule consolation pour les Britanniques, Jupiter a forcé le commandement allemand à maintenir la 9. SS-PzDiv « Hohenstaufen » en réserve sur l’Odon au lieu d’être redéployée au sud de Caen.

 

Chars Tiger I du SS-schwere-Panzer-Abteilung 102

Chars Tiger I du SS-schwere-Panzer-Abteilung 102

2- ECHEC DES ECOSSAIS A ETERVILLE

– A la gauche (est) de la 43rd « Wessex », la courageuse 15th Scottish Division s’apprête à repartir à l’assaut contre les positions du SS-Panzergrenadier-Regiment 1 « Leibstandarte Adolf Hitler » commandé par le SS-Standartenführer Albert Frey.

A 14h00, la 46th Highland Brigade (2nd Glasgow Highlander et 7th Seaforth Highlander, moins le 9th Cameronians) par à l’assaut vers la ligne Louvigny – Etterville mais se heurte très vite à une forte résistance de la part du SS-PzGren.1 à hauteur de Rocreuil avant d’être heurtée par une contre-attaque du SS-Sturm-Geschützt-Abteilung 1 (SS-Obersturmbannfüher Holst).
Durant la soirée, c’est le SS-Panzergrandier-Regiment 20 du SS-Standartenführer Emil Zollhöfer lance une série de contre-attaques contre les Ecossais. A 04h35, au prix de furieux combats les Grenadiers de Zollhöfer parviennent dans Eterville.
Aussitôt, le SS-PzGren.20 pivote prendre d’assaut le versant ouest de la Cote 112 afin d’y chasser le DCLI. S’il parvient à escalader le monticule, une contre-attaque britannique bien appuyée par l’artillerie divisionnaire permet à la 130th Brigade de reconquérir la Cote. Très vite, les Britanniques viennent à surnommer la vallée de l’Odon, la « vallée de la mort ».

– Les 12-14 juillet, les combats perdent en intensité. Des deux côtés les pertes sont particulièrement élevées et les hommes encore en état de combattre sont physiquement à bout. La Luftwaffe intervient néanmoins puisque les Junker Ju-87 Stuka de la III/Schlachtgeschwader (Major Gerherd Weyert) lancent un raid contre les poisitions britanniques pour soulager les éléments du SS-PzGren.19. Le lendemain, les éléments de la 10. SS « Frundsberg » (SS-Panzegrenadier-Regiment. 22) viennent relever ceux de la « Hohenstaufen », alors que les efforts des mécaniciens des ateliers permet de remettre en état 13 engins, ce qui porte à 16 Sturmgeschützte, 19 Panzer IV et 38 Panther le nombre de blindés disponibles.

Du côté britannique, en dépit des sacrifices de sa division, le Major.General Ivor « Butcher » Thomas n’a pas vraiment de raison pour pavoiser puisqu’il a perdu 2 000 combattants pour une avancée maximum de 1 500 mètres environ. Les « Wyverns » (surnom des soldats de la 43rd Divsion en référence à la Vouivre arboré sur l’insigne) doivent alors être mis au repos et leurs effectifs complétés par des remplaçants ou en « vampirisant » les unités de DCA.

[Suite]

 

Partager :

  • 4Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)4
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
Chroniques de la Bataille de Normandie - 12/ « Epsom » (troisième partie)

Chroniques de la Bataille de Normandie – 12/ « Epsom » (troisième partie)

– L’ASSAUT DU II.SS-PANZER-KORPS – Au plus fort de l’offensive britannique, Paul Hausser décide de lancer sa contre-attaque pour récupérer la moitié nord de la Cote 112 et réduire le saillant britannique. Hausser pense que le moment est venu pour que ses Hohenstaufen et Frundsberg entrent pleinement dans la danse,…

1 juillet 2014

Dans « Non classé »

Chroniques de la Bataille de Normandie – 23/ La « Vallée de la mort » (Seconde partie)

Chroniques de la Bataille de Normandie – 23/ La « Vallée de la mort » (Seconde partie)

4 – « GREENLINE » – En dépit de son double échec, Montgomery veur relancer l’assaut dans la vallée de l’Odon, avant de déclencher l’Opération « Goodwood » car les Américains viennent de le mettre au courant du projet de percée dans le Cotentin qui se concrétisera avec « Cobra ». Monty met alors Sir Alan…

22 juillet 2014

Dans « Non classé »

Chroniques de la Bataille de Normandie - 26/ Opération « Bluecoat » (Première partie)

Chroniques de la Bataille de Normandie – 26/ Opération « Bluecoat » (Première partie)

– Bradley et Montgomery se sont accordés pour lancer une double opération dans le sillage de l’Opération Cobra afin de chasser les Allemands du Bocage normand et de repousser les forces de la 5. Panzer-Armee d’Eberbach au sud-est des cours de la Seulles, de la Sélune et de l’Odon. Simultanément,…

1 août 2014

Dans « Non classé »

25 octobre 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

Les fantassins de 1914 – Les Belges (7)

by Jérôme 24 octobre 2010

Avant juin 1914, le petit Royaume de Belgique sur lequel règne Albert Ier se sent à l’abri grâce à la garantie de neutralité que lui assurent (théoriquement) les puissances européennes, tout particulièrement les Britanniques pour des raisons stratégiques.
belgium_0
Toutefois, en dépit des réticences des Belges (Wallons et Flamands confondus) à servir dans une force militaire, le Roi Léopold II a voulu doter son pays d’une armée digne de ce, afin de se prémunir contre une potentielle violation de neutralité de la part des Allemands comme des Français. Finalement, en dépit d’une capacité de mobilisation bien moindre que celles de ses grands voisins et d’un cruel manque d’armement lourd, l’Armée belge se prépare à la guerre.

* Recrutement

Ainsi, si jusqu’en 1909, la conscription s’effectuait par tirage au sort (avec possibilité d’être remplacé pour les fils de familles aisées), elle concerne obligatoirement un fils par famille à partir de la même date (Service Personnel). En 1913, au vu des tensions internationales, le Comte Charles de Brocqueville, Chef du Gouvernement Libéral-Catholique, obtient du Parlement l’institution du Service militaire général obligatoire. Seulement, les effets directs ne pouvaient pas se faire sentir avant 1917.

Lors de la déclaration de guerre à l’Allemagne, l’Armée royale lève 1 classe issue du Service général (1913), 4 issues du Service Personnel (1909-1913) et 10 du Tirage au sort (avant 1909). Les officiers belges sont en majorité des Wallons (nobles, bourgeois, classes moyennes), tandis que les hommes du rang sont plus représentatifs de la différence linguistique du royaume (paysans flamands et urbains wallons). Les engagés et volontaires sont âgés jeunes, même ceux issus des classes du tirage au sort dont l’âge dépasse rarement trente-cinq ans. Enfin, jusqu’en 1914, le recrutement d’officiers et de sous-officiers n’existe pas, ce qui va lourdement peser lors de l’invasion allemande.

** Organisation

En août 1914, l’Armée d’Albert Ier compte 200 000 hommes dont 117 000 pour l’Armée de Campagne et organisée en 6 Divisions d’Armées et 1 Division de Cavalerie. A côté du manque cruel de canons et de mitrailleuses, l’Infanterie fournit le gros des effectifs de l’Armée belge.

L’Infanterie belge est scindée entre 6 Régiments de Ligne, 3 Régiments de Chasseurs à Pied 1 de Carabiniers et 1 de Grenadiers (Garde) à 4 Bataillons actifs et 2 Bataillons de Forteresse chacun. Ils sont répartis comme suit :

– 1er et 2nd Régiments de Ligne : Gand (état-major), Termonde et Ath
– 3e RL : Ostende (EM), Ypres
– 4e RL : Bruges (EM), Menin
– 5e RL : Beverloo (EM), Anvers et Audenarde
– 6e RL : Anvers (EM) et Ath
– 7e RL : Anvers (EM) et Philippeville
– 8e RL : Anvers (EM) et Mariembourg
– 9e RL : Bruxelles (EM) et Bouillon
– 10e RL : Arlon (EM) et Louvain
– 11e RL : Hasselt (EM), Vilvorde et Ath
– 12e RL : Liège (EM), Verviers et Bouillon
– 13e RL : Namur (EM) et Dinant
– 14e RL : Liège (EM) et Diest

– 1er Régiment de Chasseurs à Pied : Charleroi (EM) et Huy
– 2nd RCP : Mons (EM) et Saint-Trond
– 3e RCP : Tournai (EM) et Bruxelles

– Régiment de Grenadiers : Bruxelles (EM) et Nivelles
– Régiment de Carabiniers : Bruxelles (EM) et Wavre

Liége_-_1914_-_Soldats_d'infanterie_prenant_part_à_la_défense_de_Liège_dans_les_faubourgs_d'HeistalSi les Régiments de Ligne et de Chasseurs à Pied se montreront particulièrement braves et se révéleront de durs adversaires pour les Allemands, les Régiment de Forteresse (scindés en Bataillons) qui sont chargés de protéger les espaces compris entre les places fortes de Charleroi, Namur et Liège sont encore mal encadrés et mal armés. Leur mission était aussi de couvrir les très bons Régiments d’Artillerie de Forteresse mais ils seront balayés par l’ennemi.

*** Uniformes et armement 

En matière d’uniforme, le fantassin belge paraît quelque peu anachronique par rapport à son adversaire germanique. Ainsi, il porte une tunique, une lourde capote de laine (noire), un pantalon, des guêtres et des godillots en cuir. C’est au niveau de la coiffure que le troupier belge se distingue. En effet, selon son régiment il porte un chapeau en cuir bouilli (voir photos) ou bien un bonnet de police. Les officiers portent quant à eux, un képi ou un shako en cuir.
Du point de vue de l’équipement, rien de bien différent comparé aux Français ou aux Allemands ; havresac à bretelles, besace, gourde, etc.

L’armement est léger et les armes collectives peu diffusées. Les officiers sont généralement armés de revolvers d’ordonnance français Modèle 1896 et de sabres. Les sous-officiers et les soldats disposent généralement de fusils Lebel achetés à la France.
Les quelques mitrailleuses utilisées sont de manufacture française : Mitrailleuses de Puteaux, de la MAS de Saint-Etienne et quelques Hotchkiss.

Lire :
– WINTER Jay (Dir.) : La Première Guerre mondiale, combats, Fayard, Paris
– KEEGAN John : La Première Guerre mondiale, Perrin, Paris
– MOSSE George L. : De la grande guerre au totalitarisme, la brutalisation des sociétés européennes, Hachette, Paris
– DUMENIL Anne : « Le soldat allemand de la Grande Guerre : institution militaire et expérience de combat » (thèse), Dir. Stéphane Audouin-Rouzeau, Université de Picardie, 2000
– JARDIN Pierre : « Les officiers allemands, un Etat dans l’Etat » in « La supériorité militaire allemande, le mythe du siècle ! », Guerres & Histoire, n°7, juin 2012

– « The British Infantry of 1914-1918 », in The Long, long trail (blog), http://www.
– http://www.austro-hungarian-army.co.uk/
– http://marksrussianmilitaryhistory.info
– BERNARD H. : L’Armée belge en 1914 (Cours d’Histoire Militaire 1951), http://www.clham.org (blog)

Partager :

  • 4Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)4
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
4 août 1914 : L'Armée allemande attaque la Belgique

4 août 1914 : L’Armée allemande attaque la Belgique

– Pourtant garante de la neutralité belge depuis 1839, le Chancelier allemand Bethmann-Hollwegg adresse un ultimatum au Roi des Belges Albert Ier le 2 août, alors que la France vient de décrété la mobilisation générale. Les Allemands exigent que le petit royaume laisse passer sur son territoire les quatre armées…

4 août 2014

Dans « Non classé »

3 août 1914 : Mobilisation en Grande-Bretagne

3 août 1914 : Mobilisation en Grande-Bretagne

Tout d’abord, comme nous l’avons montré dans l’article consacré aux fantassins britanniques publié en mars, la mobilisation en Grande-Bretagne sera de toute autre nature qu’en France, en Allemagne ou en Russie. Cela pour deux raisons principales ; premièrement, l’opinion et les Cabinets Campbell-Bannermann et Asquith ne sont pas favorables à une intervention…

3 août 2014

Dans « Non classé »

20 mars 1929 : Disparition du Maréchal Ferdinand Foch

20 mars 1929 : Disparition du Maréchal Ferdinand Foch

Fils de Napoléon Foch et de Sophie Dupré, Ferdinand Foch voit le jour le 22 octobre 1851 à Tarbes dans une famille de catholiques de tendance bonapartiste. Il est issu d’un milieu de la moyenne bourgeoisie provinciale, de militaires et de médecins. Ses parents sont eux-mêmes des rentiers qui assurent à…

20 mars 2016

Dans « Grande Guerre »

24 octobre 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

Chroniques de la Grande Guerre : le plan de mobilisation français d’août 1914

by Jérôme 24 octobre 2010

– Bien que présentant des lacunes en matière de logistique, la mobilisation française de 1914 est bien loin de l’image d’Épinal de joyeuse kermesse laissée par quelques vieux manuels scolaires. Bien au contraire, bien que présentant (forcément) des défauts et lacunes logistiques, elle reste une mécanique particulièrement bien huilée et rationnelle, mise au point par le Grand Etat-major sous la direction du Général Edouard de Curières de Castelnau. Une mécanique intégrant la coopération avec l’administration civile et le réseau des chemins de fer, qui permettra de mobiliser plus de 3 millions d’hommes en moins d’un mois et d’en concentrer environ 2 millions de la Frontière belge aux contreforts méridionaux des Vosges.
????????????????????????????????
– Peu avant le 2 août, l’Armée Française encaserne 880 000 hommes d’active en Métropole et dans les Colonies. Il faut aussi compter sur les 2,2 millions de Réservistes issus des classes 1880 à 1890, ayant accomplis leur service militaire entre 1900 et 1911, ainsi que les 700 000 Territoriaux plus âgés (classes 1866 à 1879) qui intégrerons les unités d’appui.

– Lorsque Paris déclare la guerre à Berlin et Vienne, l’Ordre de Mobilisation est immédiatement diffusé par les préfets et les maires aidés par les Gendarmes, dans les Départements et Communes du pays, comme dans les arrondissements des grandes villes. Résultat, les récents conscrits montent en ligne aux côtés des hommes d’active pendant que les soldats de la réserve rejoignent leur caserne avec leur « barda ». On trouve alors une caserne régimentaire par préfecture et sous-préfecture de département et parfois-même par chef-lieu de Canton surtout dans les départements de l’Est et du Nord.
A ceux-là, il faut ajouter les 71 000 volontaires, souvent jeunes qui n’ont pas attendu d’être appelés, ainsi que 26 000 volontaires étrangers résidant en France (Italiens, Suisses, Espagnols, Polonais…) qui seront pour la plupart intégrés dans la Légion Étrangère.

1- MOBILISATION DES EFFECTIFS

– L’ordonnateur de la mobilisation des forces armées sur l’ensemble du territoire est le Lieutenant-Colonel Emile Giraud commandant du 1er Bureau de l’Etat-Major.

– Ainsi, durant les deux premières semaines du mois d’août, 3,87 millions de Français sont sous les drapeaux pour une population de 38 millions d’habitants, soit le ratio de 1 soldat pour 10 civils, ce qui est tout simplement considérable. Sans compter les unités encore en formation et à l’entraînement, l’Armée de la IIIe République peut s’appuyer sur 94 Divisions d’Infanterie (15 500 hommes environ), avec 45 d’actives et 48 de Réserve, 2 Divisions Coloniales, 10 Divisions de Cavalerie (3 200 hommes) et 11 Divisions Territoriales.

– La formation de 94 DI implique la mobilisation/création de plus de 380 Régiments d’Infanterie (3 200 hommes scindés en 3 Bataillons pour 9 Compagnies) soit 4 par Division mais aussi ; plus de 100 Régiments d’Artillerie et plus de 100 compagnies du Génie. Et c’est sans compter les Brigades ou Régiments d’Artillerie et du Génie comme le Train des Equipages qui seront directement rattachés à la Réserve ou à l’état-major des Corps d’Armée. Les Régiments non endivisionnés lors de la mobilisation (2 à 3 par RM formeront de nouvelles divisions a posteriori).
En outre, au niveau de l’Infanterie, il faut ajouter les 31 Bataillons de Chasseurs à Pied qui seront chacun rattachés à une Division.

– Les premiers soldats à être mobilisés sont bien sûr ceux issus de l’Active et ce, dès le premier jour de guerre. Le second jour, c’est au tour des réservistes de rejoindre leurs casernements afin de faire passer leur régiment d’affectation à ses effectifs de guerre. Ainsi, un Régiment d’Infanterie passe de 2 000 à 3 200 hommes. Au même moment, les réservistes parviennent à leurs casernements afin de former les Régiments de la Réserve Territoriale dans les Régions Militaires.

– A toutes ces unités, il faut ajouter les non-combattants qui viennent grossir les rangs des Divisions, Corps et Etats-Majors, secrétaires, comptables, médecins, ouvriers militaires, cheminots, infirmiers, aumôniers et personnels du renseignement…

– Chaque Division est rattachée à une Région Militaire qui donne naissance à un Corps d’Armée (40 000 hommes dont 30 000 combattants). Une Région Militaire correspond à un regroupement de 3 à 5 départements. On en trouve donc 21 en août 1914. Après la mobilisation, plus de 15 nouveaux Corps seront levés au cours de la première année de Guerre. Sinon, chaque RM lève aussi différentes unités de cavalerie, du génie et territoriales qui ne seront pas rattachées au Corps d’Armée. Notons aussi que le Département de la Seine (Paris) ne forme pas de Corps d’Armée en particulier mais se répartit par arrondissement et départements de la couronne suivant les affectations.

– Au niveau départemental, la mobilisation implique 1 section à 1 compagnie par commune (selon le peuplement), plusieurs compagnies à 1-2 bataillons par canton et 1 à 2 Régiments par Département.

La répartition des Régions Militaires a été effectuée par l’Etat-Major comme suit :

– Ire Région Militaire (Lille)
* Ier Corps d’Armée (Nord et Pas-de-Calais / Lille, Arras, Douai) : 1re et 2nde DI, 1re Brigade d’Artillerie (Brig.Art) et 1er Escadron du TRAIN des Équipages Militaires.
* Non incorporés : 145e Régiment d’Infanterie (RI), 4e Brigade de Cuirassiers, Eléments de la 3e Division de Cavalerie (DC), Eléments du 3e Régiment du Génie (RG), 1er, 2nd, 3e, 4e, 5e, 6e, 7e et 8e Régiments Territoriaux

– IInde Région Militaire (Amiens)
* IInd Corps d’Armée (Seine, Oise, Aisne, Somme, Ardenes et Meuse / Amiens, Saint-Quentin, Mézières et La Fère) : 3e et 4e DI, 2nde Brig.Art ; 272e et 328e RI, et 19e Régiment de Chasseurs à Cheval (RCC), Eléments du 3e RG et 2nd Escadron duTRAIN des Équipages Militaires.
* Non incorporés : Eléments de la 13e Brigade de Dragons (Brig.Drag) :  10e, 11e, 12e, 14e, 15e et 16e RT

– IIIe Région Militaire (Rouen)
* IIIe Corps d’Armée (Seine, Calvados, Seine-Inférieure* et Eure / Rouen, Caen, Dieppe, Evreux, Paris et Versailles) : 5e et 6e DI, 3e Brig.Art, 239e et 274e RI, Eléments du 3e RG et 3e Escadron du TRAIN des Équipages Militaires.
* Non incorporés : Eléments de la 13e BDrag. ; 17e, 18e, 19e, 20e, 21e, 23e et 24e RT.

– IVe Région Militaire (Le Mans)
* IVe Corps d’Armée (Seine, Eure-et-Loir, Orne, Sarthe et Mayenne / Paris, Le Mans, Chartres, Laval et Alençon) : 7e et 8e DI, 4e Brig.Art ; 315e et 317e RI, 4e Régiment de Hussars (RH) et 4e Escadron du TRAIN des Équipages Militaires.
* Non incorporés : Eléments de la 7e DC, Eléments de la 13e BrigDrag ; 25e, 26e, 27e ; 28e, 29e, 30e et 31e RT.

– Ve Région Militaire (Orléans)
* Ve Corps d’Armée (Seine, Seine-et-Marne, Loir-et-Cher, Loiret et Yonne / Paris, Melun, Montargis, Orléans, Blois et Auxerre) : 9e et 10e DI, 5e BrigArt ; 313e et 331e RI ; 8e RCC et 5e Escadron du TRAIN des Équipages
* Non incorporés : Eléments de la 3e DC, Eléments de la 7e DC et Eléments de la 13e BrigDrag. ; 33e, 34e, 35e, 36e, 37e, 38e, 39e et 40e RT.

– VIe Région Militaire (Châlons-s/-Marne)
* VIe Corps d’Armée (Oise, Ardennes, Meuse, Meurthe-et-Moselle, Marne, Aisne / Compiègne, Soissons, Mézières, Châlons-s/-Marne, Reims, Epernay, Verdun, Saint-Mihiel et Pont-à-Mousson) : 12e, 40e et 42e DI, 6e Brig.Art, 1re Brigade Légère de Cavalerie (Brig.LC) et 5e Escadron du TRAIN des Équipages Militaires.
* Non incororés : 164e, 165e et 166e RI, 2nde et 4e DC, Eléments de la 5e DC ; Commandements de la Défense des places de Verdun et de Reims ; 2nd Groupe des Troupes aéronautiques ; 9e, 13e, 44e, 46e et 48e RT

– VIIe Région Militaire (Besançon)
* VIIe Corps d’Armée (Ain, Doubs, Jura, Territ. de Belfort, Haute-Saône et Rhône / Lyon, Belfort, Remiremont, Langres, Vesoul, Besançon, Bourg** et Belley) : 40e et 41e DI, 7e BA, 352e RI, 45e et 55e Bataillons de Chasseurs à Pied (BCP), 11e RCC et 7e Escadron du TRAIN des Équipages Militaires.
* Non incorporés : 171e et 172e RI ; 8e DC ; Commandements de la Défense des places de Besançon et Belfort ; 7e et 23e Bataillons du Génie (BG), Groupe des Troupes Aéronautiques de Belfort ; 49e, 50e, 51e, 53e, 54e, 55e et 56e RT.

– VIIIe Région Militaire (Bourges)
* VIIIe Corps d’Armée (Cher, Nièvre, Côte d’Or et Saône-et-Loire / Bourges, Nevers, Dijon, Auxonne, Beaune, Chalon-s/-Saône et Mâcon) : 15e et 16e DI, 8e BrigArt ; 210e et 227e RI, 16e RCC ; Eléments du 4e RG, 8e Escadron du TRAIN des Equipages Militaires.* Non incorporés : Eléments de la 8e DC, 57e, 58e, 59e, 60e, 61e, 62e, 63e et 64e RT.

– IXe Région Militaire (Tours)
* IXe Corps d’Armée (Deux-Sèvres, Vienne, Indre, Indre-et-Loire, Maine-et-Loire / Niort, Parthenay, Saint-Maixent, Poitiers, Châtellerault, Châteauroux, Le Blanc, Tours, Cholet et Angers) : 17e 18e DI, 9e Brig.Art, Eléments du 6e RG, 9e Escadron du TRAIN des Equipages Militaires.
* Non incorproés : Eléments de la 9e DC, 65e, 66e, 67e, 68e, 69e, 70e, 71e et 72e RT.

– Xe Région Militaire (Rennes)
* Xe Corps d’Armée (Manche, Ille-et-Vilaine et Côtes-du-Nord / Saint-Lô, Cherbourg, Granville, Saint-Malo, Rennes, Vitré, Saint-Brieuc, Dinan et Guingamp) : 19e et 20e DI ; 10e Brig.Art ; 241e et 270e RI, 13e Régiment de Hussards et 10e Escadron du TRAIN des Equipages.
* Non incorporés : Eléments de la 9e DC, Eléments de la 3e Division d’Infanterie Coloniale (DIC), Eléments de la Brigade d’Artillerie Coloniale, Direction de l’Artillerie Navale (DAN ; Cherbourg), Commandant de la Défense de la Place de Cherbourg ; 73e, 74e, 75e, 76e, 77e, 78e, 79e et 80e RT.

– XIe Région Militaire (Nantes)
* XIe Corps d’Armée (Finistère, Morbihan Loire Inférieure*** et Vendée / Quimper, Brest, Vannes, Pontivy, Lorient, Nantes, Ancenis, La Roche-s/-Yon et Fontenay-le-Comte) : 21e et 22e DI ; 11e Brig.Art ; 293e et 33e RI, 2nd RCC, Eléments du 6e RG et 11e Escadron du TRAIN des Equipages.
* Non incorporés : Eléments de la 9e DC, Eléments de la 3e DIC, Eléments de la Brig.Art Coloniale, Commandement de la Défense des Places de Brest et Lorient ; 81e, 82e, 83e, 84e, 85e, 86e, 87e et 88e RT.

– XIIe Région Militaire (Limoges)
* XIIe Corps d’Armée (Charente, Haute-Vienne, Creuse, Corrèze et Dordogne /  Angoulême, Magnac-Laval, Bellac, Limoges, Guéret, Tulle et Brive-la-Gaillarde) : 23e et 24e DI ; 12e Brig.Art, 300e et 326e RI, 21e RCC, Eléments du 6e RG et 12e Escadron du TRAIN des Equipages Militaires.
* Non incorporés : Eléments de la 10e DC ; 89e, 90e, 91e, 92e, 93e, 94e, 95e et 96e RT.

– XIIIe Région Militaire (Clermont-Ferrand)
* XIIIe Corps d’Armée (Allier, Puy-de-Dôme, Haute-Loire et Cantal / Moulins, Montluçon, Clermont-Ferrand, Riom, Le Puy, Aurillac, Saint-Etienne, Roanne et Montbrison) : 25e et 26e DI ; 13e Brig.Art, 41e, 43e, 50e et 71e BCP, 3e RCC, Eléments du 4e RG et 13e Escadron du TRAIN des Escadrons Militaires.
* Non incorporés : Eléments de la 6e DC ; 97e, 98e, 99e, 100e, 101e, 102e, 103e et 104e RT.

– XIVe Région Militaire (Lyon)
* XIVe Corps d’Armée (Isère, Drôme, Savoie, Haute-Savoie, Hautes-Alpes, Basses-Alpes**** et Lyon / Lyon, Bourgoin, Sathenay, Vienne, Grenoble, Romans-s/-Isère, Montélimar, Annecy, Thonon, Rumilly, Chambéry, Modane, Moutiers, Bourg-Saint-Maurice, Barcelonnette, Gap, Embrun et Draguignan) : 27e et 28e DI, 14e Brig.Art, Eléments du 4e RG et 14e Escadron du TRAIN des Equipages Militaires
* Non incorporés : 12e, 13e, 22e, 22e, 28e et 30e BCP ; 159e RI, Eléments du 158e RI, Eléments des 2nd et 3e Régiments de Zouaves (RZ), 3e Groupement des Troupes Aéronautiques, Section de Télégraphistes, Commandement de la Défense des Places de Lyon, Grenoble et Briançon ; 105e, 106e, 107e, 108e, 109e, 110e, 111e et 112e RT.

– XVe Région Militaire (Marseille)
* XVe Corps d’Armée (Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse, Ardèche, Gard, Bases-Alpes, Alpes-Maritimes et Corse / Marseille, Toulon, Antibes, Hyères, Avignon, Aix-en-Provence, Nîmes, Privas, Pont-Saint-Esprit, Nice et Bastia) : 29e et 30e DI ; 15e BrigArt, 6e RH, Eléments du 7e RG, 15e Escadron du TRAIN des Equipages militaires.
– Non incorporés : Eléments de la 2nde DIC, 6e, 7e, 23e, 24e et 27e BCP, 163e et 173e RI, 7e et 10e Régiment d’Artillerie à Pied, Dépôt des Troupes Coloniales à Toulon ; 113e, 114e, 115e, 116e, 117e, 118e, 119e, 120e et 145e RT.

– XVIe Région Militaire (Montpellier)
* XVIe Corps d’Armée (Montpellier, Béziers, Mende, Lodève, Rodez, Carcassonne, Albi et Castelnaudary) : 31e et 32e DI, 16e BrigArt, 322e et 342e RI, 1er RH, Eléments du 2nd RG et 16e Escadron du TRAIN des Equipages militaires.
* Non incorporés : Eléments de la 10e DC, 6e Brigade d’Infanterie Coloniale ; 121e, 122e, 123e, 124e, 125e, 126e, 127e et 128e RT.

– XVIIe Région Militaire (Toulouse)
* XVIIe Corps (Haute-Garonne, Ariège, Gers, Tarn-et-Garonne, Lot, Lot-et-Garonne / Toulouse, Saint-Gaudens, Foix, Pamiers, Auch, Mirande, Montauban, Marmande, Cahors, Agen) : 33e et 34e DI, 17e BrigArt, 207e et 209e RI, 9e RH, 17e Escadron du TRAIN des Equipages militaires.
* Non incorporés : 129e, 130e, 131e, 132e, 133e,134e, 135e et 136e RT.

– XVIIIe Région Militaire (Bordeaux)
* XVIIIe Corps d’Armée (Bordeaux, Charente-Maritime, Gironde, Landes, Basses-Pyrénées***** et Hautes-Pyrénées / Bordeaux, Libourne, La Rochelle, Saintes, Rochefort, Mont-de-Marsan, Pau, Bayonne et Tarbes) : 35e et 36e DI ; 18e Brig.Art, 218e et 249e RI, 10e RH, Eléments du 2nd RG
* Non incorporés : Eléments de la 3e DIC, Eléments de la 10e DC, 3e Régiment d’Artillerie à Pied, Eléments de la Brig.Art Coloniale, Sous-intendances militaires de Rochefort et de Bordeaux.

– XIXe Région Militaire (Alger)
* XIXe Corps d’Armée (Alger, Constantine, Oran) : Divisions de Constantine, d’Alger et d’Oran ; 19e Bataillon du Génie et Détachement de Tunisie.
* Non incorporés : Bataillons des Tirailleurs Sénégalais d’Algérie, 6e Groupe d’Artillerie à Pied d’Afrique et 9 Compganies du TRAIN et des Equipage.

– XXe Région Militaire (Nancy)
* XXe Corps d’Armée (Vosges, Aube et Haute-Marne / Nancy, Toul, Lunéville, Neufchâteau, Saint-Nicolas-de-Port et Troyes) : 11e et 39e DI, 20e Brig.Art, 41e et 43e Régiments d’Artillerie Coloniale (RIC), Eléments du 10e RG et 20e Escadron du TRAIN des Equipages.
* Non incorporés : 2nde DC, 4e, 89e et 109e RI, 167e, 168e et 169e Régiment d’Infanterie de Forteresse (RIF), 6e Régiment d’Artillerie à Pied, 26e Bataillon du Génie, Groupement des Troupes aéronautiques de Toul ; 41e, 42e, 43e, 44e, 45r et 52e RT.

– XXIe Région Militaire (Epinal)
* XXIe Corps d’Armée (Haute-Marne, Haute-Saône, Vosges, et Meurthe-et-Moselle / Epinal, Rambervillers, Baccarat, Brienne, Chaumont, Langres, Clairvaux, Raon-l’Etape, Montbéliard) : 13e et 43e DI ; 19e Brig.Art ; 57e, 60e et 61e BCP, 4e RCC, Eléments du 11e RG, 7e Escadron du TRAIN des Equipages Militaires.
* Non incorporés : Eléments de la 2nde DC, Eléments de la 8e DC, 170e RI, Eléments du 4e RAP, 7e et 27e Bataillon du Génie.

Concentration_des_armées_belge,_britannique_et_française,_août_1914

2 – PROCÉDURE DE CONCENTRATION DES FORCES

Du point de vue de la concentration des Armée Françaises, l’Etat-Major de Joffre prévoit d’acheminer rapidement le maximum de Forces sur la Frontière est en vue d’attaquer par l’Alsace et la Sarre comme le prévoit le Plan XVII, ainsi que masser d’autres forces au niveau des Ardennes et dans l’Aisne.
Pour cela, l’Etat-Major a prévu une coopération étroite avec les chemins de fer français, selon le Plan Freycinnet qui date de 1879 mais qui a été réaménagé. Cette mission est alors confié au Lieutenant-Colonel Ragueneau commandant du 4e Bureau (chargé du transport et de la concentration des troupes).

– La procédure du Plan XVII (validée par le Conseil Supérieur de la Guerre en 1912) prévoit d’abord d’opérer une couverture de mobilisation, tout en entamant la concentration grâce aux voies ferrées. Déjà, des troupes sont préventivement placées sur la ligne de fortification de l’Est bâtie sous la direction du Général Seré de Rivières dans les années 1870-1880, afin de surveiller les frontières et les ouvrages d’art (ponts, viaducs, etc.).

– La couverture débute avant la déclaration de guerre, soit le 25 juillet, avec le rappel immédiat des officiers et chefs de corps d’active. Suite à cela, les permissionnaires des 5 Corps d’Armées basés aux frontières (Ier, IInd, VIe, XXe, XXIe et VIIe) sont rappelés. Le 31 juillet, ces 5 Corps doivent opérer un « exercice complet de mobilisation ». En parallèle, les Gouverneurs des 4 Places de l’Est (Nancy, Verdun, Toul et Belfort) doivent lancer des travaux de défense.

– Le 1er août, les Colonels des Régiments basés sur les frontières est doivent « faire partir les troupes de couverture »  en train sur les frontières : Haute-Meurthe, Basse-Meurthe, Hautes-Vosges et Woëvre. Des groupes incluant des Bataillons d’Infanterie, des Chasseurs Forrestiers et même des Douaniers doivent surveiller les frontières contre toute incursion ennemies.

– Le 2 août, le premier incident de frontière est signalé, voyant la mort du jeune Caporal Jules Peugeot et de l’Unterleutnant (Sous-lieutenant) Albert Mayer. Dès lors, la mécanique de la mobilisation est pleinement enclenchée avec la déclaration de guerre.

– Le 3 août, l’Escadre de Toulon appareille en Méditerranéen afin de couvrir les liaisons entre le Midi de la France et l’Afrique du Nord, ainsi que l’appareillement des régiments de Zouave, de Spahis et de Tirailleurs d’Afrique vers la Métropole.

– Dès le 4-5 août, les premiers transports de troupes (Infanterie, Cavalerie et Artillerie) se déploient sur les grands axes ferroviaires selon 10 lignes (voir carte ci-dessous) définies par le Plan Freycinnet :

Concentration_1914– Ligne A : Transfert du XIVe Corps depuis Lyon vers Lure et Epinal, via Bourg et Besançon.
– Ligne B : Transfert des VIIIe  et XIIIe Corps depuis Bourges, Saint-Etienne et Clermont-Ferrand vers Epinal.
– Ligne C : Transfert des XVe et XVIe Corps depuis Marseilles, vers Pont-Saint-Vincent en Lorraine (Meurthe-et-Moselle) via Mâcon, Dijon, Langres et Mirecourt.
– Ligne D : Transfert des IXe et XVIIIe Corps depuis Bayonne-Bordeaux et Tours-Orléans jusqu’à Toul et Nancy.
– Ligne E : Transfert des XIIe et XVIIe Corps depuis Limoges et Toulouse vers Commercy.
– Ligne F : Transfert du Ve Corps depuis les gares de Melun et d’Orléans vers Bar-le-Duc et Saint-Mihiel.
– Ligne G : Transfert des IVe et XIe Corps depuis Le Mans et Nantes vers Verdun, via Versailles, Choisy-le-Roi et Reims.
–  Ligne H : Transfert des IIIe et Xe Corps depuis Rouen et Rennes vers Vouziers (Ardennes) via Mantes, Pointoise, Compiègne et Rethel.
– Ligne I : Transfert du IInd CA depuis Amiens vers Stenay (Argonne) et Dun via Laon, Mézières et Sedan.
– Ligne J : Transfert du Ier CA depuis Lille vers Hirson et Rimogne via Douai, Valenciennes et Avesnes.

– Malheureusement, le transfert des troupes vers la ligne de front ne se fait pas sans heurts puisque plusieurs accidents et ralentissements du trafic sont à signaler durant les premières journées de la guerre. Toutefois, il faut signaler les bonnes conditions dans lesquelles les Divisions de Constatine et d’Oran, ainsi que la Division Marocaine du Général Humbert ont pu bénéficier pour traverser la Méditerranée, avant de remonter vers le nord-est de la France.

3 – CREATION DES ARMES FRANCAISES

– Au regard de l’issue du plan de Concentration, l’Etat-Major en vient à créer de nouvelles Grandes Unités de 200 000 – 300 000 hommes chacune, par amalgame de plusieurs Corps d’Armés. Ses Grandes Unités reçoivent alors la nouvelle dénommination d’« Armées ».

– Ire Armée (Auguste Dubail) – Vosges, Epinal et Belfort : VIIe, VIIIe, XIIIe, XIVe et XXIe Corps
– IInde Armée (Edouard de Curières de Castelnau) – Nancy-Toul-Morhange : IXe, XVe, XVIe, XVIIIe et XXe Corps
– IIIe Armée (Pierre-Xavier Ruffey) – Verdun-Woëvre : IVe, Ve et VIe Corps
– IVe Armée (Ferdinand de Langle de Cary) – Argonne : XIIe et XVIIe Corps et Corps Colonial (nouvellement formé).
– Ve Armée (Charles Lanrezac) – Ardennes (trouée de Stenay) : Ier, IInd,  IIIe, Xe et XIe Corps.

– La VIe Armée confiée à Michel Maunoury sera mise sur pide pendant la Bataille des Frontières.

Lire :
– DELHEZ Jean-Claude : La bataille des Frontières, Economica
– PORTE Colonel Rémy : Joffre, Perrin

* Seine-Maritime
** Bourg-en-Bresse
*** Loire-Atlantique
**** Alpes-de-Haute-Provence
***** Pyrénées-Atlantiques

Partager :

  • 4Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)4
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
2 août 1914 : Mobilisation générale en France

2 août 1914 : Mobilisation générale en France

– Le samedi 1er août, alors que le Gouvernement français n’a pas encore remis sa réponse à l’ultimatum allemand, l’Etat-major français décide – en accord avec le Ministère de la Guerre et le Président du Conseil – de donner l’Ordre aux Colonels commandant les Régiments de faire partir les troupes…

2 août 2014

Dans « Non classé »

Chroniques de la Grande Guerre : La mobilisation allemande

Chroniques de la Grande Guerre : La mobilisation allemande

– Dans son ouvrage « La Guerre d’aujourd’hui » (« Vom heutigen Kriege ») où il défend une conception agressive de la manière de mener une guerre, le Général allemand Friedrich von Bernhardi explique en commentant la stratégie du Plan Schlieffen s’appuyant sur la rapidité des opérations : «  le parti qui a fini sa…

30 juillet 2014

Dans « Non classé »

Chroniques de la Grande Guerre : Plan Schlieffen contre Plan XVII

Chroniques de la Grande Guerre : Plan Schlieffen contre Plan XVII

A. LE MYTHE DE LA  « BATAILLE DÉCISIVE » Après la Guerre de 1870, Helmuth von Moltke l’Ancien estime que le prochain conflit armé en Europe ne se livrerait plus qu’entre les seules grandes puissances européennes. Mais il était convaincu qu’il serait plutôt une Volkskrieg, soit une « Guerre de Peuples ». Aussi fallait-il tout…

30 décembre 2013

Dans « Non classé »

24 octobre 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

Edouard Jean-Baptiste Milhaud, cavalier de l’Empire

by Jérôme 22 octobre 2010

Républicain de la première heure mais grand commandant de cavalerie impériale, Edouard Jean-Baptiste Milhaud naît le 10 juillet 1766 à Arpajon-sur-Cère dans le Cantal. Elève au Collège d’Aurillac, il choisit la carrière des armes et intègre le Génie maritime. Ensuite, il sert dans un Régiment Colonial en 1790.
milhaud
Se lançant dans la politique, il est élu Député du Cantal en 1792 et siège sur les bancs des Montagnards. Notons qu’il compte parmi ses cousins un certain Jean-Baptiste Carrier, de sinistre mémoire dans l’Ouest de la France. Édouard Milhaud défend notamment Marat et vote la mort de Louis XVI.
En mai 1793, il est nommé Représentant du Peuple aux Armées dans les Ardennes puis dans l’Armée du Rhin. Il s’y montre particulièrement féroce dans l’épuration des rangs des officiers puisqu’il les vide des nobles.
Après un passage à Paris, Milhaud est envoyé comme Représentant du Peuple aux Armées dans les Pyrénées-Orientales pour y rétablir l’ordre, tâche dont il s’acquitte avec Dugommier. Il n’hésite pas à envoyer le général d’Aoust devant un Tribunal Révolutionnaire qui condamnera cet officier à la guillotine. Ensuite, il rejoint le Comité Militaire de la Convention que pilote Lazare Carnot et y fait montre de bonnes qualités d’organisateur.

Après la chute de Robespierre, Milhaud se retrouve isolé et est même menacé d’être jugé et exécuté mais les membres du Comité Militaire lui évitent d’être condamné. Entretemps, il s’est marié avec Marguerite Lignières, fille d’un important négociant de Perpignan.

En 1795, Edouard Milhaud reprend du service. Promu Chef  de Brigade, il commande le 5e Régiment de Dragons au sein de l’Armée d’Italie. Milhaud va se révéler un très bon manieur de cavalerie. Il s’illustre ainsi sur la Brenta en coupant la retraite à 8 000 Autrichiens et à Bassano le 8 septembre 1796 où avec 200 Dragons, il met à mal l’arrière-garde autrichienne et capture 40 bouches à feu ennemies. Blessé ensuite dans le Tyrol, il repart en convalescence en France. Après avoir servi au sein de l’Armée d’Angleterre basée dans le Nord de la France entre 1798 et 1799, il participe au Coup d’Etat du 18 Brumaire An VIII mais comme chef d’état-major du Général Lannes aux Tuileries. Après la proclamation du Consulat, Edouard Milhaud est nommé chef d’état-major de Joachim Murat à Saint-Cloud. En 1805, promu Général de Brigade, Bonaparte lui donne une le commandement d’une brigade légère au sein de la 2nde Division de Dragons de Frédéric-Henri Walther. De son côté, Milhaud commande aux 16e et 22e Régiments de Chasseurs à Cheval à la tête desquels on trouve respectivement Durosnel et La Tour-Maubourg, autre grand chef de cavalerie d’Empire.
Milhaud est à Austerlitz au sein de la 5e Division de Cavalerie Légère de Fauconnet et se distingue en lançant ses escadrons contre l’artillerie autrichienne qui menaçait les régiments français tenant le Plateau de Pratzen.

Le 1er janvier 1806, Milhaud remplace Pierre Margaron au commandement de la Cavalerie Légère du 4e Corps de Soult. Il prend ensuite la tête d’une autre brigade, ainsi que de la 3e Division de Dragons (5e, 8e, 9e, 12e, 16e et 23e Régiments) en remplacement de Beaumont.
Après la victoire d’Iéna, la Division de Milhaud force les 6 000 hommes du Prince de Hohenlohe à déposer les armes. Présent à Eylau, Milhaud reçoit tout le choc d’une charge de Cosaques qu’il repousse difficilement.

Fait Comte d’Empire en 1808, décoré et généreusement pensionné de 30 000 francs, Edouard Milhaud en profite pour s’acheter un logement sur le Quai Voltaire. En septembre 1808, Napoléon l’envoi en Espagne avec quatre régiments de Dragons pour épauler le Maréchal Soult. Ayant imposé une discipline de fer à ses troupes, Milhaud commence par disperser des bandes d’insurgés à Valverde, à l’Empecinado et à Molina d’Aragon. Le 28 mars 1809, après la victoire de Sébastiani à la Sierra Morena, la cavalerie de Milhaud poursuit les espagnols en fuite sur Almagro. Mais c’est à la bataille d’Ocana qu’il s’illustre particulièrement en chargeant à la tête de l’une de ses brigades une avant-garde espagnole et en capturant l’artillerie ennemie.
En 1810, commandant l’avant-garde du 4e Corps, il gagne le titre de Grand Officier de la Légion d’Honneur en culbutant tout un corps espagnol entre Antequera et Malaga.

De retour en France en 1811, Edouard Milhaud prend le commandement de la 25e Division Militaire à Wesel en Allemagne. Rejoignant la Russie en 1812, il est un temps Commandant Militaire de Moscou, sous les ordres de Mortier.
En 1813, Milhaud participe à la Campagne de Saxe et s’illustre une fois de plus en détruisant trois régiments de cavalerie autrichienne dans la Plaine de Zeitz le 10 octobre.
Pierre-Paul Pajol, commandant du 5e Corps ayant été gravement blessé, Edouard Milhaud le remplace à la tête de cette unité. En 1814, placé sous les ordres du Maréchal Victor en Alsace, Lorraine et Champagne, Milhaud mène de victorieuses charges à Sainte-Croix, Saint-Dizier où la cavalerie russe de Lanskoï est détruite, Brienne, La Rothière, Mormant, Valjouan et Villars. Mais devant le nombre et l’arrivée du Corps d’Ignacz Gyulay, Milhaud réussit à se replier en bon ordre sur Fontette.

Rallié à la Restauration, il est fait Chevalier de Saint Louis, il prend le commandement de la 15e Division Militaire et reçoit même une pension de 100 000 francs qui lui permet d’acquérir une propriété à Saint-Maure-Defarse. Rallié à l’Empereur lors des Cents Jours, il prend le commandement d’un Corps de Cuirassiers. Il contribue à repousser les Prussiens à Fleurus mais lors de la bataille de Waterloo, Milhaud rechigne à donner ses cuirassiers au Maréchal Ney pour lancer les charges contre le Mont Saint-Jean que tiennent les carrés de Wellington. Avec Delort et Guyot, il tente de convaincre l’Empereur de mieux utiliser la cavalerie, malheureusement, il doit obéir.

Après la chute définitive de l’Empereur, Louis XVIII ne lui pardonne pas sa défection, lui rappelle son passé régicide, lui retire 75% de ses revenus et le raye de l’ordre de la Légion d’Honneur. Toutefois, Milhaud sera réhabilité en 1817. Il se retire un temps dans ses propriétés mais se ralliera à Louis-Philippe.

Il disparaît le 8 janvier 1833.


Sources :
– Souvenir Napoléonien (site internet)
– http://www.napoleon-series.org

Partager :

  • 2Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)2
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
Campagne de 1814 - 29 janvier : Victoire de Brienne

Campagne de 1814 – 29 janvier : Victoire de Brienne

Après la grave défaite de Leipzig en octobre 1813, Napoléon a dû replier sa Grande Armée sur l’Elbe, puis sur le Rhin qui est franchi le 7 novembre. Une plus grande catastrophe a pu être évitée grâce aux talents manœuvriers du Prince Eugène de Beauharnais qui a réussi à stabiliser…

29 janvier 2016

Dans « Grande Armée »

Général Edouard de Curières de Castelnau

Général Edouard de Curières de Castelnau

Celui que Georges Clémenceau surnommait avec aversion « le capucin botté » naît le 24 décembre 1851 à Sainte-Affrique (Aveyron). Fils de Michel et Marthe de Curières de Castelnau, avocat, Édouard est issu d’une lignée de la très vieille noblesse rurale du Haut-Rouergue. L’un de ses ancêtres, le Seigneur Hugues de…

19 mars 2016

Dans « Grande Guerre »

Jean-Baptiste Drouet d’Erlon

Fils d’un charpentier, Jean-Baptiste Drouet voit le jour à Reims en 1765. Il entre dans l’Armée royale en 1782 comme volontaire dans le Régiment du Beaujolais avant de le quitter en 1787. En 1792, il se réengage au Bataillon de Chasseurs de Reims et sert dans le Nord et sur…

25 janvier 2016

Dans « Grande Armée »

22 octobre 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

Général Diego Brosset

by Jérôme 21 octobre 2010

« La 1re DFL ? Elle est comme ma fille, une fille susceptible, bien douée, capricieuse, difficile et, quand elle veut, charmante. (…) Elle a des excuses à ne pas être comme tout le monde. Elle s’est formée en courant le monde… C’est une grande unité qui a de la chance. Elle est un peu flirt et les succès l’ont grisée ; elle flirte avec la mort, un peu trop. » Voici de quoi résumer la personnalité de Diego Brosset, général de la France Libre à la personnalité digne d’un roman : fantasque et complexe, chef de guerre mais aussi philosophe à ses heures et romancier, autant méditatif que plein d’allant et très cultivé. Cette personnalité reste aujourd’hui quelque peu occultée de nos jours par Leclerc.

Général Diego-Charles Brosset commandant de la 1re DFL

Général Diego-Charles Brosset commandant de la 1re DFL

– Diego Charles Brosset voit le jour le 3 octobre 1898 à Buenos Aires mais revient en France en 1900. D’abord élève chez les Jésuites, il en gardera un mauvais souvenir. Ce grand sportif suit alors l’exemple de son frère aîné et s’engage dans l’Armée à dix-huit ans en 1916. Soldat au 28e Bataillon de Chasseurs Alpins, Diego Brosset connaît son premier combat à la Malmaison en octobre 1917 et y fait preuve d’une belle attitude au combat. Promu Caporal en février 1918, il fait encore preuve de courage dans la Somme, puis dans le Soissonnais. Nommé Sergent à seulement vingt-ans, il est aussi distingué par une citation à l’Ordre de son Bataillon, avant d’intégrer l’Ecole des Aspirants d’Issoudun juste avant l’armistice. C’est à ce grade obtenu en avril 1919 que Brosset participe au défilé de la Victoire du 14 juillet.

– Décidant de rester dans l’Active, il signe un nouvel engagement de deux ans et intègre l’Ecole d’Infanterie de Saint-Maixent, démarche qui permet aux sous-officiers d’accéder au grade d’officier. Très travailleur et toujours très sportif, il devient champion de France militaire du 800 et du 1 500 mètres et accomplit un séjour à l’école de gymnastique et d’escrime de Joinville. Sous-Lieutenant en 1922, il part pour le Soudan Français (le Mali) et le Sud-Algérien comme chef de peloton de méharistes. Il mène alors une vie partagée entre les longues patrouilles, la méditation et la lecture, notamment Henri Bergson, Jacques Maritain et Henry de Monfreid. Il s’imprègne aussi de la vie et de la culture des habitants du désert, aprend différents dialectes – dont l’azer –  ainsi que l’arabe. En 1925, Brosset se trouve en Mauritanie où il reste jusqu’en 1930. De ses expériences, il en tire plusieurs carnets mais aussi son récit « Sahara. Un homme sans l’Occident » que les éditions Plon refuseront de publier pour cause d’usage trop lourd de la langue berbère. L’ouvrage sera néanmoins édité aux éditions du Moghreb en 1935.

– De retrour en France avec le grade de Capitaine, Diego Brosset intègre la section « Etudes » du Ministère de la Guerre et épouse la fille du Général Charles Mangin, Jacqueline. Son beau-frère Stanislas, proche des milieux de la droite nationaliste, se distinguera dans la Résistance.  Entre vie de famille et vie de bureau, Brosset fréquente l’Ecole des Langues Orientales dont il sort diplomé et rédige plusieurs articles pour « Le Bulletin du Comité de l’Afrique française » et pour « L’Illustration ». En même temps, il prépare le concours de l’Ecole de Guerre pour être reçu à la seizième place sur quatre-vingt-une en 1937. Mais il déchante assez vite, considérant que « le milieu de l’Ecole de Guerre est un milieu sans âme » et n’y trouve aucun épanouissement intellectuel. Il est toutefois breveté d’Etat-major en 1939.

– Promu alors Chef de Bataillon, Brosset est d’abord affecté au Ministère des Colonies en raison de ses connaissances sur l’Afrique. Envoyé ensuite au sein de la Mission Militaire française en Colombie, il est à Bogota lorsqu’il apprend la défaite de la France. Il quitte alors son poste et rejoint France Libre en Grande-Bretagne, après un périple de six mois. Il rencontre Charles de Gaulle à Londres le 14 janvier 1941. Le chef proclamé de la France Libre accepte les services du Chef de Bataillon Brosset, d’autant plus que Brosset est l’un des rares officiers brevetés dont il peut disposer et qui plus est, un officier parlant couramment anglais et arabe. Le premier poste occupé par Brosset à Londres, est celui de membre du 2e Bureau avec le grade de Lieutenant-Colonel. Il suit ensuite de Gaulle en Afrique de l’Est au Soudan, en Ethiopie et au Caire. Là, il participe à relancer divers contacts avec la Côte des Somalis restée jusque-là fidèle au Gouvernement de Vichy. Brosset en profite aussi pour découvrir divers endroits décrits par Henry de Monfreid.

– Le 7 juin 1941, Brosset se trouve avec de Gaulle et Paul Legentilhomme au Caire et participe à la préparation de la campagne des FFL en Syrie. Il accompagne ensuite de Gaulle à Jérusalem avant d’être nommé chef d’état-major du Général Catroux, poste auquel il reste cantonné pendant plus d’un an, avec une bonne dose d’ennui et de lassitude. Brosset, ancien jeune poilu gradé pour bravoure au feu et ancien méhariste, veut combattre en première ligne. Sans se démonter, en novembre 1943, Brosset écrit à son supérieur Catroux alors en déplacement pour lui demander une affectation de combat « même sans grade ». En attendant, il disserte sur Baudelaire et Rimbaud afin de préparer une conférence à Alep. Le 23 décembre 1942, il remplace le Colonel Alessandri à la tête de la 2nde Brigade de la 1re Division Française Libre alors commandé par le Général Edgar de Larminat. En dépit d’une estime réciproque, les rapports entre les deux hommes resteront tendus jusqu’en 1943. Pour l’heure, Brosset a sous ses ordres une brigade épuisée par les combats épisodiques de Libye et d’Egypte et mal dotée (une partie du ravitaillement, des équipements et des munitions partant à la 1re Brigade de Koenig qui s’est illustrée à Bir Hakeim). Cependant, Brosset prend à cœur la reformation de son unité au camp de Gambut-Bardia. Il se lève tôt et passe toute sa journée auprès de ses hommes. Mais il s’impatiente, car au même moment des unités de l’Armée d’Afrique – restée fidèle au Gouvernement de Vichy jusqu’en novembre – et la 2e DB se distingent en Tunisie contre l’Afrikakorps de Rommel. Néanmoins, en avril 1943 reçoit l’ordre de quitter ses bases en Libye et fonce en Tunisie après une course de 2 400 km. En mai, la 1re BFL qui compte 3 Bataillons de Marche se distingue dans les combats de Takrouna contre les Germano-Italiens.

– En juin 1943, Diego Brosset quitte temporairement son commandement qu’il laisse au Colonel Pierre Garbay, pour accompagner de Gaulle à Alger pour plusieurs entretiens avec Giraud. Bien que respectant Giraud, Brosset penche toujours pour de Gaulle, tout en étant témoin du difficile amalgame entre anciens de l’Armée d’Afrique et FFL, considérés encore comme des déserteurs et des aventuriers par les premiers. Pour l’heure, Brosset aprend que son supérieur Pierre Koenig a obtenu l’autorisation de transformer la DFL en unité pleinement opérationnelle. Après une mission à Alexandrie auprès des Britanniques, Brosset est nommé commandant de la 1re Division de la France Libre avec le grade de Général en remplacement d’Edgar de Larminat. Mais très vite, les problèmes apparaissent avec l’Armée d’Afrique – dépendante des Américains – pour la founiture d’armes et d’équipements.
Brosset commande alors aux premiers combattants de la France Libre. Il a pour subordonnés, les premiers officiers ralliés à de Gaulle, qui ont connu les combats d’Afrique de l’Est, de Libye et d’Egypte, qui n’ont pas de grande estime pour leurs collègues de l’Armée d’Afrique et qui vont veiller jalousement sur le « sénacle » FFL qu’est la DFL, comme le dit Jean-Christophe Notin. Leurs noms : Pierre Garbay, Henry Magny (Bataillon du Pacifique), Gabriel Brunet de Seraigné (successeur de Dimitri Amilakvari à la tête de la 13e DBLE), Edmond Magendie, Lequesne, Prunet-Foch (le neveu du Maréchal), Xavier Langlois, Raymond Delange, Hubert Amyot d’Inville, Roger Gardet, Jean-Claude Laurent-Champrosay et Bernard Saint-Hillier. Ce dernier devient alors son chef d’Etat-Major. Toujours selon Notin, les deux hommes s’apprécient très vite et vont se compléter. A Brosset le commandement de l’avant et l’action, à Saint-Hillier la rédaction et l’envoi des ordres et la coordination. Saint-Hillier raconte au sujet des premires jours de commandement de Brosset :  « Il se constitue un état-major, réarme la division et l’entraîne au combat dans les exercices en vraie grandeur qui durent une semaine. Il impose une discipline rigoureuse. Il mène sa vie comme sa voiture, à cent à l’heure. Il dort peu ; à 4 heures, il est debout, sortant de son camion PC sans faire de bruit pour ne pas réveiller son aide de camp. Un peu plus tard, il fera sa culture physique, galopera à cheval. Il parle, ordonne, écrit, enseigne. Il accorde tout juste vingt minutes de tranquillité à son état-major pour faire une sieste, qu’il pratique n’importe où – à l’occasion allongé en slip sur la pierre tombale d’un cimetière malodorant bouleversé par les obus. Pour son anniversaire [il a 45 ans], il saute à pieds joints sur une table devant son état-major rassemblé pour cette démonstration. »

– Le DFL/DMI est rassemblée au camp de Nabeul pour entraînement poussé, en attendant d’être incorporée au Corps Expéditionnaire Français du Général Alphonse Juin qui doit débarquer en Italie. Brosset note dans ses carnets qu’il vient de passer une année immobile, « passée dans les camps avec huit jours de combats […] pendant six mois de désert ».
La 1re DFL – dénommée aussi 1re Division Motorisée d’Infanterie (DMI) – comprend 3 Brigades à trois bataillons chacun, sur le modèle britannique ; 1re du Colonel Delange (13e DBLE scindée en 1er et 2nd Bataillons LE et 22e Bataillon de Marche Nord-Africain), 2nde du Colonel Garbay (BM 4,5 et 11) et 4e du Colonel Raynal (BM 21 et 24, Bataillon de Marche d’Infanterie de Marine et du Pacifique). Elle compte aussi le 1er Régiment de Fusiliers Marins (Amyot d’Inville) qui sert d’unité de reconnaissance blindée, le 1er Régiment d’Artillerie (J-C. Laurent-Champrosay), le 21e Groupe Antillais de DCA, le 1er Bataillon du Génie et la 4e Compagnie Antichar.

– Le 11 avril 1944, la 1re DFL embarque pour Naples avant de rejoindre le dispositif allié. Juin, qui a eu l’idée de percer les défenses de la Gustav Linie par les Monti Auruncci sur la flanc ouest de la ligne de front, a décidé d’engager la Division de Brosset en exploitatation dans le secteur du Monte Girofano. Le 12 mai, un premier assaut butte au pied du Girofano sur une bonne défense allemande, avec des pertes. Juin annonce alors à Brosset son attention de relancer l’attaque le lendemain. Brosset argue que ses soldats sont fatigués mais Juin lui rétorque que « les Allemands le sont plus encore ». Brosset s’exécute, fonçant follement en jeep de PC à PC pour donner ses ordres. Il dit lui-même :  « Je grimpe sur les chars en marche, j’engueule Pierre et Paul, je dis merde aux obus et ça avance. Je ne serai jamais un vrai général, mais ma division est une vraie division. » Et à Saint Hillier d’ajouter : « On le voit partout, en première ligne, toujours avec les unités de tête qu’il lance dans la bagarre, toujours en liaison par radio avec son chef d’état-major, modifiant les emplacements et les ordres en fonction du terrain, redressant les situations. Il sait communiquer son enthousiasme à ses troupes, qui connaissent ses réparties tantôt brutales, tantôt pleines de fantaisie… » C’est aussi en Italie apprend que sa femme et sa belle-famille sont à l’abri en Suisse grâce Pierre de Bénouville.

– Finalement, les Tirailleurs Marocains de la 2e Division Marocaine de Montagne du Général Dody enfoncent les positions du Girofano. Le 1er RFM d’Amyot d’Inville et le 22e Bataillon de Marche Nord-Africain s’engouffre dans les vallons à la poursuite des Allemands, suivis par le reste de la Division. Diego Brosset va même donner l’accolade au Colonel Galbert, commandant du 3e Régiment de Spahis Marocains (unité de l’ancienne armée d’Afrique) La 1re DFL/DMI arrive plus tard sur la Vallée du Liri défendue par la Dora Linie. Les combats sont encore durs. Brosset perd le commandant du Bataillon d’Infanterie de Marine (BIM) ; Henry Magny. Mais finalement, la ligne Dora tombe, permettant aux Français de foncer sur la Ligne Hitler et de s’emparer du village de Pontecorvo par un assaut du Bataillon de Marche 11, puis du village de San Giovanni. Ils n’y entreront que le 5 juin, au lendemain de la libération de la ville, meme si Brosset y envoie plusieurs détachement dès la veille. Des accrochages ont néanmoins lieu à la Villa Hadriana. Les Français prennent alors possession de Villas Borghèse (sur laquelle un drapeau est accroché par un soldat du Bataillon du Pacifique), Farnèse et Médicis, ainsi que de l’église Saint-Louis des Français.

– Le 10 juin, Brosset et sa Division passent sous les ordres d’un Corps de poursuite pour conquérir la Toscane, commandé par Edgar de Larminat qui comprend aussi la 3e Division d’Infanterie Algérienne de Monsabert, dont Brosset se moque assez souvent.  Les combats reprennent durement à 120 km au nord de Rome, autour du Lac Bolsena face à une défense allemande très bien établie et tenace. Brosset perd Hubert Amyot d’Inville à Montefiascone. Après 3 jours de combats, Bolsena est prise mais les conditions de combat viennent à empire, en raison de la privation de moyens de transports imposée par l’état-major de Juin. Les Légionnaires de Brunet de Séraigné peinent à prendre Radicofani. Mais le coup dur pour la Division intervient avec la mort de Jean-Claude Laurent-Champrosay, patron du 1er RA et l’un des premiers soldats ralliés aux FFL en Afrique. Finalement, le 20 juin, Juin décide de placer la DFL au repos. Brosset et ses hommes sont alors envoyés dans la région d’Albanova. Les blessés sont envoyés en Afrique du Nord. Mais Brosset accepte très mal que les Légionnaires de la « 13 » soient potentiellement remplacés par une unité algérienne et que leurs blessés soient rayés des tableaux de contrôle pour aller grossir les rangs du Régiment de Marche de la Légion Etrangère (RMLE) qui a fait le coup de feu contre les Britanniques et les FFL en Syrie. Finalement, la « 13 » restera au sein de la DFL.
Mais comme l’explique bien J-Ch. Notin, ces problèmes concernant les remplaçants montrent à quel point les « vieux » FFL –Saint-Hillier, Brunet de Seraigné, Morel, Gardet, Garbay, Delange et consorts – ,  ne souhaitent pas qu’on leur impose la venue d’officiers de l’Armée d’Afrique. Brosset qui n’a pas combattu avec eux dès le début, dénonçant parfois leurs méthodes de « trotskistes », doit cependant refuser les injonctions des responsables d’Alger, surtout quand il est question de nommer un giraudiste au remplacement d’Amyot d’Inville et de Laurent-Champrosay. L’arrivée du Capitaine de Vaisseau Jubelin provoque une véritable levée de boucliers menée par le Commandant Barberot. Les officiers FFL réussissent à imposer à Brosset la nomination de Pierre de Morsier à la tête du 1er RFM. Il en est de même pour les artilleurs qui adoubent le Colonel Bert, commandant en second du 1er RA.

– Mais les opérations reprennent bientôt pour les FFL, bien que l’ordre soit à rétablir au sein du 1er RFM. En effet, la division de Brosset est intégrée à la nouvelle Armée B (future Ire Armée) du Général Jean de Lattre de Tassigny. Très vite, les rapports entre les deux officiers supérieurs s’avèrent être mauvais. Le 9 juillet 1944, alors en visite sur la base de la DFL, de Lattre reproche à Brosset sa conduite des opérations. En retour, Brosset surnommera son supérieur le « Bellâtre de Tassigny ». Mais entre les Etats-Major, la relation tourne très vite au vinaigre ; Saint-Hillier et ses seconds entrant très vite en conflit avec l’Etat-major de l’Armée B que pilote Jean Valluy. On arrivera très vite à une guerre de clochers entre FFL et Armée d’Afrique, au sujet du ravitaillement et des fournitures.

– La 1re DFL doit participer au débarquement de Provence (Opération « Anvil Dragoon ») et Brosset veut que ces hommes soient dans les premiers, honneur que lui refuse de Lattre qui doit aussi composer avec le commandement américain qui a prévu de faire débarquer les trois divisions du VIth US Corps du Lt.General Lucian K. Truscott sur trois plages du Var. Les premiers français qui débarqueront seront les Commandos de la Marine et les Commandos d’Afrique, puis un Combat Command de la 1re Division Blindée dans le sillage de la 36th Infantry Division. La 1re DFL ses regroupe alors à Tarente autour du 10 août, afin d’embarquer vers les côtes du Midi de la France.

– Brosset et ses hommes débarquent donc en seconde vague sous le commandement du Ier Corps du Général de Larminat. Véritable trompe-la-mort, Brosset se fait remarquer en ordonnant à son chauffeur, l’acteur Jean-Pierre Aumont, de foncer sur les routes varoises pour doner ses ordres, ce qui donne des sueurs froides à Saint-Hillier. Brosset reçoit l’ordre de diriger l’assaut contre Hyères, qui ouvre la voie sur Toulon. Les combats sont âpres, notamment autour du Gold Hôtel qui est pris par les « Pacifiens » d’Edmond Magendie et la ville est libérée le 20 août. Cela n’empêchera pas Brosset de foncer sur Toulon, même si la ville est prise par la 9e Division d’Infanterie Coloniale de Magnan et des éléments de la 3e Algérienne.

– Le 2 septembre 1944, de Lattre ordonne à Brosset de foncer sur Lyon depuis la région de Montélimar car une insurrection de la résistance y a été déclenchée dans l’improvisation. Brosset s’exécute, toujours dans sa jeep ou son Command Car, couvrant « cent kilomètres dans l’inconnu », pousse en avant les Fusiliers Marins de du Morsier qui restent bloqués à la Muletière, en leur faisant croire qu’il est allé au-devant d’eux pour « boire une bière ». Finalement, épaulée par les Maquisards du Colonel Marcel Descour, dont le Bataillon Chambaran et le 11e Régiment de Cuirassiers du Capitaine Thivollet (reconstitué dans la clandestinité depuis 1941), les Français Libres entrent dans Lyon le 3 septembre, acclamés par la population. Aux dires du Commissaire de la République Yves Farge, Brosset n’hésite pas à se dresser au milieu des coups de feu tirés par les insurgés et fait cesser la pétarade par un tonitruant « Bande de cons, est-ce que ça va finir ? ».

– Nommé commandant d’Armes de la Place de Lyon avant de céder la place à Marcel Descour nommé Gouverneur Militaire, Brosset relance sa 1er DFL (renforcée par les Chambaran et le 11e Cuir.) vers la Bourgogne (Dijon), puis par la trouée de la Doller, avant de relever la 45th US Infantry Division de William W. Eagle dans le Jura. Mais à Montbard, l’Escadron Savary du 1er RFM fait sa jonction avec le Régiment de Marche des Spahis du Maroc de la 2e DB du Général Leclerc. La DFL poursuite alors sa route vers Villersexel mais tombe très vite à cours de carburant, d’autant que le temps se dégrade fortement. C’est alors qu’Edgar de Larminat intervient auprès de Brosset et de Saint-Hillier pour leur annoncer que la DFL pourrait être dissoute pour que ses hommes servent de cadre aux nouvelles divisions formées à partir des unités de FFI.

– Fin septembre, s’engage la bataille des Vosges. La 1re DFL est d’abord en première ligne mais subit très vite des problèmes de ravitaillement et de logistique, accentués par l’étirement des lignes jusqu’à Marseille mais aussi par Jean Valluy qui réduit ses vivres. Pire encore, les services d’intendance de la DFL sont expulsés des dépôts de Châlons-s/-Saône et d’Autun. Preuve de ses problèmes, les paquetages des tirailleurs africains sont encore en Italie (J-Ch.Notin). Vient aussi le temps de l’amalgame des FFI dont se charge le Colonel Garbay ; ce qui ne se fait alors pas sans facilité car ils forment des recrues à instruire.  Et aux yeux des anciens d’Afrique du Nord et d’Italie, beaucoup de Français de l’Intérieur passent pour des amateurs.

-. Après une visite du Général de Gaulle au camp de Remiremont au pied des Vosges, Brosset relance sa division à l’assaut dans des conditions particulièrement difficile. Si la 2nd BFL s’empare de Lyoffans, Andonay, Clairegoutte et de Frédéric-Fontaine (Vosges Saônoises), la 1re BFL butte au pied du Col de la Chevestraye. Mais le 3 octobre, Ronchamp tombe. Mais les Sénégalais font l’apprentissage difficile du mauvais temps vosgien.
La 1re DFL est placée au repos pendant environ un mois avant de reprendre l’offensive pour la bataille de la trouée de Belfort avec Champagney et Giromagny comme objectifs. Ce sont les Légionnaires de Brunet de Seraigné qui ouvrent le bal, avec des pertes. Diego Brosset est toujours là, houspillant ses officiers debout dans sa jeep. Les BM 4 et 5 finissent par s’emparer du Col de la Chevestraye, forçant l’ennemi à se replier sur Giromagny. Brosset manque d’être tué au volant de sa Buick qu’il emboutit dans un camion de ravitaillement.

– Mais le 20 novembre, alors qu’il inspecte ses lignes sous un temps excécrable et vient féliciter le Chef d’Escadron Barberot qui a percé à Plancher-le-Bas, le Général Brosset est victime d’un premier accident sans gravité. Sa jeep s’étend prise dans les fils d’un pylône électrique qui s’est écroulé. Brosset monte alors dans une nouvelle jeep avec Jean-Pierre Aumont et le chauffeur Picot lorsqu’un sergent lui crie « Méfiez-vous mon Général, la jeep déporte à gauche quand on freine ». Conduisant pied au plancher, Brosset arrive à l’entrée d’un pont enjambant l’Ambiez sur lequel sont affairés des sapeurs. Brosset freine alors brutalement et la jeep dérape sur la gauche. Aumont et Picot sont éjectés et s’en sortiront avec un choc mais Brosset ne peut se dégager et plonge dans l’Ambiez au volant de son véhicule. Il meurt sur le coup et son corps sera repêché.

– La DFL perd alors bien plus que son chef, elle perd celui qui l’incarnait dans son esprit selon les mots de Notin. Son chef d’Etat-major s’est dit alors « effondré » et beaucoup d’officiers de la DFL ont été affectés par la nouvelle. Le Général Brosset est inhumé après une cérémonie dans le cimetière de Villersexel au milieu de 311 de ses soldats. De Gaulle lui décerne l’Ordre des Compagnons de la Libération à titre posthume. Après tractations entre Koenig et les officiers de la DFL, c’est le Colonel Pierre Garbay qui prend le commandement de la Division.

Lire :
– NOTIN Jean-Christophe : Le Général Saint-Hillier. De Bir Hakeim au putsch d’Alger, Perrin

Partager :

  • 10Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)10
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
3 septembre 1944 : Libération de Lyon

3 septembre 1944 : Libération de Lyon

Alors que les Français et les Américains libèrent la Provence avant de s’engager dans la remontée de la Vallée du Rhône sur les talons de la 19. Armee allemande de Friedrich Wiese, les FFI de la Drôme, de la Loire, du Rhône, de l’Isère, de l’Ain et des deux départements…

3 septembre 2014

Dans « Non classé »

21 août 1944 : Libération de Hyères par la 1re DFL

21 août 1944 : Libération de Hyères par la 1re DFL

Aussitôt débarquée à Cavalaire entre le 16 et le 18 août, la 1re Division de la France Libre du Général Diego Charles Brosset reçoit pour instruction de de Lattre de s’emparer de Toulon. Mais avant d’accéder à Toulon, il faut d’abord libérer Hyères que des éléments de la 244. Infanterie-Division…

21 août 2014

Dans « Non classé »

Le Bataillon d'Infanterie de Marine et du Pacifique

Le Bataillon d’Infanterie de Marine et du Pacifique

Unités qui ont fini par donner naissance au 1er Bataillon d’Infanterie de Marine du Pacifique de la 1re DFL, les 1er BIM et Bataillon du Pacifique ont fait partie des toutes premières unités constituées à combattre sous l’insigne de la Croix de Lorraine en 1940. Unitéss distinguée, ils ont participé à…

4 août 2014

Dans « Non classé »

21 octobre 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

28 janvier 1393 : Bal des Ardents

by Jérôme 14 octobre 2010

Afin d’honorer la tradition (récente pour l’époque) du charivari, le Roi Charles VI décide de troubler joyeusement le remariage d’une Dame d’Honneur d’Isabeau de Bavière, Catherine l’Allemande Dame de Hainceville avec un Chevalier français.

– L’action se déroula à l’Hôtel Saint-Pol, bâti durant le règne de Charles V, qui n’existe plus aujourd’hui mais dont on peu voir les traces dans le IVe Arrondissement de Paris.

– Charles VI et cinq de ses proches compagnons ; Hugues de Guirsay, Ogier de Nantouillet, Milon de Joigny, Yvain de Foix et Aymard de Poitiers, décident de se déguiser en bêtes en s’enduisant de poix et d’étoupe, avant de s’enchaîner les uns aux autres.

– Les six lurons entrent dans la salle du banquet pour surprendre les invités. L’ambiance reste joyeuse, agrémenté du son des flûtes, luths et tambourins.
Entrent alors Jean Duc de Berry et son neveu Louis d’Orléans, frère du Roi, qui reviennent d’une taverne. Louis d’Orléans souhaitant démasquer les fauves, saisit une torche qu’il approche trop près de l’un des danseurs. Celui-ci s’enflamme littéralement et propage le feu à ses compagnons. Charles VI doit la vie à la présence d’esprit de sa tante Jeanne de Boulogne Duchesse de Berry qui l’enveloppe de son manteau. Ogier de Nantouillet parvient à se défaire et à sauter dans un bac. Malheureusement les quatre autres compagnons du rois agonisèrent chacun après d’atroces souffrances.

– Aussi tragi-comique qu’il fût, ce fait divers aura d’importantes conséquences politiques. En effet, profondément choqué par l’événement, Charles VI signera une ordonnance dans laquelle il confie la régence à son frère Louis d’Orléans et à ses oncles Jean de Berry et Philippe le Hardi Duc de Bourgogne. Les Marmousets – surnom des anciens fidèles serviteurs de Charles V – seront écartés par la suite.

– Amèrement, le Connétable Olivier V de Clisson, ancien compagnon d’armes de Bertrand du Guesclin et vainqueur de Roosebeke et qui bénéficiait de la confiance du Roi, fera remarquer :  «  il y a désormais trois Rois en France ».


-Source :
Georges Minois, La Guerre de Cent Ans, Perrin

Partager :

  • 19Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)19
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
22 juillet 1461 : Mort de Charles VII dit le Victorieux

22 juillet 1461 : Mort de Charles VII dit le Victorieux

Souverain passé à la postérité comme étant le « Petit Roi de Bourges qui a trahi Jehanne d’Arc » , dénigré par les historiens de la IIIe République, il apparaît très souvent comme un monarque effacé sinon insignifiant, coincé avec son père Charles VI le Fou entre les grands règnes…

22 juillet 2016

Dans « Bas Moyen-Âge et Guerre de Cent Ans »

21 octobre 1422 : Mort de Charles VI le Bien Aimé ou le Fol

21 octobre 1422 : Mort de Charles VI le Bien Aimé ou le Fol

Paradoxalement, le long règne (quarante-trois ans) du Roi fou Charles VI est peut-être bien mieux connu que celui de son père, court et brillant. Sans doute en raison du désastre d’Azincourt et de la guerre Armagnacs-Bourguignons. Pour autant, le « Pauvre Roi » Charles VI, prisonnier impuissant de l’Hôtel Saint-Pol a suscité…

21 octobre 2016

Dans « Non classé »

23 novembre 1407 : Assassinat de Louis d'Orléans

23 novembre 1407 : Assassinat de Louis d’Orléans

Cet acte qui choqua profondément l’opinion de l’époque prend racine dans le conflit larvé et les tensions qui opposent Louis Ier d’Orléans, second fils de Charles V et frère de Charles VI à son cousin direct, Jehan Sans Peur, Duc de Bourgogne, fils de Philippe le Hardi, neveu de Charles…

23 novembre 2013

Dans « Non classé »

14 octobre 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

Brève – 1er août 1944 : La 2e DB touche le sol français en Normandie

by Jérôme 6 octobre 2010

Après avoir reçu un entraînement pendant plusieurs mois sous la houlette de Patton, les 16 000 hommes et 1 191 engins blindés de la 2e DB du Général Philippe Leclerc débarquent à Utah Beach le 1er août 1944.

TERRE-10537-G05
Pour rappel, elle a été constituée à partir de la « Colonne Leclerc » qui a combattu en Libye et en Tunisie en 1940-1943 et avec des éléments de l’Armée d’Afrique restés fidèles au Gouvernement de Vichy jusqu’à la fin 1942. Ce qui ne se fit pas sans heurts.

La 2e DB est constituée sur le modèle d’une Division blindée américaine de type « medium » (moyenne) tout en conservant ses dénominations françaises.

leclerc6
Elle compte donc : 1 régiment de reconnaissance (le 3e Régiment de Marche des Spahis du Maroc), 3 Régiments de Chars (501e Régiment de Chars de Combat, 12e Régiment de Cuirassiers et 12e Régiment de Chasseurs d’Afrique), 1 Régiment d’Infanterie portée à 3 Bataillons (le Régiment de Marche du Tchad), 3 Régiment d’Artillerie (3e Régiment d’Artillerie Coloniale, 40e et 64e Régiments d’Artillerie Nord-Africain), 1 Régiment de Chasseurs de chars (Régiment Blindé des Fusiliers Marins), 1 Groupe d’Artillerie anti-aérienne (12e Groupement Colonial FTA), 1 Bataillon du Génie (3e BG), 1 Bataillon Médical (1er Bataillon Médical, qui compte les fameuses « Rochambelles »), ainsi que plusieurs compagnies de soutien (QG, transport, ambulances, service, circulation et réparation).

Intégrée à la IIIrd US Army de Patton, la 2e DB termine son rassemblement pour partir dans la région d’Avranches afin de participer aux opérations de la Bataille de Normandie.

Partager :

  • 10Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)10
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
Chroniques de la Bataille de Normandie - 35/ 12 août : La 2e DB libère Alençon

Chroniques de la Bataille de Normandie – 35/ 12 août : La 2e DB libère Alençon

NB : Il s’agit là de la seconde partie consacrée à la Poche de Falaise. Le titre ayant été volontairement modifié. – Le 8 août, le XVth Corps du Lieutenant-General Haislip s’est emparé du Mans avec la 5th Armored Division et les 79th et 90th Infantry Divisions. Suivant les instructions…

12 août 2014

Dans « Non classé »

Campagne de Lorraine 1944 - 31 octobre - 1er novembre : La 2e DB libère Baccarat

Campagne de Lorraine 1944 – 31 octobre – 1er novembre : La 2e DB libère Baccarat

– A la fin du mois de septembre, le GT D du Colonel Dio s’était retrouvé bloqué sur la rive gauche de la Vesouze et devant la Forêt de Paroy. Sur ordre de Patton, le XVth Corps de la IIIrd US Army – dont dépend la 2e DB – s’ancre sur…

31 octobre 2014

Dans « Non classé »

Général Jean Touzet du Vigier, commandant de la « Saint Louis »

Général Jean Touzet du Vigier, commandant de la « Saint Louis »

– Restant dans l’ombre des Juin, Leclerc et de Lattre de Tassigny aux yeux du grand public, Jean Louis Alain Touzet du Vigier voit le jour le 10 octobre 1888 à Chambéry. au sein d’une vieille famille. Il est le quatrième enfant d’Alain Touzet du Vigier et de  Louise née…

16 août 2016

Dans « Histoire militaire française »

6 octobre 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

Campagne de 1814 – 7 mars : Difficile victoire de Craonne

by Jérôme 27 septembre 2010

On connaît le Plateau de Craonne pour sa chanson et pour son engagement tragique de 1917. Mais on le connaît moins pour l’engagement qui a opposé les éléments de la Grande Armée aux Prussiens.
craonne_2
Après les victoires de Brienne, Champaubert, Château-Thierry et Montereau, Napoléon choisit de surveiller les Austro-Bavarois de Schwartzenberg dans la vallée de la Seine afin de se porter plus au nord, dans la région de Laon et Soissons afin de conjurer le danger prussien. Napoléon pense (encore) pouvoir vaincre l’Armée de Silésie de Blücher en une bataille décisive. Mais c’est bien trop demander à son armée qui commence à accuser une sérieuse fatigue.

Quoiqu’il en soit, le 2 mars 1814, l’Empereur relance la poursuite contre l’Armée de Silésie et franchit l’Aisne à La Ferté-sous-Jouarre. Seulement, le 3 mars, la garnison défendant Soissons dépose les armes devant une force composée par le 2nd Corps de l’Armée de Silésie avec les Russes de Ferdinand von Wintzigerode et des Prussiens de Friedrich Wilhelm von Bülow. Napoléon ne peut donc empêcher von Wintzigerode et von Bülow de franchir l’Aisne à leur tour et  d’opérer leur jonction avec Blücher. Celui-ci dispose alors d’une écrasante supériorité numérique : 100 000 hommes contre 30 000 que commande Napoléon avec les Corps de Ney, Victor et Mortier auxquels viennent s’ajouter les 16 000 soldats du 6e Corps de Marmont.

Voici la composition des forces dans les deux camps :

1 – Du côté des Coalisés, Blücher tient sous ses ordres le 2nd Corps de von Wintzigerode qui « absorbe » le 3e Corps d’Infanterie du Comte Vorontzov et coiffe ainsi 6 divisions ; 12e de Tchermanski, 13e de Cheltoutchine, 14e de Harpe, 21e de Laptiev et 24e de Vuitsch. La Cavalerie est formée par la 3e Division de Hussards de von Pahlen prélevée sur le 1er Corps de Cavalerie d’O’Rourke, ainsi que par la 2nde Division de Hussards de Lanskoi issue du Corps de Cavalerie de Vassiltchikov.

2 – Napoléon commande au Corps de Ney qui compte la 1re Division de la Jeune Garde de Meunier, la 2nde de Curial et la Brigade « Espagnole » de Boyer. Le 2nd Corps de Victor est principalement formé de la Jeune Garde avec les Divisions de Boyer de Rebeval et de Charpentier (7e). Le Corps de la Vieille Garde de Mortier compte la 9e Division de Cavalerie de Poret de Morvan, la Division de Cavalerie de Colbert (Chasseurs à Cheval, Chevau-Légers-Lanciers et Eclaireurs), la 2nde Division de Cavalerie d’Exelmans (Hussards, Chasseurs à Cheval et Carabiniers), ainsi que la 6e Division de Cavalerie Lourde de Roussel (Dragons). Enfin, le 6e Corps du Maréchal Mortier a pour principales composantes les Divisions Ricard et Lagrange (celle-ci compte notamment les éléments de 4 Régiment d’Infanterie de Marine) et la 1re Division de Cavalerie de Doumerc (Chasseurs à Cheval, Gardes d’Honneurs, Hussards et Chevau-Légers-Lanciers). Enfin, la Division de Cavalerie de Nansouty est aussi là, directement sous les ordres de l’Empereur.

Napoléon reporte alors ses forces vers le Nord, c’est-à-dire vers Berry-au-Bac. Le 5 mars, les régiments d’Etienne Champion de Nansouty s’emparent du pont de Berry qui n’est gardé que par quelques cosaques et deux canons. Un aristocrate russe, le Prince Gagarine est même capturé par un Dragon qui recevra la Légion d’Honneur pour ce fait d’arme. Sans tarder, l’Empereur envoie Ney et Mortier derrière l’Aisne pour tenir l’espace entre Berry-au-Bac et Corbeny. Mais voilà que Blücher reprend lui aussi son avance et menace le flanc gauche de l’Empereur. Celui-ci choisit alors d’affronter le prussien sur le plateau de Craonne. De son côté, Blücher envoie le Comte Vorontzov avec 2 200 hommes pour tenir la « Route des Dames » et la Ferme d’Huterbise. Pendant ce temps, von Wintzigerode reçoit l’ordre d’opérer un crochet sur les arrières des Divisions de Cavalerie française.

Le 6 mars, Napoléon ordonne à Mortier d’attaque le Plateau de Craonne. La Vieille Garde charge, s’empare du village mais ne peut dépasser le sommet du plateau en raison d’une résistance acharnée des Russes. Cependant, plus au nord, Ney qui commande lui-même à l’une de ses divisions s’empare de l’Abbaye de Vauclerc avant de se lancer à l’assaut de la Ferme d’Huterbise. Celle-ci est prise et reprise plusieurs fois dans la journée. Le Général Pierre Cambronne a reçu quatre blessures durant la journée.
Au soir du 6 mars, la Grande Armée forme comme un arc de cercle dont les extrémités vont de l’Abbaye de Vauclerc à Craonne. Arrivé le soir même, l’Empereur installe son Quartier Général dans une maison du village de Corbeny. Là, il reçoit les informations de l’un de ses anciens camarades du Collège de Brienne, Monsieur David Victor Bussy de Belly qui se trouve alors maire de Beaurieux, un autre village non loin de là. En récompense, Napoléon lui octroie le grade de Colonel dans l’Artillerie ainsi que la Légion d’Honneur.
Napoléon prévoit alors de pilonner Huterbise tout en lançant des assauts sur leurs flancs. Au nord d’Huterbise, Ney doit s’emparer du village d’Ailles et au sud et Nansouty doit faire de même au Vallon d’Oulches. Mais dans son enthousiasme, l’Empereur oublie que les ravins ne sont guère propices à une action offensive de cavalerie. Pendant ce temps, les forces russes de von WIntzigerode s’ancrent fermement entre la Ferme d’Huterbise et la « Route des Dames ».

Le 7 mars à 10h00, l’Artillerie française ouvre le feu mais ne causent que peu de pertes aux Russes en raison du manque d’expérience des servants de canons et des jeunes officiers. De son côté, Ney lance son assaut contre le plateau d’Ailles mais ses soldats sont pris sous un violent feu de fusils et doivent se replier à mi-pente. En fin de matinée, les unités de la Jeune Garde de Victor arrivent alors sur le champ bataille. Napoléon les lance alors à l’assaut d’Huterbise par la route de Vauclerc. Arrivant en renfort de Ney, la Jeune Garde entraîne les autres soldats français dans leur assaut et chassent les russes de la Ferme d’Huterbise qui est incendiée par ses occupants de la veille. Les jeunes soldats français sont alors renforcer par les Dragons de Grouchy qui ont accouru depuis la matinée.

Plus au sud, les choses vont finalement mieux puisque Nansouty et ses Cavaliers sabrent les Russes et les chassent de Paisy. Mais le Régiment des Dragons de la Garde a perdu cinq officiers à lui tout seul.

Toutefois, si ses flancs sont mis à mal, Vorontzov conserve son centre intact. Il lance alors une attaque audacieuse et bien menée contre les « Marie-Louise » de la Jeune Garde  et les Dragons de Grouchy. Ce dernier est blessé durant l’attaque russe. Celle-ci aurait pu mettre à mal tout le plan de Napoléon mais celui-ci voit sa dure victoire sauvée par… Blücher. En effet, le Feld-Maréchal Prussien a ordonné à Vorontzov de se replier sur Laon car il fallait bien constater que s’il tenait au centre, le Général russe risquait de se faire dangereusement tourner par Nansouty et Ney. Il faut alors que le Général von Osten-Sacken lâche 4 000 Cavaliers pour sauver Vorontzov. Le Général russe décroche alors et rameute ses forces vers Cerny mais la Cavalerie française le poursuit sur une quinzaine de kilomètres le long du Chemin des Dames.
Le soir même, Napoléon arrive à Bray-en-Laonnais et y passe la nuit.

Les civils français qui s’étaient réfugiés dans les grottes que l’on trouve dans la région (en raison d’une forte teneur en calcaire) en profitent alors pour sortir et se venger sur les blessés russes des exactions commises par les Cosaques (pillages, viols, meurtres, tortures…).

Sources :
– BOUDON Jacques-Olivier : 1814. Napoléon et la Campagne de France, Armand Collin
– http://www.napoleon-empire.net
– http://www.histoire-empire.org

Partager :

  • 2Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)2
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
Campagne de 1814 - 13 mars : Victoire de Reims « Dernier sourire de la fortune »

Campagne de 1814 – 13 mars : Victoire de Reims « Dernier sourire de la fortune »

Le 12 mars, le 8e Corps de l’Armée de Silésie (Prussiens et Russes) du Général Guillaume de Saint-Priest, un ancien émigré passé au service de la Prusse prend le chemin de Reims avec 15 000 hommes et s’avance vers Reims et y fait son entrée le jour même alors que l’Infanterie…

13 mars 2016

Dans « Grande Armée »

Maréchal Claude-Victor Perrin dit Victor

Maréchal Claude-Victor Perrin dit Victor

Fils d’un huissier royal, Claude-Victor Perrin voit le jour à Lamarche dans les Vosges le 7 décembre 1764. A dix-sept ans, il s’engage dans l’Armée du Roi et est incorporé comme Tambour au Régiment d’Artillerie de Grenoble. En 1791, il s’engage dans la Garde Nationale et gravit les échelons rapidement.…

1 mars 2016

Dans « Grande Armée »

Campagne de 1814 (Italie) - 8 février : Victoire du Prince Eugène au Mincio

Campagne de 1814 (Italie) – 8 février : Victoire du Prince Eugène au Mincio

En 1814, les Autrichiens veulent s’assurer le contrôle du Milanais en vue de reprendre l’ensemble du Royaume des Deux Siciles. Vienne veut remettre la main sur le Royaume de Naples que Napoléon a octroyé à son beau-frère Joachim Murat, l’époux de Caroline Bonaparte. Vienne envoie alors une armée sous le…

8 février 2016

Dans « Grande Armée »

27 septembre 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

3 août 1914 : Mobilisation en Grande-Bretagne

by Jérôme 25 septembre 2010

Tout d’abord, comme nous l’avons montré dans l’article consacré aux fantassins britanniques publié en mars, la mobilisation en Grande-Bretagne sera de toute autre nature qu’en France, en Allemagne ou en Russie. Cela pour deux raisons principales ; premièrement, l’opinion et les Cabinets Campbell-Bannermann et Asquith ne sont pas favorables à une intervention sur le continent – mais le second y sera forcé. D’autre part, un plan de mobilisation et de transport de l’Armée britannique avait déjà été prévu dès 1906 mais pour une nation fonctionnant sans conscription a contrario des autres pays belligérants du Continent.

kitchener
1 – PLAN DE MOBILISATION

A – MOBILISATION DES EFFECTIFS

– Avec la signature de l’Entente Cordiale en 1904, l’Armée Britannique et son homoloque française sont alors appelées à converser en prévision d’une confrontation face à l’Allemagne. Une lettre commune signée par Sir Edward Grey, chef du Foreign Office et Paul Cambon ambassadeur de France déclare que « les deux pays sont libres de se prêter assistance en cas de guerre ».
Inutile de préciser que les deux armées connaissent une forte différence culturelle, ne serait-ce que par le privilège donné à la Royal Navy et l’absence de conscription outre-Manche.

– En 1909, Londres décide qu’il sera question d’envoyer un corps expéditionnaire ; décision qui sera du ressort du Gouvernement en poste à cette date.
Parallèlement, les responsables du War Office et de l’Etat-Major français organisent des conversations secrètes dans lesquelles il est question du déploiement des troupes britanniques, de leur ressort de commandement et des opérations à mener communément.

– Sauf que très vite, le General Henry Wilson nommé tout juste chef du War Office fait remarquer qu’il n’y a aucun plan pour faire traverser la Manche à la « W Army » (nom de code du futur BEF).
Wilson estime alors que pour acheminer la W Army en France dans de rapides délais, il faudra avoir achevé la mobilisation des unités d’Infanterie à Jour + 4, celle des unités de cavalerie à Jour + 7 et l’artillerie à Jour + 9. Cela doit s’effectuer en Angleterre, en Ecosse mais aussi en Irlande, tout en sachant que chacune des trois armes comprend une composante d’active (Regular Army) et une composate de réserve (Territorial Army). Le système d’engagement sur volontariat prévoit une période de douze ans dans l’active en Métropole et dans les Colonies, ainsi que cinq ans dans la Réserve.

– Le 20 juillet 1911, Henry Wilson et le Général Auguste Dubail signent un mémorandum commun détaillant les séquences d’envoi de 6 Divsisions d’Infanterie et 1 Division de Cavalerie en France, soit 150 000 hommes et 67 000 chevaux, soit quasiment toute l’Armée de Terre britannique, active et réserve comprises. Pour le transport des troupes en France, Wilson fait aussi préparer un plan de réquisition d’automobiles et de bus.

Chaque division d’infanterie britannique compte 18 000 hommes répartis en 3 Brigades* à 4 bataillons chacune. Près de 70 % des soldats et officiers d’une division sont dans l’Infanterie (12 000), un peu plus de 20 % dans l’Artillerie (4 000) et un peu moins de 10 % dans les unités auxiliaires (Génie, Transmissions, approvisionnement, etc.). L’armement lourd comprend 24 mitrailleuses Vickers et 76 canons de campagne.
Le mémorandu prévoit alors de débarquer ces sept divisions dans les ports de Boulogne, de du Havre et du Rouen entre Jour + 4 et Jour + 12 après mobilisation. Le Havre peut accueillir 30 navires britanniques par jour, contre 20 pour Rouen et 11 pour Boulogne.
Après le débarquement dans les ports, le corps expéditionnaire devra se concentrer dans la région de Maubeuge.

Henry Wilson, Directeur du War Office

Henry Wilson, Directeur du War Office

– Bien entendu, le War Office prévoit de mobiliser les forces des colonies, principalement d’India Army dont l’ensemble des effectifs représente près de deux tiers des forces armées de l’Empire. Mais les Divisions qui seront levées en Inde arriveront plusieurs semaines après le Corps Expéditionnaire en raison des distances et du temps de transport naval.

– Enfin, point important qui a fait l’objet de débat, la mobilisation britannique doit avoir lieu le même jour que celle en France.

Général Auguste Dubail

Général Auguste Dubail

B – PLAN DE TRANSPORT ET CONCENTRATION DU BEF EN FRANCE

– Sous la conduite de Wilson et de quinze officiers, les travaux de planification du transport du BEF en France ont pris près de huit ans pour être avalisés en 1913, en dépit des partisans du « splendide isolement ».

– Wilson prévoit d’opérer la concentration des 7 premières divisions dans les ports grâce au concours de 1 800 trains, ce qui implique une étroite coopération avec la Compagnie des chemins de fer.
Cette phase achevée, il faudra procéder au transport par mer, ce qui nécessite un arrangement avec l’Amirauté ; ce à quoi ont aussi travaillé Fisher et Churchill.
Il est donc prévu de privilégier les ports de Southampton, Cork, Dublin, Belfast, Newhaven (matériel) et Liverpool (nourriture). Il est prévu que 13 navires de transport quittent chaque port par jour.

– Reste la question du débarquement. Le Mémorandum Wilson-Dubail prévoit de faire partir 25 trains par jour depuis Le Havre, 15 à partir de Rouen et 20 à partir de Boulogne. Ensuite, chaque convoi doit se diriger sur Amiens, afin de procéder à la concentration progressive du BEF. Problème, Amiens est aussi un carrefour de transit de plusieurs régiments français et la noria britannique n’ira pas sans poser de sérieux problèmes d’embouteillages.

2 – LA DÉCISION POLITIQUE

– Quand éclate la crise de juillet 1914, le Gouvernement d’Herbert Asquith est d’abord préoccupé par le risque d’une rébellion loyaliste dans les six Comtés d’Ulster en Irlande en raison de l’application du projet de Home Rule, plus libéral qu profit d’une plus grande autonomie politique des Catholiques du Sud. Farouchement opposé à ce projet, Rudyard Kippling (dont le fils sera tué dans les Irish Guards à Loos en 1915) ironise même en parlant de Rome Rule. Londres ne se sent donc guère concerné par la tension entre Vienne et Belgrade. A ce titre, Sir Edward Grey Ministre des Affaires étrangères se méfie grandement des Serbes protégés des Russes et milite pour une non-intervention dans les Balkans. D’ailleurs, l’Amirauté s’apprête à livrer deux cuirassés Dreadnoughts à l’Empire Ottoman avec lequel Londres veut garder de bons rapports pour l’accès aux Détroits.

– Mais comme le dit Gérard Hocmard, Grey va très vite se retrouver prisonnier de ses contradictions ; à savoir tenter de maintenir la Grande-Bretagne au-dehors des potentiels conflits européens et à l’inverse ; tenir les engagements pris avec Paris et Saint-Pétersbourg en vertu des différents traités ayant forgé la Triple-Entente.

Herbert Asquith

Herbert Asquith

– Quand survient l’attentat de Sarajevo, le Gouvernement d’Asquith est frappé de stuppeur, ce qui n’est pas le cas de l’opinion. Il suffit de reprendre les mots d’Agatha Christie alors jeune étudiante qui évoquait « un coup de feu dans un pays lointain ».
Mais Asquith et Grey sont peu informés de ce qui se passe dans les Balkans. Le 8 juillet, Edward Grey reçoit l’Ambassadeur russe qui l’informe de la situation. Grey estime alors que le Gouvernement serbe ne peut être tenu responsable des agissements de « La Main Noire », ce qui ne signifie pas pour autant que Londres soutiendra militairement Saint-Pétersbourg, loin de là.

– Grey adresse un télégramme à l’ambassadeur de Grande-Bretagne à Vienne pour lui indiquer l’opinion du Foreign Office sur la situation : toute intervention militaire autrichienne en Serbie entraînera inexorablement une réaction de la Russie. Mais lorsque Vienne adresse son ultimatum à Belgrade, Londres ne réagit pas, même  si Grey estime qu’il s’agit-là « du document le plus redoutable qu’il ait jamais vu adressé à un Etat indépendant ».
Sur une proposition du jeune First Sea Lord (Premier Lord de l’Amirauté) Winston Churchill, le Cabinet place la Home Fleet en alerte en Mer du Nord et dans la Manche afin de prévenir de toute menace navale allemande. Il faut dire que si la Royal Navy reste une machine de guerre redoutable grâce au programme de modernisation lancé par Lord John Fisher of Kilverstone (influencé par les théories novatrices de Sir Julian Corbett et soutenu par l’Opinion), elle est concurrencée en matière technique par la jeune Kriegsmarine allemande.

– Le 27 juillet, lors de la réunion du Cabinet, Grey pose la question de savoir si la Grande-Bretagne devait porter assistance à la France au cas où l’Allemagne attaquait le pays allié depuis 1904. La question du chef du Foreign Office provoque une levée de boucliers marquée par la menace de démission de certains des membres. Cela trahit bien un manque de volonté interventionniste vis-à-vis de l’Empire de Guillaume II. Et cette opinion est largement répandue dans la presse outre-Manche, à l’exception notable du Times.

Sir Edward Grey

Sir Edward Grey

– Mais il reste un point qui inquiète Londres ; la neutralité belge. Depuis 1839, la Grande-Bretagne et l’Allemagne sont garantes de la neutralité belge. Grey évoque alors nettement l’idée d’une intervention en faveur de la Belgique si celle-ci est menacée par l’Armée allemande. Sauf que le Cabinet penche encore pour la non-intervention si les Allemands ne viennent à menacer qu’une seule partie de la Belgique.
Toutefois, sans en référer à Asquith et aux autres membres du Cabinet, Grey stipule (au conditionnel) à l’Ambassadeur allemand à Londres qu’en cas de conflit entre l’Allemagne et la France, « la Grande-Bretagne pourrait trouver nécesaire d’intervenir ». Le jour même, dans une déclaration forte en incohérence, traduisant l’hésitation dans laquelle il se trouve, Edward Grey indique à Paul Cambon (l’ambassadeur de France) que « la France s’est laissée entraînée dans une affaire qui ne concernait pas la Grande-Bretagne ».

– Seulement, tout s’accélère à partir du 30 juillet. Apprenant que la Russie mobilise, Grey fait savoir que la Grande-Bretagne restera neutre si le conflit se limite entre l’Allemagne et la Russie. Mais lorsqu’il reçoit un télégramme de Bethmann-Hollwegg stipulant que l’Allemagne n’annexera aucun territoire français si les Britanniques maintiennent leur neutralité. Le chef du Foreign Office lui fait répondre que c’est hors de question.

– Le 1er août, Londres apprend que Guillaume II vient de décréter la mobilisation générale contre la Russie, tout en maintenant l’ultimatum à la France. Le Gouvernement Viviani fait alors savoir à l’Hôtel de Charrost (ambassade de Grande-Bretagne) qu’il décrétera la mobilisation générale le même jour.
A Londres, Churchill obtient d’Asquith l’autorisation de mobiliser la Home Fleet pour protéger les côtes de l’Île. A ce moment, la presse britannique se convertit à l’idée d’une intervention face au danger allemande. Sauf que le Général Wilson tente de rassurer les Conservateurs en leur indiquant que la Grande-Bretagne est prête à revenir sur ses engagements nés de l’Entente Cordiale. Cette initiative provoque une violente réaction des Libéraux et même des Travaillistes qui estiment que c’est contraire au prestige national et placerait le pays dans une position de faiblesse.

– Le 2 août, le Cabinet se réunit et convient qu’une violation du territoire belge ou le bombardement des côtes françaises par l’Allemagne représentera un casus belli. Mais le même jour, Grey et Asquith apprennent que Bethmann-Hollwegg vient d’adresser un ultimatum à la Belgique. Cette-fois, les Britanniques ne peuvent plus reculer. Le 3 août, Cabinet décrète alors la mobilisation générale et ordonne au War Office d’opérer le transport de la British Expeditionnary Force (BEF). Celui-ci est placé sous les ordres du Général John French.

– Il n’en reste pas moins que sur le plan des opérations, la Grande-Bretagne est obligée d’abandonner l’idée d’une guerre fondée sur la marine et se trouve embarquée dans un conflit terrestre pour lequel elle ne s’est pas préparée.

3 – L’APPEL AUX VOLONTAIRES

– Peu après la mobilisation, Asquith nomme alors Lord Hebert Horatio Kitchener Ministre de la Guerre. Afin de palier au manque d’effectifs, Kitchener décide de faire appel aux volontaires en Métropole, comme dans les Dominions. C’est dans ce cadre qu’est placardée la fameuse affiche où Kitchener figure avec le fameux mot d’ordre : « Britons. I wants You join your Country’s Army » (voir photo au débnut de l’article). Cela impose aussi de maintenir un corset de sous-officiers et d’officiers de réserve en Métropole afin de pourvoir à l’instruction des recrues.
Il n’empêche, lorsque sont ouverts les bureaux de recrutement, on voit affluer près de 1,5 millions de volunteers enthousiastes qui vont grossir les rangs du BEF. Seulement, ils n’ont aucune expérience du feu et leur instruction devra s’opérer de manière accélérée.

– A l’annonce de la mobilisation, les Dominions répondent assez favorablement à l’appel de la Métropole. Ainsi, Andrew Fisher, chef de l’Australian Labour Party déclare : «  l’Australie est prête à donner son dernier homme et son dernier shilling dans la lutte commune. » L’Australie et la Nouvelle-Zélande lèvent plusieurs dizaines de milliers de volontaires, même si dans le premier, on assiste à des réticences. Il en va de même pour le Canada ; du moins la partie anglophone car les Canadiens Français sont bien plus réticents. Et ce pour deux raisons ; d’une part ils ne ressentent aucune raison particulière de combattre pour la Couronne britannique et d’autre part, très attaché au Catholicisme, ils se méfient de la France de la IIIe République. Toutefois, les Canadiens français qui s’engagent vont former quelques Battalions. On observe aussi des réticences en Afrique du Sud en raison de la Guerre des Boers encore récente. Certains Afrikaneers refusent de combattre sous les drapeaux britanniques et vont même jusqu’à fomenter une rébellion dans le nord-est du territoire.
Enfin, notons le cas de l’Irlande. Si les loyalistes d’Ulster répondent très favorablement à l’appel de volontaires (ils formeront une division, la 36th), les Catholiques irlandais sont bien moins enthousiastes, même si un nombre non négligeable d’entre eux viennent à constituer plusieurs bataillons (Dublin, Comté de Munster…). 

Pour la première fois depuis Waterloo, la Grande-Bretagne entre en guerre pour intervenir sur le Continent, dans un conflit auquel son opinion était résolument hostile, en dépit des scènes de liesse qui ont pu avoir eu lieu à Londres.

Sources :
– COTTRET Bernard : Les mondes britanniques, PUF
– HOCMARD Gérard : Les hésitations britanniques face à la crise européenne, in Nouvelle Revue d’Histoire HS N°8 « Eté 1914. Pourquoi le suicide de l’Europe ».
– La mobilisation britannique, http://www.ddata.over-blog.com

Partager :

  • 5Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)5
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
Chroniques de la Grande Guerre : Plan Schlieffen contre Plan XVII

Chroniques de la Grande Guerre : Plan Schlieffen contre Plan XVII

A. LE MYTHE DE LA  « BATAILLE DÉCISIVE » Après la Guerre de 1870, Helmuth von Moltke l’Ancien estime que le prochain conflit armé en Europe ne se livrerait plus qu’entre les seules grandes puissances européennes. Mais il était convaincu qu’il serait plutôt une Volkskrieg, soit une « Guerre de Peuples ». Aussi fallait-il tout…

30 décembre 2013

Dans « Non classé »

Chroniques de la Grande Guerre 1 - La course aux armements

Chroniques de la Grande Guerre 1 – La course aux armements

La phase préparatoire de la Première Guerre mondiale baptisée « Course aux Armements »  comprend deux périodes distinctes. Elle prend racine peu après l’avènement du Kaiser Guillaume II lorsque le jeune souverain rompt avec la prudente Realpolitik d’Otto von Bismarck pour lancer l’Allemagne dans une nouvelle Weltpolitik. Celle-ci tendait à affirmer la place du II. Reich allemand non…

16 novembre 2013

Dans « Non classé »

Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 5

Chroniques des Dardanelles (1915-2015) – 5

– RASSEMBLEMENT DES FORCES TERRESTRES 1 – Les Britanniques – Le 22 mars, lors d’une réunion à bord du « Queen Elizabeth », John de Robeck prend la décision de lancer une opération combinée avec l’aide de l’Armée de terre. Son chef d’état-major, l’énergique Commodore Roger Keyes estime cependant que les détroits…

13 avril 2015

Dans « Non classé »

25 septembre 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

22 mars 1429 : Sainte Jeanne d’Arc adresse une lettre au Roi d’Angleterre

by Jérôme 25 septembre 2010

« Roy d’Angleterre, et vous, duc de Bedfort, qui vous dictes régent le royaume de France ; vous Guillaume de la Poule, conte de Sulfork ; Jehan, sire de Talebot; et vous, Thomas, sire d’Escales*, qui vous dictes lieutenant dudit duc de Bedfort, faictes raison au roy du ciel ; rendez à la Pucelle qui est cy envoiée de par Dieu, le Roy du ciel, les clefs de toutes les bonnes villes que vous avez prises et violées en France.

Elle est ci venue de par Dieu pour réclamer le sanc royal. Elle est toute preste de faire paix , se vous lui voulez faire raison, par ainsi que France vous mectrés jus, et paierez ce que vous l’avez tenu. Et entre vous, archiers, compaignons de guerre, gentilz et autres qui estes devant la ville d’Orléans, alez vous ent en vostre païs, de par Dieu ; et ainsi ne le faictes, attendez les nouvelles de la Pucelle qui ira vous voir briefement à vos bien grand domaiges.

Roy d’Angleterre, se ainsi ne le faictes, je suis chief de guerre, et en quelque lieu que je actaindray vos gens en France, je les en ferai aler, veuillent on non veuillent, et si ne vuellent obéir, je les ferai tous occire. Je suis cy envoiée de par Dieu, le Roy du ciel, corps pour corps, pour vous bouter hors de toute France. Et si vuellent obéir, je les prandray à mercy.

Et n’aiez point en vostre oppinion, quar vous ne tendrez point le royaume de France, Dieu, le Roy du ciel, filz sainte Marie ; ainz le tendra le roy Charles, vrai héritier ; car Dieu le Roy du ciel, le veult, et lui est révélé par la Pucelle, lequel entrera à Paris à bonne compagnie. Se ne voulez croire les nouvelles de par Dieu et la Pucelle, en quelque lieu que vous trouverons, nous ferrons dedens et y ferons ung si grant hahay, que encore a-il mil ans, que en France ne fu si grant, se vous ne faictes raison.

Et croyez fermement que le Roy du ciel envoiera plus de force à la Pucelle, que vous ne lui sariez mener de tous assaulx, à elle et à ses bonnes gens d’armes; et aux horions verra-on qui ara meilleur droit de Dieu du ciel. Vous, duc de Bedfort, la Pucelle vous prie et vous requiert que vous ne vous faictes mie détruire. Si vous lui faictes raison, encore pourrez venir en sa compaignie, l’où que les Franchois feront le plus bel fait que oncques fut fait pour la chrestienté. Et faictes response se vous voulez faire paix en la cité d’Orléans; et se ainsi ne le faictes, de vos bien grans dommages vous souviengne briefment.

Escript ce mardi sepmaine saincte. »

* Thomas de Scales

Partager :

  • 10Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)10
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
Jeanne d'Arc vue par Benoit XVI

Jeanne d’Arc vue par Benoit XVI

Alors que l’on commémore le sixième centenaire de la naissance de la pucelle d’Orléans, voici le portrait qu’en fit Benoit XVI au cours de l’audience générale du 26 janvier 2011, à Rome. Un point de vue intéressant, et même nécessaire, pour mieux comprendre ce personnage qui a tant marqué l’histoire…

29 mars 2012

Dans « Non classé »

29 septembre ; Fête de Saint Michel, Archange, protecteur de la France

29 septembre ; Fête de Saint Michel, Archange, protecteur de la France

« O Saint Michel, Qui avez entendu les battements du Cœur de Jésus, Qui avez pénétré le mystère de ce Divin Cœur transpercé par la lance, Faites nous connaître les sentiments de ce Cœur adorable, Conduisez nous à cette source de bénédiction. Nous vous prions pour la France, La nation privilégiée…

29 septembre 2015

Dans « Non classé »

Appel de saint Jean-Paul II à redécouvrir « l’âme française »...

Appel de saint Jean-Paul II à redécouvrir « l’âme française »…

C’était en 1996. A l’occasion de la célébration du XVème centenaire du baptême de Clovis, à Reims, Jean-Paul II exhortait les Français à redécouvrir leur histoire et la vocation propre de leur pays. Voici l’homélie en intégralité.           « Chers Frères et Sœurs de France ici rassemblés, L’Évêque de Rome salue en cette…

29 avril 2015

Dans « Non classé »

25 septembre 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

Alliances vins et fromages – 3

by Jérôme 22 septembre 2010


– AUTRES FROMAGES AU LAIT DE VACHE (spécialités régionales)

bleus-alsace* BRIE

– Alsace Pinot Noir (rouge et rosé)
– Médoc, Pomerol, Lalande-de-Pomerol, Montagne-Saint-Emilion


– Châteauneuf-du-Pape (rouge)
– Côte de Nuits-Village (blanc), Auxey-Duresses (rouge), Beaune (rouge), Côte de Beaune (rouge), Pommard, Volnay, Monthélie (rouge)

 

* MUNSTER

– Champagne (blanc et rosé)
– Alsace Pinot Gris
, Alsace Vendanges Tardives (Pinot Gris, Gerwurztraminer, Muscat, Riesling), Alsace Gewurztrimer, Côte de Toul Vin Gris (Rosé), Alsace Pinot Blanc-Klever
– Fitou, Saint-Chinian
– Pécharmant
– Médoc, Loupiac
– Madiran
– Côte Rotie
– Coteaux-du-Layon, Vouvray (sec et demi-sec), Sancerre (blanc)
– Petit Chablis, Morey-Saint-Denis, Corton, Savigny-lès-Beaune (rouge), Pommard, Meursault,  Bienvenue-Bâtard-Montrachet, Blagny, Mâcon-Villages (blanc), Saint-Véran
– Moulin-à-Vent, Morgon

** Munster Géromé

– Alsace Pinot Noir, Alsace Pinot Blanc-Klevner, Alsace Pinot Gris, Alsace Chasselas, Alsace Gewurztraminer
– Madiran
,
– Nuits-Saint-Georges (rouge), Beaune (rouge), Volnay, Pommard
– Arbois-Pupillin (rouge)


* LIVAROT

– Alsace Vendanges Tardives
– Corbières et Corbières-Boutenac
(rouge), Fitou
– Canon-Fronsac
, Listrac-Médoc, Loupiac, Sainte-Croix-du-Mont
– Madiran
– Côte Rôtie
, Hermitage (rouge), Côtes du Rhône (rouge),
– Anjou Villages (rouge), Bonnezeaux, Chinon, Bourgueil
– Côte d’Auvergne
– Morey-Saint-Denis, Aloxe-Corton, Auxey-Duresses (rouge), Savigny-lès-Beaune (rouge), Pommard, Monthélie (rouge)
– Beaujolais-Villages, Brouilly, Fleurie

* PONT-L’ÉVÊQUE

– Fitou, Saint-Chinian
– Pécharmant
– Saint-Emilion, Montagne-Saint-Emilion, Fronsac, Canon-Fronsac, Listrac-Médoc, Pomerol
– Saint-Joseph, Côtes du Rhône, Cornas
– Bourgueil, Chinon,
– Santenay (rouge)
– Côtes d’Auvergne, Côte Roannaise
– Volnay
– Côtes du Jura (rouge)
– Beaujolais-Villages, Brouilly, Saint-Amour

* LANGRES

– Coteaux Champenois – Bouzy
– Lalande de Pomerol, Margaux
– Châteauneuf-du-Pape (rouge)
– Bonnes-Mares, Clos de Vougeot, Nuits-Saint-Georges, Beaune, Savigny-lès-Beaune (rouge), Blagny, Mercurey (rouge)


* FROMAGES DE BOURGOGNE

* Chaource

– Irancy, Chablis (Premier et Grand Cru), Petit Chablis, Gevrey-Chambertin, Aloxe-Corton (blanc), Santenay (rouge), Volnay, Chassagne-Montrachet (blanc), Puligny-Montrachet


** Brillat-Savarin

– Champagne (blanc et rosé)
– Fronton
– Chablis
(premier et grand cru), Vougeot (rouge), Grands Echézezaux, Chambolle-Musigny, Romanée-Conti, Auxey-Duresses (rouge et blanc), Corton-Charlemagne, Ladoix (rouge et blanc), Bourgogne Hautes-Côtes-de-Beaune (rouge et blanc), Chorey-lès-Beaune (rouge), Saint-Romain (rouge et blanc), Monthélie (rouge et blanc), Meursault, Givry


*** Époisses

– Alsace Vendanges Tardives
– Gigondas
– Bandol
(rouge)
–
Chablis (Premier et Grand Cru), Nuits-Saint-Georges, Bonnes-Mares, Clos de Vougeot, Mazoyères-Chambertin, Morey-Saint-Denis, La Romanée, Maranges (rouge), Marsannay (rouge), Aloxe-Corton (blanc), Auxey-Duresses (blanc), Savigny-lès-Beaune (rouge), Meursault, Blagny, Chassagne-Montrachet (rouge), Bourgogne-Cote-Chalonnaise (rouge), Givry (rouge)
– Moulin-à-Vent


**** Soumaintrain

– Saint-Chinian
– Saint-Emilion
– Madiran
– Châteauneuf-du-Pape
(rouge), Gigondas
– Bandol
(rouge)
–
Irancy, Nuits-Saint-Georges, Gevrey-Chambertin, Morey-Saint-Denis, Bonnes-Mares, Clos-de-Vougeot, Vosne-Romanée, Maranges (rouge), Aloxe-Corton (rouge), Savigny-lès-Beaune (rouge), Blagny, Chassagne-Montrachet (rouge), Bourgogne-Côte-Chalonnaise (rouge)


*****
Cîteaux

– Coteaux Champenois
– Alsace Vendanges Tardives
– Châteauneuf du Pape
(rouge)
– Bandol (rouge)
– Nuits-Saint-Georges, Chambolle-Musigny, Musigny, Echézeaux, Grands Echézeaux, Pernand-Vergelesses (rouge), La Grande Rue, Clos de la Roche, Clos de Tart, Clos Saint-Denis, La Romanée, Romanée-Conti, Romanée Saint-Vivant, Vougeot, Maranges (rouge), Corton, Auxey-Duresses (rouge), Hautes-Côtes-de-Beaune (rouge), Chorey-lès-Beaune (rouge), Volnay, Saint-Romain (rouge), Monthélie (rouge), Bourgogne-Côte-Chalonnaise (rouge)

****** Ami du Chambertin

– Bonnes-Mares, Chambertin, Mazis-Chambertin, Mazoyères-Chambertin, Ruchottes-Chambertin, Griotte-Chambertin, Marsannay, Blagny

Sources :

– Dictionnaire des vins de France, Hachette, Paris
– Guide Hachette des Vins de France, Hachette, Paris

 

 

 

Partager :

  • Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
Les alliances vins et fromages - 1

Les alliances vins et fromages – 1

Chers lecteurs, chères lectrices, le fait d’avoir parcouru nos terroirs durant plusieurs étés m’a donné l’envie de vous faire partager les conseils qu’on pu me prodiguer quelques viticulteurs ou professionnels de la restauration en ce qui concerne, l’assemblage des vins et des fromages. En espérant vous surprendre quelque peu, bien…

6 septembre 2013

Dans « Non classé »

Alliances vins et fromages - 2

Alliances vins et fromages – 2

– SAINT-NECTAIRE – Médoc – Chablis (premier et grand cru), Clos de la Roche, Clos de Tart, Vosne-Romanée, Auxey-Duresses (rouge), Savigny-lès-Beaune (blanc), Chorey-lès-Beaune (blanc), Monthélie (rouge) – COMTE – Chablis (premier et grand cru), Clos Saint-Denis, Ladoix (blanc), Chorey-lès-Beaune (blanc), Savigny-lès-Beaune (blanc), Pernard-Vergelesses (blanc), Vougeot (blanc), Chassagne-Montrachet (blanc), Bievenue-Bâtard Monrachet, Puligny-Montrachet, Bouzeron,…

7 septembre 2013

Dans « Non classé »

Vins pour Noël : Côtes de Beaune rouges (sélection)

Vins pour Noël : Côtes de Beaune rouges (sélection)

1 –  POMMARD Voici l’un des joyeux de la Côte de Beaune. Pommard se situe juste au sud de Beaune, là où la Cote s’oriente vers le sud-est. Les appellations Pommard et Pommard Premier Cru sont reconnues depuis 1936. – Le vignoble de Pommard, dont l’existence remonte à l’Epoque Médiévale, s’étend sur…

24 décembre 2014

Dans « Non classé »

22 septembre 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

14 mars 1369 : Victoire de Bertrand du Guesclin à Montiel

by Jérôme 20 septembre 2010

Venus épauler Henri de Trastamare Roi de Castille contre
les prétentions de son-demi frère Pierre Ier dit le Cruel, Bertrand du Guesclin et Olivier de Mauny (ou Miniac) Baron de Thorigny arrivent sous les remparts du Château de l’Étoile. Pendant ce temps, Pierre le Cruel arrive au Campo de Montiel situé sur un plateau au pied d’une forteresse et y place son armée (formée d’Anglais, de Castillans favorables aux Plantagenêt, de Portugais, de Juifs espagnols et de mercenaires africains) sans prendre le temps de le garnir de défense. Du Guesclin et Henri de Trastamare se rejoignent alors non loin de Tolède. Le Roi de Castille préfère alors laisser le commandement de ses forces au Dogue Noir de Brocéliande.

– Celui-ci décide d’attaquer sans tarder car la situation du camp adverse le permet. Il charge son compère normand Pierre « Le Bègue » de Villaines attaquer le camp des Portugais pendant que lui tombera sur la partie occupée par les Juifs espagnols qui n’ont aucune expérience et les mercenaires Africains.
Les Franco-Castillans lancent alors une violente charge qui bouscule tout. Les Juifs espagnols trouvent leur salut dans la fuite. Mais Pierre le Cruel rassemble tout ce qu’il peut et lance une contre-attaque contre Du Guesclin et le combat devient encore plus féroce. Mais « Le Bègue » de Villaines malmène durement les Portugais que ceux-ci finissent par se débander et met le feu aux tentes du camp du Cruel. Constatant sa défaite, le Roi d’Aragon préfère se réfugier dans Montiel. Du Guesclin et Trastamare n’ont plus qu’à y faire le siège patiemment. 6 000 Aragonais, Castillans pro-Anglais, Portugais, Juifs et Africains sont tombés, selon les chroniques de l’époque.

C’est en voulant s’échapper de Montiel le 23 mars 1369 que Pierre le Cruel sera tué par Henri de Trastamare dans un furieux combat singulier. La victoire franco-castillane de Montiel a définitivement mis fin à la guerre civile qui opposait Henri de Trastamare et les bâtards de son père.

Outre de renforcer les liens entre la Castille et la France, l’expédition de du Guesclin en Espagne eut aussi pour réussite de débarrasser le Royaume de la menace des Grandes Compagnies qui sévissaient dans plusieurs provinces à l’avènement de Charles V. Les routiers étant allés combattre en Espagne.

Sources :
– Jean Favier, La Guerre de Cent Ans, Fayard
– http://www.cabaret.over-blog.org

 

Partager :

  • 24Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)24
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
13 juillet 1380 : Mort de Bertrand du Guesclin Connétable de France

13 juillet 1380 : Mort de Bertrand du Guesclin Connétable de France

Né en 1320 à La Motte-Broons, dans le Duché de Bretagne et dans le Comté de Dinan, fils de Robert II du Guesclin, hobereau de vieille souche, vassal des Ducs de Bretagne et de Jeanne de Malesmains, Bertrand du Guesclin est décrit dès sa jeunesse comme «laid, petit, les jambes…

13 juillet 2016

Dans « Epoque médiévale »

4 décembre 1370 : Victoire de du Guesclin, Clisson et Vienne à Pontvallain

4 décembre 1370 : Victoire de du Guesclin, Clisson et Vienne à Pontvallain

En 1370, grâce à Bertrand du Guesclin, Charles V a réussi à se débarrasser des Grandes Compagnies de routiers qui ravageaient plusieurs provinces et pays du centre du Royaume (Berry, Auvergne, Champagne, Bourgogne, Languedoc…) en les envoyant guerroyer en Castille, dans la guerre de succession sévissant entre Henri de Trastamare…

4 décembre 2016

Dans « Epoque médiévale »

22 juin 1372 : Victoire Navale franco-castillane de la Rochelle

22 juin 1372 : Victoire Navale franco-castillane de la Rochelle

Victoire fort méconnue, elle permet au Royaume de France de Charles V de s’assurer la maîtrise des mers de Calais à la Guyenne contre les Anglais, concrétisant les idées novatrices de l’Amiral français en matière de combat naval. Elle nous est en outre connue grâce à Jehan Froissart. En 1368,…

21 juin 2013

Dans « Non classé »

20 septembre 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

Campagne de 1814 – 11 février : Victoire de Montmirail

by Jérôme 18 septembre 2010

Montmirail reste une victoire étonnante : avec un rapport de forces défavorable, Napoléon va réussir à repousser durement les Russes et les Prussiens en utilisant savamment ses forces de cavalerie en d’habiles manœuvres.
Battle_of_Montmirail_1814_marin_lavigne
Après la victoire de Champaubert, Napoléon décide de laisser le Maréchal Marmont à Etoges. L’Empereur décide alors de se porter avec 16 000 hommes sur Montmirail plus au nord là où les Russes de von Osten-Sacken, poursuivis par Grouchy tentent de rejoindre les Prussiens de Yorck und Wartenburg.

Pendant ce temps, le Général Etienne de Nansouty avec ses Cuirassiers arrive à Montmirail, très vite rejoint par les Grenadiers à Cheval de la Garde et les Chasseurs à Cheval de Lefebvre-Desnouettes.
C’est alors qu’au lieu de laisser Yorck et von Osten-Sacken établir leur jonction, le Maréchal Blücher ordonne au russe de chasser les Français de Montmirail.

1814MontmirailAlisons

Von Osten-Sacken arrive par le sud-est à travers le vallon du Petit-Morin pour se placer en perpendiculaire de la route La Ferté-sous-Jouarre – Châlons-sur-Marne, avec les Cosaques et l’Infanterie de Vassiltchikov sur sa gauche (nord) à Haute-Epine. Von Osten tient une ligne le long du Petit Morin entre l’Epine-aux-Bois et Vandière. Pendant ce temps, les Prussiens de von Yorck arrivent par le nord via Soudan et viennent occuper Fontenelle (Horn) et les Tourneaux (Pirch).
Napoléon qui est à Montmirail au sud-est à 10h00, place les forces du Général Claude-Etienne Michel face aux Prussiens entre Bailly et Chef-la-Ville. Au centre, le Général Etienne Ricard vient occuper Marchais au sud de la route La Ferté-sous-Jouarre, appuyé sur ses arrières la Vieille Garde de Friant. Ricard vient ensuite se place face aux Russes de von Osten-Sacken à Pomesson. Enfin, le Maréchal Ney arrive ensuite à Marchais pour renforcer le centre, suit par Edouard Mortier.
Pour tromper les Russes, Napoléon ordonne à Nansouty d’inquiéter von Osten-Sacken par une manœuvre de flanc pendant que Michel fait semblant d’abandonner le vallon du Petit-Morin. Le Général russe croit alors à un recul français et descend le versant est du vallon de puis la Haute-Epine. C’est alors que Ney fond sur les russes avec quatre bataillons de la Vieille Garde. Ce succès obtenu, l’Empereur expédie ses Grenadiers à Cheval sur les Russes. Deux brigades ennemies sont détruites.

Au nord, York débouche de Fontenelle et réussit à repousser les forces de Michel sur Marchais mais Mortier intervient et repousse les Prussiens. Le village est alors pris et repris plusieurs fois. L’Empereur fait alors donner deux Bataillons de Chasseurs , la Brigade de Ricard et la Cavalerie de Defrance contre les Russo-prussiens. Finalement le village est repris définitivement par les Français. Pendant ce temps, un contingent de Russes tentent de s’abriter dans la Forêt de Nogent mais ils sont interceptés par la Division Defrance.


Lire :
– La bataille de Montmirail, d’après Charles-Thédore Beauvais, http://www.aufildesmotsdel’histoire.unblog.fr
– BOUDON Jacques-Olivier : Napoléon et la campagne de France 1814, Armand Colin, Paris

Partager :

  • 3Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)3
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
Campagne de 1814 - Victoire de Château-Thierry

Campagne de 1814 – Victoire de Château-Thierry

Après la victoire de Montmirail, Napoléon maintient Marmont à Etoges afin de surveiller les mouvements de Blücher mais MacDonald est bloqué à Meaux et Sens vient de tomber. Toutefois, le Maréchal Victor tient Pont-sur-Yonne et Pajol fait de même à Montereau. L’Empereur caresse alors l’espoir de détruire les corps prusso-russes…

12 février 2014

Dans « Non classé »

Campagne de 1814 - 10 février : Victoire de Champaubert

Campagne de 1814 – 10 février : Victoire de Champaubert

Le 8 février 1814, une semaine après la bataille de La Rothière, la situation est la suivante. L’Empereur a scindé ses forces en trois forces principales, du moins avec ce qui lui reste. Au nord, le Maréchal Etienne MacDonald Duc de Tarente a partagé lui-même ses unités en deux corps.…

10 février 2014

Dans « Non classé »

8 février 1807: La Bataille d'Eylau

8 février 1807: La Bataille d’Eylau

– La bataille d’Eylau a eu lieu le 8 février 1807 à Bagrationovsk (anciennement Preußisch Eylau) dans le Nord de la Prusse-Orientale (actuel Oblast de Kaliningrad), entre les troupes de l’Empire russe commandées par Levin August von Benningsen et la Grande Armée. Les Prussiens du Général Anton Wilhelm von L’estocq vont…

8 février 2016

Dans « Grande Armée »

18 septembre 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

Jean Paul II : « Je suis fils d’une Nation »

by Jérôme 3 septembre 2010

Un discours mémorable, loin de l’utopie d’un monde sans frontières et d’un homme sans racines… L’intégralité de l’article sur http://www.laneuvaine.fr/quest-ce-quune-nation/

« Si, au nom de l’avenir de la culture, il faut proclamer que l’homme a le droit d’« être » plus, et si pour la même raison il faut exiger un sain primat de la famille dans l’ensemble de l’œuvre de l’éducation de l’homme à une véritable humanité, il faut aussi situer dans la même ligne le droit de la Nation; il faut le placer lui aussi à la base de la culture et de l’éducation.

La Nation est en effet la grande communauté des hommes qui sont unis par des liens divers, mais surtout, précisément, par la culture. La Nation existe « par » la culture et « pour » la culture, et elle est donc la grande éducatrice des hommes pour qu’ils puissent « être davantage » dans la communauté.
Elle est cette communauté qui possède une histoire dépassant l’histoire de l’individu et de la famille (…)

Je suis fils d’une Nation qui a vécu les plus grandes expériences de l’histoire, que ses voisins ont condamnée à mort à plusieurs reprises, mais qui a survécu et qui est restée elle-même. Elle a conservé son identité, et elle a conservé, malgré les partitions et les occupations étrangères, sa souveraineté nationale, non en s’appuyant sur les ressources de la force physique, mais uniquement en s’appuyant sur sa culture. Cette culture s’est révélée en l’occurrence d’une puissance plus grande que toutes les autres forces.
Ce que je dis ici concernant le droit de la Nation au fondement de sa culture et de son avenir n’est donc l’écho d’aucun « nationalisme », mais il s’agit toujours d’un élément stable de l’expérience humaine et des perspectives humanistes du développement de l’homme. Il existe une souveraineté fondamentale de la société qui se manifeste dans la culture de la Nation. »

 Saint Jean-Paul II, extraits de son discours à l’UNESCO, Paris, 2 juin 1980, §14

Partager :

  • Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
Discours de Benoit XVI sur l'Europe

Discours de Benoit XVI sur l’Europe

Chers amis, à l’heure où l’ Europe et les élections européennes occupent l’actualité, il semble opportun de lire ou relire ce discours prononcé par Benoit XVI le 30 mars 2006, alors qu’il s’adressait aux participants du congrès promu par le Parti Populaire Européen. Un discours qui rappelle vivement l’héritage chrétien du…

25 mai 2014

Dans « Non classé »

27 mai 1797 : Exécution de Gracchus Babeuf

27 mai 1797 : Exécution de Gracchus Babeuf

Né en 1760 à Saint-Quentin, de son vrai nom François Noël Babeuf, il est le fils de Marie-Catherine Ancherel et de Claude Babeuf, un employé des fermes royales de Picardie. A douze ans, il commence à travailler comme terrassier au canal de Picardie. A dix-sept ans, il devient apprenti chez…

27 mai 2016

Dans « Non classé »

Appel de saint Jean-Paul II à redécouvrir « l’âme française »...

Appel de saint Jean-Paul II à redécouvrir « l’âme française »…

C’était en 1996. A l’occasion de la célébration du XVème centenaire du baptême de Clovis, à Reims, Jean-Paul II exhortait les Français à redécouvrir leur histoire et la vocation propre de leur pays. Voici l’homélie en intégralité.           « Chers Frères et Sœurs de France ici rassemblés, L’Évêque de Rome salue en cette…

29 avril 2015

Dans « Non classé »

3 septembre 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

6 février 1701 ; déclenchement de la Guerre de Succession d’Espagne

by Jérôme 29 août 2010

Suite à la décision de Louis XIV de reconnaître son neveu Philippe d’Anjou comme Roi d’Espagne afin de succéder au défunt Charles II et à l’occupation des places de la Barrière, la Grande Alliance (Angleterre de George Ier de Hanovre, Saint-Empire de Léopold de Habsbourg, Autriche, Hollande, Aragon et Portugal) déclare la guerre au Royaume de France et ses alliés (Duché de Savoie – qui changera de camp -, Électorats de Cologne et Bavière).
Débute alors une guerre qui enflammera l’Europe Occidentale pendant treize ans. Plusieurs grands noms vont se distinguer. Pour la Grande Alliance, le Prince Eugène de Carignan-Soissons de Savoie et John Churchill Duc de Malborough. Et pour la France ; Louis-François de Boufflers, Claude-Louis Hector de Villars, Arthur Dillon, Jacques de Fitz-James, Duc de Berwick, Louis-Joseph de Vendôme, Claude de Forbin Cte de Gardanne et René Duguay-Trouin Sieur du Gué.

 

 

Partager :

  • Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
Louis Hector de Villars Maréchal de France

Louis Hector de Villars Maréchal de France

« Sire, encore une défaite comme ça et nous avons gagné la guerre ». Ainsi Villars commentait-il l’issue de la bataille de Malplaquet face aux Impériaux du Prince Eugène. – Figure militaire incontournable de la seconde moitié du règne de Louis XIV, manœuvrier de talent, bon tacticien, admiré de ses soldats mais réputés…

17 juin 2016

Dans « Grand Siècle »

12 juin 1709 : Louis XIV fait publier sa lettre d’appel à l’aide à ses Sujets

Replaçons-nous dans le contexte. Suite aux ravages du « Grand Hiver » de 1708-1709 et aux difficultés militaires rencontrés face à une coalition mêlant la Hollande, l’Autriche, l’Angleterre, la Prusse, la Savoie et la Hollande contre son Royaume et l’Espagne, Louis XIV et son Secrétaire aux Affaires Etrangères, Jean-Baptiste Colbert de Torcy…

12 juin 2016

Dans « Non classé »

Jacques Fitz-James Duc de Berwick et Maréchal de France

Jacques Fitz-James Duc de Berwick et Maréchal de France

Grande figure militaire de la seconde moitié du règne de Louis XIV et du début de celui de Louis XV, quelque peu occulté par les Maréchaux de Luxembourg et de Villars, Jacques de Fitz-James Duc de Berwick a contribué nettement au redressement militaire du Royaume durant la Guerre de Succession…

12 juin 2016

Dans « 1715-1804 »

29 août 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

15 Février; mort de Pierre Bachelet

by Jérôme 20 août 2010

Le chanteur Pierre Bachelet nous a quitté le 15 février 2005, il avait 60 ans…

« Vingt ans » (1987) s’est imposé comme un morceau incontournable du répertoire Français…

Partager :

  • Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
15 mars : fête de Sainte Louise de Marillac

15 mars : fête de Sainte Louise de Marillac

Louise de Marillac naît le 12 août 1591 à Ferrières-en-Brie. On ne connaît pas sa mère mais on sait qu’elle est la fille de Louis Ier de Marillac (1556-1604), Seigneur de Ferrières-en-Brie et de Villiers-Adam, officier au service d’Henri III et d’Henri IV. Cependant, la petite Louise se voit octroyer…

15 mars 2016

Dans « Les Grands Saints de l’histoire de France »

Février 1635 : Fondation de l'Académie française

Février 1635 : Fondation de l’Académie française

Souhaitant donner à la langue française toute sa clarté et son uniformité, le Cardinal de Richelieu décide de réunir des gens de lettres au sein d’une Académie qui serait dirigée vers ce travail. La création d’académies n’est pas le fait du grand Cardinal-ministre de Louis XIII. En effet, des sociétés…

22 février 2014

Dans « Non classé »

31 janvier 1994 : Disparition de Pierre Boulle

31 janvier 1994 : Disparition de Pierre Boulle

Écrivain français à la vie d’aventurier, Pierre Boulle a laissé un héritage important dans le domaine de la science fiction française et dans le Cinéma. – Ce fils d’avocat excentrique voit le jour à Avignon le 20 février 1912. Complice avec son père et bénéficiant de l’attention familiale, il lit…

31 janvier 2016

Dans « Arts et lettres »

20 août 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

8 juillet 1758 : Victoire du Marquis de Montcalm au Fort Carillon (Ticonderoga)

by Jérôme 20 août 2010

Cette victoire des Français et de leurs alliés Algonquins-Abénakis en Nouvelle-France (Québec), alors en très nette infériorité numérique, est à mettre autant au crédit de la bonne défense du Marquis de Montcalm que de l’incompétence du général anglais Abercombrie.

Le Fort Carillon était un petit édifice faits de retranchements, bâti à l’angle de la confluence entre le Lac Champlain et la Rivière de la Chute, au nord du Lac George (territoire anglais). Chargé de surveiller la frontière entre les Treize Colonies britanniques et la Nouvelle-France, il était presque naturel que les Anglais tentent de s’en emparer.
Le Général anglais James Abercombrie rassemble dont une force de plus de 15 000 hommes formée des régiments suivants : Roger’s Rangers, 80th Light Infantry, New York Regiment, Massachusetts Regiment (colonne de droite – William Havilland), 27th, 44th, 55th et 60th Light Infantry (colonne du centre – John Donaldson) et 46th Light Infantry et les Écossais du 42nd Highland Black Watch (Colonne de gauche – Francis Grant). Les New Jersey et Connecticut Regiments assurent la réserve. Abercombrie peut aussi s’appuyer sur des éclaireurs et auxiliaires Mohawks, alliés traditionnels des Anglais.

De son côté, le Marquis Louis-Joseph de Montcalm de Saint-Véran ne dispose que de 3 600 hommes dont 3 200 soldats Français issus des Régiments de la Reine, Royal-Roussilon, Berry, Béarn, Guyenne, La Sarre et Languedoc. Les 400 autres hommes dont dispose Montcalm sont, bien sûr, les Abénakis.

Le Général français dispose alors ses hommes derrière des redoutes et des abattis dans ou autour du Fort Carillon, ainsi que sur le Mont Espoir. Enfin, des Troupes de la Marine et des Miliciens du Canada surveillent les rives de La Chute et du Lac Champlain.

Le 7 juillet, le 80th Light Infantry de Thomas Gage chasse les éclaireurs Français et Amérindiens vers leurs positions. Abercombrie en profite alors pour faire avancer ses trois colonnes tout droit vers le fort Français, pensant que le combat commencera le lendemain pour 13h00. D’autre part, plusieurs barques anglaises chargées de canons doivent traverser La Chute afin de procurer l’appui d’artillerie nécessaire.

Le 8 juillet, Abercombrie ordonne à Havilland d’engager le combat. Le New York Regiment engage la défense française mais Havilland pense que les défenses françaises sont rompues. Toute l’aile droite anglaise charge alors en rangs contre le Fort Carillon pour se faire repousser par une violente mousqueterie française. Abercombrie décide alors de lancer assaut sur assaut dans l’espoir de faire tomber les positions du Marquis de Montcalm. Mais celui-ci tient bon et ne cesse d’encourager ses soldats, s’exposant au feu. Pendant ce temps, les barges anglaises chargées de canons traversent La Chute. Sauf qu’elles se trompent d’itinéraire et se retrouvent à portée des bouches à feu de Montcalm qui répliquent immédiatement. Deux barges sont coulées, les équipages des autres préférant rebrousser chemin, privant ainsi les fantassins anglais du soutien espéré.

En désespoir de cause, Abercombrie décide de faire donner sa réserve à 14h00. Une dernière charge anglaise est lancée mais les Français trouent littéralement les rangs de leurs ennemis. En dépit de ses lourdes pertes, le 46th Light Infantry réussit à accrocher les positions françaises. S’ensuit alors un féroce combat à la baïonnette, au couteau et au sabre que les Français remportent.

Ne pouvant alors que constater sa défaite, Abercombrie décide d’engager une humiliante retraite vers le Lac du Saint-Sacrement. 500 cadavres d’Anglais gisent sur le champ de bataille et plus de 1 000 sont blessés. Abercombrie avait donc perdu un homme sur dix pour 500 hommes tués et blessés du côté de Montcalm.

Partager :

  • 105Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)105
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
François Gaston de Lévis

François Gaston de Lévis

Dernier officier français vainqueur des affrontements franco-anglais d’Amérique du Nord durant la Guerre de Sept ans, François Gaston de Lévis voit le jour en 1719 au château d’Ajac près de Limoux, dans le Languedoc (aujourd’hui dans l’Aude). Il est le fils de Jean de Lévis Seigneur d’Ajac et de Jeanne…

26 novembre 2016

Dans « 1715-1804 »

Soixante-dix ans de la campagne de Lorraine – Onzième partie

Soixante-dix ans de la campagne de Lorraine – Onzième partie

VIII – L’OFFENSIVE SUR LA SARRE A – L’OFFENSIVE DU XIIth CORPS : PREMIERE PHASE (8-17 NOVEMBRE) – Durant la dernière semaine d’octobre, Manton S. Eddy et son état-major s’emploient à mettre au point un plan afin d’établir une tête de pont sur le Rhin entre Oppenheim (au sud de…

16 décembre 2014

Dans « Non classé »

17 octobre 1781 : Victoire de Yorktown

17 octobre 1781 : Victoire de Yorktown

Point culminant de la Guerre d’Indépendance Américaine, la bataille de Yorktown se caractérisa par un siège des forces britanniques de Lord Charles Cornwallis, mené en coopération par l’armée  de George Washington et les Français de Mr. de Rochambeau. * ISOLER CORNWALLIS – Le 20 mai 1781, après la sa victoire à la Pyrrhus de…

17 octobre 2016

Dans « 1715-1804 »

20 août 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

Soixante-dix ans de la campagne de Lorraine (seconde partie)

by Jérôme 5 août 2010

– Le 10 septembre, le Major.General Manton S. Eddy reçoit l’ordre de Patton de franchir la Moselle pour foncer directement vers le Rhin. Grâce au coup de main de la 4th Armored Division du Major.General Jack S. « Tiger » Wood sur Commercy à la fin du mois d’août, le XIIth US Corps a pu mettre un pied sur la rive droite de la Meuse mais le manque sérieux de carburant l’a immobilisé durant plusieurs jours avant de recevoir près de 40 000 litres de fuel pour ses chars et véhicules.

Nancy-1944
– Eddy souhaite d’abord mener une attaque éclair avec la 4th Arm.Div pour franchir la Moselle entre Pont-à-Mousson et le nord de Nancy. Les chars de Wood devant être suivis et appuyés par les fantassins des 35th (Paul W. Baade) et 80th « Blue Ridge » (Horace L. McBride) Infantry Divisions. Mais Eddy sous-estime les capacités de défenses des Allemands et Wood lui indique qu’un tel plan est bien trop risqué dans la situation actuelle. Il est rejoint sur ce point par McBride. Du coup, le patron du XIIth Corps opte pour un franchissement mené par les fantassins des deux divisions, fractionnées en Regimental Combat Teams (unités combinées constituées avec un Régiment d’Infanterie comme noyau) et appuyées par les Combat Commands de la 4th Armored. Sur la carte, l’objectif est d’abord de franchir la Moselle pour s’emparer de Toul, Pont-à-Mousson et Nancy. En face, le secteur est tenu par la 3. Panzer-Grenadier-Division du Generalmajor Hans Heckert, unité aguerrie rameutée d’urgence du front d’Italie. Elle est renforcée sur son flanc gauche (sud) par une unité d’instruction, le Lutwaffe-Feld-Regiment 92.

– L’attaque du XIIth Corps démarre le 5 septembre entre le nord de Pont-à-Mousson et Nancy. La 80th Inf.Div. de McBride doit partir de ses positions situées entre Blénod-lès-Pont-à-Mousson et Marbache pour s’emparer de Sainte-Geneviève et d’une cote appelée La Falaise et d’établir une tête de pont sur la Colline de Mousson. Cette mission incombe au 317th Infantry Regiment du Colonel Donald A. Cameron. Mais faute de moyen, le franchissement de la Moselle devra se faire à pied, sans reconnaissance préalable et sans diversion.

Major.General Manton S. Eddy

Major.General Manton S. Eddy

– Le Régiment part à l’assaut appuyée par le feu du 313th Field Artillery Regiment le 317th Infantry franchit la Moselle. Blénod-lès-Pont-à-Mousson tombe (1st Bataillon) mais un tir de mortiers bien ajustés détruit plusieurs petites embarcations et cause des pertes dans les rangs américains qui doivent se replier. Il en va de même plus au sud avec le 3rd Battalion devant la Crête de Mousson. Le 317th est alors bloqué pour la journée par le Lw-Feld-Regt 92 bien retranché sur les crêtes boisées de Marbache.
map2– Le 6, le 318th Infantry du Col. Harry D. McHugh tente s’emparer la Cote 326 pour dégager Marbache ainsi que les versant boisés de la rive droite de la Moselle. Mais là encore, le Lw-Fd-Regt 92 se montre particulièrement américaine et repousse l’attaque américaine. Le Lt.Col. J.B. Snowden, commandant du 3/318th est tué. Il faut l’appui des canons antiaériens divisionnaires pour permettre au regiment de s’emparer des hautes au sud et au nord de Marbache dans la journée du sud. Mais les Allemands maintiennent un feu nourri sur les Américains.

Plus au sud, le 319th Infantry du Colonel Orion L. Davidson tente de franchir la Moselle à hauteur de Gondreville. Mais le Régiment se heurte au Fort de Villey-le-Sec tenu par des éléments du Fallschirm-Vertretungs-Regiment 3 (3e Régiment de remplacement) bien retranché avec des positions de mitrailleuses et de canons de 75 mm. Une première attaque sur la position fortifiée échoue le 6 et les Allemands lancent plusieurs contre-attaques contre le 319th. Villey-le-sec tombe quatre jours plus tard grâce à l’appui de chars.
Seulement, le 10 septembre, la division de McBride n’avait toujours pas atteint Nancy. Devant cette déconvenue oblige Eddy à dépêcher le Combat Command A de la 4th Armored Division (Col. B.C. Clarke) appuyer le 317th dans sa tentative de franchir la Moselle mais Wood freine des quatre fers convainquant Eddy de reporter son assaut. Toutefois, la pousssée des éléments de tête de la VIIth US Army de Patch sur le Madon au sud-est des positions du XIIth Corps, les deux grandes unités effectuant leur jonction entre Xirocourt et Ceintrey – tuant au passage 151 Allemands et en capturant 178. Cela permet au XVth Corps d’Haislip de devenir plus opérationnel au sein de la IIIrd Army. Du coup, Eddy peut alors engager la 35th Infantry Division « Santa Fe » de Paul W. Baade – Division ayant subi de lourdes pertes en Normandie tout en s’y étant bien comportée – et toute la 4th Armored en vue de forcer définitivement le cours de la Moselle.

– Eddy prévoit alors d’envelopper Nancy par un mouvement tenaille avec la 4th Armored au nord, la 35th Infantry Division par le sud pendant que la 80th « Blue Ridge » retiendra l’attention des forces allemandes au centre du XIIth Corps, alors que l’effort principal se produira au sud.
Le 9 septembre, la 35th « Santa Fe » vient prendre ses positions de départ sur la rive gauche de la Moselle après avoir reçu le ravitaillement adéquat en gasoil et en fuel. Son objectif est de s’emparer des ponts situés entre Gripport et Flavigny.

– Au matin du 10 septembre, la 35th Infantry Division s’apprête à franchir la Moselle de vive force avec un importat appui en canons et obusiers fournis par l’artillerie divisionnaire et l’artillerie du XIIth Corps. Paul W. Baade a confié la poussée à droite (sud) au 137th Infantry Regiment du Colonel Robert Sears et la gauche au 134th Infantry du Colonel Butler B. Miltonberger, tous-deux appuyés par le 1 135th Engineer Combat Group (Colonel Charles Keller).
Le 10 septembre toujours, le 2/134th réussit à prendre intact le pont près de Flavigny et doit seulement chasser un groupe de fantassins portés allemand sur la rive droite au Moulin Bois. Sur le coup de 19h00, le reste du 134th commence sa traversée. Un bombardement mené par la Lutwaffe vient frapper les lignes du 134th mais les Américains tiennent bon en dépit des pertes. C’est alors que le Panzer-Grenadier-Regiment 104 (Oberstleutnant Eberhard Nolte) vient frapper durement le 2/134th qui est forcé de se replier de l’autre côté de la Moselle avec ses rangs décimés.
Cependant, les choses se passent mieux du côté du 137th Infantry. En effet, le Régiment du Colonel Sears réussit, grâce à l’appui des obusiers lourds de 155 mm du Corps et à une manœuvre de diversion, à traverser la Moselle à hauteur de Crévéchamps et de Neuviller-s/-Moselle pour se maintenir sur la rive droite pendant la soirée. Aussitôt, Baade ordonne à Sears de faire sa jonction avec le Combat Command B de la 4th Armored (Brig.General Holmes E. Dager) qui progresse en deux colonnes sur le flanc droit de la 35th Division. Dager s’empare de Lunéville, Vic-s/-Selle mais doit affronter un parti d’allemands sur Bainville-aux-Miroirs où son infanterie montée est temporairement repoussée. Bayon est pris par des éléments du 8th Tank Battalion qui réussissent à établir ensuite leur jonction avec la 137th à hauteur de Brémoncourt. Les hommes du Génie réussissent alors à jeter un pont sur la Moselle près de Lorey. Baade en profite alors pour faire traverser la rivière au 320th Infantry Regiment (Colonel Bernard A. Byrne) tenu jusque là en réserve. Les Allemands tentent alors de détruire le pont installé à Bayon et à repousser les Américains mais sans aucun succès. Plus au nord, le 134th Infantry de Miltonberger repasse la Moselle au niveau du confluent du Madon et de la Moselle (à l’est de Pont-Saint-Vincent) appuyés par des appareils du XIXth TAC de Quesada. Après plusieurs combats, les Américains réussissent à se maintenir sur la rive droite de la Moselle.

– Dans le secteur compris au nord de Nancy, à la jointure entre les XIIth et XXth Corps, l’effort américain se poursuit avec la 80th « Blue Ridge ». Après l’échec de sa reconnaissance en force du 5-6 septembre, le 317th Infantry reçoit l’ordre de repasser la Moselle dans les environs de Dieulouard, un peu plus de trois kilomètres au sud de Pont-à-Mousson et s’emploie à sécuriser cette partie de la rive droite en nettoyant les hauteurs dominant le cours de la Moselle. Pendant ce temps, le 318th Infantry de McHugh reçoit l’ordre de capture la Crête de Mousson pendant que le 319th Infantry de Davidson se retrouve engagé à l’est de Toul. Grâce à des diversions, les Américains font croire à l’ennemi qu’ils attagueront dans la direction de Metz alors que l’effort principal se produira sur Dieulouard.

Major.General Horace L. McBride, commandant de la 80th Infantry Division

Major.General Horace L. McBride, commandant de la 80th Infantry Division

Insigne de la 80th Infantry Division "Blue Ridge"

Insigne de la 80th Infantry Division « Blue Ridge »

– Appuyé par des éléments blindés et les unités du Génie du 1 117th Engineer Group et du 305th Combat Engineer Battalion et couvert par un fort soutien d’artillerie, le 317th Infantry de Cameron part à l’assaut le 11 septembre à 04h00 du matin pour traverser le canal d’Obrion pendant que 9 Field Artillery Battalions pilonnent impitoyablement la route au sud de Loisy. Le 2/317th parvient ensuite à franchir la Moselle sur de petites embarcations à hauteur de Sainte-Geneviève sur le coup de 08h00. Dans la foulée Sainte-Geneviève et Bezaumont sont pris. Au centre du dispositif de la « Blue Ridge », le 318th Infantry réussit à approcher les défenses de Vil-au-Val, Loisy et Autreville-s/-Moselle. A la tombée de la nuit, les Américains s’enterrent pour prévenir toute contre-attaque ennemie. Devant ce succès, McBride en profite pour faire traverser la Moselle à deux compagnies du 702nd Tank Battalion « Red Devils » (Lt.Col. Ralph Talbot III) et aux Howitzer de 105 mm du 313th Field Artillery Battion, ainsi qu’à plusieurs canons antichars.
McBride ordonne ensuite à son 317th d’élargir la tête de pont au sud-est. Craignant alors qu les Américains ne s’engouffrent dans une brèche entre la 3. Panzer-Grenadier-Division et la 553. Volks-Grenadier, von Knobelsdorff ordonne de lancer immédiatement une contre-attaque dans le secteur de Dieulouard.
– L’assaut allemand démarre de la Forêt de Facq et vient frapper les 317th et 318th Infantry qui connaissent des pertes. Le Colonel McHugh est lui-même blessé. Mais les Américains tiennent bon grâce à l’action du 2/318th à Pont-de-Mons et à l’appui fourni par les tireurs du 702nd TB. Les soldats du Génie des 248th et 167th Combat Engineer Battalions défendent efficacement les ponts.

– Plus au sud, le 137th Infantry réussit à traverser la Meurthe et le canal dans la matinée du 13 septembre, obliquant ensuite vers Nancy et s’emparant de Varangéville. Grâce aux informations fournies par les avions « Piper Cub » qui donne des positions de tir précise aux bataillons d’artilelrie, le 137th Infantry réussit à bien avancer grâce aux Sherman du 737th TB et aux Tank Destroyers du 654th TDB. Bousculant violemment les Allemands à la Chartreuse, les éléments de la « Santa Fe » abordent Nancy par le nord-est le 15 septembre.
Ce jour-même, le Major.General Baade ordonne la formation de la Task Force Sebree (Brigadier Edmund B. Sebree) pour occuper la ville. Les Américains profitent alors que la Capitale de l’Ancien Duché de Lorraine soit bien moins fortifiée que Metz.

– Le 14 septembre, des FFI lorrains viennent informer les américains que les Allemands sont en train de faire évacuer leurs troupes de Nancy vers la Forêt de Haye qui se trouve bien défendue. En outre, les Américains apprennent par les Français que le Grand Couronné est aussi fortifié. Le renseignement du XIIth Corps ne sait pas combien d’Allemands occupent les positions mentionnés ce qui oblige Eddy à décider de manœuvrer par l’ouest. Les Français guident néanmoins la Task Force Sebree par la route de Toul pour se rendre compte que Nancy n’est absolument pas défendue. Le 15 septembre, la ville du Roi Stanislas est libérée.

[Suite]

Partager :

  • 5Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)5
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
Soixante-dix ans de la campagne de Lorraine – Onzième partie

Soixante-dix ans de la campagne de Lorraine – Onzième partie

VIII – L’OFFENSIVE SUR LA SARRE A – L’OFFENSIVE DU XIIth CORPS : PREMIERE PHASE (8-17 NOVEMBRE) – Durant la dernière semaine d’octobre, Manton S. Eddy et son état-major s’emploient à mettre au point un plan afin d’établir une tête de pont sur le Rhin entre Oppenheim (au sud de…

16 décembre 2014

Dans « Non classé »

Soixante-dix ans de la campagne de Lorraine - Huitième partie

Soixante-dix ans de la campagne de Lorraine – Huitième partie

4 – LA CONTRE-ATTAQUE ALLEMANDE CONTRE LE XIIth US CORPS 1 – Le plan – Avec l’engagement presque désastreux de la 112. Panzer-Brigade à Dompaire, la planification de la contre-offensive souhaitée par Hitler et von Rundstedt – mais reportée par Blaskowitz – s’en trouve affectée. Finalement, l’OKW choisit de la…

23 octobre 2014

Dans « Non classé »

Soixante-dix ans de la campagne de Lorraine – Neuvième partie

Soixante-dix ans de la campagne de Lorraine – Neuvième partie

V – LE XXth CORPS TENTE DE PRENDRE METZ 1 – Échec devant le Fort Driant  – Fin septembre, la 90th Infantry Division retourne à l’attaque contre le secteur du Fort « Jeanne d’Arc ». Baptisée « Thunderbolt », l’opération mis au point par le Major.General McLain consiste à exercer une poussée en force vers l’est depuis…

2 novembre 2014

Dans « Non classé »

5 août 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

1944 : Opération « Brassard » ; prise de l’Île d’Elbe par les troupes françaises

by Jérôme 5 août 2010

A côté du Jour-J en Normandie et du Débarquement de Provence, la prise de l’Île d’Elbe par les Commandos de Choc, les Tirailleurs et les Thabors passe complètement inaperçue. Pourtant, les combats qui y ont été menés ont été brefs mais particulièrement acharnés. Retour donc, sur une opération amphibie presque oubliée mais où l’Armée française de la Libération a pu démontrer son savoir faire.
Marina-di-Campo
1 – PRÉPARATIFS

– Située entre la Corse et la côte italienne, longue d’un peu plus de 20 km d’est en ouest, l’Île d’Elbe est encore tenue par une garnison de 3 000 soldats allemands commandés par le Général Gall. L’Île se caractérise par une côte découpée et un relief particulièrement abrupt. Si la hauteur des massifs situés dans sa partie culminent entre 410 et 510 mètres, la partie ouest est plus élevée avec le Monte Campanne qui atteint 1 018 mètres. Les principaux ports sont Marina del Campo au sud, Proteferraio au nord et Porto Azzurro à l’est. Enfin, autre caractéristiqueimportante de l’Île, son littoral offre des eaux peu profondes qui ne permettent pas d’y faire croiser des navires lourds du type cuirassés, croiseurs et destroyers.

– Les troupes allemandes disposent de six batteries de canons de 155 mm (soit une bonne vingtaine de pièces) et une quarantaine de pièces de calibres moindres, disposées à proximité des secteurs les plus propices à un débarquement. Bien dissimulés dans le relief escarpé, ces canons peuvent offrir une menace contre des navires pouvant croiser dans le canal de Piombino qui sépare l’Île du littoral toscan. Gall a aussi pris soin de garnir les abords maritimes de l’Île d’Elbe de champs de mines marines qui interdisent l’accès à la côte par navires légers. Le seul point de passage ouvert se situe en face de Marina del Campo car c’est par là que transitent les vedettes et navires de ravitaillement de la Kriegsmarine. C’est donc par là que la principale force de débarquement accostera pour conquérir l’intérieur de l’Île.
Le Generalfeldmarschall Albert Kesselring, commandant du Groupe d’Armées G (Heeres-Gruppe G qui couvre toute l’Italie) a donné ordre à Gall de « défendre l’Île d’Elbe jusqu’à la dernière cartouche ». Le 14 juin, il lui envoie des renforts par navires depuis Pianosa. En toute et pour tout, Gall peut compter sur les 2 Infanterie-Abteilungen (bataillons d’Infanterie) du Grenadier-Regiment 902 et sur une soixantaine de canons. Côte britannique, le renseignement transmet au Rear-Admiral Troubridge des informations parcellaires faisant état de 800 hommes, en majorité des Polonais sans grande motivation.
cartina_isola– Mais voyons plus attentivement les préparatifs du côté allié. Tout d’abord, sur proposition du General Harold Alexander commandant du XVth Army Group en Italie,  le débarquement devait d’abord lieu le 15 mai en parallèle de l’Opération « Diadem » contre les défenses du Monte Cassino. Mais en raison du manque de soutien aérien et pour laisser les Français s’entraîner davantage à la prise de l’Île. Au départ il était convenu que les Britanniques piloteraient l’opération mais suite à des tractations entre le CFLN d’Alger l’AFHQ, le commandement de la conquête de l’Île d’Elbe revient au Général Jean de Lattre de Tassigny, flanqué tout de même du Rear-Admiral britannique Thomas Hope Troubridge pour la phase navale. L’Opération est baptisée « Brassard ».

– Pour s’emparer de l’Île d’Elbe, l’Allied Forces Headquarters (Quartier Général des Forces Alliées en Méditerranée) que commande le General Henry Wilson décide de mettre sur pied la « Force 225 ». Sa composante terrestre est exclusivement formée par des troupes françaises (métropolitains et africains) du Ier Corps d’Armée du Général Henry Martin. Martin ponctionne alors les 4e et 13e Régiments de Tirailleurs Sénégalais (RTS) à la 9e Division d’Infanterie Coloniale du Général Magnan, en lui adjoignant les Goumiers du 2nd Groupement de Tabors Marocains (GTM) du Colonel Pierre Boyer de Latour (1er, 6e et 15e Tabors), ainsi que le 1er Bataillon de Choc du Colonel Gambiez et les Commandos d’Afrique du Lieutenant-Colonel Georges-Régis Bouvet. Ce sont donc 12 000 hommes, 200 mulets et 600 véhicules qui sont rassemblés en Corse.

– La mission de sécurisation de la côte revient au 1er Bataillon de Choc et aux Commandos d’Afrique qui doivent neutraliser de nuit les différentes batteries côtières, localisées par des reconnaissances aériennes préalables, au nord-ouest et au sud-ouest du littoral, tout en faisant croire à Gall que le débarquement principal se produira au nord dans le secteur de Porto Ferraio. Le matin du 16, les Tirailleurs Sénégalais et les Tabors débarqueront sur six plages pour se lancer à la conquête de l’Île en fonçant sur les routes pour prendre les principaux centres urbains par voie terrestre.  Ainsi le 13e RTS du Colonel Chrétien doit remonter sur Porto Ferraio, pendant que sur sa droite le 4e RTS du Colonel Cariou doit se porter plein est et atteindre le Monte Puccio. Enfin, le 2nd GTM doit faire de même en longeant la côte pour atteintre Porto Longone via Lido, pendant que plusieurs Tabors bifurqueront au sud-est vers la Punta dei Ripalti.

Général Henry Martin

Général Henry Martin

– Côté naval, le Rear-Admiral Troubridge constitue la « Hedgehogs Force » (220 navires) avec 3 groupes chargés du débarquement amphibie : le Groupe 1, formé par des PT Boats et des vedettes lance-torpilles doit acheminer les commandos sur la rive nord de l’Île pour neutraliser les différentes batteries de canons ; le Groupe 2 avec 5 Landing Craft Infantry (LCI) et 8 Landing Craft Assault (LCA) doit accoster sur quatre plages de la rive sud ; enfin, le Groupe 3 avec 4 Landing Ship Tank (LST) doit accoster sur les plages « Kodak Amber » et « Kodak Green » au sud pour préparer l’arriver de 28 LCI transportant les Tirailleurs Sénégalais et les 40 Landing Craft Tank (LCT) qui acheminent l’équipement lourd (canons, véhicules, ambulances…). L’appui feu est fourni par les deux canonières légères HMS « Aphis » et « Cockchafer ».

– Enfin, l’appui aérien est fourni par les Américains (Air Colonel Darcy) avec le 87th Fighter Wing ponctionné au 57th Fighter Group et basé à Vescovato en Corse.

Pierre Boyer de Latour félicitant un Goumier

Pierre Boyer de Latour félicitant un Goumier

2 – LE DEBARQUEMENT

Le 16 juin à 23h00, les 220 navires de la « Hedgehogs Force » larguent les amares de Bastia et voguent vers l’Île d’Elbe. La traversée se passe très bien et les vedettes rapides du Groupe 1 débarquent les « Chocs » du Colonel Gambiez et les Commandos d’Afrique sur leurs objectifs. Très bien entraînés, les hommes du 1er BC surprennent totalement les Allemands et neutralisent plusieurs batteries les unes à la suite des autres en les prenant à revers. Cette partie de leurs mission accomplie, ils s’emploient à semer la confusion dans les lignes allemandes en menant des actions localisées contre des postes de commandements, sur les lignes de communications et contre les dépôts de munitions et de matériels.
goum_d
– Le 17 juin à 04h00 du matin, la composante principale de la « Hedgehogs » se présente devant la Baie de Marina del Campo. Les pièces d’artillerie d’appui et les lance-roquettes installés dans des LCT font feu contre les positions allemandes.  Vers 05h00, les LCI et LCA transportant les 4e et 13e RTS approchent des plages bordant la partie ouest de la baie. Mais les Allemands riposent vigoureusement à l’aide de mitrailleuses et de canons légers. 2 LCA et 2 LCI son bientôt incendiés causant des victimes. Les 2 Régiments de Sénégalais réussissent tout de même à débarquer mais ils sont cloués au sol durant plus de cinq heures par un feu nourri. D’autres Tirailleurs sautent sur des mines qui fnt aussi des trous dans les effectif. Il faut alors toute la détermination et le sens de l’initiative de sous-officiers et d’officiers pour que les Tirailleurs progressent contre les défenses allemandes et se frayer un passage dans les barbelés à coup de cisailles et de torpilles bangalores. Passée la première ligne de défense, les Tirailleurs montent à l’assaut du pourtour montagneux qu’ils dégagent définitivement à 16h00.

Plus à l’est, le 2e GTM de Boyer de Latour réussit à débarquer dans de meilleures conditions et fonce vers Porto Longone. Durant le reste de la journée, les Français peuvent faire débarquer leur artillerie d’appui et le matérieu motorisé.

Le 18 juin, la conquête reprend avec un appui de canons et l’intervenion des appareils du 87th Fighter Wing et les Tirailleurs font leur jonction avec les « Chocs » et les Commandos d’Afrique. Le 13e RTS s’empare de Porto Ferraio en combattant durement durant la journée. Il doit même utiliser des lance-flammes pour liquider plusieurs points de résistance. Simultanément, le 4e RTS s’empare de la Villa Napoléon (là où résidait l’Empereur avant les Cent Jours) et l’un de ses officiers inscrit « La France » sur le Livre d’Or de la résidence. Fonçant ensuite plein est, les hommes du Colonel Cariou doivent néanmoins combattre durement contre des éléments du Grenadier-Regiment 902 qui s’accrochent au Monte Puccio. Il faut alors l’intervention des Goumiers et des Commandos d’Afrique qui contournent l’éminence pour forcer les Allemandsà la reddition. Enfin, le 2nd GTM remplit pleinement sa mission et atteint Porto Longone. Les défenseurs sont forcés à cesser le combat le lendamain. Seule déception, les Français ne mettent pas la main sur le Generalmajor Gall qui réussit à quitter l’Île d’Elbe dans un sous-marin.
Les Français ont perdu 201 tués dont 20 officiers (ce qui est particulièrement important en proportion), 635 blessés et 51 disparus. Côté allemand, plusieurs centaines de tués sont à déplorer et 1 995 hommes se sont rendus.
Cette victoire française sera saluée par le journal américain « Stars and Stripes » et servira de répétition au Débarquement de Provence planifié pour le mois d’août.

Photo01

Source :
– http://www.rhin-et-danube.fr

Partager :

  • 16Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)16
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
3-4 octobre 1943 : Libération de la Corse

3-4 octobre 1943 : Libération de la Corse

La Corse est occupée le 11 novembre 1942 par les forces germano-italiennes, suite au débarquement anglo-américain en Afrique du Nord. Mais les Allemands y stationnent peu de forces – notons tout de même la présence notable de la SS-Sturmbrigade                    « Reichsführer…

3 octobre 2013

Dans « Non classé »

1er octobre 1830 : Création du Corps des Zouaves

1er octobre 1830 : Création du Corps des Zouaves

Avec leurs uniformes, leurs traditions et leur participations à toutes les guerres de l’Armée française de la Monarchie de Juillet à la Ve République, les Zouaves ont durablement marqué l’imaginaire national. De plus,avec leur esprit de corps très affirmé, ils ont formé l’un des Corps de fantassins les plus décorés…

1 octobre 2015

Dans « Non classé »

25 août 1944 : Libération de Paris - 1/2

25 août 1944 : Libération de Paris – 1/2

Alors que la Bataille de Normandie achève sa dernière phase (Poche de Falaise), la Résistance parisienne décide de déclencher son insurrection contre la garnison allemande du Gross-Paris que commande le général Dietrich von Choltitz. En voici un résumé chronologique. – Courant juillet et au début du mois d’août, la Résistance…

25 août 2015

Dans « Non classé »

5 août 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

Vins de Loire 8 – Le Bonnezeaux

by Jérôme 2 août 2010

Situé sur la commune de Thouarcé en Anjou, le vignoble de Bonnezeaux produit l’un des plus célèbres crus blancs des Coteaux du Layon dont la principale originalité réside dans sa phase de surmaturation. L’appellation est reconnue depuis 1951.

bonnezeaux_vinesLes coteaux du Bonnezeaux bénéficient d’une exposition sud-ouest, d’une alimentation hydrique faible, ainsi que d’une action desséchante des vents dominants. Le Chenin blanc se développe sur des sols superficiels et caillouteux sur schistes et riches en éléments grossiers.
Beau vin de garde, le Bonnezeaux peut se conserver de cinq à vingt ans selon les années.
bonnezeaux-domaine-housseliere-gAvec sa robe jaune à reflets verts, le Bonnezeaux offre un nez franc mais agréablement fruité. S’y entremêlent : l’abricot, la figue, le raisin de Corinthe, la poire et la prune mûres, ainsi que les fleurs blanches telles l’acacia et l’aubépine.
La bouche est complexe, ample, intense, puissante et gustative.

Le Bonnezeaux se sert très frais (entre 7 et 9°C) à l’Apéritif, sur du foie gras (sur toast, en brioche, grillé, chaud ou truffé au Madère), du poisson en crème, de la volaille à la crème, de l’escalope de foie gras aux pommes, des fromages à pâte persillée (Roquefort, Fourme d’Ambert, Bleu d’Auvergne et Bleu de Bresse), des salades de fruits, du gâteau basque, de la galette des Rois à la frangipane et enfin, des tartes (figues, mirabelles, citron, bourdaloue, Tatin, poires et pommes).

Recommandation personnelle : Domaine des Petits Quarts

Source :
– Dictionnaire des vins de France, Hachette, coll. Les livres du vin

Partager :

  • Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
Vins pour Noël : le Coteaux du Layon

Vins pour Noël : le Coteaux du Layon

Vin très connu issu du Chenin blanc et au grand potentiel de garde (jusqu’à quarante ans pour les grandes années !), le Coteaux du Layon est reconnu comme appellation depuis 1950. – Son vignoble s’étend sur 1 645 hectares entre  Anjou et Saumourois et sur vingt-sept communes. Certaines communes donnent aussi…

3 décembre 2015

Dans « Cuisine et vins »

Vins et crus du Rhône - Lirac

Vins et crus du Rhône – Lirac

Le vignoble de Lirac se situe dans le méandre du Rhône, dans le vieux pays provençal, près d’Orange et d’Avignon, plus précisément sur les communes de Lirac, Roquemaure, Saint-Laurent-des-Arbres et Saint-Géniès-de-Colomas. – Les vignes poussent sur des coteaux ensoleillés, au sol de galets roulés disposés en terrasses. Le Lirac existe…

15 mai 2015

Dans « Non classé »

Vins de Bourgogne, Côte Chalonnaise - 2 : Rully et Bouzeron

Vins de Bourgogne, Côte Chalonnaise – 2 : Rully et Bouzeron

* RULLY Appellation reconnue depuis 1939, le vignoble de Rully est situé au nord de Chalon-sur-Saône, sur la commune de Chagny entre Bouzeron au nord et Mercurey au sud. Les vignes couvrent 347 hectares sur des coteaux dont l’altitude varie de 230 à 300 mètres. Les climats situés en hauteur sont plutôt…

18 octobre 2013

Dans « Non classé »

2 août 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

14 mai 1509 : Victoire de Louis XII à Agnadel

by Jérôme 1 août 2010

Cette bataille a lieu en Vénétie pendant la Seconde Guerre d’Italie et oppose l’Armée du Roi de France à la Ligue de Cambrai. Celle-ci ayant été formée en 1508 à l’instigation du Pape Jules II, elle réunit Venise (ancienne alliée de la France), l’Empereur Maximilien de Habsbourg et Ferdinand d’Aragon Roi de Naples.

– Précisons que Louis XII a renoncé à s’emparer du Royaume de Naples que disputait la famille d’Anjou mais n’a pour autant pas renoncé à mettre la main sur l’héritage des Visconti*, c’est-à-dire le Milanais.

– Les Français sont en nette supériorité numérique avec 28 000 hommes (6 650 cavaliers, 20 000 fantassins et un millier de pionniers). Louis XII commande une Bataille, c’est-à-dire le centre du dispositif français. L’Amiral Charles d’Amboise de Chaumont, Grand Maître de France, Gouverneur de Milan et de Normandie commande l’avant-garde, tandis que l’arrière-garde est placée sous les ordres du Duc de Longueville, Comte de Dunois. Sont aussi présents Antoine Le Bon Duc de Lorraine, le Maréchal Jacques II de Trivulce et Robert Stuart d’Aubigny qui commande les Écossais.

– En face, les Vénitiens (dont une forte proportion de mercenaires levés par le Doge Leonardo Loredano) et les troupes pontificales alignent 15 000 hommes séparés en deux forces placées respectivement sous les ordres de Bartolomeo d’Alviano et Niccolo di Pitigliano.

– Face à Louis XII qui part de Milan le 15 avril, les Vénitiens hésitent quant à la tactique à adopter. Faut-il harceler les troupes royales ou bien les affronter en plein champ ? Finalement, contre les instructions du Doge qui préférait la guérilla, d’Alviano marche avec ses 8 000 hommes sur les Français. Ainsi, le 14 mai à Agnadello, d’Alviano se heurte à l’avant-garde de l’Amiral d’Amboise-Chaumont qui repousse les vénitiens avec sa cavalerie et ses piquiers suisses. Seulement, d’Alviano se réfugie sur la colline d’Agnadel qu’il réussit à tenir contre un assaut français. Il adresse alors un message à di Pitigliano mais celui-ci lui conseiller d’abandonner Agnadel et décide de se porter vers le sud, ce qui divise considérablement les forces de la Ligue.

– Louis XII arrive en renfort et se lance contre d’Alviano avec ses gentilshommes et piétons. S’ensuit alors une mêlée dans laquelle on ne reconnaît ni ennemi ni ami. Mais le Roi de France a fait disposer son artillerie sous le couvert de broussailles. Héritée de Charles VIII et composée de serpentines, couleuvrines, bombardes et de fauconneaux, elle est la meilleure d’Europe.
Les bouches à feu françaises trouent implacablement les rangs des Vénitiens. Louis XII n’a plus qu’à lancer une dernière charge pour mettre les vénitiens en déroute. Ceux-ci laissent 4 000 dès leurs à la merci des corbeaux pendant que d’Alviano, blessé est fait prisonnier par Jean de Chabannes.

– Fort de cette victoire, Louis XII va pouvoir s’emparer de Trévise et de Vérone.

Source :
http://www.histoire-fr.com/valois_louis12_quatrieme_guerre_italie_1.htm

* Né Louis d’Orléans, Louis XII était le petit fils de Louis d’Orléans, frère du Roi Charles VI (assassiné en 1407) qui avait épousé Valentine Visconti, fille du Duc de Milan Gian Galeazzo Visconti.

Partager :

  • 11Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)11
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
8-11 février 1250 : Bataille de la Mansourah

8-11 février 1250 : Bataille de la Mansourah

Suite à la prise de Damiette, les Croisés Français commandés par Saint Louis tentent de s’emparer du Caire tenu par les Mamelouks Turcs et les Sarrasins. A partir du 20 décembre 1249, les Croisés francs se trouvent au Caire, face à la forteresse de la Mansourah, sur la rive gauche…

11 février 2016

Dans « Epoque médiévale »

7 avril 1498 : Mort de Charles VIII à Amboise

7 avril 1498 : Mort de Charles VIII à Amboise

Charles VIII fait partie de ces Rois de France dont on préfère retenir la mort que le règne. Pourtant, aussi court fut-il, son règne a été marqué par des victoires militaires lors de la Première Guerre d’Italie. – Fils de Louis XI et de Charlotte de Savoie, il n’a que…

7 avril 2016

Dans « Non classé »

11 avril 1512 : Victoire et mort de Gaston de Foix-Nemours à Ravenne

11 avril 1512 : Victoire et mort de Gaston de Foix-Nemours à Ravenne

– Né en 1489 à Mazères (actuel département de l’Ariège), neveu du Roi Louis XII, Gaston de Foix, Duc de Nemours, Comte d’Étampes et Duc de Narbonne entame jeune la carrière des armes – ce qui n’était guère exceptionnel pour l’époque – et s’y élève de façon fulgurante. Rien qu’en…

11 avril 2016

Dans « De Louis XI à Henri IV »

1 août 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

Arthur de Richemont, Connétable de France et Duc de Bretagne

by Jérôme 19 juillet 2010

Dans l’Histoire de la Guerre de Cent Ans, Arthur de Richemont reste curieusement – tout comme Olivier V de Clisson – dissimulé par l’ombre de Bertrand du Guesclin. Pourtant, il fut le troisième représentant de la noblesse bretonne à s’être vu octroyé la dignité de Connétable de France. Richemont ne fut pas seulement qu’un batailleur talentueux ; il fut aussi un remarquable organisateur, considéré comme le père du premier modèle d’armée permanente en France avec les Compagnies d’Ordonnance.
D’autre part, sa vie nous est connue grâce au récit apologétique que rédigea son écuyer Guillaume Gruel dans les années 1460.

duc-bretagne-arthur_III
– Arthur (ou Arzur) de Richemont, Duc de Touraine, Comte de Parthenay, de Dreux, d’Etampes, de Montfort et d’Ivry voit le jour le 24 août 1393 au château de Suscinio, actuellement dans le Morbihan non loin de Vannes.
Il est le troisième fils du Duc Jehan IV et de Jehanne de Navarre (troisième épouse du Duc). Curiosité dans cette famille ducale de Bretagne, Jehan IV – anciennement Jehan de Montfort – était ouvertement pro-anglais, son fils aîné Jehan V, frère d’Arthur, ne cessera de louvoyer entre les Valois et les Lancastre pour assurer une sorte d’indépendance de fait du Duché de Bretagne. Enfin, Arthur qui ne peut directement prétendre à hériter du Duché, il choisit ouvertement le camp des Valois et ce, dès ses jeunes années lorsqu’il peut porter les armes. Pour l’instant, il hérite de son père les « honneurs de Richemont » (Richmond), même si les Anglais ne lui reconnaîtront jamais le titre de Comte.

– Ainsi, en 1414, Arthur de Richemont entre au service du Dauphin Louis de Guyenne et participe au siège d’Arras. Le Dauphin lui octroie alors les terres de Jehan II de Partenay-Larchevêque qui a eu le tort de rallier la cause du Duc de Bourgogne Jehan Sans Peur, honni du camp Armagnac auquel appartient Louis de Guyenne.
Le 28 octobre 1415, Arthur de Richemont participe au désastre d’Azincourt et y est fait prisonnier. Il est alors incarcéré pendant cinq ans Outre-Manche au château de Fotheringhay.

– En 1420, libéré par Henri V de Lancastre, Richemont rentre en France mais doit suivre le Roi d’Angleterre dans sa prise de Meaux et lors de son entrée triomphale à Paris. En 1423, après la mort d’Henri V, Arthur de Richemont courre se mettre au service du Dauphin Charles et trouve l’appui d’Yolande d’Aragon. Toutefois, en dépit de la guerre larvée qui anime les relations entre le Royaume de Bourges et le Duché de Bourgogne, Arthur de Richemont épouse Marguerite de Bourgogne Duchesse de Guyenne, sœur de Philippe le Bon, à Dijon la même année. En 1423, l’Armée royale franco-écossaise subit la grave défaite de Verneuil face aux Anglais. Le Connétable Guillaume Stuart est tué. Poussé par Yolande d’Aragon, Charles – alors dépressif et influençable – choisit Richemont pour prendre l’épée de Connétable. Malheureusement, l’arrivée au Conseil royal du nouveau favori Pierre de Giac provoque des tensions entre le Dauphin et le Connétable. Richemont tente de relancer l’Ost royal dans des combats de reconquêtes, avec l’apport d’une partie de la noblesse bretonne « prêtée » par le Duc Jehan V. Mais Richemont subit deux déconvenues dans l’Avranchin (Normandie), à Saint-James-de-Beuvron et aux Bas-Courtils. En 1427, Richemont, Yolande d’Aragon et Georges Ier de la Trémoille – autre personnage ambitieux – conjurent contre Pierre de Giac. Celui-ci est arrêté par Richemont en personne dans son château d’Issoudun (Bas-Berry), emmené de force à Dun-le-Roi via Bourges. Après un court procès, Richemont enferme Pierre de Giac dans un sac et le noie dans un lac.

– Mais voilà, Georges de la Trémoille ne tarde pas à prendre la place de favori du Dauphin laissée vacante par Giac, est nommé Chambellan et en profite pour déchoir Richemont de sa charge de Connétable de France. Banni, le frère du Duc de Bretagne combat un temps les Anglais à Parthenay et rameute une armée pour punir La Trémoille dans une courte guerre privée. Richemont étant bien meilleur soldat que l’obèse Chambellan, disperse les hommes rassemblés par La Trémoille qui se réfugie dans Bourges. Comme l’explique Georges Minois, il s’en faut alors de peu pour que Richemont ne donne l’assaut à la Cité pour y occire son ennemi. C’est le Dauphin qui, arrivé depuis Chinon, intervient en personne et qui somme à son ancien Connétable de repartir en Bretagne. Fidèle à son souverain malgré tout, Arthur de Richemont obéit.

– En 1429, Arthur de Richemont est rappelé presque en secret par Yolande d’Aragon pour marcher sur l’Orléans. Rassemblant une partie de la noblesse bretonne encore volontaire, il se dirige vers Orléans où il fait la rencontre de Sainte Jehanne d’Arc à Beaugency. Les hommes de Richemont participent aux combats de Jargeau et Patay mais là encore, sur ordre du Roi, ils doivent repartir en Bretagne.
En 1432, Richemont est l’acteur d’un épisode assez curieux. Il doit alors aider son frère, allié aux Anglais, pour reprendre la place de Pouancé (Anjou) tenue par le Duc Jehan II d’Alençon. Richemont, que l’idée de combattre aux côtés des Anglais révulse, réussit toutefois à ouvrir des négociations qui aboutissent à la signature d’une paix entre Alençon et le Duc de Bretagne.

Blason du Connétable de Richemont

Blason du Connétable de Richemont

– L’année 1433, voit le retour en grâce de celui que l’on surnomme « Le Balafré » (en raison d’une entaille qui lacère une partie du visage) ou « le Justicier ». En effet, le Parti Angevin rassemblée autour d’Yolande d’Aragon projette de se débarrasser définitivement de La Trémoille, qui d’ailleurs, a de moins en moins l’appui de Charles VII devenu beaucoup plus sûr de lui. Si Richemont et La Trémoille signent la paix entre eux sous le patronage de Jehan V de Bretagne, des tractations ont lieu entre les Angevins et Richemont qui rêve d’en découdre avec le Chambellan. Rassemblant une troupe qui compte aussi Jehan V de Bueil et Pierre de Brezé, Richemont arrive de nuit au Château de Chinon le 3 juin 1433 et se fait ouvrir la porte par des complices. La troupe enfonce la porte de la chambre de Georges de la Trémoille qui, terrorisé, n’ose pas bouger. Un certain Jehan de Rosnivynen tente alors de frapper l’obèse Chambellan au cœur à l’aide d’un poignard mais La Trémoille doit la vie à sa graisse qui bloque la lame ! Finalement, avec l’accord du Roi, Richemont expédie La Trémoille à la forteresse de Montrésor sans aucune autre forme de procès. Peu de temps après, Charles VII remet l’épée de Connétable de France à Arthur de Richemont. Mais il faut dire que le Roi de France gardera une constante méfiance vis-à-vis de son Connétable et fera en sorte que le clan de capitaines bretons ne tire pas toute la gloire de la reconquête. Arthur de Richemont peut alors compter sur un parti de lieutenants qui lui sont dévoués, tous étant issus de la vieille noblesse bretonne : Tugdual de Kermoysan, un spécialiste des sièges et des défenses qui a eu l’occasion de croiser le fer avec Philippe le Bon au siège de Melun en 1419, Prégent de Coétivy, Pierre de Rostrenen et Jehan Budes, entre autres.

– Placé à la tête de l’Ost royal, Richemont s’emploie alors à la renforcer en attendant la reprise des hostilités. En 1434, le Connétable de France réussit à dégager Laon et Soissons. En 1435 la signature du Traité d’Arras marque la réconciliation entre Charles VII et le Duché de Bourgogne. En 1436, Richemont mène, avec Jehan de Villiers de l’Isle-Adam, un fidèle de Philippe le Bon une armée franco-bourguignonne, qui encercle Paris par le nord et le sud. On compte dans cet Ost d’anciens compagnons de la Pucelle d’Orléans tels La Hire, Jehan de Dunois, cousin naturel du Roi, Jehan de Brosse Maréchal de Sainte-Sévère et Jehan Poton de Xaintrailles.
Richemont isole Paris en s’assurant le contrôle de la vallée de l’Oise, de la Champagne et de la Brie. L’Ost royal dispose aussi d’appuis dans la capitale, des bourgeois menés par le Receveur aux Comptes Michel de Laillier qui sont entrés en rébellion contre les troupes anglaises et l’administration pro-Lancastre qui gère les affaires de la ville. Finalement, ne pouvant tenir un combat de rue, les Anglais se réfugient alors dans la Bastide Saint-Antoine (Bastille). Richemont leur promet alors la vie sauve s’ils quittent Paris, ce qu’ils font le 15 avril 1436.
Entre 1437 et 1431, Arthur de Richemont et ses lieutenants poursuivent leur chevauchée victorieuse ; Meaux et Montereau tombent. En 1441, Richemont s’empare de Pontoise se qui parachève la délivrance de l’Île-de-France. Toutefois, la montée en puissance et la réussite militaire du Connétable de Charles VII provoquent des jalousies, notamment celle du Comte de Clermont et du Duc d’Alençon qui projettent de l’éliminer avec la complicité du fils du Souverain, le Dauphin Louis. Sauf que la conjuration dite de la Praguerie est découverte à temps par Antoine de Chabannes et les conjurés rapidement défaits en Auvergne.

– En 1442, Arthur de Richemont signe un autre fait d’arme en secourant à temps la place de Tartas tenue par Charles II d’Albret* et assiégée par les Anglais. C’est aussi cette année, qu’Arthur de Richemont épouse se secondes noces Jehanne d’Albret (Marguerite de Bourgogne étant décédée en 1441).
En 1443, exsangues, les Anglais sont contraints de demander la paix qui est signée à Tours. Charles VII peut alors engager d’importantes réformes. Il confie alors la partie militaire à son Connétable, lui donnant ordre de créer un Ost permanent. L’année 1445 voit donc la création des Compagnies d’Ordonnances (car créées par Ordonnance Royale). Organisées par Richemont, ces Compagnies sont pensionnées directement sur le trésor royal. Richemont revalorise alors la cavalerie, tout en en renforçant la discipline. Les hommes doivent être recrutés parmi les plus méritants et la discipline est considérablement renforcée. En outre, les mercenaires et les écorcheurs sont envoyés combattre au-dehors du Royaume.
En 1445, les Compagnies d’Ordonnance sont au nombre de 15-16, formées de 100 Lances chacune (une lance étant équivalente à six hommes). Ainsi, Charles VII peut s’appuyer sur 9 000 – 10 000 hommes en permanence. Si, comme le souligne Georges Minois, les Compagnies de francs-archers, recrutées comme force d’appoint ont une crédibilité douteuse, les Compagnies d’Ordonnance formeront une très bonne force de frappe. Une Compagnie de Gardes (Français et Écossais) est aussi formée. L’idée d’armée permanente à disposition du Roi de France n’est pas nouvelle. Charles V l’avait déjà mis en application mais son idée ne lui survécut pas. Avec Charles VII, s’opère une importante mutation dans l’histoire militaire médiévale, car les Compagnies d’Ordonnance marquent un important progrès de l’expansion de l’État dans le champ politique, au détriment des anciennes coutumes féodales.

– Richemont reprend la guerre contre les Anglais en 1449 et cette fois, avec l’appui complet de son neveu François Ier de Bretagne (le fils du Duc Jehan V disparu en 1442) qui déclare la guerre Henri VI de Lancastre après la prise de Fougères par le routier Surienne l’Aragonais. Charles VII profite immédiatement de l’occasion et déclenche la campagne de Normandie avec Dunois, le Comte de Clermont et son fils Louis. Dunois et Louis marchent respectivement sur Rouen et Dieppe pendant que Clermont marche sur la Basse-Normandie. Quant à Richemont, il remonte par l’Avranchin. Le 14 avril 1450, Richemont et le Comte de Clermont écrasent à peu de frais les 3 000 piétons et archers anglais de Thomas Kyriell. Le massacre est complet. Richemont et ses lieutenants, s’emparent ensuite de Caen, puis de Cherbourg où son tués Rostrenen et Kermoysan, ce qui rend leur chef inconsolable. Mais Charles VII, fera en sorte de masquer la campagne réussie de Richemont pour mieux fêter celle de Dunois et du Comte de Clermont.
La campagne de Normandie est le dernier fait d’arme d’Arthur de Richemont, Charles VII le tenant à l’écart pour la conquête de la Guyenne. Toutefois, l’appareil militaire qu’il a contribué à forger contribuera à la victoire de Castillon, à laquelle participent des Bretons (Guy de Laval-Montmorency de Lohéac et François d’Etampes).

– Pendant près de sept ans, Arthur de Richemont reste éloigné des affaires politiques quant en 1457, son neveu Pierre II, frère cadet de François Ier, meurt sans héritier. De jure, selon la coutume bretonne, Arthur de Richemont devient Duc de Bretagne et prend le nom d’Arthur III. En cela, il doit rendre l’Hommage au Roi de France. Mais Arthur III rend l’Hommage non-lige à Charles VII qui lui proposait la dignité de Pair de France… ce qui l’aurait contraint à rendre l’hommage-lige, ce dont la noblesse bretonne ne savait accepter. Finalement, Charles VII acceptera de mauvais gré que son ancien Connétable lui rende l’Hommage non-lige.

– Arthur III ne reste pas longtemps Duc de Bretagne puisqu’il disparaît le 26 décembre 1458. Il reste incontestablement l’une des plus grandes figures militaires de la Guerre de Cent Ans.

Lire :
– FAVIER Jean : La Guerre de Cent Ans, Fayard
– MINOIS Georges : La Guerre de Cent Ans, Perrin, coll. Tempus
– MINOIS Georges : Charles VII, Perrin

 

Partager :

  • 31Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)31
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
La bataille de Formigny : Le triomphe capétien en Normandie

La bataille de Formigny : Le triomphe capétien en Normandie

FORMIGNY (15 avril 1450). Aujourd’hui passée dans l’oubli et bien moins connue que Crécy, Poitiers et Azincourt, la bataille de Formigny fut pourtant l’un des engagement les plus décisifs de la Guerre de Cent Ans et plus exactement du règne de Charles VII. Pourquoi ? De par le retentissement qu’elle…

25 janvier 2012

Dans « Non classé »

15 avril 1450 : Victoire des Comtes de Clermont et de Richemont à Formigny

15 avril 1450 : Victoire des Comtes de Clermont et de Richemont à Formigny

– Aujourd’hui passée dans l’oubli et bien moins connue que Crécy, Poitiers et Azincourt, la bataille de Formigny fut pourtant l’un des engagements les plus décisifs de la Guerre de Cent Ans et plus exactement du règne de Charles VII. Pourquoi ? De par le retentissement qu’elle eut à l’époque…

15 avril 2016

Dans « Epoque médiévale »

Jehan Poton de Xaintrailles, compagnon de Sainte Jehanne d'Arc

Jehan Poton de Xaintrailles, compagnon de Sainte Jehanne d’Arc

Personnage lié à l’épopée de Sainte Jehanne d’Arc et en particulier à Etienne de Vignoles dit « La Hire », Jehan Poton de Xaintrailles (ou Saintrailles) reste toutefois assez méconnu. On peut dire, tout comme « La Hire », il représente les derniers feux des chefs de compagnies médiévales avant l’avènement de la…

7 octobre 2016

Dans « Epoque médiévale »

19 juillet 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

Jacques Heers présente un manuel historiquement incorrect !

by Jérôme 16 juillet 2010

Nous vous avions récemment informés de la disparition du grand historien, le 10  janvier dernier. Celui-ci nous offre un très beau texte constituant la préface de la réédition d’un manuel d’histoire fort recommandable-réalisé par Anne de Mézeray- bien loin des canons de la bien-pensance et de l’historiquement correct que nous subissons. Un texte a méditer et un manuel à offrir à vos enfants- petits ou grands !    

« Nos manuels d’Histoire datent de plus d’un siècle. Depuis la loi qui instituait obligatoire

(1924-2013)

(1924-2013)

l’école proclamée « laïque », l’Etat a toujours gardé un sévère contrôle sur son enseignement. « L’instruction publique » ne devait pas seulement apprendre à lire, à écrire et à compter : il fallait aussi servir une République qui avait été élue à une si courte majorité, former des esprits et contraindre les enfants à penser comme on le souhaitait. Plus tard, jetant le masque, on fit de ce ministère celui de « l’Education nationale », mot liberticide et pourtant utilisé sans vergogne et toujours de saison. La recherche historique en était alors à ses premiers balbutiements : Jules Ferry, ses collaborateurs, ses conseillers pédagogiques et les auteurs des livres de classe, soigneusement choisis pour leurs engagements et les gages donnés à la laïcité combattante, se sont contentés de puiser de faisceau de légendes ou d’anecdotes, le plus souvent dans les recueils de libelles et de pamphlets.

On ne fit certes pas dans le détail. L’important était de toujours présenter ce que les maitres appelaient « l’Ancien Régime » comme un temps de tyrannie et d’injustice sociale où tous les abus servaient les privilégiés. Montrer les dix siècles d’une époque affublée du nom de « Moyen Age » comme une interminable nuit d’obscurantisme et d’abrutissement des esprits et les temps qualifiés de « féodaux » comme ceux de la désolation. Plus et

surtout, et là avec une application dont on trouve peu d’exemple ailleurs, il fallait combattre avec un rare acharnement toute forme de vie spirituelle, en réservant les plus dures critiques, jusqu’au vulgaire et au ridicule dans l’expression, à l’Église catholique : là encore, abus de toutes sortes, moines paillards ou ignorants, etc.

Pour frapper et anéantir toute réflexion, on faisait, et l’on fait encore dans les manuels, et peut être avec plus de constance et d’agressivité dans les médias et tout particulièrement dans les émissions de télévision, usage de fausses vérités, d’omissions programmées, de formules à l’emporte- pièce. Comme de dire et redire, bien sûr sans aucune preuve à l’appui, que, sous cet Ancien Régime détestable, le commun peuple était « écrasé d’impôts » alors que la moindre enquête aurait aussi montré que taxes et redevances d’autrefois étaient, tout au long des siècles, très peu de choses comparé à ce que nous paons aujourd’hui. L’enfant est pris au piège dès son plus jeune age et habitué par force à l’idée de progrès. Mis ainsi sous la férule d’une pensée unique, il demeure tout au long de sa vie d’homme ignorant de l’héritage de ses pères.

Le grand art était d’accompagner les leçons d’anecdotes et de rappels de faits divers, de textes d’auteurs inspirés par le mépris ou la haine, de citations de petites phrases ou sorties de leur contexte ou, tout simplement et bien plus souvent, inventées pour la cause. Ces manipulateurs de l’opinion ont excellé dans l’emploi de mots choisis à dessein, mots qui, maintenus par l’usage imposé, ont connu une telle fortune que rien ne peut aujourd’hui nous en délivrer. Des beaux esprit des salons du XVIIIè siècle, on fait des philosophes qui auraient illustré une « ère des Lumières », sans oser les remettre en leur place et dire que ces gens, écrivains besogneux, font bien pauvre figure face à ceux du temps de Louis XIV. On ose montrer des assemblées révolutionnaires de 1789-1793 comme les expressions d’un suffrage honnête et l’on ne manque jamais de nous faire voir Mirabeau, cet homme sans foi ni loi, aventurier véreux, vendu de tous cotés, se hausser du col pour défendre « la volonté du peuple » !

Les maitres d’œuvres et l’auteur du présent manuel ont choisi pour titre Histoire de France , marquant par là que les premières années d’étude du passé devraient être réservées à ce qui s’inscrit dans le cadre proche et familier. Un enfant doit, sauf exceptions, d’abord bien connaitre sa langue maternelle, en maitriser les nuances et s’exprimer de façon claire et nette avant d’apprendre une ou plusieurs autres langues. S’appliquer à faire connaitre, de façon forcément approximative et superficielle,  le passé d’autres pays, leurs us et coutumes, leurs religions et les lois de leurs Etats est céder à une sorte de fascination pour l’exotisme. L’ouverture au monde mérite plus que cela.

L’Histoire par thèmes, mode lancée par des pédagogues qui n’avaient jamais enseigné et ne cherchaient qu’à faire, un moment, parler d’eux, n’est plus de saison. Aussi, l’auteur s’est appliqué à toujours respecter la chronologie. Ici, l’élève ne perd pas ses repères ; il prend conscience de l’épaisseur du temps et voit tous les événements, tous les faits culturels ou économiques parfaitement datés, insérés dans leur contexte.

Le livre n’offre certes pas une suite d’images d’Epinal mais on n’y trouve pas de leçons tout entières consacrées à détailler, une par une, jour par jour, les journées révolutionnaires et pas davantage mention de toutes les batailles de Napoléon qui ont, les unes et les autres, laissé la France exsangue et dévastée. L’auteur a réservé de longs chapitres, bien documentés, écrits pour être lus avec plaisir,  aux travaux des hommes qui, de leurs mains, par leur constante application, ont forgé le pays de France, construit ce paysage rural harmonieux et ces villes de taille humaine, elles aussi empreintes de sagesse et d’harmonie, si belles, si humaines que des touristes du monde entier viennent les admirer. Et, plus encore, des leçons que l’on ne trouvait nulle part ailleurs pour parler de la foi chrétienne, des monastères, des blanches églises et des cathédrales qui font toucher du doigt et garder en mémoire que si la France a repris ou adapté une part de l’héritage gréco-romain, ses racines sont bien chrétiennes.

En brisant un monopole d’Etat, ce livre de classe ouvre la voie à un enseignement de l’Histoire qui veut témoigner de respect et de gratitude. Les élèves vont comprendre que jeter sur les temps passés un regard de snobisme ou de condescendance, se croire supérieur au nom du progrès et du modernisme à nos Anciens ne se justifie d’aucune façon. Mais, au contraire, à l’étude de ce manuel, ils pourront se dire et se montrer fiers du passé ainsi évoqué et garder, au fond d’eux-mêmes, toujours de la sympathie pour ceux qui ont œuvré à construire ce qu’ils nous ont laissé, ce sans quoi nous ne serions pas ce que nous sommes. »

A voir ici : http://www.renaissancecatholique.org/Nouvel-article,252.html

Et sur FHE https://www.france-histoire-esperance.com/jacques-heers-nous-a-quitte/

 

Partager :

  • 14Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)14
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)

Hommage du ministre de la Défense au général Bigeard

Voici le texte intégral du discours prononcé par le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, à l’occasion du transfert des cendres du général Marcel Bigeard (1916-2010), au mémorial des guerres d’ Indochine, à Frejus. La cérémonie s’est déroulée ce mardi, 20 novembre, date anniversaire de l’opération « Castor », au…

21 novembre 2012

Dans « Non classé »

Témoignage bouleversant d'un poilu remerciant sainte Thérèse, patronne secondaire de la France

Témoignage bouleversant d’un poilu remerciant sainte Thérèse, patronne secondaire de la France

Extrait de l’ouvrage Nous poilus. Plus forte que l’acier paru au cerf (mai 2014). La lettre est datée du 1er octobre 1915, signée de la main de l’adjudant V. Dardet, 274e d’infanterie, 23ème compagnie. « Et maintenant, ma chère cousine, voilà ce qui vient de m’arriver : Je viens d’échapper à la mort…

28 mai 2014

Dans « Non classé »

France-Histoire-Espérance : Blog de résistance culturelle et morale

Chers lecteurs, chères lectrices, cela ne vous aura guère échappé, Vincent Peillon, actuel ministre de l’Éducation Nationale a décidé d’alléger les programmes d’Histoire à l’école, tout en introduisant des cours sur la délirante Théorie du genre, poison idéologique venu de la Côte est des États-Unis. M. Peillon et Mme Vallaud-Belkacem…

10 septembre 2013

Dans « Non classé »

16 juillet 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Histoire & Culture

Pierre Mayrant : « La patrie est une sorte d’extension de la famille »

by Jérôme 14 juillet 2010

Dans un article fort intéressant sur la distinction entre « patrie » et « nation », le journaliste et historien Pierre Mayrant insiste sur la réalité philosophique désignée par le mot « patrie »…

« La patrie vient du latin « patria » et signifiait dès l’époque romaine pays de naissance, la terre des pères, la transmission et l’éducation. Le mot « patria »en latin a été conservé au Moyen Age puis transmis. On le traduisait par le mot « pays » en français. Le mot ‘patrie’ apparaît dans la langue française au XVIe siècle, grâce aux auteurs de la Pléiade.

Mais l’idée existait déjà avant Joachim du Bellay. Les philosophes de XIIIe siècle l’ont sans doute le mieux conceptualisée. L’idée de patrie s’insère alors dans la philosophie politique, pour la première et sans doute pour la dernière fois. Saint Thomas d’Aquin est un des penseurs de la patrie. Il lui a apporté une définition précise qui s’insère dans la pensée aristotélicienne. Quelles en sont les points fondamentaux ? La patrie n’est pas une réalité religieuse, mais temporelle. C’est une réalité humaine collective. Le R.P. Ducatillon (o.p.) résume bien la pensée de Saint Thomas : « Toujours est-il que la dénomination de « patrie » a été assez habituellement attribuée par les hommes au cours des siècles au groupe humain qui remplissait à leur endroit le rôle de société parfaite, ou du moins qu’ils souhaitaient vivement voir remplir pour eux le rôle de société. » Il donne en plus un bon résumé du sentiment patriotique : « la patrie s’incruste en nous, s’incorpore en nous, tout autant que nous nous incorporons en elle. Il s’établit ainsi, que nous le voulions ou non, un lien étroit, une affinité profonde. » La patrie est une sorte d’extension de la famille. »

 

Pour lire la totalité de l’article :

http://www.pierremayrant.com/wordpress/2012/07/11/patrie-ou-nation-des-confusions-a-eviter-12/#more-1984

Partager :

  • Cliquez pour partager sur Facebook(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
  • Cliquez pour partager sur Twitter(ouvre dans une nouvelle fenêtre)
Grand discours : cardinal Pacelli ( futur Pie XII), la vocation chrétienne de la France

Grand discours : cardinal Pacelli ( futur Pie XII), la vocation chrétienne de la France

Chers lecteurs, France-Histoire-Espérance vous propose de redécouvrir le fameux discours sur la vocation de la France, prononcé le 13 juillet 1937-dans la chaire de Notre-Dame de Paris-par son éminence le cardinal Eugenio Pacelli, futur pape Pie XII. Un discours plus que jamais d’actualité !  « Tandis que dans la majesté des fonctions liturgiques,entouré…

23 septembre 2013

Dans « Non classé »

Notre Dame de l'Assomption

Notre Dame de l’Assomption « Patronne de toute la France », Pie XI (1922)

A l’occasion de la fête de l’Assomption de la Vierge Marie (15 août), nous vous proposons de relire la déclaration officielle du pape Pie XI consacrant la France à la Mère du Sauveur (1922). Une bonne occasion de revenir sur l’histoire du culte marial dans notre pays… « La Vierge Marie Mère de Dieu, sous…

16 août 2015

Dans « Non classé »

Le « suicide français » ou les savoureuses

Le « suicide français » ou les savoureuses « quenelles » de Mr Zemmour…

2014 : L’année de la « quenelle » ? « 2014 sera l’année de la quenelle où ne sera pas » C’était en substance ce qu’annonçait, dans son style caractéristique, Mr Mbala Mbala, alias Dieudonné, au mois de janvier dernier, dans l’une de ses vidéos ayant défrayé la chronique – et résisté…

2 novembre 2014

Dans « Non classé »

14 juillet 2010
0 FacebookTwitterPinterestEmail
  • 1
  • …
  • 21
  • 22
  • 23
  • 24
  • 25
  • 26
 

France histoire Esperance

Bienvenue sur France-Histoire-Esperance, votre média culturel

 
 

Actualités tendances

 

Derniers sujets :

  • Ces villes françaises méconnues qui racontent une autre histoire du pays
  • Sabradou 59 62 ce week-end : où trouver brocantes et vide-greniers ?
  • Les meilleurs sites pour commander des livres en français à l’étranger : le top 4 incontournable en 2026
  • 18H18 signification : comprendre le message et l’interprétation de cette heure miroir
  • Robert II, fils d’Hugues Capet : un roi pieux
  • Henri 1er : Roi des Francs et défis dynastiques
  • Hugues Capet : le fondateur de la dynastie capétienne

Informations pratiques :

  • Plan du magazine
  • Contact
  • A propos
  • Mentions légales
  • Partenaires
  • Histoire de France

Tous droits réservés ©

Toute reproduction interdite sans l’autorisation de l’auteur

© france-histoire-esperance.com

A découvrir : villes et villages du Loiret 

Recommandations :

  • eternuement signification heure Signification de l’éternuement par heure
  • 5 éternuements signification Éternuer 5 fois : découvrez la signification spirituelle des éternuements répétitifs
  • signification éternuements 6 fois Éternuer 6 fois : quelle signification spirituelle et symbolique des éternuements répétés ?
  • éternuer 3 fois Éternuer 3 fois : quelle signification spirituelle derrière ces éternuements répétés ?
  • « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » Jacques-Bénigne Bossuet
  • éternuer 4 fois Éternuer 4 fois : découvrez la signification spirituelle des éternuements répétitifs
  • Facebook

@ - Tous droits réservés


Back To Top
France Histoire Esperance
  • Actualités
  • Histoire / Culture
  • Géographie / Tourisme
    • Villes de France
  • Vie quotidienne
    • Pouvoir d’achat
    • Famille & couple
    • Bien-être & santé
    • Maison & jardin