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Jérôme

Jérôme

Rédacteur en chef, passionné par le voyages, la culture et aussi les sujets un peu moins terre à terre

Géographie et Tourisme

La route des vins : Bourgogne, Alsace et Quercy

by Jérôme 25 mars 2017

Arpenter la route des vins, ce n’est pas seulement goûter au charme de la tradition oenologique. C’est aussi parcourir un terroir et rencontrer des hommes, s’enivrer de nectar, de parfums et de saveurs. Parce qu’il faut bien choisir parmi les 17 vignobles de France, nous vous proposons trois escapades, en Bourgogne, dans le Quercy et en Alsace.

Bourgogne

On les appelle les Champs-Élysées de la Bourgogne, et Dijon en est l’Arc de Triomphe. L’ancienne cité ducale ouvre la perspective des vignobles les plus prestigieux au monde : 60 kilomètres d’une étroite bande de coteaux qui serpente vers le Sud en égrappant une farandole de mots magiques. Gevrey- Chambertin, Vougeot, Vosne-Romanée, Nuits-Saint-Georges, Pommard, Meursault, Puligny-Montrachet… C’est le royaume du pinot noir pour les rouges, et du chardonnay pour les blancs. Le long de la Côte de Nuits et de la Côte de Beaune, la Route des grands crus offre un concentré inégalé de vins d’exception, comme le propose cadeauvin.fr,  sur un puzzle complexe de climats viticoles. La particularité du terroir bourguignon est là, dans cet enchevêtrement de parcelles de taille modeste emmurées derrière des clos de pierres sèches que se partage une kyrielle de propriétaires.

Sur cette mer de vignes semble voguer une flottille de petites cités vinicoles à l’inimitable typicité. Comme s’il avait avalé le calcaire du vignoble, le village de Fixin en a recraché des pans entiers avec lesquels il a sculpté ses bâtisses massives aux cours fermées, serrées autour de l’émouvante église romane. La destination  Dijon-Côte de Nuits  a été labellisée  Vignobles et Découvertes  (nouveau label d’oenotourisme), tandis que le vignoble bourguignon est candidat au patrimoine mondial de l’UNESCO. Des circuits découverte de la Côte de Nuits suivis de dégustations sont organisés tous les jours de l’année (Office de Tourisme de Dijon : 0892 700 558).

À ne pas manquer :

L’abbaye de Cîteaux et le château du Clos de Vougeot

En Bourgogne plus qu’ailleurs, l’histoire des vins se confond avec celle du monachisme. Les moines de l’abbaye de Cîteaux, berceau de l’ordre cistercien à mi-chemin de Dijon et de Beaune, cultivent la vigne et sélectionnent les plants depuis 1098. Pas une route ondoyant au milieu des vignes, pas une appellation qui ne leur doivent leur paternité. De défricheurs, les moines ne tardent pas à se faire bâtisseurs. Le château du Clos de Vougeot, avec sa cuverie, ses celliers et ses pressoirs monumentaux, est à visiter sans faute. Il abrite depuis cinquante ans le siège de la Confrérie du Tastevin – qui se donne pour but de promouvoir les vins de Bourgogne.

Vosne-Romanée

L’influence cistercienne est également visible à quelques mètres de là, à l’ombre de la grand croix qui veille sur le clos de la Romanée- Conti, le vin le plus rare et le plus cher au monde !

Beaune

À vingt kilomètres au Sud, le complexe des hospices de Beaune, à la toiture de tuiles vernissées, couvre une aire importante de la ville avec son musée, ses trois cours, ses dépendances, et ses centaines de mètres de caves.

Où déguster?

À Gevrey-Chambertin, les caves du producteur Philippe Leclerc, des XIIe et XIIIe siècles, sont parmi les plus belles de Bourgogne. L’étiquetage des bouteilles se fait encore à la main, et le vin est uniquement élevé en fûts de chêne. En face des caves, le restaurant Chez Guy est devenu une institution à Gevrey-Chambertin. À ne pas manquer : la cocotte de joue de boeuf à la bourguignonne, cuite douze heures dans le vin rouge et le bouillon de légumes.
Caves Leclerc : 03 80 34 30 72 – www.philippe-leclerc.com Restaurant Chez Guy (and family) : 03 80 58 51 51 – www.chez-guy.fr

Alsace

De Strasbourg à Mulhouse, le train file à travers la grande plaine d’Alsace, bordée à l’ouest par les contreforts vosgiens qui s’adoucissent lentement en coteaux viticoles. Un chapelet de villages bucoliques s’étire jusqu’aux portes de Colmar, au coeur des cépages de gewurztraminer, de riesling, ou de pinot blanc… La route des vins s’étend sur 170 kilomètres, 14 800 hectares et 119 communes. Les vignerons y égrènent comme autant de grappes de raisin les appellations de renom, et remplissent de leur nectar les tonneaux des winstub, les bars à vins alsaciens, véritables institutions populaires. Les innombrables exploitations familiales concourent à perpétuer cet art de vivre ancestral autour de la passion vinicole. Colmar est la vitrine de l’Alsace, qui n’a pas usurpé son titre de capitale des vins.

Où déguster?

Maison Jund, à Colmar. Son savoirfaire, transmis depuis près d’un siècle, guide aujourd’hui les serpettes de la quatrième génération. Établie dans un ancien relais de poste du XVIe siècle, la Maison propose des chambres d’hôtes et des séances de dégustation de ses vins du ban colmarien : une manière originale d’apprivoiser la ville et sa campagne. 12, rue de l’Ange, 03 89 41 58 72

Vins & Crémants d’Alsace, à Bernardswiller. C’est souvent hors des sentiers battus que l’on trouve les meilleurs vins ! Chez Cathy et Gilbert Lang, c’est à la bonne franquette, dans une cave traditionnelle, que vous dégusterez des vins de grande qualité et de toute variété (Sylvaner, Riesling, Edelzwicker, Pinot Blanc, Muscat d’Alsace, Tokay Pinot Gris, Gewurztraminer, Pinot Noir Rouge au Rosé ou encore crémant traditionnel). Cathy et Gilbert Lang, 03 88 49 94 45

À faire :

Rando’Bacchus : Dans la Vallée de Kaysersberg, Horizons d’Alsace propose des journées randonnées (à partir de 3 jours) le long des sentiers qui font la réputation des grands crus alsaciens. Au programme, découverte du terroir, dégustation et musées. Horizons d’Alsace, 28 rue du Général Dufieux, 68650 Lapoutroie. 03 89 78 35 20

Quercy

Cahors nous ouvre les portes d’un des vignobles les plus discrets de France, au caractère pourtant bien trempé : le vignoble du Lot. Il renferme la perle des vins du Sud-Ouest, le cahors, qui se savoure avec des truffes, du foie gras et des viandes rouges. En 1971, le vignoble a obtenu l’AOC pour ses 4200 hectares de cépage côt N (appelé aussi le malbec) qui produisent exclusivement du vin noir, aux notes flamboyantes. Mais aux côtés du dieu Cahors sommeillent également d’excellentes petites divinités, sur les coteaux du Quercy blanc. Sur ces terres calcaires qui respirent déjà le Sud naissent des rouges équilibrés aux nuances florales et poivrées, et des rosés fruités issus d’assemblage de cabernet franc, de merlot, de tannat et de gamay. Les vins du pays du Lot sont, eux, des vins de plaisir, qui s’épanouissent autour de Rocamadour, en blancs, rouges ou rosés très aromatiques.

À faire :

La Villa Cahors Malbec sera inaugurée au mois de juillet. Cet espace d’accueil, d’information et de dégustation de 450m2, au coeur du vieux Cahors, réunira l’office de tourisme et l’Union Interprofessionnelle des Vins de Cahors. Ce temple de la Cahors Malbec Vallée est une ode permanente à la bonne chère et au patrimoine lotois.

À pied, à vélo, ou en bateau, les paysages exceptionnels de la vallée du Lot sont à découvrir en famille. Des vallées fertiles aux causses arides, 75 kilomètres de rivière navigable et 160 kilomètres de véloroute s’offrent à vous. Carnets de routes, circuits découvertes, escapades insolites : jusqu’au 15 novembre, naviguez avec O Phil du Lot au coeur du vignoble, accostez directement chez les vignerons pour une dégustation, et découvrez une variété de paysages exceptionnels, falaises et collines, châteaux et villages perchés. Rens : office de tourisme du Lot, 05 65 35 07 09

À manger : opulent et généreux, le Lot regorge de produits de terroir, à savourer sur les marchés : le rocamadour, fromage 100% chèvre, l’agneau fermier du Lot, le safran et le melon du Quercy, la truffe, diamant noir du Lot, le croustilot, pain de blé traditionnel… Retrouvez tous les marchés sur www.tourisme-lot.com

25 mars 2017
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Géographie et Tourisme

Les champignons de nos régions

by Jérôme 6 février 2017

Promenons-nous dans les bois… Après la chaleur de l’été, les matins humides de l’automne favorisent la pousse des champignons. Cèpes, girolles, trompettes de la mort : la diversité du terroir français en fait une véritable réserve à champignons ! C’est le moment d’arpenter nos régions, par-delà sentiers et sous-bois, à la recherche des  bons coins .

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6 février 2017
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Géographie et Tourisme

Voyager avec son animal de compagnie

by Jérôme 2 janvier 2017

Vous avez fait le choix d’emmener votre fidèle compagnon en vacances. Voici quelques conseils pratiques pour préparer et vivre au mieux cette aventure !

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2 janvier 2017
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Histoire & Culture

9-10 mars : le Lieutenant Tom Morel tombe aux Plateau des Glières

by Jérôme 14 décembre 2016

Très célèbre figure de la Résistance en Savoie, Théodose Morel naît le 1er août 1915 à Lyon au sein d’une famille d’industriels profondément catholiques. Après l’obtention de son Baccalauréat, il choisit la carrière des armes et entre à l’École de Saint-Cyr en 1935 au sein de la promotion « Maréchal Lyautey ».
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Sorti en 1937, il choisit l’Infanterie et est versé comme Sous-lieutenant au 27e Bataillon de Chasseurs Alpins (BCA) basé à Annecy. Il prend ensuite le commandement d’une Section d’éclaireurs-skieurs (SES) dont la mission principale est de patrouiller en altitude le long de la frontière franco-italienne.
En 1940, il ne participe pas aux combats contre les Allemands mais en juin 1940, Mussolini déclare la guerre à la France et jette son armée à l’assaut des Alpes. Côté français, la défense du massif alpin, renforcé par la Ligne Maginot des Alpes construite dans les années 1930 est assurée par le Général René Olry. Avec les maigres effectifs dont il dispose, Olry va mettre à mal l’offensive italienne. En Savoie, les troupes de montagne affrontent avec succès les forces italiennes. Le Lieutenant Morel commande à sa SES et lance des coups de main contre les envahisseurs. Bien que blessé, il demande un tir d’artillerie au plus proche de sa section dans un secteur difficile. Toute son action lui vaudra la Croix de Guerre et la Légion d’Honneur.

Après l’armistice, Théodose Morel conserve son rang dans l’Armée du Gouvernement de Vichy. Dissous temporairement, le 27e BCA est reconstitué sous le commandement d’un Chef de Bataillon qui refuse la défaite, Jean Valette d’Osia, un ancien « poilu » qui s’est distingué en 1918 avant de passer par la Légion Étrangère au Maroc, puis de combattre les Allemands à Narvik et sur la Somme en 1940. Rejoignant les orientations de son chef, le Lieutenant Morel participe aux caches d’armes et à un entraînement poussé en vue de reprendre la revanche. Notons que nombre d’hommes des Troupes de Montagnes cantonnés dans les Alpes seront parmi les premiers à reprendre les armes fin 1942. En 1941, Morel est nommé instructeur à Saint-Cyr qui a été transféré à Aix-en-Provence.

En novembre 1942, suite au débarquement des Alliés en Afrique du Nord, Hitler ordonne l’invasion de la Zone Libre et les autorités de Vichy ordonnent de ne pas résister.  Valette d’Osia et Morel passent alors dans l’Action Clandestine et commencent à organiser les Maquis en coopération avec les formations locales de l’ORA (Organisation de la Résistance de l’Armée) puis avec les Mouvements Unis de la Résistance (MUR). Les actions sont alors limitées mais constituent un maillage qui doit aboutir à la création de maquis dans les régions de montagne. Le Lieutenant Morel – qui prend alors le nom de code « Tom » – participe notamment au recueil des réfractaires du STO et à l’encadrement des futurs combattants.

Suite à la création de l’Armée Secrète (AS) en 1943, Tom Morel seconde toujours Valette d’Osia au commandement de l’AS « Haute-Savoie ». Malheureusement, fin 1943, Valette d’Osia est arrêté par les Allemands, soumis à un interrogatoire musclé et envoyé en train en captivité… avant de s’évader menottes au poing ! Par conséquent, le Colonel Henri Romans-Petit, commandant de Maquis de l’Ain et du Haut-Jura, délègue à Tom Morel le commandement de l’AS « Haute-Savoie ».
Début 1944, il reçoit l’ordre de rassembler plusieurs centaines de maquisards et de constituer une « forteresse » au Plateau des Glières, un promontoire abrupt situé à plieurs kilomètres d’Annecy et d’y organiser les parachutages qui doivent arriver depuis l’Afrique du Nord sur ordre de Londres.

Suite à la création de l’Armée Secrète (AS) en 1943, Tom Morel seconde toujours Valette d’Osia au commandement de l’AS « Haute-Savoie ». Malheureusement, fin 1943, Valette d’Osia est arrêté par les Allemands, soumis à un interrogatoire musclé et envoyé en train en captivité… avant de s’évader menottes au poing ! Par conséquent, le Colonel Henri Romans-Petit, commandant de Maquis de l’Ain et du Haut-Jura, délègue à Tom Morel le commandement de l’AS « Haute-Savoie ».
Début 1944, il reçoit l’ordre de rassembler plusieurs centaines de maquisards et de constituer une « forteresse » au Plateau des Glières, un promontoire abrupt situé dans le Massif de Bornes, à kilomètres d’Annecy et d’y organiser les parachutages qui doivent arriver depuis l’Afrique du Nord sur ordre de Londres.

Face à l’occupant allemand qui craint un pullulement des maquis et décrète l’Etat de siège sur l’ensemble de la Haute-Savoie, plusieurs centaines d’hommes arrivent sur le Plateau des Glières. On y trouve des volontaires du moment voulant en découdre avec les Allemands et les « Collabos », des réfractaires au STO, des Républicains Espagnols réfugiés, des Communistes, des Gaullistes et des Catholiques convaincus. Pour rassembler tout ce monde le Lieutenant Morel explique clairement : « Il n’y a plus ici ni A.S., ni F.T.P. leur dit-il, il y a l’armée française » Et le Maquis prend pour devise : « Vivre libre ou mourir ».

Sous le commandement de Morel et du Capitaine Maurice Anjot (Responsable départemental de l’AS), le Maquis se garni d’abris et de postes de combat. Mais il se retrouve très vite en situation critique. Rapidement localisé par les Groupes Mobiles de Réserve, branche de la Police de Vichy chargée d’interventions armées, le Plateau se retrouve bientôt presque cernée dès la mi-février 1944. Et le temps rigoureux ne facilite absolument pas les parachutages qui tardent à arriver.
Dans la nuit du 9 au 10 mars 1944, Tom Morel monte une expédition contre le PC des GMR à l’Hôtel France d’Entremont. Très bien monté, le plan réussit. Les GMR sont désarmés pendant que plusieurs armes sont saisies. Morel désarme le Commandant Lefebvre mais celui-ci avait conservé un pistolet sur lui et abat le Lieutenant. Lefebvre est alors tué sans pitié par les Maquisards.

Le 13 mars 1944, le Lieutenant Tom Morel est enterré par ses camarades sur le Plateau des Glières. On réussit à faire venir un curé pour la cérémonie religieuse car sa Foi n’a jamais vacillé. Sa dépouille sera ensuite transférée à la Nécropole de Morette.

La Promotion Saint-Cyr de 1987-1990 a porté son nom.

Source :
– http://www.glieres-resistance.com

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Ralph Monclar

Ralph Monclar

Personnage à la vie digne d’un roman de guerre, Monclar reste une figure marquante de la Légion Etrangère du XXe siècle. S’il n’eut pas la science militaire d’un de Lattre ou d’un Leclerc, il n’empêche qu’il s’avéra un remarquable meneur d’homme doublé d’un soldat particulièrement courageux. – De son vrai…

3 juin 2016

Dans « Histoire militaire française »

24 juin 1940 : Fin de la bataille des Alpes, succès français de 1940 – 2/2

24 juin 1940 : Fin de la bataille des Alpes, succès français de 1940 – 2/2

Nous avons vu les combats menés par les Français face aux unités mécanisées allemandes, passons maintenant aux combats menés face aux Italiens. Au début de juin 1940, Benito Mussolini déclare la guerre à la France pour s’emparer notamment de la Tunisie, de la Savoie, de la Corse et de Nice.…

24 juin 2016

Dans « Histoire militaire française »

Général Fernand Gambiez, fondateur du 1er Choc

Général Fernand Gambiez, fondateur du 1er Choc

Fernand Gambiez naît à Lille le 27 février 1903 dans une famille modeste. Toutefois, son père choisit de rejoindre les rangs de l’Armée française et accède au grade d’officier avant la Grande Guerre, ce qui est plutôt rare pour l’époque. Physiquement, Fernand Gambiez n’est pas très grand mais il est trapu…

29 mars 2016

Dans « Histoire militaire française »

14 décembre 2016
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Histoire & Culture

L’Armée sous Louis XIII (Guerre de Trente Ans)

by Jérôme 22 novembre 2016

Lorsque Louis XIII et le Cardinal de Richelieu lancent le Royaume de France dans la « Guerre Ouverte » contre la Maison d’Autriche et l’Espagne en 1635, l’Armée Royale a subi plusieurs refontes amorcées depuis le règne de Henri IV, dans le prolongement de la convalescence qui a suivi les Guerres de Religion. En outre, même si d’importantes carences subsistent (approvisionnement, discipline), l’Armée Royale a été rehaussée du prestige de la victoire sur les Etats Protestants et des succès de la Guerre de Succession de Mantoue.
Voici donc, un (bref) portrait de l’Armée de Louis XIII.

Précision pour les lecteur, les tactiques et techniques de combat employées durant la Guerre de Trente Ans feront l’objet d’un article ultérieur.

* 1  L’ORGANISATION

A Les Armées en campagne

Pour le chercheur autrichien Gaston Bodart, le type même de l’Armée en campagne pendant la Guerre de Trente Ans comprend entre 20 000 et 30 000 hommes avec une proportion de 30-40 % de Cavalerie. A Rocroi, l’Armée du Prince de Condé déploie entre 16 000 et 20 000 soldats dont une forte proportion de mercenaires allemands, hessois, suédois et ceux venant aussi des troupes de Bernhard de Saxe-Weimar. Toutefois, il est de bon aloi de souligner le fait que les soldats de Saxe-Weimar germaniques (en écrasante majorité de confession luthérienne) qui sont passés du service de la Suède à celui de la France sont extrêmement disciplinés et bien entraînés (ce qui ne les empêchera pas de ravager toute une partie de l’Alsace et de la Franche-Comté).
Lors de la Guerre de Trente Ans, Louis XIII (passionné de la question militaire rappelons-le) crée quatre Armées pour les Campagnes ; Armée des Flandres placée sous les commandements successifs de Louis de Nogaret d’Epernon Cardinal de La Valette, Gaspard III de Coligny Maréchal de Châtillon et Urbain de Maillé Duc de Brézé ; l’Armée du Rhin (Cardinal de La Valette et Bernhard de Saxe-Weimar) ; l’Armée d’Allemagne (Cardinal de La Valette et Jean-Baptiste Budes de Guébriant ) et enfin, l’Armée d’Italie (Duc d’Harcourt) scindée entre le Corps du Piémont (Charles II de Créqui) et le Corps de la Valteline (Duc de Rohan). On trouve enfin l’Armée des Pyrénées qui est en fait un corps d’observation frontalier.

B Représentation des forces au sein des Armées

Prenons l’exemple de l’Armée des Flandres. En 1637, elle compte 21 670 hommes partagés entre 15 000 fantassins (68.9 % de l’effectif total) et 6 670 Cavaliers (31.1 %). Sur ce nombre de cavaliers 3 020 sont des Weimariens (44.6 %) dont des étrangers, 2 700 sont des Chevau-Légers (39,9 % Cavalerie Lourde), 400 sont des Gendarmes du Roi (5,9 %), 400 autres des Carabiniers (5,9%) et enfin 250 sont des Hongrois (3,7 %). Sur l’ensemble des effectifs montés, on compte 84,5 % de Cavalerie de ligne, 9,6 % de Cavalerie de ligne et 5,9 % de Cavalerie d’élite qui forme la réserve.

C  Formations de combat

Les Régiments sont les unités administratives – un peu à l’exemple des Regiments anglais – et comptant un nombre d’hommes assez important mais inégal ; certains comptent parfois 1 000 hommes alors que d’autres se montent jusqu’à 6 000 voire davantage. Tout dépend aussi du type d’unité. Le Régiment est commandé par un Colonel, en écrasante majorité issu de la Noblesse et peut prendre dans ce cas, le nom de son propriétaire.

On distingue plusieurs types de régiments. Tout d’abord, les Régiments permanents qui comptent d’abord les Gardes Françaises (1560) comme les quatre Vieux Régiments ou Vieux Corps, avec chacun une couleur distincte sur leur drapeau (Picardie  rouge, Champagne  vert, Navarre  feuille morte ou marron et Piémont  jaune ). Les Vieux sont les héritiers des Vieilles bandes reformées après la promulgations des chartes de Régiment (Henri II). Viennent ensuite les cing Petits Vieux créés durant le règne de Henri IV (Bourbonnais, Béarn, Auvergne, Flandres et Guyenne). Ces cing régiments arborent la couleur violette sur leur drapeau afin de rappeler l’assassinat du Roi Henri.
Près de trente autres régiments permanents seront créés sous le règne de Louis XIII. Citons entre autres ; Chappes (1611), Rambures (1612/1640), Hôtel (1616/1643), La Suze (1619), Normandie (1620), Estissac (1621), La Force et Turenne (1625), Villeroy (1626), Meslé et Nettancourt (1629), Montausier (1630), Grancey (1630/1639), Nerestang, Castelmoron et Leuville (1631), Sainte-Offrange (1632), La Bloquerie (1633), Lyonnais, Perche, Bellenave, Bourdonne, La Frezelière et Cardinal Duc (1635), La Marine (1636), Isle de France (1637), Régiment des Vaisseaux (1638) et Gramont-Liégeois (1641).

Autre point important. Si les Vieux Régiments sont en quelque sorte propriété royale, avec des officiers pensionnés par le Roi, beaucoup d’autres sont levés aux frais de Colonels particuliers qui en sont finalement les propriétaires. Le Colonel (au même titre que les Capitaines avec les Compagnies) doit donc acheter une charge d’officier ou bien s’en voit octroyer une puis lever son Régiment. Cela peut donner lieu à des situations quelque peu surprenantes. On voit ainsi de très jeunes colonels ou capitaines se placer à la tête d’unités d’infanterie.

Mais l’unité tactique de l’Armée de Louis XIII est le Bataillon ou Petite Bataille (scindé en plusieurs compagnies allant de 50 à 200 soldats et commandé par un Colonel ou un Capitaine) et formé par ponction des Régiments. Par exemple à Rocroi 22 Régiments de l’Armée du Prince de Condé forment 18 Bataillons tandis que les 4 autres ont été créés en scindant deux régiments de moitié. Il n’y a donc toujours pas de rationalisation des effectifs, loin de là.

Les Régiments français se répartissent comme suit : 1 Régiment des Gardes (Gardes Françaises  30 compagnies de 200 hommes), 16 Régiments à 30 Compagnies de 50 hommes (1 500 hommes/Régiment), 106 Régiments à 20 Compagnies du 50 hommes (1 000 h/Regt), 1 Régiment à 18 Compagnies de 50 hommes (900 h), 1 Régiment à 15 Compagnies de 80 hommes (1 200 h), 6 Régiments à 12 Compagnies à 80 hommes (960 h) et 10 Régiments à 10 Compagnies de 80 hommes (800 h).

Et voici la répartition des Régiments Royaux étrangers (volontaires) : 7  Suisses (Gardes Suisses, Molondin, Watterville, Am Büchel, Praromann, Roll et Rhoon), 4 Irlandais (Wall, Coosle, Fitz-William et Beling), 4 Écossais (Douglas, Gardes Écossaises, Lundy et Fullerton), 8 Allemands (Roquesvières, Zillard, Rasilly, Schombeck, Kohlas, Notaf, Ehm et Axtein), le Régiment Liégeois Guiche étranger, ainsi que le Régiment Mazarin italien.

* 2 LES ARMES

A L’infanterie

1 Effectifs et recrutement

Les Fantassins représentent la grande majorité des effectifs de l’Armée Royale et leur nombre ne fait que croître entre 1633 et 1643. En 1633, on en compte 102 000, nombre qui double deux ans plus tard (210 000). En 1637, les fantassins se chiffrent à 238 000 hommes, leur nombre le plus élevé, avant de décroître à 217 000 à la mort de Louis XIII. Conséquence directe, le nombre de Régiments augmente sensiblement lui aussi. De 65 seulement en 1633, ils grimpent à 148 début 1637 et 169 à la fin de la même année. En 1643, on en compte 141.

Lors de la bataille de Rocroi l’Armée Royale comptait 192 860 soldats organisés en régiments – excepté les troupes stationnées en garnison. Sur ce nombre, 151 860 (78.7 %) étaient originaires du territoire français et 41 000 étaient des volontaires étrangers (21.3%) ; Suisses, Allemands et Italiens en particulier. Enfin, il y avait 200 compagnies de soldats à pied en garnison qui regroupaient 26 000 soldats.

Le recrutement des soldats pose le problème le plus sérieux à Richelieu et Louis XIII. D’une part, il n’y pas de conscription comme nous pouvons l’entendre aujourd’hui. La formation des régiments se fait par levée de volontaires. En outre, la Monarchie n’a toujours pas de système centralisé et le recrutement s’effectue donc aux échelons des Généralités, Pays, Baillages, Sénéchaussées et Paroisses. En somme, la capacité de la Couronne à pouvoir recruter dépend amplement de l’enchevêtrement des circonscriptions administratives et des coutumes de l’Epoque. Le système des Milices Paroissiales et du tirage au sort n’existe pas encore et ne sera créé qu’au début du règne de Louis XIV par Michel Le Tellier.  Ajoutons à cela la question des Mercenaires que l’on cherche à engager depuis l’Allemagne, la Suisse et l’Italie, bien qu’ils représentent des troupes bien moins fiables, qui peuvent déserter à tout moment et se livrer à des pillages et des exactions sur la population. En 1629, le Cardinal de Richelieu promulgue une ordonnance qui tend à améliorer le recrutement des soldats mais elle ne sera jamais appliquée. En revanche, en 1636 par une nouvelle Ordonnance, le Cardinal-Duc Ministre crée un Ministère de la Guerre qui est chargé d’organiser la levée des troupes ; ce qui représente déjà une amélioration notable.

2. Equipement et armement

Si ce n’est la mode vestimentaire (pourpoint, bas, large chapeau de feutre, bottes à chaudron), le soldat à pied de Louis XIII se distingue très peu de ses aînés de Henri II, Henri III et Henri IV. Les officiers se protègent des coups d’armes blanches avec des cuirasses, des colletins,  etc. Quand ils ont les moyens de se procurer des casques, les hommes à pied utilisent des cabassets, des morions de type espagnol et des bourguignottes. 

Contrairement à un cliché répandu de nos jours, les Armées européennes du XVIIe siècle utilisent encore largement les armes blanches de toute sorte. Ainsi, l’infanterie française utilise généralement les longues piques disposées en carrés à rangs serrés afin de repousser les charges de cavalerie et d’infanterie en gardant les rangs serrés. Les armes dites d’hast sont toujours répandues en particulier les hallebardes et les pertuisanes.. Les officiers, mais aussi les hommes du rang utilisent aussi des armes de duels que sont les rapières et les dagues de main gauche pour les engagements au corps-à-corps. En outre il n’est pas rare non plus de voir les fantassins utiliser des épées à large lame (comme les miséricordes très répandues chez les Lansquenets), des Espontons, des haches et même des masses d’armes (cette dernière arme étant très apprécié de la cavalerie polonaise). Enfin, c’est en 1642 que la baïonnette fait son apparition dans l’Armée des Flandres. Les premiers modèles consistaient à fixer un poignard au manche vidé au bout du canon, ce qui empêchait le fantassin de tirer. Les baïonnettes à douille apparaîtront durant le règne de Louis XIV.

En revanche, les mousquets à rouet commencent à remplacer les arquebuses (en particulier les arquebuses à clé d’arbalète). Des pistolets à rouet et même à silex – ce dernier étant plus efficace – se répandent de plus en plus au sein de l’armée dans les années 1640. Toutefois, les arbalètes sont toujours répandues elles aussi.


B. LA CAVALERIE

Arme par excellence de la Noblesse Française depuis l’Epoque Médiévale, la Cavalerie reste toujours l’apanage des gentilshommes durant les règnes d’Henri IV et de Louis XIII, même s’il n’est pas rare de voir des bourgeois intégrer les rangs montés royaux (s’ils s’équipent à leur frais). Quoiqu’il en soit, la Cavalerie française subit plusieurs transformations notables qui vont faire d’elle l’une des meilleures d’Europe.

1 Réformes et augmentation des effectifs 

Avant l’entrée en guerre de la France, la Cavalerie française est en pleine réformation depuis Henri IV. L’intérêt qu’eut le père de Louis XIII pour réformer sa Cavalerie tient beaucoup à la victoire de Fontaine-Française (1595) en Bourgogne, lorsque 300 cavaliers royaux mirent en fuite 2 000 espagnols.

Sous Louis XIII, plusieurs nouveaux régiments de cavaleries permanents sont créés : Orléans et Souvré (1630), d’Enghien (1632), Colonel Général et Trefski (1635), Royal (1635), Le Roi et Dragons du Cardinal (1635) et La Reine Mère (1638). Enfin, en 1638, le Juste fait promulguer un règlement relatif au  « bon ordre et à la discipline ». Bien entendu, certains Colonels, Princes du Sang, Membres de la Cour ou Nobles de Province lèvent un régiment à leurs frais. C’est notamment le cas des Ducs de Soissons et de Longueville en 1638 lorsque les Espagnols marchent en Picardie. Enfin, Louis XIII a aussi recruté des unités de cavalerie étrangère, en particulier allemandes, hongroises et mêmes croates.

Les Dragons forment l’un des plus anciens corps de cavalerie français (arquebusiers à cheval créés au sein de l’armée du Piémont par le Maréchal de Brissac sous Henri II). Toutefois, s’il se déplace à cheval, le Dragon ne combat pas en selle mais à pied, à l’arquebuse, à la rapière ou à la hache.

Grâce à l’Ordonnance édictée en 1635 par le Cardinal de Richelieu l’organisation et la discipline en sont considérablement renforcées afin d’en faire l’arme clé du succès français sur le champ de bataille. La consécration de la cavalerie viendra à Rocroi.
Soulignons donc, le rôle du Maréchal Jean Comte de Gassion. Gentilhomme calviniste béarnais ayant servi comme officier dans l’Armée du Duc de Rohan lors de la campagne de 1626-1629 contre les Etats Protestants, Gassion est passé au service de Gustave Adolphe de Suède contre les Impériaux. Rappelé par Louis XIII et Richelieu, il viendra ajouter son expérience des techniques utilisées par la cavalerie suédoise. Gustave-Adolphe avait notamment formé le Corps des Hakkapeliitta. Recruté chez les Finnois et regroupés au sein de régiments, les Hakkapeliitta avaient pour rôle l’assaut (par de brutales charges), la reconnaissance et la poursuite.

Sous Louis XIII, un nouvel échelon est créé au sein du Régiment, il s’agit de l’Escadre qui donnera le terme Escadron que nous connaissons aujourd’hui. L’Escadron comprend alors entre 50 et 60 hommes et s’articule en 2 ou 3 Compagnies (voire parfois même une seule).

2 L’élite de la cavalerie royale

Pour veiller sur sa Maison, Louis XIII profite de plusieurs régiments de cavalerie permanents créés par les Valois et son père. Mais d’autres ont des origines plus anciennes. Ainsi les Gendarmes Écossais et la 1re Compagnie des Gardes du Corps (Écossaise) sont les héritiers des gardes de Charles VII et de Louis XI et propriété de la famille Stuart depuis près de deux siècles. Durant le règne de Louis XIII, les Gendarmes Écossais sont placés sous le commandement d’un Colonel étranger ; Charles Stuart Prince d’Ecosse (futur Charles Ier d’Angleterre), Jacques II Stuart Duc d’York et Georges Gordon Marquis de Huntley. Ils passeront sous le commandement d’un Français en 1665. Sous Louis XI, sont créées deux compagnies d’archers français à laquelle s’ajoute une troisième sous François Ier. Les trois compagnies françaises et l’Écossaise prendront le nom de Compagnies de Gardes du Corps.
En 1570, Henri de Navarre (futur Henri IV) crée les Chevau-Légers qui sont rétribués (pensionnés) directement par le Souverain. Contrairement à ce que leur dénomination peut laisser croire, les Chevau-Légers forment la Cavalerie lourde. 
Par l’Ordonnance de 1611, Louis XIII place les Gendarmes Royaux dans sa garde et la place avant les Chevau-Légers dans l’ordre de préséance. Enfin en 1622, Louis XIII crée la Compagnie de Mousquetaires dont les hommes se distinguent des autres troupes montées par leur célèbre casaque bleue à croix blanche et leur chapeau large à plumet blanc.

3. Armement et équipement

Hormis les compagnies de Mousquetaires et de Gardes, les cavaliers du Roi de France n’ont pas réellement d’uniforme, chaque homme s’équipant à ses frais. En matière d’équipement, conséquence des réformes de Gassion, si la cuirasse comme le bassinet et l’armet (casques à visière) sont largement utilisés, le complet harnois est de plus en plus abandonné en raison des techniques de charge qui nécessitent de la rapidité, donc un poids moindre à faire supporter par les montures.
En matière d’armement, les cavaliers français n’utilisent plus la lance mais la rapière ou une épée plus courte et plus large, ainsi qu’une arme à feu pour charger.

C. L’Artillerie

Conscient du déclin de l’Artillerie française, Henri IV avait entrepris de la redresser mais lors de la Guerre de Trente Ans, l’artillerie de Gustave-Adolphe de Suède restera la première d’Europe autant du point de vue du matériel que de lemploi. Henri IV décide de placer l’administration et la production des bouches à feu françaises sont sous la responsabilité d’un Grand Maître de l’Artillerie. Sous Louis XIII, les hommes qui occuperont cette charge seront tour-à-tour Maximilien II de Béthune Marquis de Rosny et Prince d’Henrichemont, le fils de Sully (1610-1629), Antoine Coëffier de Ruzé d’Effiat, le père du fameux Cinq-Mars (1629-1634) et Charles de La Porte Duc de La Meilleraye  dit « le preneur de villes » (1634-1646).

Charles de La Porte Duc de La Meilleraye

Charles de La Porte Duc de La Meilleraye

Comme l’explique Michel Decker, Grand Maître de l’Artillerie commande donc à un état-major, aux « services centraux » formés du Commissaire général aux poudres et salpêtres,  du Commissaire général des fontes, du Capitaine général du charroi, du Commandant général des ouvriers et du Maréchal des logis.
Au-dessous de cet état-major arrivent les « départements » (en général les régions de l’Est, des Alpes et maritimes du Royaume) placés sous la direction d’un commandant auquel répondent toute une pléthore de lieutenants provinciaux, commissaires provinciaux (ordinaires ou extraordinaires), des officiers pointeurs, ainsi que des « techniciens » et comptables du matériel.
D’autre part, la production de canons est l’attribut des Fonderies de bronze, arsenaux et poudreries, là encore propriétés directes de la Couronne. Mais le personnel venant bien souvent à manquer, les commandants provinciaux peuvent louer des paysans ou d’autres soldats dont ce n’est pas le métier. En 1621, Louis XIII instaure une indemnité au profit des soldats empruntés.
Du point de vue de l’organisation, les canons français sont regroupés au sein de ce que nous pourrions appeler batteries au sein d’une Armée en Campagne.

Sous Louis XIII, l’Artillerie royale répond encore aux recommandations demploi des « six calibres de France » édictées par Jean d’Estrées Grand Maître de l’Artillerie de Henri II. D’Estrées préconise une répartition d’un tiers de pièces lourdes (en bronze) tirant des boulets de 15 à 30 livres pour deux tiers de pièces plus légères (boulets de 1 à 7 livres). Sous Louis XIII, on vient à ajouter les calibres de 12 et 24 livres. Enfin, le mortier fait aussi son apparition pour les combats de siège mais son utilisation reste fort risquée.

Sources :
JOHNSON Curt : Early Modern Warfare Society, déc. 2007, http://xenophongroup.com
BOIS Jean-Pierre : L’Armée française de l’Ancien Régiment au XVIIe et au XVIIIe siècles, Société des Amis du Vieux Blaye, http://www.vieuxblaye.fr
DECKER Michel : Louvois, l’artillerie et les sièges, 1996, http://www.persee.fr
Les Régiments d’Ancien Régime, http://www.ancestramil.fr

22 novembre 2016
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Histoire & Culture

2 septembre 1970 : Mort du Général Koenig

by Jérôme 14 novembre 2016

Son nom reste indissociable de Bir-Hakeim. Fils d’un facteur d’orgue d’origine alsacienne, Marie Pierre François Joseph Koenig naît à Caen le 10 octobre 1899.
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Après des études secondaires auCollège Sainte-Marie et au Lycée Malherbe. Après avoir obtenu son baccalauréat en 1917, il s’engage dans l’Armée et est versé au 36e Régiment d’Infanterie. C’est avec ce régiment qu’il combat et se distingue dans les Flandres, dans l’Oise et sur l’Ailette, obtenant la Croix de Guerre 1914-1918.

– Après la guerre, il poursuit la carrière des armes au sein du 15e Bataillon de Chasseurs Alpins qui est envoyé en Silésie (1919) pour faire face aux troubles suscités par les Polonais et les unités irrégulières allemandes, avant d’être rapatrié dans les Alpes (1922). Entre-temps, il a obtenu son grade de lieutenant. Puis, il est renvoyé en Allemagne des des unités de renseignement.

– En 1931, devenu capitaine, Pierre Koenig rejoint la Légion Étrangère (4e RE) au Maroc où il participe aux opérations de pacification du Rif soumis aux raids des troupes d’Abd el-Krim. C’est durant cette période qu’il reçoit le surnom de « Vieux lapin », en raison de ses deux grandes incisives.

– Début 1940, Koenig se trouve au Maroc quand il apprend par voie informelle que Raoul Magrin-Vernerey dit Monclar et la nouvelles 13e Demi-Brigade de la Légion Étrangère doivent embarquer pour la Métropole avant de partir pour la Finlande aider la petite armée à lutter contre les Soviétiques. N’ayant pas reçu l’autorisation de quitter le 4e RE, il embarque clandestinement à Alger presque dans les bagages du Capitaine Saint-Hillier qui lui prête main-forte pour l’occasion (J-Chr. Notin). Arrivé en France, Koenig rejoint la 13e Demi-Brigade de la Légion Étrangère qui part s’entraîner en Auvergne. Mais comme ses nouveaux collègues, il apprend que la « 13 » ne part plus pour la Finlande mais pour la Norvège afin de bloquer l’acheminement du fer à l’Allemagne via la Suède.
Koenig participe donc à la bataille de Narvik au sein de la 13e DBLE avant de rejoindre l’état-major du Corps Expéditionnaire que dirige le Général Antoine Béthouart. En juin 1940, après la Norvège, Koenig débarque avec la « 13 » en Bretagne, avant de rembarquer pour l’Angleterre après l’occasion manquée de former un réduit breton délimité par le Couesnon.

– Promu Chef de Bataillon dans les nouvelles forces de la France-Libre, il joue un rôle important dans le ralliement du Gabon avant de prendre le Commandement Militaire du Cameroun. Il doit participer à la campagne d’Éthiopie et d’Érythrée contre les Italiens du Duc d’Aoste mais il tombe malade et l’on doit l’hospitaliser au Caire. Ce sont alors Magrin-Verneret dit Monclar et Dimitri Amilakvari qui mènent les forces françaises à Keren et Massaouah (1941).
– En 1941, Koenig est versé au sein de l’état-major de la 1re Division de la France Libre (DFL – Général Paul Legentilhomme puis Général Edgar de Larminat) qui participe aux combats de Syrie contre les forces françaises restées fidèles au Maréchal Pétain.
– L’année 1942 lui apporte la reconnaissance. Devenu Général de Brigade, il commande la 1re Brigade Française Libre qu’il mène dans les combats de Libye contre l’Afrikakorps germano-italien d’Erwin Rommel. Koenig reçoit l’ordre du commandement britannique de défendre l’oasis de Bir-Hakeim (Le puits du sage), située en plein désert au sud de Tobrouk. Les Britanniques viennent de subir une cuisante défaite qui a vu la destruction de plusieurs brigades, les Français recevant l’ordre de tenir Bir-Hakeim le plus longtemps. Avec l’aide de la 13e DBLE d’Amilakvari, du Bataillon du Pacifique, du Bataillon de l’Oubangui et de Fusiliers-Marins, Koenig réussit sa mission et résiste opiniâtrement au siège mené par Rommel pendant deux semaines. Les Français évacuent alors Bir-Hakeim en forçant le passage dans les lignes italiennes en y laissant toutefois d’importantes pertes. En septembre-octobre 1942, Koenig et ses hommes sont de la bataille d’el-Alamein (flanc sud) où il jouent un rôle de diversion et de fixation des forces ennemies, avec des pertes dont le Colonel Amilakvari qui protégeait la retraite de ses soldats.

– En 1943, il commande la 1re DFL qu’il mène au combat en Tunisie, toujours contre les Germano-italiens.
La même année, il quitte le commandement de la 1re DFL pour devenir chef d’état-major adjoint de l’Armée afin d’organiser avec Alphonse Juin, la fusion (bien souvent houleuse) entre les unités de la France Libre et celles de l’Armée d’Afrique restées jusque-là fidèles au Gouvernement d’Alger. A la fin de 1943, de Gaulle nomme Koenig Représentant du Gouvernement Provisoire de la République Française (GRPF) d’Alger, ainsi que Commandant en chef des Forces Françaises de l’Intérieur. La fusion politique des grands mouvements de Résistance s’étant opérée – non sans heurts – grâce à Jean Moulin, Koenig est chargée de coiffer et coordonner les actions des renseignements et des maquis, ce qui ne se fait guère sans difficultés.

– Le 25 août 1944, Pierre Koenig est aux côtés de de Gaulle et de Leclerc sur les Champs-Élysées à Paris. Dans la foulée, il est nommé Gouverneur Militaire de Paris, fonction qu’il occupe jusqu’à la capitulation allemande.

– Promu Général d’Armée en 1946, il occupe le poste d’Inspecteur en Chef des Forces d’Afrique du Nord. Devenu aussi Député du Bas-Rhin sous la IVe République, il est Président de la Commission de Défense de l’Assemblée Nationale. Il sera aussi Ministre de la Défense dans les Gouvernements Mendès-France et Faure. Il est aussi un ardent défenseur du jeune État Hébreu.

Compagnon de la Libération et membre de l’Académie des Sciences morales et politiques, Pierre Koenig décède à l’Hôpital Américain de Neuilly. Ses obsèques ont lieu en la Cathédrale Saint-Louis des Invalides.


Sources :
– MASSON Philippe (Dir.) : Dictionnaire de la Seconde Guerre mondiale, Tome 1, Larousse, 1980, Parius
– NOTIN Jean-Christophe : Le Général Bernard Saint-Hillier. De Bir-Hakeim au putsch d’Alger, Perrin
– Ordre de la libération (site internet)

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Général Paul Lengentilhomme

Général Paul Lengentilhomme

Fils d’un receveur des contributions directes normand, Paul Louis Victor Marie Legentilhomme voit le jour à Valognes (Manche) le 26 mars 1884. Après sa scolarité, il intègre l’Ecole de Saint-Cyr dans la Promotion « La Dernière du vieux Bahut » en 1905. A sa sortie en 1907, il choisit l’Infanterie et se…

23 mai 2014

Dans « Non classé »

24 octobre 1942 : Mort du Lt-Colonel Dimitri Amilakvari à el-Elamein

24 octobre 1942 : Mort du Lt-Colonel Dimitri Amilakvari à el-Elamein

Né en 1906 dans le Caucase du Nord, issu de l’ancienne famille géorgienne des Sadguinidzé – celle-ci portant le titre d’Amilakvari, équivalent d’écuyer -, Dimitri Amilakvari arrive en France en 1922 après que ses parents eurent fuit la Russie des Soviets. Sorti de Saint-Cyr en 1926 au sein de la Promotion…

24 octobre 2013

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André Maginot

André Maginot

Attaché à la ligne qui porte son nom, symbole de la défaite de 1940, André Maginot reste pourtant une personnalité méconnue. Un bref retour s’impose donc. Il voit le jour le 17 février 1877 à Paris, bien que ça famille soit originaire de Lorraine. Après avoir obtenu sa Licence en…

7 janvier 2014

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14 novembre 2016
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Histoire & Culture

23 mai 1648 : Mort de Louis Le Nain

by Jérôme 14 novembre 2016

Né en 1593 à Laon, fils d’un sergent du bailliage de Picardie, Louis Le Nain commence sa carrière artistique comme apprenti dans un atelier de Paris. Son maître étant peut-être un flamand.

Ses deux frères, Antoine et Matthieu deviennent aussi peintres, ce qui permettra aux trois de monter un atelier réputé à Paris en 1629. Ils signerons ainsi plusieurs toiles sous le même nom, même si certaines sont encore sujettes à hypothèses.

Louis Le Nain, tout comme ses frères, se spécialise dans la peinture de portraits de familles paysannes dans divers environnements et dans une atmosphère grise, tout  en tendant vers le réalisme.

Il peint notamment : L’heureuse famille, La Forge, La famille de la laitière et Le repas des paysans.
Il s’essaie aussi à la peinture religieuse avec Le repos de la Sainte Famille.

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25 mai 1510 : mort du Cardinal d'Amboise

25 mai 1510 : mort du Cardinal d’Amboise

Né en 1460 au château de Chaumont-sur-Loire au sein d’une vieille famille de la noblesse tourangelle, fils de Pierre d’Amboise et d’Anne de Bueil, le brillant Cardinal Georges d’Amboise a été considéré comme un véritable premier ministre durant le règne de Louis XII tel Richelieu (Lucien Bély). Ses frères feront…

25 mai 2013

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7 avril, fête de Saint Jean-Baptiste de La Salle

7 avril, fête de Saint Jean-Baptiste de La Salle

– Fils de la noblesse champenoise devenu prêtre  Immense figure de la Réforme Catholique en France, Jean-Baptiste de la Salle naît le 30 avril 1651 à Reims. Aîné d’une famille de onze enfants, il est le fils de Louis de la Salle, Conseiller au Présidial de Reims et de Nicole…

7 avril 2016

Dans « Figures de l’Eglise »

Maréchal Louis Alexandre Berthier

Maréchal Louis Alexandre Berthier

« Berthier connaissait bien la carte, entendait bien la partie des reconnaissances, soignait lui-même l’exécution des ordres, était rompu à présenter avec simplicité les mouvements les plus composés d’une armée ». Ce sont les mots qu’employait le général Bonaparte lorsque il dut travailler pour la première fois avec Berthier qui allait devenir…

1 juin 2016

14 novembre 2016
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Histoire & Culture

14 juin 1800 : Victoire de Marengo

by Jérôme 14 octobre 2016

Victoire difficile, où Louis Charles Desaix dût se replier face aux assauts autrichien et attendre l’artillerie, Victor, Lannes et la Garde Consulaire (Kellermann) face aux Autrichiens d’O’Reilly dans la défense du village de Marengo.

Après sa victoire sur les Suisses à Zurich, Napoléon passe
le Col du Grand Saint-Bernard et fond sur l’Italie du Nord contre les Autrichiens. Mais il ne peut empêcher le Général Mélas de prendre Savone et d’assiéger Gênes où Masséna s’est retranché, bloqué par les Anglais par la mer, les Autrichiens et des paysans insurgés par la terre. Dans le même temps, plusieurs unités françaises de l’Armée d’Italie étaient stationnées au sud de Marengo, avec les Corps de Victor (divisions de Chambarlhac de Laubespin et de Gardanne) et de Lannes, ainsi que la Cavalerie de Kellermann.

– Mélas laissa dont Ott devant Gênes et lance son armée dans le Var pour talonner Suchet.
De son côté, Bonaparte, après avoir laissé Moreau mener une belle campagne sur le Rhin contre l’Autrichien Kray, décide de se porter en Italie. Il part donc avec une armée qu’il a réorganisée dans le Midi, en mettant l’action sur la mobilité.

– Comptant venir rapidement à bout des Français et partant d’Allessandria, Mélas  scinde son armée en trois forces distinctes : Ott (libéré du siège de Gênes) au nord, avec Friedrich Heinrich von Gottesheim , ainsi que les divisions von Schellenberg et de  von Vogelsang ; O’Reilly au sud et Mélas lui-même au centre avec la force la plus importante (divisions de Hadik von Futak, von Kaim, von Morzin et Anton von Elsnitz). Notons que pour tromper Bonaparte, les Autrichiens dépêchèrent auprès de lui l’espion François Toli, censé lui livrer de fausses informations, ce qui fonctionnera dans un premier temps.

Claude-Victor Perrin, dit Victor

– Le 14 juin, l’avant-garde d’Ott formée par la colonne de Frimont atteint les lignes de Victor qu’elle repousse sur les fermes de Pedrabona et de Stortiglione. Par son mouvement, Ott menace directement les communications françaises vers Milan. Cependant, au centre, Mélas tente de forcer les lignes françaises mais les fantassins de la Division Gardanne réussissent à contenir la pression en combattant sans relâche, ce qui provoque un retard dans l’exécution du plan du général autrichien. Epuisés, les fantassins de Gardanne sont immédiatement relevés sur ordre de Victor par les troupes de Chambarlhac, alors que Melas se porte sur les positions françaises et décide d’engager les divisons de Hadik von Futak et Kaim. Sauf que là encore et malgré un appui d’artillerie, les Autrichiens sont repoussés par les tirs français, en grande partie en raison de leur difficulté à manœuvrer dans un terrain transformé en bourbier par les pluies.

Michael von Melas

– Du côté français, Jean Lannes avait mit son Corps en marche, pendant que François-Etienne Kellermann (fils de l’homme de Valmy) vint renforcer les forces de Victor avec sa cavalerie.
Von Melas décide alors d’envoyer les Grenadiers de Morzin, des troupes d’élite, enlever les positions françaises à Marengo. Cependant, le général autrichien commet l’erreur de se séparer des Hussards de von Nimpsch qu’il expédia barrer la route à Suchet que des Autrichiens avaient cru voir approcher de Marengo depuis Acqui Terme.

– Bonaparte comprend alors le but de la manœuvre autrichienne et envoya Lannes couvrir le flanc droit français face à la division de von Kaim qui a franchi le Fontanone au nord de Marengo. Lannes envoie l’infanterie de Watrin barrer le passage à l’Autrichien qu’il repousse pour traverser le Fontanone à son tour… et être lui-même repoussé par les canons de von Kaim. Toutefois, sur le flanc gauche Kellermann et ses cavaliers – et en particulier le 8e Régiment de Dragons – écrasent la Brigade de Pilati. Ott lance sa colonne contre les Français pour se faire d’abord stopper par Champeaux qui est tué dans l’action à Castel Ceriolo, avant de s’emparer du village.
Ces combats confus profitent à Bonaparte qui débouche depuis la plaine de la Sale, avec la réserve commandée par Louis Antoine Dexaix. Ce dernier envoya immédiatement la Divison Monnier renforcer Lannes plutôt que Victor (qui manque sérieusement de munitions) car c’était là que se jouait la bataille.

 

François-Etienne Kellermann

 

– Mais après un redéploiement, Von Melas, Ott et O’Reilly relancent leur assaut vers le Fontanone et le troisième reprit Stortiglione pendant que les Grenadiers de von Lattermann disputent Marengo aux fantassins de La Raffinière, qu’ils enlevèrent vers 14h00. De leur côté, Ott et Frimont repoussent Monnier. Bonaparte expédia alors la Garde Consulaire et les restes de l’infanterie de Champeaux (6e de Ligne) qui s’en prennnent à l’avant de la colonne autrichienne et anéantirent complètement les forces de Frimont.

– Les Français reculent de trois kilomètres pour, à San Giuliano pour faire face à la masse autrichienne qui menaçait encore de les submerger.
Sauf que Bonaparte reçoit le message que Desaix arrivait en trombe avec ses 9 000 hommes (reste de la Division Monnier et toute la Division Boudet). Bonaparte déploya la Réserve de Desaix à l’entrée nord de Marengo, pendant qu’Auguste de Marmont déploie son artillerie pour pilonner les colonnes ennemies commandées par le Général Zach. Là encore, les combats s’avèrent indécis face aux Cavaliers et aux Grenadiers Autrichiens.

Louis Charles Antoine Desaix

– Le Premier Consul ordonne alors à Desaix de charger à la tête de la cavalerie, avec Kellermann. Les deux généraux se ruent sur les Grenadiers de von Lattermann qui se firent tailler en charpie. Ce fut le tournant de la bataille, Zach et 2 000 de ses soldats se font capturer par l’Armée française, endeuillée par la mort courageuse de Desaix qui s’était retrouvé isolé du reste de ses cavaliers.
Dans le même temps, Kellermann repousse sans ménagement les Dragons du Liechtenstein qui, dans leur retraite à bride abattue enfoncent plusieurs rangs de leur propre armée, les Français à leurs talons. Par conséquent, tout le reste de l’Armée de von Melas décide de prendre la fuite pers Alessandria, laissant 6 500 tués, 8 000 prisonniers et 15 drapeaux de Régiment. Les Français doivent compter 4 700 tués, dont un valeureux général et 900 blessés.

– Marengo eut pour conséquence de forcer les Autrichiens à quitter le Milanais après la Convention d’Alessandria et servit grandement la propagande de Bonaparte auprès des institutions du Consulat.

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31 mai 1809 : Mort du Maréchal Jean Lannes à Essling

31 mai 1809 : Mort du Maréchal Jean Lannes à Essling

Avec Davout  il fut l’un des seuls Maréchaux d’Empire restés invaincu et demeure sans conteste l’un des plus grands chefs de la Grande Armée. Connu pour sa fougue qui lui venait de ses profondes racines gasconnes et reconnu pour ses qualités de tacticiens et de manœuvrier, Jean Lannes représente aussi…

31 mai 2016

Dans « Grande Armée »

Maréchal André Masséna Duc de Rivoli

Maréchal André Masséna Duc de Rivoli

Né en 1758 en Corse, enfant turbulent, André Masséna devient d’abord mousse à quatorze ans avant d’intégrer le Régiment Royal-Italien en 1777 comme simple soldat. Gravissant les grades au sein de son régiment, Massénarejoint les rangs de la Révolution et combat dans le 2e Régiment du Var (Division Charton) et…

4 avril 2016

Dans « Grande Armée »

Maréchal Claude-Victor Perrin dit Victor

Maréchal Claude-Victor Perrin dit Victor

Fils d’un huissier royal, Claude-Victor Perrin voit le jour à Lamarche dans les Vosges le 7 décembre 1764. A dix-sept ans, il s’engage dans l’Armée du Roi et est incorporé comme Tambour au Régiment d’Artillerie de Grenoble. En 1791, il s’engage dans la Garde Nationale et gravit les échelons rapidement.…

1 mars 2016

Dans « Grande Armée »

14 octobre 2016
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Histoire & Culture

Maréchal Honoré Charles Reille

by Jérôme 14 octobre 2016

Honoré Charles Michel Joseph Reille voit le jour le 1er septembre 1775 à Antibes au sein d’une famille bourgeoise. Se sentant une vocation pour la carrière des armes, le jeune Reille entre à quatorze ans seulement comme volontaire au sein de la Garde Nationale d’Antibes.
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– En 1791, il intègre le 1er Bataillon de Volontaires du Var qui est envoyé un an plus tard dans l’Armée du Général Dumouriez. Reille combat alors durant la
campagne de Belgique contre les Impériaux, notamment à Rocoux, Liège et Neerwinden. Grâce à son courage, il obtient le grade de Lieutenant. En 1793, il sert au siège de Toulon et rencontre le Général André Masséna. En 1796, promu Capitaine, Reille suit Masséna comme aide de camp en Italie. Durant la campagne de 1796-1797, il se distingue à Montenotte, Dego, Lodi, Rivoli, Ballano, San Giorgio, sur la Brenta, Caldiero, Arcole, à la Favorite, à Belluno et à Tarvis. En 1797, il est promu Chef d’Escadron au 15e Régiment de Dragons. Il acquiert alors la réputation d’un officier courageux et intrépide, minutieux mais aussi simple et accessible pour ses subordonnés.

– Toujours aide de camp de Masséna en 1799, Honoré Charles Reille est promu Adjudant-Général à l’Armée d’Helvétie. Il effectue toute la reconnaissance des passages sur le Rhin, dans les Grisons et au Lac de Constance. Il combat ensuite à Coire, Feldkirchen, Zurich et Schwitz. Il prend la tête de la Division Oudinot quand son chef est blessé. Après avoir traversé le Limat, il fait son entrée le premier dans Zurich. Cependant, lors de l’offensive du Général Russe Aleksandr V. Souvorov en Helvétie, Masséna doit replier ses forces et c’est l’Adjudant-Général Reille qui retient les forces ennemies dans le Muttenthal. En 1799 toujours, lors du blocus de Gênes, il reconnaît toutes les positions ennemies entre Nice et le Mont-Cenis qui permet au Général Bonaparte de mener sa campagne. Il se distingue ensuite en forçant le blocus anglais. En 1800, il s’illustre au Monte Creto avant de prendre le commandement des forces françaises à Florence.

– Promu Général de Brigade en 1803, Honoré Charles Reille sert ensuite au Camp de Boulogne. Passé maître dans les opérations de reconnaissance, Reille reçoit l’ordre de Napoléon de reconnaître la Bavière et l’Autriche. En 1804, il est nommé Inspecteur des forces de retour de Saint-Domingue. Ensuite, il est nommé commandant en second des troupes partant pour les Antilles, sous le commandement du Général de Lauriston. Mais après la bataille du Cap Finistère, il quitte la flotte à Cadix et retourne en France. Lors de la campagne d’Autriche. Après avoir participé à l’occupation en Haute-Autriche. En 1806, il est placé à la tête d’une brigade de la Division Suchet qui compose le 5e Corps du Maréchal Lannes. Honoré Charles Reille combat donc à Saalfeld et Iéna contre les Prussiens, à Pultusk contre les Russes. Durant cette bataille, il replace le Général Gudin à la tête de sa division, défend efficacement la petite ville d’Ostrolenka en mettant plus de 1 000 soldats ennemis hors de combat et enfonce le centre russe. Suite à cette action, Reille est choisi par l’Empereur pour être son être de camp. Il est aussi élevé au rang de Comte d’Empire.

– Commissaire en Toscane en 1807, il est envoyé ensuite en Catalogne. Il y brise le siège de Figuières et s’empare de Roses. Après un détour en Zélande, il participe à la campagne du Danube de 1809, combat à Essling et commande les unités de la Garde Impériale qui soutiennent l’artillerie de Lauriston contre les Autrichiens.
Après un passage en Zélande pour prévenir d’un débarquement anglais, le Général Reille repart en Espagne comme Gouverneur de la Navarre. En 1810, il bat le Général espagnol Francisco Espoz Mina au Carascal et à Serrin. Il assiste ensuite le Général Louis Suchet lors du siège de Valence qui tombe. Commandant du Corps de l’Ebre en Arragon sous les ordres de Suchet, il reçoit ensuite le commandement de l’Armée du Portugal. Il évacue celle-ci vers l’est en 1812 avant de participer à la défaite de Vitoria. Toutefois, Reille résiste à 20 000 Anglo-Espagnols et Portugais avec 7 000 hommes seulement. Commandant l’aile droite de Suchet en 1813, il combat encore sur la Bidassoa, en Navarre, à Orthez et sous le commandement de Soult à Toulouse.

– Au moment de la Restauration, le Général Reille se retire temporairement de la vie militaire et en profite pour épouser Victoire Thérèse Thècle Masséna Princesse d’Essling, ce qui fait de lui le gendre du Maréchal Masséna. Ils auront un fils, Gustave Charles Reille, né en 1818.

– Lors des Cent-Jours, Reille rallie l’Empereur qui lui confie le commandement du 2nd Corps. Il a alors sous ses ordres cinq divisions : 5e (Bachelu), 6e (Prince Jérôme), 7e (Girard), 9e (Foy) et 2nde Division de Cavalerie Légère (de Piré).  En juin 1815, il combat au Pont et à la Ferme des Quatre-Bras. Placé sous les ordres de Ney à Waterloo, Reille ne parvient pas à s’emparer de la ferme d’Hougoumont, fermement tenue par les Anglais en raison d’une discipline de feu hasardeuse et d’un manque d’appui d’artillerie. Deux chevaux sont tout de même tués sous lui. Avant la charge de Ney contre le Mont Saint-Jean, il est avec Milhaud de ceux qui conjurent à Napoléon de ne pas lancer un assaut monté, en vain.

– Après Waterloo, Reille se retire de tout commandement. Mais en 1819, Louis XVIII lui octroie la dignité de Pair de France, ainsi que l’Ordre de Chevalier de Saint-Louis. Il et obtient aussi la charge de Gentilhomme de la Chambre du Roi. Membre du Conseil Supérieur de la Guerre en 1828, il devient ensuite Président du Comité de l’Infanterie et de la Cavalerie. En 1847, Louis-Philippe lui octroie le bâton de Maréchal de France. Il s’éteint sous le Second Empire à Paris le 4 mars 1860. Il aura connu huit régimes et en servi six.

Source :
– http://www.napoleon.org

 

 

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Soixante-dix ans de la campagne de Lorraine – Neuvième partie

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V – LE XXth CORPS TENTE DE PRENDRE METZ

1 – Échec devant le Fort Driant 

– Fin septembre, la 90th Infantry Division retourne à l’attaque contre le secteur du Fort « Jeanne d’Arc ». Baptisée « Thunderbolt », l’opération mis au point par le Major.General McLain consiste à exercer une poussée en force vers l’est depuis le sud de Gravelote et franchir le secteur de l’ouvrage « Jeanne d’Arc ». Pour donner de la force à son attaque, McLain déporte le 358th Infantry Regiment du nord au centre, en le relevant par la Task Force Polk (le 3rd Cavalry Group renforcé). Au centre, une journée plus tôt, le 359th Infantry du Colonel Robert L. Bacon avait déjà commencé à combattre pour dégager la route entre Gravelotte et la Ferme de Saint-Hubert. Mais en dépit de leurs efforts, les hommes de Bacon buttent sur une bonne défense. Mais plus grave, le stock d’artillerie alloué aux quatre bataillons d’artillerie de campagne de la Division sont bas et doivent être drastiquement rationnés. Du coup, McLain doit abandonner son plan. Au début du mois d’octobre, le front de la 90th Infantry Division reste calme et la Division en profite pour se reposer tout en affrontant le mauvais temps automnal qui s’abat sur la Lorraine.
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– Raymond S. McLain ne reste pas inactif pour autant et dresse un plan d’attaque sur une « grande échelle ». Il prévoit d’exercer une triple pression en force : le 357th Infantry du Colonel Barth doit enfoncer le flanc nord de la tête de pont allemande pour prendre Maizières-lès-Metz, pendant que les 358th  et 359th Infantry forceront les positions de l’ouvrage « Jeanne d’Arc » et enlever le Fort Driant de vive force.
En outre, au sein de l’état-major du XIIth Army Group, décision est prise de détacher la 7th Armored Division du XXth Corps pour l’attribuer à la Ist Army de Hodges décide Patton à abandonner définitivement le contournement de Metz par l’est.  Même si Patton et Walker ne peuvent se résoudre à abandonner, ils doivent se rendre à l’évidence ; la 5th Infantry Division d’Irwin – déjà fatiguée et saignée – n’a pas les moyens de tenir à la fois la ligne le long de la Moselle, tout en lançant un assaut contre le Fort Driant. Les unités d’Irwin se replient sans incident à l’ouest de la Seille et sous la protection de l’artillerie, tout en abandonnant Corny et Pournoy-la-Chétive dont la prise leur avait tant coûté. Mais le combat est loin d’être terminé pour la Division « Red Diamond », puisqu’elle reçoit la mission difficile de s’emparer du « Fort Driant » qui donne du fil à retordre à tout le XXth Corps.

– Walker décide de consacrer ses efforts à la prise du Fort Driant (rebaptisé « Kronprinz » par les Allemands). Les Américains ne connaissent grosso modo que le plan d’ensemble du Fort grâce aux photographies aériennes et non les détails comme les connexions avec les fortins alentours. Mais ils ont pu mesurer l’importance tactique qu’il représente grâce à sa position en hauteur et à son artillerie qui protège les approches le long de la Moselle. Construit en 1902 pour protéger Metz alors allemande, il a été tour à tour modernisé entre 1918 et 1944. Sa principale fortification culmine au sommet d’un massif boisé haut de 360 m. L’ouvrage principal est flanqué par quatre casemates armées de canons de 100 ou 150 mm, tandis que l’abord sud du fort est protégé par la Batterie « Moselle » consistant en trois canons de 100 mm placés sous tourelle. Enfin, l’ensemble de l’ouvrage était creusé en différents étages chacun doté d’un système d’aération et de tunnels, alors que l’extérieur est copieusement enlacé de fils barbelés. Von Knobelsdorf, commandant de la 1. Armee, prend soin d’approvisionner les défenseurs du « Driant » en eau, en munitions et en armes.

– Du côté américain, la mission de prendre le fort échoit au 2nd Infantry Regiment du Colonel Worrell A. Roffe et au 11th Infantry Regiment du Colonel Charles W. Yuill. L’état-major de Yuill et le renseignement de la Division doivent d’abord monter le plan d’assaut à l’aide de cartes au 1 : 50 000, avant qu’un officier du renseignement ne mette la main sur une carte du secteur de Metz au 1 : 20 000. De plus, un officier fournit aux Américains les plans des travaux de l’ouvrage qu’il avait cachés en 1940. Mais ses précieux renseignements n’arrivent sur la table de l’état-major de Yuill que le 29 septembre seulement.
280px-Map_Of_Driant– Le 29 septembre donc, alors que les P-47 d’Otto P. Weyland matraquent le Fort Driant à l’aide de bombes de 1 000 livres et de napalms, le Major.General Leroy S. Irwin donne le signal du départ. Malheureusement – une fois de plus – la pluie de bombes déversées par les appareils d’attaque n’entament guère les défenses du Fort Driant, ni même les canons. Les obusiers de 155 mm du 21st Field Artillery Battalion et les Tank Destroyers pilonnant les positions allemandes en tir tendu n’ont pas davantage de succès.

– A l’heure H, l’E Company du 11th Infantry s’élance dans les pentes boisées sous le couvert d’un écran de fumée fourni par les mortiers de 4.2 inches. La G Company et une compagnie du 818th Tank Destroyer Battalion suivent. Mais les Allemands ripostent très vite à l’arme légère, au mortier et à la mitrailleuse. Le combat dure pendant tout le reste de l’après-midi. Les Tank Destroyers tentent en vain d’entamer les embrasures abritant les mitrailleuses, en vain. A 18h30, Irwin donne l’autorisation à Yuill de retirer ses hommes, même si dix-huit hommes seulement ont été perdus.

– Le 30 septembre, Patton vient se rendre compte de la situation auprès de Walker et d’Irwin. Etonnement par rapport à sa réputation d’audacieux fonceur, il ne force absolument pas Irwin à se casser les dents sur le Fort Driant. Il l’autorise même à prendre davantage de repos, vu qu’un arrêt des opérations est prévu en octobre. Mais Harris W. Walker ne se montre pas aussi complaisant. Il insiste auprès de son subordonné pour que chaque Colonel et Commandant de Bataillon fasse montre d’une plus grande agressivité dans l’assaut. Irwin lui rétorque que les difficultés rencontrées par sa division sont plus grandes que ce qui avait été anticipé. Et il rappelle au commandant du XXth Corps que les photos aériennes ne montraient aucun emplacement de mitrailleuse ou de fils barbelés autour du fort. Lors d’une visite d’Eisenhower à Etain (PC de Patton), le commandant en chef allié défend l’idée de reporter l’assaut général pour reposer et ravitailler convenablement les unités. Patton estime quant à lui que l’on peut lancer des opérations localisées à condition de bénéficier du ravitaillement et des munitions adéquates, ce qui est le cas début octobre. Mais Irwin n’est pas d’accord et estime que sa division a encore besoin de repos et d’entraînement, convaincu que le Fort Driant doit être pris par une manœuvre d’encerclement. Or, pour se faire les troupes manquent, même si la 83rd Infantry Division (Robert C. Macon) commence à arriver en renfort.

– Cependant, l’état-major de Walker travaille minutieusement pour réussir la prise du Fort et amasse une importante réserve de munitions. Il ressemble aussi différents nouveaux équipements sortis des dépôts du Génie. Deux types d’engins sont particulièrement sélectionnés ; le Tank Dozer (un Sherman équipé d’une lame de bulldozer), adapté à l’attaque de fortifications et le « Snake » (« Serpent), consistant en un long tube d’acier chargé d’explosif pour faire exploser les fils barbelés. Le « Snake » n’étant pas évidemment sans rappeler la torpille « Bangalore » utilisé en Normandie. Enfin, toute l’artillerie du XXth Corps vient se placer en soutien de la 5th Infantry Division.

Bombardement du Fort Driant par les Thunderbolt du XIX TAC

Bombardement du Fort Driant par les Thunderbolt du XIX TAC

– C’est le 2/11th Infantry qui est désigné pour l’assaut avec le concours de la B Compagny du 1/11th et de 12 chars du 735th Tank Battalion. L’attaque doit s’effectuer par le nord-ouest et le sud-ouest du Fort. Les chars, les Tank Dozers et les éléments du Génie sont répartis à égalité auprès des compagnies d’assaut. Leur progression sera aussi couverte par les mortiers de 4.2-inch du 81st Chemical Mortar Battalion chargé de recouvrir la vallée entre Driant et Ars-s/-Moselle. La IXth Bombardment Division du Major.General Samuel E. Anderson assure l’appui aérien mais ses appareils ne pourront entrer en action que sur le coup de 12h00 en raison du mauvais temps matinal.
– L’assaut démarre en tout début d’après-midi avec l’entrée en action des équipes de « Snakes » et de l’artillerie qui tire des obus à haute capacité explosive. Les lignes de fils barbelés sautent. Ensuite, les Tank Dozers ouvrent la marche devant l’Infanterie mais les engins sont bientôt victimes de pannes mécaniques. La E Company/11th Infantry  est stoppée par un intense tir de barrage mais la B Company a plus de chance, puisqu’elle réussit à s’approcher de l’ouvrage principal par le sud sur le coup de 14h00. Appuyés par les chars, les GI’s et les équipes du génie procèdent méthodiquement à nettoyer les blockhäuse à coups de TNT, tout en forçant les défenseurs allemands à se retrancher dans les tunnels. Mais les charges posées entament difficilement les murs de béton. Sur le côté nord, les Allemands résistent bien et forcent la Compagnie de réserve du 2/11th à se replier et des « casseurs de chars » réussissent à mettre quatre Sherman hors de combat.

– Le 4 octobre durant la matinée, le Major.General Irwin ordonne au Colonel Yuill de s’accrocher au secteur du fort et d’étendre sa ligne, puis il envoie la K Company/2nd Infantry Regiment pour stabiliser la ligne. De vaines tentatives sont effectuées à l’aube pour percer la partie centrale du fort avec des lance-flammes et des explosifs, sous la menace sérieuse des tireurs d’élites allemands. Dans la nuit du 4 au 5, les défenseurs allemands ont encore l’audace d’effectuer une sortie contre leurs assaillants qui se solde dans un combat confus. Au matin du 5 octobre, les forts ceinturant le « Driant » ouvrent un feu d’enfer sur les Américains. Les observateurs d’artillerie du XXth Corps tentent de localiser les tubes ennemis dans la brume mais la contrebatterie ne donne pas de grands résultats. Deux obusiers allemands pilonnent allègrement le bois faisant voler les arbres en éclat. L’effet est dévastateur pour les deux compagnies d’assaut du 11th Infantry. En milieu d’après-midi, elles sont réduites à une simple force combinée. Mais Irwin ne veut pas céder, il confie une Task Force au commandement de son commandant-adjoint, le Brigadier.General Alan D. Warnock afin de casser définitivement la noix dure.

– Pendant la nuit du 5-6 octobre, le 1/10th Infantry (sans sa A Compagny) vient se placer sous le commandement de Warnock en remplacement des deux compagnies éprouvées. Par chance, les tirs allemands baissent en intensité, permettant à la relève de s’effectuer dans de bonnes conditions. A 11h00, le 3/2nd Infantry (sans ses I et K Coys) se joint à la TF Warnock, ainsi que tout le 7th Combat Engineer Battalion.
Le 7 octobre, Warnock relance un assaut général avec l’objectif de rejeter les Allemands de la partie sud-est du Fort, en profitant de la prise d’une portion de tunnel qui mène sous les casemates du même secteur.

Patton remettant une décoration au Brigadier.General Alan D. Warnock

Patton remettant une décoration au Brigadier.General Alan D. Warnock

– L’attaque démarre à 10h00 avec le 1/10th Infantry. Une compagnie de fusiliers s’avance lentement par l’ouest durant une marche d’approche de quatre heures et réduit au silence trois nids de mitrailleuses. Mais la tentative échoue en raison d’un violent tir croisé et d’une sortie des défenseurs allemands survenue à 16h15. Mais une section avait réussi à s’infiltrer dans l’un des tunnel, fermé par une porte en fer. Le génie fit sauter la porte mais il était encore bloquer par de vieilles machines. Pendant la nuit, grâce à des explosifs, les Américains réussissent à percer le tunnel mais ils sont repoussés par des défenseurs allemands abrités par derrière des sacs de sable. La situation reste confuse durant les 8 et 9 octobre. Irwing et Warnock ont déjà perdu 506 hommes dans l’affaire et l’ensemble des unités de la TF sont désorganisées.

– Tôt dans la matinée du 9, le Lieutenant.General Hobart R. Gay, représentant de Patton, Walker, Irwin et Warnock se réunissent. Warnock propose – quelque peu naïvement (H. McCole) –  qu’un nouvel assaut sera trop coûteux et qu’il vaudrait mieux dépasser l’ouvrage. Mais ce plan qui nécessite l’addition de quatre bataillons supplémentaires. Gay ordonne alors que les pentes du fort soient évacuées et que l’opération soit abandonnée. L’évacuation a lieu dans la nuit du 12 au 13, sans coup férir. Elle s’achève sur un fiasco tactique qui a encore épuisé moralement une partie des hommes de la 5th Infantry Division.

Major.General Otto P. Weyland, commandant du XIX TAC

Major.General Otto P. Weyland, commandant du XIX TAC

P-47 Thunderbolt, largement utilisé en Lorraine

P-47 Thunderbolt, largement utilisé en Lorraine

2-  L’attaque de la 90th Infantry Division à Maizières-lès-Metz

– La volonté de Patton de poursuivre des offensives aux objectifs limités découle de la nécessité de sécurisé des secteurs avantageux qui permettront de reprendre l’offensive après la pose. Sur le flanc nord du XXth Corps, le moyen le plus rapide de s’approcher de Metz consiste à saisir la route Thionville – Metz qui traverse toute la plaine entre la Moselle et les collines à l’ouest. En septembre, les opérations de la 7th Armored Division et de la 90th Infantry Division ont permis d’approcher Maizières-lès-Metz par le sud. Il s’agit d’une ville minière de 5 000 habitants située à 6 km du centre de Metz. La capture de Maizières-lès-Metz permettrait aux Américains, non seulement de se constituer une base solide sur un tronçon de la route Metz-Thionville, mais aussi de tourner les solides positions allemandes à l’ouest de Metz.

– Le 24 septembre déjà, McLain proposait que son 357th Infantry Regiment  du Colonel George H. Barth (ligne Talange – Saint-Privat) lance une attaque limitée dans le secteur de Maizières-lès-Metz dans le but de s’entraîner à l’attaque de fortifications.
Du coup le 3 octobre, alors que la 5th Division commence à se casser les dents sur le Fort Driant, 2 compagnies du 357th Infantry emmenées par le Major. Jack W. Ward déclenchent une attaque surprise à l’ouest de Maizières depuis le Bois de l’Abbé. Au prix de seulement quatre hommes perdus, les 2 compagnies s’assurent le contrôlent d’une longue crête dominant la ville. Le 6, la TF Polk vient relever le reste du 357th Infantry, permettant ainsi à McLain de procéder à la prise de Maizières. L’attaque est planifiée pour le 7 octobre avec le E Company (2nd Battalion) en tête pour pénétrer dans la ville par le nord-ouest depuis la route de Bronvaux. Dans son sillage, la G Company doit basculer vers le sud pour nettoyer la zone industrielle à l’ouest de la voie-ferrée Thionville – Metz, considéré comme le point fort de la résistance ennemie. Heureusement pour les Américains, les Allemands les aident malgré-eux en déclenchant une sortie avant l’aube pour dégager les deux compagnies de Ward qui les repoussent sans ménagement. La E Company bondit alors de ses positions sous le couvert des tirs de 2 Artillery Groups. La partie nord de la ville est rapidement conquise et les GI’s s’établissent solidement dans la zone industrielle. Mais leur avance est stoppée par des mines et des tireurs d’élite. Les Allemands expédient en hâte des renforts à la garnison, soit des éléments du Grenadier-Regiment 73 (19. VGD). Chaque maison – solidement construite – a été transformée en petit fortin avec sacs de sables et fils de fer barbelés. S’engage alors un violent combat urbain rue par rue, maison par maison. Le 8 octobre, le 2/357th Infantry progresse méthodiquement et lentement dans la zone industrielle et vers le centre-ville, en utilisant des charges de démolition et des lance-flammes, avec des Howitzer et des chasseurs de chars usant du tir tendu. Les mortiers de 4.2 inch maintiennent un rideau de fumée à la bordure sud de Maizières pour y aveugler les postes d’observation ennemis. Une section de chars est aussi envoyée en appui par le nord en profitant d’une zone déminée. Mais l’étroitesse des rues comme la présence de Panzerknäcker (« casseurs de chars ») armés de RPbZ-43 « Panzerschreck » et de Panzerfäuste rend l’utilisation des bindée risquée, ce qui explique le rôle mineur qu’ils vont jouer.

Insigne du 357th Infantry Regiment

Insigne du 357th Infantry Regiment

– Le 11 octobre, les Américains sont moins optimistes. George H. Barth informe McLain qu’il faudra 2 bataillons supplémentaires pour faire tomber Maizières. Mais McLain n’a rien à donner à Barth et le mieux que le Colonel puisse faire est de simplement relever son 2nd Battalion fatigué par huit jours de combats discontinus, par le 3rd durant la nuit du 12 au 13. Pire encore, l’état-major de la IIIrd Army informe McLain que les munitions qui sont fournies à l’artillerie d’appui – notamment aux pièces de 3-inches – vont être rationnées. McLain ne commandera pas la suite des opérations car il est promu à la tête du XIXth Army Corps (IXth Army) en remplacement de Charles H. Corlett. Le commandement de la « Tough & Ombres » revient alors au Brigadier.General James A. Van Fleet, ancien camarade de promotion de Bradley et d’Eisenhower à West Point. Mais Van Fleet a aussi commandé l’assaut du 6 juin sur Utah Beach à la tête du 8th Infantry Regiment et s’est distingué dans les combats urbains de Cherbourg.

– La ligne de front à l’intérieur de Maizières-lès-Metz reste calme, même si le 20 octobre, un Long Tom (155 mm) autoporté s’approche d’environ 140 m de l’Hôtel de Ville et y canonne les défenseurs allemands de dix coups, avant que la K Company du 357th ne s’attaque à l’édifice pour se faire repousser. Un nouvel assaut a lieu le lendemain avec plusieurs groupes de 10 hommes appuyés par des lance-flammes mais il tourne au jeu de massacre.

– Cependant, la IIIrd Army assure à McLain que sa division recevra l’appui nécessaire en artillerie pour reprendre son offensive en novembre elle est devenue prioritaire pour la prise de Metz. De son côté, bien que blessé, le Colonel Barth ne reste pas non plus inactif. Les 28-29 octobre, sans préparation d’artillerie, 6 compagnies manœuvrent au nord et au sud de l’Hôtel de Ville transformé en vulgaire tas de ruines par les obus de 240 mm et les mines explosées par les défenseurs qui ont évacué les lieux. Les seuls occupants que les GI’s trouvent le 29 sont quelques cadavres de soldats allemands.

– Le 30 octobre, le 357th Infantry tient presque tout Maizières et les approches du sud, même si les Allemands conservent des points d’observation au sud-ouest. Finalement, les pertes américaines ont été assez légères. Outre Barth, le 357th accuse la perte de seulement 55 officiers et soldats, bien en deçà des pertes allemandes. Barth, qui a mené son régiment de la Normandie à la Lorraine, part en repos pour laisser son commandement au Colonel Julian H. George.
Une fois de plus, les Américains ont pu démontré qu’une ville bien défendue pouvait être prise grâce à une bonne planification, une bonne coordination et une infanterie bien formée qui peut faire la différence avec un usage immodéré de l’Artillerie.

3 – Sur l’aile nord du XXth Corps

– Le renforcement de l’aile droite du XXth Corps est rendue possible par l’arrivée dès le 21 septembre de la 83rd Infantry Division « Thunderbolt » du Major.General Robert C. Macon, détachée du VIIIth Army Corps. La « Thunderbolt » a connu un baptême du feu particulièrement sanglant dans le bocage normand en juillet mais elle s’est emparée de Saint-Malo en août. Seulement, ses effectifs ont été complétés par un important apport de remplaçants qui ont encore besoin d’être formés au combat.
Les troupes de Macon prennent alors positions tout au nord du XXth Corps, soit à la jonction avec le Vth Corps (IXth Army). Patton avait déjà envisagé de lancer la 83rd Division derrière la Moselle à Remich, à mi-chemin de Thionville et de Trier, quand sont tombés les ordres du SHAEF de placer la IIIrd Army. Le 25 septembre, Macon dépolie un Regimental Combat Team sur la rive ouest de la Moselle près de Remich, ce qui permet à la TF Polk de se porter au sud de Thionville et de « libérer » le 358th Infantry, comme nous l’avons montré plus haut.

Insigne de la 83rd Infantry Division "Thunderbolt"

Insigne de la 83rd Infantry Division « Thunderbolt »

– La mission de la 83rd « Thunderbolt » se limite alors à nettoyer le saillant à l’ouest de Trier formé par la Moselle et la Sauer. Ce secteur n’est pas solidement tenu, la majeure partie des troupes allemandes s’étant repliée à l’est de la Moselle et au nord de la Sauer. Mais des détachements d’arrière-garde sont maintenus dans la petite tête de pont du Luxembourg, notamment à Echternach et Grevenmacher. Macon ordonne à deux de ses régiments de se préparer mais en ne mobilisant qu’une à deux compagnies chacun. Les autres compagnies connaîtront un entraînement à l’assaut des positions fortifiées dans les secteurs de la Ligne Maginot abandonnés par les Allemands. Le 1er octobre, la C Company/329th Infantry Regiment atteint les abords de Grevenmacher mais dépense quatre jours pour en rejeter l’ennemi solidement établi dans des maisons en pierre, avec l’appui de l’Artillerie et des chasseurs-bombardiers. Le 3/329th doit quant à lui combattre pendant près d’une semaine pour dégager Echternach, qui tombe le 7 grâce à un assaut coordonné avec les chars du 774th TB (Lt.Col. N.K. Markle Jr.). Le même jour, le 331st Infantry du Colonel Robert T. Foster chasse l’ennemi de Wormeldange au nord de Remich, mettant ainsi fin à toute présente de l’Armée allemande à l’ouest de la Moselle. Sauf que les trois villages se retrouvent assez vite sous la menace des canons allemands.

– Cependant, le 11 octobre, la 83rd Infantry Division repasse sous l’autorité du VIIIth Corps  de Middleton, à la jonction du flanc sud de la IXth US Army et du flanc nord de la IIIrd Army, soit au sud de Sierck-les-Bains. Durant le reste du mois d’octobre, la TF Polk reprend ses missions de patrouille et de surveillance sur la rive gauche de la Moselle, tout à la gauche de la IIIrd Army.


4 – La stabilisation du centre de la IIIrd Army (XIIth Corps)

– Lorsque l’avance de la IIIrd Army est stoppée à la fin du mois de septembre, le XIIth Army Corps d’Eddy conserve une position défensive favorable en dépit des difficultés de la 35th Division dont il était question plus haut. Le 3 octobre, le centre et le flanc droit (sud) d’Eddy sont définitivement consolidés. Toutefois, sur le flanc gauche, la 80th Infantry Division de McBride ne parvient pas à réduire les dernières défenses allemandes le long de la Seille entre Serrières et Moivron. McBride tente de régler définitivement la question en jetant la masse principale de sa division sur la partie du sud de saillant entre Moivron et Jeandelaincourt mais rien n’y fait. La défense acharnée de la 559. VDG a raison des efforts américains.

– Le 1er octobre, suivant les ordres de Patton, la 80th Division débute une série de petites attaques localisées pour réduire les secteurs avancés de la résistance ennemie à l’ouest de la Seille, là où les Allemands ont placé des Grenadiere (par section ou par bataillon) dans les petits villages lorrains, en particulier dans ceux bordant les routes menant vers la Seille. Dans la plupart des cas, la défense consiste en des garnisons solidement établies dans des maisons en pierre. Autre avantage aussi moral que pratique pour les défenseurs Allemands, contrairement à leurs adversaires ils n’ont pas à grelotter sous les fortes averses automnales. Les compagnies du 318th Infantry (Col. Lansing McVickar) éprouve les pires difficultés pour s’emparer des Quatre-Fers qui contrôle la route Pont-à-Mousson – Nomény, à la jonction des 318th et 319th Infantry. A chaque tentative américaine, les Allemands répondent à la mitrailleuse MG, au canon FlaK 38 de 20 mm et au canon antichar PaK. Mais après un pilonnage d’artillerie en règle, une compagnie du 319th Infantry réussit à s’emparer des Quatre-Fers avec l’aide de M36 Jackson du 808th TDB.

– Néanmoins, le 318th Infantry échoue à prendre Serrières après avoir subi de lourdes pertes. Le 317th Infantry du Colonel Warfield M. Lewis connaît la même malchance contre le village de Sivry par le II/Volksgrenadier-Regiment 1119 (553. VGD). Son 2nd Battalion perd la moitié de ses hommes dans l’affaire, soit plus de 400 hommes. L’arrivée de Howitzer M1 de 105 mm comme des pièces de la compagnie de canons du régiment qui pilonnent les habitations, permet à la G Company de prendre possession de Sivry. Mais une contre-attaque du Panzergrenadier-Regiment 8 (3. PzGrenDiv.) et d’un Bataillon du Grenadier-Regiment 1121 surgissant de la ligne Serrières – Mont-Toulon met en difficulté les hommes du 317th. Finalement, McBride doit ordonner la retraite et les 191 derniers défenseurs de Sivry quittent le terrain, avec la moitié de blessés.

– Le 5 octobre, Manton S. Eddy fait rédiger une Directive Opérationnelle montant une nouvelle attaque pour le 8 octobre avec la 80th Division, la 35th Division et la 6th Armored Division. La 80th Division reçoit aussi le renfort des « bleus » du 328th Infantry Regiment du Colonel Ben R. Jacobs, détaché de la 26th Infantry Division récemment arrivée en France.

– Alors que le XIIth Corps se regroupe avant la nouvelle offensive, les chasseurs-bombardiers du XIXth Tactical Air Command déclenchent un bombardement systématique des points fortifiés allemands à Moivron, Jeandelaincourt, Sivry et sur le Mont Saint-Jean. Bombardement coordonné avec l’une des armes favorites de Patton, les mortiers de 4.2-inch tirant des obus au phosphore. Eddy et son état-major prennent cette fois-ci le soin de bien préparer leurs manœuvres d’attaque, à la différence des improvisations tactiques du mois de septembre. Grâce au coopération des avions d’observation du XIXth TAC, les artilleurs peuvent opérer contrebattre les tubes allemands avec bien plus d’efficacité. Ainsi, treize missions de ce type permettent aux pièces du XIIth Corps de faire taire douze batteries allemandes.
Le 5 octobre toujours, trois Squadrons de P-47 survolent les secteurs des réserves et des lignes de communication allemandes et larguent 864 bombes à fragmentation sur le Bois de la Fourrasse (la zone principale de concentration ennemie derrière le massif de collines) comme sur le pont de la Seille à Nomény.

– Le 8 octobre à 05h15, tous les 17 bataillons d’artillerie du XIIth Corps comme ceux des divisions d’assaut et les mortiers du 86th Chemical Mortar Battalion, déclenchent un feu d’enfer d’une heure. Un traitement privilégié et particulièrement administré à Jeandelaincourt qui reçoit les tirs de cinq bataillons ! Et lorsque les trois divisions américaines bondissent de leurs positions à 06h15, Eddy ordonne à son artillerie d’allonger la portée pour frapper les batteries et les arrières allemands. Le patron du XIIth Corps fait là du Joukov, du Rokossovski ou du Koniev (NDLR) ! Pendant que les troupes terrestres progressent, les P-47 sortent en essaim pour frapper les positions allemandes entre Moivron et Jeandelaincourt.

– Le poids principal de l’assaut terrestre est porté par la 6th Armored Division de Grow dont l’objectif principal n’est autre que le plateau de Létricourt, dont la prise contraindrait les Allemands évacuer la rive gauche de la Seille. Organisé avec les deux-tiers de la force de combat de la « Super Sixth », le Combat Command B du Colonel Read fonce en fer de lance depuis Leyr, scindé en trois Combat Teams. Chars de tête du CT 50 (aile gauche) atteignent Moivron sur le coup de 06h45. Les Allemands se montrent alors bien moins tenaces, préférant se retirer ou se rendre en groupes dès qu’une de leurs positions est submergée. Toutefois, les hommes du 317th Infantry doivent relever les chars à Moivron.
Le CT 15 (centre) du Lieutenant.Colonel Emby D. Lagrew doit s’emparer de Jeandelaincourt et nettoyer les Bois de Brasquin et d’Ajoncourt, les tremplins des opérations du lendemain. L’avance vers les bois se déroule d’abord bien mais le CT subi des tirs de mitrailleuses et de mortiers jusqu’en fin d’après-midi, après qu’une compagnie d’infanterie eût nettoyé les bois. La force principale encercle Jeandelaincourt par l’est et le nord, pendant que la 80th Infantry Division pousse son effort sur la pente ouest du  Mont Saint-Jean avant d’expédier une partie de ses éléments vers la ville. Le gros de la garnison allemande tente de résister dans le quartier industriel. Des chars et des chasseurs-de chars pilonnent l’usine mais la besogne est achevée par des frappes directes de P-47. Lorsque les survivants tentent de sortir, ils se font cueillir par une mitrailleuses qui ne laissent qu’une poignée de survivants qui se rendent immédiatement. Gardant l’oreille sur sa radio, Robert W. Grow entend alors le Lieutenant.Colonel Lagrew s’exclamer : « ça dépasse mon plus beau 4 juillet ! »

– Sur la droite, le CT 69 qui avance vers Arraye-et-Han, est d’abord retardé à l’aube par le brouillard venant de la Seille. Mais à 13h00, chars et fantassins portés s’emparent de la ville. A l’est, la 35th Infantry Division de Baade envoie son flanc gauche sur la Seille, ce qui étend la ligne américaine sur Ajoncourt et Fossieux.
La manœuvre se solde par un succès puisque le CT 15 nettoie le Bois de Chenicourt. La ville du même nom est même laissée inoccupée par les Allemands.

– Sur l’aile gauche du XIIth Corps, l’avance de la 80th Infantry Division, épaulée par les « Red Devils » du  702nd TB de Talbot. Les Américains submergent rapidement les positions allemandes du massif de collines et des vallées. Alors qu’ils s’étaient heurtés à des défenseurs mordants les 1er et 2 octobre, les hommes de la « Blue Ridge » ne trouvent devant eux que des soldats littéralement assommés par le déluge de feu que leur a infligé les bouches à feu d’Eddy. Ironique car le 7, les GI’s avaient reçu des tracts de propagande les enjoignant de ne pas attaquer. A 06h55, le 318th Infantry de McVickar envoie un bataillon prendre possession du Mont-Toulon et à la fin de la journée, le régiment tient Lixières et Sivry. Le 317th Infantry de Lewis s’empare des pentes ouest du Mont Saint-Jean et avance vers le sud pour maintenir le contact avec la 6th Armored. A la fin de la journée, la 80th Division a ramassé 1 264 prisonniers appartenant à la 553. VGD.
En comparaison, les pertes américaines sont légères. On ne connaît pas les chiffres de la 80th Division mais le CC B de Read a perdu seulement 36 tués et 61 blessés et seulement 6 chars M4 Sherman (dont 5 réparables).

– Le 9 octobre, le CC B envoie ses Combat Teams pour nettoyer les Bois du Haut-des-Trappes et d’Aulnois qui couvrent Létricourt. Les Allemands sont alors complètement désorganisés et dispersés devant la brutalité et la rapidité de l’assaut mécanisé américain.  Arrivé dans le sillage du CC B, le CC A du Colonel Harry F. Hanson se jette sur le plateau de Létricourt. Mais sa CT 44 du Lt.Col. Lewis E. McCorison qui forme le flanc droit se retrouve prise sous un violent tir d’artillerie dans Chenicourt. A 13h30, McCorison fait savoir qu’il ne peut pas attaquer sur Létricourt en raison de lourdes pertes. Le CC B est alors forcé d’intervenir en renfort. Les combats font rage durant toute la jorunée mais le 317th ne peut arriver avant la tombée de la nuit pour prendre Létricourt. Le CC A a perdu 126 hommes dont 39 tués mais la « Super Sixth » a encore ramassé 650 Allemands. Le 10 octobre, la 80th Division relève les éléments blindés et nettoie les bois du plateau de Létricourt mais le village reste aux mains des Allemands. Ceux-ci lancent des contre-attaques, sans succès.

– Commence alors pour le XIIth Corps, une période de calme qui va durer jusqu’au 8 novembre, avec quelques interruptions. Le Corps d’Eddy est alors renforcée par la 26th Infantry Division « Yankee » du Major.General Willard S. Paul, issue de la National Guard débarquée en France le 7 septembre. La « Yankee » relève alors la 4th Armored Division.
Mais la situation du ravitaillement du XIIth Corps ne permet pas à Eddy d’utiliser la division en combat rapidement, car les véhicules de la 26th sont utilisés comme transports de ravitaillement et les GI’s doivent garder les lignes de communication. Et lorsque la division de Paul arrive dans les lignes de la IIIrd Army, elle n’a toujours pas acheminé l’ensemble de ses troupes ni tout son équipement. Elle n’est opérationnelle qu’à la mi-octobre. Pour lui donner de l’expérience, Eddy la charge d’étendre le saillant américain à l’est d’Arracourt, un objectif limité, pour le 22 octobre. Eddy lui adjoint alors l’expérimenté 704th Tank Destroyer Battalion. Mais la « Yankee » se bat plutôt bien en poussant à l’ouest de Moncourt et capte même l’attention de Patton.

– Les trois autres divisions du XIIth Corps prennent aussi un repos non démérité. Après la campagne de Normandie, elles combattent en Lorraine depuis un mois. Marlène Dietrich vient même donner un concert. Mais ce sont aussi les cuisiniers divisionnaires et régimentaires qui trouvent de quoi remonter le moral des fantassins et des tankistes grâce aux impressionnantes quantités de boîtes de bœuf allemand capturées à Reims et à Briey. Ce qui naturellement, change les soldats des Rations K.

– Mais l’autre urgence pour la IIIrd Army reste le remplacement des chars. Patton a ainsi perdu 63 chars légers Stuart et 160 Sherman (toutes unités confondues). La plus épargnée reste la 6th Armored de Grow mais la 7th Armored a particulièrement souffert. En outre, au vu du mauvais temps d’octobre, il est absolument inutile de faire manœuvrer les unités blindées dans les champs boueux. Et outre les chars, il faut remplacer des mitrailleuses, des FM BAR, des mortiers de 60 pour les unités d’infanterie. Or, les services logistiques de la IIIrd Army doivent compter soit sur le Red Ball Express, soit ponctionner sur les dépôts de Paris et de Reims.

[Suite]

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3 – LA TROUÉE DE BELFORT

1 – Préparatifs

– La percée dans le secteur de Belfort et en direction de la Haute-Alsace, est confiée au Ier Corps d’Armée du Général Antoine Béthouart, lui-même Franc-Comtois. Issu de la même promotion que de Gaulle et Juin à Saint-Cyr, jeune officier plusieurs fois décoré et cité durant la Grande-Guerre, Béthouart reprend-là son second commandement d’importance en opération, quatre ans après avoir dirigé le Corps Expéditionnaire à Narvik, unique victoire française de 1940. Ensuite, il a exercé diverses fonctions dans l’Armée d’Armistice tout en menant des activités de Résistance. C’est ensuite lui qui a dû négocier à Washington le rééquipement de l’Armée d’Afrique.

– La prise du secteur de Belfort est importante pour les Français, car elle permettrait de remettre la main sur le bassin industriel de Sochaux-Montbéliard, que Béthouart doit préserver, ce qui implique une action rapide. Outre la 9e Division d’Infanterie Coloniale de Joseph Magnan – dont les Tirailleurs Sénégalais commencent à souffrir du froid, ce qui explique le processus de « blanchiment » de la Division – et la 2e Division d’Infanterie de Montagne de Marcel Carpentier, de Lattre octroie à de Lattre toute la 5e Division Blindée de Vernejoul, 1Combat Command de la 1re Division Blindée, le 7e Régiment de Chasseurs d’Afrique équipé de chasseurs de chars M10 Wolverine, le 1er Régiment de Spahis Algériens de Reconnaissance, 1 Regimental Combat Team de la 4e Division Marocaine de Montagne, le 1er Groupement de Tabors Marocains (Colonel Georges Leblanc), le Groupement de Choc Gambiez, le 9e Régiment de Zouaves, 11 groupes d’artillerie, 1 groupe d’obusiers Howitzer M1 de 240 mm et 1 groupe de M2 8-inch (203 mm) américains venus d’Italie. En outre, de Lattre obtient que les troupes qui doivent partir pour la réduction des poches de l’Atlantique soient retenues.
De Lattre et Béthouart montent alors une opération d’intoxication à l’encontre de l’ennemi, pour lui faire croire que l’attaque principale doit avoir lieu dans le secteur de Remiremont, beacoup mieux tenu. Des équipes de la 5e DB installent alors des pancartes, avec de faux fléchages d’itinéraires, tandis que d’autres déversent de faux messages radio écoutés par l’ennemi. On va même jusqu’à installer des PC fictifs aux vu des observateurs allemands. Mais pendant ces préparatifs, la météo s’affole.

Antoine Béthouart

Antoine Béthouart

– L’attaque principale sur Belfort est attribuée à la 2nde Division Marocaine de Montagne de Carpentier qui doit prendre la ville ou ses arrières par un double mouvement-tournant. Les Marocains sont alors renforcés par les Combat Commands 4  (S) et 5 (O) commandés respectivement par Guy Schlesser et le Colonel Desazars de Montgaillard, d’unités du génie et d’artillerie, ainsi que par les Groupements FFFI de Bourgogne, Vigan-Braquet et du Lomont. Sur sa droite (est), la 9e DIC de Magnan doit attaquer en parallèle de la frontière suisse, avec l’aide du 6e Régiment de Tirailleurs Marocains (Colonel Baillif) déjà fortement secoué dans le secteur du Col de Busang, du 9e Régiment de Zouaves (Lieutenant-Colonel Aumeran), de la Demi-Brigade d’Auvergne (Colonel Fayat dit « Mortier »), du Combat Command 2 de la 1re DB (Colonel Kieffe), du Régiment Colonial de Chasseurs de Chars (Colonel Rousseau), d’un Chemical Mortar Battalion américain (tirant des obus au phosphore blanc), de 3 Groupes d’obusiers de 105 mm. En outre, d’autres unités doivent effectuer la jonction avec le IInd Corps de Monsabert plus à l’ouest ; le 1er Régiment de Spahis Algériens de Reconnaissance (Colonel Hennoque), le 19e Bataillon de Chasseurs à Pied (Lieutenant-Colonel Moillard) et de Bataillons de FFI. Béthouart conserve en réserve tactique le 1er GTM du Colonel Leblanc, le Combat Command 6 ou « T » (Colonel Tritschler). Et Jean de Lattre de Tassigny, maintient en réserve d’armée le 2nd GTM (Colonel Emile Hogard), le 4e RTT, le 7e Chasseurs d’Afrique et les 2 Combat Commands restant de la 1re DB du Général Jean Touzet du Vigier, prête à marcher vers le nord.  Enfin, pour assurer la logistique de toutes ces unités, les compagnies lourdes de Matériel et Réparation sont disposées en échelon sur la route Baume-Besançon-Dole. Quant à l’appui aérien, il est assuré par les P-38 Lightning, P-47 Thunderbolt, P-51 Mustang et Spitfire du 1er Corps Aérien Français.

– L’acheminement des troupes pose très vite des problèmes en raison du temps particulièrement exécrable. Il pleur sans cesse, ce qui provoque une crue du Doubs qui emporte plusieurs ponts. Mais le 13 novembre, le thermomètre descend en-dessous de 0°C et la pluie se transforme en neige qui tombe durant plusieurs jours. Les Tirailleurs de Magnan commencent à souffrir du froid et d’engelures. Les troupes françaises découvrent alors un paysage nordique devant eux. A de Lattre auquel il rend visite ce jour-là, Winston Churchill lui demande : « vous n’allez tout de même pas faire attaquer par un temps pareil ? » De Lattre préfère alors reporter son attaque d’une journée.

– En face, les Allemands pensent que les Français n’attaqueront pas par un temps pareil. Leur ligne de front sud-est est tenue par la 338. Infanterie-Division du Generalmajor Hans Oschmann – unité recrée après la défaite de Montélimar – qui couvre un front de 30 km de long.

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2 – L’attaque (14 – 15 août)

– Le 14 novembre, la neige baisse en intensité pour laisser place à un ciel gris. Mais c’est assez pour Béthouart afin de guider son artillerie par les airs. A 11h20, les groupes d’artillerie de soutien, les groupes lourds et l’artillerie divisionnaire des 9e DIC et 2e DIM déclenchent un feu d’enfer sur les lignes de la 338. ID qui ne s’achève qu’à 12h20. Les troupes d’Oschmann sont complètement assommées. Carpentier déclenche alors son attaque avec le 8e Régiment de Tirailleurs Marocains, qui a avancé dès 12h00 sous la couverture de l’artillerie afin de mieux approcher les linges adverses. Le Generalmajor Oschmann qui se trouve alors aux avant-postes reçoit une rafale d’arme automatique et ne se relève pas. Il est remplacé en urgence par le Generalmajor Rudolf von Oppen. Dans le sillage du 8e RTM, le reste de la 2e DIM se jette sur les lignes allemandes sur une ligne de 10 km, avec les 4e et 5e RTM, le 3e Spahis du Maroc, les FFI de Bourgogne, de Corrèze-Limousin et le Bataillon Vignan-Braquet.

Joseph Magnan, commandant de la 9e DIC

Joseph Magnan, commandant de la 9e DIC

Insigne de la 9e DIC

Insigne de la 9e DIC

– Sur la droite, la 9e DIC déclenche aussi son attaque sur le coup de 14h00, mais dans une épais brouillard qui stagne en face de ses lignes. Joseph Magnan lance alors un groupement formé par le 6e Régiment d’Infanterie Coloniale du Colonel Raoul Salan, les Auvergnats du Colonel Fayat, un escadron de Chasseurs de Chars, un Groupement d’Artillerie, et 1 compagnie du Génie. Les Marsouins de Salan enlèvent alors le village d’Ecot au prix d’un dur combat qui se prolonge durant la nuit, avec une contre-attaque allemande qui échoue grâce à deux groupes du Régiment d’Artillerie Coloniale du Maroc. Mais le 6e RIC réussit à s’emparer de Villars-/s-Ecot et de Vermondans, avant de nettoyer les Grand Bois avec l’aide d’éléments de la 1re Division Blindée. En fin de journée, la route qui va de Pont-de-Roide à Clerval est dégagée.

– Quand tombe la nuit, les troupes de Béthouart ont enfoncé le front allemand sur une ligne de 15 km de long pour 5 de profondeur. Pourtant, Friedrich Wiese qui commande la  19. Armee allemande ne veut pas croire qu’il s’agit de l’offensive principale française et s’attend toujours à repousser Monsabert dans les Vosges occidentales. Il consent toutefois à expédier deux Bataillone de réserve à la 338. ID pour faire face à la 2nde DIM.

Insigne du  9e Régiment de Zouaves

Insigne du 9e Régiment de Zouaves

– Le 15 novembre, Béthouard ordonne à ses troupes d’exploiter la percée de la veille. Sous la neige, le centre et l’aile droite de Magnan déclenchent leur attaque. Le 9e Régiment de Zouaves du Lt.Col. Aumeran attaque le village d’Ecurcey à 10h00. Son 1er Bataillon perd 108 hommes pour sa capture. Sur sa gauche, le 2nd Bataillon du 21e Régiment d’Infanterie Coloniale réussit à prendre Bourguignon, pendant que tout à droite le 6e RTM de Baillif tente de réduire la résistance des troupes allemandes acculées à la frontière suisse. Le nettoyage doit se faire à l’arme légère ou à la mitrailleuse car faire donner l’artillerie s’avère risqué en raison de la proximité de la Suisse.

– Au nord du Doubs, la 2nde DIM de Carpentier et le CC 4 de Schlesser s’emparent de Gémonval, Arcey, Echenans et Desandans. Mais le CC 5 du Colonel Desazars de Montgaillard (1er Chasseurs d’Afrique, 2e Escadron du 1er Etranger de Cavalerie, 1er Bataillon de Marche de la Légion et I/62e RAA) peine à nettoyer le Bois du Chanois. L’unité y perd son chef qui est remplacé par Bonet d’Oléon. Cependant, le 5e RTM du Lieutenant-Colonel Jean Piatte repousse un bataillon de cycliste accourus d’urgence depuis les Vosges.
De Lattre est satisfait, les lignes allemandes craquent sous la pression de Béthouart.

Général Marcel Carpentier, commandant de la 2e DIM

Général Marcel Carpentier, commandant de la 2e DIM

Insigne de la 2nde Division Marocaine de Montagne.

Insigne de la 2nde Division Marocaine de Montagne.

3 – L’Exploitation de la percée et la prise de Montbéliard

– Durant la matinée du 16 novembre, Béthouart lâche les éléments de la 5e Division blindée de Henri de Vernejoul. Le CC 4 de Schlesser (1er Cuir., 3/1er REC, 2nd BLE, 2/62e RAA, BHR/RAA et 2/96e BG) s’élance le long de la route Besançon – Héricourt – Belfort. Cuirassiers et Légionnaires bousculent tout ce qu’ils ont devant eux et débloquent les Marocains de la 2nde DIM qui fait un bond de cinq kilomètres. Il est rejoint par le CC 5 de Bonet d’Oléon qui attaque Sainte-Marie, dont chaque bâtiment est transformé en bastion. Le combat dure jusqu’à 16h00, heure à laquelle les derniers allemands ont déguerpi ou se sont rendus. Le CC 5 bondit alors vers Montbéliard pour faire sa jonction avec le 5e Tirailleurs Marocain qui vient de dégager les bois. Pendant ce temps, l’artillerie du corps pilonne le fort du Mont Bart.

Général Henri de Vernejoul, commandant de la 5e DB

Général Henri de Vernejoul, commandant de la 5e DB

Insigne de la 5e DB

Insigne de la 5e DB

– Dans la boucle du Doubs, le Combat Command 3 de la 1re DB (2nd Chasseurs d’Afrique, 3e Bataillon de Zouaves portés et II/68e RAA) commente à nettoyer la Boucle du Doubs entre Montbéliard et le massif jurassien avec l’aide des Sénégalais 6e Régiment d’Infanterie Coloniale de Salan. De son côté, le 2nd Bataillon du 9e Zouaves atteint Roches-lès-Blamon, pendant que le 2nd Bataillon du 23e Colonial nettoie les derniers Blockhäuse le long de la frontière suisse, permettant ainsi au 6e Tirailleurs Marocain de se dégager.

– Le déblocage complet de la situation permet à la 2nde Division Marocaine d’avancer sur la Lisaine en direction de Héricourt et de Montbéliard. Béthouart ordonne alors à Carpentier de pousser ses troupes vers la RN 83 qui mène à Belfort.
Friedrich Wiese commence alors à prendre conscience de la situation qui s’aggrave sur son flanc gauche et envoie ses réserves, soit 2 bataillons de la 189. Infanterie-Division, 2 Maschinegewehr-Bataillonen(mitrailleurs) et 4 Pioniere-Bataillon (Génie) pour tenir Héricourt, clé de l’accès sur Belfort. Wiese rassemble même 1 bataillon de sourds-muets (Ohren-Bataillon) qui est envoyé au combat sans aucune forme de procès. Selon les témoignages d’officiers français, ces soldats « se battaient plutôt bien, vu qu’ils n’entendaient rien ». Ces différents éléments expédiés d’urgence se révèlent une noix plus difficile à casser pour les Français et les Coloniaux que les Grenadier de la 338. ID. Il faut ainsi toute la journée du 17 novembre au CC 4 de Schlesser et au 8e Tirailleurs Marocain (Colonel de Berdechoux), soutenus par le 2 pelotons du 1er Cuirassiers pour investir et nettoyer Tavey sur la route de Héricourt et pour s’emparer d’un pont sur la Lisaine. Cette action permet au 2/RMLE du Commandant de Chambost investit Héricourt qu’il nettoie après un très dur combat. Les Allemands craquent et s’enfuient vers Belfort. La chute de Héricourt entraine alors celles de Saint-Valbert, Bussurel, Béthoncourt, Luze, Faymont et Lomont. Pendant ce temps, le 5e Tirailleurs Marocain s’empare du Fort du Mont Bart. Immédiatement, le Colonel Piatte lâche ses soldats sur la cité ouvrière de Sainte-Suzanne qui tombe facilement. La tentation est trop belle, Montbéliard est à une portée de fusil. Piatte n’hésite pas et y envoie ses bataillon de Tirailleurs après 17h00 avec l’appui de 2 Escadrons du 2nd Chasseurs d’Afrique. Les FFI locaux du groupe « Les Pingouins » réussissent à empêcher les Allemands de faire sauter les ponts. En début de soirée, les derniers Allemands encore présents dans Montbéliard se rendent.

Colonel Guy Schlesser, commandant du Combat Command 4 de la 5e DB

Colonel Guy Schlesser, commandant du Combat Command 4 de la 5e DB

Insigne du 5e Régiment de Tirailleurs Marocains

Insigne du 5e Régiment de Tirailleurs Marocains

– Tout à droite, la 9e DIC achève de nettoyer les dernières positions allemandes le long de la frontière helvétique et sur le Doubs. Carpentier lance ensuite ses hommes à l’assaut de Bondeval et les « chacals » du 9e Zouaves à Hérimoncourt. Malheureusement, le Régiment d’Infanterie Coloniale du Maroc (RICM) du Colonel Le Puloch et le Combat Command 2 de la 1re DB peinent à suivre mais finissent par accompagner le 9e Zouaves dans la prise de Vaudoncourt, Seloncourt et Dasle. A la fin de la journée, toute l’agglomération de Montbéliard est libérée, dont les secteurs des usines Peugeot, quasiment intacts. C’est un succès mais les Sénégalais de Magnan continuent de souffrir du froid mordant.

4 – La libération de Belfort

– Béthouart ordonne aux CC 4 et 5 de Vernejoul, au 8e Tirailleurs Marocains, au 1er Groupement de Tabors de Leblanc de marcher sur Belfort pendant que le Combat Command 6 de la 5e DB du Colonel Tritschler  (6e Chasseurs d’Afrique, 4/1er REC, 3e BMLE, 3/62e RAA et 3/96e BG) maintenu jusque-là en réserve, est chargé de déborder les positions allemandes par le nord avec le Groupement Chappuis qui comprend le 4e RTT, les Commandos d’Afrique de Bouvet et les Chocs de Gambiez. Pour la manœuvre par le nord, Chappuis sera chargé de dégager le passage afin de permettre à Tritscher de s’engouffrer vers Belfort. Or, le Colonel Chappuis a l’avantage de bien connaître la région qui fut son premier secteur d’affectation.

– L’attaque démarre le 18 novembre dans un temps presque sibérien. Si le CC de Schlesser reste un temps bloqué devant le Fort de Vauquois et le Bois de Salamon, le 8e RTM de Berdechoux dégage le secteur forestier. Mais le fort tiendra jusqu’au 21 novembre contre les assauts français. De son côté, le CC 5 de Bonet d’Oléon marche sur Sochaux libéré le jour-même, passe le village de Brognard et atteint Allenjoie le lendemain… pour buter sur le Fort du Bois d’Oye qui ne tombe que deux jours plus tard.
Toutefois, malgré les difficultés et le climat rude, Tirailleurs et Commandos du Groupement Chappuis réussissent à nettoyer les Bois de Saulnot après de très durs combats et force la Lisaine, ce qui permet au CC 6 d’intervenir. Au soir du 19 novembre, le Groupement Chappuis est à Chalonvillars, banlieue de Belfort. Le Colonel ordonne alors aux Commandos d’Afrique de harceler le Fort Salbert. Les hommes du Lieutenant-Colonel Bouvet s’avancent alors en silence jusqu’à l’édifice, en escaladent les pentes et neutralisent les sentinelles.
Toute la garnison tombe. Bouvet lance alors l’une de ses compagnies qui pénètre dans Belfort avant de se retirer après le réveil allemand. Mais le 20 novembre à 15h00, les Chasseurs d’Afrique et Légionnaires du Colonel Tritscher entrent dans Belfort, aidés par les FFI. Le jour-même, tout le nord-ouest de la cité est libéré. Les combats sporadiques se poursuivent durant la nuit. Les Commandos d’Afrique capturent plusieurs stocks de vivres, avant de dégager le secteur de la Kommandantur le 21 à 09h20, suivi de celui de la Préfecture. Par conséquent, les derniers Allemands qui ne se sont pas rendus se réfugient dans le château. Ils vont y résister avec acharnement jusqu’au 25, face aux assauts du 4e Tirailleurs Marocains et du 3e Régiment de Spahis du Maroc.

– La campagne des Vosges entre alors dans sa dernière phase pour la Ire Armée Française ; la libération de la Haute-Alsace.

[Suite]

Insigne du Régiment d'Infanterie Coloniale du Maroc

Insigne du Régiment d’Infanterie Coloniale du Maroc

* Acronymes et abréviations 

– RIC : Régiment d’Infanterie Coloniale
– RICM : Régiment d’Infanterie Coloniale du Maroc
– RAA : Régiment d’Artillerie d’Afrique
– RMLE : Régiment de Marche de la Légion Étrangère
– REC : Régiment Etranger de Cavalerie
– RTM : Régiment de Tirailleurs Marocains
– BLE : Bataillon de la Légion Étrangère

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17 octobre 1982 : Mort du Général Antoine Béthouart

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Né en 1889 à Dole dans le Jura, fils d’un commissaire aux hypothèques, Antoine Béthouart entre à l’Ecole de Saint-Cyr en 1909. Il a notamment comme camarades de promotion un certain Charles de Gaulle et Alphonse Juin. – Sorti de Saint-Cyr en 1912 au sein de la Promotion « du Fez », il…

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Campagne des Vosges (1944) - Septième partie

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14 septembre 2016
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Histoire & Culture

Soixante-dix ans de la campagne de Lorraine – Sixième partie

by Jérôme 14 juillet 2016

C – COMBATS A L’OUEST DE METZ

– Alors que la bataille s’engage pour le franchissement de la Moselle, l’aile gauche et le centre que forment respectivement la 90th Infantry Division, le CC A de la 7th Armored Division qu’appuie le 2nd Infantry Regiment du Colonel Worell A. Roffe s’apprête lui aussi à passer à l’attaque au nord de Metz. La 90th « Tough & Ombres » vient juste de s’engage à franchir le Semoy à l’est de Sedan, avec ses régiments échelonnés d’arrière en avant du nord-ouest au sud-est.

Umetz1
1 – Le calvaire du 2nd Infantry Regiment

– Walker prend alors la décision de créer un commandement autonome pour son aile droite (Irwing, pour les têtes de ponts de Dornot et d’Arnaville), ainsi qu’un autre pour son centre confié à Silvester qui prend sous son aile le 2nd Infantry. L’objectif de cette unité combinée est de poursuivre l’attaque frontale contre Metz en progressant à partir de la ligne Armanvillers – Vernéville – Gravelotte. La mission est risquée car le 2nd Infantry ne peut espérer davantage de soutien blindé pour nettoyer un secteur particulièrement bien renforcé par les Allemands.

– L’attaque commence donc le 7 septembre avec 2 bataillons de fusiliers qui butent très vite sur des mines, des bunkers et des nids de mitrailleuses très bien dissimulés et bien appuyés par de l’artillerie. Pire, le Fahnenjunkerschule-Regiment (Division Nr. 462) bousculé les jours précédents, contre-attaque avec hargne aux côtés de détachements de la « Götz von Berlichingen ». Ils infiltrent même les lignes du 1/2nd (Major W.H. Blakefield), capturant plusieurs officiers. Selon Hugh McCole, la déconvenue est liée à la faillite du renseignement de la IIIrd Army qui n’a pas su déceler des informations précises sur l’une des parties les mieux fortifiées du Front de l’Ouest. Toutefois, en dépit de pertes très sensibles, le 1/2nd parvient à atteindre la lisière d’Amanvillers mais ne peut investir le centre du village à cause d’un important barrage d’artillerie. De son côté, le 2/2nd du Lt.Col. Leslie K. Ball réussit à s’emparer de Vernéville.

– Lindsay M. Silvester détache alors la Task Force McConnell (CC A) afin de supporter les fantassins le jours suivant sur la ligne Amanvillers-Gravelotte, avec un crochet vers l’est de Saint-Privat à l’est d’Amanvillers, avant de se rabattre sur Montigny. Après avoir couvert une courte distance sur la route à l’est de Saint-Privat, la TF se retrouve pris sous le feu ennemi provenant des Bois de Jaumont et des canons du Fort Kellermann. Sept chars et 2 canons autoportés M7 Priest sont détruit. Le Colonel McConnell envoie alors son unité par le nord pour fermer l’accès d’Amanvillers avec pour objectif de rejoindre le 1st Battalion qui combat encore pour investir la petite par l’ouest, avant de recevoir plusieurs contre-attaques sur ses flancs et des obus venus des Forts de Lorraine. Sept Field Artillery Battalions ouvrent alors un feu d’enfer pour appuyer les fantassins mais sans grand effet sur les batteries de forteresse. Le 3/2nd Infantry du Major. R.E. Conner (flanc droit du régiment) attaque alors à l’est de Malmaison vers la Ferme de Moscou. Il tombe alors dans un nid de mitrailleuses et de bunkers qui prennent les GI’s sous un feu croisé au sud-est de Gravelotte. De son côté, le 2/2nd parvient à abattre quelques centaines de mètres à l’est de Vernéville pour se coucher à l’ouest du Fort de Guise.  Au soir du 9 septembre, le Colonel Roffe informe Silvester qu’il a déjà perdu 332 soldats et sous-officiers pour 14 officiers. Le 1/2nd a le plus souffert avec 228 hommes perdus. Roffe fait aussi comprendre que l’artillerie est inutile contre le système fortifié allemand. En outre, les avions du Major.General Weyland qui ont pu être mis à la disposition de Patton se trouvent alors disposés sur un front très large. Néanmoins, le 10 septembre, Weyland met à disposition du XXth Corps 3 Squadrons de chasseurs-bombardiers P-47 « Thunderbolt » armés de bombes de 500 livres pour contribuer à la perceée sur Amanvillers. Les pilotes américains décollent alors à 18h00 et larguent leurs « colis » sur les forts ennemis mais là encore, sans grand effet. Ceci-dit, l’Infanterie repart à l’assaut en dépit du chiffre des pertes qui grimpe face à une résistance acharnée. Les Américains doivent réduire chaque nid de mitrailleuse et chaque trou individuel dans une série d’engagements féroces. Toutefois, la TF McConnell réussit à basculer sur le flanc du 1st Battalion et à avancer à plusieurs centaines de mètres d’Amanvillers. De son côté, le 2nd Battalion parvient à gagner quelques arpents de terrain et à consolider ses lignes à l’est de Vernéville. Quant au 3rd Battalion, il continue à combattre pour avancer à l’est de Gravelotte et de Malmaison. Mais il se heurte à des Allemands qui connaissent parfaitement le terrain pour s’y être entraînés. Des mitrailleurs bien dissimulés dans le ravin de Mance bordé de petits bois, empêchent les Américains de déboucher dans le Bois des Génivaux.

– Devant cette situation bloquée, Silvester décide d’utiliser le Combat Command R du Colonel Molony, jusque-là maintenu en réserve tactique à Sainte-Marie derrière le flanc gauche du 2nd Infantry Regiment, après la sortie de la route (encombrée) menant à Arnaville. Molony doit effectuer un crochet depuis les environs de Roncourt pour tenter de tourner les positions allemandes bloquant les 1st et 2nd Battalions. Simultanément, l’infanterie effectuera une nouvelle attaque frontale.
A 06h30 le 11 septembre, l’unité blindé se porte vers l’est  sur la route menant à Pierrevillers, au travers un tir de barrage d’artillerie et de canons antichars sporadiques. Mais près de Pierrevillers, la colonne de tête se heurte à des obstacles antichars avant d’être pris à partie par des canons PaK, ce qui la contraint à se reporter plus au sud, vers Semécourts. Mais son avance se retrouve une fois de plus bloquée par des tirs provenant des Forts Canrobert. Le CC R subit alors de lourdes pertes, les équipages ne parvenant pas à repérer les pièces soigneusement camouflées. Pire encore, Molony, le Lt.Col. Robert B. Jones commandant du 814th TD et le Lt.Col. Edmund L. Keeler commandant du 38th AIB, tous sont blessés. Le commandement du CC R échoit alors au Colonel Norman E. Hart. Déployant son infanterie portée dans le terrain vallonné, Hart réussit à s’assurer le contrôle du sommet du plateau… pour se rendre compte que l’itinéraire de son crochet tombe en plein sur des fortifications allemandes.

– Le 2nd Infantry tente des suivre les chars à 08h00 pour être heurté par des violentes contre-attaques qui rompent ses lignes localement. Mais grâce à l’action d’un mitrailleur de la H Company, le Private Carlton C. Bates, le 2/2nd Infantry parvient à reprendre le terrain perdu et avance jusqu’aux fortifications avec l’appui de canons et de fumigènes. Mais l’unité se fait rejeter au pied des ouvrages par une nouvelle contre-attaque ennemie. Il doit encore repousser un assaut allemand sur ses positions. A la fin de la journée, le Battalion a perdu la moitié de ses soldats.
Près d’Amanvillers, le 1/2nd connait lui aussi un véritable calvaire à cause d’un feu nourri de mortiers, canons et mitrailleuses, forçant les GI’s à se replier de plusieurs centaines de mètres sous le couvert d’un barrage d’artillerie et d’un écran fumigène.

– Silvester doit alors revoir ses plans. Il fait relever le 1st Battalion bien mal en point par le 3rd, retiré du secteur de Malmaison, le vide laissé par l’unité étant comblé par le 87th Cavalry Reconnaisance Squadron. Dès le 11, le reste du 2nd Infantry repart au combat pour reprendre le terrain perdu. Deux jours de combats sont nécessaires pour dépasser Amanvillers et s’assurer du contrôles des lignes de haies autour de la Ferme de Montigny. Le 3/2nd voit alors la liste de ses pertes s’allonger dramatiquement. C’est seulement le 14 que le Colonel Roffe reçoit l’ordre de cesser ses attaques. Il était grand temps car son régiment est décimé, épuisé et a perdu ses capacités tactiques.

2 – Aile gauche : prise de Thionville

– Au centre de son dispositif, Silvester ordonne au CC A de Rosebaum d’appuyer l’aile droite de la 90th Infantry Division en exerçant une pression sur la « tête de pont de Metz » et empêcher les Allemands de traverser la Moselle dans le secteur d’Argancy, aux abords de l’anneau extérieur des fortifications de Metz. Rosebaum concentre alors la Task Force Chappuis dans le secteur de Talange (40th Tank Battalion, 48th AIB, 695th Armored Field Artillery Battalion, ainsi que des Tank Destroyers et des éléments du Génie). Le 6 septembre, Chappuis fait donner son artillerie contre le dispositif allemand mais les batteries de forteresse ennemies répliquent causant des pertes au 48th AIB. Le duel dure jusqu’au 15 septembre, date à laquelle le CC A est relevé.

– Pendant ce temps, plus au nord, la 90th Division de McLain démarre son avance vers le nord-est en nettoyant méthodiquement les positions enemies de sa zone, pendant que le 43rd Cavalry Reconnaissance Squadron lance des détachements de reconnaissance au nord et à l’ouest. Le Major.General Raymond S. McLain fixe alors comme principaux objectifs, la capture du plateau dominant Thionville à l’ouest, la préparation de la capture de la même ville et la saisie des points de franchissement dans les environs de la ville. Bien qu’handicapée par un afflux de remplaçants inexpérimentée, la 90th « Tough & Ombres » est devenue une division mieux aguerrie et commandée par un chef compétent, faisant oublier ses premiers engagements laborieux – sinon calamiteux – en Normandie trois mois plus tôt.
Les rapports fournis par le renseignement divisionnaire lui annoncent que les Allemands s’apprêtent à déclencher une action visant à empêcher son avance. De plus, initialement, une nouvelle division devait assurer la liaison entre l’aile droite (sud) du Vth Corps de Gerow (Ist Army) et la 90th. Seulement, l’unité en question n’était toujours pas arrivée sur place et les troupes de McLain doivent assurer la garde du flanc nord de la IIIrd Army, empêchant donc son chef de lancer une attaque vers l’est avec des forces mieux concentrées.

– Le matin du 7 septembre, le 357th Infantry Regiment du Colonel George H. Barth quitte ses positions d’Etatin pour s’emparer la petite ville minière de Briey qui est aussi un important nœud routier. Briey est alors tenu par des éléments de la 559. Volks-Grenadier-Division. Barth attaque alors avec ses 1st et 3rd Battalion par les ailes et avec le 2nd de front. Résultat, Briey tombe après une journée de combat. 442 prisonniers sont ramassés par les Américains.
Sur la gauche du 357th, le 358th Infantry du Colonel Christian H. Clarke s’empare du plateau à l’ouest de Trieux sans rencontrer de grande résistance. McLain vient alors installer son PC à Mairy, au sud-ouest de Trieux. Plus en arrière nord du 358th, le 359th Infantry du Colonel Robert L. Bacon (celui qui avait fermé la Poche de Falaise deux semaines plus tôt) atteint un point situé au nord-est de Landres.

Insigne de la 90th Infanty Division

Insigne de la 90th Infanty Division

Major.General Raymand S. McLain, commandant de la 90th Infantry Division

Major.General Raymand S. McLain, commandant de la 90th Infantry Division

– Côté allemand, on ne reste sûrement pas inactif. Le 7 septembre, Otto von Knobelsdorff décide de lancer la 106. Panzer-Brigade en contre-attaque dans le flanc gauche de la IIIrd Army afin d’empêcher les Américains de mettre la main sur les mines de Briey. Hitler approuve alors ce plan mais exige qu’il soit appliqué à la 106. PzBgde pour quarante-huit heures seulement. Durant la soirée donc, Brigade s’installe à Aumetz, quasiment à la jointure des 357th et 358th.

– L’assaut a lieu pendant la nuit, vers 02h00 du matin mais tourne vite à une série d’engagements sans coordination aucune. D’abord surpris, les Américains ripostent avec toutes les armes qui peuvent leur tomber sur la main : fusils, grenades, bazookas, canons antichars et Tank Destroyers. La section d’artillerie de l’Etat-major de la Division se retrouve encerclée mais se dégage de la nasse après un furieux combat. A la tombée du jour, après s’être réorganisés, trois Bataillons d’Infanterie américains appuyés par des chars et des chasseurs de char se jettent sur les assaillants et finissent par les repousser. Cet épisode montre la capacité des allemands à percer les lignes américaines dans des contre-attaques montées en vitesse, mais démontre aussi leur incapacité à exploiter leur succès.

– Durant la matinée du 8, le 357th Infantry force le bataillon de la 559. VGD défendant Briey à se rendre et son 1st Battalion occupe la colline boisée à l’ouest de Neufchef, ce qui lui permet d’observer les mouvements allemands. La riposte ne tarde pas puisque le 1/357th doit repousser un assaut allemand de plusieurs dizaines de minutes avec l’aide de canons de campagne. La situation du bataillon devenant de plus en plus précaire, le 1st Lt. Joseph R. McDonald se poste sur une colline avec une radio et dirige lui-même le tir d’artillerie, contribuant à l’échec de la contre-attaque allemande. Tué durant son action, McDonald recevra la Distinguished Service Cross (DSC) à titre posthume.

– L’interrogatoire de prisonniers comme la saisie d’ordres à Briey indiquent à McLain que les Allemands s’apprêtent à déclencher une contre-attaque le 9 et maintien ses troupes en position. Mais au même moment, la 559. VGD amorce son retrait en laissant plusieurs détachements sur ses arrières, ce qui permet à la 90th Infantry Division de reprendre son avance vers le nord-est. Les Américains capturent plusieurs groupes d’allemands dans des bois ou sur des chemins. Le 3/359th coupe à travers champs et tend une embuscade à une colonne formée de charriots hippomobiles. 200 soldats et officiers allemands sont tués ou faits prisonniers. A la tombée de la nuit, les bataillons de tête de la « Tough & Ombres » bivouaquent dans les environs de Fontoy et Neufchef, à environ 6 km de Thionville. La Moselle se découpe aux observateurs américains placés sur les hauteurs de Neufchef.

– Le 10 septembre, la 559. VGD à laquelle il manque l’un de ses régiments, tente encore de retarder l’avance de la 90th Infantry Division. Ainsi, le 357th Infantry tente de prendre Neufchef et Hayange mais se retrouve bloqué par la riposte allemande. Du côté du 358th, le Colonel Clarke pousse le 3rd Battalion vers Algrange où se situe une gorge qui mène à Hayange. Sur le flanc nord, le 359th Infantry s’empare d’Aumetz et passe à travers une section abandonnée de la Ligne Maginot. Cette poussée réussie permet alors à McLain d’élaborer ses plans pour s’assurer du contrôle de la rive de la Moselle et prendre Thionville par un assaut. Au même moment, la 5th Armored Division du Major.General Lumsford E. Oliver (Ist US Army) suit la 90th Infantry dans la foulée et peut être déployé pour une attaque vers l’est. De son côté Raymond S. McLain ordonne à Bacon de faire tenir son 359th sur place pour le maintenir en bon état avant de franchir la Moselle près de Thionville, pendant que ses deux autres régiments doivent continuer leur attaque. Les Allemands évacuent les pentes à l’est d’Algrange pendant la nuit, permettant au 3/358th de prendre le contrôle des crêtes au sud-ouest de Volkrange après y avoir rejeté quelques défenseurs. Le bataillon se tient alors près à descendre dans la plaine jouxtant Thionville. Les hommes du Colonel Clarke mènent alors plusieurs actions avec succès pour s’assurer une ligne de départ sur les hauteurs. Un rapport du 358th Regiment indique – avec une bonne dose de fierté : « Avons un bon panorama d’observation et pouvons voir la moitié de la route menant à Berlin ». Clarke ordonne alors aux 1st et 3rd Battalions de maintenir un couloir ouvert un couloir d’accès vers Thionville pour le 2nd Battalion. Le lendemain 10 septembre, les fantassins américains dévalent la pente mais se heurtent à une forte arrière-garde allemande.

– Sur le flanc droit (sud) de la Division, le 357th Infantry du Colonel Barth réussissent à atteindre la Moselle au sud de Thionville et à capturer Florange, alors important carrefour ferroviaire de la région. Le 11, la résistance allemande à l’ouest de la Moselle prend fin, von Knobelsdorff ayant ordonné d’évacuer toute la rive gauche dans le secteur au nord de Metz. Le 357th occupe alors Uckange et s’ancre le long de la rivière pendant que le 358th, appuyé par des chars sur ses flancs, commencent à tâter les abords de Thionville. La progression à l’intérieur de la ville industrielle est ralentie par des mines et par des accrochages avec les Allemands. A la tombée de la nuit les hommes du Colonel Clarke sont presque maîtres de Thionville mais une équipe de Pioniere allemands réussit à faire sauter le pont enjambant la Moselle. McLain devient alors anxieux à l’idée de faire traverser la Moselle face à de bonnes fortifications allemandes. Il opte alors pour faire traverser la Moselle au régiment du Colonel Bacon au nord de Thionville, afin de tourner les défenses de la rivière. L’un des bataillons du 359th Infantry est déjà en route en vue de s’emparer des hauteurs de Basse Krontz pendant que le reste doit effectuer une diversion au nord de Malling, pendant que le 358th devait participer à l’assaut au centre. Mais à peine McLain eût il achevé de dresser son plan d’attaque que Walker lui donne l’ordre d’étendre sa tête de pont vers le sud afin de soulager le front de la 7th Armored Division et de la 5th Infantry Division.

3 – Étendre la tête de pont d’Arnaville : le cauchemar de Sillegny

– La décision de Walker trouve sa motivation dans l’état de fatigue et les pertes de plusieurs unités de la 5th Infantry. En outre, les effectifs de remplacement venant des dépôts de Paris tardent à arriver. Et pire encore, les batteries de canon du Fort Driant détruisent un bac et endommagent une partie du pont posée par le Génie. Harris W. Walker envisage alors de renforcer son flanc droit. La 7th Armored doit s’assembler dans la tête de pont avant de se répartir en plusieurs groupes pour attaquer vers l’est et encercler Metz par un mouvement tournant par la gauche, ce qui doit permettre à la 90th Infantry de franchir sans trop de problèmes le secteur de Thionville. Du coup, McLain fait glisser sa 90th Infantry Division vers le sud, laissant alors le 43rd Reconnaissance Cavalry Squadron renforcer son flanc nord. Walker met aussi sur pied une « deception team » (unité d’intoxication) afin de faire croire à un passage en force dans le secteur tenu par les unités de cavalerie légère. L’équipe en question arrive finalement des rangs du QG du 12th Army Group de Bradley et fit croire aux Allemands de l’arrivée d’une nouvelle division blindée dans ce secteur. Toujours selon McCole, le subterfuge a semblé fonctionner très convenablement puisque les rapports remis à l’OB West firent mention d’une « 14th Armored Division ».
La 90th Infantry Division reçoit alors l’ordre de maintenir une petite force à Thionville et de relever la 7th Armored Division et le 2nd Infantry Regiment au nord et à l’ouest de Metz. Puis, le 15 septembre, le gros de la « Tough & Ombres » devra démarrer son attaque pour nettoyer le secteur ennemi à l’ouest de la Moselle sur le flanc sud du XXth Corps, en coopération avec les éléments restant du 2nd Infantry du Colonel Roffe.

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– Pendant la nuit du 14-15 septembre, la 90th Infantry Division achève la relève de la « Lucky Seventh » et s’établir sur ses nouvelles positions : le 358th Infantry du Col. Clarke tient la ligne Uckange – nord de Garche avec la 90th Reconnaissance Troop qui patrouille sur les rives de la Moselle à Talange ; le 357th Infantry du Col. Barth se déploie à l’ouest de Saint-Privat et le 359th de Bacon s’accroche à la route Amanvillers – Habonville au sud de Gravelotte.

– Simultanément, la 5th Infantry Division d’Irwin doit tenter d’élargir la tête de pont d’Arnaville en poussant vers le sud afin d’établir une base plus profonde pour de futures opérations en direction de Metz. Le 13 septembre, en fin d’après-midi, le Combat Command B de Thompson, arrivé très récemment dans la tête de pont, démarre une poussée vers le sud et l’est (Mardigny), afin d’étendre la tête de pont et dégager le flanc droit de la 5th Infantry Division. Mais après Arry, la colonne blindée se retrouve bloquée par un vigoureux tir de barrage antichar et d’artillerie. Irwin a beau expliqué à ses supérieurs que cette mission s’avère impossible, Walker et Patton sont alors sous la pression de Bradley qui a lui-même assuré à Eisenhower que la IIIrd Army pouvait passer définitivement la rive droite de la Moselle.

– La malchance semble s’abattre sur le XXth Corps et la 5th Infantry Division en particulier, puisque lorsqu’Irwin s’apprête à exécuter l’ordre de Walker, une pluie diluvienne s’abat sur cette partie de la Lorraine durant la nuit, provoquant un gonflement de la Moselle, détrempant les sols et donc, rendant son franchissement impossible pour les chars.

– Le 15 septembre à 09h30, le CC B de Thompson couplé au reste du 10th Infantry Regiment du Colonel Pell avance vers le sud-est dans le brouillard et devant manœuvrer au compas. L’avance est lente et difficile et les tireurs de chars sont forcés de pointer au juger. Mais le brouillard a aussi l’effet bénéfique ( ?) d’aveugler la défense allemande qui ne riposte pas. Des prisonniers sont même envoyés dans les lignes de la 5th Infantry Division. Arry est enfin capturé. Le 3/10th, appuyé par le B Company du 735th Tank Battalion s’empare de la Cote 396 après un combat particulièrement féroce contre les troupes allemandes accrochées dans des nids de mitrailleuses sur les pentes. Mais aussitôt arrivée au sommet dépourvu d’arbres, l’Infanterie américaine subit une violent tir de barrage qui l’immobilise. Même si cette position s’avère intenable, le 3rd Battalion peut profiter temporairement d’une bonne vue sur l’ensemble du front de la division, lui permettant de s’emparer de la petite ville carrefour de Lorry. A la fin de l’après-midi, le CC B achève les opérations du jour par la capture de Mardigny et de Vittonville, les localités les plus au sud de la progression.

– Le reprise de l’activité de l’US Army dans la tête de pont d’Arnaville et la présente d’importantes forces blindées à l’est de la Moselle obligent désormais Hitler à prendre des décisions concernant le futur statut tactique de la Festung Metz et e sa garnison. Le 8 septembre, tandis que les forces américaines commencent à opérer leur poussée vers Thionville et Metz, le Generaloberst Johannes Blaskowitz pose à ses supérieur la question sur le devenir de Metz. Doit-on la laisser retenir dans les lignes de la 1. Armee ou bien se replier du côté est de la Moselle ? Blaskowitz recommande donc de défendre le secteur en maintenant des forces terrestres plus mobiles, en contact avec troupes tenant la garnison. Seulement, que faire des 150 élèves officiers à l’intérieur de la garnison ? Mais comme ni l’OB West (von Rundstedt) ni l’OKW n’était prêt à prendre la responsabilité d’une telle décision et lorsque la menace sur Metz se précise à partir du 15 septembre, la question de Blaskowitz arrive sur le bureau du Führer. Comme à son habitude depuis début 1944, Hitler défend son idée des villes forteresses (Festung-Plätze) dont l’efficacité s’est  pourtant révélée douteuse sur l’Ostfront (Brobuisk, Moghilev, Vitebsk*), même si elle a pu retenir les troupes alliées dans l’Ouest de la France (Cherbourg, Brest, Saint-Nazaire, Lorient, La Rochelle, Royan, Pointe de Graves) et encore, en nombre limité. La réduction de la poche de Brest ayant été réglée en moins de trois semaines par le VIIIth Corps (voir article « La bataille de Brest »). Le 15, Hitler donne l’ordre à la garnison de Metz de résister jusqu’au bout après l’encerclement. Mais le 16, sûrement après avoir été convaincu par Alfredl Jodl (chef d’état-major de l’OKW), il donne l’ordre à la 1. Armee de renforcer la garnison au nord et au sud afin d’éviter tout encerclement.

– Revenons du côté américain. L’état-major de la IIIrd Army et le Major.General Silvester mettent sur pied un plan selon lequel la « Lucky Seventh » devait bondir depuis la ligne Fey – Mardigny pour tourner les forts au sud de Metz « connus » par le renseignement, franchir la Seille, obliquer vers le nord (Verny), franchir le Nied et encercler l’est de Metz. Ensuite, le CC A de Rosebaum devra se diriger vers le cœur de la cité tandis que le CC R de Thompson sera en charge de protéger le flanc est (droit) de la Divsion afin de prévenir à toute tentative de dégagement de la part des Allemands.
Il faut aussi compter avec la météorologie. Si le temps reste mauvais, les colonnes blindées peuvent espérer recevoir un peu de ravitaillement par les airs mais ne pourront se déployer en pleine campagne et devront se contenter de progresser en ligne sur les routes de la région, là où justement, les Allemands avaient pris soin de concentrer le feu de leur artillerie.

– Tôt dans la matinée du 16 septembre, le CC R commandé par le Colonel Peter T. Heffner lance une attaque pour rompre la ligne ennemie sur la route Lorry – Sillegny. Mais dès le début, les difficultés commencent. Retranchés dans un large bois le long de la route, les Allemands harcèlent la colonne. La TF du Lt.Col. J.A. Wemple tente de nettoyer le bois mais s’y fait rejeter par un tir d’artillerie provenant de Sillegny qui hache les arbres. Le CC A qui a franchi la Moselle durant la matinée se joint à l’attaque à 14h00 mais perd son bataillon de char qui n’a pas gagné sa ligne de départ en raison d’une confusion d’ordres. Les fantassins portés du 48th AIB s’élancent néanmoins vers le hameau de Vezon pour se retrouver immédiatement pris sous un déluge de feu provenant du Fort Verdun au nord. Le Colonel Chappuis tente alors de réorienter ses compagnies de fusiliers sur Marieulles pour se faire immédiatement barrer la route par des soldats allemands tapis dans leurs trous.

– La 5th Infantry Division passe à l’attaque en fin d’après-midi mais sur des positions que les Allemands ont plutôt bien renforcées en profitant de la brume matinale et de la pluie. Les Allemands lancent même un assaut à la jointure des 10th et 11th Infantry Regiments. Un bataillon lourdement armé de lance-roquettes et de fusils antichars, gravit le versant ouest de la crête de Vezon et vient frapper dans le flanc du 11th Infantry. S’ensuit alors un combat aussi confus que furieux qui dure toute la matinée. Les Allemands sont rejetés des positions du 11th par l’arrivée salvatrice de chars du 735th TB.

– Plus au sud, le 10th Infantry et le Combat Combat A repartent à l’assaut de Marieulles, farouchement tenu par 500 Allemands. Le combat dure toute la journée. Un premier assaut lancé par les 48th et 23rd AIB échoue à la lisière de la localité à cause de canons de 88 mm qui tirent des obus hautement explosifs. Dans l’après-midi, l’artillerie du XXth Corps fait donner trois bataillons de 155 mm qui pilonnent Marieulles pendant une minute. Puis, des groupes d’artillerie légère vient en aide aux fantassins pour réduire la résistance allemand dans les bâtiments. Après un furieux combat, les Américains s’emparent de la petite ville en faisant 135 prisonniers.

– Sur la droite, le CC R tente à se débarrasser des obstacles pour s’établir une base de départ à la lisière du Bois de Dauont avant d’attaquer Sillegny. Mais la bonne discipline de feu allemande inflige des pertes sensibles aux équipes américaines. La contre-batterie américaine s’avère futile dans le brouillard. Résultat, les troupes et les véhicules restent agglutinées sur la route sans pouvoir bouger. Mais lorsque le CC B se trouve prêt au départ, Silvester ordonne une attaque sur la Seille, pendant que le CC A se tient en réserve derrière Marieulles après avoir été relevé par le 10th Infantry Regiment. Pendant ce temps, le 2nd Infantry Regiment parvient à occuper la Cote 245, allongeant la tête de pont américain de quelques kilomètres.

– Walker et Silvester montent alors un nouveau plan d’attaque pour le 18  septembre pour élargir le front du XXth Corps. Leurs objectifs sont quatre villes situées le long de la route Metz-Cheminot qui suit le cours de la Seille : Pournoy-la-Chétive (2/10th Infantry), Coin-s/-Seille (1/2nd Infantry), Sillegny (CC R) et Longueville-lès-Cheminot (CC B). Le reste des deux divisions étant paré pour exécuter la manœuvre vers Metz. Walker renforce l’artillerie dans la tête de pont d’Arnaville mais les capacités d’observation restent limitées.

– Le 18 septembre, le CC B occupe Bouxières-/s-Froidmont qui a été évacuée par les Allemands qui y ont enterré des mines. L’assaut échoit à l’Infanterie, les chars devant se contenter de rester en appui-feu. Durant le reste de la matinée, les unités américaines s’emploient à dégager la route vers l’est. Lorsque 3 Compagnies d’Infanterie portée (48th et 23rd AIB) se lancent vers le cours de la Seille, elles sont rapidement prises sous le feu des Allemands retranchés sur la Cote 223.

– Sur le flanc gauche, les bataillons de tête de la 5th Infantry Division démarrent leur assaut durant l’après-midi et ne rencontre qu’une faible résistance et parviennent à s’avancer jusqu’aux versants ouest de Pournoy-la-Chétive et de Coins-s/-Seille. Mais les unités de la 5th Division avancent plus lentement que prévu car ses GI’s ont onze jours de combats dans les bottes. L’infanterie se trouve alors arrêtée à l’est de Verny par plusieurs forts. L’arrivée de quelques chasseurs-bombardiers armés de bombes au napalm ne change strictement rien.

– Au centre, le CC R lance sa première attaque sur Sillegny à 15h15 avec 2 Compagnies du 38th AIB (Lt.Col. W.W. Rosebro), 3 compagnies de Sherman du 17th TB (Col. Wemple) et l’appui de quatre bataillons d’artillerie. Mais dès lors que l’Infanterie américaine sort des bois, l’artillerie allemande la cloue au sol depuis les forts de Verny. Les observateurs détachés par les quatre bataillons d’artillerie d’appui ne peuvent repérer les canons allemands et les contre-batteries s’avèrent inefficaces. Du coup, les artilleurs allemands s’en donnent à cœur joie, déversant un déluge d’acier sur les fantassins américains. Même si les équipages de Sherman du Colonel Wemple parviennent à franchir courageusement le mur de feu, la perte de cinq engins, l’absence de fantassins d’appui et le manque de munitions les contraignent à se replier. De leur côté, les fantassins refusent catégoriquement de courir au suicide et se replient dans les bois. Le Colonel Heffner appelle alors le QG de la Division pour expliquer qu’il n’a plus que 2 sections de fantassins en réserve et ses forces sont trop faibles pour prendre Selligny. Les Colonels Rosebro et Heffner, ainsi que d’autres officiers arrêtent la fuite de l’Infanterie, la reprennent en main et la réorganisent.  Quant aux équipages du 17th TB de Wemple, plus personne ne veut prendre le risque de les lancer au milieu du feu des canons allemand. Cependant, les officiers américains apprennent de la bouche de prisonniers allemands que les défenseurs du secteur de Verny ont été renforcés par deux compagnies d’infanterie ponctionnées à Metz.

– Les combats reprennent le lendemain, tout aussi sanglants et confus. Le 38th AIB paie un lourd tribut au niveau de ses officiers. Son chef, le Colonel Rosebo est mortellement blessé, son officier adjoint, le Major. C.H. Rankin est tué. Et lorsque le Major T.H. Wells prend le commandement, il est mis hors de combat lui aussi. Envoyé pour prendre le commandement du bataillon, le Lt.Col. Theo T. King n’a d’autre choix que de replier ses trois compagnies. Pendant que King réorganise son unité, l’artillerie du XXth Corps déclenche un tir nourri sur Sillegny. A 13h15, l’Infanterie attaque une fois de plus et réussit à entrer dans la ville recevoir de plein fouet un nouveau bombardement allemand. Les hommes du 38th AIB se retrouvent alors incapables d’occuper la localité ou d’en sortir. Bien évidemment, les fantassins allemands en profitent pour contre-attaquer avec l’appui de blindés. Le salut des trois compagnies américaines vient encore du ciel avec l’arrivée de P-47 qui viennent matraquer les colonnes allemandes. Quelques chars et Grenadier réussissent à s’infiltrer dans Sillegny mais deux chars Sherman qui ont pu rester à l’intérieur parviennent à les mettre hors d’état de nuire. Mais le Lt.Col. King est blessé et doit être évacué, laissant son commandement à un Capitaine de trente-trois ans. A 18h30, les Allemands relancent un nouvel assaut sur Sillegny et à 19h00, le contact entre les américains encerclés et le CC R est rompu. Le Lt.Col. R.L. Rhea, nouveau commandant du 38th AIB reçoit alors l’autorisation de rompre l’engagement. Les fantassins survivants – soit un quart seulement de l’effectif de départ –  doivent alors s’enterrer à l’est des bois. Le Colonel Wemple déploie alors ses chars entre les lignes avancées du CC R et Sillegny. Le CC A de Rosebaum prend alors position en face de Sillegny et se prépare à reprendre le chemin de Sillegny.

– Les choses se passent mieux du côté du CC B qui réussit à progresser vers la Seille. Le matin du 19 septembre, le 48th AOB parvient à chasser les artilleurs allemands de la Cote 223, permettant au 23rd AIB et au 31st TB de s’engager en direction du cours la rivière et de Longueville. Mais là, les Allemands résistent avec acharnement à l’aide de canons antichars mais au final, les Américains finissent par s’emparer de Longueville.
En revanche, la tentative de prendre Cheminot sur la rive droite de la Seille échoue au prix de cinq chars détruits par des tirs provenant de la rive opposée. Cheminot reste une menace dans le flanc droit du XXth Corps et le flanc gauche du XIIth d’Eddy jusqu’au 22 septembre, date à laquelle les éléments de la 553. VGD évacuent la localité.

– En milieu d’après-midi du 20 septembre, le CCA achève d’organiser ses positions à l’ouest de Sillegny, en se voyant rattaché le 48th AIB. En coordination avec le CC B, le CC A tente d’isoler Sillegny en effectuant un crochet par le nord mais ses chars sont bloqués à Creux où la Seille forme un méandre. Un second enveloppement par le sud est tenté mais il butte sur des casemates et des canons antichars situés de l’autre côté de la Seille. Une tentative de poussée vers l’est sous un feu d’artillerie provenant de Cheminot se révèle tout aussi infructueuse. Pendant la nuit, les Allemands en profitent pour renforcer les éléments de la 17. SS-PzGren-Div « G.v.B » sur la ligne de la Seille pendant la nuit du 20-21 septembre.

– Peu avant le lever du jour, le CC B envoie deux compagnies traverser la Seille à gué au sud et à l’est de Longueville. Malheureusement, les équipes du Génie du CC ne disposent pas de tout leur matériel pour jeter un pont sur la rivière. Finalement, au lever du jour les compagnies se replient et la 7th Armored Division commence à monter un plan de franchissement coordonné pour le 23 septembre, tout en rassemblant le matériel des pontonniers. On peut constater que l’échec du XXth Corps à encercler Metz rapidement dès la fin du mois d’août, contrairement aux estimations de Patton, a permis aux Allemands de bien coordonner l’exécution de leur plan de destruction des ponts sur la Moselle et la Seille. Par conséquent, les 5th Infantry et 7th Armored Divisions sont forcées de se battre dans des conditions bien moins favorables qu’attendues et avec des pertes dramatiquement sensibles face à un adversaire opiniâtre, mordant et particulièrement bien retranché. Faut-il encore souligner l’échec du renseignement américain ? La 7th Armored Division avait déjà perdu 47 Sherman, 8 chars Stuart, 1 106 hommes dont 469 tués en un peu plus d’une semaine. La « Lucky Seventh » comme on la surnommera, a bien été malchanceuse durant cette fin d’été 1944.

– Pendant que les hommes de Lindsay M. Silvester tentent de trouver un point de franchissement sur la Seille, la 5th Infantry d’Irwin, sur le flanc gauche, avance elle aussi lentement. Le 18 septembre, le 10th Infantry du Colonel Pell fait avancer des patrouilles à l’est de Pournoy-la-Chétive pendant que la 2nd Infantry du Colonel Roffe occupe définitivement la Cote 213 en vue de la Coin-s/-Seille. Irwin ordonne alors que les deux villes soient prises le lendemain. Mais cette prudence permet aux Panzergrenadiere de monter une contre-attaque en force contre Coin-s/-Seille. Mais heureusement, l’intervention des P-47 de Weyland et de l’artillerie divisionnaire contrecarre le projet allemand. Tard dans la soirée, le 2nd Infantry est frappé par une contre-attaque provenant de Coin-s/-Seille mais une fois de plus, les artilleurs rétablissent la situation.

– Irwin ordonne alors de lancer une attaque coordonnée par les 2nd et 10th Infantry Regiment. Le coordination est assurée par le Brigadier.General Alan D. Warnock, commandant-adjoint de la Division. Sauf qu’il ne faudra pas compter sur un fort soutien en artillerie en raison du manque de munitions et un ciel bas empêche les appareils d’assurer une couverture aérienne efficace. Néanmoins, les bataillons d’assaut réussissent à se dégager un passage au milieu d’un tir de barrage de chars, de mortiers et de canons. Tôt le matin, le 1/2nd s’assure la prise de Coin-s/-Seille, même si son flanc s’est retrouvé pris sous le feu des artilleurs allemands provenant de Sillegny. Au nord, le 2/10th du Lt.Col. Paul T. Carroll est durement accroché par les Allemands bien retranchés dans Pournoy-la-Chétive, malgré l’appui de la B Company/735th TB, de la B Company/818th TDB et de la B Company/7th Engineer Combat Battalion. Deux chefs de compagnies sont tués et les Américains doivent s’enterrer à 200 mètres de la localité sous le bombardement allemand. Les compagnies du bataillon sont désorganisées et il faut tous les efforts des vétérans comme ceux de l’état-major de Carroll pour rétablir l’organisation. En début de soirée, le 2/10th repart à l’attaque pendant que les chars et les Tank Destroyers  M10 « Wolverine » enveloppent Pournoy par l’est et le nord, forçant les allemands à se retrancher dans les bâtiments. Carroll déploie alors son bataillon – encore désorganisé – en couverture au nord, à l’est et au sud.

– Pendant la soirée, Irwin rend visite à ses chefs de Régiments et constate qu’aucune poussée vers l’est ne sera possible sans un fort appui d’artillerie. Prenant connaissance de la situation, Walker autorise Irwin à maintenir sa Division sur les positions conquises. La progression sur Pournoy-la-Chétive forme alors un angle droit qui s’avère être la clé de la possible percée de la 5th Division sur la Seille. Pour réduire se saillant, Sinnehuber commandant du LXXXII. Armee-Korps déploie toute les réserves disponibles de la 17. SS-PzGren. « G.v.B » et les restes de la 106. Panzer-Brigade. Pendant toute la soirée, les batteries lourdes des Forts de Verny et de Fleury, ainsi que les pieces des 88 et 20 mm disponibles donnent de la voix toute la nuit. Pendant la nuit du 21, un fort parti d’Allemands s’en prend au 2/10th, désorganisant ses lignes temporairement. Une compagnie est presque anéantie et une autre est réduite 2 officiers et 64 hommes de troupe. Les Américains réussissent à rétablir la situation mais 450 hommes sur 800 ont été tués ou sont hors de combat. Durant toute la journée du 21, partant de Coin-lès-Cuvry (environ 1,5 km plus au nord), les Allemands opèrent une série d’assaut avec Panzer, blindés légers et infanterie mécanisée, avec un bon appui d’artillerie. Et c’est encore l’artillerie du XXth Corps – notamment les obusiers lourds de 240 mm – qui sauvent la situation. Le 2/10th a tenu mais il est à bout de forces et doit abandonner Pournoy pour être relevé par le 1/10th durant la nuit du 23-24 septembre.

4 – L’avance de la 90th Infantry Division sur Metz

– Alors que le 2nd Infantry Regiment du Colonel Roffe s’échine à avancer vers l’est, la 90th Infantry Division la 90th « Tough & Ombres » s’apprête à reprendre sa route vers Metz. Mais le 357th Infantry Regiment du Colonel Barth fait face à une ligne de fortifications établie des deux côtés de la route Saint-Privat – Marengo – Metz. Au nord de la route, l’ouvrage de Canrobert suit la ligne du Bois de Fèves avant d’obliquer vers Semécourt au nord-est. Au sud de la route Saint-Privat – Metz, de groupements de fortifications, connectés à des ouvrages en campagne, couvrent toute une ligne garnie de trous individuels, de films barbelés et de positions de mitrailleuses. Tout au nord, l’ouvrage de Kellermann commande l’accès de la route. En fait, le groupe des forts de Lorraine s’échelonne vers le sud-est, le long d’une ligne de collines boisées se terminant en contrebas d’Amanvillers.
De plus, au-dessous de l’ouvrage Kellermann, on trouve les forts de Guise, le groupe des forts « Jeanne d’Arc », ainsi qu’une série de fortins baptisés « Les Sept Nains » qui gardent le défilé d’Ars-s/-Moselle.

– Durant la matinée du 15 septembre, les 357th et 359th Infantry Regiments ouvrent leur attaque contre la ligne fortifiée gardant l’ouest de Metz.  Les deux régiments, sont bien reposés, en bonne confiance et n’ont subi que peu de pertes dans les combats précédents. Contrairement à Irwin pour la 5th Infantry Division, le Major.General McLain va pouvoir utiliser ses forces en offensive avec un bon ratio d’effectifs.

– C’est au 1/357th du Major B.O. Rossow – placé sur l’aile droite du régiment – d’ouvrir la danse avec l’aide d’une section du Génie et de lance-flammes, en avançant sur la route Saint-Privat – Metz afin de couper la route entre les ouvrages Canrobert et Kellermann. Le Bataillon de Rossow chasse les Allemands du Bois de Jaumont et réussit à approcher l’ouvrage Kellermann par l’ouest. En revanche, le 2/357théprouve de plus grandes difficultés à atteindre l’ouvrage Canrobert et se retrouve bloqué par un fort tir de barrage venu du Bois de Fèves. L’idée de contourner l’ouvrage est très vite rejetée.

– Trois-quarts d’heure après le 357th, le 2/359th du Captain O.C. Talbott quitte ses positions de Malmaison pour s’élencer contre les Forts « Jeanne d’Arc » avec l’aide d’une section de Tank Destroyers. Le Colonel Robert L. Bacon pense pouvoir franchir le point le plus dangereux du ravin de Gravelotte en poussant l’aile droite de son régiment par le Bois de Génivaux. Au début, la résistance allemande est faible mais elle se durcit sur le coup de 13h40 à l’est de Malmaison face à des nids de mitrailleuse bien aménagés. Les GI’s tentent d’y venir à bout au Bazooka mais sans grand effet. Ce sont donc les soldats du Génie armés de lance-flammes qui réduisent les points de résistances. Mais les hommes du Colonel Bacon reprennent leur avance avant de s’arrêter devant les forts « Jeanne d’arc » pour la soirée.

– Durant l’après-midi, Bacon et Barth remettent à McLain les rapports de leurs officiers concernant les positions allemandes. McLain en conclut que qu’un assaut contre les positions à l’ouest de Metz est « strictement hors de question » car ce serait lancer ses hommes au suicide. Et beaucoup d’officiers de sa division ont connu les expériences douloureuses de la Bataille des haies. McLain ordonne alors à ses deux subordonnés maintenir une pression constante sur l’ennemi par des actions localisées et limitées, ainsi que par des tirs d’armes légères.

– Mais au matin du 16 septembre, les américains se réveillent dans un épais brouillard. Barth veut alors tenter la chance et ordonne au 1/357th d’avancer entre les ouvrages Canrobert et Kellermann. Les Américains réussissent à progresser en dépit d’un tir sporadique allemand et parviennent à avancer jusqu’à 10h00 en contrebas du fort. Barth decide alors d’engager le 3/357th dans l’affaire. Malheureusement, après la levee du brouillard, les jeunes soldats du Fahhenjunkerschule-Regiment de l’Oberst von Siegroth contre-attaquent violemment avant d’être repoussés par les GI’s. Mais l’effet de surprise ne jour plus et les Américains doive

14 juillet 2016
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Histoire & Culture

17 août 1812 : Victoire de Smolensk

by Jérôme 14 juin 2016

Suite à la bataille de Krasnoïe et au passage du Dniepr par les forces de Davout, Ney et Murat à Rassna, Napoléon Ier décide de s’emparer de Smolensk, ville située sur la route de Moscou, par un mouvement tournant vers le nord.
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Le Corps de Cavalerie du Maréchal Murat et le 3e Corps de Ney poursuivent la Division de Neverovski mais les charges mal coordonnées des Escadrons français ne parviennent pas à anéantir complètement les colonnes russes qui perdent tout de même 2 000 soldats. Le 15 août, Neverovski parvient tout de même à rallier le 7e Corps russe de Nikolaï N. Raievski qui se regroupe près de Smolensk. Napoléon qui espérait s’emparer de Smolensk sans combattre doit réviser son plan. Pendant ce temps, Mikhaïl Barclay de Tolly regroupe tout ce qu’il a sous la main pour défendre la vieille cité.

Le 16 août donc, vers 14h00, Français et Russes se font face. Napoléon dispose de sa Garde Impériale, du 1er Corps de Davout, du 3e de Ney, et du 4e du Prince Eugène de Bauharnais, appuyés par 200 canons. En face, Barclay de Tolly confie la défense de Smolensk aux 6e Corps de Dokhtourov qui s’est embastionné dans la ville.

Napoléon fait donner son artillerie pour forcer les Russes à sortir mais ceux-ci ne tombent pas dans le piège et tiennent leurs positions. Les Divisions Gudin et Morand tentent alors de franchir les murs mais se font repousser.

L’Empereur ordonne alors à Poniatowski de couper les accès de Smolensk au Dniepr pendant que la Division Bruyères doit s’emparer au nord, dominant Sloboda-Ratchenka. L’assaut de Bruyères réussit et Napoléon ordonne de déployer 60 canons sur le plateau.

C’est à ce moment que Ney et Davout lancent leur assaut sur les faubourgs où ils se heurtent à une violente résistance des forces russes. C’est la Division Morand (1er Corps) qui, au prix de près de 1 700 hommes perdus, entre la première dans Smolensk en repoussant la 3e Division de Konovnitsine qui est presque anéantie.

Le bombardement provoque l’incendie de Smolensk et oblige Barclay de Tolly à faire sortir ses troupes, tout en ordonnant au Général Korff d’incendier le reste de la ville pour ne rien laisser aux Français. Le reste des forces russes se replie en bon ordre après avoir perdu  4 700 tués et entre 7 000 et 8 000 blessés. La Grande Armée ne déplore que 700 tués et un peu plus de 3 100 blessés mais la destruction de Smolensk n’est pas pour améliorer les défaillances de l’intendance et du ravitaillement.

Lire :
– REY Marie-Pierre : L’effroyable tragédie. Nouvelle histoire de la campagne de Russie, Flammarion
SOKOLOV Oleg : Le Combat de deux Empires, Paris, Éditions Fayard, coll. « Divers Histoire »

 

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Maréchal Michel Ney, « le rougeaud » ou « le brave des braves » de la Moskowa

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– Le Général Jean-Adoche Junot disait de lui : « c’est un brave homme que Ney ; c’est dommage qu’il soit ce que nous appelons un mauvais coucheur. ». Colérique, emporté, orgueilleux mais au courage et à l’intrépidité légendaires, Michel Ney reste sans conteste l’une des personnalités les plus incontournables de la Grande Armée. Même si…

7 décembre 2015

Dans « Grande Armée »

7 septembre 1812 : Bataille de la Moskowa

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Paradoxalement, cette bataille de la Campagne de Russie – Borodino pour les Russes – est considérée comme une victoire par les deux adversaires. Quoiqu’il en soit, elle reste l’une des batailles les plus dures qu’eut à mener la Grande Armée. Pressé par le Tsar Alexandre Ier de mener une grande bataille avant…

7 septembre 2016

Dans « Grande Armée »

2 décembre 1805 : Bataille « des Trois Empereurs » ; Victoire de Napoléon à Austerlitz

2 décembre 1805 : Bataille « des Trois Empereurs » ; Victoire de Napoléon à Austerlitz

Après les victoires d’Elchingen et d’Ulm en octobre 1805 et l’entrée du Murat dans Vienne, Napoléon a néanmoins besoin d’une victoire importante car la Grande Armée se trouve loin de ses bases, d’autant plus que l’alliance formée par l’Armée Autrichienne de l’Empereur François Ier et l’Armée Russe du Tsar Alexandre…

2 décembre 2016

Dans « Grande Armée »

14 juin 2016
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Histoire & Culture

11 janvier 1952 : Mort du Maréchal Jean de Lattre de Tassigny

by Jérôme 13 juin 2016

Né en 1889 à Mouilleron-en-Pareds (Vendée), d’une famille aux racines allant du Bas-Poitou à la Wallonie, Jean Marie Gabriel de Lattre de Tassigny sort de Saint-Cyr en 1909 dans la Promotion Mauritanie.

Pendant la Grande Guerre, il combat comme Lieutenant dans le 12e Régiment de Dragons puis dans  le 93e Régiment d’Infanterie à Verdun et au Chemin des Dames. Il sera blessé deux fois, décoré de la Croix de Guerre et de la Military Cross (décoration britannique) et recevra huit citations. Il sert ensuite à l’état-major du Général Weygand avant d’être nommé commandant du 151e RI à Metz.
De 1921 à 1926, il sert au Rif Marocain contre les Berbères et finit Chef d’état-major à Taaza.
Il reçoit ses étoiles de Général de Brigade en 1939, ce qui fait de lui le plus jeune officier français qui accède à se grade.

En 1940, il commande la 14e Division d’Infanterie avec laquelle il résiste opiniâtrement à l’ennemi en reculant pied-à-pied jusqu’en Bourgogne.
D’abord légaliste envers le Gouvernement du Maréchal Pétain, il devient commandant de la 13e Division Militaire de Clermont-Ferrand (formation des cadres), directeur de l’école des cadres de Salammbô puis chef de la 16e Division de Montpellier.
En novembre 1942, il refuse l’ordre de ne pas résister aux forces allemandes envahissant la Zone Libre et est interné à Montluc. Il s’évade et rejoint l’Afrique du Nord.
De Gaulle qui n’apprécie que moyennement le nomme commandant de l’Armée B qui devient la Ire Armée Française qu’il réorganise.
Il organise la prise de l’Île d’Elbe en juin 1944. Ensuite, la Ire Armée devient le second élément principal du 6th Army Group du Général Jacob L. Devers.

La Ire Armée débarque en Provence après le 15 août et libère le Var, avant de remonter la vallée du Rhône, puis déboucher en Bourgogne et en Franche-Comté. Mais en octobre 1944, le temps se gâte et les lignes logistiques de la Ire Armée qui partent de Marseille sont trop étirées et le IInd Corps de Monsabert se troupe bloqué dans les Hautes-Vosges. Après réorganisation, de Lattre reçoit l’ordre de percer les lignes de la 19. Armee allemande dans le secteur de Belfort afin de déboucher en Haute-Alsace. Son offensive démarre le 14 novembre (voir Campagne des Vosges) par un temps hivernal. Le IInd CA de Monsabert distrait les Allemands dans les Hautes-Vosges, tandis que le Ier Corps de Béthouart (2nd DIM, 9e DIC, 1re DB et 5e DB) enfonce les lignes de la 338. Infanterie-Divisionen et sempare de Montbéliard et de Belfort. De Lattre ordonne ensuite au Général Touzet du Vigier de foncer sur Mulhouse qui tombe fin novembre. Seulement, une contre-attaque improvisée menée par les restes de trois divisions allemandes et d’une brigade de Panzer empêche la 5e DB et d’autres unités non endivisionnées (RICM, 9e Zouaves) de percer la ligne Thann Cernay. Si elle est repoussée, cette contre-offensive empêche de Lattre de prendre Colmar selon le calendrier prévu. Devers lui ordonne alors de prendre la cité en décembre mais la Ire Armée est épuisée et le ravitaillement arrive au compte-goutte. Cela permet à Heinrich Himmler qui vient de prendre le commandement du Groupe d’Armées Ober-Rhein de renforcer le dispositif allemand dans la poche. La décision du Général de Lattre d’arrêter temporairement son offensive provoque la fureur de Leclerc avec qui il est en conflit larvé mais aussi du Général Henri de Vernejoul, le commandant de la 5e DB (voir Campagne d’Alsace).

En janvier 1945, Himmler déclenche une contre-attaque dans le secteur de Rhinau qui est repoussée par la Ire Armée. Durant le mois de février, de Lattre planifie et coordonne le nettoyage de la Poche de Colmar qui s’achève en février après de furieux combats. Mais il doit faire appel à l’aide du XXIst Army Corps américain du général Frank W. Milburn (3rd, 28th et 75th Divisions) pour réduire les points de résistance allemands. L’action des Américains est notamment déterminante pour libérer le Canal de Colmar, le Canal Rhin-Rhône, ainsi que Neuf-Brisach. Mais beaux joueurs, les Américains laissent les Combat Commands de la 5e DB, le 152e RI et les paras du 1er RCP entrer les premiers dans Colmar le 2 février.

Les 30-31 mars 1945, la Ire Armée passe le Rhin à Gambersheim en face de Spire. Les combats contre le LXXX.X Armee-Korps sont particulièrement durs mais les 9e DIC, 3e DIA et 4e DMM finissent par prendre solidement pied sur la rive droite du fleuve et à y jeter des ponts et envahit le Palatinat. Peu de temps après, le Général de Gaulle et de Lattre traversent symboliquement le Rhin sur un pont du Génie. Le 4 avril, la Ire Armée sempare de Karlsruhe. Désobéissant aux ordres du Général Devers, de Lattre lâche Montsabert contre la ville de Stuttgart qui tombe après une rocade en pleine Forêt noire le 22 avril.  La Ire Armée achève la guerre à Arlberg.

Le 8 mai 1945, il signe au nom de la France la reddition sans condition des troupes du IIIe Reich à Berlin aux côtés de le Maréchal Georgi K. Joukov, le Général Carl Spaatz (États-Unis) et l’Air Marschall Arthur Tedder (Grande-Bretagne). Le Feldmarschall Wilhelm Keitel eut alors ces mots : « les Français ! Il ne manquait plus qu’eux ! ».
A titre anecdotique, après la capitulation nazie, le Général de Lattre de Tassigny fut convié à une réception que donnait le Maréchal Joukov. Ce dernier n’étant guère connu pour ses distractions originales, fit pourtant état d’autres qualités que celles qu’il déploya depuis 1941. En effet, Joukov se lança dans une brillante démonstration de danses cosaques, discipline qu’il pratiquait à merveille (1).

En 1950, il est envoyé d’urgence en Indochine en tant que Haut-Commissaire au Tonkin afin de rétablir une situation critique face au Vietminh de  Hô Chi Minh et de Vô Nguyen Giap. De Lattre modifie les techniques de combat et attire les Communistes vietnamiens sur son terrain. S’ensuivent alors les victoires de Mao-Khé et de Ninh-Binh (1951).

Malade et profondément affecté par la mort de son fils au combat, le Maréchal de Lattre est rappelé en France fin 1951. Il décède donc le 11 janvier 1952. Ces funérailles sont célébrées à Notre-Dame-de-Paris et il est élevé au Maréchalat. Il repose maintenant en Mouilleron-en-Pareds.

Il était titulaire notamment de la Légion d’Honneur, de la Médaille de la Libération, de trois Croix-de-Guerre, de la Distinguished Service Medal, de la Legion of Merit, de l’Ordre de Souvorov, de la Grand Croix de l’Ordre du Lion Blanc (Tchécoslovaquie) et de la Grand Croix de l’Ordre de Saint-Olaf (Norvège).

Lire : 
HENNIGER Laurent (dir.) : Les Maréchaux Soviétiques parlent, Perrin
AUBIN Nicolas, BIHAN Benoîst, BOUHET Patrick : L’Armée française de 1943-1945. Une douloureuse résurrection. in LOPEZ Jean & HENNIGER Laurent : Guerres & Histoire N°24, avril 2015

13 juin 2016
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Histoire & Culture

Maréchal Catherine-Dominique Pérignon

by Jérôme 14 mai 2016

Maréchal d’Empire passé dans l’oubli, Catherine-Dominique de Pérignon voit le jour à Grenade près de Toulouse le 31 mai 1754, au sein d’une famille de notable qui détient des quartiers de noblesses récents.
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Après de bonnes études secondaires, Catherline-Dominique de Pérignon obtient un brevet de sous-lieutenant et intègre le Régiment des Grenadiers Royaux en Guyenne. En 1770, il devient aide de camp du Marquis de Preissac. Mais après la publication de l’édit du Comte de Ségur qui bloque l’avancement des officiers dans les grades, Pérignon démissionne, se réoriente dans le droit et est élu Juge de Paix. Apprécié dans sa profession, il est élu Député de la Haute-Garonne à la Législative en 1791.

Mais en 1793, il reprend du service dans l’Armée Révolutionnaire et obtient le grade de Lieutenant-Colonel. Envoyé dans les Pyrénées, Catherine-Dominique de Pérignon participe aux combats de Thuirs, du Mas-de-Serre, de Truillas et de Peyrestores comme Général de Brigade. Général de Division en 1794, il se fait remarquer par la prise du Camp de Boulou (1er mars) et par la victoire du Col de Junquera (7 juin). Commandant du Centre de l’Armée des Pyrénnées, il remplace le Général Jacques François Dugommier tué à la bataille de la Sierra Negra (Montagne Noire) et remporte la victoire sur les Espagnols de Luis Firmin de Carvajal. Il remporte ensuite les victoires d’Escola, du Bouton-de-Roses, s’empare de la ville de Roses, s’empare de Figuières mais échoue à Bascara en mai 1795.

Élu représentant de la Haute-Garonne au Conseil des Cinq-Cents sous le Directoire, Catherine-Dominique de Pérignon est envoyé comme ambassadeur à Madrid après le Traité de Paix de Bâle. C’est en cette qualité qu’il négocie le Traité de San Ildefonse en 1796. Mais en 1797, suite à une affaire de cœur avec une espionne royaliste et en raison de malversations financières ayant eu cours sous son autorité, il es rappelé à Paris et remplacé par le Vice-Amiral Laurent Truguet. Pendant deux ans, Pérignon est laissé sans poste, ni affectation.

En 1799, il fait partie de l’expédition de Bonaparte en Italie et commande au troupes de Ligure. A Novi, il commande l’aile droite (avec Grouchy et Lemoine) pour garder les vallée de la Bormida et du Tanaro. Pérignon tient bravement le village de Pasturana face aux Russes mais, submergé par le nombre, il doit remettre son sabre au Général Souvorov le 15 août 1799. Ses généraux se rendent avec lui.
Libéré par les Russes en 1800, Pérignon rentre à Paris et Bonaparte le nomme Sénateur. A partir de cette date, il n’exercera plus de commandement militaire.

Partisan de l’établissement de l’Empire en 1804, Dominique-Catherine de Pérignon fait partie de la fournée de généraux faits Maréchaux d’Empire. Il sera fait Comte d’Empire en 1808.
En 1806, Napoléon nomme Pérignon Gouverneur de Parme et de Plaisance, fonction qu’il occupe jusqu’en 1814. Entre-temps, ils est devenu Grand Officier du Grand-Orient. Mais lorsque Murat Roi de Naples pactise avec les Autrichiens, Pérignon décide de retourner en France et se retire un temps à Toulouse. Lors de la Restauration, il se rallie à Louis XVIII.
Cependant, lors des Cent Jours, les Royalistes toulousains tentent d’utiliser Pérignon pour rallier la population à leur cause. Mais devenant de plus en plus sénile, le Maréchal d’Empire n’est guère suivi. Finalement, lors de son retour au pouvoir, Napoléon le laisse en paix, se contentant de le déchoir de sa dignité de Maréchal de France.

Après la chute de l’Empereur, Pérignon est rétabli dans sa dignité et peur siéger à la Chambre des Pairs. A ce titre, il vote la mort du Maréchal Ney avec Sérurier et Marmont. 

Il s’éteint finalement le 25 décembre 1818 à Paris.

Source :
– http://www.napoleon-empire.net

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Maréchal Catherine-Dominique de Pérignon

Maréchal Catherine-Dominique de Pérignon

Maréchal d’Empire passé dans l’oubli, Catherine-Dominique de Pérignon voit le jour à Grenade près de Toulouse le 31 mai 1754, au sein d’une famille de notable qui détient des quartiers de noblesses récents. Après de bonnes études secondaires, Catherline-Dominique de Pérignon obtient un brevet de sous-lieutenant et intègre le Régiment des Grenadiers…

25 décembre 2013

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Général Dominique-Joseph Vandamme, Comte d'Unsebourg

Général Dominique-Joseph Vandamme, Comte d’Unsebourg

Fils d’un chirurgien, Dominique-Joseph Vandamme voit le jour en 1770 à Cassel dans les Flandres françaises. S’engageant dans un Régiment colonial en 1788, il se retrouve en garnison à la Martinique lorsque la Révolution éclate. Désertant de son unité, il quitte l’Île et revient en France en 1790. – Combattant…

15 juillet 2015

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Nicolas Jean-de-Dieu Soult, Maréchal et Pair de France, Duc de Dalmatie et « Premier manœuvrier d’Europe »

Nicolas Jean-de-Dieu Soult, Maréchal et Pair de France, Duc de Dalmatie et « Premier manœuvrier d’Europe »

Il reste sans doute l’un des plus grands maréchaux de Napoléon. Malgré plusieurs insuccès en Espagne, il contribua aux plus grandes victoires de l’Empereur. Toutefois, ses inimitiés avec plusieurs autres Maréchaux tels Suchet et Ney, ainsi que ses revirements successifs lors de la Restauration sont aussi restés célèbres. Auguste-Frédéric Marmont disait de Soult…

26 novembre 2013

14 mai 2016
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Histoire & Culture

Le Bataillon « Janson de Sailly »

by Jérôme 16 avril 2016

Méconnu aux yeux du public, le Bataillon « Janson de Sailly » qui donnera naissance au 2nd Bataillon de Choc a néanmoins participé aux durs combats de la campagne d’Alsace et en Allemagne. Voici donc un bref historique de cette unité.

1rimpp– Lors de la Libération de Paris, des militaires de l’Armée d’Armistice en congé, des membres du Comité de Libération du XVIe, des élèves des Ecoles Préparatoires et de la Sorbonne, ainsi que des élèves SOS se rassemblent dans la cour du Lycée Janson de Sailly dans le XVIe Arrondissement. Le 19 août, une unité nouvelle unité mal armée mais enthousiaste est créée et prend le nom de 1er Régiment de Marche de Pari. Il prend ensuite la dénomination « Bataillon Janson de Sailly », appelé aussi « Bataillon des bacheliers » et même « Royal XVIe ». Celui-ci est alors commandé par le Capitaine de Frégate Marchand secondé par le Chef de Bataillon Gayardon de Fenoyl (un ancien du Vercors), le Commandant Berger et le Commandant Lafay.

– Après la Libération de Paris, le « Bataillon Janson de Sailly » reste l’arme au pied car Leclerc n’a pas souhaité les incorporé dans sa 2e DB au vu de leur inexpérience du combat. Mais ses officiers, en accord avec leurs hommes, conviennent de rejoindre la Ire Armée du Général de Lattre de Tassigny. Le 22 septembre, un premier contact est pris avec de Lattre qui accepte en échange de l’amalgame du Bataillon à son unité. Marchand et ses officiers acceptent. L’unité de FFI sera donc incorporée directement à l’organigramme de la Ire Armée Française.

– Le 25 septembre, le « Janson de Sailly » quitte Paris dans une grande discrétion, les hommes étant embarqués dans des camions, direction l’est de la France. Le 27, le Bataillon arrive à Gray en Haute-Saône. Ils reçoivent alors l’inspection du Général de Lattre qui constate « la bonne cohésion du Bataillon » aux dires du Général Jacques Malézieux-Dehon. De Lattre envoie immédiatement l’unité à l’instruction. A ce moment, l’unité compte quelques militaires de carrière (cadres), des enfants de bonnes familles de l’Ouest parisien et des ouvriers des usines de Boulogne.

– Gambiez rassemble le « Janson de Sailly » au camp du Valdahon, endroit sinistre et abandonné par les Allemands. Pendant un peu moins de deux mois, les hommes de Marchand s’entraînent intensivement sous la férule d’officiers et sous-officiers des Commandos de France et le tout, dans la pluie et le froid. Mais le Bataillon donne une bonne satisfaction. De Lattre l’inspectant régulièrement, il reçoit aussi les visites successives de de Gaulle, Juin et même de Churchill. Le 5 octobre, le Capitaine de Frégate Marchand reçoit l’ordre de quitter le « Janson de Sailly » pour constituer le 4e Régiment de Fusiliers Marins en vue de liquider les poches allemandes en Bretagne. Il est remplacé par son second, Guy de Gayardon de Fenoyl qui conservera le commandement de l’unité de choc jusqu’à la fin de la guerre.

1rimpp(3)– Le 13 novembre 1944, le « Janson de Sailly » est confié au Colonel Fernand Gambiez, fondateur du 1er Bataillon de Choc avec lequel ils s’est illustré en Corse, sur l’Île d’Elbe et dans le Midi, devenu alors commandant des Commandos de France (Bataillons de Choc et Commandos d’Afrique). A cette date, les troupes de Gambiez combattent durement dans la Trouée de Belfort et subissent de lourdes pertes. Le « Janson de Sailly » connaît alors son premier engagement dans le sud des Vosges. Il reçoit du Général Antoine Béthouard (commandant du Ier Corps d’Armée français) la mission de s’emparer de la bourgade de Massevaux.

– Durant deux semaines, les jeunes parisiens et leurs officiers combattent durement dans la neige pour s’emparer de Massevaux qui tombe le 26 novembre au prix de 45 tués et 120 blessés. Malgré la fatigue le « Janson de Sailly » reprend sa marche sur Thann qui tombe au prix de plusieurs tués.

– A la fin de 1944 qui voit l’arrêt de l’offensive de la Ire Armée en Alsace, le « Janson de Sailly » est mis au repos mais de Lattre le « vampirise » de 140 hommes qui sont envoyés compléter les effectifs du 2nd Bataillon de Zouaves Portés (1re Division Blindée). Au début du mois de janvier, le « Janson de Sailly » est officiellement rebaptisé 2nd Bataillon de Choc.
Du 23 janvier au 6 février 1945, le 2e Choc participe activement aux combats pour la Poche de Colmar en s’emparant de plusieurs villages du Bassin potassique au nord de Mulhouse. L’unité compte 11 morts, 70 blessés  et victimes d’engelures à l’issue de ses durs combats mais a réussi à repousser plusieurs violentes contre-attaques allemandes combinant infanterie et chars. Il met aussi plusieurs chars Panther hors de combat.

– En février-mars 1945, après une période de repos, le 2e Choc connaît une période de perfection et d’instruction à Rouffach ou le Général de Lattre vient de créer une école de cadres pour former de nouveaux officiers et sous-officiers. Toujours selon le témoignage rapporté par le Général Malézieux-Dehon, l’entraînement est intensif et réaliste, avec des entraînements à balles réelles.

– Le 3 avril 1945, le 2e Choc franchit le Rhin pour se lancer dans la campagne d’Allemagne. Il participe activement au nettoyage de la ville de Karlsruhe avant de franchir la Forêt Noire en s’emparant de Feudenstadt, Rottweil, avant de foncer vers le sud du Bade-Wurtemberg. Il termine la guerre en s’emparant de Sigmaringen et de Constance.

– Au début de juin 1945, le 2e Choc est officiellement dissous. Une partie de ses jeunes soldats décident de rejoindre Paris pour achever leur scolarité en vue de retourner à la vie civile tandis que d’autres restent dans l’Armée et participeront aux combats d’Indochine.

Lire :
– BECHAUX Antoine & LAFUMA Michel : Le 2e Choc, Bataillon Janson de Sailly, France Empire

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Le Bataillon d'Infanterie de Marine et du Pacifique

Le Bataillon d’Infanterie de Marine et du Pacifique

Unités qui ont fini par donner naissance au 1er Bataillon d’Infanterie de Marine du Pacifique de la 1re DFL, les 1er BIM et Bataillon du Pacifique ont fait partie des toutes premières unités constituées à combattre sous l’insigne de la Croix de Lorraine en 1940. Unitéss distinguée, ils ont participé à…

4 août 2014

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Campagne des Vosges (1944) - Septième partie

Campagne des Vosges (1944) – Septième partie

5 – LA SECONDE OFFENSIVE DU IInd CORPS MONSABERT DANS LES VOSGES – Renforcé par l’arrivée du 2nd Régiment de Dragons (Colonel A. Dremetz) et des Commandos d’Afrique, le IInd CA du Général de Monsabert doit repousser les forces l’aile gauche de la 19. Armee allemandes qui gardent la moitié sud…

1 décembre 2014

Dans « Non classé »

17 octobre 1982 : Mort du Général Antoine Béthouart

17 octobre 1982 : Mort du Général Antoine Béthouart

Né en 1889 à Dole dans le Jura, fils d’un commissaire aux hypothèques, Antoine Béthouart entre à l’Ecole de Saint-Cyr en 1909. Il a notamment comme camarades de promotion un certain Charles de Gaulle et Alphonse Juin. – Sorti de Saint-Cyr en 1912 au sein de la Promotion « du Fez », il…

17 octobre 2016

Dans « Histoire militaire française »

16 avril 2016
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Histoire & Culture

Nicolas Sarkozy; Discours du Latran

by Jérôme 16 avril 2016

 

Voici des extraits du discours prononcé le 20 décembre 2007, au Vatican, où le président de la République d’alors rappelle le lien particulier qui unit la France à l’Église catholique. Un discours qui s’inscrit pleinement dans la ligne éditoriale de France-Histoire-Espérance.

« En me rendant ce soir à Saint-Jean de Latran, en acceptant le titre de chanoine d’honneur de cette basilique, qui fut conféré pour la première fois à Henri IV et qui s’est transmis depuis lors à presque tous les chefs d’Etat français, j’assume pleinement le passé de la France et ce lien si particulier qui a si longtemps uni notre nation à l’Eglise.C’est par le baptême de Clovis que la France est devenue Fille aînée de l‘Église. Les faits sont là. En faisant de Clovis le premier souverain chrétien, cet évènement a eu des conséquences importantes sur le destin de la France et sur la christianisation de l’Europe. A de multiples reprises ensuite, tout au long de son histoire, les souverains français ont eu l’occasion de manifester la profondeur de l’attachement qui les liait à l’Eglise et aux successeurs de Pierre. Ce fut le cas de la conquête par Pépin le Bref des premiers Etats pontificaux ou de la création auprès du Pape de notre plus ancienne représentation diplomatique.

Au-delà de ces faits historiques, c’est surtout parce que la foi chrétienne a pénétré en profondeur la société française, sa culture, ses paysages, sa façon de vivre, son architecture, sa littérature, que la France entretient avec le siège apostolique une relation si particulière. Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes.

Et la France a apporté au rayonnement du christianisme une contribution exceptionnelle. Contribution spirituelle et morale par le foisonnement de saints et de saintes de portée universelle : saint Bernard de Clairvaux, saint Louis, saint Vincent de Paul, sainte Bernadette de Lourdes, sainte Thérèse de Lisieux, saint Jean-Marie Vianney, Frédéric Ozanam, Charles de Foucauld… Contribution littéraire et artistique : de Couperin à Péguy, de Claudel à Bernanos, Vierne, Poulenc, Duruflé, Mauriac ou encore Messiaen. Contribution intellectuelle, si chère à Benoît XVI, Blaise Pascal, Jacques Bénigne Bossuet, Jacques Maritain, Emmanuel Mounier, Henri de Lubac, René Girard… le christianisme a beaucoup compté pour la France et la France beaucoup compté pour le christianisme. Et c’est donc tout naturellement, comme le Général de Gaulle, comme Valéry Giscard d’Estaing, et plus récemment Jacques Chirac, que je suis venu m’inscrire avec bonheur dans cette tradition. (…)

La laïcité ne saurait être la négation du passé. Elle n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû. Comme Benoît XVI, je considère qu’une nation qui ignore l’héritage éthique, spirituel, religieux de son histoire commet un crime contre sa culture, contre ce mélange d’histoire, de patrimoine, d’art et de traditions populaires, qui imprègne si profondément notre manière de vivre et de penser. Arracher la racine, c’est perdre la signification, c’est affaiblir le ciment de l’identité nationale, et dessécher davantage encore les rapports sociaux qui ont tant besoin de symboles de mémoire.C’est pourquoi nous devons tenir ensemble les deux bouts de la chaîne : assumer les racines chrétiennes de la France, et même les valoriser, tout en défendant la laïcité enfin parvenue à maturité. Voilà le sens de la démarche que j’ai voulu accomplir ce soir à Saint-Jean de Latran. (…)

Je partage l’avis du pape quand il considère, dans sa dernière encyclique, que l’espérance est l’une des questions les plus importantes de notre temps.(…)

« Quand les espérances se réalisent, poursuit Benoît XVI, il apparaît clairement qu’en réalité, ce n’est pas la totalité. Il paraît évident que l’homme a besoin d’une espérance qui va au-delà. Il paraît évident que seul peut lui suffire quelque chose d’infini, quelque chose qui sera toujours ce qu’il ne peut jamais atteindre. […] Si nous ne pouvons espérer plus que ce qui est accessible, ni plus que ce qu’on peut espérer des autorités politiques et économiques, notre vie se réduit à être privée d’espérance ». Ou encore, comme l’écrivit Héraclite, « Si l’on n’espère pas l’inespérable, on ne le reconnaîtra pas ». (…)

Et puis je veux dire également que, s’il existe incontestablement une morale humaine indépendante de la morale religieuse, la République a intérêt à ce qu’il existe aussi une réflexion morale inspirée de convictions religieuses. D’abord parce que la morale laïque risque toujours de s’épuiser ou de se changer en fanatisme quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini. Ensuite parce qu’une morale dépourvue de liens avec la transcendance est davantage exposée aux contingences historiques et finalement à la facilité. Comme l’écrivait Joseph Ratzinger dans son ouvrage sur l‘Europe, « le principe qui a cours maintenant est que la capacité de l’homme soit la mesure de son action. Ce que l’on sait faire, on peut également le faire ». A terme, le danger est que le critère de l’éthique ne soit plus d’essayer de faire ce que l’on doit faire, mais de faire ce que l’on peut faire. C’est une très grande question. (…)

En donnant en France et dans le monde le témoignage d’une vie donnée aux autres et comblée par l’expérience de Dieu, vous créez de l’espérance et vous faites grandir des sentiments nobles. C’est une chance pour notre pays, et le Président que je suis le considère avec beaucoup d’attention. Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. (…)

Henri de Lubac, ce grand ami de Benoît XVI, disait : « La vie attire, comme la joie ». C’est pourquoi la France a besoin de catholiques heureux qui témoignent de leur espérance.

Depuis toujours, la France rayonne à travers le monde par la générosité et l’intelligence. C’est pourquoi elle a besoin de catholiques pleinement chrétiens, et de chrétiens pleinement actifs.(…)

J’ai offert ce matin au Saint Père deux éditions originales de Bernanos. Permettez-moi de conclure avec lui : « L’avenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas l’avenir, on le fait […] L’optimisme est une fausse espérance à l’usage des lâches […]. L’espérance est une vertu, une détermination héroïque de l’âme. La plus haute forme de l’espérance, c’est le désespoir surmonté ». Comme je comprends l’attachement du pape à ce grand écrivain qu’est Bernanos ! »

 

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« Les racines de l’espérance »

Nous rééditons cet article qui nous semble être une bonne contribution à la neuvaine pour la France à laquelle France-Histoire-Espérance s’associe pleinement. « Apprenez, mon fils, que le royaume de France est prédestiné par Dieu à la défense de l’Eglise romaine qui est la seule véritable Eglise du Christ » C’est…

15 novembre 2014

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Abbé Iborra :

Abbé Iborra : « En décapitant le roi, on décapitait symboliquement la France »

Extrait de l’homélie de l’abbé Eric Iborra, vicaire de la paroisse saint Eugène, à Paris, prononcée à l’occasion de la messe de requiem pour le défunt roi de France Louis XVI, le 21 janvier dernier :  « Pourquoi assistons-nous à une messe de suffrage si nous pensons, avec le pape Pie…

22 janvier 2014

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Nuit de prière pour la France et l'Europe

Nuit de prière pour la France et l’Europe

Lettre de Monseigneur Dominique Rey, évêque de Toulon : « Des liens solides et privilégiés se sont formés depuis le baptême de Clovis, premier roi barbare à embrasser le christianisme romain, entre la France et l’Eglise. Dans son encyclique au titre révélateur, Nobilissima Gallorum Gens, publiée le 8 février 1884, le…

10 mars 2012

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16 avril 2016
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Histoire & Culture

1-22 avril 1945 : la marche de la Ire Armée Française sur Stuttgart

by Jérôme 16 avril 2016

1 – LA SÉCURISATION DE LA RIVE GAUCHE DU RHIN 

A – LA CONSOLIDATION DES POSITIONS SUR LA RIVE DROITE

– Après le franchissement du Rhin par la 2nde DIM, de Lattre se conforme aux ordres du Général de Gaulle et fait traverser le fleuve au reste de la Ire Armée. Pour l’heure, les unités de la Ire Armée élargissent la tête de pont constituée la veille. Au sud, le 151e RI (Colonel Gandoët) s’empare de Rheinseheim, pendant que le 4e Tirailleurs Marocains (Lt.Col. Clair) prend Philippsbourg, là où plus de deux siècles auparavant, le Maréchal Jacques de Berwick avait trouvé la mort. De Lattre donne pour mission à la 2nde Division d’Infanterie Marocaine de Carpentier de sécuriser la rive droite du Rhin. Ainsi, toujours durant la journée du 1er avril, le 4e RTM s’empare de Neudorf, puis après avoir contourner une série de casemates, rejette les troupes ennemies défendant Graben. Pendant ce temps, le 151e RI nettoie le Bois de Lusshart, avant de prendre Kirrlach et Hambrücken. Le Régiment fait ensuite sa jonction avec le 3e Tirailleurs Algériens.

– Plus au nord, après négociations, le Général Augustin Guillaume patron de la 3e DIA, obtient l’autorisation du Major.General Edward H. Brooks (commandant du VIth US Corps formant l’aile droite la VIIth Army) de faire passer chars et véhicules sur le pont lourd construit par le Génie américain à hauteur de Mannheim. Dans la journée, les chars légers M5 Stuart du 3e Régiment de Spahis Algériens de Reconnaissance (RSAR) et les canons portés du 7e Régiment de Chasseurs d’Afrique (Colonel Alphonse Van Hecke) franchissent le Rhin avant de se rabattre aussitôt en angle droit vers le sud. Pulvérisant la défense de Hockenheim, les équipages font leur jonction avec le 3e RTA. Les Tirailleurs coopèrent alors avec les chars pour s’emparer de Russheim et Mingolsheim. Un groupe de reconnaissance mécanisé parvient même à couvrir 20 km jusqu’à Bruschal. Parallèlement, le 3e RTA établit sa jonction avec la 10th US Armored Division (10e Division blindée américaine) arrivée depuis Heidelberg.

– Le 1er avril toujours, de Lattre fait rédiger sa directive

16 avril 2016
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Histoire & Culture

4 décembre 1923 : Mort de Maurice Barrès

by Jérôme 16 avril 2016

Né en 1862 à Charmes dans les Vosges, enfant il est profondément marqué par la séparation de la Lorraine à l’issue de la Guerre de 1870, ce qui le conduira à devenir l’un des chantres de la Revanche et du Nationalisme anti-allemand. Il fut notamment boulangiste et membre de la Ligue des Patriotes de Paul Déroulède.

– Journaliste et écrivain s’assumant de droite, d’abord antidreyfusard avant de se radoucir pour faire l’éloge des combattants juifs français dans les Tranchées,
il sera élu à l’Académie Française en 1906 au siège de José-Maria de Heredia.

– D’abord influencé par la pensée de Hippolyte Taine et d’Ernest Renan, il glissera peu à peu vers une littérature plus teintée de catholicisme.

Il est l’auteur  entre autres, du Culte du Moi, La Terre et les Morts, L’Ennemi des lois, Le Roman de l’Énergie Nationale, Les Bastions de l’Est et de La Colline Inspirée.

« Certes, une telle connaissance de la Patrie ne peut être élaborée que par une minorité, mais il faut qu’ensuite tous la reconnaissent et la suivent.
À ce résultat général comment parvenir ?
En développant des façons de sentir qui naturellement existent dans ce pays.
On ne fait pas l’union sur des idées, tant qu’elles demeurent des raisonnements ; il faut qu’elles soient doublées de leur force sentimentale. À la racine de tout, il y a un état de sensibilité. On s’efforcerait vainement d’établir la vérité par la raison seule, puisque l’intelligence peut toujours trouver un nouveau motif de remettre les choses en question.
Pour créer une conscience nationale, nous devons associer à ce souverain intellectualisme un élément plus inconscient et moins volontaire…
…Cette voix des ancêtres, cette leçon de la terre, rien ne vaut davantage pour former la conscience d’un peuple. La terre nous donne une discipline, et nous sommes le prolongement de nos ancêtres. Voilà sur quelle réalité nous devons nous fonder. »

(La Terre et les Morts)

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Brève - 29 mars 1796 : Charette est fusillé à Viarme

Brève – 29 mars 1796 : Charette est fusillé à Viarme

– Il reste sans doute l’un des chefs de la Vendée militaire les plus connus (et les plus hauts en couleurs), notamment parce qu’il a continué de lutter contre la Convention et le Directoire après les massacres de Savenay. – Né en 1763 à Couffé, François-Athanase de Charette de la…

29 mars 2016

Dans « 1715-1804 »

6 septembre 1683 : Mort de Colbert

6 septembre 1683 : Mort de Colbert

Considéré comme l’archétype de grand commis scrupuleusement dévoué à l’État, l’homme qui mit fin à l’ascension de Nicolas Fouquet reste encore l’une des personnalités marquantes du Grand Siècle, puisqu’il resta plus de vingt-deux années au service du Roi Soleil. Né en 1619 dans une famille de la bourgeoisie drapière rémoise,…

6 septembre 2016

Dans « De Henri IV à Louis XVI »

Général Diego Brosset

Général Diego Brosset

« La 1re DFL ? Elle est comme ma fille, une fille susceptible, bien douée, capricieuse, difficile et, quand elle veut, charmante. (…) Elle a des excuses à ne pas être comme tout le monde. Elle s’est formée en courant le monde… C’est une grande unité qui a de la…

20 novembre 2015

Dans « Histoire militaire française »

16 avril 2016
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Histoire & Culture

POURQUOI « FRANCE-HISTOIRE-ESPÉRANCE »?

by Jérôme 16 avril 2016
16 avril 2016
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Histoire & Culture

Hélie de Saint Marc, « Les Champs de braises »

by Jérôme 16 avril 2016

Dans une époque où l’engagement fait peur, voici le témoignage d’un homme qui n’a pas eu peur de s’engager. Résistant, déporté en camp de concentration, légionnaire durant les guerres d’Indochine et d’Algérie, Hélie de Saint Marc n’aura pas été épargné par les épreuves, y compris celle d’être condamné par les autorités de son propre pays.

Une vie dense et romanesque, toujours habitée par la soif de comprendre :
Pourquoi ? Pourquoi tant d’horreurs et de souffrances? 

La vie du soldat apparaît comme une tentative de réponse : avancer en terre inconnue, faire face au danger, tomber parfois, se relever, toujours. Pas de fatalisme, mais une vie faite d’ombres et de lumières, d’aventure et d’espérance, de « braises » qui ne demandent qu’une étincelle pour brûler à nouveau…

« En quelques années, ma situation apparente s’est ainsi retournée du tout au tout. Le soldat perdu et malade est
devenu un témoin que l’on sollicite. Mais l’homme intérieur, lui, n’a pas changé. Je sais ce qu’il peut y avoir de vanité et d’artifice dans l’image que les assemblées attentives claquent sur vous. C’est pourquoi je cherche constamment à décaper sur mon visage le fard insensible qui vient à ceux qui accèdent à une petite renommée, ceux qu’on mentionne en note dans les livres d’histoire, ceux qui accrochent, dans certains cercles d’amis, des regards inconnus. Je désamorce l’admiration touchante. Je me souviens du Revier de Langenstein, de la cellule de Tulle et d’une chambre d’hôpital la nuit. Là j’ai rencontré la vérité de mon destin. Personne ne m’enlèvera cette peau de chagrin. Car celle-là, du moins, est à moi. »

Les Champs de braises. Mémoires avec Laurent Beccaria, Perrin, 1995

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Hommage à Hélie de Saint Marc :

Hommage à Hélie de Saint Marc : « Simplement essayer d’être un homme »

Aujourd’hui 26 août 2013, Hélie de Saint-Marc âgé de quatre-vingt-onze ans, nous a quitté à La Garde-Adhémar pour son dernier grand saut. En hommage à cet homme d’Honneur, d’Engagement et de Noblesse, amoureux de l’Asie, qui connut l’horreur des camps nazis, les rizières d’Indochine et l’internement à Frênes, nous publions…

26 août 2013

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« Que dire à un jeune de 20 ans ? » Hélie de saint Marc

Voici le précieux témoignage d’un résistant, d’un homme de combat et d’honneur s’adressant aux jeunes d’aujourd’hui :  une invitation au courage, à la quête de absolu et au don de soi… « Quand on a connu tout et le contraire de tout, quand on a beaucoup vécu et qu’on est au soir de sa…

26 août 2013

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Hélie de saint Marc :

Hélie de saint Marc : « Que dire à un jeune de vingt ans ? »

Au moment où une rue de Bézier est rebaptisée « rue du commandant Hélie Denoix de Saint Marc », il semble opportun de relire ce beau texte où l’ancien résistant rappelle à la jeunesse ce qu’il considère comme « l’honneur de vivre »… « Quand on a connu tout et le contraire de tout, quand on a…

14 mars 2015

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16 avril 2016
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Histoire & Culture

Chroniques de la Grande Guerre 1 – La course aux armements

by Jérôme 16 avril 2016

La phase préparatoire de la Première Guerre mondiale baptisée « Course aux Armements »  comprend deux périodes distinctes. Elle prend racine peu après l’avènement du Kaiser Guillaume II lorsque le jeune souverain rompt avec la prudente Realpolitik d’Otto von Bismarck pour lancer l’Allemagne dans une nouvelle Weltpolitik. Celle-ci tendait à affirmer la place du II. Reich allemand non plus seulement en Europe mais dans le monde face à la Grande-Bretagne et à la France. C’est la période marquée par la personnalité du Gross-Admiral Alfred von Tirpitz.

La seconde période qui va de 1905-1907 à 1914 est marquée par l’effacement des tenants de la Weltpolitik (1) et de l’armement naval au profit des terriens de l’état-major impérial – Erich Ludendorff en tête – qui convainquent Guillaume II de la nécessité de renforcer le potentiel terrestre de la Kaisersheer (2) face à l’encerclement géopolitique du Reich menacé conjointement par la Russie et la France.

Bien entendu, si l’Empire allemand a sans doute fourni le plus gros effort industriel en matière d’armement à la veille de la Grande Guerre, la France et la Grande-Bretagne n’ont pas été en reste. Seule la Russie de Nicolas II n’a pu accélérer sa transition dans ce domaine, faute de capacités structurelles et matérielles. Malgré une production de canons, cette puissance dépendra bien souvent des approvisionnements français.

Précision pour vous chers lecteurs et chères lectrices, nous traiterons essentiellement ici des ARMEMENTS LOURDS. Les armes individuelles et collectives des fantassins feront l’objet d’un article ultérieur.

1. LA COURSE AUX ARMEMENTS NAVALS

A. Les ambitions navales allemandes

Avant l’accession au pouvoir du Kaiser Guillaume II, la Grande-Bretagne est la première puissance navale du monde en matière de tonnage ; celui-ci étant égal ou supérieur à la capacité cumulée des deux.  Le principe du Two-Power-Standard, répondant aux impératifs d’assurer sa protection comme celle de ses colonies et routes commerciales. Dans ses recommandations aux Président Theodore Roosevelt, l’Amiral américain Alfred T. Mahan montrait comment Londres avait assuré la prospérité de son empire grâce au déploiement d’une flotte puissante.

Après le départ d’Otto von Bismarck, Guillaume II estime qu’il est temps pour l’Allemagne de briller dans le monde et de se constituer un empire colonial. En écho aux  ambitions du Kaiser et en adepte scrupuleux des thèses de Clausewitz, le Gross-Admiral Alfred von Tirpitz estime que, pour répondre aux besoins de sa nouvelle Weltpolitilk, le Reich doit se doter d’une puissante marine (sans pour autant tenir compte de la diplomatie). Or, les stratèges navals britanniques se basent beaucoup sur les théories de Mahan qui préconise la bataille décisive. Comme l’a montré Joseph Henrotin, seul le grand stratégiste de l’Amirauté, Sir Julian Corbett préconise plusieurs déploiements simultanés afin de sécuriser les lignes de communication sans rechercher le combat décisif.

Or en 1897, von Tirpitz préconise la construction de soixante cuirassiers lourds en six étapes sur vingt ans (soit trois cuirassiers en un an). La planification industrielle navale, d’apparence relativement modeste dans le temps, vise à ne pas inquiéter la Grande Bretagne tout en préparant une force navale capable d’anéantir les capacités de la Royal Navy en une bataille décisive – Vernichtungsschlacht – en Mer du Nord.

Dans un document secret remis à Guillaume II,  vont Tirpitz explique au Kaiser : « L’Allemagne doit faire porter tous ses efforts sur la création d’une flotte de guerre qui seule lui garantirait une influence maritime face à l’Angleterre. Mais avant de pouvoir songer à l’exploiter, il faut que la bataille ait été livrée et emportée. […] Concentrons donc nos ressources sur cette victoire ».
Convaincu, Guillaume II donne son accord à la constitution de la nouvelle Kriegsmarine, et demande la levée des financements nécessaires, au détriment du renforcement technique de l’Armée de Terre.

B. La Réaction britannique

Selon l’historien allemand Karl Hildebrand, les ambitions de von Tirpitz se sont révélées très vite irréalisables, sinon fantaisistes, d’autant que Sir John Fisher, Premier Lord de l’Amirauté (et qui tend attentivement l’oreille aux thèses de Corbett) reçoit les renseignements concernant les projets allemands.
Pour contrecarrer les ambitions allemandes, Fisher annonce que la Grande Bretagne va lancer la construction de quatre nouveaux vaisseaux de surface de dernière génération de type Dreadnought. Tirpitz lui emboîte le pas mais doit vite déchanter car les budgets ne peuvent suivre les ambitions du Grand Amiral allemand.

Du côté britannique, lorsqu’il prend sa charge de First Lord of Sea en 1904, Sir John Fisher dresse un constat sévère de l’état de la Royal Navy d’alors. Passé les remontrances, l’énergique patron de la RN lance alors un important programme d’armement pour les grands navires de ligne. C’est donc dans cette optique que sont construits les HMS Dreadnought et HMS Invicible. Suivent ensuite des croiseurs et des destroyers.

Grâce aux efforts de Fisher et aux importants crédits accordés par les gouvernements Campbell-Bannerman et Asquith, en 1913-1914, la seule Grand Fleet (différenciée de la Reserve Fleet) peut se prévaloir d’un avantage certain de 22 navires de type Dreadnought contre 14 pour la Kriegsmarine, sans compter les 35-40 croiseurs et autres navires de guerre disponibles alors.

2. LA COURSE AUX ARMEMENTS TERRESTRES

A. Le Reich Allemand

1. La décision :

Le développement de l’armement terrestre allemand répond à des impératifs géopolitiques évidents. Depuis 1893, la France de la IIIe République anticléricale est l’alliée de la Sainte Russie Orthodoxe, pour reprendre les mots de Pierre Milza, ce qui place le Reich de Guillaume II entre deux probables adversaires. En outre, en 1907, la consécration du Système Delcassé voit la Grande-Bretagne et la Russie solder leur contentieux concernant leurs zones d’influences en Asie Centrale (Afghanistan et Perse). La France est déjà alliée aux deux autres puissances, ce qui donne naissance à la Triple Entente.

Pour les hauts-responsables de la Kaisersheer – Helmuth von Moltke le Jeune, Paul von Hindenburg, Erich von Falkenhayn et Erich Ludendorff en tête – il est grand temps d’abandonner le programme naval hasardeux de von Tirpitz (d’autant plus que la Kriegsmarine s’est discréditée lors de l’affaire d’Agadir en 1911) pour reprendre le développement des armements terrestres (artillerie lourde et mitrailleuses en particulier).
Il n’empêche qu’en 1912, la Lex Bassermann-Erzberger est votée au Reichstag pour doter l’Allemagne de moyens militaires encore plus importants. L’industrie de guerre doit notamment accroître la production de canons, de mitrailleuses, d’obusiers lourds et bien sûr, de munitions de tous calibres.
Lors de la Guerre de 1870, l’Armée de Napoléon III eut la très mauvaise surprise de découvrir que l’artillerie adverse, conçue et fabriquée par les usines Krupp, utilisaient des canons rayés tirant des obus et non plus des boulets et se chargeant par la culasse et non plus par la bouche. Nous y reviendrons dans un article consacré aux plans de guerre et à l’emploi des forces chez les belligérants mais il est nécessaire de bien préciser que l’Artillerie prend une place importante dans la doctrine militaire allemande ; ce qui explique le développement prépondérant de l’artillerie lourde dans le Reich.

Parallèlement au développement de la Kriegsmarine, la Kaisersheer, de concert avec l’Artillerie-Konstruktion-Büro (A.K.B) et les firmes Krupp et Rheinmetall, se lance alors dans un programme de modernisation et d’augmentation de la puissance de feu de son parc d’artillerie. Dès 1896, l’état-major fait remplacer les anciens modèles de canons Krupp par tout une gamme de bouches à feu plus modernes. Naît ainsi l’obusier léger l.F.H 98/09 de calibre 10,5 cm (3) destiné à appuyer l’infanterie lors de l’assaut. 1 260 de ces modèles sont disponibles lors de la mobilisation.

En 1904, en réplique au 75 mm Français, la firme Rheinmetall reprend le modèle du Felkanone 96 n/A (canon de campagne), alors passé de mode. Doté d’un calibre de 7,7 cm, du nouveau système de recul Ehrhardt et du dispositif d’arrêt Krupp, le nouveau modèle va équiper plusieurs régiments d’artillerie en quantité conséquente.
Mais c’est surtout dans l’artillerie lourde que l’industrie de guerre allemande va particulièrement se distinguer. En 1895, par la décision impérative Allerhöchste-Kabinetts-Order (A.K.O), Krupp et l’AKB conçoivent un nouvel obusier (Mörser) amélioré avec un tube au poids allégé et un recul simplifié. En 1904, Krupp met au point le 10 cm Kanone 1904, doté d’une bonne mobilité comme d’une bonne vitesse de tir (560 m/s). Dans la foulée Krupp produit encore le 13 cm Kanone. Adopté en 1909 il n’est encore produit qu’en petit nombre mais équipera les batteries d’artillerie de siège lors de l’entrée en guerre du Reich.
En 1899, l’état-major impérial et l’A.K.B demandent à Krupp et Rheinmetall de concevoir un modèle amélioré du vieux schwere-Mörser (obusier lourd) utilisé durant la guerre contre les Français. Les deux firmes entrent alors en concurrence et conçoivent plusieurs modèles de Mörsers qui sont refusés entre 1905 et 1908.

Toutefois, en 1910, Krupp sort (avec l’aide de Heinrich Ehrhardt, l’un des meilleurs ingénieurs industriels de Rheinmetall) le 21 cm Mörser 16. Conçu spécialement pour écraser des positions fortifiées ou non, ce nouveau modèle peut tirer un obus de 120 kg à une portée 11 100 mètres pour une vitesse de tir de 393 m/s. Enfin, comme si cela ne suffisait pas, à partir de 1896, Krupp met encore au point un obusier lourd de calibre 30,5 cm, le schwerer-Küstenmörser L/8 (B-Gerät), capable d’envoyer des obus de 335-410 kg à plus de 8 kilomètres de portée. Transportable seulement par chemin de fer, cette pièce d’artillerie n’est produite qu’à neuf exemplaires au début du conflit. 

A. Français et Britanniques

1. Le Glorieux 75… sans les canons lourds 

Conformément à la nouvelle doctrine offensive initiée par le Colonel Ardant du Picq, dès le début des années 1890, l’état-major français et la Direction de l’Artillerie (que commande le Général Matthieu) commandent un nouveau type de canon de campagne destiné à appuyer l’infanterie en mouvement. Il faut donc qu’il soit léger, mobile mais aussi doté d’une bonne capacité de tir.

Pilotés par le Capitaine Sainte-Claire Deville, un polytechnicien, les travaux de l’Arsenal de Bourges aboutissent à la création d’un canon de 52 mm à tir rapide. Sur ordre de Matthieu, le Commandant Joseph-Albert Deport (Directeur des Ateliers Militaires de Puteaux) et Sainte-Claire Deville travaillent sur une amélioration du modèle de 1892. En raison de problèmes de fiabilité, Deport finit par laisser sa place à Sainte-Claire Deville.

Celui-ci, assisté du Capitaine Ingénieur Emile Rimailho, améliore le canon déjà existant grâce à l’introduction du nouveau frein Deport II comme du tout nouveau système d’arrêt hydraulique. Les résultats ne se font pas attendre. Présenté devant la Commission des Armements, la nouvelle arme se révèle capable de tirer jusqu’à 20 obus de 75 mm… en une minute seulement, soit 1 obus/3 secondes ! Pour maintenir la bonne cadence de tir de l’engin Sainte-Claire Deville conçoit un caisson d’avant-train en acier qui peut être installer au plus près du canon.

Or, bien que disposant du meilleur canon de campagne existant, les Français manquent cruellement d’artillerie lourde. En 1913, le Général Edouard de Curières de Castelnau fait une intervention tonitruante à la Chambre des Députés où il met en garde contre l’impréparation et les manques matériels de l’Armée française qui est selon lui « une armée de pouilleux ». Résultat, les Députés votent urgemment les crédits supplémentaires, en particulier en faveur de l’Artillerie de campagne. C’est dans ce contexte notamment qu’en 1913 toujours, les Usines Schneider-Creusot lancent la production du nouveau canon de 105 mm mle 1903. Or, celui-ci n’atteindra jamais le niveau de ses adversaires allemands. C’est pendant le début de la Guerre que l’Armée française lancera la production de pièces d’artillerie plus lourde.

2. L’artillerie Britannique

Habituellement familière d’opérations de police dans les colonies, l’Armée britannique prend conscience de ses carences en artillerie au moment de la Guerre des Boers en Afrique du Sud. Bien que la Royal Navy absorbe l’essentiel des crédits militaires, les gouvernements Campbell-Bannerman et Asquith décident toutefois d’augmenter le parc de canons de l’Army (même si celle-ci, formée de volontaires est restreinte en effectifs). Il n’empêche, en 1904, les régiments de la Royal Artillery et de la Royal Horse Artillery se voient dotés du nouveau 18-pdr Gun Mark II (18 livres) qui sera produit 1 226 exemplaires jusqu’en 1914. Parallèlement, les Anglais se lancent aussi dans la production de canons lourds, sans pour autant atteindre le niveau quantitatif des allemands. En 1904 encore, la firme Elswick Ordnance Company sort de ses chaînes d’assemblage le e 5.5-Inch/60 pdr Gun (127 mm), doté d’un système de recul de culasse à vérins et pouvant projeter un obus de 60 livres (28 kg environ) à 11,6 km.

Lire :
– Les Causes de la Première Guerre Mondiale: la structure militaire des empires, (Site) JeRetiens
– WINTER Jay (Dir.) : La Première guerre mondiale, Combats, Fayard, Paris
– LANGERDORF Jean-Jacques : La pensée militaire prussienne. Etudes de Frédéric le Grand à Schlieffen, Economica, Paris
– GOYA Col. Michel : La chair et l’acier, Tallandier, Paris
– HENROTIN Joseph : Julian Corbett. Renouveler la stratégie navale, Argos, coll. Les Maîtres de la Stratégie
– The long, long trail, http://www.1914-1918.net
– La doctrine militaire française de 1871 à 1914 : considérations théoriques et matérielles, (blog) : http://www.carlpepin.com

(1) – Politique mondiale
(2) – Armée de terre impériale
(3) – Les Allemands comptent en centimètres, les Français en millimètres et les britanniques en livres (pound, conformément au poids de l’obus) ou bien en Inch (pour la mesure du calibre). 1-inch correspondant grosso modo à 24 mm.

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Chronique de la Grande Guerre : les systèmes d'alliances européens

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Après la guerre de 1870, le concert européen connaît une certaine mutation en faveur de l’Allemagne Grâce au chancelier Otto von Bismarck qui cherche à préserver l’équilibre européen en recherchant le soutien de ses puissants voisins. Toutefois, les inquiétudes causées par la place que prend l’Allemagne en Europe vont partager…

11 janvier 2014

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30 décembre 2013

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16 avril 2016
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Histoire & Culture

Soixante-dix ans de la campagne de Lorraine – Onzième partie

by Jérôme 16 avril 2016

VIII – L’OFFENSIVE SUR LA SARRE

A – L’OFFENSIVE DU XIIth CORPS : PREMIERE PHASE (8-17 NOVEMBRE)

– Durant la dernière semaine d’octobre, Manton S. Eddy et son état-major s’emploient à mettre au point un plan afin d’établir une tête de pont sur le Rhin entre Oppenheim (au sud de Mayence) et Mannheim, avec pour objectif final la région de Darmstadt. L’avance du XIIth Corps doit s’effectuer rapidement pendant que le XXth Corps s’emploie à encercler Metz. L’ordre paraît le 3 novembre, sous la dénomination Field Order No. 10.
Eddy dispose d’une redoutable force de 5 divisions (plus de 70 000 hommes), soit 3 d’infanterie (26th, 35th et 80th) et 5 blindées (4th et 6th), appuyées par 17 bataillons d’artillerie, 9 bataillons du Génie, 7 bataillons de chasseurs de char, 7 bataillons d’artillerie antiaérienne, 3 bataillons autonomes de chars (pour soutenir chaque division d’Infanterie) et 2 Escadrons de cavalerie mécanisée. Pour les Divisions d’Infanterie, les 35th et 80th Divisions, très éprouvées durant le mois d’octobre, ont reçu des remplaçants provenant de Grande-Bretagne et des unités de dépôts. En revanche, la 26th, arrivée sur le front de Lorraine en octobre, est à effectifs pleins.

– Le renseignement du XIIth Corps estime que les Allemands leur opposeront les 559. et 361. Volks-Grenadier-Divisionen – aux effectifs complets –,des éléments de la 48. Infanterie-Division, ainsi que d’autres unités. Le tout comptant 15 000 hommes en tout, appuyés par 20 engins blindés (chars et canons d’assaut). Le renseignement d’Eddy pense aussi que la 21. PzD se trouve en arrière de la zone de progression du XIIth Corps. Là encore, il se trompe puisque la 21. PzD ne se trouve pas à l’arrière mais dans la zone de la 19. Armee. Toutefois, elle se retrouvera aux prises avec la 2e DB française courant novembre.

– Du côté allemand justement, la 361. Volksgrenadier-Division (Oberst Alfred Philippi) se trouve dans le secteur de Moyenvic depuis le 23 octobre, après qu’elle ait relevé la 11. Panzerdivision. C’est une unité formée à partir de marins, de personnels administratifs et de la Luftwaffe transformés en fantassins mais disposant de presque toute son artillerie. Quant à la 559. VGD de Mühlen qui tient le secteur de Château-Salins, elle a été sévèrement malmenée par les forces d’Eddy durant le mois d’octobre et se trouve considérablement affaiblie. La 48. Infanterie-Division du Generalleutnant Carl Casper n’a pas une meilleure situation, ayant accumulé les pertes depuis l’été face à la IIIrd Army. Et si 2 de ses régiments ont reçu leur entraînement, le troisième, le Grenadier-Regiment 128 n’est absolument pas prêt pour le combat.
Les Allemands ont connu une réorganisation de leurs unités. Le LVIII. Panzer-Korps de Walter Krüger a quitté la Lorraine début novembre pour rejoindre la frontière germano-belge. Il a été remplacé par le LXXXIX. Armee-Korps du General der Infanterie Gustav Höhne, qui tient le secteur sur la gauche du XIII. SS-Korps de Hermann Priess, tout comme le secteur allant du Canal Rhin-Marne jusqu’à Malaucourt. Au début de novembre, la 559. VGD laisse un régiment de réserve près de Château-Salins, tandis qu’un Régiment de la 361. VGD reste aussi en retrait près de Dieuze. Enfin, la 11. Panzerdivision de von Wietersheim reste positionnée en réserve tactique à l’ouest de Saint-Avold, après avoir été rééquipée suite aux combats contre la 4th Armored Division. Elle compte alors 19 Pzkw Mark IV et 50 Panther flambants neufs, ce qui en fait une force plus qu’appréciable au vu de la situation de la Heer dans ce secteur. Hitler a lui aussi donné une unité de réserve au Groupe d’Armée G, en envoyant le 401. Volks-Artillerie-Korps, fort de 5 bataillons d’artillerie. Cette unité arrive aussi dans le secteur de Saint-Avold au début du mois de novembre. Enfin, la 243. Sturmgeschützte-Brigade reçoit l’ordre de se porter dans le secteur de Dieuze afin de relever la 21. Panzer-Division.
D’autre part, les Allemands peuvent bénéficier des obstacles naturels formés par le massif forestier, les marais et les lacs qui gênent l’accès à la Sarre dans le triangle Dieuze – Mittersheim – Gondrexange, entre les Basses-Vosges et la frontière allemande de 1939. L’Ouest de la Sarre est couvert par une série de plateaux délimités par la Seille (Morhange et Dieuze). Et le Plateau de Dieuze est couvert par les Forêts de la Bride et de Château-Salins. Au nord-ouest, s’étend une barrière militaire isolée connue des Américains sous l’appellation de Côte de Delme. Celle-ci est d’une importance tactique certaine puisqu’elle domine la Seille et la Nied.

– Le plan d’attaque du XIIth Corps est donc prêt le 5 novembre et est approuvé par Patton qui laisse Eddy et ses commandants de divisions agir de façon autonome quant aux opérations. L’attaque doit être déclenchée par les trois divisions d’infanterie, couvertes par les deux divisions blindées sur leurs flancs (4th sur la gauche et 6th sur la droite). Les deux unités de chars ont pour ordre de pénétrer dans le dispositif allemand dès que l’exploitation de percée est rendue possible. – La 26th Infantry Division du Major.General Willard S. Paul qui forme la droite de la ligne d’attaque XIIth Corps doit attaquer au nord du Canal Rhin – Marne, sur la Crête Saint-Jean sur le Plateau de Koecking et Guebling.
Au centre, les « anciens » de la 35th Infantry Division du Major.General Paul W. Baade ont pour objectif l’ouest de Château-Salins et l’est du Plateau de Morhange. Enfin sur la gauche, la 80th Infantry Division de Horace McBride doit s’emparer de Morhange. Enfin, le flanc droit du XIIth Corps est couvert par le 2nd Cavalry Squadron qui surveille la rive nord du Canal Rhin-Marne.

– Eddy pourra aussi compter sur l’écrasante supériorité de son artillerie et de la couverture aérienne fournie par le XIXth TAC. Les 17 bataillons d’artilleries (pièces de 105, 155, 203 et 240 mm) doivent matraquer les lignes adverses durant 03h30, avant que les 20 bataillons d’artilleries divisionnaires ouvrent le feu à leur tour 30 minutes avant l’assaut. Chaque bataillon d’artillerie s’est vu attribué des cibles précises. Ainsi les calibres lourds doivent rompre les principales concentrations comme les positions d’artillerie ennemies. Enfin, les pièces antiaériennes de 90 mm, plusieurs batteries de Howitzer de 105 mm, les canons antichars de 57 mm et les chasseurs de chars doivent appuyer l’assaut de l’infanterie au plus près contre les positions de mitrailleuses et de mortiers ennemies. Le 5 novembre, chaque unité d’artillerie a défini son plan de feu grâce aux avions Piper Cubs qui ont observé les positions allemandes. Juste à temps, car le même jour une pluie torrentielle s’abat sur la Lorraine. Patton n’était pas favorable à l’utilisation d’une telle puissance de feu, privilégiant l’usage de ses blindés qui selon lui, étaient plus à même de percer vers le Rhin. Opinion loin d’être partagé par les jeunes officiers des bataillons blindés qui ont toujours la crainte (justifiée) de subir le feu aussi efficace que meurtrier des redoutables canons antichars PaK allemands. En outre, les officiers des unités blindées ne voyaient guère comment leurs Sherman – aussi maniables soient-ils – pourraient manœuvrer aisément dans un terrain transformé en bourbier par le mauvais temps de la saison. Beaucoup pensent également qu’une telle opération commence un mois trop tard. Toutefois, les troupes américaines font encore preuve d’optimisme pour la suite des opérations, bien que l’optimisme en question ne soit pas aussi intense qu’en août.
Eddy prévoyait que son attaque commence le  5 novembre. Mais il doit la reculer au 7 en raison du mauvais temps. Mais Patton ne pouvait attendre plus longtemps et lança le mot de code « Play ball » (« lancez le ballon ») pour signifier à Eddy de démarrer son avance dès le 8 novembre. Le 7 novembre à la tombée de la nuit, l’Infanterie d’assaut commence son déploiement sur ses positions de départ. Mais la IIIrd Army comprend à ses dépens ce que Napoléon signifiait quand il parlait du « cinquième élément de la guerre », à savoir la boue.

– Le 8 novembre à 06h00 du matin, l’artillerie du Corps et des  5 divisions démarre son tir de barrage préparatoire. Les communications téléphoniques allemandes sont détruites et la plupart des canons allemands sont mis hors de combat. Pendant vingt-quatre heures – mais par intermittences – les bouches à feu américaines crachent 21 933 obus. Les artilleurs américains ne lésinent pas sur la quantité car nombre d’obus n’explosent pas en heurtant le sol boueux. Malgré le mauvais temps, plusieurs appareils des IXth et XIXth TAC prennent l’air pour apporter leur appui rapproché aux troupes au sol.
Sous le couvert de l’artillerie, l’infanterie avance et ne rencontre d’abord qu’une faible résistance ennemie. Bientôt, les Américains doivent nettoyer plusieurs petites poches de résistance. Mais c’est la boue qui les ralentit le plus. Et pour ne rien arranger, la Seille est en crue, dépassant le niveau de 1919. Toutefois, plus de 1 000 Allemands hébétés se rendent et une importante quantité de matérielle est laissée à l’abandon.

Source : http://www.ibiblio.org

– Du côté du commandement allemand, on est complètement surpris par la brutalité de l’attaque américaine qui se déroule dans un secteur qui n’était pas prévu par le renseignement du Groupe d’Armées G. Celui-ci estimait en effet que les Américains frapperaient particulièrement dans le secteur de Thionville ou bien entre Metz et Pont-à-Mousson. En outre, les prisonniers capturés étaient eux aussi complètement surpris, pensant se trouver sur une ligne de repos pour l’hiver.


2 – L’avance de la 26th Division

– Pendant la nuit du 7-8 novembre, la « Yankee Division » se positionne avant l’offensive. Le 104th Infantry Regiment du Colonel Dwight D. Colley s’aligne entre Salonnes et Vic-s/-Seille, le 101st Infantry du Colonel Walter T. Scot se concentre près de « Cinq points » sur la RN 414 qui mène à Moyenvic et enfin, le 328th Infantry du Colonel Ben R. Jacobs prend position entre Moncourt et Bezange-la-Petite. L’aile droite de la division est bien sûr couvert par le 2nd Cavalry Group, à la jonction avec la VIIth Army. La Division doit franchir la Seille à Moyenvic, la Côte Saint-Jean (Côte 310) et progresser vers Dieuze. Le 328th Infantry doit mener une attaque de diversion entre Moncourt et Bezange. La Division est appuyée par le 761st Tank Battalion du Lt.Col. Hollis C. Hunt, unité blindée qui a la particularité d’être composée de soldats et de sous-officiers afro-américains.

– Le 8 novembre, après le barrage d’artillerie, le 104th Infantry balaie les avant-postes de la 361. VGD. En même temps, le 2/101st Infantry (Lt.Col. B.A. Lyons) bondit de ses positions pour s’emparer du pont sur la Seille à Moyenvic, tandis que le 1/101st (Lt.Col. L.M. Kirk) effectue son attaque de diversion dans le secteur de Xanrey. A Moyenvic, les allemands sont complètement pris par surprise par le barrage roulant du 101st Field Artillery Battalion sur la Cote 310. La garnison de 542 soldats se rend sans combattre. Une compagnie s’empare du pont avant qu’il ne soit démoli, pendant qu’une seconde commence à combattre pour le contrôle de la Cote 310, tenue par des éléments du Grenadier-Regiment 953 et des Pioniere du 361. Pionier-Bataillon, mais bien appuyés par 6 obusiers, des mortiers et des mitrailleuses. Les F et E Companies du 101st Infantry perdent alors beaucoup d’hommes, dont le commandant de la F. L’arrivée de la G Company à 11h00 ne change rien et l’unité perd aussi son commandant sur le pont de Moyenvic. Les GI’s restent alors cloués sur place, permettant au Pionier-Bataillon 559 de venir renforcer leur camarades sur la hauteur.

– Si l’attaque de la Cote 310 a échoué, le reste des attaques de la 26th Infantry Division se solde néanmoins par des succès. Les 101st et 104th Infantry ont sécurisé plusieurs ponts sur la Seille, tandis que le 328th Infantry chasse 6 compagnies du Grenadier-Regiment 952 du secteur Bezange-la-Petite – Moncourt, avec de lourdes pertes néanmoins.
Pendant trois jours durant, la 26th Division doit batailler pour dégager la Cote 310, afin de pivoter sur la Crête de Koecking, par un temps froid et sous la pluie mêlée de neige. Le 101st Infantry souffre particulièrement des conditions. Le 9 novembre, parti de Juvrecourt, il tente d’envelopper la Crête mais est encore arrêté par le feu allemand. Toutefois, le 3/101st Infantry parvient à s’emparer de Salival durant la nuit, avant de s’infiltrer dans les Bois, derrière les tranchées allemandes.

Major.General Willard S. Paul, commandant de la 26th Infantry Division

Major.General Willard S. Paul, commandant de la 26th Infantry Division

– Pendant ce temps, le 104th Infantry Regiment attaque en direction de la Forêt de Château-Salins, en coordination avec la 35th Infantry Division. Le 9 novembre, les troupes allemandes qui tiennent Château-Salins, sont rejetées sur Morville-lès-Vic. Morville est prise à 15h00, par la Task Force A rattachée à la division (K Company et un peloton de chars). Seulement, un M4 Sherman  du 761st TB  est touchée par une roquette et bloque la route de Hampont. La TF A continue vers Hampont mais le Captain Charles F. Long, commandant de la K Company est tué, et l’unité perd la moitié de ses effectifs.
En raison du mauvais temps, la coopération aérienne est limitée. Les Piper Cubs ne peuvent décoller et sur 110 bombardiers rassemblés par la IXth Bombardment Division pour attaquer Dieuze, seulement 29 peuvent prendre l’air pour pilonner leur cible.

– En dépit de ses difficultés, l’aile gauche de la 26th Division parvient à avancer assez vite pour permettre aux chars de la 4th Armored Division d’avancer, mettant aussi en danger la charnière entre les 559. et 361. VGD. Durant la nuit du 9-10 novembre, Manton S. Eddy ordonne au Lt.Colonel Creighton G. Abrams de lancer son Combat Command A (4th Armored) à l’attaque pour le matin. A 10h55, l’unité d’Abrams commence à traverser les ponts de la Seille en direction de Hampont. Mais l’apparition des chars américains sur le champ de bataille n’a pas grand effet dans la suite des combats pour la Cote 310.

– Le 10 novembre, à 16h00, le Colonel Walter T. Scott ordonne au 1/101st Infantry de repartir à l’attaque de la Cote. Progressant sous un déluge de feu, la C Company parvient à atteindre le nord-est de la Cote 310. Une contre-attaque allemande est très vite repoussée. Le reste du 1st Battalion se déporte sur la gauche, à travers le Bois Saint-Martin et réussit à rejoindre le 3rd Battalion sur la Crête de Koecking. Le 11 novembre, le 3/101st nettoie le bois dans l’obscurité, tout en progressant vers Hampont en ramassant une centaine de prisonnier. Le 11 toujours, le 1/101st chasse définitivement les Allemands de la Cote 310, permettant aux observateurs d’artillerie de la division de relever les cibles de contre-batteries sur Marsal et Haraucourt-s/-Seille, dans la vallée en contrebas.
Le Major.General Paul ordonne alors aux 101st et 104th Infantry de procéder au nettoyage des Bois de Koecking, et de saisir les villages dans la Vallée. Les combats s’avèrent particulièrement coûteux, en plus des 748 hommes perdus pour la conquête de la Cote 310. Le 11 novembre, Paul déplace le 328th Infantry du Colonel Jacobs au centre de la division, au centre de la Crête de Koecking, afin de laisser passer le CC A.


3 – L’attaque du CC A le long de la Petite Seille

– Le Major.General John S. « Tiger » Woods avait émis l’idée à son supérieur d’envoyer sa 4th Armored Division à travers le défilé de Dieuze, le long de la route Moyenvic – Mittersheim. Mais Eddy n’y était pas favorable, compte-tenu des rapports de sa Cavalerie de reconnaissance qui faisait était d’importantes forces allemandes dans le « goulot » de Dieuze. D’autre part, Mittersheim, situé en bout de la route de Dieuze, était l’objectif du XVth Corps de Haislip. Eddy et son état-major prévoient plutôt d’envoyer la 4th Armored Division en fer de lance du XIIth Corps. Mais la décision de Patton de lui intégrer la 6th Armored Division de Grow, contraint Eddy à regrouper ses forces blindées. Au final, Woods reçoit comme objectif la prise de « l’œuf d’oie », couvrant le secteur clé de Morhange. Ensuite, il doit poursuivre l’offensive vers Sarre-Union et la Sarre qu’il doit traverser.

– Cette phase de l’assaut est donc confiée au Combat Command A qui doit traverser les lignes de la 26th Division avant de progresser au nord-est, le long de la vallée de la Petite Seille, dépasser Morhange, avant de cogner contre la route Bénestroff – Francalroff. Le Combat Command B du Brigadier.General Holmes E. Dager doit contourner le plateau de Morhange. Mais Dager et Abrams étaient sceptiques quant aux chances de progression rapide, compte tenu du manque de surfaces en dur.
Le 9 novembre, le CC B de Dager prend position en avant de la tête de pont de la 35th Infantry Division. Le 10 novembre, le CC A passe à l’attaque, Creighton G. Abrams faisant d’abord passer sa colonne de tête (Major Hunter) à travers la ligne du 104th Infantry Regiment de Colley qui combat toujours pour rejeter l’arrière-garde de la 559. VGD de Morville. La colonne de Hunter avance lentement, car même si la résistance allemande est faible, la route est encombrée d’obstacles. Manœuvrer en plein champ est bien sûr impossible, Sherman, Half-tracks et camions ne peuvent s’aventurer dans un bourbier. Toutefois, les chars de Hunter passent Hampont en fin d’après-midi du 10, sauf que la seconde colonne du CC A du Lt.Col. Delk M. Oden est incapable de démarrer en raison de l’encombrement de la route et ne peut atteindre Hampont.

– Pendant ce temps, la Colonne de Hunter combat pour parvenir sur Conthil le 11 novembre mais rencontre de sérieuses difficultés au sud de Haboudange, où un bataillons de Grenadiers de la 361. VGD et le Flak-Abteilung 111 se sont regroupés pour reprendre contact avec la 559. VGD  en retraite. Dans ce secteur, la route passe par un défilé en pointe formé par la rivière et la ligne de chemin de fer. Alors que les véhicules blindés de Hunter entrent dans le défilé, des canons allemands dissimulés ouvrent le feu, faisant mouche sur les chars de tête. La route est alors bloquée. Hunter perd alors quatre officiers, chacun tué l’un après l’autre en tentant de repérer les pièces ennemies. La colonne doit alors reculer pour se retrancher entre Conthil et Rodalbe, tandis que deux compagnies du 104th Infantry (commandé alors par le Colonel Ralph A. Palladino) arrivent pour surveiller les abords du village.

– Durant la matinée du 11 novembre, la Colonne d’Oden démarre pour rejoindre Hunter, tandis que le 2/104th Infantry. Oden ne prend quitte un temps la route principale pour s’emparer de la Cote 337 au sud-est de Lidrezing, une hauteur qui commande les positions ennemies. A l’aube, la colonne de Hunter reprend son avance et atteint Rodalbe qui est occupé par 2 compagnies du 3/104th Infantry (Lt.Col. H.G. Donaldson) et commence à progresser vers le nord vers Bermering, pour couper la retraite aux troupes de la 559. VGD. Toutefois, l’ennemi dispose encore d’assez de temps pour établir une défense au nord de Rodalbe. Tandis que les chars du 37th Tank Battalion tentent de manœuvrer afin d’éviter les champs de mines, devenant des cibles inespérés pour les canons allemands qui ouvrent le feu depuis les Bois de Pfaffenforst. La colonne de Hunter est alors forcée de reculer de nouveau et de se mettre à l’abri dans le Bois de Conthil, moins de 1 km à l’ouest de Rodalbe.

– Du côté allemand, on tente de profiter de l’étirement de la ligne du 104th Infantry Regiment. Le 10 novembre, Hermann Balck fait déployer sa réserve blindée, soit la 11. Panzer-Division de von Wietersheim, contre la gauche et le centre du XIIth Corps. Le 12 novembre, von Wietersheim envoie son Panzer-Aufklärungs-Abteilung 11, 10 chars Panther et 1 bataillon du Panzergrenadier-Regiment 110 pour soutenir les éléments du 559. VGD dans le secteur de Rodalbe, afin de ressouder la jointure entre le XIII. SS-Korps et le LXXXIX. Arme-Korps. Cette unité combinée déclenche alors une contre-attaque brutale dans les chenilles de Hunter mais l’artillerie américaine repousse les poursuivants. Toutefois, à l’ouest, l’ennemi encercle 2 compagnies du 1/104th Infantry dans les environs de Conthil. Mais les officiers américains gardent leurs sang-froid et guident leurs GI’s dans une percée qui leur permet de s’extraire du piège.

– Le matin du 13 novembre, les Grenadiers allemandes lancent une attaque contre le 3/104th Infantry à Rodalbe mais sont repoussés. Ils reviennent à l’assaut après une contrebatterie efficace de l’artillerie allemande. Suivis par des chars, les Grenadiers progressent ensuite sur la route de Bermering. Ils ne rencontrent alors que des petits groupes d’Américains – certains (200 environs) réussissant à se réfugier dans des celliers, les autres réussissant à gagner leurs lignes – et réussissent à s’assurer le contrôle de Rodalbe. A l’ouest du même village, des Panther, des mines et des canons antichars bloquent toute attaque de la grand-route par le 37th TB depuis le Bois de Conthil. Durant la nuit du 12, compte-tenu du manque de réserves, Abrams est forcé de placer la Colonne Hunter en réserve et remplacer les chars perdus par le 37th TB. Oden détache alors une Task Force qui repend Conthil et ouvre la route de ravitaillement à travers la vallée. Le 104th Infantry Regiment de Palladino, alors sérieusement étrillé en hommes, prend position sur l’arc formé par la route Conthil – Lidrezing.

Insigne de la 26th Division "Yankee"

Insigne de la 26th Division « Yankee »

 

4 – Le combat de Koecking

– Avec les pertes enregistrées par le 101st Infantry, Willard S. Paul déploie alors le 328th Infantry de Jacobs pour nettoyer la Crête de Koecking, lui adjoignant le 3/101st Infantry sur la gauche. Le terrain s’annonce difficile à conquérir en raison de la densité du bois, propice à abriter des mitrailleuses, des mines, des fils barbelés et des « booby traps ». Les Allemands ayant réutilisé savamment les anciennes positions aménagées durant la Grande Guerre. Numériquement, les forces allemandes déployées dans le Bois de Koecking sont inférieures, composées du Maschinen-Gewehr-Bataillon 43 et du II/Grenadier-Regiment 1119 (détaché de la 553. VGD). Cependant, ces deux unités sont formés de soldats expérimentés, aguerris dans les combats en milieu forestier.

– Le 328th Infantry Regiment commence son attaque par l’est le 12 novembre et rencontre d’abord une faible opposition. Mais arrivé atour de la Ferme Berange, il tombe sur un parti d’allemands bien retranchés, bien pourvu en armes légères et bien appuyé par de l’artillerie. Le Colonel Jacobs est blessé. Le 2/328th Infantry subit de très importantes pertes. Beaucoup d’hommes sont tués, dont le commandant du bataillon, le Major R.J. Servatius. Toutefois, après de durs combats, les « Yankees » réussissent à repousser les Allemands sur le coup de 15h30. L’artillerie divisionnaire est aussi appelée en renfort, matraquant la Ferme de Berange de 120 coups de canons.

– Mais la météorologie se dégrade encore et la neige vient à tomber. Les fantassins américains grelottent alors de froid car leurs couvertures sont restées à l’arrière. Paul ordonne néanmoins au 1/101st Infantry de s’emparer de Saint-Médard mais le bataillon est très vite pris sous un feu nourri provenant de Dieuze. Mais Saint-Médard est atteinte pendant la journée. Cela n’empêche pas les batteries allemandes positionnées à Dieuze d’intensifier leur activité le 13 novembre. Et l’avance du 328th Infantry est toujours ralentie par des mitrailleuses dissimulées dans les buissons. Toutefois, des chars et chasseurs de contournent le bois par la route de l’est et tirent posément sur les mitrailleurs ennemis. LE 328th Infantry avance mieux et atteint Haraucourt mais voit la pression ennemie s’accentuer sur son flanc droit, étant donné que le 1/101st Infantry ne peut le suivre en soutien.

– Après seulement quatre jours de combats, la situation de la 26th Division est particulièrement difficile. Le 101st Infantry de Scot n’a reçu que 700 remplaçants. Le 328th Infantry a perdu beaucoup d’hommes dans les combats en forêt et le 104th Infantry est encore plus affaibli. Pour dire, la plupart des compagnies 104th Infantry ont vu leurs effectifs fondre jusqu’à 8 – 15 hommes.
Mais les choses ne vont pas mieux du côté des Allemands qui ont aussi accusé des pertes effroyables. En dépit de l’arrivée du II/Grenadier-Regiment 953 et de « rampants » du Luftwaffes-Pionier-Bataillon, les Allemands ne sont pas capables de tenir davantage leurs lignes. Le 14 novembre, le CC A d’Abrams balaie de Bois de Kerperche, au nord du Bois de Koecking, exerçant une pression sur le flanc allemand et l’aile allemande sur la Crête de Koecking. Renforcé par son 3rd Battalion, le 328th Infantry chasse définitivement l’ennemi du Bois le 15 novembre. En même temps, le 101st Infantry et le 2nd Cavalry Group poussent leur effort vers Dieuze, talonnant des Allemands en pleine retraites. Le 17 novembre, la 26th Division se regroupe et prend un bref temps de repos, le temps que les GI’s puissent recevoir des vêtements secs.  Mais les Allemands se retirent sur le carrefour ferroviaire de Bénestroff, facilement défendable.

5 – L’attaque de Guebling

– La Colonne d’Oden tente une nouvelles fois de percer les positions allemandes entre Bénestroff et Dieuze. Son objectif est la prise de Marimont-lès-Bénestroff, environ 1 km au sud-est de Bénestroff. Se séparant de la Colonne de Hunter, Oden scinde sont unité mécanisée en deux Task Forces (West et McKone), chacune étant rassemblée près de la Cote 337. L’attaque démarre aux premières lueurs du 14 novembre. La TF West contourne le Bois de Kerpeche et prend une route secondaire vers Guébling. La TF McKone prend une route passant directement à travers un bois qui n’a toujours pas été nettoyé par le 328th Infantry. Les équipages ont la mauvaise surprise de trouver la route sérieusement minée. Vers 08h45, la TF West rencontre 6 Panther du Panzer-Regiment 15, placés en arrière-garde qui gardent les Américains en respect durant près de six heures grâce à leurs canons de 75 mm à haute-vélocité. C’est seulement après avoir manœuvré autour de la Ferme Kutzeling que les chars du Major West réussissent à mettre 3 Panther hors-service. Mais plus tard dans la journée, 5 autres « fauves » surgissent au croisement de la voie de chemin de fer et de la route de Guébling. Il faut faire donner les obusiers de 105 mm pour les tenir à distance. Fort heureusement, les chars allemands se retrouvent empêtrés dans les mines posées par leurs camarades du Génie. La neige et la pluie s’étant arrêtée, ils sont finalement repoussés par une attaque de P-47, couplée aux tirs des obusiers de 155 mm du 101st Field Artillery Battalion. La riposte forçant les chars ennemis à s’extraire de leur cache, la A Company du 35th TB (1st Lt. Arthur L. Sell) charge dans les flancs du groupe d’engins allemands et en détruit deux. L’avance vers Guébling peut alors reprendre et le village est pris par un détachement avancé durant la soirée. Mais à 03h00 du matin, 3 camions citernes de la division atteignent les postes d’observation ennemis et son détruits par des canons. Plusieurs chars et autres véhicules sont aussi détruits. Tôt durant la matinée du 15, la TF McKone arrive pour renforcer le détachement dans Guébling, avant que le 10th Armored Infantry Battalion est envoyé à l’attaque pour nettoyer le terrain au-delà du village mais les fantassins portés sont arrêtés par un tir de barrage allemand. Et la contre-batterie ne donne rien en raison de la vue obstruée par la neige et la pluie.

– Durant la matinée, John S. Woods ordonne à Oden de quitter la position précaire de Guébling pour se retirer sur la Cote 337. Oden évacue d’abord ses blessés, puis le reste des son unité sous un violent tir d’artillerie, seulement couvert par un écran fumigène. Le 35th TB ne compte alors plus que quinze chars.


6 – L’attaque au centre

– Peu avant l’offensive, le Major.General Paul W. Baade déploie sa 35th « Santa Fe » comme suit : le 134th Infantry Regiment du Colonel Butler B. Miltonberger sur la droite (Forêt de Grémencey) et le 137th Infantry du Colonel William S. Murray sur la gauche entre la Forêt de Grémencey et l’aile droite de la 80th Infantry Division au nord-ouest d’Ajoncourt. Mais c’est le 320th Infantry du Colonel Bernard A. Byrne qui est chargé de l’ouverture de l’assaut, après avoir franchi les lignes du 134thInfantry qui, pour le coup, est maintenu en réserve. L’objectif du 320th Infantry est d’accrocher la ligne Laneuveville-en-Saulnois – Fonteny et nettoyer la portion sud-ouest de la Forêt de Château-Salins. Ensuite, il doit nettoyer une participer au nettoyage du Plateau de Morhange, avec le concours du CC B de Dager.

– Le temps est toujours exécrable. La pluie tombe durant quatre heures le 8 novembre, transformant les routes et les sentiers par lesquels doit progresser le 320th Infantry en de véritables torrents boueux. De son côté, le 137th Infantry doit établir une tête de pont à Osson, avant de bondir sur Laneuveville, afin de couper la route Château-Salins – Metz. Pour franchir la Seille, le Génie divisionnaire jette un pont préfabriqué sur la Seille au sud de Jallaucourt à 10h40. Deux heures plus tard, le 1/137th Infantry, appuyé par des chars du 737th TB se trouve dans Jallaucourt. Un second pont est jetté sur la Seille, ouvrant la route de Malaucourt à 2 compagnies du 137th Infantry. A 12h00, le régiment s’est assuré le contrôle du terrain dominant les deux villages, après avoir envoyé 200 prisonniers du Grenadier-Regiment 1215 à l’arrière.

– Sur la droite de la 35th Division, le 320th Infantry attaque à son tour afin de nettoyer la portion de la Forêt de Château-Salins couvrant une partie du Plateau de Morhange, en coordination avec la 26thDivision qui tente de prendre la Crête de Koecking. Mais le régiment ne peut profiter de l’appui des chars en raison des difficultés du terrain et de la boue. De plus, à Fresnes (localité importante pour la communication et le ravitaillement allemands), la défense allemande s’avère particulièrement tenace et le ravitaillement a du mal à parvenir à l’avant.  Il faut l’intervention du 3/320th Infantry et 1 compagnie du 737th TB pour nettoyer le village mais les Allemands se retranchent solidement dans la Forêt.

– Simultanément, le 2/137th Infantry attaque le Bois d’Amélécourt (formant une extension de la Forêt de Château-Salins). La boue rend encre la progression difficile au nord-est de la Forêt de Grémecey, puis les GI’s rencontrent une résistance acharnée de la part du Grenadier-Regiment 1127. De plus, les routes et les sentiers sont obstrués de mines. Un assaut mené durant la matinée échoue et un second lancé durant l’après-midi n’a pas plus de succès. Les pertes du 2nd Battalions’accumulent mais il échappe au pire grâce au sol boueux qui empêche les obus allemands d’exploser.
En fin d’après-midi, le Colonel Byrne lance le 1/320th Infantry dans la bataille pour fermer la brèche entre Fresnes et le Bois d’Amélécourt. Malgré les mines, le bataillon atteint la route de Fresnes. Grâce à l’action d’équipes du Génie divisionnaire qui ouvrent des passages dans le champ de mines, le bataillon reprend son avance suivi par la C Company du 737th TB qui perd néanmoins 6 M4 Sherman. Deux obusiers allemands sont neutraliser mais les mitrailleuses MG donnent toujours de la voix. Mais l’arrivée des chars dans Fresnes permet aux Américains de détruire les nids de mitrailleuses. Seulement, dans les bois, les Allemands résistent toujours opiniâtrement, avec des positions bien préparées à l’avance (trous, fils de fer barbelés et abris). Signe de cette résistance plus dure, les soldats américains font peu de prisonniers et retrouvent surtout des cadavres ennemis.

– Mais si le 320th Infantry se trouve ralenti, l’avance rapide du 137th Infantry au nord incite Manton S. Eddy à lâcher la bride du CC B. Celui-ci doit passer au nord de la Forêt de Château-Salins pour foncer sur Morhange. Utilisant la technique habituelle employée par la 4th Armored Division, Holmes E. Dager scinde son CC B en deux colonnes. Celle de gauche (Major. Thomas G. Churchill) doit passer à travers les lignes du 137th Infantry, pendant que la colonne de droite (Lt.Col. Alfred A. Mayback) doit ouvrir le passage près de Jallaucourt. Eddy veut profiter d’une situation encore favorable, puisque les Allemands n’ont pas eu le temps d’établir une défense coordonnée après l’attaque de l’aile droite de la 35th Division.

– L’attaque démarre donc le 9 novembre. La Colonne de Churchill réussit à atteindre le village de Hannocourt en dépit de la perte de cinq chars. Plusieurs pièces antichars PaK font feu mais l’arrivée d’appareils du 510th Fighter Squadron frappe les canons allemands avec des bombes à fragmentation et du napalm. Churchill réussit à contourner le flanc sud de la 48. Grenadier-Divisionsur la Crête de Delme, à la jonction du dispositif de la 80th Infantry Division, permettant ainsi au137th Infantry de prendre le village de Delme.

– Sur la droite, la Colonne du Colonel Mayback rencontre une opposition plus dure mais finit par avancer rapidement en dépit des obstacles répandus sur la route, du tir des canons antichars et de la nécessité de réduire chaque trou de résistance allemand. Mais le reste de la 559. VGD met du temps à réagir. A Oriocourt, le 1/137th, suivant de près ses chars d’appui, neutralise une batterie de campagne et capture 150 prisonniers. A Laneuveville, les chars Américains contournent les canons allemands avant que leurs servants ne puissent les déployer convenablement. L’Infanterie de soutien ramasse encore 445 prisonniers pour de très légères pertes. Simultanément, la colonne blindée de Mayback oblique à l’est vers Fonteny. En milieu d’après-midi, l’avant-garde américaine amorce sa descente entre Fonteny et la Forêt de Château-Salins. Mais les Américains donnent très vite dans un nid de frelons. L’accès à la forêt est gardé par des éléments bien dotés de la 9. Flak-Artillerie-Division et quelques Panzer de la 11. Panzer-Division. Mais il suffit d’un Lieutenant et de quelques fantassins portés armés de Bazookas pour repousser les chars.
Pendant ce temps, le Colonel Mayback expédie la C Company du 37th TB en avant pour venir en aide à l’avant-garde. Mais alors que l’avance reprend, trois Sherman sont détruits sur un bas plateau. Les chars deviennent alors des cibles faciles pour les canonniers allemands. Mais les équipages de chars n’en démordent pas moins en détruisant environ treize canons ennemis. Pendant la nuit, le Colonel Mayback ordonne à ses éléments de tête de se rempier derrière le plateau au sud-est de Fonteny. Cependant les pertes de Mayback sont très lourdes : 15 Sherman, 10 Half-tracks, 3 canons automoteurs M7 Priest. Toutefois, il a parcouru plus de 3 km dans le dispositif ennemi et ouvert un passage pour l’infanterie.

– Lorsque le récit du combat de Fonteny parvient à Dager, celui-ci ordonne à Mayback d’arrêter son avance pour attendre le renfort de Churchill qui stationne près de Hannoncourt. Et l’infanterie de la 35th Division se trouve à plus de 4 km derrière le CC B. Mais pendant la nuit, une force mixte allemande formée de chars du Panzer-Regiment 15, de canons d’assaut, ainsi que de troupes duFestungs-Abteilung 43 et du Panzergrenadier-Regiment 110 passe derrière la Colonne de Churchill depuis Viviers. Alors que le 22nd Armored Field Artillery Battalion ouvre un duel avec le 401. Volks-Artillerie-Korps qui pilonne la Colonne de Churchill, celle-ci tente d’ouvrir la route de Viviers mais se retrouve bloquée sur la route par les canons ennemis. Mais c’est le 2/137th Infantry, accouru à marche forcée, qui se lance une attaque dans Viviers qui dure pendant tout l’après-midi. Mais les fantassins américains parviennent à sécuriser le village, après que la garnison ennemie eût été chassée par un pilonnage d’artillerie légère. 100 cadavres Feldgrau sont retrouvés dans les rues. Pendant que le 2/137th s’occupe de Viviers, d’autres éléments de la 35th Division combattent durement pour dépasser Laneuveville et rejoindre la Colonne Mayback à l’ouest de Fonteny.

– Au centre, le 320th Infantry débouche du Bois d’Amélécourt en combat en avançant pour atteindre la lisière de la Forêt de Château-Salins, bien que ces soldats soient fatigués par les incursions allemandes qui se sont produites durant la nuit. Des renforts allemands issus des GR. 1216 et PzGren.Regt. 110 viennent corser la progression américaine. Même l’Infanterie de réserve est forcée de combattre contre l’assaut de petites unités allemandes.
Placé sur la droite de la division, le 134th Infantry Regiment du Colonel Miltonberger est envoyé nettoyer la lisière de la Forêt de Château-Salins le 10 novembre. Mais là encore, des éléments de la559. VGD se montrent intraitables et empêchent le Régiment de s’emparer de Gerbécourt. Le 11 néanmoins, les Allemands se replient en bon ordre sur la ligne Frémery – Dalhain mais s’offrent comme cibles des P-47 du 365th Fighter Squadron qui détruit 58 canons et véhicules dans un seul balayage. Cela soulage la 35th « Santa Fe » mais l’avance n’est pas plus rapide en raison de l’état déplorable des routes et des chemins.

– A l’aile gauche de la division, la résistance se durcit brièvement sur le chemin du CC B et du 137thInfantr, avec un violent tir de barrage de l’artillerie allemande, qui ralentit la progression, permettant aux Allemands d’évacuer la Forêt de Château-Salins en bon ordre. Une dernière contre-attaque est lancée contre la Colonne de Churchill mais elle est très vite repoussée par l’intervention des canons automoteurs. Toutefois, si la colonne détruit 14 canons antichars durant la journée, elle est incapable d’atteindre Fonteny, battue par le feu d’autres canons PaK. C’est après un dur combat que le 1/137th Infantry et 1 compagnie de chars entrent dans le village, où le combat se poursuit maison par maison. Ce combat coûte la vie au Colonel Mayback et au Lt.Col. William L. Shade, commandant du 253rd Field Artillery Battalion. La Colonne passe alors sous les ordres du Major. Harry R. Van Arnam. Tôt Durant la matinée du 12 novembre, un détachement de la 11. PzD évacue Fonteny, sauvant presque tous ses chars et son Infanterie mais abandonnant 3 Panther.

– Le 3/137th Infantry vient relever le 1/137th, pendant que le 2/137th s’empare de Faxe, rétablissant ainsi le contact avec le CC B de Dager et l’Infanterie attaque de nouveau à l’est, dans la Vallée de la NIed française, par laquelle passe la route de Morhange. Avant la fin du jour, les chars américains atteignent Oron et mettent la main sur un pont intact. Les Allemands en retraite n’ayant offert qu’une faible résistance.
Au centre, le 320th Infantry termine le nettoyage de la Forêt de Château-Salins, pendant que le134th Infantry avance jusqu’à Bellange, environ à 2,5 km au sud-ouest de Morhange. Eddy ordonne ensuite d’approvisionner ses hommes en vêtements secs et en couverture.

7 – L’avancée sur Morhange

– L’avance sur Morhange reprend le 12. Le CC B de Dager avance à l’est le long de la Nied Française avec l’appui du 137th Infantry de Murray. Au sud de la rivière, la Colonne de Van Arnam doit avancer lentement en raison de la présence de mines et de ponts détruits et atteint une crête au nord d’Achain. La Colonne de Churchill avance quant à elle jusqu’à Villers-s/-Nied, où l’ennemi à néanmoins miné la grand-route. Ce qui décide Churchill à couper à manœuvrer. La A Company du 8th Tank Battalion passe alors derrière les positions de batteries couvrant la route Villers-s/-Nied – Marthille. Pris complètement par surprise, les servants allemands sont incapables de se servie de leurs PaK 40 et FlaK de 88 mm. 18 canons sont alors réduits en pièces par les Sherman. La Colonne de Churchill atteint ensuite la Crête de Marthille, se positionnant non loin de la Colonne de Van Arnam pendant la nuit du 13-14. Là, le Génie éprouve de grandes difficultés à déminer le terrain en pleine nuit.

– Le 14 novembre, le CC B et 1 bataillon du 137th Infantry attaque les villages de Destry et de Baronville, en préparation d’une attaque de flanc sur Morhange depuis le nord, en coordination avec le gros de la 35th Division. L’assaut se solde par un succès, même si la résistance allemande s’est considérablement durcie, suite à l’arrivée de remplaçants accourus de Pologne au sein de la 559. VGD.
Seulement, le plan prévoyant que le CC B ferme tout accès à Morhange par le nord pour continuer sa route vers Sarreguemines se révèle fortement compris par le temps, bien plus que par la résistance ennemie. La pluie reprend et le CC B patauge le long de la voie de chemin de fer Metz – Sarrrebourg. Le 15 novembre, Eddy ordonne à Dager d’arrêter son avance et de coller au reste de la 4th Armored Division plus au sud afin de ferme la brèche de Dieuze.

– Finalement, c’est la 35th Infantry Division de Baade qui lance l’assaut sur Morhange par un froid mordant, avec un coût très élevé en hommes. Le 134th Infantry de Miltonberger combat durement pour accrocher la route Baronville – Morhange et la Crête de Rougemont, bientôt surnommée« Bloody hill » où le 3rd Battalion subit de lourdes pertes, perdant aussi son commandant (blessé), le Lt.Col. Warren C. Wood. Toutefois, la Crête de Rougemont tombe et le 2/134th Infantry s’empare d’Achain le 15 au matin, après un dur combat dans le village. Le Sergent Spurrier se distingue en abattant 25 soldats ennemis et en en capturant 25 autres. Mais le 2/134th Infantry a perdu 106 hommes pour le contrôle du village.
A Morhange même, les soldats du Grenadier-Regiment 1127 subissent un violent tir de barrage de la part de l’artillerie des divisions engagées et du XIIth Corps. Un concert de plusieurs heures mêlant obusiers de 105 mm, 155 mm, 8-inch et 240 mm force le régiment ennemi à battre en retraite le 15, après avoir détruit le pont et semé des mines. Le 216th Field Artillery Battalion tire 999 coups à lui tout seul !

– En milieu d’après-midi, la 35th Infantry Division atteint la ligne ferrée Metz – Sarreboug. Là, Paul W. Baade arrête ses soldats fatigués en attendant de nouveaux ordres. Mais sa division a avancé de près de 10 km en huit jours durant de très durs combats. Mais la « Santa Fe » n’a pas démérité malgré ses lourdes pertes : 53 canons et 26 véhicules détruits ou capturés. Son 137th Infantry a ramassé 1 000 prisonniers à lui tout seul. Eddy accorde alors une période de repos à la 35th Division.

8 – L’avance de la 80th Infantry Division

– Sur la gauche d’Eddy, la 80th Infantry Division « Blue Ridge » du Major.General Horace G. McBride fait la jointure avec l’aile droite du XXth Corps de Walker à l’ouest de Cheminot et tient une ligne sur la rive gauche de la Seille jusqu’à Chenicourt. Toutefois, sur son flanc droit, les Allemands tiennent toujours le petit saillant de Létricourt. McBride a déployé ses trois régiments le 8 novembre dans l’ordre suivant : le 317th (Warfield M. Lewis) à gauche, le 318th (Lansing McVickar) au centre et le 319th (Orion L. Davidson) à droite. En face, les Allemands alignent la 48. Grenadier-Division et quelques éléments du SS-Panzergrenadier-Regiment 38 (SS-Standartenführer Ernst Schützek) de la 17. SS-PzGren.Div. « Götz von Berlichingen » face aux lignes du 317th Infantry.

– Le plan d’assaut du XIIth Corps prévoit que la 80th Division établisse une tête de pont sur la Seille pour qui permettrait à la 6th Armored Division de Robert W. Grow de se lancer à l’attaque vers Faulquemont (Falkenberg). Une fois la Seille franchie, la 80th Division relèvera la division blindée dans les environs de Faulquemont. Les deux divisions américaines bénéficient d’un terrain moins difficile qu’au centre du Corps grâce au réseau routier adéquat, avec la grand-route Luppy – Han-s/-Nied. Toutefois, la 80th Division sera confrontée à des difficultés en raison des pluies et de la boue de novembre. Et les cours des Nied et Rote (sud-ouest de Faulquemont) est gonflé par les précipitations. Le renseignement américain pense que ses barrières naturelles sont bien fortifiées. Les observateurs de la 80th Division avaient noté que les fantassins allemands s’emploient à creuser activement des trous et abris individuelles et d’étendre du fil barbelé.

– Le 8 novembre à 05h00, l’artillerie du XIIth Corps démarre son tir de préparation avant la traversée de la Seille. Peu de temps avant l’heure H, l’artillerie divisionnaire, les chars d’appui du 702nd TB, les M18 Hellcat du 808th TDB et les compagnies de canon d’infanterie se joignent au concert d’artillerie en pilonnant une ligne de 2,5 km. A 06h00 pile, les principaux échelons d’attaque de chaque régiment bondissent pour traverser la Seille et établir une tête de pont sur la rive droite. Sur la droite, le 319th Infantry, avec son 1st Battalion, nettoie la rive de la Seille entre Abaucourt et Létricourt et traverse la rivière à Aulnois-s/-Seille qui tombe dans les mains américaines en deux heures seulement. Au centre, le 318th Infantry franchit lui aussi la Seille dans de petites embarcations et prend Nomény fortifiée en tenaille malgré des tirs de mortiers. Le combat dure toute la matinée, causant 100 tués et blessés aux Américains. Mais grâce au Génie qui a pu poser des ponts lourds, des M4 Sherman du 702nd TB se ruent sur Nomény qui tombe. Sur la gauche, le317th Infantry franchit lui aussi la Seille et encercle Eply par un mouvement nord-sud. Tard dans l’après-midi, les Allemands répliquent par un tir d’artillerie et des contre-attaques locales, qui sont plus soutenues dans le secteur du 317th Infantry que le régiment frappe à la charnière du SS-PzGren.Regt 38 et de la 48. Infanterie-Division. Mais à Nomény, le I/Grenadier-Regiment 126 disparaît corps et biens durant la nuit du 8-9 novembre. Le Festungs-Bataillon 1431 qui tient le secteur au nord et à l’ouest de Nomény, est dépassé lui aussi et faillit ne plus exister le lendemain.

– Durant la matinée du 9 novembre, la 48. Infanterie-Division rallie la Crête de Delme afin de bloquer l’avance de la 80th Infantry Division. De con côté McBride prévoit de prendre la crête par un crochet au nord avec le318th Infantry mais celui-ci a déjà rallié le 319th en contrebas. Le régiment progresse difficilement le 9 novembre à cause de la boue et ne peut atteindre son objectif le jour même. McBride décide alors d’engager sa réserve, le 1/319th Infantry. Appuyé par des Sherman, le 319th Infantry lance une attaque frontale contre la Crête de Delme. L’assaut est brutal, facilité par des pentes encore praticables pour les chars. Malgré la présence de mines, les Américains enlèvent de l’artillerie russe de prise et enlèvent la hauteur.

– Sur la gauche, le 317th Infantry Regiment subit de terribles pertes face au I/SS-Panzergrenadier-Regiment 37 qui tient le plateau au nord de la Crête de Delme. Ses flancs exposés en raison du départ de la 5th Infantry Division sur sa gauche, le régiment est littéralement quadrillé par un violent tir d’artillerie. Tard dans l’après-midi, le 357th Fighter Squadron surgit pour frapper les Allemands sur la pente opposée de la Crête de Delme et dans les bois à l’est. Pendant ce temps, les trois bataillons d’artillerie de campagne de la 80th Division pilonnent les arrières ennemis. Pendant la soirée, le 137th Infantry Regiment s’empare de Delme, permettant à la 80th Division de reprendre son avance.

– Le second jour de l’offensive se montre particulièrement fructueux pour les soldats du Général McBride. La 48. Infanterie-Division se trouve particulièrement malmenée et doit laisser 1 000 prisonniers. Du coup, alors que la 80th Division combat toujours pour la Crête de Delme, Manton S. Eddy décide d’engager son élément de second échelon, la 6th Armored Division du Major.General Grow. Celle-ci doit s’élancer entre Château-Salins et la Crête de Delme, franchir la Nied sur un front de 8,5 km environ et s’emparer du plateau dominant Faulquemont. Le Combat Command A, alors commandé par le Colonel John L. Hines après la blessure du Colonel Hanson, doit s’emparer des collines au sud-est de Faulquemont dans les environs de Guessling et Hémering. Au CC B du Colonel George W. Read Jr. revient la mission de s’emparer du plateau au nord-est de la ville.

– Le 9 novembre toujours, le Combat Team Brindle (86th Cavalry Reconnaissance Squadron et 1 compagnie du 15th TB) s’élance en tête du CC B et réussit à passer la Seille à Port-s/-Seille, avant d’arriver à l’ouest d’Alémont où un canon antichar allemand force la colonne à s’arrêter. Malheureusement, la boue et la pluie annihilent la vitesse des blindés américains.
Pendant ce temps, le 318th Infantry Regiment et des éléments d’infanterie portée de la 6th Armored chassent les derniers éléments ennemis des alentours de Nomény, permettant aux deux Combat Commands de Grow de passer sur la rive est de la Nied française en début de soirée. Le reste de la Division passe la rivière durant le lendemain.

– Le 10 novembre, la 80th Divsion avance rapidement, coopérant étroitement avec ses chars de soutien et couvrant plus de 7 km vers l’est. Alors décimée, les restes de la 48. ID refluent devant la « Blue Ridge ». Hermann Balck n’a alors rien à envoyer pour rétablir la situation, si ce n’est une partie de la 11. Panzer-Division qui a été scindée en plusieurs morceaux depuis son secteur de rassemblement de Morhange. De plus, toute une partie de la 11. PzD se trouve plus au sud afin de contenir la 4th Armored Division.
Du coup, le 318th Infantry Regiment du Colonel McVickar rencontre quelques troupes du Grenadier-Regiment 951 (361. VGD), jetés dans la bataille depuis le nord et qui retiennent un temps son avance. Toutefois, si la 80th Division effectue une bonne avance durant la journée, elle ne capture que 350 soldats allemands.

9 – La prise de Han-sur-Nied

– En revanche, l’attaque de la 6th Armored Division est rendue beaucoup plus compliquée en raison du peu de surface en dur de disponible pour permettre aux chars de manœuvrer. Une seule route peut y faire office, celle qui part de Pont-à-Mousson pour traverser Vigny et Luppy et arrive à Han-s/-Nie. Même si le CC Bdevait initialement longer la route de Han-s/-Nied par la droite, il est forcé de trouver d’autres chemins.
Malgré leurs difficultés, les Combat Commands de la 6th Armored obliquent vers le nord-est et viennent soutenir l’avance de l’aile droite du XXth Corps de Walker. Ils atteignent ensuite Luppy tenue par un détachement de la 11. Panzer qui défend la grand-route. Le CC A de Hines passe alors le reste de la journée à nettoyer le village. De son côté, le CC B s’emploie à nettoyer la route Vigny – Buchy, les Allemands s’étant alors retrancher dans les villages. Mais la situation se débloque grâce à l’arrivée des soldats du 2nd Infantry Regiment du Colonel Roffe (5th Division), qui contribuent à prendre les deux villages.

– Le 11 novembre, la 6th Armored Division avance sur un front de 8, 5 km et arrive à 4,5 km de la NIed française. Avec l’aide de la 80th Division, elle réussit à nettoyer plusieurs secteurs clés. Le CC A de Hines est néanmoins bloqué par un important champ de mines à Béchy, bien tenu par des éléments de la « Götz von Berlichingen » appuyés par d’autres de la 48. ID. Deux heures sont nécessaires aux Américains pour dégager le secteur. Avec l’arrivée du 1/317th Infantry du Lt.Col. Sterling S. Burnette, le Colonel Hines combine les deux forces pour marcher vers le pont de Han-s/-Nied. Une colonne de fantassins, soutenus par un peloton de Sherman du 68th TB et 5 Half-tracks transportant des soldats du 9th Armored Infantry Battalion se lancent alors vers l’objectif. Les fantassins sur la route et les blindés dans les champs. Arrivés en vue de la Nied française, les Américains tombent sur des colonnes de véhicules allemands, certains tractant de l’artillerie. Un observateur, juché sur un char léger contacte alors les unités d’artillerie de soutien pour canonner les abords du pont. Hines ordonne alors de lancer un assaut immédiat. Mais les fantassins subissent un tir de barrage particulièrement violent. Les pertes sont sensibles mais les chars réussissent à passer le pont, suivis par les restes de la A Company du 1/317th Infantry. Pendant ce temps, l’artillerie de soutien s’en prend aux bouches à feu allemandes. Si celles-ci ne parviennent pas à détruire le pont, elles réussissent à gêner considérablement l’avance américaine. Vers 17h15, le Colonel Hines (blessé), lance une poignée d’hommes à travers le pont mais sans l’appui des chars afin de ne pas écraser les soldats blessés sur le pont. Finalement le pont est sécurisé après plusieurs heures de combat et à 21h30, le Colonel Lewis expédie ses 2nd et 3rdBattalions sur la rive gauche de la Nied pour attaquer le plateau au-delà de Han-s/-Nied.

– Le 11 novembre toujours, le Combat Team 68 d’Harold C. Davall (la colonne sud du CC A) et le 318th Infantry doivent se frayer un chemin sur des routes secondaires boueuses pour arriver sur la Nied française. Mais pendant la nuit, la colonne trouve un pont à Baudrecourt, 1,5 km au sud de Han-s/-Nied. Le pont est pris le lendemain par un assaut ne rencontrant qu’une très faible résistance. Mais ce succès ne contribue pas immédiatement à exploiter la prise du pont de Han, en raison du manque de troupes. Les pertes du 318th Infantry ont été telles dans les jours précédents que son 2nd Battalion ne peut aligner l’équivalent que d’une compagnie.
Le difficile succès de Han-s/-Nied va être exploité par son équivalent sur le flanc gauche de la 80th Divisionpar le Combat Command B du Colonel Read. Celui-ci frappe à l’est avec deux Combat teams avec le but de saisir les ponts sur la Nied française à Anverville et Remilly. Mais les Allemands sont bien plus vigilants dans ces deux secteurs qu’à Han-s/-Nied et les ponts sont détruits dès que les Américains démarrent leur avance. A Remilly, où doit déboucher le CT 50 de Wall, l’artillerie d’appui ouvre une « sérénade » autant pour commémorer l’armistice que pour des impératifs tactiques (Journal du CC B). Le Colonel Read obtient de Grow la permission de glisser son axe principal de progression plus au nord. Une petite unité de reconnaissance menée par le Lieutenant Frederick Titterington du 25th Armored Engineer Battalion, ouvre le chemin vers le nord à travers les lignes ennemies et trouve un pont encore intact près de Sanry-s/-Nied. Titterington mène alors un half-track de l’autre côté du pont, saute à terre avec une petite équipe pour couper les fils de mise à feu des explosifs. Cela permet alors aux fusiliers de tête du CT 15 du Lt.Col. Lagrew se rue sur le pont pour accrocher la rive droite, malgré un violent tir de l’artillerie ennemie.

– Le CC A de la 80th Division exploite de son côté la prise du pont de Han-s/-Nied le 12 novembre même. La nuit précédente, le 69th Tank Battalion (Lt.Col. Bedford Forrest) a été rattaché au CC A. Le CT de Forrest mène alors une attaque sur la route de Faulquemont. A Henry, 1,5 km à l’est de Han-s/-Nied, la colonne rencontre néanmoins une batterie de canons de 88 mm, soutenus par une infanterie lourdement armée. Après un dur combat de cinq heures, l’ennemi fini par se replier de la grand-route. Plus au sud, dans le triangle entre la Nied et la boucle de la Rotte, les Allemands tentent une dernière fois d’arrêter l’avancée américaine en attaquant à la jonction des 318th et 319th Infantry Regiments, mais doivent se replier lorsque le Combat Team 9 de Stablein débouche sur la Rotte par le nord avec infanterie portée et blindés. Pendant la nuit du 12 novembre, 3 ponts sont lancés sur la Rotte, permettant à l’infanterie et aux chars d’avancer vers Faulquemont.
Toutefois, au même moment, Eddy établit un nouveau plan d’opération consistant à prendre les points de passage sur la Sarre. Si nécessaire, l’objectif de la 6th Armored Division sera élargi au plateau au sud de Faulquemont, afin de permettre à la 35th Infantry Division d’avancer en force vers la Sarre.

– Mais l’avance de l’aile gauche du XIIth Corps commence à perdre son rythme en raison de la pluie et de la boue et les pertes ont été lourdes depuis le 8 novembre. Le ralentissement de la progression américaine permet aux Allemands d’acheminer des renforts, notamment la 36. Volks-Grenadier-Division du Generalmajor August Wellm. Son arrivée permet alors à Hermann Balck d’envisager un rétablissement de situation, suite au choc sui par la 1. Armee de von Knobbelsdorff. Le commandant du HG G – d’habitude optimiste – est alors très inquiet des conséquences pouvant être engendrées par l’effondrement de la 48. ID. Et rien ne peut laisser présager d’optimisme le 12 novembre : la brèche sur la Seille menace directement la principale voie de ravitaillement allemande au nord de la Lorraine, soit la  Han-s/-Nied – Faulquemont – Saint-Avold.
Balck ordonne alors à Hermann Priess de lancer son XIII. SS-Korps en contre-attaque afin de restaurer la ligne sur la Seille. Du coup, presque tout l’ensemble des effectifs du régiment motorisé de la 361. VGD se trouve détaché du LXXXIX. Armee-Korps afin d’aider les restes étrillés de la 48. ID à retenir les Américains. Le XIII. SS-Korps reçoit aussi le renfort d’éléments de la 21. PzD mais qui manquent cruellement de chars, la division ayant été malmenée par le 2e DB française à Baccarat. Pour l’heure, elle ne compte que 19 chars, 3 canons d’assaut et quatre bataillons lourds qui ne comptent plus que 70 hommes chacun.

– Lorsque la 21. PzD arrive dans le secteur de la 1. Armee, Balck l’envoie immédiatement contre la tête de pont formée à l’est de la Nied par la 6th Armored Division. Mais en même temps, la Colonne Lagrew élargit la tête de pont de Sanry le 12 novembre en poussant vers le nord, malgré la présence de canons antichars qui rend la progression plus difficile. Mais la coopération avec l’aile droite du 2nd Infantry Regiment (5th Division) permet de maintenir fermée la charnière avec le XXth Corps de Walker.
Le 13 novembre, alors que le CC B de la 6th Armored Division avance toujours depuis la Nied, les éléments de la 21. PzD surgissent de la Forêt de Remilly. Mais le Colonel Lagrew a pris ses précautions en envoyant le détachement de Cavalerie du Captaine James Bridges surveiller le secteur Bazoncourt – Berlize, avec chars légers, canons de 75 mm, canons automoteurs et chasseurs de chars M18 Hellcat (603rd TDB). Soudain,Panzer et grenadiers surgissent sur l’avant-poste tenu par Bridges. L’affrontement est violent, les Américains perdent 13 véhicules et une trentaine d’hommes. Mais l’effet de surprise ne fonctionnera pas et les Allemands sont forcés d’arrêté leur assaut entre Bazoncourt et Berlize.

– Toutefois, le 13 novembre, la principale force de Lagrew est bloquée par des obstacles routiers. Tard dans l’après-midi, Robert W. Grow ordonne au CC B de tourner la tête de pont de Sanry et d’obliquer au sud-est vers Herny. Le CC A continue son attaque vers Faulquemont avec l’aide du 317th Infantry Regiment, créant alors un saillant de 1,5 km de large et d’environ 4,5 de profondeur après toute une journée de durs combats. Le Major Milford F. Stablein, commandant du 9th Armored Infantry Battalion est tué dans l’assaut d’Arraincourt.
La 48. ID, réduite à moins d’un régiment et manquant totalement d’armes lourdes, trouve néanmoins l’énergie de se battre durement sur la route de Faulquemont mais les événements du 13 indiquent que la division est sur le point de s’écrouler définitivement.
Le soir du 13, Hermann Balck donne des ordres pour replier la 48. ID pour rejoindre la 559. VGD, elle aussi sévèrement secouée après les combats du secteur de Morhange.

– Tout indique alors que l’état de la 48. ID ne peut empêcher les Américains d’exploiter leur succès. Pour remédier à la situation, Hermann Priess rameute d’urgence la 36. VGD qui dispose ses trois régiments face à la 6th Armored et à la 80th Division. Ses canons antichars étant disposés le long de la route Han-s/-Nied – Faulquemont. Bien qu’étant réputé bon tacticien, August Wellm ne dispose pas d’assez de temps pour déployer sa division comme il le souhaiterait, devant parer au plus urgent.


10 – Le combat de Landroff

– Le 14 novembre, Manton S. Eddy donne de nouveaux ordres afin de continuer son attaque et prendre le plateau au sud de Faulquemont, tout en enjoignant McBride d’avancer moins rapidement afin de maintenir la liaison avec le XXth Corps de Walker et d’assurer la protection de l’aile gauche du XIIth Corps. Puisque le gros la 80th « Blue Ridge » n’a pas encore franchi la boucle de la Rotte, l’assaut sera confié au blindé. Déjà fortement engagé contre l’ennemi, le CC A doit attaquer sur la droite, à la Côte de Suisse (entre Landroff et Thicourt), afin de favoriser la progression de l’Infanterie sur Faulquemont. Le secteur est défendu par le Grenadier-Regiment 87 (Oberst Walter Fries). Toutefois, les forces de combat du CC B ne sont peuvent être rassemblés à l’est de la Nied avant 16h45.

– Le Colonel Hines, patron du CC A décide d’avancer en pointe le long de la route bordant la Rotte pour s’emparer de Landroff. Le matin du 14 novembre, le CT Davall (68th TB, 1 compagnie du 9th AIB et des chasseurs de chars) attaque le long de la rivière, prend Brulange et Suisse avant de pouvoir se lancer sur Landroff. Mais l’artillerie allemande donne de la voie en pilonnant la route à l’ouest de Landroff. Mais le CTfinit par prendre d’assaut la localité en fin de journée.
Craignant alors de voir son front s’écrouler rapidement, Priess ordonne à Wellm d’étendre le flanc gauche de sa 36. VGD. Wellm lance alors le I/Grenadier-Regiment 87 vers le sud-est depuis Eicheville, avec l’appui des pièces de l’Artillerie-Regiment 268. Le premier assaut sur Landroff, mené avec quelques canons d’assaut, réussit à atteindre le centre de la ville mais les Allemands en sont rejetés par une violente défense couplée à un tir de barrage. Des éléments d’infanterie américaine réussissent à créer un couloir entre Suisse et Landroff, forçant les Allemands encerclant Landroff à rebrousser chemin. Le tir de huit bataillons d’artillerie réduit les Allemands en pièce mais ne suffit pas à les chasser définitivement. Il faut attendre la nuit, marquée par un violent engagement au corps-à-corps, au pistolet-mitrailleur, au fusil, au bazooka et à la pelle de tranchée pour chasser les assaillants de la moitié sud du village. Le 15 novembre à 05h00 du matin, 1 compagnie du 319th Infantry parvient à rejoindre les défenseurs de Landroff et à chasser les Allemands de la moitié nord du village. 100 cadavres de soldats allemands sont retrouvés gisant dans les rues. Le CT du Lt.Colonel Harold C. Davall n’est toutefois plus en état de poursuivre l’offensive au vu de ses pertes et du manque de munitions. Mais il a définitivement sécurisé Landroff, permettant à d’autres unités d’attaque la Côte de Suisse défendue par le II/Grenadier-Regiment 87. L’assaut est alors mené par le Combat Team 44 du Lt.Colonel Brown et par 1 bataillon du 319th Infantry Regiment. La Côte de Suisse tombe à la fin de la journée et le II/GR 87 est quasiment exterminé.

– Le 16 novembre, le CC A, les 318th et 319th Infantry Regiments déclenchent une attaque très bien coordonnée sur Faulquemont et appuyée par le feu des chars, canons automoteurs et chasseurs de chars disposés sur la Côte de Suisse. La rapidité et la brutalité de l’attaque frappe violents les GR 87 et 118 considérablement affaiblis. Le CT Forrest s’empare de la Cote 337 en débusquant les Allemands de leurs trous individuels, pendant que le CT Brown prend Eincheville. Au bout de la journée, le CC A a envoyé 1 200 prisonniers dans les lignes du XIIth Corps (soit l’équivalent de presque tout un régiment allemand type 1944). La position de Faulquemont est définitivement verrouillée, empêchant alors toute contre-attaque allemande en direction de la Nied.

– Eddy ordonne alors à McBride et Grow d’arrêter leur avance et de faire prendre à leurs hommes une pause bien méritée, le temps de les approvisionner en couvertures et en vêtements secs, afin d’éviter l’accroissement des cas de grippes et de pneumonies.

[Suite]

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16 avril 2016
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Histoire & Culture

Beaudouin IV de Jérusalem : « Le roi lépreux » (abbé Iborra)

by Jérôme 16 avril 2016

Voici  le sermon prononcé par l’abbé Eric Iborra, à l’occasion d’une messe solennelle de requiem célébrée à la mémoire du roi Baudouin IV de Jérusalem. (1161-1185)

« Fais ce que dois, advienne que pourra ». Le 16 mars 1185, il y a 830 ans, s’éteignait Baudouin IV de Jérusalem. Il avait 24 ans. « Humblement, insensiblement, abandonnant son corps déchu en la Jérusalem terrestre à la défense de laquelle il s’était consacré tout entier, il s’en fut rejoindre la demeure promise par l’Ecriture, à laquelle il aspirait de tout son être, la Jérusalem céleste, pour y connaître enfin la béatitude dans un corps de gloire » . « Lui, le faible, l’infirme, avait réussi à barrer la route du plus grand, du plus puissant, du plus résolu des ennemis que la Terre Sainte ait jamais connu, Saladin. Après douze ans de règne l’héritage que lui avait légué son père était intact »

Une dernière fois il avait fait venir les grands feudataires du royaume. « Impressionnants et poignants adieux de cet être défiguré dont la vue seule provoquait l’effroi ou une profonde pitié. Dans le silence atterré des barons, un souffle de voix sortit des lèvres difformes, de cette voix si particulière et si attendrissante pour son léger défaut de prononciation, afin de demander à tous de jurer fidélité à son neveu et héritier et de respecter ses dernières volontés concernant la régence. Remués au plus profond d’eux-mêmes, sous leur rude carapace par tant de grandeur et de dévouement, tous jurèrent avec émotion pour lui complaire et lui témoigner une dernière fois leur confiance, leur attachement et leur affection » . Baudoin venait d’achever son dernier combat.

C’est ainsi que disparut Baudouin de Jérusalem, le roi lépreux,
« stoïque et douloureuse figure, la plus noble peut-être de l’histoire des Croisades, figure où l’héroïsme, sous les pustules et les écailles qui le couvraient, confine à la sainteté, pure effigie du roi français » .
Une figure défigurée que nous avons croisée, adolescents, dans L’étoile de pourpre ou bien dans Kingdom of Heaven, et plus tard peut-être dans les ouvrages historiques de R. Grousset, D. Paladilhe ou P. Aubé. Une figure hélas bien oubliée, en France du moins, comme l’est aujourd’hui d’ailleurs ce royaume franc de Terre Sainte que ses successeurs ne surent conserver. « On oublie celui qui, pendant dix ans, a tenu tête à Saladin et l’a fait fuir plus d’une fois. On oublie que ce roi était un adolescent. On oublie que pendant son règne il eut à subir une des plus rudes épreuves que puisse subir un être humain, celle de la lèpre. On oublie que malgré l’adversité son pays était prospère, que des villes, depuis rayées de la carte, étaient riches ! On rappelle trop souvent les fautes commises après sa mort et l’on néglige les remarquables réalisations faites durant son règne. Il faut toujours se souvenir qu’il est sorti vainqueur de trois ennemis qui l’assaillirent sans relâche : Saladin, les intrigues de cour autour de sa succession, sa maladie » . Evoquons-les successivement.

Saladin, c’est ce général kurde fanatique qui s’empara de l’Egypte et de la Syrie au moment où mourait le père de Baudouin. Si bien que « le règne du malheureux jeune homme, nous dit R. Grousset, ne devait être qu’une longue agonie, mais une agonie à cheval, face à l’ennemi, toute raidie dans le sentiment de la dignité royale, du devoir chrétien et de la responsabilité de la Couronne en ces heures tragiques où au drame du roi répondait le drame du royaume » . Jamais, tant que Baudouin vécut, Saladin ne réussit à prendre un réel avantage. Et les plus glorieuses victoires des croisades furent celles de l’adolescent lépreux. Couronné en 1174, il repousse une première fois les Turcs en 1176, à 15 ans, alors qu’il vient d’accéder à la majorité. En 1177, à Montgisard, alors qu’il n’a pas encore 17 ans et que la situation semblait désespérée, il met en fuite une armée de 26 000 h avec seulement 400 chevaliers. Le patriarche jacobite Michel le Syrien raconte : « Dieu, qui fait paraître sa force dans les faibles, inspira le roi. Il descendit de sa monture, se prosterna face contre terre devant la Vraie Croix, et pria avec larmes. A cette vue, le cœur des soldats fut ému, ils jurèrent sur la Croix de ne pas reculer et de regarder comme traître quiconque tournerait bride. Ils remontèrent à cheval et chargèrent ». Ce fut une victoire éclatante. Trois ans de suite la guerre se poursuivit, aboutissant à une trêve malheureusement rompue par la faute du cruel et inconsistant Renaud de Châtillon. Baudouin fit taire son ressentiment, se porta au secours de son vassal et vainquit le sultan. Il ne cessera de s’opposer à ses retours offensifs. Le corps rongé d’ulcères, presque aveugle, désormais incapable de quitter sa litière, le roi galvanisait ses troupes et faisait fuir l’ennemi, saisi de stupeur à la vue de l’énergie surhumaine de ce cadavre ambulant.

Le 2e ennemi que dut combattre Baudouin, ce fut son entourage, et en particulier sa parenté. S’il put s’appuyer sur des fidèles d’exception comme l’archevêque et mémorialiste Guillaume de Tyr, le maréchal Onfroy de Toron ou le comte Raymond de Tripoli, tous ceux qui lorgnaient sur sa succession sans mesurer d’ailleurs la charge qu’elle impliquait complotaient et finirent par hâter la fin : il ne fallut pas plus de deux ans pour qu’à la faveur d’intrigues la régence fût ruinée et que le royaume tombât sous les coups des Turcs. Ce fut la funeste bataille de Hattin. A l’ambition des uns s’ajoutait la veulerie des autres tandis qu’en Europe d’où pouvait provenir les secours l’indolence piquetée de rivalités dynastiques paralysait princes et rois. Tout au long de son règne Baudouin ne cessa d’être déçu par ceux qui auraient dû être ses plus solides soutiens. Avec patience et abnégation il s’efforça de les réconcilier et de les mobiliser au service du bien commun. Avec peine.
Car il luttait chaque instant contre un 3e ennemi, encore plus intime : cette lèpre qui, pourrissant le corps, est, dans la Bible, le symbole du péché qui défigure l’âme. La lèpre, cette maladie qui en détruisant les terminaisons nerveuses rend insensible le corps mais qui par l’horreur et les infirmités qu’elle suscite transperce aussi le cœur. Car Baudouin avait tout pour lui : beau, intelligent, courageux, excellent cavalier, il était un chevalier accompli. Terrassé par les poussées progressives de ce mal incurable, il offre encore aujourd’hui un exemple admirable de résilience et d’abnégation, se décentrant de lui-même pour s’oublier totalement dans le service du royaume que la providence lui avait confié. C’est là que se manifeste sa grandeur, et une grandeur surnaturelle : « Dans un cloaque d’ambitions, de violences et de luxure, couvert du signe de la croix comme par sacrilège, cet enfant mystique n’a pas seulement accompli la perfection du prince selon l’Evangile : par l’épreuve de la maladie, de la détresse solitaire et de la mort précoce, il fut aussi un Christ de douleur couronné d’or et d’épines » . « Christ de douleur couronné d’or et d’épines » ! Oui, Baudouin consentit à prendre sur lui le symbole du péché comme le Christ dans sa chair lui aussi en avait porté la réalité. Baudouin est une figure christique éminente, comme le sera, un siècle plus tard, un autre roi, devenu pèlerin de l’Absolu, rongé par les fièvres et mourant sur la cendre devant les murs de Tunis, saint Louis. On pourrait appliquer au roi Baudouin ce que le cardinal Sarah dit du saint pape Jean-Paul II : il fut la « gloire de la souffrance » et son règne, « un règne prodigieux et crucifié à la fois » .

Alors, au moment de chanter l’absoute, est-il bien nécessaire de prier pour lui ? N’est-ce pas plutôt à lui d’intercéder pour nous ? D’intercéder pour ce Proche Orient auquel il se dévoua et pour cette Europe dont il fut issu.
Le Proche Orient d’abord. En ces jours où le fanatisme et la barbarie des héritiers de Saladin terrorisent chrétiens et musulmans, son exemple est d’actualité : il a combattu loyalement ses ennemis en recourant aux armes, mais en même temps les musulmans installés dans son royaume confessaient préférer être sous la croix que sous le croissant. Car il était juste et miséricordieux en même temps que fort et courageux. On sait aujourd’hui que le monde islamique ne gagnera rien à la disparition des chrétiens d’Orient. Leur humanité, perfectionnée par l’Evangile, est un gage de paix et de réconciliation pour tous ceux qui habitent dans cette région.
L’Europe ensuite. En ces jours où la noblesse d’âme a déserté les palais que se disputent tous ceux qui sont affamés de pouvoir et d’avoir son exemple nous fait cruellement regretter le temps de ces chefs à l’âme profondément chrétienne qui surgissaient pour entraîner à leur suite les meilleurs et pour tenir en respect la meute des médiocres. Il en est certains qui paradent aujourd’hui à la tête de nos institutions et qui ne valent sûrement pas le valet d’armes qui graissa le heaume du roi au matin de Montgisard ! Si la veulerie a toujours existé, au moins devait-elle reconnaître sa condition face à de tels exemples de lumière. Une lumière tout intérieure mais d’autant plus éblouissante, une lumière issue des ténèbres du Vendredi Saint, une lumière qui fortifie les cœurs purs et confond les méchants, une lumière si contraire aux feux qu’un monde fanatique et fruste, avide de pouvoir mais fasciné par la supériorité de son adversaire, oppose aux paillettes artificielles d’un autre monde, matérialiste, effondré sur sa richesse et son vide existentiel. Baudouin nous rappelle la parole du prophète Samuel face au jeune David : « Les vues de Dieu ne sont pas comme les vues de l’homme, car l’homme regarde à l’apparence, mais le Seigneur regarde au cœur » . Parole si actuelle à l’heure où en ce monde de l’apparence, de la cosmétique et de la superficialité, on s’apprête à supprimer légalement ceux qui nous rappellent cette faiblesse de l’homme dans laquelle peut transparaître la puissance de Dieu : aujourd’hui les moribonds, demain les handicapés et pourquoi pas après-demain ceux dont la pensée n’est pas conforme à la doxa dominante. Non, la dignité de l’homme n’est pas dans l’apparence du corps, elle est dans la pureté du cœur.
Baudouin le lépreux, roi de Jérusalem, a traversé les sombres tempêtes de l’histoire comme un astre de lumière. D’une lumière ténébreuse dont seule la foi peut déchiffrer le mystère. « Devenu parfait en peu de temps, il a fourni une longue carrière. Son âme était agréable au Seigneur, aussi est-il sorti en hâte du milieu de la perversité ». Et le livre de la Sagesse continue : « les foules voient cela sans comprendre. Le juste qui meurt condamne les impies qui vivent, et la jeunesse vite consommée, la longue vieillesse de l’injuste » . En ces jours de carême, qui nous pressent de suivre le Christ de plus près, l’exemple de Baudouin, configuré jusque dans sa chair à la passion de son Maître, nous provoque : force d’âme, intelligence politique, incorporation au mystère du Sauveur. Qu’un jour il nous soit donné de le vénérer sur les autels !

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21 novembre 2012

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16 avril 2016
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Histoire & Culture

1er mars 487, le Vase de Soissons

by Jérôme 16 avril 2016

Cette anecdote légendaire nous a été rapportée par Saint Grégoire de Tours dans l’Histoire des Francs. Voici ce que raconte l’homme de lettres du VIe siècle : Peu de temps après la prise de Soissons (486), capitale de Syagrius, « beaucoup d’églises furent pillées par l’armée de Clovis parce qui était encore enfoncé dans les erreurs du fanatisme.»

Les soldats pillent un édifice religieux du diocèse de Reims et rapportent des ornements liturgiques, un vase liturgique, probablement en argent, « d’une taille et d’une beauté extraordinaires ». Saint Rémi Evêque de Reims envoie un émissaire à Clovis pour lui demander « qu’à défaut des autres prises il lui restituât au moins cet objet auquel il tenait précieusement. »  Le roi invita l’homme de Dieu à le suivre jusqu’à Soissons où devait avoir lieu le partage du butin, comme le veut la tradition germanique.

A Soissons, Clovis demande aux « très valeureux guerriers » de lui céder le vase en plus de sa part. Les hommes de bon sens lui répondent : « Tout ce que nous voyons ici est à toi, glorieux roi, et nous sommes nous-mêmes soumis à ton autorité  Agis maintenant comme il te plaira, personne ne peut te résister.  Mais, tout le monde ayant parlé, un soldat – homme léger, envieux et impulsif frappe le vase de sa hache en s’écriant : ‘Tu ne recevras que ce que le sort t’attribuera vraiment !’ »

« Le roi avala l’affront garda sa blessure cachée dans son cœur ». Saint Rémi récupéra tout de même son vase, brisé ou cabossé.

Au bout de l’année, Clovis convoque son armée au Champ de Mars, passe ses guerriers en revue et reconnut le soldat indocile. Constatant que sa tenue et l’entretien de ses armes laissent à désirer, il les lui prend et les jeta à terre. Le soldat se baisse pour les ramasser et Clovis en profite pour lui briser le crâne d’un coup de francisque en disant :

« Ainsi as-tu fait au vase à Soissons ! »

 

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25 avril 2014

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13 mars 2016

Dans « Grande Armée »

16 avril 2016
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