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Le billet : « A contre flots… »

Nous approchons de l’ élection présidentielle, moment ô combien décisif dans l’ histoire d’ un pays. Les Français vont devoir choisir et désigner l’homme ou la femme qui tiendra la « barre »  durant les cinq prochaines années.

Quelque soit le résultat de ces élections, le commandant de bord aura fort à faire et devra affronter la tempête qui s’abat actuellement sur le pays, et le raz de marée qui pointe à l’horizon des côtes européennes…

Pour certains, ces élections ont une odeur de soufre et l’avenir est loin d’être radieux.
Le climat, en effet, semble s’être clairement obscurci. Le bateau France s’enfonce dans les eaux sombres de la crise économique, dont les vagues emportent tout sur leur passage, à commencer par celles de la mer Égée, qui font trembler Athènes, le berceau de la démocratie, et que nos dirigeants tentent, tant bien que mal, d’apaiser. Le radeau de la Méduse n’est pas loin…

Certains prédisent un naufrage inéluctable, voyant surement dans la récente catastrophe du Costa Concordia, un signe précurseur. D’autres, au contraire, veulent croire en une renaissance patriotique, une vague bleu marine, qui donnerait un souffle nouveau à un navire en perdition.

Quoi qu’il arrive, le vent ne semble pas favorable et le brouillard tend à s’épaissir. On ne sait plus très bien a qui et à quoi se fier. Pendant que certains candidats se battent contre vents et marées pour récolter 500 signatures, d’autres surfent sur une vague médiatique qu’ils ne maitrisent plus vraiment. D’autres, enfin, tel des girouettes, cherchent seulement à rester dans le sens du vent, quitte à ne pas faire de vagues, en promettant l’impossible…

S’il est vrai que l’on commémore le centenaire du Titanic, il semble cependant présomptueux d’annoncer le naufrage du bateau France.

C’est oublier un peu vite les nombreux retournements de situation qui ont eu lieu par le passé et l’espoir secret qui coule dans les veines de chaque Français. Oui, c’est oublier que la révolte est dans le code génétique du Français et que son orgueil blessé peut se réveiller à tout moment. C’est oublier la soif de liberté qui anime ce peuple, de Clovis à Jeanne d’Arc, de saint Louis à Charles de Gaulle, et qui n’est pas prête de s’éteindre.

C’est oublier que que notre pays s’est bâti sur le roc d’une foi transmise de générations en générations. Bref, c’est oublier que la résignation ne fait pas partie de l’âme de la France.

Peut être faut-il que la France retrouve son port d’attache et redécouvre son héritage pour, de nouveau, « avancer au large » et voguer sous de meilleurs auspices…

Pierre Hemming