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Brève chronique du 6 juin 1944 – 1

C’était un mardi 6 juin, sur les côtes de Normandie entre Sainte-Mère-Église et Ranville.

Chers lecteurs et chères lectrices, un exposé complet sur l’Opération Overlord serait trop long à rédiger. C’est pour cette raison que je vous propose une petite suite de chronique d’épisodes.



01 h 00 :
Planeurs Horsa et C-47 Dakota larguent les parachutistes britanniques et canadiens (un bataillon) de la 6th Airborne Division (Maj.Gen. Sir Richar N. Gale) au nord-ouest de Caen entre Bénouville et Ranville. Ils sont ainsi ont les premiers soldats alliés posant le pied en Normandie. Leur mission étant de sécuriser la rive droite de l’Orne en contrôlant les ponts en amont de Sword Beach. Du côté, des 3rd et 5th Airborne Brigades (parachutistes), le largage est aléatoire et beaucoup de parachutistes se perdent. Mais la région n’ayant pas été inondée, les pertes seront plus limitées que du côté américain.
Vers 1h30, le Major John Howard du 2nd Oxford and Buckingham Battation (6th Airlanding Brigade de la 6th Airborne) et ses hommes s’emparent avec succès du Pont de Bénouville (Pegasus Bridge). Howard envoie ensuite le message codé « Ham and jam » (« jambon et confiture ») pour signifier au commandement britannique que le Pont de Bénouville est tombé.

Presque au même moment le 9th ‘Eastern and Home Counties’ Parachute Battalion (3rd Parachute Brigade) du Lt.Col Terence Otway – réduit à un cinquième de son effectif étant donné que la majorité de ses hommes se furent perdus en sautant – s’empare de la batterie de Merville qui menace Sword Beach… après s’être frayé un chemin dans les champs de mines allemands étant donné que les équipes spéciales des Royal Parachute Engineers s’étaient elles aussi perdues.

Du côté américain, le largage sur les Dropping Zones des 82nd et 101st Airborne Divisions de Ridgway et Taylor est beaucoup plus coûteux. Beaucoup d’hommes tombent au hasard, bien souvent en raison de l’inexpérience des équipages de C-47 Dakota, pendant que d’autres se noient dans les marais du Merderet.
Le Brigadier General Donald S. Pratt, commandant en second de la 101st est d’ailleurs tué à l’atterrissage de planeur.
L’épisode le plus dramatique reste un stick (18 hommes) de la 82nd Division qui tombe au beau milieu de Sainte-Mère-Eglise dont un bâtiment est en proie à un incendie. Presque tous sont tués sauf le 1st Class John Steele qui reste accroché au clocher.
Mais les Parachutistes, entraînés à combattre lorsqu’il sont encerclés harcèlent les forces allemandes. D’ailleurs, le commandant de la 91. Luftlande-Division, le Generalmajor Falley est tué dans une embuscade. Dès le matin du 6 juin, les parachutistes de la 82nd et de la 101st montent des attaques pour s’assurer le contrôle de Sainte-Mère-Eglise et de Saint-Côme-du-Mont. Le fait d’arme le plus notable reste attribué au Lt. Richard D. Winters de la Easy Company (2/506th PIR) qui s’empare de la batterie de Brécourt avec une douzaine d’hommes. Son action est toujours enseignée à West Point.

A 5h10, les navires de surface rassemblés au large des côtes normandes pilonnent les positions allemandes sans discontinuer. pendant près de quarante-cinq minutes. Notons la présence de la 4e Division de Croiseurs français du Contre-Amiral Robert Jaujard. Compte-tenu du décalage de la marée montante entre les côtes du Cotentin et celles du Calvados, ce sont les Américains qui débarquent en premier.

Sur Utah Beach, la chance sourit aux hommes de la 4th Division de Barton grâce… à une erreur de guidage des navires pilotes. En effet, un des bateaux a été touché par un obus tiré de la batterie de Longues-sur-Mer tandis que l’autre est aveuglé par la fumée dégagée par les tirs de marine. Les GI’s du 8th Infantry Regiment du Col. James A. Van Fleet débarquent alors sur une plage calme, défendue par quelques troupiers allemands de réserve et des Ostruppen. C’est d’ailleurs le Brig.Gen. Theodore Roosevelt, commandant en second de la division qui débarque à la tête de ses forces. Les GI’s peuvent alors rejoindre les parachutistes  l’intérieur des terres.

Sur Omaha Beach, le 16th US Infantry Regiment de la 1st Division ‘Big Red One’, le 116th Regimental Combat Team de la 29th Divison, ainsi que des éléments du 2nd Rangers Battalion débarquent sur leurs secteurs d’Omaha Beach face à la 352. Infanterie-Divison (Generalmajor Hans Kraiss) allemande qui a été épargnée par les tirs de marine et les bombardements.
La première vague d’assaut se fait littéralement fauchée par les tirs de mitrailleuses allemandes, d’autres GI’s périssent noyés en raison du poids de leur paquetage. Les Américains vont rester clouer des heures sur cette plage, ce qui incitera le General Omar N. Bradley à engager un rembarquement. Mais en cours de journée, les GI’s vont se ressaisir de façon impressionnante grâce à des officiers et des sous-officiers décidés, dont le commandant de l’assaut, le Brig.Gen. Norman Cota, commandant en second de la 29th Division. C’est notamment des éléments de cette unité qui réussissent à trouer le dispositif allemand dans le secteur de Saint-Laurent-sur-Mer.

07h10 – Avec une heure de décalage sur l’horaire prévu (mer agitée), le 2nd Ranger Battalion commandé par le rude Lt.Col. Texan James E. Rudder, escalade la Pointe-du-Hoc à l’aide de grappins propulsés et d’échelles de pompiers londoniens. Leur mission est de s’emparer de canons français datant de 1917 sensés menacer Omaha. Après un féroce combat, les Rangers retrouveront derrière une haie sans leurs affûts. Mais ils sont dos à la mer et ne peuvent recevoir de renfort pendant la journée du 6 juin. A 16h00, Rudder ne compte que 90 Rangers valides sur ses 225 engagés. Il envoie ce message au destroyer USS Saterlee : « Sommes à Pointe-du-Hoc — mission accomplie – munitions et renforts nécessaires – beaucoup de pertes ». Mais ses vaillants soldats  resteront isolés dos à la mer jusqu’au 8 juin.

[Suite]