Vous êtes ici : France Histoire Esperance » histoire » Campagne d’Alsace 1944-1945 (quatrième partie)

Campagne d’Alsace 1944-1945 (quatrième partie)

5 – LA CONTRE-ATTAQUE ALLEMANDE : OPÉRATION « NORDWIND »

A – Courir deux lièvres à la fois sur le plan stratégique

Le 21 décembre, alors que le HG B de Model accuse de sérieuses difficultés dans les Ardennes, Hitler et von Rundstedt se rendent compte que les Alliés ont affaibli leur flanc sud. Pour eux, c’est l’occasion de frapper, au grand risque d’utiliser des forces qui seraient bien plus utiles derrière le versant ouest de l’Eiffel. Il n’empêche, Gerd von Rundstedt propose de déclencher une attaque au nord de Saarbück vers Metz afin d’envelopper les IIIrd et VIIth Army par une double tenaille nord-sud. Mais le Feldmarschall arrive vite à la conclusion qu’un plan si ambitieux est irréalisable compte-tenu du manque de moyens. Cependant, Hitler qui vient de déplacer son QG de Berlin à l’Adlerhorst près de Bad Nauheim en Bavière approuve l’idée d’une attaque au sud de Saarbrück en direction de la Trouée de Saverne, avec le but d’isoler la VIIth Army de Patch dans le nord de l’Alsace.  Si cette offensive réussit, l’OKW lancera une série d’attaques depuis une ligne Vallée de la Sarre – Saverne avec pour objectifs Lunéville et Metz, dans les arrières de Patton. Cette opération reçoit le nom de code « Zahnarzt » (« Dentiste »).

– Entretemps, Hermann Balck a été remplacé à la tête du Heeres-Gruppe G par son prédécesseur, Johannes Blaskowitz qui fait tout pour mobiliser 2 Divisions mécanisées pour attaquer au sud. Dans les jours qui suivent, les chefs allemands débattent pour mettre au point un plan opérationnel. Hitler se prononce en faveur d’un effort principal au sud-est de Saarbrück le long de la Vallée de la Sarre jusqu’à Phalsbourg et dans la Trouée de Saverne. Les forces d’attaque pourront se concentrer facilement en utilisant le réseau ferré et routier autour de Saarbrück. Mais von Rundstedt et Blaskowitz ne se montrent guère rassurés quant aux effectifs blindés disponibles et au manque criant de soutien aérien, mettant aussi en avant qu’une progression dans la Vallée de la Sarre peut s’avérer dangereuse pour un déploiement mécanisé. Les deux officiers supérieurs se montrent alors bien plus favorables à l’idée de progresser par les Vosges afin de profiter du couvert forestier afin d’échapper aux avions d’observation. De plus, une partie des édifices de la Ligne Maginot autour de Bitche est encore entre les mains amies. Même si les voies de communication dans le secteur de Bitche ne sont guère favorables à un déploiement blindé, les généraux allemands pensent que l’Infanterie pourra percer plus facilement dans les secteurs les moins bien défendus pour s’infiltrer entre les XVth et VIth Corps de Patch et pousser vers la trouée de Saverne. Puis, les réserves blindées et mécanisées s’engouffreront par les secteurs ouverts pour déboucher dans la Plaine d’Alsace afin de tourner la VIIth Army dans l’espoir de couper le 6th Army Group de Devers en deux.

– Mais ce plan comporte deux grands inconvénients. D’une part, les Allemands vont devoir passer au travers plusieurs parties de la Ligne Maginot tombée aux mains du XVth Corps de Haislip à la mi-décembre. D’autre part, une poussée directe depuis Bitche par les Vosges, laisse encore les coudées franches au XVth Corps pour contre-attaquer. Enfin, autre inconvénient tout aussi militaire que politique, il faut compter aussi sur des attaques de soutien du nouveau Heeres-Gruppe « Ober-Rhein » sur lequel von Rundstedt n’a aucune autorité. Si la 19. Armee était encore sous l’autorité du HG G, Johannes Blaskowitz en aurait eu les moyens mais là, ça n’est plus possible. Blaskowitz demande bien que les unités du HG Ober-Rhein sensées lancer des attaques de soutien soient placées sous ses ordres mais Hitler l’informe que les troupes sous le commandement de Himmler déclencheront un assaut au nord et au sud de Strasbourg mais seulement APRES que les troupes de la 1. Armee allemande aient réussi leur effort dans les Basses Vosges avant le Nouvel An 1945. L’opération est alors rebaptisée « Nordwind » (« Vent du Nord »).

– Le 27 décembre, Hitler, von Rundstedt et Blaskowitz trouvent un compromis. 1 Panzerdivision et 1 Panzergrenadier-Division doivent percer dans les défenses américaines établies dans la Vallée de la Sarre, tandis que 4 autres Divisions de Grenadiers s’infiltreront par le secteur de Bitche dans les Basses-Vosges sur un axe sud – sud-ouest.  Blaskowitz souhaite conserver ses meilleures unités – équivalentes à 2 Panzerdivisionen – en réserve afin d’exploiter la percée. Cependant, selon les instructions du Führer, les unités de réserve resteront dans le secteur de Saarbrück afin d’engager l’effort principal dans la Vallée de la Sarre. De plus, la requête de Blaskowitz concernant la possibilité de placer plusieurs unités du HG Ober-Rhein sous son commandement est rejetée. Hitler insiste aussi sur la vitesse de l’attaque par le nord qui sera la clé de la réussite. L’opération est alors rebaptisée « Nordwind » (« Vent du Nord »). Son lancement est fixé au Nouvel An 1945.

Source : iblio.org

Source : iblio.org

– Entre le 27 et le 30 décembre, la 1. Armee de von Obstfelder retire les Divisions désignées pour l’assaut de leurs secteurs respectifs. Par conséquent, les divisions restantes étirent davantage leurs lignes défensives. Von Rundstedt et Blaskowitz sont alors contraints d’utiliser des unités du Volkssturm (sorte de « milice du peuple » obtenue par la levée des hommes de moins de seize ans et de plus de soixante ans) pour combler les brèches, tout en acheminant de l’artillerie dans des positions déjà désignées.
Pour percer entre les lignes des XVth et VIth US Corps, Blaskowitz s’appuie principalement sur le XIII. SS-Korps du SS-Gruppenführer Max Simon auquel revient l’assaut principal dans les Basses-Vosges à la charnière des deux Corps d’armée US. Celui-ci compte la 17. SS-Panzergrenadier-Division « Götz von Berlichingen » (Hans Lingner), les 404. et 410. Volks-Artillerie-Korps, la Volks-Werfer-Brigade 20 (Oberst Würzt), de 2 compagnies de lance-flammes blindés,2 bataillon d’artillerie lourde et de 1 bataillon d’observation. Les deux autres forces d’attaque sont le XC. Armee-Korps de Petersen (559. et 257. Volks-Grenadier-Divisionen) et le LXXXIX. Armee-Korps de Gustav Höhne (361. et 256. VGD). Ces deux formations doivent attaquer dans le secteur de Bitche. Von Rundstedt adjoint aux fores chargées de l’assaut dans les Basses-Vosges, des canons d’assaut, des canons motorisés et 1 bataillon de Pioniers. Le tout renforcé par la 6. SS-Gebirgs-Divison « Nord » (SS-Gruppenführer Heinrich Bremmer) rameutée d’urgence du Front de Norvège-Finlande où elle a passé presque toute la durée de la guerre. Le XXXIX. Panzer-Korps du Generalleutnant Karl Decker comptant les 21. Panzer-Division (Edgar Feuchtinger) et 25. Panzergrenadier-Division (Paul Schürmann) rééquipées avec 49 Panzer pour la première (18 PzKw IV et 31 Panther) et 29 pour la seconde (9 PzKw IV et 20 Panther). Le complètement d’effectifs a cependant été perturbé par les bombardements de l’aviation alliée. Enfin, l’OB West commence à rassembler derrière les lignes de la 1. Armee la 10. SS-Panzer-Division « Frundsberg » (SS-Oberführer Heinz Harmel) – « ancienne » du Front d’Ukraine, de Normandie et de Hollande – ainsi que la « vétérane » 7. Fallschirmjäger-Division (Wolfgang Erdmann) nouvellement formée. Johannes Blaskowitz était bien plus favorable au déploiement de ses unités AVANT l’assaut mais son agenda est bousculé par la volonté des stratèges allemands de percer au plus vite dans les lignes affaiblies de la VIIth Army de Patch, d’autant plus que les convois du Red Ball Express ont du mal à parvenir jusqu’en Alsace. Toutefois, Blaskowitz se montre favorable au renforcement de la 17. SS « Götz von Berlichingen » avec une compagnie de 10 chars ponctionnés à la 21. PzD. Il reçoit aussi le soutien d’une compagnie du schwere-Panzerjäger-Abteilung 653 (bataillon lourd de chasseurs de chars) équipés des nouveaux – et monstrueux – Jagdpanzer VI Ausf. B Sd.Kfz 186 « Jagdtiger ». Ces engins lourds (71,7 tonnes) et peu manœuvrables, créés à partir du châssis du PzKw. VI « Tiger II », sont cependant armés d’un canon long de 128 mm PaK L44/55 sous-casemate, capable de percer 148 mm de blindage à 2 km pour une vélocité de 950 m/s. Mais ces engins, derniers feux du gigantisme des blindés allemands, n’auront que peu de valeur stratégique. Les équipages formés manquent et le modèle ne sera jamais construit en grande série.

– Dans la matinée du 28 décembre, Johannes Blaskowitz convoque les commandants de ses Korps et Divisionen d’attaque au QG de l’OB West à Ziegenberg, avant que tout le monde ne se rende à l’Adlerhorst pour un entretien avec le Führer. Pour la plupart des généraux, c’est la première rencontre avec Adolf Hitler. Chacun peut se rendre compte qu’il est physiquement diminué par les séquelles de l’attentat du 20 juillet. Mais il conserve un magnétisme ressenti dans un discours d’un quart d’heure, dans lequel il admet que la Bataille des Ardennes est définitivement perdue. Il juge aussi probable un échec de l’offensive à venir en Alsace, d’autant que la menace soviétique grandit à l’est. Cependant, rien ne l’empêche de s’entretenir des plans de l’offensive avec chaque général. Il conclut enfin en précisant que le but final de « Nordwind » n’est pas de regagner du terrain, ni même du prestige. L’objectif recherché étant « la destruction des forces ennemies ». Une fois encore, Hitler apparaît entièrement déconnecté de la réalité, même si personne ne conteste son autorité.


2 – Strasbourg ne cédera pas ! 

– Au sin du 6th Army Group, le passe en position défensive n’est pas sans créer des remous d’ordre politique. Initialement, Eisenhower avait ordonné à Devers de cesser toute offensive le temps de rétablir la situation dans les Ardennes et raccourcir ses lignes défensives afin de maintenir un maximum de forces disponibles au nord. Pour la conduite des opérations, « Ike » ordonne au 6th Army Group de se retirer sur « une ligne principale de défense » DERRIÈRE les Vosges afin de racourcir les linges de défense, tout en maintenant 1 Division blindée et 1 Division d’infanterie en réserve directe. En dépit des succès alliés, Eisenhower était soucieux quant à l’issue stratégique. Pour cette raison, il ordonne à Devers de retirer complètement le VIth Corps de Brooks du saillant de Lauterbourg dès que possible. Ordre confirmé lors d’une réunion à Paris entre les deux généraux américains. Toutefois, Devers était convaincu que la seconde contre-offensive allemande aurait lieu dans la Vallée de la Sarre, bien plus au nord que le saillant désigné et ne considéra donc pas comme urgent l’ordre donné par le commandant du SHAEF. En fait, sa priorité est d’abord de tenir Strasbourg. De retour à son Quartier Général de Vittel le 28 décembre, Devers donne pour instructions à Patch de faire préparer trois au VIth Corps de Brooks trois positions intermédiaires à utiliser « qu’en cas d’attaque massive », ainsi qu’une dernière ligne sur le versant est des Vosges. Les positions intermédiaires sont donc réparties comme suit :
– 1re : Portion de la Ligne Maginot juste derrière la frontière
– 2nde : Bitche – Niederbronn – Bischwiller (sur les rivières Falkenstein, Zintsel et Moder)
3e : Bitche – Ingwiller – Strasbourg

– En revanche, Devers ne perçoit aucun besoin d’opérer un retrait sur trois échelons s’il n’y a pas de menace spécifique. Au lieu de cela, il finit par transférer la 2e DB de Leclerc – imaginons la satisfaction du Français – à la VIIth Army de Patch, afin de prévenir de la rétrocession d’une Division blindée à la réserve du SHAEF. Eisenhower était réservé quant à la capacité des divisions de Brooks à tenir le saillant de Lauterbourg, dont le terrain plat reste difficile à défendre. Et un mouvement des Allemands vers le sud-est menacerait les flancs des deux Corps américains. Et si la trouée de Saverne retombe aux mains des Allemands, les trois divisions de Brooks se retrouveraient piégées dans le saillant de Lauterbourg. Et une seconde attaque potentielle depuis la Poche de Colmar rend aussi les responsables du SHAEF particulièrement nerveux. Eisenhower insiste donc pour que Devers retirer ses forces aussi vite que possible pour établir une ligne défensive sur le flanc est des Vosges. Mais Devers reste réticent à l’ordre d’abandonner un terrain conquis et sans raison apparente. Alexander M. Patch soutient son supérieur, estimant qu’il « est difficile d’abandonner une position quand vous vous sentez capable de la tenir » et traîne lui aussi des pieds dans l’exécution de l’ordre d’« Ike ». Le 31 décembre, le chef d’état-major d’Eisenhower Walter Bedell-Smith appelle Devers au téléphone et lui fait comprendre d’un ton particulièrement rageur que le commandant du SHAEF est furieux que la VIIth Army ne se soit toujours pas retirer de Basse-Alsace. Mais Devers a une autre raison – très politique cette-fois – de ne pas vouloir retirer les forces de Patch : Strasbourg.

– Les plans d’Eisenhower n’ont pas échappées à de Gaulle qui réagit violemment. Pour lui, il est absolument hors de question d’abandonner Strasbourg. Et tant pis si les Américains ne veulent pas la défendre, l’Armée française le fera ! Le 28 décembre, il envoie Alphonse Juin, Chef d’état-major du Ministère de la Défense Nationale porter un mot de protestation au SHAEF, accompagné de l’offre d’envoyer trois nouvelles Divisions formées à partir de FFI pour concourir à la défense de Strasbourg. Mais Ike ne cède pas. Le 1er janvier 1945, en guise de vœux pour le Nouvel An, de Gaulle fait une concession à l’état-major du SHAEF : les américains peuvent abandonner le saillant sur la Lauter mais les troupes françaises défendront Strasbourg. Le même jour, de Lattre se rallie à de Gaulle et propose que sa Ire Armée assure la défense de Strasbourg « si les Américains se retirent de leurs lignes au nord ». Dans la nuit du 2-3 janvier, Juin s’entretient longuement avec Walter Bedell-Smith et abat la dernière carte du Général de Gaulle : la menace de retirer tout simplement la Ire Armée Française de l’organigramme du SHAEF si Strasbourg est abandonnée. De son côté, le Général de Lattre de Tassigny dresse un plan sans injonction ni autorisation de Devers pour envoyer la 3e Division d’Infanterie Algérienne du Général Guillaume défendre Strasbourg. Mais ces profonds désaccords affectent directement la chaîne de commandement alliée et vient compliquer la réponse à une offensive allemande en Alsace.

SS-Gruppenführer Max Simon, commandant du XIII. SS-Korps

SS-Gruppenführer Max Simon, commandant du XIII. SS-Korps

3 – La préparation de la défense américaine

– A partir du 19 décembre, en raison de l’envoi du XIIth Corps d’Eddy au secours de Bastogne dans les Ardennes, la VIIth Army de Patch reçoit l’ordre de tenir les lignes sur la Sarre et en Moselle, allongeant ainsi son flanc gauche. Patch se retrouve donc à tenir un front compris en équerre dont la ligne ouest – est s’étire entre Sarrebrück et Lauterbourg avant que son flanc droit n’oblique vers le sud sur une ligne de 42 km le long du Rhin. Patch estime qu’il n’a d’autre choix que de scinder ses forces de part et d’autre des Basses-Vosges. Et pour mieux coordonner leur ensemble, il décide de déménager son PC à Saverne (Bas-Rhin). Chacune de ses divisions tient environ 18 km de front, soit 4,5 environ par régiment d’infanterie et environ 1,5 km par bataillon, soit environ 1 homme tous les 2 mètres si les unités sont à effectifs pleins. Il peut aussi compter sur sa réserve mobile mécanisée formée par les 12th et 14th Armored Divisions. Au vu des informations fournies par le système ULTRA, Patch s’attend à voir débouler les Allemands depuis le couloir de la Sarre. Il y a donc concentré le gros du XVth Corps de Haislip, avec (de gauche à droite), les 103rd, 44th et 100th Infantry Divisions, appuyées sur leurs arrières par la 12th Armored Division d’Allen. Le VIth Corps de Brooks tient le flanc droit (est), soit la partie du saillant comportant Bitche et Lauterbourg avec les 45th et 79th Divisions flanquées l’une à l’autre ;  la 36th Division rameutée du secteur de Kayserberg qui sert de flanc-garde sur le Rhin, ainsi que la 14th Armored Division d’Albert C. Smith en soutien direct. D’autre part, Devers décide de rappeler la 2e DB de Leclerc et d’acheminer 3 divisions dont les régiments d’infanterie viennent d’arriver de Marseille, sans expérience des combats ; les 42nd « Rainbow »* (Harry J. Collins**), 63rd « Blood and Fire » (Louis E. Hibbs) et 70th « Trailblazers » (Thomas W. Herren). Sans attendre l’arrivée de leur artillerie, de leurs chars et chasseurs de chars de soutien et des autres éléments divisionnaires, Patch ordonne à ses trois nouvelles divisions de former des Task Forces (les 3 régiments d’infanterie divisionnaires et 1 unité de commandements), chacune étant placée sous le commandement du chef ou du commandant-adjoint de l’unité : Task Force Linden (42nd), Task Force Harris (63rd) et Task Force Herren (70th). La TF Harris vient alors renforcer la 2e DB pour renforcer le dispositif du XVth Corps au nord de la Vallée de la Sarre. Au centre de la VIIth Army – soit au sud-est de Bitche –, Patch insère la TF Hudelston, soit un élément mécanisé chargée de tenir la charnière entre la 100th Division et la 45th Division. La seule unité américaine qui ne participe pas à cette défense reste la 3rd Division d’O’Daniel qui se retrouve sous le commandement de la Ire Armée française devant Colmar.

– Face à la menace allemande, les GI’s se préparent du mieux qu’ils peuvent en creusant des trous et des tranchées dans le sol presque gelé. Les unités d’artillerie préparent des plans de feu et des zones de tir, pendant que les équipes du génie dressent des obstacles et sèment des mines dans les champs. Patch ordonne d’utiliser les communications radios a minima. A l’arrière, les unités d’Ordnance et de logistique amasse des stocks de vivres, d’armes de médicaments et de munitions pour mieux approvisionner les unités de combat que cela sera nécessaire. Contrairement à la bataille des Ardennes, les Allemands ne vont pas donner dans les lignes d’un ennemi sans expérience, sourd et aveugle.


[Suite]

* Présente en France en 1918, elle comptait comme officier d’état-major un certain Douglas McArthur qui s’y était fait remarquer par son courage quasi-suicidaire.
** A ne pas confondre avec son homonyme Joseph L. Collins, alors commandant du VIIth Corps et libérateur de Cherbourg.