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Campagne de 1814 – 10 février : Victoire de Champaubert

Le 8 février 1814, une semaine après la bataille de La Rothière, la situation est la suivante. L’Empereur a scindé ses forces en trois forces principales, du moins avec ce qui lui reste.
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Au nord, le Maréchal Etienne MacDonald Duc de Tarente a partagé lui-même ses unités en deux corps. Le plus gros (4 000 hommes) tient Château-Thierry et le cours de la Marne jusqu’à Dormans. Il fait face au Prussien Johann Ludwig von Yorck und Wartenburg qui occupe Épernay avec 15 200 hommes, soit un rapport favorable de 3,2 contre 1. Plus au sud, le second se tient à La Ferté-sous-Jouarre afin de protéger Meaux sur la route Meaux-Châlons-sur-Marne. Sur ce même axe, les Généraux russes von Osten-Sacken et Olsoufiev occupent respectivement Etoges et Vertus avec 24 000 hommes en tout.
Au centre, le Maréchal Auguste-Frédéric Marmont Duc de Raguse tient Sézanne avec 5 800 hommes. Sézanne forme un carrefour routier menant à Coulommiers (ouest), Vitry-le-François (Est) via Fère Champenoise, Nogent-sur-Marne (sud-ouest) et Troyes (sud-est) via Andure et Méry.
Laissons maintenant parler les deux maréchaux d’Empire :

– MacDonald : « Les Russes marchent rapidement par la route de Montmirail. Je hâte ma marche pour couvrir les points importants de passage de Château-Thierry et de La Ferté-sous-Jouarre. »

– Marmont : « J’occupe Pont-Saint-Prix et Baye qui étaient occupés par 5000 hommes d’infanterie ennemie. Un grand parc d’artillerie est arrivé à Champaubert et a continué sur Fromentières. La cavalerie légère que j’avais placée sur la route de La Ferté me rend compte que l’ennemi comme je l’avais prévue s’est porté sur la route de Montmirail…et que la tête de son infanterie y est arrivée aujourd’hui (le 8 févrierNDLR). »

Marmont est donc posté au sud-ouest des flancs de von Osten-Sacken et d’Olsoufiev, au nord-ouest des forces du Général Louis-Adolphe zu Sayn-Wittgenstein qui occupe Arcis-sur-Aube avec 20 000 hommes et au nord-est des forces de Napoléon qui tient Nogent-sur-Seine avec le Gros de la Grande Armée (70 000 fantassins et cavaliers). Enfin, le Prince Schwarzenberg est posté à Troyes et ses alentours du sud avec 130 000 hommes.

Napoléon décide d’affronter l’ennemi à Sézanne en y concentrant davantage de force. Ponctionnant sur le gros de son armée, l’Empereur se met en route vers le nord-est avec fantassins, cavaliers et artilleurs. Malgré les mauvais chemins défoncés, les forces de la Grande Armée parviennent à Sézanne le 9 février tard dans la soirée.

Le soir-même, des détachements de cavalerie prussiens sont signalés sur la rivière du Petit-Matin mais ils sont rapidement dispersés.
Mais l’Empereur apprend que Marmont a préféré se retirer à Chapton mais décide de le rappeler. Marmont revient alors vers l’Est, franchit les défilés de Saint-Gond et reprend Baye aux Russes. Durant l’après-midi, il arrive à Champaubert et tombe sur les colonnes d’Olsufiev. Le Duc de Raguse dispose dans ses rangs d’un contingent de Cavalerie commandé par Emmanuel de Grouchy. Marmont lance sans attendre les Cuirassiers du Général Jean-Pierre Doumerc une charge brutale qui culbute les Russes. Ceux-ci, totalement surpris se replient en deux colonnes ; l’une vers Montmirail et l’autre vers Etoges et Châlons. Plusieurs officiers ennemis sont pris mais auront l’honneur de dîner avec l’Empereur des Français. Dans la foulée de son succès, Marmont lance Grouchy à la poursuite des Russes. Blücher qui pensait être à Paris le lendemain doit alors s’arrêter.

Napoléon est alors maître de Champaubert, peu avant que la bataille de Montmirail ne s’engage.

Anecdote :
L’un des premiers chars de la 2e DB appartenant au 501e RCC portait le nom Champaubert.

Lire :
BOUDON Jacques-Olivier : Napoléon et la Campagne de France 1814, Armand Collin, Paris