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Campagne des Vosges (1944) – Septième partie

5 – LA SECONDE OFFENSIVE DU IInd CORPS MONSABERT DANS LES VOSGES

– Renforcé par l’arrivée du 2nd Régiment de Dragons (Colonel A. Dremetz) et des Commandos d’Afrique, le IInd CA du Général de Monsabert doit repousser les forces l’aile gauche de la 19. Armee allemandes qui gardent la moitié sud du Massif vosgien. Monsabert a pour objectif de s’emparer d’abord du Thillot, du Ménil, des Galmanprès, de La Bresse et de Château-Lambert, avant de foncer sur Oderen et Fellering au pied du Grand Ballon d’Alsace (3e DIA, 3e GTM et CF Pommiès – gauche), de Masevaux et de sa vallée (1re DIM/DFL – droite), pour ensuite rejoinde l’aile gauche du Ier Corps de Béthouart dans le secteur de Masevaux, sur la Doller et aux Portes d’Aspach.
– L’assaut commence le 19 novembre, par un temps toujours aussi mauvais. Les Tirailleurs de la 3e DIA d’ Augustin Guillaume piétinent face à 15 bataillons – dont ceux de la 269. ID – en marchant sur Fellering et Oderen. Mais c’est ce que veux de Lattre. Le 20 novembre, les FFI du Corps Franc Pommiès (Colonel André Pommiès) et du 1er Régiment du Morvan (Lieutenant-Colonel Adrien Sadoul dit « Chevrier ») viennent renforcer la 3e DIA pour percer la ligne Saint-Lambert – Le Thillot, qui verrouille le cours de la Haute-Moselle et l’accès au col. Finalement, les FFI parviennent à l’emporter. Malgré l’état de fatigue de ses hommes, la 3e DIA repousse les Allemands pour libérer Le Tholly et la Bresse. Pendant ce temps, le 2nd Spahis Algérien de Reconnaissance du Colonel Lecoq, le 3e Bataillon du Régiment de Franche-Comté et le Bataillon de l’Aveyron (Capitaine Pierre Monteil dit « Jean-Pierre ») s’emparent de Gerardmer détruite à plus de 80 % sur les ordres de Hans Schiel, selon les instructions de Wiese de ne rien laisser debout aux Français et aux Américains dans les Vosges. Quand les soldats d’Afrique et les FFI entrent dans les ruines, c’est pour être accueillis par des enfants, femmes et vieillards laissés sans-abri. Durant l’aube du 22 novembre, le Corps Franc Pommiès attaque Le Thillot. Mais les FFI buttent sur une solide défense allemande, bien appuyée par de l’artillerie et des mitrailleuses. Les Français connaissent alors de lourdes pertes mais ne reculent pas. Après quatre jours de violents combats, le CF Pommiès réussit à percer le 26 novembre. Mais la marche ne s’arrête pas pour autant, puisque le Corps Franc fournit encore de gros efforts afin de faire tomber la Tête du Géant, Fresse-s/-Moselle et La Hutte, jusqu’au 28 novembre. Enfin, pendant les journées des 28-29, sous la neige et par un thermomètre de – 10 °C, André Pommiès et ses hommes attaquent encore en direction du Grand Ballon d’Alsace pour s’emparer du Sommet du Drumont, d’Oderen et de Fellering. Puis, le Corps Franc s’installe sur des positions défensives avant d’être rattachée à la 10e Division d’Infanterie reformée et commandée par le Général Pierre Billotte, alors débarqué de la 2e DB par Leclerc pour incompatibilité d’humeur (J-Chr. Notin). Parallèlement, le 3e Régiment de Tirailleurs Algériens du Colonel Pierre Agostini s’enfonce dans la Vallée de Rochesson pendant que le 2e Spahis Algériens atteint Longemer, elle aussi détruite en quasi-totalité.

– Le 26 novembre, Monsabert décide de pousser encore plus à l’ouest vers la Route des Crêtes et le Hohneck. Dans la soirée, le 4e Régiment de Tirailleurs Tunisiens du Colonel Chappuis atteint Lachapelle-/s-Rougemont, pendant que le 8e Tirailleurs Marocains butte sur Bessoncourt. En revanche, le 5e Tirailleurs Marocains s’empare de Montreux-Château pour établir le contact avec le 2nd Bataillon du RMLE (5e DB).

– Sur la droite du Corps de Monsabert, la 1re DFL de Brosset – qui s’entend toujours aussi mal avec Monsabert – démarre son offensive. Malgré des conditions difficiles, les « vieux » FFL s’emparent de Giromagny et de Champagney. Le 20 novembre, les éléments du 1er Régiment de Fusiliers Marins (Lieutenant-Colonel Pierre de Morsier) s’emparent de Plancher-les-Mines. Sauf que le même jour, elle est endeuillée par la perte de son chef, Diego Brosset, tué au volant de sa jeep qui a dérapé devant un pont pour terminer sa course dans l’Ambiez. Avant la décision de nommer le Colonel Garbay commandant de la 1re DFL – décision qui viendra de Koenig – Bernard Saint-Hillier chef d’état-major, assure l’intérim.
Pour l’heure, la DFL poursuit son avance par le Col de Masevaux dans des conditions difficiles. Le 26 novembre, les Légionnaires de la 13e DBLE du Lieutenant-Colonel Gabriel Brunet de Seraigné atteignent Masevaux, suivis par les M5 Stuart et chasseurs de chars M10 du 1er RFM atteint est abords ouest de Massevaux et entre en contact avec le Groupement de Choc du Colonel Fernand Gambiez qui combat durement pour libérer la ville.

André Pommiès

André Pommiès

Insigne du Corps Franc Pommiès

Insigne du Corps Franc Pommiès

 

2 – Le combat de Masevaux

– Fixée comme objectif l’aile gauche du Ier Corps de Béthouart, la ville de Massevaux permet de s’assurer le contrôle du cours inférieur de la Doller dont le franchissement permet de pousser ensuite vers Thann et Cernay.
Béthouart a confié la prise de cette petite ville au Groupement de Choc du Colonel Fernand Gambiez qui s’est illustré dans la prise de l’Île d’Elbe en juin 1944. Gambiez commande alors à trois bataillons, le Bataillon de Choc du Colonel Lefort, les Commandos de France du Commandant de Foucaucourt et le Bataillon Janson de Sailly – appelé ainsi car formé de volontaires dans la cour du grand lycée parisien durant la libération de la capitale –  du Commandant Gayardon. Les « Chocs »  sont alors placée sur l’aile droite de la 1re DFL et doivent progresser sur Massevaux par la par la Vallée de la Madeleine, Saint-Nicolas et Stoecken. Béthouart a donné comme ordre à Gambiez de foncer sur Massevaux par surprise, à l’aide de mulets qui transporteront les mitrailleuses lourdes (12,7 mm), les mortiers de 81 mm, les canons légers de 37 mm, les munitions et le ravitaillement. Mais comme le signale Jean-Christophe Notin*, autant les commandos sont-ils maîtres dans les coups de mains sur des objectifs limités, autant vont-ils être moins à l’aise dans de plus larges manœuvres d’infanterie ».

– Le 23 novembre, placés en tête pour l’action principale, les trois groupes des Commandos d’Afrique du Commandant de Foucaucourt (3 compagnies légères de commandos), appuyés par la Compagnie lourde du Lieutenant Vinceguerra, démarrent leur marche d’approche sur Giromagny puis sur Le Bringard. Guidés ensuite par des schlitteurs (exploitants forestiers vosgiens utilisant une sorte de luge de transport appelée « schiltt ») qui connaissent très bien le terrain, les hommes de Foucaucourt se positionnent au-dessus des Sept-Sapins. Un canon de 37 mm réduit au silence les mitrailleuses allemandes, permettant aux Compagnies légères de franchir la Thur, puis de s’emparer de La Madeleine où le Colonel Gambiez peut installer son PC. Dans la nuit du 23-24 novembre, les Commandos d’Afrique marchent vers Saint-Nicolas par une pluie battante. Les Commandos ont eu ouïe dire que le SS-Obergruppenführer Karl Oberg (chef de la Gestapo et de la SS pour la France) s’y cacherait. Mais la Compagnie du Capitaine du Bellay ne trouve aucune trace de lui. Mais dans la nuit du 24-25, sur ordre de Foucaucourt, du Bellay envoie plusieurs de ses hommes sur Massevaux guidés par des civils volontaires. Gambiez apprend alors que 400 Allemands gardent Massevaux mais que le pont nord sur la Doller est toujours intact. C’est donc là qu’il décide de frapper.

Colonel Fernand Gambiez

Colonel Fernand Gambiez

– Le 25 novembre, les Commandos d’Afrique (moins la Compagnie Bosmelet) et des éléments du Bataillon « Janson de Sailly », reçoivent l’ordre de passer à l’attaque contre Massevaux. La première attaque est lancée par les Commandos de Villaumé et du Bellay, appuyés par des mortiers et des mitrailleuses lourdes. A 17h00, Stoecken est prise et s’y cramponne. Mais l’intervention d’un canon automoteur Sdkfz 164 « Hornisse » cause du dégât chez les commandos, détruisant la position du Capitaine du Bellay qui est tué en voulant faire une sortie. Mais Gambiez lance ses troupes à l’assaut. Malgré la présence d’une mitrailleuse MG 42 dans Massevaux, les hommes de Foucaucourt s’emparent de la passerelle au nord de la ville. Un autre groupe mené par le Lieutenant Mosseri réussit à passer par le sud à l’aide d’un civil mais un mitrailleur allemand fauche Mosseri et le Lieutenant Petitjean. Les combats font alors rage dans Massevaux et dans sa périphérie jusqu’au 26 novembre mais les Commandos d’Afrique tiennent fermement leurs positions. Mais de Foucaucout fait savoir à son chef qu’il ne résistera pas à une contre-attaque ennemie appuyée par des engins blindés et sans un appui d’artillerie adéquat. Fernand Gambiez décide alors d’envoyer le Bataillon « Janson de Sailly » en renfort.

– Le 26 novembre, alors que le Bataillon « Janson de Sailly » se met en marche, un parti de Grenadier bien appuyés par de l’artillerie pilonnent les positions des Commandos d’Afrique qui ne peuvent riposter. Le combat dure durant toute la journée mais les hommes du Commandant de Foucaucourt ne plient pas en dépit des pertes. Heureusement, l’arrivée de la 13e DBLE et de chars légers Stuart permettent aux Français de s’assurer définitivement de la prise de Masevaux le 27 novembre, même si les combats font toujours rage dans la périphérie. Mais de Foucaucourt n’a que 200 hommes restant (moins ceux de Bosmelet qui est appelé en renfort).

– Dans la nuit du 27-28 novembre, Gambiez relance la progression de ses forces qui s’enfoncent dans la Vallée de la Thur pour franchir le Col du Hundsruck, avant d’atteindre Thann. Simultanément, l’aile gauche de Béthouart et l’aile droite de Monsabert renforcent leur soudure.

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6 – LE Ier CORPS PÉNÈTRE EN HAUTE-ALSACE  

1 – La « Saint Louis » est sur le Rhin

– Revenons un peu en arrière. Nous avons laissé le Ier Corps d’Armée d’Antoine Béthouart à la libération de Belfort. Alors que la 2nde DIM et les éléments de la 5e DB s’emploient à libérer la ville, le Combat Command 2 du Colonel Kientz de la 1re DB (5e Régiment de Chasseur d’Afrique, 1er Bataillon de Zouaves Portés et III/68e Régiment d’Artillerie d’Afrique) dépasse Hérimoncourt. Jean Touzet du Vigier oriente alors le CC sur Morvillars afin d’empêcher toute potentielle contre-offensive allemande visant à reprendre Belfort. Mais le Colonel Kientz et ses hommes rencontrent alors une forte résistance entre Meziré et Morvillars et se retrouve bloqué. Heureusement, une colonne mixte char-infanterie du Commandant Barbier libère Montbuton, Beaucourt, Badevel et Fesches-l’église avant de pénétrer dans Grandvillars. Parallèlement, le 1er BZP investit en grande partie Morvillars mais le nord de la ville est toujours tenu par des Allemands appuyés par des canons de 88 mm et des mines.

– Une autre colonne formée par le Régiment d’Infanterie Coloniale du Maroc (RICM) du Colonel Le Puloch prend successivement Croix, Saint-Dizier, Lebetain pour arriver près de Delle où des Allemands se sont retranchés dans les habitations. Mais les efforts combinés des Zouaves et des Marsouins, appuyés par  3 canons antichars de 57 mm permet de prendre la ville, tout en envoyant 250 prisonniers ennemis dans les lignes du Ier Corps. Le Puloch lance alors ses coloniaux sur Favrois, Courtelevant, Suarce et Jocherey, couvrant ainsi une trentaine de kilomètres sans rencontrer de fortes résistances.

– Tout à droite, le 19 novembre, trois groupements du  CC 2 (de Lépinay, Gardy et Dewatre) longent la frontière suisse pour remonter vers le Rhin. Le Groupement de Lépinay s’empare de Krembs, celui de Gardy sur Rosenau, pendant que le Groupement Dewarte fonce sur Ferrette. Dans la foulée, le RICM franchit la « frontière » entre la Franche-Comté et la Haute-Alsace pour libérer le village de Seppois. Fonçant ensuite vers le Rhin, il surprend à chaque fois les détachements d’Allemands qui se rendent ou fuient devant les Français.
Pendant ce temps, le CC 2 fonce vers Jettingen. Le Peloton de Loisy du Groupement Gardy (5 M4 Sherman) et 1 section de Zouaves fait un bond de 6 km via Helfranzkirch, Kappellen et Bartenheim pour se retrouver sur la rive gauche du Rhin. Il est 19h30. Le 2nd Groupement du 68e RAA arrive alors dans la foulée et envoie les premiers obus français sur le sol allemand depuis 1940.

2 – La libération de Mulhouse

– De Lattre et Béthouart ordonnent à Jean Touzet du Vigier et à sa « Saint Louis » (surnom de la 1re DB) de foncer sans attendre sur Mulhouse, avec l’aide du RICM et du Régiment Colonial de Chasseurs de Chars (Colonel Rousseau), le tout couvert par les 3e et 4e Régiments de Chasseurs d’Afrique. Le 2/6e Tirailleurs Marocains est placé en appui. Touzet du Vigier assigne à ses Colonels les missions suivantes : le CC 1 du Colonel Aimé Sudre (2nd Cuirassiers, 1er BZP et I/68e RAA) doit s’emparer d’Altkirsch ; le CC 2 du Colonel Kientz a pour objectif Dannemarie et c’est au CC 3 (2nd Chasseurs d’Afrique et 3e BZP) que revient la tâche de foncer sur Mulhouse et de prendre l’Île Napoléon

– Le 20 novembre à 13h30, alors que les combats de la Libération de Belfort sont en cours, Jean Touzet du Vigier fait démarrer ses trois Combat Commands. Le CC 3 fonce et s’empare de Batteheim, Sausheim et Baldersheim, ce qui permet de couper la retraite aux Allemands. Les Allemands lancent une contre-attaque à Batteheim avec l’appui de dix chars. Il faut l’intervention de M10 Wolverine du RCCC pour repousser l’assaillant. Du côté du CC 2, le Groupement Gardy fonce sur Riedisheim, causant la panique dans les rangs des Allemands qui sont forcés de se retrancher dans les casernes. Les hommes de Gardy sont alors rejoints par  les FFI du Commandant Winter dit « Daniel ». On se bat durement autour de la Feldpost occupée par 80 hommes qui finissent par se rendre, ainsi qu’autour de la caserne Coehorn et de l’Hôtel de Police. Les groupements de Lépinay et de Dewattre entrent à leur tour de Mulhouse pour achever le nettoyage. Le 20 novembre, presque toute la ville est libérée, exceptée la caserne Lefebvre qui tient jusqu’au 22.

– Mais pour Touzet du Vigier, la menace vient du nord car Friedrich Wiese qui a pris conscience de la situation périlleuse dans laquelle se trouve sa 19. Armee. En effet, le Général allemand, a décidé de lancer ce qu’il avait en réserve pour reprendre Mulhouse. Le 21 novembre, des éléments de la 30. SS-Gren.Div. appuyés par des chars Panther de la Panzer-Brigade Feldherrnhalle s’en prennent au CC 1 du Colonel Sudre qui doit abandonner Vellescot, Suarce, Hirsingue et Witterdorf en laissant des Sherman en flammes sur le terrain. Waffen-SS et chars  se dirigent vers Altkirch mais un mouvement tournant du CC 1 les prend à revers et les force à se replier. Quant au CC 2, il doit affronter lui aussi des Panther et des petits groupes de Grenadier sur la route Delle – Bâle durant toute la journée, afin de protéger les colonnes de ravitaillement de la 1re DB.

3 – La 5e DB butte devant Cernay

 – Le 20 novembre toujours, Béthouart ordonne à Henri de Vernejoul de lancer les trois Combat Commands  de sa 5e DB sur l’axe Fontaine – Cernay, après avoir franchi l’Allaine. Mais c’est la première fois qu’ils combattent ensemble et non plus de manière détachée, ce qui implique des efforts de coordination à l’échelon supérieur de la division et dans l’état-major.
Un premier groupement placé sous le commandement du Colonel Miquel comprenant son 1er Régiment Etranger de Cavalerie, 1 compagnie du Régiment de Marche de la Légion Etrangère, 1 compagnie du 96e Bataillon du Génie et 1 Escadron de M10 Wolverine du 1er Chasseurs d’Afrique, doit ouvrir la marche en direction de Fontaine et Foussemagne, afin d’établir un passage sur le canal Cernay – Neuf-Brisach. Le Combat Command 5 du Colonel Bonet d’Oléon doit se diriger vers Giromagny et le versant est du Ballon d’Alsace afin de piéger la portion de l’aile droite de la 19. Armee pressurée par le IInd Corps d’Armée. Enfin, le CC 4 du Colonel Schlesser doit remonter la RN 83 jusqu’à Cernay, pendant que le CC 6 du Colonel Tritschler doit atteindre Bernwillet et Wittelsheim.

– Mais Béthouart et de Vernejoul vont se faire surprendre par la réaction de Friedrich Wiese qui expédie d’urgence les 198. et 269. Infanterie-Divisionen, la 30. SS-Gren.Div. « Russisches Nr. 1 », ainsi que les Jagdpanther du schwere-Panzerjäger-Abteilung 654 (Hauptmann Hermann Sacthleben) contre la 5e DB.  L’ensemble forme alors le LXIII. Armee-Korps commandée par le General der Infanterie Schalk. Ce dernier reçoit alors l’ordre de couper la route Delle – Bâle à hauteur de Courtelevant afin de piéger la 1re DB autour de Mulhouse.

– Le 21 novembre, le Groupement Miquel arrive devant Montreux. Mais le pont sur le canal Cernay – Neuf-Brisach a été détruit. Mais la mauvaise surprise vient du fait que des Jagdpanther surgissent et « allument » plusieurs chars légers du 1er REC. Un peloton du 3/RMLE franchit alors le canal à la nage mais se fait repousser après avoir tenté de prendre la mairie en perdant 34 tués et blessés.
La mauvaise surprise pour Henri de Vernejoul s’accentue dès lors que c’est toute sa division qui se retrouve bloquée, ne pouvant agir en coopération avec la 1re DB qui combat autour de Mulhouse. Le CC 5 de Bonet d’Oléon butte contre des Grenadiers et des Jagdpanther et le CC 4 de Schlesser piétine devant Cernay. Seule satisfaction de la journée, le CC 4 et le CC 2 de la 1re DB réussissent à dégager la route Delle – Bâle. Béthouart doit alors lancer le 1er Bataillon du 6e Tirailleurs Marocains et le RCCC dans la bataille dans le secteur de Chavannes – Chavanates – Veleescot. Sauf que Schalk lance une violente attaque dans ce secteur qui tombe aux mains des Allemands malgré la résistance française.

– Le retard infligé aux Français permet donc au LXIII. AK d’attaquer en direction de Suarce et Lepuix durant l’obscurité. Ces deux localités tombent et la route Delle-Bâle est menacée d’être coupée dans le secteur de Courtelevant. Guy Schlesser n’a d’autre choix que de lancer 1 peloton de Sherman du 1er Cuirassiers, tous phares allumés avec des Légionnaires accrochés à la cuirasse. De violents accrochages ont lieu à Courtelevant et Réchésy durant la nuit mais les Allemands n’avancent plus. Le lendemain 22 novembre, les CC 4 et 5 contre-attaquent et reprennent Lepuix et Suarce. Dans la même journée, Béthouart envoie le 9e Régiment de Zouaves du Lieutenant-Colonel Aumeran reprendre Chavannes et Chavanattes. Avec des pertes, les « chacals » reprennent les deuc villages.
Mais Schalk ne démord pas puisqu’il lance les russes blancs de la 30. SS-Gren.Div sur Friesen, avec l’appui de 3 Jagdpanther. Les Allemands reprennent la localité qui est reprise par un assaut conjoint du 1/6e RTM et du RCCC. De Vernejoul doit déplorer la perte de 188 hommes et 4 chars. Mais les Français ont infligé de lourdes pertes au LXIII. AK, soit 200 tués, 720 prisonniers et 7 blindés. Mais Friedrich Wiese ordonne à Schalk de relancer une attaque contre Friesen. Ce sont les Marsouins Sénégalais et Français du 6e Régiment d’Infanterie Coloniale de Salan – arrivés d’urgence en renfort – qui passent à la contre-attaque. Mais ils sont durement repoussés par des Allemands lourdement armés et ne peuvent se maintenir sur les routes RN 463 et RD 24. Par conséquent, c’est le ravitaillement de la 5e DB qui se retrouve encore bloqué.

– Le 24 novembre, Antoine Béthouart ordonne à Schlesser de dégager la RD 463. Le CC 4 réussit alors à dégager Seppois et poursuit vers Dannemarie, avant de pousser sur Altkirch, suivi par le 152e RI (reconstitué) du Colonel  Colliou dit « Roussel » et le Groupement mobile « Alsace-Lorraine » d’André Malraux dit « Berger ». Ils sont appuyés par les Marsouins du 2/6e RIC et les FFI de la Brigade Légère du Languedoc (Colonel Eugène Brugié). Mais ceux-ci sont sévèrement accrochés par des Allemands dissimulés dans les arbres. En revanche, à 11h30, le CC 4 réussit à dégager la RD 463. Béthouart n’hésite pas et expédie des renforts à la 1re DB qui tient encore Mulhouse.

– De son côté, Touzet du Vigier et les résistants de Mulhouse doivent résister à plusieurs dures contre-attaques exécutés par la Panzer-Brigade « Feldherrnhalle », le Kampfgruppe Diemer et 3 Bataillons de SS. Le CC 3 réussit à tenir Lutterbach et Morschwiller, même s’il doit abandonner Heimsbrunn. Mais les Allemands ne tentent plus rien.

– ¨Pour la Ire Armée Française, la campagne des Vosges est quasiment achevée. Celle d’Alsace commence bientôt avec les difficultés climatiques de cet hiver 1944.

Sources :
– BERNARD Vincent : « La bataille des Vosges », in Ligne de Front, N°45, sept-oct. 2013
– CLARKE Jeffrey L. : Riviera to the Rhine, http://www.ibiblio.org