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Charles de La Porte Marquis de la Meilleraye, « le grand canonnier » de Louis XIII

m502004_74de269_pFils de Charles de La Porte Premier du Nom, avocat au Parlement et de Claude de Champais, Charles de La Porte futur Marquis de La Meilleraye et Duc de Rethel voit le jour à Paris en 1602. Sa famille est originaire de la Gâtine (le pays de Parthenay, aujourd’hui dans les Deux-Sèvres) mais est cousine avec les du Plessis de Richelieu. Ainsi, Charles de La Porte a pour cousin le Grand Cardinal Ministre.

– On ne sait pas grand-chose de ses vingt premières années de jeunesse hormis qu’il est orphelin très tôt et est recueilli par son oncle Amador de La Porte qui veille à son éducation et son instruction. Il embrasse la carrière des armes au service de Louis XIII. En 1628, il commande un régiment au siège de la Rochelle qui tient le secteur sis le Fort de la Fond soumis régulièrement aux sorties des Huguenots. Si l’on en croit les mémoires du Maréchal de Bassompierre, Charles de La Meilleraye n’hésite pas à s’exposer en première ligne. Il affronte en combat singulier un certain La Cottencière-Bessay. Mais le duel au mousquet tourne à l’avantage du second qui tue le cheval de La Meilleraye qui s’abat sous son maître. Seulement, La Cottencière se porte au secours de son adversaire. Le combat cesse sans tué mais La Meilleraye est menacé de dégradation pour s’être battu en duel (interdit par ordonnance royale en 1626) mais il doit son maintien en commandement au Cardinal de Richelieu.

– En 1629, Charles de La Meilleraye commande toujours un Régiment et se distingue lors de l’attaque du Pas-de-Suse contre le Duc de Savoie et lors du combat de Carignan. En 1630, il épouse Marie Coëffier de Ruzé d’Effiat, sœur du Maréchal Antoine de Ruzé d’Effiat, le père du fameux Marquis de Cinq-Mars. De cette union naîtra un fils, Charles-Armand mais Marie de Ruzé décèdera brusquement en 1633 à l’âge de vingt-ans seulement.

– En 1630-31, La Meilleraye est fait Gouverneur de la Rochelle, du Pays d’Aunis, de Brouage et des Îles Adjacentes. Seulement, trop occupé aux affaires du Royaume, il délègue ce Gouvernement à son oncle Amador, alors Grand Prieur de l’Ordre de Malte, qui se montre un bon administrateur aux dires de Gédéon Tallemant des Réaux, d’habitude peu avare de portraits au ton acerbe.
En 1632, Charles de La Meilleraye est fait Lieutenant-Général du Roi en Bretagne et Gouverneur de Nantes et du Pays Nantais. La même année, Louis XIII lui octroie le Collier du Saint-Esprit.

– En 1634, Louis XIII déclare la Guerre au Duc Charles de Lorraine et décide d’envahir ses États pour s’assurer une « porte » aux frontières est du Royaume. Charles de La Meilleraye rejoint donc le Souverain et se distingue au siège de La Mothe où il commande l’Artillerie, arme qui va très vite faire sa réputation et lui octroyer le surnom de « Preneur des villes ».
La même année, Charles de La Meilleraye succède à son beau-frère Antoine de Ruzé d’Effiat à la charge de Grand Maître de l’Artillerie de France.
Véritable expert de l’utilisation de l’artillerie, La Meilleraye contribue alors aux succès d’Avein contre Thomas de Savoie, Tillemont, Diest et Arschot. Il est toutefois moins chanceux à Louvain car l’Armée Royale est forcée de lever  le siège.

– En 1639, La Meilleraye commande l’Artillerie de l’Armée des Flandres du Maréchal François de Châtillon. Il connaît son plus grand succès au siège de Hesdin qui se rend le 30 mai. Le Grand Maître de l’Artillerie est alors fait Maréchal de France par Louis XIII qui lui dit : « Je n’ai jamais fait un maréchal de meilleur cœur que vous. » Le 2 août 1639, le Maréchal nouvellement promu défait les troupes du Marquis de Fuentès (le futur vaincu de Rocroi) et fait capitule le château de Ruminghen qu’il détruit.
En 1640, alors que les Maréchaux de Châtillon et de Chaunes font le siège d’Arras, les Espagnols marchent alors sur la ville pour la dégager. La Meilleraye appuie alors le Du cde Chaunes et le Marquis de Fuentès est repoussé une nouvelle fois. Le 9 août, Arras tombe.
– En 1641, La Meilleraye fait capituler la ville d’Aire le 26 juillet mais il doit s’en retirer devant l’arrivée des Espagnols du Cardinal-Infant Ferdinand d’Autriche mais il connaît ensuite le succès en s’emparant de La Bassée, Lens et Bapaume. Il ravage ensuite les faubourgs de Lille. La même année, il achète la baronnie de Parthenay.
Envoyé dans le Roussillon en 1642, La Meilleraye participe avec succès au siège de Perpignan que commande le Maréchal Henri de Schomberg.

– Après la mort de ses deux protecteurs Richelieu et Louis XIII, Charles de La Meilleraye obtient néanmoins le commandement des Gardes et la charge de Gouverneur de Bretagne où il se montre bon administrateur. Mais il ne reste pas longtemps à Nantes puisque la guerre reprend contre l’Espagne. Le Maréchal fait tomber Gravelines. Notons qu’une altercation a lieu entre lui et le Maréchal Jean de Gassion pour déterminer qui était à même d’entrer le premier dans la citadelle. On trancha au profit du premier. Dans la foulée, La Meilleraye contribue à faire tomber Courtrai et Mardick.
Il revient à Nantes en 1646 et reprend brièvement ses tâches administratives avant d’être envoyé en Italie aux côtés du Maréchal du Plessis-Praslin. Il s’empare de Piombino et de Porto Longone.

– Durant la Fronde, il reste fidèle à la Couronne mais Anne d’Autriche et Mazarin lui attribuent la charge de Surintendant des Finances en remplacement de Claude de Mesme Comte d’Avaux, intègre mais alors proche du Parlement de Paris. Le soldat La Meilleraye n’a d’autre choix que de taxer davantage lui aussi et quitte son poste en 1649 au profit du très détesté Michel Particelli d’Emery. Toutefois, Mazarin le rappelle pour rétablir l’ordre dans Paris garni de barricades et La Meilleraye réussit à éviter un trop grand bain de sang. Mazarin et Anne d’Autriche le délègue alors avec Michel Le Tellier pour signer la Paix de Rueil en 1649.

– Après la Fronde, Charles de La Meilleraye conserve ses fonctions de Grand Maître de l’Artillerie. Il en profite pour fonder sa propre Compagnie de Navigation et envisage même de coloniser Madagascar (appelée alors « la Grande Île ») afin de donner à la France une assise dans l’Océan Indien pour le commerce avec les Indes. Entretemps, Louis XIV a élevé les terres de La Meilleraye en Duché et Pairie.

– Ce grand soldat s’éteint le 8 février 1664 à Paris. Il sera inhumé d’abord à l’église des Jésuites et la Rue Saint-Antoine avant que sa dépouille ne soit transférée à la collégiale Sainte-Croix de Parthenay.
Il portait aussi les titres de Baron de Parthenay et de Saint-Maixent, Comte de Secondigny, Seigneur du Boisliet, de la Lunardière, de La Jobelinière et de Villeneuve.
Richelieu qui l’appréciait particulièrement a dit de lui : « il est l’un des hommes du plus grand mérite, de la plus constante faveur et le plus comblé de son temps ». Son fils Charles-Armand a épousé l’une des nièces de Mazarin, Hortense Mancini.

Sources :
– PETITFILS Jean-Christian : Louis XIII, Perrin
– http://www.infobretagne.com