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Chroniques de la Bataille de Normandie – 20/ Opération « Goodwood »

Le 9 juillet, à l’issue de l’Opération Charnwood, la ville de Caen est (en grande partie) aux mains des anglo-canadiens. Seulement, le I. SS-Panzer-Korps de « Sepp » Dietrich tient toujours la Crête de Verrières, la rive droite de l’Orne et toute la partie sud-est de la Plaine de Caen. Montgomery décide alors de dégager définitivement Caen par une série d’offensives. La plus importante est l’Opération « Goodwood » (du nom d’une course hippique prisée en Angleterre) qui, selon Montgomery, doit « engager les forces blindées allemandes dans la plaine de Caen et les diminuer », afin d’améliorer la situation de la IInd Army de Dempsey. Défini par « Monty » dès le 14 juillet, attribué au VIIIth Corps de Richard O’Connor, Goodwood doit se produire sur le flanc gauche (est) britannique dans un triangle Caen – Troarn – Route de Falaise (Bourguébus). Stratégiquement, « Goodwood » doit aussi soulager le front américain de Bradley, toujours bloqué sur Saint-Lô, en fixant et en contournant les forces de la 5. Panzer-Armee de Heinrich Eberbach.

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– Toutefois, Goodwood doit être complétée d’une offensive du IInd Canadian Army Corps du Lieutenant-General Guy Granville Simonds, tout récemment rendu opérationnel. Cette nouvelle attaque canadienne, nom de code « Atlantic », doit forcer le l’Orne sur le flanc ouest (droit) du VIIIth Corps d’O’Connor, libérer Colombelles et Vaucelles (banlieue de Caen) ainsi que les portions de l’agglomération caenaise toujours aux mains des éléments de la 21. PzDiv.

– Montgomery ordonne à Dempsey que Goodwood soit déclenché le 18 juillet, alors même que la Ist US Army entre de Saint-Lô.  Son plan est simple : atteindre au plus vite la route Caen – Falaise par un large crochet développé en une attaque sur deux axes dans la plaine de Caen. Ses objectifs sont la prise des bourgs de Hubert-Folie, Bourguébus (11th Armoured Division), Cagny, Vimont (Guards Armoured Division).

1 – PRÉPARATIFS

Pour « Goodwood » Montgomery met le maximum de moyens pour obtenir (enfin) la percée décisive. Le mouvement en crochet est en fait formé d’une impressionnante masse de chars, soit TOUT le VIIIth Corps d’O’Connor (7th, 11th et Guards Armoured Divisions), ainsi que les 27th et 33rd Armoured Brigades en appui. En digne hériter des doctrines appliquées durant la Grande Guerre, Montgomery mise tout sur la masse, la vitesse et le choc. Pour cela, pas moins de 1 000 chars sont alignés par le commandant du XXIst Army Group, ce qui fait de « Goodwood » le plus grand engagement de chars à l’Ouest. Il est vrai qu’à côté de Koursk l’offensive britannique peut faire pâle figure ; les Soviétiques alignant près de 4 900 blindés face à plus de 2 000 pour les Allemands. Là, face au millier de chars britanniques, Sepp Dietrich en aligne environ 200-300. Seulement, à Koursk, les forces mécanisées des deux adversaires se répartissaient sur tout le long des lignes du saillant, sans compter les secteurs de réserve, soit sur plusieurs centaines de kilomètres du nord au sud. Lors de « Goodwood », les chars de Montgomery se concentrent au nord-est de Caen, soit sur une bonne vingtaine de kilomètres seulement ! Le ratio de concentration d’engins au kilomètre est donc plus important pour les Britanniques.

bourguebus_1944– Goodwood doit débuter par un bombardement aérien massif opéré par non moins de 4 500 avions (2 000 bombardiers lourds et 2 500 bombardiers légers et chasseurs-bombardiers) prélevés sur le Bomber Command de l’Air Marschall Arthur Harris et la 2nd Tactical Air Force côté britannique, ainsi qu’au sein des VIIIth et IXth US Air Forces des Generals Carl Spaatz et Lewis Brereton. Cette armada aérienne doit préparer l’assaut terrestre en pulvérisant les défenses allemandes dans plusieurs ensembles de secteurs. A la RAF reviennent le secteur industriel de Colombelles, Mondeville (Secteur A), Touffreville, Sannerville, Mannerville et Guillerville (H) et enfin, Cagny (M). Aux escadrilles américaines sont attribués Troarn (I), Grentheville-Soliers-Bourguébus (P), ainsi que la plaine à l’est du bourg de Troarn (Q).

– La phase terrestre de l’opération doit débuter par l’assaut de la 11th Armoured Division du Major.General George « Pip » Roberts avec le soutien des Sherman Flail (« Fléaux ») du 22nd Dragoons (79th Armoured Division). Son objectif est de s’emparer des villages de Bras, Rocquancourt, Hubert-Folie, Soliers, Fontenay-le-Marmion et de la Ferme de Beauvoir, avant de bifurquer sur Vimont (flanc gauche).

– Emboîtant le pas à la 11th Armoured, la Guards Armoured Division du Major.General Alan Adair doit s’emparer des bourgs de Vimont et Cagny. Débarquée à la mi-juin en Normandie, la Guards Armoured Division est une très belle unité, pétrie de traditions. Historiquement, elle peut se vanter de compter plusieurs régiments parmi les plus anciens de l’Armée Anglaise ; la formation des Coldstream Guards remontant à la moitié du XVIIe siècle. Les « benjamins » étant les Irish Guards puisque formés en 1901 à la demande de la Reine Victoria, suite à la bataille du Cap (Guerre des Boers). Si elle n’a pas l’expérience au feu de la 11th Armoured (à l’exception de quelques équipages de chars engagés pour se « faire la main » lors de l’Opération Epsom), plusieurs de ses Bataillons ont combattu en 1940. Ainsi, les Irish Guards ont protégé l’évacuation de la Reine Wilhelmine en Hollande et les Coldstream ont protégé la retraire de Dunkerque. Formée dès 1942 en Division Blindée malgré une forte culture d’infanterie, elle s’entraîne intensivement durant deux ans. Bien que « novice » en Normandie, c’est une unité fiable, combative et bien disciplinée (les officiers des Guards auront l’outrecuidance de découvrir l’allure et la tenue débonnaires sinon négligées des vétérans d’Afrique combattant en Normandie…).

Insigne de la Guards Armoured Division

Insigne de la Guards Armoured Division

– Revenons-en au plan de Montgomery. La 7th Armoured Division « Desert’s Rats » d’Erskine doit être engagée après les Guards pour s’emparer de la voie de chemin de fer Caen-Falaise, avant de se porter sur la ligne La Hogue – Garcelles-Secqueville. Enfin, une attaque de diversion doit être opérée par la 3rd et 51st Divisions dans le secteur de Troarn.

– FORCES ALLEMANDES

– Côté allemand, le secteur où doit se produire l’assaut britannique est occupé par le I. SS-Panzer-Korps de Joseph « Sepp » Dietrich qui a bien préparé sa défense. Il faut dire qu’ Eberbarch ou Hans Günther von Kluge (nouveau commandant du Heeres-Gruppe B qui a remplacé Rommel blessé) s’attendent à une assaut de Montgomery dans la plaine de l’est de Caen car les champs ouverts et l’absence d’un bocage fourni sont propices à une grande manœuvre mécanisée. La première ligne allemande est tenue par la 16. Lutwaffe-Feld-Division du Generalmajor Sivers (Colombelles – Bois de Bures). C’est une formation modeste et affaiblie  mais elle est renforcée directement par le Panzer-Grenadier-Regiment 192 (Major Josef Rauch). Le Kampfgruppe von Luck (Major Hans Ulrich von Luck), qui va jouer un rôle prépondérant dans la défense allemande), le PzGren-Regt. 125 (von Luck) formé par le I/PzGren-Regt 125 et le Sturm-Artillerie-Abteilung 200 du Major Becker tient une ligne couvrant Giberville – Démouville – RN13 – Sannerville-Banneville – Emiéville.
Ingénieur de formation, Becker commande une unité particulière du point de vue matériel car elle est composée de canons d’assaut qui sont en fait des véjhicules français de 1940 « recyclés ». Il n’empêche que ces engins vont s’avérer très efficaces.

3041892657_1_15_qrZWbxXT– Un autre Kampfgruppe formé à partir de la 21. PzDiv tient le secteur d’Emierville avec le II/PzGren-Regt 125, le I/Panzer-Regiment 22 et le schwere-Panzer-Abteilung 503  de l’Oberst von Rosen. Cette formation blindée compte deux Kompanien de Tiger I et une de Tiger II, sans doute le Panzer le plus performant de la Wehrmacht. L’aile gauche (ouest) de la 16. LwFdDiv est tenue par la 346. Infanterie-Division de Walter Steinmuller, pendant que la 272. ID de Schack tient le secteur sud-ouest (Cormelles – Verrièrses).

– Enfin, la 7. Werfer-Brigade se tient prête à opérer leur tir de barrage  avec ses lance-roquettes Nebelwerfer, pendant que les redoutables canons FlaK de 88 ponctionnés au III. FlaK-Korps ou provenant des différentes unités déployées sont dissimulés en embuscade dans les villages et les corps de fermes.

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3 – L’ATTAQUE AERIENNE

– Le 18 juillet, après 05h00, 15 bombardiers légers De Havilland Mosquitos larguent leurs balises de guidage sur les cibles allemandes. A 05h45, les 1 056 bombardiers Handley Page Halifax et Avro Lancaster larguent leurs 4 800 tonnes de bombes explosives autour de Colombelles sur les positions de la 21. PzDiv et sur la ville de Cagny réduite en un vulgaire tas de ruines. A 06h40, les canons de 25. Pdr, 4,2 et 4,5 inch et les pièces lourdes des HMS Rodney, Ramillies, Nelson et Mauritius déclenchent à leur tour un colossal tir de barrage sur les premières lignes allemandes  qui s’en trouvent rapidement commotionnées. Plusieurs chars Tiger I du sch-Panzer-Abteilung 503 sont littéralement retournés par les déflagrations de bombes. Ensuite, le millier de bombardiers B-26 Marauders de l’USAAF larguent 1 340 tonnes dans un secteur compris entre Troarn et la Crête de Bourguébus. La malheureuse 16. LwFdDiv de Sivers reçoit à elle seule 563 tonnes de bombes explosives. Simultanément, les redoutables Hawker Tyhoon des No. 83 et No. 84 Group RAF matraquent les positions allemandes situées sur les flancs des axes de progression du VIIIth Corps et autour de Cagny.  Les canons de FlaK ripostent mais n’abattent que 25 bombardiers en tout.

– Les pertes allemandes sont bien plus limitées que l’espérait Montgomery. Ce sont surtout les premières lignes qui ont souffert. La 16. LwFdDiv n’a plus qu’une capacité combative très limitée, les éléments du Panzer-Regiment 22 (21. PzDiv) sont sérieusement ébranlés et la 3 Kompanie du sch-Pz-Abt 503 n’existe pratiquement plus du point de vue matériel. Toutefois, les unités placées en réserve n’ont que des pertes acceptables. Les 60 Panzer IV et 40 Panther du SS-Panzer-Regiment 1 « Leibstandarte Adolf Hitler » de Jochen Peiper sont encore tous disponibles, de même que les canons automoteurs de la « ménagerie Becker », les FlaK 88 et les Nebelwerfer.

– Alors que l’aube se lève, les chars des 11th et Guards Armoured Divisions traversent les deux ponts Baileys que les Engineers du Ist Army Corps ont jeté sur l’Orne. Malheureusement, un retard est pris et aura de notables conséquences sur la suite des opérations. En effet, ce sont des centaines d’engins qui doivent traverser l’Orne. Montgomery fait accélérer le mouvement pour faire passer 230 chars, camions, Scout Cars, Half Tracks, Jeeps et Bren Carriers à l’heure ! Sauf que les deux divisions blindées se mettent en positions bien après l’horaire prévu.

– A 07h45, les trois régiments d’artillerie de campagne de la 11th Armoured déclenchent un tir préparatoire sur Cuverville, Demouville, Giberville, Liberville, Cagny et Emiéville, causant d’importants dégâts matériels mais sans ébranler les défenseurs allemands qui attendent les britanniques de pied ferme. Notons aussi que le Major-General Roberts doit encore se séparer de son infanterie, puisque sa 159th Infantry Brigade (Sandie) doit renforcer la 3rd Infantry Division de Rennie dans le secteur de Toufréville. Une fois, de plus et à son grand dam, le patron de la « Taurus pursuant » (surnom de la 11th Arm.Div.) ne va pas pourvoir faire coopérer ses fantassins et ses chars…

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4 – LA « CHARGE DU TAUREAU »

– A 08h05, Roberts ordonne à son subordonné Harvey de lancer sa 29th Armoured Brigade à l’assaut.  Harvey s’exécute et lâche les vétérans d’Afrique du 3rd Royal Tank Regiment et le 2nd Bn. Fife and Forfar Yeomanry en fer de lance. Les deux Battalions de chars suivent à la fois le barrage roulant (qui s’achève à 08h30) et les Sherman Flails du 22nd Dragoons qui ont déminé le terrain avec succès. On peut imaginer le sentiment des « anciens » du 3rd RTR qui retouvent leurs réflexes d’Afrique du Nord dans ses grands champs ouverts. La première phase de l’assaut se présente plutôt bien, les chars britanniques bousculant sans grande peine les restes de la 16. LwFdDiv, ramassant  des prisonniers par centaines. A 09h00, la 29th Arm.Brig. atteint la ligne de chemin de fer Caen-Vimont. Entretemps, Harvey lance son régiment de chars de réserve, le 23rd Hussars qui se charge de nettoyer la première portion de la voie ferrée mais doit faire face à plusieurs canons auto-portés du Sturm-Artillerie-Abteilung 200.

– Malheureusement pour la 11th Armoured, les choses se gâtent dès que le 2nd FFY s’approche de Cagny. Fonçant plein gaz dans les champs, les Sherman et Firefly de Roberts dégagent des nuages de poussières très vite repérés par les observateurs du Flak-Sturm-Regiment 2 posté dans les ruines du village. Dès que les chars britanniques sont à bonne portée, les 88 ouvrent tir direct efficace qui transforme 12 blindés en carcasses fumantes. Les Yeomen poursuivent toutefois leur avance mais tombent sur la ligne principale de défense allemande. Le 3rd RTR rencontre très vite les mêmes difficultés aux abords de Grenthenville. Le Battalion contourne alors le village et avance vers Bras et Hubert-Folie. A 11h15, les blindés de Harvey réussissent à atteindre Bras et Bourguébus mais ne pourront aller plus loin. Les 88 détachés du III. FlaK-Korps barrent le chemin aux chars de Roberts.

– Profitant de son avantage et de la solidité de ses lignes, Eberbach fait immédiatement donner une contre-attaque. Les Panzer IV et Panther du SS-PzRegt 1 « Leibstandarte » démarrent leur assaut  en aval de Bourguébus. Les équipages du 3rd RTR  tentent de résister mais perdent 16 engins ! Même scénario du côté de Cagny lorsque le Panzer-Regiment 22  de von Oppeln-Bronikowski malmène sérieusement le 2nd FFY. Seule l’intervention des Typhoon qui crachent leurs roquettes sur les Panzer permet d’enrayer la contre-offensive allemande. Toutefois, Roberts doit s’arrêter là pour le 18 juillet.

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5LA DIFFICILE ENTRÉE EN SCENE DES GUARDS

– La Guards Armoured Division achève son déploiement sur l’arrière de la 11th Armoured à 10h00 en raison de l’engorgement sur les Baileys. O’Connor la lance alors contre Cagny peu après 11h00. La 5th Guards Armoured Brigade de Norman Gwatkin ouvre la marche avec les 2nd Bn Grenadier Guards et 2nd Bn. Irish Guards (Lt.Col Joseph Ormsby E. Vandeleur) appuyés par les canons automoteurs M7 Priest du Leicestershire Yeomanry. Mais lorsque l’avant-garde des Guards atteint Cagny aux environs de 12h00, elle se fait sérieusement accrochée par les 88, les 19 Panzer IV restant du I/Pz-Regt 22 et les PzKw VII « Königstiger » (Tiger II) du schwere-Panzer-Abteilung 503 de von Rosen. Le 2nd Irish Guards revendique cependant le premier Tiger II détruit par une unité alliée. Cela n’empêche que plusieurs Sherman sont détruits les uns après les autres. Les Guards tentent alors de contourner Cagny pour atteindre Vimont mais cette tentative échoue face à un parti de Sturm-Geschützt bien embusqués. Le 503 s’en prend alors au 1st Bn. Coldstream Guards qui repousse néanmoins les allemands avec des pertes grâce à l’appui des canons antichars du 21st Anti-Tank Regiment. Finalement, les Guards réussissent à s’emparer de Cagny après que le village ait été abandonné par le I/PzGren-Regt 125.
Cependant la division d’Adair n’ira plas plus loin en raison de la résistance allemande mais aussi parce que des éléments de la 7th Armoured Division qui se sont trompés d’itinéraires, viennent s’entremêler avec les Guards.

– La 7th Armoured Division d’Erskine démarre son assaut dans l’après-midi dans les pas des Guards avec le seul 5th Royal Tank Regiment qui doit rejoindre la 11th Arm.Div. A 17h00, le 5th RTR arrive devant Grentheville à 17h00 où il se heurte à des Panzer IV de la « Leibstandarte ». L’attaque allemande est repoussée avec 2 Panzer IV détruits.

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6 – 19 ET 20 JUILLET : PAS GRAND CHOSE NE BOUGE

– La nuit du 18-19 juillet est mise à profit pour réorganiser les dispositifs. Ne pouvant plus compter sur l’effet de surprise, les Britanniques acheminent de l’infanterie pour appuyer les chars. De son côté, Eberbach rameute depuis Verrières un Kampfgruppe de la « Hitlerjugend » qui vient s’intercaler entre la 21. PzDiv à gauche et toute la « Leibstandarte Adolf Hitler ». Pendant ce temps, des bombardiers Junker Ju-88 lancent une audacieuse attaque de nuit qui cause plusieurs pertes au sein des forces britanniques.

– Le matin du 19 juillet, les unités motorisées de la 11th Arm.Div. et des Guards lancent des reconnaissances vers la Crête de Bourguébus. A 11h30, le 5th RTR relance son attaque, prend Soliers mais vient buter devant la Crête de Bourguébus face à des Tiger et des Panther. Là encore, l’intervention des Typhoon vient limiter la casse. Bourguébus est finalement pris le 20 avec le concours de fantassins.

Vers 16h00, Roberts lance sur Bras et Hubert-Folie, une force combinée formée du 2nd Bn. Northamptonshire Yeomanry (régiment de reconnaissance de la 11th Armoured), des restes du 2nd FFY et des fantassins portés du 8th Bn. The Rifle Brigade. Après plusieurs heures de firieux combats Yeomen et fantassins enlèvent Hubert-Folie avant de recevoir le renfort du 4th Bn. King’s Own Shropshire Light Infantry. Mais Roberts ne va pas plus loin, sa division ayant souffert d’importantes pertes matérielles. Ainsi, après deux jours de combats, le 2nd Fife anf Forfar Yeomanry ne compte plus que 8 chars sur une dotation normale de 65 ! la division ayant perdu en tout, plus de 120 chars, soit quasiment la moitié de son parc blindé.

– Adair redémarre lance sa nouvelle attaque à 17h00, contre Le Poirier et Frénouville. Après plusieurs heures de combats face aux Panzer et aux éléments du PzGren-Regt 125 de von Luck, les Guards parviennent à arracher les deux villages mais échouent devant Emiéville bien défendu. La Luftwaffe lâche même (et encore) 18 Messerschmidt BF-109 qui s’en prennent à plusieurs secteurs défensifs britanniques avant d’être chassés par un parti de P-51 Mustang.

– La journée du 20 juillet est marquée par une pluie battante qui vient transformer les champs et les chemins en bourbiers. Les deux adversaires se consacrent donc au « ramassage » des chars endommagés et à l’évacuation des blessés. Montgomery doit donc renoncer une fois de plus, sans avoir réussi à percer. Le VIIIth Corps d’O’Connor n’a eu que 521 hommes tués et blessés mais 314 chars ont été perdus ou endommagés. En fait, 140 Sherman et Cromwell sont inutilisables, les 174 autres pouvant être réparés. Cette opération que Montgomery voulait décisive s’avère être, une fois de plus, un échec.
De leur côté, les Allemands n’ont perdu qu’une centaine de chars (dont les endommagés) mais a contrario des Britanniques, ils ne pourront plus les remplacer.

– Du point de vue des pertes humaines, le bilan est particulièrement lourd pour Eberbach. La 16. LwFdDiv de Sivers a été saignée à blanc et laissé plus de 2 000 prisonniers aux Britanniques. Violemment matraquée par le bombardement aérien, la 272. ID de Schack est réduite à l’état d’un Kampfgruppe. Enfin, la 21. PzDiv a eu elle aussi de lourdes pertes et seule la « Leibstandarte » conserve un effectif et une puissance de feu convenable. Il n’empêche que les techniques défensives allemandes ont payé une fois de plus.

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