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Chroniques de la Bataille de Normandie – 22/ La Bataille de Saint-Lô (Quatrième partie)

12 – LES DIFFICULTÉS DE LA 29th DIVISION A MARTINVILLE

– La « Blue and Gray » doit s’emparer de la Crête de Martinville (Cote 147), dernière éminence qui assure le contrôle de l’autoroute Saint-Lô – Bayeux. Le plan de Gerhardt est que le 1/116th s’empare du terrain situé entre La Boulaye et La Madeleine, pendant que les deux autres bataillons du 116th terminent de sécuriser leurs objectifs conquis le 11 juillet. Simultanément, le 175th Infantry (sans son1st Battalion) s’installe juste derrière le 116th Infantry, prêt à passer à l’offensive au sud de la ligne La Madeleine – Saint-Lô.

USA-A-StLo-p118– Seulement, les éléments de la « Blue and Gray » vont s’attaquer à une noix très dure à casser. En effet, Schimpf a garni la Crête de Martinville de nombreux abris et retranchements dans lesquels s’accrochent les éléments des FJ-Regt 9 et 8.

– L’attaque de la 29th Division commence donc le matin du 12 juillet. Après un dur combat, le 2/116th réussit à atteindre le point 147, pendant que le 1/116th (Maj. Thomas S. Dallas) s’engage dans une série de combat pour le contrôle de champs et de haies. Les Fallschirmjäger contre-attaque avec 3 canons autopropulsés de 88 mm mais sont repoussés à l’aide de bazookas et l’appui de l’artillerie divisionnaire. A la fin de la matinée, le1/116th tient l’est de La Boulaye mais ne fait aucun progrès significatif durant le reste de la journée. Sur sa gauche, le 3/116th se fait bloquer par des tirs de mortiers et de mitrailleuses provenant de la Crête 101, juste au sud de l’autoroute Saint-Lô – Bayeux.

– A 11h30, Gerhardt engage le 175th Infantry du Colonel Ollie W. Reed. Seulement, ce régiment se retrouve empêtré dans les positions de depart du 116th et prend du retard. Le 3/175th tente de progresser vers l’ouest sur l’autoroute mais ne peut aller plus loin.

– La droite de la 29th Division réussit à progresser de plusieurs centaines de mètres, grâce aux efforts du 115th Infantry du Col. Ordway qui sécurise Belle-Fontaine et atteint La Luzerne. Le 3/115thtente prendre d’assaut le Bourg-d’Enfer mais échoue à cause d’un fort tir de barrage de mortiers et d’armes légères. Pendant ce temps, Gerhardt modifie son dispositif. Le 116th Infantry doit rester sur les flancs de la Crête de Martinville pendant que le 175th Infantry se charge de forcer la ligne La Boulaye – La Madeleine, sans soutien blindé.
USA-A-StLo-22– Le 175th démarre donc son assaut à 08h00 le 13 juillet, sous un feu battant dirigé par les observateurs d’artillerie allemands. Le 175th Infantry ne peut couvrir qu’entre 400 et 500 mètres en tout. Le Colonel Reed demande la permission à Gerhardt de lancer son 1st Battalion à l’assaut vers le sud, contre la Cote 101. Gerhardt refuse car c’est la seule réserve dont il dispose. Reed demande alors à son chef à ce que le 2/116th mène une action contre l’ennemi le long de la Crête de Martinville, de manière à alléger la pression ennemie sur le 175th. Mais cette initiative de permet que de remporter des gains mineurs. Devant cette situation le Lieutenant-General Corlett décide de cesser là l’ensemble des attaques et remodèle son dispositif.

– Ainsi, pendant la nuit du 13-14, le 134th Infantry jusque-là tenu en réserve de la 35th Division s’installe le long de l’autoroute Saint-Lô – Isigny au contact de l’aile droite du 115th Infantry. Toutefois, durant la journée du 14 juillet, aucune action n’est tentée par Corlett en raison du temps exécrable, permettant toutefois à Corlett de renforcer la puissance et la coordination de son dispositif d’assaut pour le 15 juillet. Le même jour, Rommel rend visite à Meindl dans son PC. Le patron du II. Fallschirm-Korps indique au Feld-Marschall que ses Fallschirmjäger ont eu de très lourdes pertes et que les remplaçants manquent. De son côté, Hausser se réjouit que la ligne de défense de la 352. ID de Kraiss ne se soit pas rompue.

– Mais pour Bradley, le temps presse car son renseignement lui fait état de l’arrivée imminente de deux divisions d’infanterie (272 et 346. ID) et d’une division de Panzer (11. PzD). Arrivée que seules les attaques répétées de la IXth US Air Force peuvent retarder efficacement.

– L’attaque de la « Blue and Gray » contre la Crête de Martinville reprend donc le 16 juillet à 05h05 face à des Fallschirmjäger toujours aussi déterminés et une artillerie bien positionnée et bien dirigée. Les bouches à feu allemandes alignent fantassins et chars américains dans les champs et sept Sherman sont perdus. Pour alléger la pression sur le 116th Infantry sévèrement accroché, le 175th de Reed lance une attaque vers le sud-ouest le long de l’autoroute Saint-Lô – Bayeux. Le régiment abat moins de 400 mètres avant de se faire prendre en enfilade par des tubes de la 12. Fallschirm-Artillerie-Brigade. Sauf que le beau temps étant revenu, Quesada commandant du IXth Tactical Air Command lâche ses P-47 et P-51 sur les cibles allemandes indentifiées grâce aux fumigènes rouges. Les Cotes 101 et les éminences autour de la Madeleine sont passées aux bombes de 500 livres.

– Le 116th Infantry reprend alors son assaut contre la Crête de Martinville à 19h30 en attaquant en tenaille. Si les 1 et 2/116th progressent correctement mais ne parviennent pas à se rejoindre. Habilement, les Fallschirmjäger sont parvenus à s’insérer entre les dispositifs des deux bataillons. Finalement, seul le 2/116th du Major Bingham reste accroché à la Crête.

– Sur le flanc droit de la « Blue and Gray », deux bataillons du 115th Infantry du Colonel Ordway fait quelques progrès pour se faire canoner par des FlaK 88 dans une petite vallée, forçant les GI’s à se retirer. Heureusement, l’intervention de Sherman permet aux hommes d’Ordway d’avancer de plus de 350 mètes… avant de sae faire bloquer une fois d eplus par des mitrailleuses et des mortiers. En outre une contre-attaque des Fallschirmjäger avec des blindés et des Flammenwerfer (lance-flamme), vient frapper le 1/116th qui repousse les assaillants à l’aide de l’artillerie divisionnaire. Un second assaut percute l’aile droite du 1st Battalion mais les GI’s tiennent toujours. Il n’empêche que le 1st Sergent Hardold E. Peterson se retrouve à commander la A Coy qui perd 37 hommes dans l’affaire… Peterson s’illustre aussi en repoussant une attaque à cout de fusil M1 Garand lance-grenade.
Isolé, le 2/116th se fait copieusement arrosé par des tirs d’artillerie et de mortiers mais aucune contre-attaque ne se produit en raison, sans doute, d’un manque de communications entre les différentes unités.

– Déçu par les résultas du 16, Gerhardt donne de nouveaux ordres pour le 17 juillet. Le 115th Infantry doit renouveller son assaut sur le plateau au nord de La Madeleine qui domine les positions allemandes à Martinville, pendant que le 116th Infantry  – commandé alors par le Colonel Philip E. Dwyer – doit dégager La Madeleine et que le 175th continue de progresser le long de l’autoroute Saint-Lô – Bayeux.

– A 04h30, le 3/116th du Major Howie attaque en colonnes. Attaquant les positions allemandes à la baïonnette et à la grenade dans des mouvements rapides, les hommes de Howie réussissent à s’infiltrer entre des compagnies ennemies. Grâce à cela, La Madeleine est atteinte à 05h00, permettant au 2/116th de sortir de son isolement. Sauf que les inépuisables « Grünen Teuffeln » (« Diables Verts », surnom des parachutistes allemands) lance une nouvelle contre-attaque à 18h00. Malheureusement le Major Howie sera tué dans les heures d’après.

??????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????– C’est une action de coopération aéro-terrestre qui permet au 116th Infantry de sortir de son empêtrement. Grâce aux marques rouges envoyées dans les lignes allemandes, les avions du 506th Bomber Squadron matraquent les Fallschirmjäger et brisent net leur contre-attaque. Le bombardement américain est si efficace que plusieurs parachutistes allemands se rendent pour échapper aux P-47. Malheureusement, les initiatives pour récupérer les soldats isolés s’avèrent particulièrement difficiles pour les Half Tracks en raison des débris bloquant encombrant les chemins. Ajoutons à cela que les groupes du 116th qui sont toujours accrochés à la Crête de Martinville sont arrosés par un fort barrage d’artillerie allemand. Les tentatives de poussée menées par le Colonel Dwyer s’avèrent toujours infructueuses.

– Le 175th Infantry attaque à 14h30 le 17 juillet afin de combler le trou entre lui et le 2/116th. Reed jette ses 1st et 2nd Battalions dans la bataille sans pour autant obtenir des gains de terrain notables ; le Lt-Col. William T. Terry commandant du 1st Battalion étant même tué dans l’action. Les pertes deviennent alarmantes, les trois compagnies du 2/175th ont perdu presque tous leurs officiers et ne comptent plus qu’entre 50 et 80 hommes ! L’attaque vers le sud-ouest lancée par le 3/116th n’est pas plus fructueuse.

– Le 115th Infantry est beaucoup plus chanceux. A 15h00, ses 1st et 3rd Battalions font quelques progrès en attaquant vers le Cauchais, pendant que le 2nd Battalion se prépare à opérer une manœuvre dans les lignes allemandes pour prendre la Planche et prendre Le Cauchais à revers. Malheureusement, peu avant l’intervention préparatoire des Thunderbolt, un intense tir de barrage bien réglé par les mortiers de la 3. FJDiv causent d’importants dégâts dans les sections d’armes lourdes du 2/115th. Mais Gerhardt ordonne néanmoins au Bataillon de se mettre en marche même s’il n’a plus de radios en état de marche…

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– Le 2/115th se met donc en marche et atteint le versant est de la Crête de Martinville pour bifurquer ensuite au nord de La Planche où il ne rencontre aucune résistance.
Pendant la nuit, le Colonel Dwyer ordonne de former deux patrouilles de 20 hommes tirés des Compagnies antichar et de canons du régiment. Commandées chacune par les 1st Lieutenant Hallie F. Williams et Lewis B. White, progressent de haies en haies pour tenter de rejoindre les isolés du 2/116th. Si le 1st Lt Williams est tué et que sa patrouille échoue dans sa mission, celle de White réussit à reprendre le contact avec les avants-gardes de la 29th Division. Pendant ce temps, la A Company du 1/116th, commandée par le Captain James J. Rabbit progressent en deux colonnes le long de la Crête de Martinville. Prise parfois pour cible par un sniper, la A Coy atteint la Madeleine et forme un couloir pour évacuer les blessés.

– En dépit des difficultés, la 29th Division était tout prêt de la victoire, d’autant plus que les Fallschirmjäger n’ont pas saisi l’occasion qu’ils avaient de détruire tout le 2/116th. Les hommes de Gerhardt se trouvent maintenant sur les pentes en amont de Saint-Lô. En somme, de très bonnes nouvelles pour Corlett, d’autant plus que la 35th Division de Baade obtient de nouveaux gains de terrains significatifs. Ainsi, le 17 juillet, le 137th Infantry du Colonel Byrne passe le pont de Pont-Hébert et atteint la Vire près de Rampan.

– Constatant que la situation se dégrade bien trop sérieusement, Hausser envisage de replier sans tarder la 352. ID de Kraiss sur la ligne La Luzerne – Le Mesnil – Rouxelin – Rampan, afin de protéger le flanc droit de la 7. Armee le long de la Vire. Le 17 juillet, Hausser appelle donc le QG du HG B à la Roche-Guyon à 09h50. On lui répond sèchement que ni Rommel ni Hans Günther von Kluge (celui-ci ayant remplacé Rommel blessé dans sa voiture lors d’une attaque aérienne) n’ont autorisé une telle retraite. Hausser réplique que la 352. ID subit la pression des Américains et il n’en restera rien si elle ne se replie pas.

– Bien entendu, les évènements s’ensuivent donnent raison au commandant de la 7. Armee car la situation empire à l’ouest de la Vire. Et, avec les ponts détruits, la 352. ID menace d’être prise au piège sans aucune possibilité de repli. A 15h50, Hausser insiste une fois de plus auprès du QG du Heeres-Gruppe B. A 17h50, von Kluge fait savoir à Hausser que la 352. ID peut se replier. Le général des Waffen-SS bondit alors sur son téléphone et appelle Kraiss pour lui ordonner de se replier sur la ligne Rampan – Montcocq – La Boulaye. Hausser appelle aussi Schimpf pour lui ordonner de replier son aile gauche afin de la « coller » avec la 352. ID. Schimpf constate aussi que ses « Grünen Teuffeln » ne sont pas non plus dans une bonne posture car non seulement ils ont accumulé de lourdes pertes en dépit de leur ténacité mais la Crête de Martinville est quasiment encerclée par la 29th Division. Ajoutons-y que la route Isigny – Saint-Lô est elle aussi presque sous le contrôle ennemi. Paul Hausser, Dietrich von Choltitz et Meindl n’ont pas le choix ; l’abandon de Saint-Lô n’est pas seulement envisageable mais nécessaire, tout en maintenant une arrière-garde assez puissante pour retarder l’ennemi.

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13 – LA CAPTURE DE SAINT-LÔ

– Le matin du 18 juillet, le Lieutenant-General Corlett est informé que la pression de ses forces sur la ligne à l’est de la Vire porte ses fruits. Ainsi, la 35th Division de Baade repousse l’ennemi au sud du Carillon, capturant une grande quantité de matériel.
Tôt le matin, Corlett ordonne donc à Gerhardt de prendre Saint-Lô et de sécuriser l’agglomération. Gerhardt forme donc une Task Force (TF C), spécialement axé sur la vitesse, qu’il confie au Brigadier-General Norman D. Cota. Figure incontournable de la 29th Division, Cota est bien connu pour son commandement exemplaire sur Omaha Beach le 6 juin 1944.  La TF C est notamment composée d’éléments de la 29th Reconnaissance Troop, de chars du 741st TB (M5 Stuart et Sherman), de Wolverines  du 823rd TDB et d’Engineers du 121st Combat Engineer Battalion. Sa mission est d’appuyer l’infanterie dans la prise de la ville. Du côté, des fantassins justement, c’est le 115th Infantry d’Ordway qui, bien qu’épuisé, doit mener l’assaut principal.

Norman D. Cota

Norman D. Cota

– Durant la matinée, le 1/115th du Major Glover S. Johns Jr. démarre son attaque le long de l’autoroute Isigny – Saint-Lô, juste au nord de la ville.  Le Bataillon vient très vite à bout de quelques groupes allemands isolés et sécurise le plateau juste à l’ouest de la route, dans le secteur de Saint-Georges – Montcoq. Johns n’hésite pas à envoyer quelques patrouilles « sonder » les faubourgs de Saint-Lô. Gerhardt appelle le Colonel Hamilton E. Maguire chef d’état-major du XIXth Corps pour lui dire que ses éléments divisionnaires se tiennent prêts. Maguire lui répond : « Lancez l’infanterie en avant. Task Force parrée. » A 14h30, après avoir rassemblé sa TF C près de Couvains, Normand D. Cota appelle le QG de la « Blue and Gray » à laquelle il annonce brièvement : « Parré à rouler ». Son objectif initial dans Saint-Lô, choisi par le Major Lloyd M. Marr, est le square (encore épargné par les bombes !) situé prêt du cimetière.

St-Lo_29th-Division_08– Cota lance son unité à 15h00 sur la grand-route Saint-Lô – Isigny pour rejoindre le 1/115th. La progression est rapide malgré la forte résistance d’une compagnie de 60 Fallschirmjäger dotées de mitrailleuses MG juste à l’ouest de la ligne Saint-Georges – Montcocq. La TF C rejoint le 115th Infantry avec un peu de retard mais l’avance reprend de plus belle. Un antichar PaK fait feu juste à l’extérieur de Saint-Lô mais est réduit au silence par le canon de 37 mm d’un M5 Stuart. Mais la résistance allemande se durcit, Meindl ayant ordonné à plusieurs groupes de « Grünen Teuffeln » de retarder les Américains avec de l’artillerie et des mortiers. De durs combats ont donc lieu au Moulin-Berot. Toutefois, le plan américain se déroule comme prévu. La 29th Recce Troop du 1st Lt. Edward G. Jones Jr. entre dans Saint-Lô la première et se fraye un chemin dans les rues encombrées de débris, suivie par les fantassins et les Wolverines. Dès qu’il s’avère impossible de manœuvrer, les hommes sautent de leurs engins et progressent comme des fusiliers. Selon un plan préparer à l’avance, les Américains s’emparent de plusieurs points stratégiques (jonctions entre ls Rues de Bayeux, de Torigny et d’Isigny, pont au-dessus de la Dollée, ainsi que l’intersection Rue des Noyers – Champ de Mars) en combattant rue par rue et maison par maison contre des petits groupes de Landser et de Fallschirmjäger qui se cramponent toujours au terrain.  Usant toujours de leur pouvoir de nuisance, les FlaK 88 arrosent les colonnes américaines depuis le plateau au sud de Saint-Lô.

St-Lo_29th-Division_02– A 19h00, après environ quatre heures de furieux combats, Saint-Lô est enfin sécurisée grâce à la vitesse de manœuvre dont a fait preuve la TF C. Cota en informe alors Gerhardt qui appelle le QG de Corlett : « J’ai l’honneur d’annoncer au commandant du Corps que la 29th Division a sécurisé la ville de Saint-Lô après quarante-trois jours de combats ».

– Sauf que les Allemands n’en restent absolument pas là et continuent d’arroser les éléments de la « Blue and Gray » aux canons et aux mortiers.  Cota est d’ailleurs blessé par des fragments d’obus et doit être évacué. On le retrouvera cinq mois plus tard au commandement de la 28th Infantry Division dans les Ardennes. Un autre officier est tué, le Captain Sydney A. Vincent  commandant de la B Coy/823rd TDB alors qu’il quittait son véhicule pour coordonner l’action de ses Wolverine. Enfin, un autre obus atteint le PC du 115th Infantry, tuant plusieurs membres de l’état-major. Enfin, la performance de la TF C a un coût, car sur 600 hommes elle en a perdu… 200.
– Le 19 juillet, le 113th Cavalry Group du Col. Biddle, jusque-là rattaché à la 30th Division passe sous le commandement de Gerhardt et reçoit la mission de poursuivre l’ennemi jusqu’au nord de Torigny-sur-Vire. Biddle lance alors ses blindés légers qui avancent vers le sud en trois directions. La progression atteint environ 500 mètres  mais elle est stoppée par des tirs d’artillerie, de PaK et de mortiers allemands qui n’ont pas quitté leurs positions dominant Saint-Lô. Le 113th Cav.Group reçoit alors l’ordre de se porter à vers l’est pour réétablir le contact avec le Vth Corps de Gerow. Pendant ce temps, la 35th Division vient relever l’ensemble de la 29th  et s’établit solidement sur une ligne couvrant l’est de la Vire à partir de l’agglomération de Saint-Lô.

– Saint-Lô libérée, le génie américain se met très vite en action pour déblayer et organiser la logistique. La ville, bâtie par les Ducs de Normandie à l’époque médiévale n’est plus qu’un tas de ruines. Seules l’ancienne enceinte et la collégiale ont à peu près résisté. De nombreuses victimes civiles sont à déplorées et presque toute la population est sinistrée. Ceux qui ont pu partir ont fui vers des régions épargnés par les combats. Cet aspect alimentera encore davantage sinon la méfiance des Normands vis-à-vis de leurs libérateurs.

– Toutefois, une cérémonie mêlant GI’s et civils a lieu devant la Collégiale Notre-Dame entièrement détruite. Le corps du Major Howie, qui a été transporté dans une ambulance et une jeep de la TF C, est déposé devant la Collégiale recouvert de la bannière étoilée. Le monument qui lui est dédiée est toujours en place sur l’un des ronds-points de Saint-Lô.

Body of US Major Resting Atop Ruins– Stratégiquement, Bradley peut enfin être satisfait. Non seulement, la prise de Saint-Lô a élargi sa tête de pont mais il dispose d’une base solide pour redéployer ses forces en vue d’une autre offensive visant à prendre Coutances, Avranches et Vire, d’autant plus qu’Eisenhower va pouvoir « libérer » l’un de ses meilleurs éléments jusque-là retenu en Grande-Bretagne ; le General George S. Patton.

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