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Chroniques de la Bataille de Normandie – 23/ « Cobra » (Seconde partie)

5 – COLLINS LÂCHE LES CHARS : LES CHEVAUCHÉES DES 2nd ET 3rd ARMOURED DIVISIONS

A – Succès pour l’Infanterie

– Le 26 juillet, Collins émet une proposition audacieuse fait se dresser les cheveux de Bradley et de son état-major mais qui justifie amplement son surnom de « Joe l’Eclair ». En revoyant les comptes-rendus de ses commandants de divisions, Collins remarque très vite que les Allemands n’ont aucune coordination d’ensemble dans leur défense. Contre le plan initial de Bradley qui veut que les forces mécanisées soient engagées après l’anéantissement complet des forces allemandes entre Hébécrevon et La Chapelle-en-Juger par les divisions d’infanterie, Collins propose que les 2nd et 3rd Armored Divisions soient engagées plus rapidement afin de tronçonner les lignes allemandes grâce à leur vitesse de progression supérieure à celles des divisions d’Infanterie. L’argument contraire que l’on avance au talentueux patron du VIIth Corps tend à montrer que si la résistance allemande n’a été que sporadique le 25 juillet, c’est que von Choltitz et Hausser préparent une contre-attaque.
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– Sauf que les Américains ne savent absolument pas que ni le LXXXIV. AK, ni la 7. Armee ne possèdent les réserves tactiques nécessaires pour une telle opération. Avant d’engager les chars, Bradley presse les commandants des 4th, 9th et 30th Divisions d’atteindre leurs objectifs de la veille afin d’assurer un couloir de sécurité pour les chars. Si l’on doit dessiner un tableau de la suite de l’opération, la 30th Division sur la gauche et la 9th sur la droite doivent impérativement maintenir les mâchoires du Cobra ouvertes afin de lâcher le venin représenté par les deux divisions mécanisées.

Pendant la nuit du 25-26 juillet, le Colonel Rodwell expédie des patrouilles pour sonder le dispositif allemand défendant les ruines de La Chapelle-en-Juger. Les patrouilles investissent le village mais ne parviennent pas à sécuriser le carrefour central avant la matinée. D’autres éléments du 8th Infantry avancent lentement vers le sud de La Chapelle-en-Juger, anéantissent plusieurs groupes ennemis qui tentent de résister, pulvérisent les restes d’un Abteilung (Bataillon) de la 353. ID et parviennent à sectionner la route Coutances–Saint-Lô.  Au moins, La Chapelle-en-Juger est aux mains des Américains. Comprenant le danger, von Choltitz ordonne à la 353. ID de reprendre la localité.

Le matin du 26 juillet, le 330th Infantry reprend son avance vers la route Saint-Lô–Périers, se heurtant à une forte résistance de la part de la 5. Fallschirm-Div. Le Régiment US réussit à franchir la route seulement le soir mais doit encore batailler durement pour s’emparer du carrefour permettant de sécuriser le flanc droit du VIIth Corps.

– Informé que sa 9th Division doit laisser passer la principale force blindée de Cobra, Manton S. Eddy ordonne à ses « Old Reliables » de dégager la route menant à Marigny. Grâce à une habile manœuvre à travers les haies et en dépit de la perte de 200 hommes, Eddy réussit à lancer sa division à 800 mètres au sud de la Route Saint-Lô–Périers. Il fait ensuite pivoter ses régiments de manière à contre-carrer les assauts de la mordante 353. ID de Mahlmann qui tente de reprendre le contrôle complet de La Chapelle-en-Juger, avec l’aide de pièces du Panzer-Artillerie-Regiment 130 (Pz-Lehr) du Major Zeisler. Les combats font rage durant toute la journée.

– La 30th « Old Hickory » remporte elle aussi de beaux résultats. Après avoir neutralisé des Artillerie-Gruppen de canons de 88 mm placés sur la route de Saint-Gilles grâce un tir de contre-batterie, la division reprend son avance sous un intense tir de barrage d’artillerie et de mortiers. Le 117th Infantry du Lt-Col. Walter M. Johnson tente par cinq fois de traverser la Vire à partir d’un ravin mais se fait repousser par des éléments de la 352. ID.  Un tir d’appui de mortiers de 4.2 Inch du VIIth Corps force les Allemands à se replier et permet au 117th de franchir le fleuve.

– De son côté, le 119th Infantry avance de près de trois kilomètres au sud de Hébécrevon et coupe en deux la route Coutances–Saint-Lô, avant de se lancer vers la route Canisy–Saint-Lô qui est son objectif du jour. A la tombée de la nuit, le 119th Infantry a atteint la moitié de ses objectifs mais sa progression fait que la « Old Hickory » se retrouve à plus de 4 km en aval de ses positions de départ.

– Collins ne doute plus que son Corps a tronçonné les positions du LXXXIV. Korps et que le moment est venu de privilégier la vitesse au détriment de la prudence. Enthousiaste quant à l’issue de l’opération, il ordonne à ses quatre divisions d’infanterie de continuer leurs attaques durant la nuit du 26-27 juillet, le temps de laisser les Combat Commands des 2nd et 3rd Armored Divisions de se mettre en position. Durant la nuit donc, le 8th Infantry et la 9th Division progressent encore et débordent les lignes des restes de la Pz-Lehr et de la 275. ID de Schmidt. La 9th Division neutralise un petit Kampfgruppe de 200 hommes, 4 Panzer et plusieurs canons antichars PaK, pendant que le 8th Infantry de Rodwell s’en va couper la route Carantilly–Canisy et avance de près de 8 km en aval de la route Saint-Lô–Périers. Le succès de Rodwell conduit alors le Maj-Gen. Raymond O. Barton à lui envoyer des renforts ponctionnés au sein du 12th Infantry de James S. Luckett afin de nettoyer les dernières poches de résistance. Enfin, le 120th Infantry dont le moral vient d’être regonflé, traverse la Vire et bouscule tout sur son passage sur près de sept kilomètres. Hobbs exulte. Enfin ! Sa « Old Hickory » tient la percée.

– Côté allemand, en vétéran de l’Ostfront qui a pu assister aux brutales et efficaces attaques de ruptures Soviétiques, Dietrich von Choltitz comprend qu’il n’a d’autre alternative que de se replier. Il choisit donc d’arc-bouter son LXXXIV. Korps sur une ligne allant de Périers à Marchésieux. Simultanément, Eugen Meindl opère un repli tactique avec son II. Fallschirm-Korps afin que son aile gauche ne perde pas le contact avec l’aile droite de von Choltitz.
Sauf que c’est Collins qui impose son rythme à presque tout l’ensemble de la 7. Armee.

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B – Sécurisation de Marigny

– L’exploitation recherchée par Collins va pouvoir s’effectuer. Il faut d’abord sécuriser les routes menant à Saint-Gilles et à Marigny. Pour cela, Collins rameute la belle 1st Infantry Division « Big Red One » du Maj-Gen. Clarence Huebner, cantonnée dans un rôle de surveillance du secteur de Caumont-l’Eventé depuis la mi-juin. La « Big Red One » vient se placer sur les positions de départ de la 9th Division dès le 25 juillet, sans incident.  Huebner combine alors sa Grande Unité avec des éléments de la 3rd Armored. Ainsi, le 18th Infantry du Col. George Smith Jr. fusionne avec le Combat Command B du Col. Truman E. Boudinot (33rd Armored Regiment, 2 et 3/36th Armored Infantry Battalion, D Company/83rd Armored Reconnaissance Regiment et B Coy/23rd Armored Engineer Battalion)

– L’assaut de Huebner démarre le 26 juillet. Les unités de tête encerclent et anéantissent une poche de 150 Allemands de la 353. ID juste au sud de leurs lignes de départ. Sauf qu’en progressant vers Marigny, la résistance allemande se fait bien plus opiniâtre avec d’importants tirs de mitrailleuses, de mortiers et de canons des 353. ID et « Das Reich », provoquant un accroissement des pertes. La progression est aussi entravée par les cratères de bombes et d’obus.

– Arrivée devant Marigny, la force combinée de Huebner se fait sérieusement accrochée par des PaK 40 de 75 mm et par des Panzer IV restants du SS-Pz-Regt 2. Boudinot tente d’opérer une manœuvre d’enveloppement avec son CCB mais rien n’y fait. Il faut donc que « Pete » Quesada lâche ses P-47 pendant l’après-midi pour que Huebner et Boudinot réussissent leur manœuvre de débordement sur près d’1 km à l’ouest de Marigny qui tombe pendant la soirée.

– Collins ordonne alors à Huebner de lancer sa force combinée 18th Inf./CCB sur Coutances mais le patron de la « Big Red One » s’y refuse car en raison de l’obscurité, il ne sait pas où se trouve sa ligne de front et craint une congestion de la circulation. Cette préoccupation a coûté au VIIth Corps deux jours de combats.

C – « L’Enfer sur chenilles » se déchaîne sur la « Das Reich »

– Tout d’abord, il est nécessaire de faire un bref aparté sur les 2nd et 3rd Armored Divisions. Contrairement aux autres grandes formations blindées de l’US Army constituées sur le modèle « medium » ont une ossature plus solide qui leur confère l’adjectif de « Heavy ». Ce n’est pas tant l’effectif qui change (11 000 –  12 000 hommes) mais leur composante. Ainsi, les « Medium divisions » comptent 3 Armored Battalions (120 chars en tout) pour 3 Armored Infantry Battalions, alors que les « Heavy » s’appuient sur 2 Armored Regiments (140 chars) et 1 Armored Infantry Regiment.

– Chaque Armored Division américaine est scindée en 3 Combat Commands (CC) qui sont ses éléments de combats. Le CC est en fait un véritable calquage intermarme du Kampfgruppe mécanisé allemand combinant chars (Sherman et Stuart), fantassins portés sur Half-tracks, automitrailleuses M8 Greyhound, éléments du Génie, transmissions et chasseurs de char. D’une structure souple et autonome, le CC est un instrument adéquant pour l’exploitation de poursuite et la percée.
Enfin, dernier détail, les Armored Divisions américaines introduisent une plus grande proportion de versions du Sherman, le M4A2 et le M4A3E8 à la caisse soudée mais armés tous deux du canon de 76 mm. S’ils restent techniquement inférieurs à un Panther au moins peuvent-ils l’affronter à une distance de tir beaucoup moins suicidaire qu’avec un canon de 75 mm.

Insigne de la 2nd Armored Division

Insigne de la 2nd Armored Division

Major.General Edward H. Brooks, commandant de la "Hell on Wheels"

Major.General Edward H. Brooks, commandant de la « Hell on Wheels »

– Revenons maintenant à la suite des opérations. Sur le flanc gauche du VIIth Corps, le Maj-Gen. Edward H. Brooks reçoit l’ordre de forcer le passage vers Saint-Gilles, d’enfoncer les positions de la « Das Reich » sur une ligne couvrant Saint-Samson-de-Bonfossé, la Colline 193 et Le Mesnil-Herman, pour atteindre enfin Saint-Denis-le-Gast. En outre, le 22th Infantry du Colonel Charles T. Lanham (4th Division) fusionne avec le CCA du Brigadier-General Maurice Rose. Fils d’un rabbin new-yorkais, adoré par ses soldats pour ses qualités de chef, Rose est un disciple de Patton qui va se révéler l’un des meilleurs manieurs de chars de l’US Army.
Forgée par Patton, vétérane des combats d’Afrique du Nord et de Sicile et constituée en grande partie d’hommes des campagnes du Sud profond, la 2nd Armored Division « Hell on Wheels » (litéralement « l’Enfer sur chenilles ») est sans doute l’une des meilleures unités mécannisées de l’US Army. Débarquée sur Omaha Beach peu après le Jour-J, elle a été engagée partiellement (CCB) à Carentan où elle a repoussé efficacement un assaut de la « Götz von Berlichingen ». Sous la direction de son très bon commandant, elle passe plus d’un mois à s’entraîner intensivement et mettre au point des techniques de combat dans le bocage qui vont s’avèrer payantes. Point de détail, pour les opérations dans le bocages, les fantassins de la « Hell on Wheels » utilisent une nouvelle tenue camoufflée qui leur permet de se fondre bien mieux dans le bocage (voir photos).

– Le 26 juillet, après s’être placé sans encombre sur les positions de la 30th Infantry, le CCA s’élance à l’assaut de la route Saint-Lô – Périers avec Saint-Gilles en vue. Le CCB du Brig-Gen. Isaac D. White doit entrer en scène le 27 pour atteindre la route Saint-Lô – Coutances afin de gêner la retraite du LXXXIV. Korps.

– Appliquant ses techniques de combat (assauts en trois vagues en misant le maximum sur la coopération infanterie-chars-génie) le CCA entre donc en action le 26 juillet vers Saint-Gilles, suivie par le CCB le lendemain. Avec des fantassins gonfflés à bloc, le CCA de Rose contourne les positions allemandes. Grâce à la présence d’observateurs d’artillerie aggripés sur leur tourelle, les Sherman pulvérisent les positions de mitrailleuses et de fusiliers en tirs directs. Les officiers du 41st Armored Infantry Regiment orientent chars et infanterie grâce à leurs radios Manpack. Jusqu’au soir du 27 juillet, le CCA couvre 10 kilomètres à travers les lignes allemandes pour la perte de seulement 200 hommes et de 3 chars… Du jamais vu jusque-là !

– Le 28 juillet, le CCB atteint Saint-Denis-le-Gast, menaçant ainsi sérieusement la retraite du LXXXIV. Korps, pendant que le CCA livre de durs combats pour le contrôle de Précey. C’est aussi à ce moment que la « Hell on Wheels » est rattachée au XIXth Army Corps de Corlett qui ne veut pas rester en marge de Cobra. Le 29, elle est à Longeron où elle fait sa jonction avec la 4th Division de Wood. Commence alors le carnage de la Poche de Roncey.

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 D – L’assaut de la « Spearhead »

– Le 27 juillet, Collins donne ordre au Major.General Leroy H. Watson de « lâcher » sa 3rd Armored Division « Spearhead » sur ses objectifs initiaux, même si le CCB de Boudinot a été prêté à la 1st Infantry Division.

– Le CC A du Brig-Gen. Doyle O. Hickey (renforcé du 1/26th Infantry)  doit attaquer à travers la brèche située entre Marigny et Sain-Gilles pour s’emparer de Carantilly et de Canisy. A Cerisy-la-Salle, la division doit obliquer vers l’Ouest pour sécuriser Montpinchon afin de couper la route Coutances–Gavray à mi-chemin pour empêcher toute retraite aux Allemands. Collins ordonne aussi à Watson de détruire plusieurs ponts sur la Sienne.

Insigne de la 3rd Armored Division

Insigne de la 3rd Armored Division

Leroy T. Watson, commandant de la "Spearhead"

Leroy T. Watson, commandant de la « Spearhead »

– L’assaut du CC A (32nd Armored Regiment, 3/36th Armored Infantry Regiment et 83rd Armored Reconnaissance Battalion) démarre son assaut le 27 juillet. Sauf que l’avance est vite ralentie par cratères de bombes, ce qui provoque un important embouteillage. En outre, les pointes de la division sont arrêtées par un point de résistance bien organisé par des éléments de la « Das Reich ». Quatre Sherman sont détruits.  Mais Hickey réussit à contourner le point de résistance, dont il laisse la liquidation au 12th Infantry du Col. Luckett, et reprend son avance vers le secteur de Carantilly-Canisy. Là, le CC A se heurte une vigoureuse résistance de la part de plusieurs Panzer et PaK de la Panzer-Lehr positionnés le long de la voie de chemin de fer Coutances–Saint-Lô. Ne pouvant pas déborder ces autres points forts en raison de l’absence de routes convenables, Hickey doit forcer le passage en attaquant les Allemands de front. Regroupant un fort parti de chars du 32nd Armored Regiment (Col. Leander L. Doan), Hickey déverse un feu d’enfer sur les positions ennemies. Le passage est dégagé, sauf que le trafic est toujours encombré ce qui force toute une partie de la colonne à devoir attendre plusieurs heures pour se remettre en marche. Watson avait prévu que l’avance serait rapide mais Cerisy-la-Salle semblait encore loin. Le patron de la « Spearhead » doit alors remodeler ses plans.

– C’est le Brig.Gen Hickey qui trouve la solution. La Task Force de tête passerpar l’ouest de Canisy et contourner Cerisy-la-Salle au nord et se diriger vers Montpinchon. La seconde Task Force du CC A doit poursuivre son avance vers Cerisy-la-Salle pour y capturer le plateau dominant le terrain. La dernière TF est chargée de l’effort principa du CC A en lançant ses chars et ses fantassins vers l’ouest et atteindre les environs de Coutances.

– Le 28 juillet, en dépit des espoirs de succès, le CC A connaît une nouvelle journée de déception, toujours en raison du trafic encombré. Anéantissant des unités isolées, la TF atteint un point à 6 km à l’ouest de Carantilly pour tomber sur une poche allemande près de Savigny. Les combats font rage durant toute la soirée mais le CC A aidé du 1/26th de la « Big Red One » anéantit la poche de résistance.

– Simultanément, les deux autres TF de Hickey remportent quelques gains de terrain en avançant vers Cerisy-la-Salle et Montpinchon. Plusieurs éléments de la « Götz von Berlichingen » tiennent farouchement le plateau commandant les accès de Cerisy-la-Salle et Montpinchon. Mais la supériorité numérique américaine force les Allemands à se replier. Le lendemain 29 juillet, losque les deux TF du CC A renouvellent leur assaut, ils ne rencontrent plus rien devant eux et poursuivent leur avance nord-sud, avec quelques légères difficultés, vers la route Coutances–Gavray.

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6 – L’ASSAUT DU VIIIth CORPS 

– Bradley estime que le temps est venu pour faire donner le VIIIth Corps  de Middleton qui doit constituer un « marteau » pour reflouer toutes les forces allemandes situées entre le littoral normand et le Lozon.

Middleton démarre son attaque avec quatre divisions d’infanterie, dont trois expérimentées (8th, 79th, 83rd et 90th)  et une division blindée (4th), deux Groupes de Cavalerie et neuf bataillons d’Artillerie.

Le 26 juillet, l’Artillerie du VIIIth Corps effectue ses tirs de barrages et ses contre-batteries. Excepté dans le secteur de la 83rd Division, l’artillerie allemande reste silencieuse.

– La 79th Infantry Division « Cross of Lorraine » du Major-General Ira T. Wyche, épaulé sur sa droite (ouest) par le 106th Cavalry Group du Colonel Wilson traverse l’Ay. Quelque retard est pris car les Allemands ont fait sauter plusieurs ponts sur l’Ay et miné l’unique bon gué. Avec la résistance allemande, les deux unités américaines réussissent une petite avancée dans le entre Lessay et Périers.

– Attaquant avec deux régiments en fer de lance (28th et121st), la 8th Infantry Division « Golden Arrow » du Major-General Donald A. Stroh rencontre une forte résistance à coups d’armes légères et de mortiers de la part des éléments des 243. ID et 91. Luftlande-Divisionen. Ajoutons à cela, que le terrain a été miné préalablement et que des blindés légers allemands arrivent en renfort. Passé, la surprise, le 28th Infantry (Col. Kenneth E. Anderson) placé à l’ouest et appuyé par des chars du 709th Tank Battalion, réussit une avance de près de plus d’un kilomètre en contournant les défenses ennemies à l’aide des Sherman Dozers et engageant les blindés ennemis au lance-roquette. A la fin de la journée, le plateau boisé dominant le nord de la route Lessay-Périers est aux mains des Américains.

– De son côté, le 121st Infantry du Col. John R. Jeter, placé sur le flanc gauche (est) de la « Golden Arrow », attaque sur l’axe de la route menant à Périers. Si les fantassins avancent d’abord plutôt bien, les chars d’appui prennent du retard en raison d’un terrain marécageux. Pendant l’attaque, deux bataillons du 121st Infantry sont engagés par des blindés allemands. Bloqués par les mines et les marécages, les Sherman sont incapables d’intervenir. Les fantassins sont alors forcés de s’accrocher au terrain.

Insigne de la 8th Infantry Division "Golden Arrow"

Insigne de la 8th Infantry Division « Golden Arrow »

Major.General Donald A. Stroh, commandant de la "Golden Arrow"

Major.General Donald A. Stroh, commandant de la « Golden Arrow »

– La 90th Infantry Division « Thoughs Ombres » a pour mission de dépasser de d’isoler le secteur de Saint-Germain. Sur la droite, un Bataillon du 359th Infantry (Col. Robert L. Bacon) franchit la Sèves dans un assaut rapide, traverse un terrain marécageux et emporte une tranchée allemande. Plusieurs centaines de mètres plus tard, les GI’s arrivent sur une route mais sont arrêtés par des tirs de mortiers et d’armes légères. Une contre-attaque allemande appuyée par des blindés et de l’artillerie force les fantassins américains à se replier vers la tranchée. Là, les GI’s repoussent les Allemands au Bazooka, détruisant un char se qui convainc les autres d’aller plus loin. Plus en arrière, une partie du 358th Infantry (Col. Richard C. Partridge) opère un tir de diversion, pendant que l’artillerie divisionnaire déverse des obus fumigènes devant les lignes du bataillon du 359th. Des pontonniers du 325th Engineer Combat Battalion tentent de dresser un passage dans le terrain marécageux pour permettre aux chars de soutien de passer mais l’artillerie allemande pilonne se secteur, empêchant l’acheminement de chars ou de fantassins de renfort.

– A l’est, le 357th Infantry (Col. Georg H. Barth) se déploie dans l’isthme Carentan-Périers et tente d’avancer au sud-ouest. Simultanément les 329th et 331st Infantry de la 83rd Division attaquent le long de la rive ouest de la Taute en direction du sud-ouest. Là encore, la résistance allemande est toujours forte, faisant que le 357th et les deux régiments de la 83rd Division  n’avancent que d’environ 200 mètres durant la journée pour la perte de 1 150 hommes en tout. Toutefois, Middleton se montre assez satisfait car son VIIIth Corps a tenu son rôle ingrat de fixer plusieurs forces du LXXXIV. AK pendant que Collins mène son encerclement.

Pendant la nuit du 26-27 juillet, Middleton ordonne à ses commandants de divisions de « sonder » le dispositif allemand avec des patrouilles. Mais la pluie empêche d’obtenir une vue complète des lignes allemandes. L’assaut reprend le 27, gêné une fois de plus par les champs de mines, davantage que par les Landsers. La 8th Division anéantit une résistance insignifiante et avant de plus d’1 kilomètre en-dessous de la ligne Lessay-Périers. 2 Bataillons de la 79th Division franchissent l’Ay à leur tour en file indienne, avant de s’engager dans un féroce combat à l’arme légère pour s’emparer finalement de Lessay. Aussitôt, les hommes du 304th Engineer Combat Battalion dressent un pont sur l’Ay qui permet à Wyche de faire passer ses trois régiments sur la rive sur de l’Ay dès la fin de journée. Pendant ce temps, le 106th Cav.Group franchit l’Ay à son estuaire et déborder les forces allemandes par l’ouest.

– Du côté de la 90th Division, le Maj-Gen. McLain apprend que les forces de la 353. ID se sont retirées. Le 359th Infantry s’en va alors sonder l’espace vide mais voir son avance bloquée par un pont détruit sur la Sèves et par les mines. Toutefois, au milieu de l’après-midi, l’unité de reconnaissance du 359th investit les ruines de Périers.
1 kilomètre au sud de Périers, sur la route Saint-Sauveur–Lendelin, ne pouvant disposer d’un soutien blindé et antichar, le 359th affronte courageusement un parti d’allemand appuyé par des blindés. Quatre Panzer sont mis hors de combat au Bazooka. Le 359th s’enterre pour la soirée… moins d’un mois après avoir démarré son assaut pour s’emparer de Périers.

– Dans le secteur du 357th, l’absence de riposte d’artillerie incite les Américains à penser que les Allemands se sont retirés. L’avance reprend, toujours entravées par les mines. Tard dans la soirée, le 357th traverse la Taute et déborde les positions de la 353. ID au nord de la route Saint-Lô – Périers, avant de creuser des trous pendant la nuit.

– La 83rd Division avance contre une faible résistance tout en devant prendre garde aux mines. Tôt dans l’après-midi du 27 juillet, les forces allemandes disparaissent et la division de Macon étend son contrôle sur toute la rive ouest de la Taute.
Périers est enfin tombé aux mains des Américains mais seulement 100 prisonniers ont été pris. Middleton comprend que le LXXXIV. Korps s’est désengagé de son secteur, préférant éviter d’affronter l’autre marteau de Bradley.

– Le 28 juillet, le VIIIth Corps de Middleton reprend son avance sans rencontrer d’oposition et s’assurant le contrôle de la route Geffosses–Saint-Sauveur–Lendelin–Marigny. Les 79th et 8th Division ne rencontrent aucune résistance et avancent vers Coutances de respectivement d’environ 12 et 7 km. Au même moment, les 90th et 83rd Divisions parviennent à proximité de la route Coutances – Saint-Lô, prêtes à tendre la main à la 1st « Big Red One » de Huebner.  

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