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Chroniques de la Bataille de Normandie – 24/ Opération « Spring »

– A l’issue de l’Opération Atlantic, les Canadiens ont échoué à s’emparer de la Crête de Verrières, toujours tenue fermement par les éléments du I. SS-Panzer-Korps de Dietrich. Pour ne pas relâcher la pression sur l’ennemi, Montgomery ordonne à Simmonds de lancer un nouvel assaut sur Verrières deux jours après la fin de Goodwood.Simonds monte donc un assaut la 2nd Canadian Division du Major-General Charles Foulkes, appuyé par les chars de la 2nd Armoured Brigade de Robert Wyman et par de l’artillerie.

– Côté allemand, ce sont toujours les Panzer et Panzergrenadiere des « Leibstandarte Adolf Hitler » et « Hitlerjugend », ainsi que plusieurs Tiger II du SS-schwere-Panzer-Abteilung 102 (Hans Weiss) qui sont cramponnées à la Crête de Verrières. Sauf que le système de décryptage ULTRA informe Simonds que « Sepp » Dietrich s’apprête à masser 480 blindés de tous types et 500 bouches à feu au sud de Verrières.
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– Le 25 juillet à 03h30, le North Nova Scotia Highlanders du Lt-Col. Charles Petch, attaque Tilly-la-Campagne. Le terrain est éclairée grâce à un stratagème trouvé par Simonds et ses hommes consistant en de puissants projecteurs de DCA qui, pointés vers le ciel, forment des lunes artificielles. Toutefois, les fantassins Canadiens peuvent aussi être vus par les Allemands. Le combat est violent durant toute la nuit mais les Highlanders enlèvent Tilly-la-Campagne à leurs ennemis.
Presque en même temps, le Royal Hamilton Light Infantry du Lt-Col. John Rockingham (4th Brigade) parvient à s’emparer du village de Verrières après d’autres durs combats et son chef informe Simonds que ses hommes « se sont fermement enterrés dans les tranchées ».

– L’assaut des 5th et 6th Brigade (William J. Megill et Hugh A. Young) se passent beaucoup moins bien. En effet, les Calgary Highlanders du Lt-Col. McLauchlan échouent d’abord à s’emparer de May-sur-Orne car le secteur de Saint-Martin est toujours aux mains d’Allemands qui s’y sont cramponnés. Durant la matinée, les Calgary Highlanders parviennent à sécuriser Saint-Martin mais ils ne peuvent s’emparer de Bourguébus et doivent se replier sur May-sur-Orne avec d’importantes pertes.

– Simonds envoie alors les Black Watch of Canada à l’assaut de la Crête de Verrières et de la Cote 61 toujours solidement tenues par les SS-Panzergrenadier  de la « Leibstandarte ». L’assaut tourne alors au carnage. Les Black Watch se retrouvent sans moyen de communiquer avec le reste de la 2nd Division. Plus de 700 hommes sont tués ou blessés – dont tous les officiers –  et 15 seulement sont valides. Ce second assaut sur Verrières est considéré comme l’autre épisode le plus sanglant de l’histoire militaire canadienne, après le débarquement de Dieppe en 1942.

– Dietrich décide alors de lancer une contre-attaque avec des éléments des 9. SS « Hohenstaufen » et 12. SS « Hitlerjugend », soutenus par des Tiger I du schwere-Panzer-Abteilung 503 de l’Oberst von Rosen (en tout environ 75 Panzer) pour rejeter les Canadiens du secteur de Verrières.
L’assaut allemand est déclenché le 26 juillet. A l’ouest du dispositif allemand, un Kampfgruppe regroupant les hommes du SS-Panzergrenadier 19  d’Emil Zollhofer et des Panzer réussissent sans trop de peine à chasser les Calgary Highlanders de May-sur-Orne et le North Nova Scotia de Tilly-la-Campagne. Au centre, un autre Kampfgruppe commandés par le SS-Obersturmbannführer Otto Meyer (patron du SS-Panzer-Regiment 9) tente de chasser le Royal Highland Light Infantry de la Crête de Verrières avec l’aide de la 5/SS-Panzer-Regiment 1 « Leibstandarte ». Mais le vaillant Bataillon tient bon pendant deux jours. Son chef, Rockingham, a judicieusement placé des canons antichars de 6 et 17 pdr (ponctionnés sur le 2nd Anti-Tank Regiment) qui repoussent les blindés ennemis. La résistance presque « fanatique » du RHLI fait même dire aux Waffen-SS – non sans un certain éloge – que « si vous tentez de franchir la Crête, vous êtes un homme mort ! »

Spring est encore un échec tactique qui a permis de fixer des unités d’élite allemandes en les empêchant de se déployer plus à l’est. Il n’empêche que 1 100 soldats Canadiens ont été blessés et 450 ont trouvé la mort.