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Chroniques du Jour-J : Plans de l’assaut amphibie

1 – CONFIGURATION GÉNÉRALE d01_0p011976 a) Géographie Tout d’abord, voyons la configuration du terrain. Américains, Canadiens, Britanniques et aussi Français vont débarquer sur plusieurs plages longues en tout de 4 à 6 km environ et réparties sur un peu plus de 50 km avec une brèche nette entre Omaha et Utah séparées entre elles par une trentaine de kilomètres entre de la Vire et la Douves. D’autre part, la configuration du terrain est bien différente entre les plages américaines et les anglo-canadiennes, même si chacune d’entre elles est formée par une large bande de sable. Ainsi, Utah et Omaha ne sont bordées que par de petites communes et des hameaux. Sur la première, Saint-Martin-de-Varaville, La Madeleine et Sainte-Marie-du-Mont sont les seuls secteurs construits dans une zone marécageuse. Omaha, plage du Bessin (région rurale et marécageuses), présente quant à elle une colline bordée par des petites localités (Vierville-s/-Mer, Saint-Laurent-s/-Mer, Colleville-s/-Mer, Les Moulins et Le Grand Hameau) qui débouchent sur les cinq ravines permettant de gravir la pente. En revanche, héritage du Second Empire et de la Belle Epoque, les plages anglo-canadiennes présentent un front de mer aménagé le long d’un chapelet de communes littorales, avec un tissu urbain balnéaire (petites communes et villas), ce qui implique de devoir mener des combats urbains de nettoyage. Enfin le débarquement américain doit s’effectuer vers 6h30 contre 6h50 sur Gold et Juno et 7h30 pour Sword en raison de la marée dont le flux diffère de plusieurs dizaines de minutes entre chaque plage.

b) La défense allemande
La partie ouest de Basse-Normandie (Manche, moitié ouest du Calvados et ouest de l’Orne) est sous la responsabilité du LXXXIV. Armee du General der Artillerie Friedrich Marcks (QG à Saint-Lô), dépendant de la 7. Armee de Friedrich Dollmann (QG au Mans). Marcks peut compter sur 5 divisions d’infanterie La défense est assurée par 29 compagnies de trois divisions différentes : 91. Luftlande-Division de Wilhelm Falley pour Utah, 352. Infanterie-Division de Dietrich Kraiss pour Omaha et 716. ID de Wilhelm Richter pour les plages anglo-canadiennes. Chaque plage est garnies de Widerstand-Nesten (« nids de résistance »). Les Allemands ont établi trois rangs de barbelés et des points de défenses dans les dunes qui consistent en des Tobruk (postes de mitrailleuses ou de mortiers dans de petits abris bétonnés à ciel ouvert). Les Tobruk sont raccordés à un système de tranchées qui établit la communication avec des points fortifiés plus importants. Ces derniers baptisés « Wiederstand-Nesten » (WN) – espacés entre eux de 2 km environ – par les Allemands sont puissamment armés avec des canons de campagne de 75 et 88 mm (souvent placés sous casemate) et par des mitrailleuses qui prennent la plage en enfilade par des tirs croisés. D’autre part, des pièces plus lourdes sont disposées à l’intérieur des terres, le plus souvent dans des abris et des bunkers. Omaha dispose d’une digue et d’un mur antichar et sur Juno et Sword, la plage est protégée aussi par une digue en béton qui la sépare de la route côtière. Seulement, les Allemands sont désavantagés par leur infériorité numérique car les défenses de Juno  ne sont assurées que par les éléments de deux Régiments d’Infanterie renforcés par des Osttruppen russes et ukrainiens. En outre, la valeur combattante de la 716. Infanterie-Division du Generalleutnant Wilhelm Richter, déjà considérée comme faible, n’est pas améliorée avec la présence de « volontaires forcés » venus de l’Est (Osttruppen).

Il n’en va pas de même pour la 352. ID de Kraiss DONT LA PRÉSENCE N’A PAS ÉTÉ DÉTECTÉE PAR LE RENSEIGNEMENT ALLIE ; lacune qui aura les conséquences tragiques que l’on sait. A l’inverse d’une division « d’enfants, de vieillards et de malades », il s’agit d’une unité formée en janvier 1944 dans la Landkreis de Hanovre à partir des restes de divisions qui ont eu l’expérience du feu à Koursk et sur le Dniepr face aux Soviétiques. Si elle compte une bonne part de jeunes recrues sorties de l’instruction et de « volontaires » de Pologne, elle compte des sous-officiers, officiers et soldats expérimentés et est correctement dotée en canons. Son chef, Dietrich Kraiss, a été décoré de la Ritterkreutz (Croix de Chevalier) pour son commandement lors des combats de Vitebsk en 1942. La défense du secteur d’Omaha est assurée par le Grenadier-Regiment 916 de l’Oberst Ernst Goth et la plage elle-même par le II/GR 916 de l’Hauptmann Gromme avec l’appui de canons de campagne de 105 mm. Il n’y a pas de sérieuses réserves d’infanterie à proximité du littoral et une seule unité blindée, la 21. Panzer-Division est assez proche de la zone de débarquement pour pouvoir intervenir le 6 juin. Toutefois, son commandant, Edgar Feuchtinger, se trouve à Paris à la veille du 6 juin. Et bizarrerie de l’organisation allemande, la 21. PzD ne dépend pas de la 7. Armee mais du Panzer-Gruppe-West de Leo Geyr von Schweppenburg. La Luftwaffe n’aligne quant à elle que 115 chasseurs pour défendre la France, la Belgique et la Hollande. Enfin, la Kriegsmarine ne dispose que de navires légers, dont des vedettes lance-torpilles dans la Baie de Seine.


c) Assaut amphibie, généralités

– Du point de vue de l’organisation, les plages américaines sont attribués à la Ist US Army (appuyée par les navires de la Western Task Force d’Alan G. Kirk)du General Omar N. Bradley, avec le VIIth Corps pour Utah et le Vth pour Omaha. Côté Anglo-Canadien, l’ensemble des secteurs est confiée à la IInd British Army de Miles Dempsey (couverte par les pièces navales de l’Eastern Task Force de Philipp Vian), avec le Ist British Corps de John Crocker pour Juno et Sword et le XXXth Corps de Gerard Bucknall – un protégé de Montgomery – pour Gold. « Neptune » est elle-même séquencée : bombardement d’une heure environ (aérien et naval), débarquement et aménagement des plages par les unités de l’US Navy pour Utah et Omaha et les Beach Masters pour les trois plages anglo-canadiennes. Face à chaque plage, se trouve une Task Force navale comprenant des cuirassés, des croiseurs lourds, des destroyers et des chalands LCT équipés de lance-roquettes.
Chacune de ses TF est chargée d’appuyer les Assault Groups amphibies équipés des barges Landing Craft Infantry (LCI), Landing Craft Tank (LCT), LCVP et Landing Craft Assault (LCA) dont la tâche est d’acheminer les fantassins et les engins sur le rivage à mi-marrée. Les fantassins débarqués doivent être appuyés par environ 400 chars amphibie M4 Sherman V Duplex Drive répartis au sein de 8 bataillons de chars. Un mot sur ces engins : conçus dès 1941 par l’ingénieur anglais d’origine hongroise Nicholas Straussler et perfectionnés par les équipes d’Hobart dès 1943, les « Donald Duck » comme les surnommeront leurs équipages, sont des chars dotés d’une jupe en caoutchouc gonflable par air comprimé et propulsé dans l’eau par un moteur à hélice indépendant du moteur principal. Mis à flots à 7 km selon la distance réglementaire, ils peuvent se propulser à 4 nœuds soit, 7,4 km/h mais ont l’inconvénient d’offrir un bon déplacement seulement par temps calme.

Sherman Duplex-Drive

Sherman Duplex-Drive

– Notons que le 6 juin, Britanniques et Canadiens bénéficieront d’une appui-feu presque improvisé ; des canons automoteurs M7 Priest (pièces de 105 mm montées sur châssis de chars Sherman). Du côté anglo-canadien, les troupes débarquées disposeront des chars spéciaux de la « Ménagerie Hobart », appelés avec humour « funnies » ou « farces et attrapes ». Ces engins appartenant à la 79th Armoured Division du Major.General Percy Hobart, spécialiste des opérations amphibies et accessoirement beau-frère de Montgomery, se déclinent en une gamme de chars Mk V Churchill et Sherman « recyclés » en différents modèles aux fonctions différentes : Crab ou Flail équipés d’un fléau de déminage, AVRE « Petard » armé d’un mortier pouvant lancer un projectile (surnommé la poubelle) capable de détruire un bâtiment, Fascine équipé de branchages pour combler des fossés, chars déroulant un tapis et enfin, les SBG qui sont des chars dotés d’une rampe pour servir de pont de franchissement de muret. Aussitôt la plage conquise, chars et fantassins des premières et secondes vagues doivent s’enfoncer à l’intérieur des terres pour faire la jonction avec les parachutistes (Utah et Sword) ou conquérir leurs objectifs dans les terres qui leur sont assignés.

 

– L’ASSAUT PAR PLAGE

– Voyons maintenant en détail, les objectifs de chaque unité.

a) Utah Beach
1 – La plage est attribuée au VIIth Corps du Joseph L. Collins, dont l’avant-garde est la 4th Infantry Division « Ivy » de Raymond O. Barton. L’assaut direct doit avoir lieu à 6h30 sur les secteurs baptisés « Tare Green » et « Uncle Red » initialement situés entre Crisbecq et Saint-Martin-de-Varaville. Mais le Jour-J, les évènements vont en décider autrement. L’assaut est confié au Brigadier.General Theodore Roosevelt Jr.( fils du Président Theodore Roosevelt et cousin éloigné de Franklin D. Roosevelt), qui commande donc au 8th Infantry Regiment de James A. Van Fleet, un ancien camarade de promotion d’Eisenhower et de Bradley à West Point, appuyé par les Sherman amphibies du 70th Tank Battalion du Lt.Col. John C. Welborn.

8680187_orig– Plus en détail, le 1st Battalion du 8th Infantry (Lt.Col. Conrad C. Simmonds) doit débarquer sur « Tare Green » et le 2/8th (Lt.Col. Carlton O. MacNeely) sur « Uncle Red » et le 3/8th (Thaddeus R. Dulin) reste en réserve. Son objectif est de s’enfoncer vers l’intérieur des terres pour rejoindre la 82nd Airborne au nord de Sainte-Mère-Eglise et de s’assurer le contrôle du tronçon de route Montebourg – Sainte-Mère-Eglise comme des bourges de Magneville, Azeville, Fréville, Le Port-Bréhoy et Neuville-au-Plain.

2 – Durant la matinée, le 8th Infantry doit être suivi par le 22nd Infantry Regiment du Colonel Hervey A. Tribolet qui doit rejoindre la 101st Airborne et s’établir sur la route Les Forges – Sainte-Marie-du-Mont. Enfin, l’aménagement de la plage et des sorties est confiée aux équipes du génie naval de la 7th Special Naval Brigade du Commander James E. Wharton.
3 – L’appui naval est fourni par la Task Force « U » du Rear Admiral Don P. Moon qui dispose des pièces lourdes du cuirassé USS « Nevada » et de celles des croiseurs lourds USS « Quincy » et « Tuscaloosa » (TF A du Rear Admiral Morton L. Deyo).  Enfin, le transport des péniches de débarquement est assuré par deux Assault Group : « Green » AG (Captain Warburton) pour « Tare Green » et « Red » AG (Captain Wilson) pour « Uncle Red ».

b) Omaha Beach
1 – L’assaut sur cette plage longue de 5,9 km et dominé par une pente escarpée est confié à 2 régiments de 2 Divisions du Vth US Corps de Leonard T. Gerow. La 1st Infantry Division « Big Red One » de Clarence R. Huebner, la 29th Infantry Division « Blue and Gray » de Charles H. Gerhardt et la 5th Special Naval Brigade du Brigadier William M. Hoge sont mises à la peine ; avec l’appui des Sherman DD des 741st et 743rd Tank Battalions (à raison d’une soixantaine d’engins par régiment d’assaut) A l’origine, la 29th Division devait assurer seul l’assaut sur Omaha.

– L’attaque doit avoir lieu entre Vierville-s/-Mer et le Grand Hameau dans les secteurs suivants : Charlie (Gruchy – Vierville-sur-Merà, Dog  (Green, White et Red ; Vierville-s/Mer – Les Moulins), Easy Green et Easy Red (Les Moulins – Colleville-s/-Mer, face à Saint-Laurent), Fox Green et Fox Red, (Colleville-s/-Mer – Le Grand Hameau) 2 –  « Charlie », « Dog » et « Easy »  (Vierville-s/-Mer, Les Moulins et Saint-Laurent) reviennent au 116th Regimental Combat Team commandé par le Brigadier Norman D. Cota, commandant en second de la 29th Infantry Division, qui mêle le 116th Infantry Regiment du Colonel Charles W.D. « Hatchedface » Canham, ainsi que des éléments du 121st Combat Engineer Battalion et des unités médicales. Le 116th RCT reçoit aussi l’appui de 3 compagnies du 2nd Rangers Battalion et de tout le 5th Rangers du Lt.Col. Max Schneider. L’appui en chars est fourni par le 743rd TB du Lt.Col. John S. Upham.
« Fox » revient au 16th Infantry Regiment (1st Infantry Division) du Colonel George A. Taylor (Colleville-s/-Mer), appuyé par le 741st TB du Lt.Col. Robert N. Skaggs. Enfin, les équipes du Génie Naval doivent faire sauter les obstacles pour ouvrir des passages en faveur des blindés et des renforts. Ensuite, ils doivent faire sauter un mur antichar.

USA-A-Omaha-II3 – Pointe du Hoc (6 km à l’Ouest d’Omaha). Les renseignements et les reconnaissances pensent y avoir décelé une batterie de canons sous Blockhäuse pouvant menacer les forces débarquant à Omaha. La mission de neutraliser cette batterie coiffant une falaise de craie jaune de 30 mètres de haut, est confiée aux Compagnies D, E et F (225 hommes) du 2nd Rangers Battalion commandé par le Lt.Col. James E. Rudder, authentique Texan et entraîneur universitaire de football américain dans le civil. Recréés* par Lucian K. Truscott en 1942 qui prenait exemple sur les Royal Marines britanniques, les Rangers Battalions américains servent d’infanterie de choc pour des opérations amphibies. Dans le plus grand secret, les hommes de Rudder, déjà rompus aux entraînements intensifs se sont exercés sur les falaises de l’Île de Wight à l’aide d’échelles télescopiques – courtoisement prêtées par les pompiers de Londres –  et  de lance-roquettes armés de grappins.

4 – L’assistance navale est fourni par Task Force O  du Rear Admiral John P. Hall, avec les cuirassés USS « Augusta », « Arkansas » et « Texas », des destroyers américains (TF C de Carleton F. Bryant), ainsi que la 4e Division de Croiseurs français du Contre-Amiral Robert Jaujard, avec les « Georges Leygues » et « Montcalm ». Le General Omar N. Bradley est présent sur le croiseur USS « Augusta ».  Les navires de Hall doivent neutraliser les batteries et les WN d’Omaha, comme celle de la Pointe et Raz de la Perte. Le débarquement des fantassins est assuré par 4 Assault Groups ; O-1 (Fritzsche), O-2 (Bailey), O-3 (Schulten) et O-4 (Dennis).  

c)
Gold
1 – Cette plage est dévolue à la 50th « Northumbrian » Infantry Division du Major.General David Graham, élément de tête du XXXth Corps britannique de Gerard Bucknall. Cette division est la plus expérimentée qu’aligne Montgomery puisqu’une bonne partie de ses hommes et de ses officiers ont connu la bataille de France de 1940, la Libye, el-Alamein, la Tunisie et le débarquement de Sicile. Seulement, le commandement n’a pas pris en compte le sentiment de lassitude d’une bonne partie de ses soldats, certains combattant depuis quatre ans.

– Gold Beach se partage entre les secteurs « Jig » (Le Hamel – Asnelles – Ver-sur-Mer), « King » (Ver-sur-Mer – La Rivière) et « Item » (Port-en-Bessin – Le Hamel). Mais le troisième secteur ne fera pas l’objet de débarquement amphibie. 2 – L’assaut de débarquement sur Jigs et King sont confiées respectivement aux 69th et 231st Infantry Brigades (Brigadiers Cox et Stanier). Les Battalions chargés du premier assaut sont le 6th Bn. Green Howards (Lt.Col. R.Hastings) sur Jigs et le 1st Bn. Hampshire (Lt.Col. H.Smith) pour King. Mais avant, des sapeurs des Royal Engineers, spécialement entraînés, doivent faire sauter les obstacles et les pieux minés 20 minutes avant l’arrivée des fantassins. Chacune de ses unités est appuyée par les chars amphibies DD du 4/7th Dragoon Guards du Lt.Col. Rodney Byron (de la 8th Armoured Brigade de B. Cracroft) et les engins spéciaux du Westminster Dragoons.

LCA

LCA

– A l’Ouest, le 47th Royal Marines Commando du Lt.Col. Cecil Philipps – élément de la 4th Special Service Brigade (Brigadier Bernard Leicester) –  doit s’emparer de Port-en-Bessin et rallier les troupes américaines venues d’Omaha Beach. La seconde vague est formée par la 151st Infantry Brigade (R. Senior), la 56th Independant Infantry Brigade (E.Pepper) et les deux autres Battalions de chars de la 8th Armoured Brigade. La principale mission de la 50th Northumbrian est d’établir une tête de pont entre Arromanches et Ver-sur-Mer, prendre Bayeux et mettre la main sur la RN 13 qui relie Caen à Bayeux. Dans la foulée, la 56th Indep.Brigade doit s’emparer de Bayeux puis « souder » l’ouest de la tête de pont britannique avec la gauche de la tête de pont américaine.

– 3 – L’appui naval est assuré Task Force G du Commodore Cyril Douglas-Pennant, coiffant la Bombarding Force K (Frederick Dalrymple-Hamilton), qui compte les croiseurs HMS « Ajax », « Argonaut », « Emerald », et même un navire hollandais (HNMS « Flores) et un polonais (ORP « Krakowiak »). Enfin, le transport amphibie est la tâche des Assault-Groups G-1 (Farquhar), G-2 (Balance) et G-3 (Motley-Dolphin).

d) Juno
– Le débarquement sur « Juno » – scindé en secteurs « Mike » et « Nan » – est attribué à la 3rd Canadian Infantry Division de Roy Keller choisit de faire débarquer ses 7th et 8th Brigades en première vague, avec les Royal Marines du 48th Royal Marines Commando (Lt.Col. James C. Moulton), comme avec l’appui de chars Sherman DD de la 2nd Canadian Armoured Brigade (Brig. Robert A. Wyman) les « funnies » du 22nd Royal Dragoons et du Westminster Dragoons (79th Armoured Division). 1 – La 7th Canadian Infantry Brigade d’Henry W. Foster doit débarquer à Graye-sur-Mer avec l’appui des chars amphibies du 1st Canadian Hussars (Lt.Col. Colwell). Le Royal Winnipeg Rifles (Lt.Col. Meldram) doit s’emparer des secteurs « Mike Green » et « Mike Red » entre Graye et Courseulles (au niveau de l’estuaire de la Seulles), tandis que les Regina Rifles (Lt.Col. Matheson) doivent s’assurer le contrôle de « Mike Green » entre Courseulles et Bernières-sur-Mer. D’autre part le 1st Bn. Canadian Scottish Regiment (Lt.Col. Cabeldu) reste en réserve pour débarquer en seconde vague. La 7th Brigade doit ensuite s’enfoncer vers le sud pour libérer les petites villes de Creully, Reviers, Pierrepont et La Fresne-Camilly. juno-3 D-Day Canadian Assaults Map La 8th Canadian Infantry Brigade de Kenneth G. Blackhadder reçoit la mission de débarquer sur l’ensemble du secteur « Nan » depuis les abords ouest de Bernières-sur-Mer et jusqu’à l’ouest de Saint-Aubin-sur-Mer, avec l’appui des chars DD du Fort Garry Horse Regiment (Lt.Col. Morton). Le Régiment de la Chaudière (Lt.Col. Mathieu), formé des Canadiens Français, reste en réserve pour la seconde vague, pendant que le Queen’s Own Rifles of Canada (Lt.Col. Spragge) est en charge de « Nan White » (Bernières) et le North Shore Regiment (Lt.Col. Buell) de « Nan Red » (Saint-Aubin). Enfin, la 8th Canadian Brigade et le Fort Garry Horse doivent libérer Bény-Sur-Mer, Tailleville, Basly, Colomby-sur-Thaon, Anisy et foncer sur Franqueville, Buron, Authie et Saint-Contest au nord-ouest de Caen.

LCVP-1

LCVP pour Landing Craft Vehicle & Personnel, conçu et construit par Andrew Higgins.

 3 – La 9th Canadian Infantry Brigade de Douglas G. Cunningham reste en réserve avec le régiment blindé des Sherbrooke Fusiliers. Les deux unités devant débarquer durant l’après-midi du 6 juin.

4 – L’appui naval es assuré par la Task Force J  du Commodore Geoffrey Nigel Oliver ,avec la Bombarding Force E de Frederick Dalrymple (qui coordonne aussi le tir de la BF K sur Juno) avec les croiseurs HMS « Diadem » et « Belfast », ainsi que les destroyers HMS « Bleasdale », « Walveney », « Faulknor », « Sioux », « Venus », « Stevenson », « Fury » et « Vigilant » ; HMCS « Algonquin » (Canadien) et HNosMS « Glaisdale » (Norvégien). Enfin, on compte des Landing Craft spéciaux d’appui rapproché armé de canons (6 pounder et 4.7-Inch) ou garnis de lance-roquettes. Le transport est assuré par les Assault Groups J-1 (Puglsey), J-2 (Otway-Ruthven) et J-3 (Fanshawe).

Landing Craft Tank (LCT), peut embarquer 4 chars et plus de 200 hommes.

Landing Craft Tank (LCT), peut embarquer 4 chars et plus de 200 hommes.

e) Sword

1 – Plage longue d’environ 6 km environ, Sword est coupée en secteurs comme suit : « Oboe » (Luc-sur-Mer), « Peter » (Luc – Lion-sur-Mer), « Queen » (Lion – Hermanville-sur-Mer) et « Red » (Riva-Bella – Ouistreham/Canal de l’Orne).

 2 – C’est la 3rd Infantry Division « Iron » du Major.General Thomas Rennie qui doit débarquer sur deux kilomètres de plages situées entre Hermanville-sur-Mer et Colleville-sur-Orne, sur les Secteurs « Queen White » et « Queen Red ». Face à elle, plusieurs compagnies du Grenadier-Regiment 736, dont le PC se trouve sur la position « Hillman » et des Russo-Ukrainiens de l’Ost-Bataillon 642. Derrière la côte, plusieurs batteries d’artillerie ont été construites pour protéger l’estuaire de l’Orne et sur tout le long de la plage, des Wiederstand-Nesten, des murs antichar et un large fossé derrière le rivage. D’autre part, la 1st Special Service Brigade de Simon Fraser 15th Lord Lovat avec les N° 4,6,8,10, 41 et 45 Commandos doivent s’emparer de Ouistreham et dans la foulée, rejoindre les parachutistes de la 6th Airborne.

a – La 8th Brigade du Brigadier Edward E. Cass avec le 1st Bn. South Lancashire (Lt.Col.R. Burbury) et le 2nd Bn. East Yorkshire (Lt.Col. G. Hutchinson), avec l’appui des chars DD du 13/18th Hussars du Lt.Col. Harrap (27th Armoured Brigade de Bartellot) débarqueront sur « Queen White » et « Queen Red » pour établir la tête de pont. En outre, les groupes de mitrailleurs lourds du 8th Bn. Middlessex doivent débarquer après ses deux bataillons afin de fournir un appui-feu rapproché.

b – Débarquée en seconde vague, les 3 Battalions de la 185th Brigade de Pearce Smith, avec l’appui des chars du Staffordshire Yeomanry du Lt.Col. Eade (27th Armoured Brigade) doit lancer ses trois Battalions à l’assaut de Caen et s’emparer de la Cité en fin de journée même.

c – La 9th Brigade du Brig. J. Cunningham doit avancer vers l’ouest, prendre Langrunne-sur-Mer avant d’établir la jonction avec la 3rd Canadian Infantry Division en amont de Saint-Aubin. d – La 1st Special Service Brigade de Lord Lovat (Commandos et Royal Marines) doit s’emparer d’Ouistreham pour rejoindre ensuite les parachutistes à Bénouville et Ranville, puis renforcer la 6th Airborne de Gale entre Ranville et Bavent. e – Les 177 Français N°4 Commando ou 1er Bataillon de Fusiliers Marins du Capitaine de Vaisseau Philippe Kieffer doivent s’emparer du Casino de Riva Bella et s’assurer le contrôle de ce secteur sur Sword avant de rejoindre le reste de la 1st SSB à la lisière des Bois de Bavent. f – Comme sur Gold, les Royal Engineers sont chargés de dégager, 20 minutes avant l’Heure H, plusieurs accès à la plage, en dégageant plusieurs accès à la plage ou en supprimant des éléments de défense, afin de faciliter la navigation des engins de débarquement. Enfin, les « Funnies » du 22nd Dragoons et du Westminster Dragoons doivent débarquer avec la seconde vague afin d’établir des sorties et de déminer les abords de la plage, avant de laisser les Beachmasters opérer.

Landing Craft Infantry (LCI), challand  pouvant embarquer une centaine d'hommes

Landing Craft Infantry (LCI), challand pouvant embarquer une centaine d’hommes

3 – L’appui naval est fourni par la Task Force S du Rear-Admiral Arthur Talbot avec la Bombarding Force D du Rear-Admiral Wilfred Patterson. Celle-ci est puissamment fournie en pièces lourdes avec les HMS « Ramillies », « Roberts » et « Warspite », appuyées par celles des croiseurs HMS « Mauritius », « Arethusa », « Danae », « Erlington », « Kelvin », « Middleton », ainsi que d’autres navires dont un polonais (« Dragon ») et des Norvégiens (« Stord » et « Svenner »).  En fait, les Britanniques doivent couvrir leur flanc gauche en pilonnant les batteries situées dans le secteur Cabourg-Deauville, notamment celle du Mont Canisy. Le transport amphibie est assuré par les LCA, LCT et LCI des Assault Groups S-1 (Leggatt), S-2 (Gotto) et S-3 (Bush)

* La création des Rangers datait de la fin du XVIIe siècle et était le fait des colons des Treize Colonies.

Sources : WIEVIORKA Olivier : Histoire du Débarquement et de la Bataille de Normandie, Perrin
Ligne de Front N°8 – Ligne de Front N°29 – http://www.americandday.org
Source carte : – http://www.iblio.org