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Colonel Georges de Villebois-Mareuil

Personnage à la vie digne d’un roman, Georges de Villebois-Mareuil naît le 22 mars 1847 à Nantes dans une famille catholique et monarchiste, issue de la Noblesse de robe parisienne. Après son Baccalauréat qu’il obtient à seize ans seulement, il entre à Saint-Cyr dans la promotion « de Vénétie ».
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Choisissant l’Infanterie, il sert en Cochinchine sous le Second Empire puis comme ordonnance de son oncle, alors Colonel. En 1870, commandant une compagnie de Chasseurs à Pied il combat courageusement contre les Prussiens dans la défense de Blois et en ressort blessé.

Promu Capitaine en 1877, il entre comme élève à l’Ecole de Guerre et sort onzième de sa promotion. En 1881, il commande une compagnie lors de la conquête de la Tunisie avant de connaître diverses affectations qui l’ennuient profondément. Promu tout de même Colonel à quarante-cinq ans seulement (il est le plus jeune officier à ce grade), il est nommé chef d’Etat-Major de la Division d’Alger en 1893, année où il connaît la douleur de perdre sa femme.
Il demande alors à partir à Madagascar mais ses supérieurs rejettent sa requête. Il demande alors à être versé dans la Légion Etrangère et rejoint le 1er Etranger à Sidi-bel-Abbès. Son unité est choisie pour partir à Madagascar. Malheureusement, le Colonel de Villebois-Mareuil ne peut partir pour la Grande Île, recevant l’ordre de rester au commandement sur place. Après six mois de service, il démissionne de l’Armée, furieux.

Il fonde alors « l’Union des Sociétés Régimentaires d’anciens militaires » qui veut promouvoir l’attachement à la patrie, l’honneur, l’engagement et les valeurs du soldat contre l’individualisme bourgeois et l’égoïsme. Il se lance aussi en politique et approchant les milieux nationalistes. En 1898, se retrouvant pleinement dans la pensée de Charles Maurras, il cofonde l’Action française avec Henri Vaugeois, Maurice Pujo et Maurras lui-même. La même année, il vit particulièrement mal le retrait du Capitaine Marchand à Fachoda face à Lord Kitchener et fait partie de ceux qui veulent en découdre contre la « perfide Albion ».

L’occasion lui est donnée en 1899. En effet, les Britanniques déclarent la guerre aux Républiques Boers (Afrikaners) de l’Orange et du Transvaal. En France, alors que la diplomatie amorce un rapprochement avec Londres, les milieux de droite particulièrement anglophobes après Fachoda prennent ouvertement la défense des colons d’origine hollandaise. Sans en référer au gouvernement ou à l’Armée, Villebois-Mareuil lève des volontaires pour combattre en Afrique du Sud.

Le 22 novembre 1899, il débarque près de Lourenço au Mozambique alors colonie portugaise et arrive dans le Transvaal pour se mettre au service du Président Paul Kruger et sans demande de solde ou de récompense ! Le Président accueille très bien la venue de l’officier français et Georges de Villebois-Mareuil devient Chef d’Etat-major du Général Piet Joubert.
C’est à ce poste qu’il participe avec ses hommes à la victoire de Colenso contre les forces du Général anglais Buller. Villebois-Mareuil se montre admiratif du courage des boers mais il connaît un véritable choc culturel au contact de ses soldats fermiers. En effet, il les trouve très vite mal organisés, indisciplinés et trop habitués au système du vote pour prendre des décisions.
Néanmoins, Kruger nomme Villebois-Mareuil à la tête de la Légion des combattants étrangers. Il commande alors à toute une troupe composée de Français, d’Italiens, d’Allemands, d’Autrichiens, d’Irlandais, de Serbes et de Russes ; des aventuriers ou des combattants nourris d’un sentiment anti-anglais.

Mais le 5 avril 1900, après que les Britanniques eurent lancé une nouvelle campagne avec davantage de moyens, Villebois-Mareuil est forcé de se retrancher à Boshof au nord du Cap. Alors que les Boers choisissent de se replier, Villebois-Mareuil reste à combattre et trouve la mort.  Les britanniques l’enterrent alors avec les honneurs militaires. Après la mort de Villebois-Mareuil, les Boers connaîtront plusieurs défaites qui les obligeront à abandonner la bataille rangée pour la guérilla. Kruger ordonnera aux Légionnaires de quitter l’Afrique du Sud. Mais une poignée restera encore jusqu’à la capitulation, parmi lesquels le français Robert de Kersauson.

En 1971, les autorités sud-africaines transfèrent la dépouille du Colonel de Villebois-Mareuil à Magersfontein, non loin de Kimberley.

Lire :
– LUGAN Bernard : Histoire de l’Afrique du Sud, Ellipses
– LUGAN Bernard : La Guerre des Boers, Perrin