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Etienne Champion de Nansouty

Grand manœuvrier de la cavalerie napoléonienne, Etienne Champion Comte de Nansouty voit le jour le 30 mai 1768 à Bordeaux.
D’abord élève au Collège Militaire de Brienne, il est ensuite admis à la l’Ecole Militaire de Paris en octobre 1782. L’année suivante, il est Cadet-gentilhomme et Sous-lieutenant au Régiment de Bourgogne, Capitaine au Régiment de Franche-Comté-Cavalerie en 1788 puis Capitaine aux Hussards de Lauzun.
Etienne-Marie-Champion_de_Nansouty
En 1792, il est Lieutenant-Colonel au 9e Régiment de Cavalerie et lorsque le Gouvernement de la Constituante déclare la guerre à l’Europe, Nansouty reste loyal et participe aux campagnes sur le Rhin. Il se fait alors remarquer pour son courage, sa modestie, sa prudence et le talent qu’il montre à maintenir la cohésion et la Discipline de ses troupes. Le Général Jean Victor Moreau l’appréciait tout particulièrement. Chef de Brigade en 1794, il sert ensuite à l’Armée de Réserve jusqu’en 1800. De retour à l’Armée du Rhin, il sert sous les ordres du Général Michel Ney et se distingue particulièrement à Stockack et Mösskirch. Placé ensuite sous les ordres du Général Claude-Jacques Lecourbe, il participe à la campagne du Danube contre les Autrichiens et bat plusieurs fois le Prince von Reuss dans le Tyrol à Donauworth et Füssen.

En 1801, il commande successivement le Corps d’Observation de la Gironde, le Département de Seine-et-Oise puis rejoint le camp de Nimègue. Récipiendaire de la Légion d’Honneur en 1804, il prend ensuite la tête de l’Armée de l’Océan avant la 1re Division de Cavalerie Lourde (Cuirassiers) de la Grande Armée qui fait partie de la Réserve Générale de Cavalerie commandée par Murat. Dès lors, Etienne Champion de Nansouty sera de toutes les grandes batailles d’Empire ; Wertingen, Ulm, Austerlitz, Eylau et Friedland. A cette dernière, placé sous le commandement du Maréchal Lannes, il fait des exploits de manœuvre avec Grouchy pour retenir les Russes de Benningsen, le temps de laisser à l’Empereur d’arriver dans le flanc gauche ennemi.
Promu Grand Officier de Légion d’Honneur en 1807, il accompagne ensuite l’Empereur en Espagne avant de participer à la campagne du Portugal. Comte d’Empire en 1808, il commande ensuite la Réserve de Cavalerie d’Allemagne. En 1809, il est à Eckmühl, Essling et Wagram où ses belles charges de cavalerie font merveille. Premier Ecuyer de l’Empire en 1811, il est nommé Inspecteur Général de la Cavalerie impériale avant de commander le Corps d’Observation de l’Elbe.
En 1812, il prend part à la Campagne de Russie en tant que chef de la 1re Réserve Générale de Cavalerie qui compte 1 Division de Cavalerie Légère (Hussards, Chasseurs-à-Cheval, Chevau-Légers, et Uhlans polonais), ainsi que 2 Divisions de Cavalerie Lourde (Cuirassiers et Chevau-Légers). Nansouty se distingue une fois de plus à La Moskowa, bataille durant laquelle il est blessé d’une balle dans le genou.

En 1813, Nansouty commande la Cavalerie de la Garde Impériale lors de la campagne de Saxe (Dresde, Wachau, Leipzig et Hanau) où il reçoit encore une blessure. Malgré sa bravoure, ses forces de cavalerie n’ont plus la même efficacité contre les Austro-Prusso-Russes en raison de l’hécatombe subie par le parc équestre en Russie.
Lors de la Campagne de France de 1814, Nansouty charge encore en tête de ses Cuirassiers et contribue aux succès de Champaubert, Montmirail, Château-Thierry et Craone où il est blessé une fois de plus et en ressort affaibli.

Rallié à Louis XVIII sous la Restauration, il prend le commandement de la 18e Division Militaire en tant que Commissaire Extraordinaire du Roi.

Ce grand Cavalier d’Empire s’éteint épuisé de ses blessures le 12 février 1815, peu avant les Cent Jours.