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François de Salignac de La Mothe-Fénelon

« M. de Bossuet prouve la religion, M. de Fénelon la fait aimer » disait la Reine Marie Leszczynska, épouse de Louis XV et cela, même si ces deux grands esprits ont pu se contredire.
Plus acide, Saint-Simon allait jusqu’à dire : « Plus coquet que toutes les femmes, mais en solide, et non a misères, sa passion était de plaire, et il avait autant de soin de captiver les valets que les maîtres, et les plus petites gens que les personnages. Il avoit pour cela des talents faits exprès : une douceur, une insinuation, des grâces naturelles et qui coulaient de source, un esprit facile, ingénieux, fleuri, agréable, dont il tenait, pour ainsi dire, le robinet pour en verser la qualité et la quantité exactement convenable à chaque chose et à chaque personne ; il se proportionnait et se faisait tout à tous. »
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François de Salignac de La Mothe-Fénelon voit le jour le 6 août 1651 au château de Fénelon, au sein du famille de la vieille noblesse du Périgord. Après avoir reçu l’enseignement du latin et du grec, il se destine à la prêtrise, il étudie au Séminaire de Saint-Sulpice à Paris. Il songe à partir pour le Canada comme missionnaire mais sa santé fragile ne le lui permet pas. Au lieu de cela, suite à son ordination, il est chargé d’enseignement. C’est pendant ces années d’apostolat qu’il rédige « LeTraité de l’Éducation des filles » et « Le Traité du ministère des Pasteurs ».
La qualité de ses écrits lui valent la considération de Louis XIV et de Madame de Maintenon.

Après plusieurs années passées dans le Poitou, Fénelon devient le percepteur du Dauphin Louis Duc de Bourgogne. Patiemment, Fénelon en fera un élève attentif et instruit. En 1694, Fénelon est nommé Archevêque de Cambrai. Alors qu’il assure toujours l’instruction du Dauphin, « le Cygne de Cambrai » affronte Bossuet « l’Aigle de Meaux » dans la violente controverse du Quiétisme. Fénelon allant même jusqu’à demander à Rome de condamner son adversaire pour la rédaction d’Explication des maximes des saints sur la vie intérieure.
Avant sa disgrâce, Bossuet publie ses « Fables », « Les dialogues des morts », « Les Aventures d’Aristonoüs » mais surtout « Les Aventures de Télémaque ». Dans ce récit inspiré de la mythologie grecque comme des mystères chrétiens, Télémaque (Louis de Bourgogne) et Mentor (Fénelon) voyagent dans un pays idéalisé appelé Bétique (par référence à une ancienne province romaine d’Hispanie). En Bétique, Télémaque découvre un pays où règne la Justice et ou le Souverain justement conseillé fait le Bien. Le Télémaque est aussi un ouvrage critique, non pas contre Louis XIV mais contre la France du Roi Soleil dans laquelle règnerait l’ambition et l’orgueil.

En 1699, de plus en plus isolé à la Cour, Fénelon perd l’instruction du Prince au début de la même année et se retrouve banni en avril. Il se réfugie d’abord en Belgique avant de se retirer à Cambrai.

Il expire le 7 janvier 1715.

Sources :
CHEVALLIER Jean-Jacques : Histoire de la pensée politique, Payot, paris
– http://www.salon-litteraire.com