Vous êtes ici : France Histoire Esperance » histoire » François-Etienne Kellermann

François-Etienne Kellermann

kellermann2

François-Etienne Kellermann (1770-1835)

Fils aîné de François Etienne Christophe Kellermann, Maréchal et Duc de Valmy et d’Anne Barbe, François-Etienne Kellermann reste considéré comme l’un des meilleurs généraux de cavalerie de la Grande Armée. Il voit le jour à Metz le 14 août 1770.

– Suivant l’exemple de son père et bien éduqué, il s’engage dans l’Armée Royale au sein du Régiment Colonel-Général des Hussards en 1785 avec le grade de sous-lieutenant, privilège au vu de son jeune âge dû à ses origines nobles. Remarqué par le Chevalier de Ternan, celui-ci prend Kellermann fils à son service lors de son départ pour Washington.
Rentré des Etats-Unis en  1793, François-Etienne Kellermann devient aide de camp de son père qui est à la tête de l’Armée des Alpes. Il assiste d’abord au siège de Lyon contre les insurgés fédéralistes mais est ensuite destitué de son poste lorsque son père est emprisonné sur ordre des conventionnels.
François-Etienne retrouve néanmoins un commandement d’officier lors de la chute de Robespierre. Il sert ainsi au 1er Régiment de Hussards avant de redevenir aide de camp de son père. Promu Adjudant-Général puis Chef de Brigade en 1796, il continue de servir dans l’Armée d’Italie sous le commandement du Général Bonaparte et participe à la bataille, ainsi qu’au siège de Milan sous les ordres de Belgrand de Vaubois.

– Toujours en 1796, François-Etienne Kellermann participe à la répression de Pavie, au siège de Mantoue sous les ordres de Masséna, puis aux victoires de Bassano et d’Arcole.
En 1797, il retourne un moment au siège de Mantoue avant de rejoindre la Division Dugua et de participer au combat du Tagliamento le 16 mars ; combat durant lequel Kellermann reçoit cinq coups de sabres mais sans gravité. C’est aussi lui que Bonaparte choisit porter au Directoire  les drapeaux pris aux Autrichiens, le 28 mai 1797. De retour en Italie, il prend le commandement de la 3e Brigade de la 2nde Division de Rey, avec les 1er et 7e Régiments de Hussards. Il ne reste pas longtemps à ce poste puisqu’il prend le commandement de la 1re Brigade d’Infanterie Légère qui combat au sein du Corps de Masséna. Le 4 octobre, Bonaparte lui donne le commandement de la 2nde Brigade de Cavalerie de la 3e Division de Cavalerie (Rey), avant d’échanger avec d’autres commandements.
En 1798 et 1799, François-Etienne Kellermann combat victorieusement à Nepi, Toscanella et à Naples. Atteint d’une crise de nerfs en 1799 et doit rentrer à Aix-en-Provence pour convalescence, avant de prendre la commandement du Département de la Manche (on craint alors des débarquements anglais).
En 1800, Kellermann reprend le commandement d’une Brigade de Cavalerie dans la Division de Juvénal des Ursins en Suisse. Mais il se trouve à Marengo le 14 juin 1800 où il se distingue particulièrement, avec les 2nd, 20e et 21e Régiments de Hussards, en menant deux belles charges contre les Autrichiens qui décident de l’issue de la bataille. Un mois plus tard, il reçoit le grade de Général de Division.

– Commandant de la Cavalerie de l’Armée du Hanovre entre 1801 et 1804, il reçoit ensuite le commandement de la Cavalerie légère de la 3e Division du Ier Corps de Bernadotte. Lors de la campagne du Danube de 1805, Kellermann commande la 1re Division de Cavalerie Légère de la Réserve de Joachim Murat et s’illustre à Austerlitz sur le Plateau de Pratzen, contre les cavaliers du Tsar et les Autrichiens. Blessé plusieurs fois, il combat encore contre les Prussiens en 1806.
En 1807, Kellermann obtient le commandement d’une Division de l’Armée du Portugal sous les ordres d’Andoche Junot. Il a alors sous ses ordres les 1er, 3e, 4e, 5e, 9e et 15e Régiments de Dragons ainsi que le 4e Escadron du 26e Chasseurs à Cheval. Ses commandants de brigade sont Pierre Margaron et Antoine Maurin.
Mais la fortune ne tourne pas en faveur des Français et en août 1808, Junot est vaincu par Wellington à Vimiero. Kellermann négocie alors avec le général anglais la Convention de Cintra avant de retourner brièvement en France. En septembre, il revient en Espagne à la tête de la Cavalerie du 8e Corps, avant de prendre la tête de la 2nde Division de l’Armée d’Espagne, puis de l’Armée de Réserve de Castille. Il participe à la conquête des Asturies sous le commandement du Maréchal Ney et se trouve présent à Medinal del Campo. Le 6 novembre 1809, il remplace le Général Marchand à la tête du 6e Corps et bat les espagnols à Alba de Tormes le 28 novembre. Le 12 février 1810, Kellermann reprend la tête de la 2nde Division de Dragons. En juin de la même année, il est nommé Gouverneur des Provinces de Toro, Potencia et Valladolid.

– Rappelé en France en 1811, il obtient le commandement de la 3e Division de Cavalerie légère du 3e Corps de Cavalerie de Grouchy en 1812. Il doit participer à la campagne de Russie mais une maladie sérieuse survenue après la mort de sa mère l’empêche de connaître l’épopée vers Moscou. Il est remplacé alors par Chastel.
Il reprend du service lors de la Campagne d’Allemagne de 1813 comme Inspecteur de la 5e Division Militaire à Mayence, de la Cavalerie du 3e Corps de Ney, puis du 4e Corps de Cavalerie formé de Polonais et participe aux victoires de Lützen, de Dresde et de Wachau. Il est aussi présent lors de la grave défaite de Leipzig. Commandant du 6e Corps de Cavalerie (rentré d’Espagne) en 1814, François-Etienne Kellermann participe aux batailles de Mormant, Bar-sur-Aube et Saint-Dizier.

– Rallié à Louis XVIII lors de la Première restauration, membre du Conseil de Guerre pour la Garde Royale, il reçoit le commandement de l’Inspection Générale de la Cavalerie, le Grand Cordon de la Légion d’Honneur, ainsi que la dignité de Chevalier de Saint-Louis et de Commandeur de la Couronne de Fer. En mars 1815, il commande la Cavalerie du Duc de Berry. Rallié à l’Empereur lors des Cent Jours, Kellermann se voit octroyer la dignité de Pair de France.
Le 2 juin 1815, il prend la tête du 3e Corps de Cavalerie (3 400 hommes et 12 canons) qui comprend les 8e, 11e et 12e Divisions de Cavalerie (Dragons, Carabiniers et Cuirassiers). Particulièrement courageux lors de la bataille de Waterloo, il remporte des succès contre les Anglais aux Quatre-Bras et reçoit plusieurs blessures.

– De retour à Paris après l’abdication de Napoléon,  Kellermann négocie le retour des Bourbon avant d’être placé en inactivité. Il sera néanmoins fait Marquis par Louis XVIII et 1817, puis Pair de France par Charles X et membre du Conseil Supérieur de la Guerre… Ce qui ne l’empêchera pas de voter la mort des ministres de Charles X a la fin des Trois Glorieuses.
Il quitte la vie militaire en 1831 et s’éteint deux ans plus tard, le 2 juin 1833, à Paris. Il repose au cimetière du Père Lachaise.

François-Etienne Kellermann était un grand cavalier d’Empire, au même titre que Lasalle, Montbrun, Milhaud, La Tour Maubourg, Grouchy et Nansouty

Source :
– OUVRARD Robert : François-Etienne Kellermann (1770-1835), http://www.histoire-empire.org.