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Général Paul Lengentilhomme

Fils d’un receveur des contributions directes normand, Paul Louis Victor Marie Legentilhomme voit le jour à Valognes (Manche) le 26 mars 1884. Après sa scolarité, il intègre l’Ecole de Saint-Cyr dans la Promotion « La Dernière du vieux Bahut » en 1905.
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A sa sortie en 1907, il choisit l’Infanterie et se voit versé dans la Coloniale. En 1909, promu Lieutenant, il sert au Tonkin trois ans au sein du 3e Régiment de Tirailleurs Tonkinois, puis au sein des 10e et 2nd Régiments d’Infanterie Coloniale. De retour en Métropole, il sert au 23e Régiment d’Infanterie Coloniale.

Au début de la Grande Guerre, le 23e RIC monte au combat en Belgique le 7 août 1914 et est engagé en Belgique, à Gérouville, dès le 21 du mois. Le 22, le Lieutenant Lengentilhomme combat à Neufchâteau et est fait prisonnier après avoir défendu une maison avec ses soldats. Envoyé en Allemagne, il y passe toute la Grande Guerre avant de revenir en France en novembre 1918.

Promu Capitaine, élève à l’Ecole de Guerre, Paul Legentilhomme retourne au Tonkin au sein de l’Etat-major du Commandement Supérieur des Troupes en Indochine. En 1922, il rejoint une nouvelle fois le 23e RIC. Promu Chef de Bataillon en 1924, Legentilhomme est ensuite envoyé à Madagascar de 1926-1928, pour rejoindre encore le 23e. Promu Lieutenant-Colonel en décembre 1929, il devient Chef d’Etat-Major de la 3e Division d’Infanterie Coloniale du Général Billotte, poste auquel il reste deux années avant de repartir pour l’Indochine de 1931 à 1934. De retour d’Extrême-Orient, il prend le commandement du 4e Régiment de Tirailleurs Sénégalais jusqu’en 1937, avant d’être promu Commandant en second de l’Ecole de Saint-Cyr. Membre du Centre des Hautes Etudes Militaires (CHEM) en 1938, il est promu Général de Brigade à la fin de la même année. En janvier 1939, le Général Legentilhomme prend le commandement des Troupes de la Côte des Somalis à Djibouti.

Resté à Djibouti durant les tragiques mois de mai-juin 1940, Paul Legentilhomme refuse l’armistice du 22 juin et souhaite poursuivre le combat en accord avec le Colonel Edgar de Larminat et avec l’aide de son adjoint le Capitaine Raymond Appert. Mais sa tentative échoue et Legentilhomme décide de rejoindre de Gaulle à Londres en octobre et se retrouve de facto déchu de sa nationalité par le Gouvernement de Vichy. De Gaulle le place alors à la tête des premières forces combattantes de la France Libre au Soudan et en Érythrée. Les Français Libres font alors leurs premières armes contre les Italiens en Ethiopie sous commandement britannique.

Legentilhomme commande et organise ensuite la nouvelle 1re Division Légère Française Libre (DLFL), constituée à partir des premiers volontaires français d’Angleterre et des Colonies. La DLFL est une unité hétéroclite mais particulièrement motivée qui compte la 13e Demi-Brigade de la Légion Étrangère de Ralph Monclar, le Bataillon de Marche N°1 du Commandant Raymond Delange, le BM N°2 de Robert de Roux, le BM N°3 du Commandant Pierre Garbay, un Escadron de Spahis du 1er RMSM du Commandant Paul Jourdier, les Fusiliers-Marins du Capitaine de Corvette R. Détroyant, le Bataillon d’Infanterie de Marine du Commandant Pierre de Chevigné, des éléments d’artillerie du Capitaine Jean-Claude Laurent-Champrosay, ainsi que des éléments du Génie, du Train, de la Santé et de l’Intendance.

Basée au Camp de Qastina en Palestine en mai 1941, la 1re DFL participe aux côtés des Britanniques, des Indiens et des Australiens à l’Opération de Syrie pour empêcher le protectorat français d’être utilisé comme base par l’Allemagne. Cette offensive devient très vite un affrontement douloureux entre les Français Libres et les Troupes du Levant commandées par le Général Dentz restées fidèles au Gouvernement de Vichy. Paul Legentilhomme est blessé lors d’un bombardement mais refuse d’être évacué et continue de guider sa division jusqu’à Damas. Après l’armistice de Saint-Jean-d’Acre, l’écrasante majorité des troupes du Levant choisit de rentrer en France.

En août 1941, Paul Legentilhomme quitte le commandement de la 1re DLFL et commandement très brièvement les FFL d’Afrique. Puis, il est nommé Commissaire National à la Guerre le 25 septembre 1941 avant d’être nommé Haut-Commissaire pour les Possessions françaises de l’Océan Indien. Gouverneur de Madagascar et Compagnon de la Libération fin 1942, membre du Conseil de Défense de l’Empire début 1943, Commissaire à la Défense du Comité Français de Libération Nationale à Alger en octobre, il termine la Seconde Guerre mondiale comme Gouverneur Militaire de Paris en remplacement du Général Koenig qui l’appréciait pour son courage et son humanité.

Général d’Armée en 1947, Paul Legentilhomme occupe les postes de Conseiller Militaire du Ministre de l’Outre-Mer et de Conseiller Technique de François Mitterrand. Il effectue une brève carrière politique dans les rangs de l’UDSR entre 1952 et 1958 avant d’intégrer le Conseil de l’Ordre de la Libération en août 1958.

Paul Legentilhomme s’est éteint le 23 mai 1975 à Villefranche-sur-Mer. Il était titulaire de la Grand-Croix de la Légion d’Honneur, de l’Ordre de la Libération, de la Médaille Militaire (reçue en 1960), de l’Ordre de Chevalier du Dragon Annam, de l’Ordre du Bain, de la Legion of Merit, de l’Ordre du Lion Blanc de Tchécoslovaquie, de l’Ordre de la Couronne de Belgique, de l’Ordre « Virtutis Militari » de Pologne et aussi de la Grand-Croix de l’Ordre des Omeyades de Syrie.

Sources :
– http://www.1dfl.fr
– http://www.ordredelaliberation.fr