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Général Seré de Rivières ; Vauban du XIXe siècle

serederivieresRaymond Adolphe Seré de Rivières voit le jour à Albi le 20 mai 1815 au sein d’une famille issue de la noblesse languedocienne.
Étudiant en droit puis Polytechnicien en 1835, il intègre l’Ecole d’Application du Génie de Metz en 1837, avant d’être promu Sous-Lieutenant.

Il participe à la conquête de l’Algérie en 1841 avant d’intégrer la Chefferie du Génie de Toulon avec le grade de Capitaine de Seconde classe en 1843. Il poursuit sa carrière à la Chefferie du Génie de Perpignan puis à celle de Castres.
Au début du Second Empire, il est promu Chef du Génie de la Place de Carcassonne. En 1859, il fait partie du Corps Expéditionnaire en Italie et reçoit une blessure à Melegnano.
En 1860, Raymond Seré de Rivières est nommé successivement Chef du Génie d’Orléans, de Paris-Nord (1860) et de Nice (1862-1864). C’est dans cette dernière ville qu’il entame un travail de fortifications qui sera repris sous la IIIe République. De 1864 à 1868, il est Chef du Génie de Metz et fait déjà édifier deux nouveaux forts. On le retrouve ensuite à Lyon comme Directeur des Fortifications en 1868-1869 où il réorganise les défenses de la ville.

Lors de la Guerre de 1870, il commande le Génie du XXIVe Corps de l’Armée de l’Est et contribue fortement à la victoire d’Arcey. Promu Commandant du Génie de l’Armée de l’Ouest, il prend ensuite la tête du Génie du IInd Corps du Général Frossard à Versailles. Participant à la répression contre la Commune, il reprend les Forts d’Issy, Vanves et de Montrouge avec des pertes limitées.

En 1872, Adolphe Thiers nomme Seré de Rivière rapporteur des évènements du siège de Metz lors du procès du Maréchal François Bazaine. La rigueur dont il fait preuve conduit à la condamnation de l’ancien Général.
En 1873, Raymond Seré de Rivières devient Secrétaire du Comité de Défense. Dans plusieurs rapports intitulés « Considérations sur la recommandation de la Frontière de l’Est » et « Exposé sur le système défensif de la France », il présente alors un plan défensif qui s’appuie sur l’ancienne « ceinture de fer » de Vauban.
Pour Seré de Rivière, il suffit de ceinturer les villes d’une ligne allant « de Dunkerque à Nice » de plusieurs forts polygonaux capables de résister à un assaut ennemi et d’en briser la vitesse offensive. Ses forts devront être capables de tenir plusieurs jours grâce à un approvisionnement suffisant, un bon armement et un nombre d’homme conséquent. Pour lui, il faut : « Créer sur la frontière qui s’étend de Calais à Nice, en arrière de cette frontière et jusqu’à Paris, un système défensif général en tenant compte des conditions de la guerre moderne, des effectifs mis en ligne, de l’importance des chemins de fer et des progrès de l’artillerie. »
Le projet du Général Seré de Rivières est estimé à 400 millions de francs mais sera approuvée par le Gouvernement, encore sous le choc de la Guerre de 1870. Seré de Rivières et donc nommé Directeur du Service du Génie du Ministère de la Guerre par le Gouvernement de Broglie.

Pendant six ans, Raymond Seré de Rivières dirige rigoureusement les travaux. Pour protéger les frontières de la Lorraine et des Vosges, il crée le système des « Rideaux défensifs ». Ainsi, chaque ville (Dunkerque, Lille, Maubeuge, Toul, Verdun, Belfort, Pontarlier, Paris, Lyon, Marseille, Briançon et Nice) devient une place forte ceinturée de forts et d’ouvrages défensifs.

D’autres villes comme Laon, Reims (La Pompelle), Langres, Dijon (Beauregard), Besançon et Grenoble sont aussi dotées de forts secondaires. Chaque fort ou ouvrage est garni d’une ou plusieurs batteries d’artillerie dont le calibre des canons varie de  90 mm à 270 mm.
Enfin, les arsenaux nationaux sont aussi protégés par des ouvrages comme Cherbourg (Fort du Roule), Brest et Toulon.

Après avoir dirigé ses travaux, le Général Seré de Rivières est relevé de son commandement par le Général Farre nouveau Ministre de la Guerre. Il est remplacé par Cosseron de Villenoisy qui reprend son programme. Au bout du compte, 196 forts auront été bâtis avant la Grande Guerre.

Le Général Seré de Rivières s’éteint à Paris le 16 février 1885.

Sources :
http://www.fortifsere.fr
http://www.fortdecormeilles.com