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Grands vins du Rhône – Côte Rôtie (3)


Moins connu du grand public que son voisin méridional de Châteauneuf-du-Pape, le vignoble de la Côte-Rôtie (nord de la Vallée du Rhône, pays Viennois au sud de Lyon) est l’un des plus anciens que compte la France. On dit même que les Gaulois tiraient déjà le vin dans cette région.

Le vignoble aux coteaux roussis et brûlés par les rayons du soleil, s’agrippe aux pentes encaissées de la Côte Blonde et de la Côte Brune. L’appellation de la Côte-Rôtie se partage entre les communes de Saint-Cyr-sur-Rhône et Tupins-Sémons.
Le vin rouge est la principale production. Et la chaleur, ainsi que la terre brûlée donnent à ce vin rouge toute sa force et tout son caractère.

Les vignes de la Côte-Rôtie poussent sur sols de roches cristallines issus de gneiss et de micaschistes qui donnent des cépages formés à 80% Syrah avec 20 % de Viognier.

Le vignoble donne ainsi des vins d’une robe soutenue qui acquiert des nuances de Grenat dans sa jeunesse avant d’en venir à des nuances plus orangées dans sa vieillesse. Jeunes, les vins de la Côte-Rôtie libèrent des arômes fruités comme le petit fruit noir (mûre, cassis, myrtille) et aussi des épices douces.

Dans les vins élaborés avec une petite proportion de Viognier, ce sont des notes florales (violette) qui s’affirment. Avec l’âge, les notes deviennent plus empyreumatiques (ce qui rappelle les sols brûlés) avec des fruits cuits et confits (griotte, cerise et eau-de-vie).

Grâce à l’élevage dans le bois, la bouche est plus fine que celle des autres vins de la région.
En bouche, le Côte-Rôtie relève de l’élégance, des tanins fins et une trame soyeuse (si les vins arrivent à leur maturité). Grâce aux années de maturité, les vins deviennent gras (si une proportion de Viognier y a été ajoutée).

Le Côte-Rôtie se sert sur des aubergines farcies, des terrines, du pâté d’alouette ou de grives, du petit gibier (faisan, bécasse, canard), du bœuf grillé, du pavé de Charollais, des tournedos de bœuf, du canard rôti (aux cepes, aux champignons et aux navets), de la canette rôtie (aux cèpes ou aux girolles), du navarin d’agneau, du pigeon aux épices, du faisan braisé, de la dinde aux marrons, du civet de biche, du chevreuil, de la gigue de biche ou de chevreuil, du lièvre à la royale, et des fromages forts comme le Munster, le Bleu des Causses ou d’Auvergne, ainsi que le Livarot.

Source :
– Dictionnaires des vins de France, Hachette, coll. Les livrets du vin
– http://www.plantsnetvins.com